1974, 1983 et 1985, les trois nouvelles dimensions du tennis masculin
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1974, 1983 et 1985, les trois nouvelles dimensions du tennis masculin

1974 marque la fin de la madeleine de Proust de tant d’amateurs du tennis : le revers à une main que bien peu ont perpétué depuis, de Pete Sampras à Stanislas Wawrinka en passant par Stefan Edberg, Roger Federer ou Richard Gasquet. L’ADN du jeu est en effet modifié par deux prodiges qui vont tutoyer la perfection durant plusieurs années grâce à leur revers à deux mains : l’Américain Jimmy Connors et le Suédois Bjorn Borg. Autre prodige venu de Scandinavie, Mats Wilander redonne en 1983 au lointain Open d’Australie ses lettres de noblesse, le puzzle du Grand Chelem devenant à nouveau un véritable carré d’as à quatre levées. En 1985 enfin, le circuit ATP a vécu une métamorphose violente, marquée par la prise de pouvoir d’une nouvelle génération, emmenée par deux leaders, le Tchécoslovaque Ivan Lendl et l’Allemand Boris Becker, figures de proue d’un tennis plus physique, via l’endurance de marathonien du premier et la puissance foudroyante des services du second.

1974, l’année des grands

Le Cannibale belge Eddy Merckx  réussit le premier Grand Chelem du vélo (Giro, Tour de France, Championnat du monde), le boxeur virtuose Muhammad Ali terrasse George Foreman à Kinshasa, le pilote brésilien Emerson Fittipaldi remporte un second titre mondial en Formule 1 avec McLaren Ford Cosworth, et Franz Beckenbauer devient champion du monde à domicile avec la Mannschaft face à un Johan Cruyff qui a fait du Barça un phénix et sera élu Ballon d’Or par les jurés de France Football en fin d’année. Le tennis n’échappe pas à la règle.

Jimmy Connors et Bjorn Borg se révèlent tous les deux : le gaucher américain réussit le Petit Chelem sur gazon (Wimbledon, Forest Hills et Kooyong). Le Suédois, lui, l’emporte à Roland-Garros. Ces deux joueurs sont nés respectivement en 1952 et 1956. C’est une fontaine de jouvence qui dévaste le circuit ATP, et met un coup de vieux aux briscards que sont John Newcombe, Manuel Orantes, Stan Smith, Jan Kodes et autres Ilie Nastase. Avec Chris Evert qui gagne son premier French Open chez les dames, Connors et Borg offrent une révolution copernicienne sur le plan technique : le revers à deux mains !

Iceborg,  vit donc à Paris son soleil d’Austerlitz en cette année 1974.

Son revers à deux mains surtout surprend ses adversaires: c’est un coup de hockey qu’il réussit à adapter au tennis avec une redoutable efficacité. Il frappe fort et sans faiblir tout le long de ses matchs, et le lift qu’il donne à sa balle lui permet de trouver des angles et des profondeurs de balles inconnus jusque là. Il n’hésite pas à attaquer quand il faut, il joue les points importants avec un culot et une réussite insolente… Bref, tout le monde en est vite convaincu, le futur numéro 1 mondial, c’est lui.

Une influence majeure de Bjorn Borg sur le tennis moderne est le revers à deux mains, nouveau totem du jeu qui peu ébranleront parmi les multiples vainqueurs de Grand Chelem (Pete Sampras, Roger Federer, Stanislas Wawrinka). En 1974, Jimmy Connors, 22 ans, réussit le Petit Chelem en gagnant Wimbledon, l’US Open et l’Open d’Australie. Bjorn Borg, 18 ans, complète le palmarès majeur à Roland-Garros. Le  Scandinave va devenir la première superstar mondiale du tennis, au charisme incomparable dans le sport mondial, exception faite du roi Pelé et du boxeur américain Muhammad Ali. Très vite nanti de gains astronomiques, Borg rejoint la Principauté de Monaco, ce qui lui vaut l’opprobre de la presse suédoise. Sur le Rocher, Borg retrouve un compatriote en voisin de palier : le flamboyant pilote de F1 Ronnie Peterson. Pour Bjorn Borg, alias Iceborg, le prochain défi est de vaincre Jimmy Connors, suspendu en 1974 à Paris par Philippe Chatrier du fait de sa participation aux intervilles.

A eux deux, l’Américain et le Suédois font entrer le tennis dans une nouvelle ère, le tennis 2.0. Leur prise de pouvoir, c’est aussi celle du revers à deux mains, pierre angulaire de leur avènement au sommet. Avant eux, les 106 précédents tournois du Grand Chelem chez les hommes avaient été trustés par des champions pratiquant le revers à une main, soit depuis le sacre de Bromwich en Australie en 1946.

1974, c’est aussi l’année de l’émergence définitive de Chris Evert, victorieuse de ses deux premiers titres majeurs, à travers son doublé Roland-Garros/Wimbledon. Or ce trio majuscule déboule à l’heure où le tennis devient un sport de masse. Connors, Evert et plus encore Borg ne sont pas seulement des champions, mais de véritables stars. Leur influence va être colossale.

Avec l’arrivée de ce gaucher explosif qu’est James Scott Connors, le circuit découvre un tennis à plat à haut risque, conjuguant prises de balle précoces et rigueur extrême dans le placement, maîtrise gestuelle épurée et vitesse de jeu exceptionnelle. Ses frappes sont puissantes et tendues, ses trajectoires précises et rasantes, le plus souvent orientées près des lignes. Aussi avant-gardiste qu’inimitable, sa technique sonne comme une véritable déclaration de guerre à ce « tennis-pourcentage » tellement en vogue à son époque. Imprimer une cadence infernale aux échanges, porter sans relâche des coups sévères à l’adversaire, le déborder progressivement, jusqu’à le mettre hors de position : Jimmy Connors demeure longtemps inégalable dans ce registre. À son meilleur niveau, défier le phénomène en rythme, sur sa filière de prédilection, équivaut le plus souvent à un suicide en règle. Des maîtres de fond de court du calibre de Borg ou de Lendl en feront, pendant des années, l’amère expérience sur le terrain de chasse favori du carnassier de l’Illinois : l’US Open.

La finale de l’édition 1974 est d’ailleurs une passation de pouvoir entre l’ancien monde symbolisé par l’Australien Ken Rosewall, sans doute le meilleur joueur de tennis vu depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, malgré les Pancho Gonzales, Rod Laver, Lew Hoad et autres Roy Emerson, et ce nouveau monde incarné par l’insolent Jimmy Connors. Le cadet de l’Hémisphère Nord, qui rend 18 ans à son aîné de l’Hémisphère Sud sur la toise du temps, va écraser le génial Rosewall qui ne semble pas plus inoffensif qu’un kangourou à Forest Hills en ce dimanche 8 septembre 1974 : 6-1, 6-0 et 6-1, Connors a tutoyé la perfection et s’attire tous les superlatifs, deux mois après avoir déjà battu Rosewall en finale majeure, à Wimbledon dans le temple du tennis. Le passage de l’épreuve américaine n’y changera rien : Connors l’emporte sur terre battue en 1976 face au roi de la brique pilée européenne, Borg, autre adepte du revers à deux mains. Sur ciment (decoturf), les apothéoses se prolongent à Big Apple pour le gaucher de l’Illinois : 1978 face à un Borg diminué par une ampoule et choqué par l’accident de son ami Ronnie Peterson à Monza, 1982 et 1983. Le vieux lion rugit encore à 37 ans en 1989 en éparpillant façon puzzle Stefan Edberg et son revers à une main (6-2, 6-3, 6-1 en huitième de finale), tout comme il atteint les demi-finales de l’US Open 1991 à 39 ans après deux joutes d’anthologie contre Patrick McEnroe au premier tour et surtout Aaron Krickstein en huitièmes de finale. L’odyssée du vétéran s’arrêtera en demi-finale, Jim Courier empêchant Jimbo de retrouver Stefan Edberg, l’élève de Percy Rosberg. Depuis, plus que les night session, les avions de la Guardia ou les odeurs de hamburgers des courts Louis Armstrong et Arthur Ashe, Jimmy Connors symbolise l’US Open, plus que ses compatriotes McEnroe, Sampras ou Agassi, qui ont pourtant su faire vibrer les foules new-yorkaises. Mais personne n’était plus plébiscité, dans l’amour ou dans la haine, que Connors et son revers à deux mains.

L’Américain invente ce tennis de combat sans même posséder la force ou la puissance physique de la plupart de ses contemporains. Outre un formidable retour de service, l’un des plus fameux de tous les temps, il développe une arme de destruction massive avec ce prodigieux revers à deux mains asséné bras tendus, dans un ample accompagnement horizontal qui le propulse naturellement vers l’avant. Un alliage rare de fluidité et de violence, dont la perfection technique lui offre toutes les variations – en dehors du lift – et lui autorise toutes les audaces. Un coup à la fois mythique et intemporel, qui lui permettra de conquérir la quasi-totalité des territoires du jeu, sans jamais se laisser véritablement submerger par le déferlement de puissance du milieu des années 1980.

A partir de Connors, Borg et Evert, le revers à deux mains va déferler tel un raz-de-marée. La nouvelle norme était née. Il suffit de jeter un œil aux 26 joueurs qui ont occupé la place de numéro un mondial depuis la création du classement ATP en 1973, soit juste avant la double émergence de Borg et Connors. Sur les 13 premiers numéros 1 mondiaux (de 1973 à 1996), ils étaient 8 à posséder un revers à une main, sorte de madeleine de Proust des amoureux de tennis. Depuis 20 ans, sur les 13 derniers “patrons” du circuit ATP, on n’en dénombre plus que… trois : Patrick Rafter, Gustavo Kuerten et Roger Federer.  Tous les autres, d’Evgueni Kafelnikov à Andy Murray en passant par Marcelo Rios, Carlos Moya, Marat Safin, Lleyton Hewitt, Juan Carlos Ferrero, Andy Roddick, Rafael Nadal ou Novak Djokovic, sont adeptes du revers à deux mains façon Connors ou Borg. L’ADN du tennisman a changé depuis 1974, brisant le totem du revers à une main, avant que le profil de serveur / volleyeur ne devienne aussi minoritaire face aux joueurs de fond de court.

Aujourd’hui, le revers de Stan Wawrinka est presque unanimement reconnu comme la référence du circuit. Désormais, quand on pense revers à une main, on pense Wawrinka. Le revers de Stan est différent de tous les autres revers a une main, d’abord parce que c’est son coup le plus fort, ce qui n’est ni le cas de Federer, ni de Dimitrov, ni de Thiem, note Patrick Mouratoglou. Le seul autre joueur de tout premier plan dont ce coup est l’arme principale, c’est sans doute Richard Gasquet.

Mais si le Biterrois présente peut-être davantage de variations et une efficacité supérieure en retour, la phénoménale puissance déployée par le Suisse lui donne sa pleine dimension. Un revers de Wawrinka, c’est presque une expérience physique, sonore. Le bruit à l’impact laisse entrevoir son poids. Il y a un côté Terminator, quand Gasquet donne le registre Mozart. On peut préférer l’un à l’autre, c’est affaire de goût. Mais dans le tennis actuel, Schwarzy est sans doute plus payant qu’Amadeus.

“C’est le revers à une main le plus lourd du circuit, assure Mouratoglou à propos de Wawrinka. Il associe vitesse de rotation et vitesse de balle, et cette combinaison fait en partie sa spécificité. Ce qui est impressionnant chez Stan, c’est sa capacité à frapper son revers en bout de course avec des appuis ouverts, ce qui nécessite un gainage parfait. “Pour le mentor de Serena Williams, les revers à une main de Wawrinka et Gasquet sont les deux meilleurs du circuit, mais il place le Vaudois au-dessus du Français, “parce qu’il est dangereux dans toutes les situations et ne recule jamais sur ce coup.”

Dans toutes les situations, y compris, parfois, les plus improbables, comme sur ce revers long de ligne, passé à côté du filet et à la postérité, lors de la finale de Roland-Garros contre Novak Djokovic en 2015.

Dans les écoles de tennis désormais, on apprend le revers à deux mains, totem dont il est complexe de s’affranchir. Le cas le plus célèbre du passage à une main est sans doute celui de Pete Sampras. A 14 ans, sur les conseils de son mentor de l’époque, Peter Fischer, l’Américain, futur septuple vainqueur de Wimbledon a délaissé son revers à la Borg pour le frapper d’une seule main. Un choix d’abord douloureux, puis formidablement payant. Celui du long terme sur le court terme.

“Pendant deux-trois ans, j’ai perdu beaucoup de matches, a raconté Pistol Pete a posteriori. Mon grand rival, c’était Michael Chang. J’avais l’habitude de le battre et quand j’ai abandonné le revers à deux mains, il a commencé à me dominer. Mais à 18 ans, je suis devenu plus fort physiquement et mon revers à une main est devenu une arme. Ce fut une décision difficile, mais je ne l’ai jamais regrettée.”

Stefan Edberg avait procédé, lui aussi sur l’intuition de son coach Percy Rosberg, au même type de changement à l’adolescence. Avec le même objectif : ne pas freiner ses ardeurs d’attaquant. Car le revers à une main, sauf exception, est un coup de conquérant.

Orphelin de Bjorn Borg parti fin 1981 à la retraite après un burn-out mental, le circuit masculin vit entre 1982 et 1984 sous l’hégémonie des Américains John McEnroe et Jimmy Connors, malgré l’émergence de quelques ambitieux joueurs européens, le Tchécoslovaque Ivan Lendl et le Suédois Mats Wilander.

 

En gagnant l’Open d’Australie en 1983, ce dernier va braquer les projecteurs sur le pays des kangourous … L’Open d’Australie, créé en 1905, fut longtemps victime d’un véritable apartheid auprès des meilleurs joueurs du circuit masculin.

Avant que l’avion ne devienne un véritable moyen de transport, il fallait 45 jours de bateau pour relier la Méditerranée à l’Australie, soit une croisière de plaisance. Faut-il rappeler qu’en 1930 pour la première Coupe du Monde de football en Uruguay, le paquebot italien Conte-Verde partit de Villefranche-sur-Mer avec les équipes de France, de Roumanie et de Yougoslavie, avec des escales à Barcelone pour faire embarquer la Belgique puis à Rio de Janeiro, avant la destination finale qui était Montevideo, capitale de l’Uruguay (16 jours de traversée pour le navire italien de la Blue Star Line) ? En 1937 dans l’Oreille Cassée, Tintin part du Havre à bord du paquebot Ville-de-Lyon, à destination du San Theodoros, pays fictif d’Amérique du Sud rongé par la guerre du Gran Chapo (allusion au conflit pétrolier du Gran Chaco entre Bolivie et Paraguay entre 1932 et 1935). Hergé n’indique pas le nombre exact de jours mais l’on voit bien que le jeu du chat et de la souris entre Tintin et ses rivaux pour récupérer le fétiche arumbaya dure assez longtemps. En 1872 dans le Tour du Monde en 80 jours de Jules Verne, Phileas Fogg met 41 jours pour joindre Calcutta à San Francisco en paquebot. Après avoir pris l’éléphant et rencontré sa future épouse Aouda, le flegmatique gentleman met 13 jours pour rejoindre Hong Kong, 6 jours de plus pour arriver à Yokohama et enfin 22 jours pour traverser l’Océan Pacifique à destination de San Francisco. Quant à Stefan Zweig, il fit l’allégorie de sa propre histoire dans la nouvelle du Joueur d’Echecs, fuyant l’Europe et le nazisme pour le Brésil, Rio de Janeiro, avant de se suicider en 1942 à Petropolis. Alfred Dreyfus, déporté en Guyane à l’Ile du Diable, était parti le 21 février 1895 de Saint-Nazaire, arrivant au bagne le 8 mars via l’île Royale, soit 15 jours de traversée de l’Océan Atlantique. En 1928, Jean Borotra gagne l’Open d’Australie mais le Français était en tournée sur l’île-continent via son club, le Racing Club de France. De 1933 à 1972, du fait du challenge round, la Coupe Davis n’a pas vu une seule finale se dérouler en Europe. De Paris en 1933 où les Mousquetaires rendirent le saladier d’argent aux Britanniques à Bucarest en 1972 où les Roumains Nastase et Tiriac furent vaincus par les Américains, le Vieux Continent n’a jamais reçu la finale de la Coupe Davis, jouée à Forest Hills dans l’Etat de New York ou dans les villes australiennes telles que Brisbane, Melbourne, Adelaïde ou encore Sydney. Et bien peu de pays européens disputèrent une finale en Australie : l’Italie en 1960 et 1961, l’Espagne en 1965 et 1967. Très peu d’Européens sont donc allés dans l’Hémisphère Sud pour la Coupe Davis, et donc a fortiori à l’Open d’Australie.

Ceci explique que beaucoup de très grands joueurs du passé, Bill Tilden, René Lacoste, Jack Kramer, Pancho Gonzales ou encore Manuel Santana, n’aient jamais disputés les Internationaux d’Australie. Ilie Nastase ou Bjorn Borg ne l’ont disputé qu’une seule fois.

A l’époque de Bjorn Borg et Ilie Nastase, l’Open d’Australie n’était que le cinquième tournoi le plus important dans la hiérarchie du tennis professionnel, derrière Wimbledon, l’US Open, Roland-Garros et le Masters, ce dernier réunissant le top 8 mondial.

Même un joueur contemporain comme Andre Agassi a longtemps ignoré ce rendez-vous majeur du calendrier qu’est l’Open d’Australie. Mais l’Américain réussit un coup de maître en 1995, gagnant le tournoi dès sa première participation, battant en finale son compatriote et rival Pete Sampras.

Cependant, en 1946, l’avion fut utilisé pour la première fois par des joueurs américains pour se rendre aux Internationaux d’Australie, joués à l’époque à Kooyong. Mais ces joueurs étaient surtout venus disputer la finale de la Coupe Davis contre l’Australie, en challenge round.

D’autres raisons expliquent ce délaissement permanent … le faible montant des primes attribuées, ainsi que les dates du tournoi, très longtemps organisé à la fin du mois de décembre, entre Noël et le jour de l’An. Voilà qui dissuadait la grande majorité des joueurs américains et européens.

Si bien qu’au palmarès, en l’absence de challengers valables, les joueurs australiens se sont très longtemps taillés la part du lion … A part les victoires du Péruvien Olmedo (1959), des Américains Arthur Ashe (1970), Jimmy Connors (1974) ou Vitas Gerulaitis (décembre 1977) et de l’Argentin Guillermo Vilas (1978, 1979), les champions locaux ont régné en maître sur leur tournoi national.

Ainsi, Roy Emerson a remporté six fois la victoire aux Internationaux d’Australie, dont cinq fois consécutivement (1961, 1963, 1964, 1965, 1966, 1967). Mais Emerson avait profité du passage de ses compatriotes Laver et Rosewall chez les professionnels … Rod Laver gagna deux fois à domicile, en 1962 et 1969, années où il fit à chaque fois le Grand Chelem (la première fois en tant qu’amateur, la seconde chez les professionnels), tandis que son grand rival Ken Rosewall s’est imposé quatre fois (1953, 1955, 1971, 1972). Autres grands noms du tennis australien, Lew Hoad et John Newcombe l’ont respectivement emporté une et deux fois : en 1956 pour Hoad, en 1973 et 1975 pour Newcombe.

Le changement intervint en 1983. Ivan Lendl et John McEnroe s’inscrivent au tournoi, ainsi que Mats Wilander. Le Suédois doit disputer, quelques jours après l’Open d’Australie, la finale de la Coupe Davis sur ce même stade de Kooyong, contre l’équipe d’Australie.

Vainqueur en 1983, Wilander réédite sa victoire en 1984 et 1988, imité en 1985 et 1987 par son compatriote Stefan Edberg.

En 1988, le vétuste stade de Kooyong est abandonné au profit de Flinders Park. La surface du tournoi change. Le gazon est remplacé par une surface rapide, le rebound ace. En 2008, le rebound ace, plus lent que le decoturf utilisé par l’US Open, est à son tour remplacé par le plexicushion, surface dure qui amoindrit la fatigue des articulations pour les joueurs.

Depuis 1983, à l’exception de Lleyton Hewitt, pas récompensé sur son sol (finaliste en 2005) et d’Andy Murray (quintuple finaliste en 2010, 2011, 2013, 2015 et 2016), tous les patrons du circuit ATP l’ont emporté dans l’Hémisphère Sud … Mats Wilander (1983, 1984, 1988) et Stefan Edberg (1985, 1987) donc, mais également Ivan Lendl (1989, 1990), Boris Becker (1991, 1996), Jim Courier (1992, 1993), Pete Sampras (1994, 1997), Andre Agassi (1995, 2000, 2001, 2003), Evgueni Kafelnikov (1999), Roger Federer (2004, 2006, 2007, 2010, 2017), Marat Safin (2005), Novak Djokovic (2008, 2011, 2012, 2013, 2015, 2016), Rafael Nadal (2009) et Stanislas Wawrinka (2014).

Dimanche 10 juin 1984, finale de Roland-Garros. Sur l’ocre parisien, John McEnroe fait étalage de sa virtuosité contre Ivan Lendl. L’Américain est en 1984 un bulldozer qui écrase tout sur son passage, avec 42 victoires consécutives depuis le début de saison (record qu’approchera Novak Djokovic en 2011 avec 41 succès de rang), gagnant successivement les tournois de Philadelphie, Richmond, Madrid, Bruxelles, Dallas et Forest Hills. Stratosphérique, McEnroe a donc cannibalisé le circuit ATP et s’apprête à décrocher la timbale à Paris, fort de la confiance accumulée après une telle razzia.

Menant 6-3, 6-2, 4-1 en finale contre Ivan Lendl, le génial Américain va ensuite bafouiller son tennis, lui qui a tutoyé la perfection deux sets durant, et laisser la victoire au Tchécoslovaque, qui avait pourtant trois balles de break à défendre à 1-4 dans le troisième set de cette finale dramatique.

Libéré de son épée de Damoclès, Ivan Lendl a enfin vaincu le syndrome de la poule mouillée, surnom  dont l’affublait Jimmy Connors après quatre défaites en autant de finales du Grand Chelem (Roland-Garros 1981 contre Bjorn Borg, US Open 1982 contre Jimmy Connors, US Open 1983 contre Jimmy Connors, Open d’Australie 1983 contre Mats Wilander). A l’exception d’Andre Agassi ou d’Andy Murray, aucun joueur n’aura autant souffert pour accéder au Graal, la victoire dans un des quatre tournois qui sont la clé de voûte du tennis, l’Open d’Australie, Roland-Garros, Wimbledon et l’US Open …

Lendl réalise son niveau d’épuisement après les cinq sets de cette finale parisienne, et va s’imposer un entraînement stakhanoviste, pour gagner en endurance et en puissance physique. Viscéralement attaché à la notion de travail et de compétition, Lendl sait que cet effort va lui ouvrir les portes de la gloire, celles qu’il a trop longtemps attendues. Ce travail ne portera ses fruits qu’en 1985, car le reste de 1984 sera marquée par l’hégémonie de McEnroe, qui reprend sa marche triomphale pour un millésime exceptionnel : 82 victoires pour 3 défaites, même Roger Federer en 2005 (81/4) ou 2006 (92/5) n’a pas fait aussi bien à son âge d’or.

De son côté, John McEnroe fera des cauchemars de cette finale perdue contre Lendl à Paris, et la Porte d’Auteuil restera pour lui, comme pour de nombreux tennismen offensifs (Connors,  Edberg, Becker, Sampras), un bastion imprenable. Manquant la quadrature du cercle, Big Mac ne s’attire pas moins tous les superlatifs fin 1984 malgré cette défaite parisienne.

Car l’Américain écrase la concurrence à Wimbledon ainsi qu’à l’US Open, imposant sa férule à Ivan Lendl qui s’incline en finale à New York pour la troisième année consécutive, les deux joueurs se retrouvant après un légendaire Super Saturday où deux demi-finales masculines d’exception prennent en sandwich une mythique finale dames entre Evert et Navratilova. C’est l’apothéose pour McEnroe qui réalise, comme en 1981, le prestigieux doublé Wimbledon – US Open. Vainqueur pour la troisième fois dans le temple du tennis, l’Américain l’emporte pour la quatrième fois à New York.

A 25 ans, John McEnroe a porté son propre art tennistique au pinacle, et peut voir l’avenir avec optimisme. Il a gagné 13 tournois sur 15 possibles, dont Wimbledon, l’US Open et le Masters, et n’a pas disputé l’Open d’Australie par la faute de l’affaire de Stockholm. En demi-finale du tournoi suédois contre Anders Järryd, Big Mac invective l’arbitre de chaise (Answer my question, jerk) et fait valser sa serviette, franchissant le Rubicon en terme de comportement, donnant du grain à moudre à ceux qui vendent du papier sur sa tendance à faire exploser son courroux aux yeux de tous. C’est pour cette raison que ce succès obtenu dans la Venise du Nord sera une victoire à la Pyrrhus pour lui car l’Américain est suspendu 21 jours, et se voit donc privé de la possibilité de faire le Petit Chelem en Australie … Mais même avec seulement deux levées du Grand Chelem sur quatre, McEnroe est l’incontestable roi de 1984, ayant signé une partition sans fausse note, aux airs de requiem pour la concurrence. Plébiscité roi du tennis, l’Américain est le favori des observateurs à l’heure d’aborder 1985.

Un an plus tard, les perspectives de McEnroe sont bien plus sombres en terme d’enrichissement de son palmarès, Kevin Curren et Boris Becker ont planté une première banderille à Wimbledon, avant qu’Ivan Lendl ne porte l’estocade finale à l’US Open.

 

C’est en trois actes que la saison 1985 fait basculer le tennis dans une nouvelle dimension, plus physique. Un tsunami de puissance va tout renverser sur  son passage.

Le premier survient à Roland-Garros où Ivan Lendl, le nouveau Terminator des courts par son endurance et sa puissance, surclasse tous ses rivaux jusqu’en finale où le Suédois Mats Wilander tire la quintessence de son potentiel en piégeant admirablement Lendl sur le plan tactique. Battu en finale, Lendl sait pourtant que sur le long terme, son entraînement stakhanoviste va lui permettre de coiffer les lauriers aux dépens d’une concurrence laminée, pulvérisée, écrasée par tant de supériorité physique. Avec Tony Roche, Ivan Lendl passe le turbo : diététique, cyclisme, natation, musculation … Véritable Pantagruel des courts, Lendl dispose d’un appétit colossal de victoires, après une disette de trois ans avant la délivrance de juin 1984.

Le deuxième acte intervient à Wimbledon où deux outsiders venus de nulle part viennent affirmer la toute-puissance du service qui fuse sur le gazon londonien … Kevin Curren, le Sud-Africain, est le bourreau des deux patrons américains du Centre Court depuis 1981, John McEnroe en quarte de finale puis Jimmy Connors en demi-finale. La victoire sera utopique pour Curren en finale, débordé par la puissance phénoménale d’un jeune espoir allemand à peine sorti de l’adolescence, et qui ne fêtera ses 18 ans qu’en décembre 1985. Boris Becker, alias Boum-Boum, vient de créer la sensation à Wimbledon, devenant le plus jeune  vainqueur de l’histoire du Grand Chelem devant les Suédois Borg (1974) et Wilander (1982). Curren comme Becker ont changé l’importance du service, pérennisant l’exploit à coups d’aces et d’échanges raccourcis … Une pluie d’aces et de services supersoniques s’abat sur le gazon londonien, médusant spectateurs et rivaux de l’ancienne école … La révolution est en marche, et Boris Becker dresse la guillotine. Telle la foudre de Jupiter, le service de Becker s’abat sur ses victimes médusées.

Mais à 17 ans et 7 mois durant ce  tournoi de Wimbledon 1985, le Wunderkind avait également un mental en acier trempé, digne d’un champion implacable. “Dans les vestiaires, avant la finale, Curren refusait de croiser mon regard. Je l’ai observé dans le miroir. La peur se lisait dans ses yeux.”

Le regard de Becker est lui empli de défis. Au changement de côtés, en demi-finale contre Anders Jarrÿd, l’épaule de l’adolescent de Leimen frôle celle du Suédois … Mais l’intimidation de Becker fonctionne, et le jeune prodige devient l’enfant roi d’un sport allemand qui attend une vedette depuis que Franz Beckenbauer a raccroché ses crampons, tandis que Michael Schumacher ne se révèlera qu’en 1991 sur les circuits de Formule 1.

Dès le tournoi du Queen’s, Becker avait annoncé la couleur par une victoire sur le gazon de l’Artois Tennis Club. S’il joue comme ça à Wimbledon, je ne vois personne pour le battre, pronostique Johan Kriek. Banco, cependant personne n’avait misé un kopeck sur Boris Becker, qui échappe à l’élimination de peu au troisième tour contre Joakim Nyström. Le Suédois sert à deux reprises pour le gain du match mais cède finalement 9-7 au cinquième set contre le protégé de Ion Tiriac, nourri par les fées du destin au nectar et à l’ambroisie. En huitième de finale, face à Tim Mayotte, Becker se retrouve au bord du précipice. Mené deux sets à un, victime d’une entorse à la cheville,  l’Allemand tient le choc jusqu’au tie-break du quatrième set qu’il remporte, avant de faire cavalier seul dans la cinquième manche. En demi-finale, Anders Jarrüd manque deux balles de deux sets à zéro dans le tie-break.  En finale, la décontraction du jeune adolescent allemand, fils d’un architecte du Bade-Wurtemberg, est bluffante. Fan du Bayern Munich, Boris s’offre quelques jongles avec la petite balle jaune, devant un public londonien médusé. Cela ne vaut pas le crachat de Gustavo Kuerten en 1997 durant sa finale parisienne contre Sergi Bruguera, mais cela montre que l’OVNI allemand était bien préparé à être un champion, sauf pour affronter les vertiges d’une popularité qui causeront sa perte au deuxième tour de l’édition 1987 (défaite surprise contre Peter Doohan). En concédant huit sets sur la route du  titre (le total le plus élevé à Wimbledon depuis Ted Schroeder en 1949), Boris Becker a fait preuve de sa solidité physique et mentale en 1985, à seulement 17 ans et 7 mois. Seul Michael Chang (17 ans et 3 mois) sera plus précoce en Grand Chelem dans l’ère Open, en juin 1989 à Roland-Garros. En 1986, l’épouvantail Becker enfonce le clou en conservant son titre à Londres, devant Ivan Lendl. Comme Borg en 1974-1975 à Roland-Garros, Becker est double champion de Wimbledon l’année de ses 19 ans, en ayant renvoyé aux oubliettes le raffinement et l’esthétisme d’un tennis allemand hérité du baron Gottfried von Cramm dans les années 30 …

Le troisième acte de la révolution 1985 a pour cadre les courts en ciment de Flushing-Meadows, chasse gardée des Américains McEnroe et Connors depuis 1978. Le court Louis Armstrong n’a pas connu de vainqueur étranger depuis Guillermo Vilas en 1977, même Bjorn Borg s’y est cassé les dents. A New York, Ivan Lendl est implacable en finale contre John McEnroe, pour la revanche de la finale 1984. En un an, McEnroe a pris un terrible coup de vieux, et rentre bredouille de sa campagne de Grand Chelem 1985, lui qui marchait sur l’eau l’année précédente … Balayé en trois sets 7-6, 6-3, 6-4 par le nouveau roi du tennis, John McEnroe est rangé au rayon des souvenirs. Plus jamais il ne soulèvera un trophée majeur jusqu’à sa retraite en 1992.

Quant à Ivan Lendl et Boris Becker, ils vont régner (avec Mats Wilander en 1988) jusqu’à la fin de la décennie, avant que Stefan Edberg ne prenne le pouvoir en 1991 pour l’ouverture d’une décennie qui fera la part belle à un serveur plus que génial, Pete Sampras.

En 1994, ce dernier éliminera Ivan le Terrible sur la route de son premier triomphe à Melbourne. L’hommage de Pistol Pete au natif d’Ostrava sera plus qu’élogieux : Vous savez ce que le nom d’Ivan Lendl signifie pour moi ? Dévouement, travail dur, domination sur tout le monde alors qu’il n’avait peut-être pas le talent de beaucoup de gars. Je l’admire énormément.

Un certain John McEnroe avait même déclaré, à propos du talent de Lendl, ceci … J’ai plus de talent dans mon petit doigt que Lendl dans tout son corps !

Stakhanoviste de l’entraînement aidé dans son zèle par l’ancien champion australien Tony Roche, Ivan Lendl ne laisse plus rien au hasard. Ivan le Terrible s’impose une discipline de fer et domine ses rivaux en terme d’endurance sur les courts du monde entier, d’Indian Wells à New York en passant par Roland-Garros, Monte-Carlo ou encore Wimbledon.

Ayant grandi dans la Tchécoslovaquie communiste matée en 1968 par l’Union Soviétique durant l’épisode du printemps de Prague, Ivan Lendl avait donc le culte du sacrifice personnel et de l’effort viscéralement ancré en lui, comme plus tard son compatriote footballeur Pavel Nedved, Ballon d’Or 2003 avec la Juventus Turin qui travaillait plus que ses coéquipiers de la Vecchia Signora (ou précédemment au Sparta Prague puis à la Lazio Rome).

Les paliers franchis chaque année par le tennisman Tchèque foreront un joueur tel que Mats Wilander à revoir ses standards en matière de préparation physique. Battu en quatre sets par Lendl en finale de l’US Open 1987, le Scandinave a assez musardé après son mariage en 1986 avec le mannequin sud-africain Sonya Mulholland.  Ivan était devenu sérieux dans son travail physique, il était devenu un athlète. Jusqu’alors il frappait fort, avait un peu de bide, jouait sans raison profonde. Mais vers 1986, il avait changé. Il était devenu une machine et il me mettait minable à chaque match. Je le trouvais trop puissant. J’avais un gros complexe.

Pour progresser et combler son retard (le Head-to-Head Lendl / Wilander passant de 7-6 à 13-6 en faveur du premier nommé entre début 1986 et fin 1987), le Suédois – devenu New-Yorkais d’adoption qui vit à Greenwich Village – engage un certain Matt Doyle, ancien 65e mondial à l’ATP diplômé en économie à la prestigieuse université de Yale : C’était la seule façon de battre Lendl à nouveau !

Ce colosse, mi-irlandais, mi-californien, va servir de préparateur physique à Wilander qui réalise le Petit Chelem en 1988. Lauréat à Flinders Park (Melbourne)  puis à Roland-Garros, le Suédois échoue à Wimbledon mais se rattrape à l’US Open où il retrouve son vieux rival tchèque en finale.

 

Cette fois, lorsque la joute se finalise par un cinquième set, Wilander est prêt physiquement, et s’adjuge la manche décisive 6-4. A Flushing-Meadows sur le ciment new-yorkais, le roi Lendl, triple tenant du titre dans le Queen’s, est nu. Mais Wilander ne verra pas cet état de grâce se pérenniser. Manquant de peu un Londres / New York le 21 décembre 1988 pour se faire opérer du genou, le Suédois échappe de peu à l’attentat terroriste de Lockerbie, commandité par la Libye. La mort de son père achève ensuite de faire baisser le tennis dans la liste de ses priorités … Battu par un adolescent rebelle du nom de Michael Chang à Roland-Garros, Lendl boycotte ensuite le French entre 1990 et 1991 pour se consacrer à son obsession, Wimbledon. Le Tchèque, victime de trop d’herbivores géniaux entre McEnroe, Becker et Edberg, ne gagnera jamais à Londres. Mais comme Becker, il aura bel et bien changé la face du tennis en 1985.

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    20 novembre 2017 a 12 h 52 min

    Du grand (Axel)Borg! Comme on l’aime: historien, précis, nous apprenant plein de choses ou nous les rappelant de manière remarquablement articulées! Merci!

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      20 novembre 2017 a 14 h 20 min

      Merci Lauchou et @+ pour en discuter

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      20 novembre 2017 a 18 h 50 min

      Un autre sujet qui a aide les monstres du Big 3 actuel reste le passage depuis 2001, de 16 à 32 tetes de série en Grand Chelem. Sans parler de l’uniformisation des surfaces, notamment à Wimbledon. Mais ce fut plus progressif !

  2. avatar
    20 novembre 2017 a 14 h 17 min

    Des trois revolutions, difficile d’en prioriser une. La première eut un impact technique visible dans chaque école du tennis (perso j’ai appris le revers à 2 mains et non à 1 main), la seconde un impact en terme de gestion de calendrier et la troisième un impact physique, de toute façon ineluctable avec l’arrivée des televisions et des sponsors, donc de l’argent qui contribute à élever le niveau de professionalisation par des enjeux sans cesse croissants … Lendl a ensuite vu des monstres de fond de court leur succéder, Agassi mais surtout Djokovic et Nadal. Quant à Becker, il fut suivi par Sampras et Federer dans la filière des joueurs offensifs.

    Sur le calendrier, il sera intéressant de voir si la tendance 2017 se pérennise, en l’occurrence un calendrier ATP à la carte pour les cadors. Car la saison de Federer va faire réfléchir Nadal mais aussi Djokovic, Murray, wawrinka, tous trentenaires désormais.

    Zapper Roland-Garros comme le Suisse l’a fait n’allait pas de soi, vu le prestige du tournoi parisien. Mais Fed Ex a su hypothéquer l’ocre pour mieux rebondir à Wimbledon. Chapeau bas.

    On verra donc si le tennis des années 2020 fait comme le cyclisme des années 90, avec une specialization qui avait mis aux saisons boulimiques des Coppi, Merckx, Hinault et autres Kelly.

    LeMond, Indurain, Rominger, Ullrich, Pantani, Zülle, Armstrong puis Contador, Evans, Froome, Quintana ou encore Nibali se sont engouffrés dans la brèche du côté des specialistes de courses par étapes. Tandis que Museeuw, Bartoli, Tchmil, Zabel, Van Petegem, Bettini, Valverde, Boonen, Gilbert et Cancellara sont devenus des stars des classiques.

    Mais cela reviendrait finalement à revenir en arrière par rapport à 1983; avec des joueurs qui se censurent eux meme sur la possibilité de faire le Grand Chelem, tel Budge en 1938 ou Laver en 1969 …
    Cela dit, une fois le GC en carrier fait comme Federer depuis 2009, quel intérêt de revenir à Paris pour se faire laminer par Nadal ou Djokovic sur terre battue ? Aucun …

    Enfin un mot sur la Masters Cup 2017. Bravo à Dimitrov et Goffin. le premier confirmer enfin son immense talent, lui qui fut hanté par son surnom de Baby Federer et que certains connaissaient plus comme ex de Sharapova que comme espoir du tennis. Le Bulgare n°3 mondial devra cependant montrer qu’il gère la pression à Melbourne, avec ce statut de top 3 et surtout une demie à defender s’il ne veut pas dégringoler dans le top 10 …

    Quant au Belge, qu’on reverra le WE prochain en Coupe Davis face à l’équipe de France, il est devenu le 6e joueur seulement à batter Nadal et Federer dans le meme tournoi, le seul avec Del Potro (US Open 2009) et Djokovic (US Open 2011) dans un majeur. Mais le Liégeois, à l’inverse de l’Argentin et du Serbe à New York, n’ a pas su conclure en indoor à Londres. Dommage mais l’avenir lui appartient s’il maintient ce niveau de jeu.

    Déceptions sinon pour Thiem et surtout Zverev (encore recalé dans un grand tournoi, à lui de progresser sur ce plan en 2018), beau Masters de Sock qui est sorti des poules. Les mauvaises langues diront que Zverev aurait mieux du aller à Milan jouer le Masters des U21 …

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    20 novembre 2017 a 17 h 55 min
    Par Cullen

    Très intéressant Axel mais à nuancer. Le premier entraineur à avoir intégré des paramètres autres que le foncier et le jeu dans ses séances quotidiennes c’est Harry Hopman. Le sorcier australien avait été un précurseur en s’attachant les services de médecins, de kinés ou encore de nutritionnistes. La récupération, la diététique mais aussi le travail psychologique, rien n’était laissé au hasard avec lui et ça a donné cette formidable fabrique de champions dans les années 50-60’ tels Sedgman, Rosewall, Hoad, Laver ou Emerson. Lendl a simplement amplifié ce phénomène, en rendant au passage le Tennis plus individualiste (étant donné que Hopman travaillait davantage en groupe en vu de renforcer l’esprit d’équipe pour la Coupe Davis, primordiale à l’époque), mais on ne peut pas dire qu’il ait été un révolutionnaire. Pareil pour le service, Becker a certes battu des records de vitesse à son époque mais le premier à faire de ce geste une véritable arme au Tennis a été l’Américain Roscoe Tanner. Au final, le seul véritable tournant parmi les 3 exemples que tu cites ça a été le revers à deux mains de Connors qui a fait passé celui de Rosewall, surnommé pourtant à l’époque la “huitième merveille du monde”, pour une arme bien inoffensive. Petit complément pour les curieux : http://yourzone.beinsports.fr/tennis-la-malediction-de-ken-rosewall-a-wimbledon-72301/

    Sinon, une pensée pour Jana Novotna, à la fois fragile et audacieuse sur les courts, foudroyée à son tour par ce foutu crabe et à seulement 49 ans…

  4. avatar
    20 novembre 2017 a 18 h 05 min
    Par Enzo29

    Salut Axel, et bravo pour cet article MONUMENTAL !

    Je vais un peu pinailler, juste pour le plaisir du jeu. Les trois révolutions que tu mentionnes ne sont pas du même ordre selon moi. Il y en a deux que l’on peut qualifier de techniques (1974 et 1985) et une qui est d’ordre organisationnel (1983). Pour celle de 1983, on pourrait y ajouter une quatrième, tout aussi importante au final : celle de 1979 à Roland Garros.

    Car avant 1979, le French Open, certes Open depuis 1968, était dans les faits quelque peu dévalué par l’absence récurrente de plusieurs des meilleurs joueurs du monde. Et en particulier entre 1974 et 1978, avec l’absence du n°1 mondial Jimmy Connors. Un tournoi qui devait se dérouler sans le n°1 mondial (et qui l’excluait) méritait-il réellement le statut de Grand Chelem ?

    Même si elle n’est pas du même ordre que pour l’Australian Open, la raison est aussi calendaire : le printemps de la saison était consacré à une épreuve concurrente, les Intervilles, qui n’avait guère de signification sportive mais qui payait bien. Jimbo, en préférant rester à la maison aux Etats-Unis plutôt que de venir user ses jambes sur la terre battue européenne, a entamé un long bras de fer avec le président de la Fédération internationale, Philippe Chatrier. En excluant Connors, Chatrier pénalisait “son” épreuve française reine, mais il gardait fermée la porte à l’émergence de circuits concurrents, qui auraient tôt ou tard pénalisé les autres GC. Borg lui-même céda aux sirènes des Intervilles, et il fût exclu de la même manière en 1977.

    Ce n’est qu’en 1978, après le dépôt de bilan des organisateurs des Intervilles, que Borg fût à nouveau admis à Roland Garros. Mais Connors bouda une année de plus, si bien que ce n’est qu’en 1979 que les deux meilleurs joueurs du monde depuis 5 ans furent enfin présents tous les deux à Paris. En remportant ce bras de fer contre Connors, Chatrier rendit à Roland Garros son statut d’épreuve reine du tennis, qui avait été sérieusement ébranlé.

    Ce précédent a probablement été présent à l’esprit de Roger Federer et de son équipe, lorsqu’ils ont monté la Laver Cup. Ils ont soigneusement choisi une date qui ne perturbait pas grandement le calendrier principal de la saison tennistique, malgré une concurrence avec des tournois mineurs (dont Metz).

  5. avatar
    20 novembre 2017 a 19 h 05 min

    Nous nous sommes souvent pris le bec sur les non efforts consentis par Borg pour l’oa, et il vrai que l’essor de ce tournoi correspond quasiment à son départ, même si Vilas (étonnamment) et Gerulaïtis étaient aller y triompher, un peu comme en avant première. Et, là aussi étonnamment, quand les plus grands sont allés enrichir le tournoi de leur participation, il est devenu propriété suédoise, durablement.
    Des 3 révolutions évoquées par Axel, ma préférence (ma priori satin comme il dit ) va à celle de 1974, avec les explosions des 2 petits fiancés de l’Amérique et de l’impavide viking. La longévité des 2 premiers est à l’opposé de celle, ultra concentrée du Suédois. A l’instar d’un Connors face à des Chang, Courrier, j’aurais adoré voir un Borg de 32 ou 34 ans face à des Agassi ou Bruguera en pleine ascension, ou même plus simplement à Kooyong ou Wimbledon face à ses successeurs et ceux de Mac en matière de service volée : ces 2 grands herbivores de Becker et Edberg.
    Ton analyse de la fin de carrière de Wilander, en effet plus psychologique que tennistique, est aussi remarquable. J’avoue qu’esthetiquement, la rivalité Wilander /Lendl fut pour moi l’une des moins excitantes mais bravo à ces 2 grands bosseurs pour leur abnégation, composantes nouvelles des révolutions qu’ils ont accompagnées ou initiées. J’aurais tendance à inscrire Murray dans leur filiation, le seul “tort ” de l’Ecossais étant d’avoir été un contemporain de Fedalic…
    Je me permets d’ajouter à ton observation sur l’échec de Wilander à WIM 88 que de mémoire il y finit quand même son meilleur résultat avec un 1/4; c’est dire si Mats était affûté cet année là !
    Encore et toujours d’accord sur l’année 1985 et les bouchées double mises par le souriant Ivan dans le domaine du physio et diététique. Là encore les big3+1 lui doivent beaucoup, et des Djoko, Murray et Nadal, moins doués naturellement que Fed peut-être plus encore que le Suisse. En cela Lendl est en effet un incontournable du tennis moderne.
    je salue également les parallèles avec la grande Histoire des joueurs et notamment la Tchécoslovaquie de Lendl.
    On notera qu’à l’exception de Nadal la précocité des Becker, Edberg, Sampras et autres Chang sont ancrées dans le tennis des’annees 80 et 90. Cela reviendra t il un jour ? Rien n’est moins sûr surtout quand on voit le mal d’un Zverev, pourtant pétri de talent, à franchir des paliers, à 20 ans révolus. Nous aurons à l’oeil le jeune Shapovalov en 2018 pour voir si la précocité peut revenir sur le devant de la scène mais là encore la scepticisme est de mise…
    Très beau retour sur la fabuleuse année 84 de Mac et je serais tenté de faire un parallèle avec le Djoko slam 2015 2016 (de l’Olympe aux Enfers)… avec une réussite plus éclatante en GC pour le Serbe, en partie due selon moi à des surfaces moins diversifiées qu’en 84 et à l’abandon de Nadal à RG. L’histoire retiendra bien sûr l’exploit du Serbe plus que les conditions dans lesquelles il a été réalisé mais je sais qu’Axelborg préfère jeter un regard de puristes sur les perfs…;-)

  6. avatar
    20 novembre 2017 a 19 h 06 min

    “Priorisation “

  7. avatar
    20 novembre 2017 a 22 h 14 min

    Salut Enzo,

    Connors ne fut exclu qu’entre 1974 et 1977 malgré La défense de Robert Badinter. En 1978 Jimbo se vengea en boycottant Roland Garros.
    Je n’appellerais pas ca une révolution pour 1979 malgré le Superbe combat politique gagne par Philippe Chatrier.

    @Lauchou, pour le Djoko Slam c’est un exploit colossal même si le Serbe n’a pas battu Nadal a Roland et n’a eu qu’un seul vrai rival entre Wimbledon et Melbourne, Roger Federer âge de 34 ans. Le Serbe a décliné par usure mentale la ou Big Mac a été surclasse en puissance et endurance par Lendl et Becker à partir de 1985.

    Pour Shapovalov on verra mais quand on voit le temps qu’il a fallu a Dimitrov et a Goffin pour arriver à maturite cela incite à la modération. Thiem et surtout Zverev doivent franchir des paliers. Car si le trio Murray Wawrinka Djokovic revient fort en 2018, bon courage à eux ainsi qu’à Raonic Sock et Pouille. Reste l’inclassable Del Potro.

    @Cullen, je ne savais pas pour Hopman mais tu ne peux pas comparer la méticulosité d’un coach australien de l’ère amateur / pro rebelle avec le vrai essor du tennis pro dans le années 80, suite à la médiatisation consecutive a deux facteurs.

    Primo 1973 l’arrivée du tie-break pour satisfaire les télévisions et la création du classement ATP qui instaure une hiérarchie mondiale pour le grand public.

    Secundo l’arrivée de deux stars charismatiques avec le revers a deux mains Connors et Borg.

    Pour le service, Roscoe Tanner était un excellent joueur de tennis mais Boris Becker c’était autre chose, un pur champion. 1985 marque un point de non-retour, un McEnroe ne pouvait plus se contenter de ses arabesques pour gagner.

  8. avatar
    21 novembre 2017 a 17 h 36 min

    peu importe la façon dont Mac et Djoko ont dû cédé la place: on parle de révolution ou d’événement et leurs chutes respectives en furent.
    Quant à “l’usure mentale” du serbe, qui serait à l’origine de sa baisse puis de son retrait, ce n’est pas là dessus que lui et son entourage ont communiqué: on nous a parlé de blessure remontant à près d’un an avant son retrait.
    Quant à la vengeance de Connors, qui a t il réellement puni?? RG? Ou lui même d’un GC en carrière? Très limite le Jimbo sur cette affaire…
    Pour Shapovalov je fais preuve de la le même prudence que toi mais il arrive à un moment ou contrairement à Goffin et Dimitrov où le big 3+1 n’a pas non plus 5 à 10 devant lui…

  9. avatar
    21 novembre 2017 a 17 h 55 min
    Par Cullen

    Axel,

    il y a eu bien d’autres moments clés que ceux que tu décris ici. Le Tennis n’a même jamais cessé d’évoluer, que ce soit la technologie (raquettes, tenues des joueurs, balles) ou la manière d’aborder une rencontre. En fait, seules les règles n’ont (quasiment) jamais changé. Avec la modification des surfaces, l’évolution morphologique des joueurs ou la professionnalisation de la discipline qui s’est accentuée, le jeu s’est quelque peu uniformisé, les spécialistes gazon ou terre battue sont de plus en plus rares et des joueurs comme Djokovic sont capables de gagner à la fois Roland Garros et Wimbledon sans être de grand technicien d’une des deux surfaces. Un virage important a eu lieu au début des années 90’ avec l’apparition des “puncheurs” style Agassi et Courier, contre qui les services liftés d’Edberg – qui lui donnaient le temps de monter au filet – se sont rapidement montrés trop fragiles pour qu’il ne se fasse pas transpercé. Du coup, les serveurs se sont adaptés et, outre Becker, on a vu éclore des joueurs de plus d’1,90m capables de servir à plus de 230 km/h comme Philippoussis, Sampras ou bien sur Ivanisevic, ce qui a poussé les organisateurs de Wimbledon à modifier le gazon londonien (ralentissement et rebond plus important) pour favoriser les échanges. Ca a été un tournant et dès la saison suivante (2002), on a assisté à la première finale de Wimbledon sans le moindre enchainement service-volée. Du coup, la question que je me pose c’est pourquoi avoir choisi ces 3 dates en particulier ?

    En tout cas, c’est bien sympa de pouvoir échanger comme ça et si la rubrique Rugby pouvait être aussi animée, je serai bien content…:-) http://yourzone.beinsports.fr/rugby-equipe-de-france-all-blacks-les-tournees-ont-elles-encore-du-sens-120196/

  10. avatar
    21 novembre 2017 a 21 h 54 min

    Salut Lauchou, pour Djokovic ce qui arrive depuis 1 an et demi est incroyable : Djoko Slam, crise du Serbe dépasse par Murray fin 2016 au classement ATP. Retour tonitruant de Federer et Nadal en 2017, éclosion de Shapovalov tout cela était totalement imprévisible.

    Pour Connors c’est lui le perdant car avec 1 ou 2 Roland-Garros contre Bjorn Borg il serait bien plus haut au Panthéon du tennis.

    @Cullen, j’ai pris ces 3 dates pour montrer qu’en douze ans le tennis avait bien changé. J’aurais pu rajouter 1973 avec tie-break et classement ATP.

    Mais oui on aurait pu prendre 1968 pour l’ère Open, 2001 pour le passage de 16 à 32 têtes de série (retour en arrière envisagé pour 2019) voire le ralentissement du gazon de Wimbledon en 2002.

    La différence est que les 3 dates que j’ai choisi viennent de révolutions instaurees par les joueurs eux mêmes : Connors et Borg en 1974, Wilander en 1983, Lendl et Becker en 1985.

    Et même avec herbe rapide à Wimbledon et 16 têtes de série, Djokovic Nadal et Federer auraient gagné un paquet de GC.

  11. avatar
    22 novembre 2017 a 0 h 36 min

    Axel je te rejoins sur la totalité de ton dernier post à l’exception de ta conclusion. Non, avec une herbe rapide pas de titre pour Nadal ni probablement Djoko contrairement à Borg qui lui changeait totalement son jeu entre RG et Wim. Probablement une decima/tenth au minimum pour Fed, qui aurait conservé plus longtemps son jeu du début (ou de la 2e moitié 2015) de service volée qui lui avait permis de faire tomber, et grand dans son jardin encore rapide de 2001. Idem pour les têtes de série, pour Nadal notamment quand on voit comme à l’exception de RG, certaines 1ères semaines ont déjà été difficiles pour lui.
    Connors, oui , par orgueil et appât du gain, est passé à côté d’un gc en carrière que son talent et sa détermination eux méritaient. Je l’aimais bien mais cette tâche ne me donne moins de regrets pour lui que pour Mac et surtout Edberg, sublime volleyeur qui méritait au moins autant RG que Noah. Mais je m’égare et précise que pour une fois c’est Cullen qui te cherche,un peu trop de poux dans la tête pour un article vraiment très abouti ;-)
    Dernière remarque, j’ai vu récemment des Borg Tanner et ne savais pas à quel point le yankee n’était pas qu’un grand serveur mais aussi un redoutable relanceur et volleyeur. Ça + son côté gaucher qui a donné des sueurs froides (un comble pour le suédois, par ailleurs cerné par les gauchers !) à Iceborg à bien des reprises, je l’ai mieux compris.

    • avatar
      22 novembre 2017 a 15 h 06 min

      Salut Lauchou,

      Pour Nadal, vrai pour Wimbledon mais faux pour l’aspect 16 têtes de série. On parle de Rafa l’ultime combattant, certes il y aurait peut etre eu 2-3 sorties de route en 1re semaine, mais la marge du Big Four est telle que je ne crois guère à un Nadal souvent éliminé très tôt hors de Roland.

      Pour Djokovic, faux pour Wimbledon et faux pour l’aspect 16 têtes de série. Le Serbe est encore plus complet que Nadal, avec la meilleure technique du circuit derrière Federer et Gasquet.

      Pourquoi ? Le seul vrai joueur de gazon qui reste désormais c’est Federer, depuis qu’Hewitt et Roddick ont quitté le circuit ATP, soit les derniers vrais jardiniers du circuit meme si un cran en-dessous de l’age d’or des années 80 avec McEnroe, Becker et bien sur Edberg.

      Sur Stefan Edberg, oui je te rejoins sur RG mais il a laissé passer sa chance en 1989 face au teenager Chang ! Idem pour McEnroe qui a craqué mentalement en 1984 face à Lendl. Mais c’est sur que le Grand Chelem en carriere d’Agassi a plus de valeur que ceux du Big Three, tant les surfaces étaient distinctes dans les années 90 et les profils de specialistes existaient en masse : Ivanisevic, Sampras, Becker, Henman à Wimbledon, Bruguera, Muster, Kuerten, Moya, Rios ou Corretja à Roland-Garros, Sampras, Rafter, Chang et Kafelnikov à l’US Open / Open d’Australie.

      Rappelons enfin que Wilander a réussi le GC ces surfaces à défaut du GC des tournois, n’ayant pas gagné à Wimbledon mais le Suédois gagna l’OA sur herbe en 1983-1984 (Kooyong) puis sur rebound ace en 1988 (Melbourne Park), en plus de ses titres parisiens sur terre battue et de son succes sur le decotruf new-yorkais de 1988 qui lui ouvrit les portes du Petit Chelem.
      A ce jeu là, les roi s’appellent Federer et Djokovic avec 5 surfaces différentes en GC, record de tous les temps.

      @Cullen, Agassi et Lendl ne sont pas les seuls à avoir joué contre nature à Londres, il suffit de parler de Borg qui n’est pas un herbivore à la base … Pourtant il a gagné 5 années de suite à Wimbledon, devant Connors ou McEnroe.

      Si l’on regarde les victoires londoniennes de Djokovic et Nadal, en 2008 et 2014 contre Federer cela aurait été bien plus difficile sur gazon rapide. Le Suisse en serait en effet à 10 titres avec les 8 qu’il a déjà gagnés sur gazon “ralenti”.

      Pour 2015 le Serbe était au-dessus donc pas de sujet il aurait gagné. Pour 2011 Nole et Rafa se faisaient face, Fed Ex ayant trebuché face à Tsonga en 1/4, je maintiens le Serbe tant Nadal était meurtri mentalement par les défaites sur terre battue face au Djoker à Rome et Madrid.

      Pour 2010 enfin, Nadal aurait quand meme battu Berdych en finale.

      Sinon Marat Safin en interview sur Eurosport pronostique que Novak Djokovic ne reviendra pas au top en 2018, à suivre donc …

  12. avatar
    22 novembre 2017 a 12 h 41 min
    Par Cullen

    Je plussoie ton commentaire Lauchou, même si on ne sait pas vraiment comment auraient évoluer les choses sans cette mutation. Les serveurs-volleyeurs auraient surement été plus nombreux sur le circuit, et l’un d’entre eux aurait peut-être émergé et causé des soucis à Federer qui, bien que très à l’aise dans cette filière, a d’autres arguments à faire valoir. Tout ça est bien sûr de la pure spéculation. Mais ce qui est certain c’est que Nadal (et Djokovic) n’aurait jamais gagné Wimbledon, ce qui aurait été assez légitime, vu que tous ceux qui s’y sont imposés jusque-là (hormis peut-être Agassi) ont dû s’adapter aux particularismes du jeu sur gazon et raccourcir les échanges. Même Lendl jouait contre nature à Londres et s’était mis au service-volée pour tenter d’accrocher ce tournoi à son palmarès. Il n’était vraiment pas à l’aise mais avait quand même failli réussir alors quand on voit les joueurs actuels passé de Roland Garros à Wimbledon sans rien modifier ou presque dans leur approche du jeu et s’imposer, c’est très injuste pour les anciens qui s’y sont cassé les dents.

    PS : aucun souci avec Axel, je pinaille simplement pour approfondir le débat :-)

  13. avatar
    22 novembre 2017 a 20 h 20 min

    Je sais bien Cullen, c’est juste pour noter que je ne suis pas le seul poil à gratter (pinailler ? ) ici et je sais combien tu apprécies Axel quand il est de bonne foi. Il n’arrivera pas en revanche à me convaincre que Djoko se serait imposé sur gazon rapide mais ce n’est pas très grave…j’avais d’ailleurs oublié Murray dans ma liste mais idem, l’écossais avec son jeu ne se serait pas imposé face à de grands serveurs volleyeurs sur gazon rapide. Comme tu le dis même Lendl (son ex futur ex ? coach) avait dû se faire violence. .. Mais oui Cullen très de spéculation…
    J’aurais tendance à dire comme le (pas assez et c’est bien dommage) grand Safin qu’il sera très dur pour Djoko de revenir très fort en 2018, mais avec ce rouleau compresseur parfois démoniaque, qui sait ?

  14. avatar
    23 novembre 2017 a 10 h 10 min

    Salut Lauchou,

    Pour Djokovic, je suis partiellement d’accord avec Safin. Si Djokovic veut redevenir le boss, il le fera.
    En plus Agassi sait parfaitement ce que c’est que de repartir de zero, il l’a fait entre 1997 et 1999.

    Tout depend de la motivation ndu Serbe. Soit il a encore faim et ce n’est qu’une question de temps, meme si Nadal en 2013 et Federer en 2017 ont prouvé qu’on pouvait revenir très fort très vite.

    Soit il s’est embourgeoisé ou démotivé du fait du Djoko Slam, et là oui il ne ser que l’ombre du grand champion qu’il a été entre 2011 et le 1er semester 2016, avec un climax en 2015.

    Car si l’ogre de Belgrade retrouve son niveau de 2015, je ne vois qu’un home pour l’arrêter, et sur un seul tournoi : Nadal à Roland-Garros. Pour le reste navré mais le bulldozer écraserait tout sur son passage. Le Federer 2017 ne me semble pas assez fort pour le Djokovic 2015.

    C’est en cela que Djokovic est la clé de la prochaine saison. S’il le veut, il reprendra sa place sur le trône.
    Sinon, Federer et Nadal pourront continuer à profiter des lacunes des “jeunes”qui montent, meme si l’on peut espérer que le dernier Masters va débloquer mentalement Dimitrov et Goffin, à défaut de Zverev toujours bride en tournoi majeur …

    Le Serbe a encore de beaux challenges devant lui :
    - rattraper Federer et ses 19 GC
    - faire un doublé Roland / Wimbledon comme Laver, Borg, Nadal ou Federer
    - deevnir champion olympique à Tokyo en 2020
    - rattraper voire doubler Federer et ses 6 Masters Cup
    - devenir le 1er à gagner tous les Masters 1000 en complétant sa collection à Cincinnati
    - gagner à Roland-Garros avec la cerise sur le gateau de vaincre Nadal en demie ou en finale

    Enfin sur Murray, trop limité oui selon moi aussi pour gagner à Wimbledon en conditions “rapides” 1877-2001.

  15. avatar
    23 novembre 2017 a 10 h 23 min
    Par Cullen

    Axel,

    C’est un peu l’illustration de ce que j’évoquais il y a quelques temps quand je vantais les mérites de tes articles et était beaucoup plus nuancé sur tes analyses… Quand tu dis que Federer serait à 10 titres à Wimbledon si le gazon n’avait pas été modifié en 2001, en imaginant qu’il ait battu Nadal en 2008 et Djokovic en 2014, tu ne prends pas assez de hauteur car dans ce contexte, comme je l’écrivais à Lauchau juste au-dessus, c’est l’approche du Tennis dans son ensemble qui aurait été différente, la formation des joueurs à vocation offensive aurait perduré, et il n’y aurait pas que Misha Zverev et Dustin Brown pour coller au filet aujourd’hui. Pareil pour Djokovic en 2015 et Nadal en 2010, le destin aurait été bien différent. Enfin, Agassi n’a jamais joué contre nature à Londres contrairement à Lendl ou Borg, que je n’ai pas cité car déjà évoqué par Lauchou, mais c’est justement le seul à avoir gagné là-bas en pratiquant un jeu de fond de court avant 2002.

  16. avatar
    23 novembre 2017 a 12 h 47 min

    salut Cullen,

    Bien sur que l’ensemble du jeu aurait été différente, pas juste le Big 3.

    Mais là c’est toi qui manque de coherence selon moi. Si on considère comme Lauchou ou d’autres (groupe dont je ne fais pas partie) que Federer, à défaut d’etre le GOAT, est le meilleur du Big Three car le plus complet et tutti quanti, qu’on vienne m’expliquer en quoi des gros serveurs avec une belle volee auraient pu poser probleme au Suisse, dont l’arsenal technique est hyper complet.

    Sans parler de son mental. Car Federer sait gérer une balle de break en sa faveur ou en sa défaveur, c’est autre chose que de servir à 230 ou de planter 2 aces par jeu comme Ivo Karlovic (malgré tout le respect que j’ai pour lui).

    Sérieusement je ne vois pas en quoi l’hypothèse de 10 titres de Rodgeur à Wimbledon en version gazon rapide serait farfelue entre 2003 et 2017 …

    Il en gagne déjà 8 sur 15, cela en laisse 7 autres ou il doit transformer l’essai 2 fois. Je ne vois vraiment pas où c’est farfelu.

    A moins que tu considères que les 8 victoires de base du Bâlois auraient été remises en causes par d’autres joueurs sur gazon. Mais je veux bien que tu me dises par qui …

    Un seul gars aurait mérité selon moi de battre Fed Ex à Londres, en dehors de Nadal 2008 et Djokovic 2012-2015. Andy Roddick en 2004 et 2009 (pas 2005 où il n’existe pas en finale). C’est tout …

    La marge de Federer est telle sur gazon que je ne vois vraiment pas qui aurait pu le chatouiller avec des conditions justement encore plus favorables pour lui. Gasquet ? Del Potro ? Hewitt ? … Personne !

    Nadal n’a jamais eu besoin de faire une amortie sur terre, ce dont usait Kuerten souvent dans ses belles années 2000-2001. Pourquoi ? Pas besoin … Les longs rallyes, son lift et l’essuie-glace lui suffisent largement. Car sa marge sur tout le reste du circuit, Djokovic excepté, est gigantesque à Paris.
    Son plancher c’est le plafond des autres sur ocre, le Serbe mis à part encore une fois.
    Une fois le 1er set gagné, le mec en face est lessivé par Nadal et ce dernier n’a qu’a dérouler ensuite comme le Suédois Bjorn Borg jadis.

    Même s’il est moins impressionnante, la marge de Federer, comme celle de Sampras jadis à Wimbledon, aurait joué en sa faveur.
    Regarde son historique à Wimby. Exception faite de son annus horribilis en 2013 (mal de dos), il est toujours au moins en 1/4 depuis 2003. Même en 2016 où il vit une saison chaotique, le Suisse parvient dans le dernier carré.

    Tu me répondras que tout ça a été fait sur gazon ralenti et c’est vrai. Mais c’est justement un gazon qui dessert Federer, qui s’exprime mieux sur surface très rapide : comme à Bercy en 2011 après le changement de surface du tournoi en 2008, sur conseils du maestro qui avait indiqué à Caujolle de se rapprocher de la rapidité du Masters en s’inspirant de ce qui existait à Vienne en Autriche !

    • avatar
      23 novembre 2017 a 17 h 15 min
      Par Cullen

      Je ne dis pas que ta réponse est “farfelue”, je trouve simplement qu’elle est beaucoup trop affirmative. Et c’est un fan du Suisse qui te dit ça, un fan qui estime que c’est surtout Nadal (son rival) qui a profité de cette situation. Alors peut-être que Federer aurait un palmarès aussi fourni sans ces modifications, peut-être même qu’il l’aurait été davantage encore. Je n’en sais strictement rien, à ce stade c’est de la pure spéculation. Mais en changeant le cours des choses, et en l’occurrence la structure du gazon londonien, des joueurs avec un potentiel important n’ont peut-être pas percé au plus haut niveau du fait que leur profil de serveur-volleyeurs n’étaient plus tellement recherché au début des années 2000’, les retourneurs étant de plus en plus puissants. Et qui sait, l’un d’entre eux aurait peut-être pu empêcher le Suisse de briller autant à Londres. Mais dans les écoles de Tennis on a dès lors davantage formé les joueurs pour être performants sur toutes les surfaces, un profil un peu à la Djokovic, qui n’a ni la description du limeur de fond de court traditionnel ni celle du joueur ultra offensif que l’on retrouvait auparavant à Wimbledon. Mais je crois qu’on s’éloigne un peu du sujet initial :-)

  17. avatar
    23 novembre 2017 a 17 h 53 min

    Hello Cullen,

    C’est le principe des forums que de faire des digressions loin du sujet initial pas de souci :-)

    Dans les écoles de tennis, tout depend si tu parles des bases ou des varies academies style Bollettieri.

    Car pour le premier cas, c’est technique basique et frapper sans vraiment réfléchir, le deuxième on t’apprend tout : technique pointue, tactique, approche mentale et physique du tennis …

    Pour revenir au sujet initial on pourrait faire une chronologie en 8 dates très impactantes …

    1922 fin du challenge round à Wimbledon
    1972 fin du challenge round en Coupe Davis
    1973 tie-break + classement ATP
    1974 revers à 2 mains
    1983 retour en grâce de l’Open d’Australie
    1985 explosion de la puissance et de l’endurance
    2001 passage de 16 à 32 têtes de série
    2002 ralentissement du gazon de Wimbledon

  18. avatar
    23 novembre 2017 a 23 h 11 min

    Messieurs le débat a un peu dévié mais est passionnant et j’ai mal à la nuque en vous regardant échanger avec de tels arguments. On dirait justement un Nadal Djoko sur surface rapide ! ;-).
    Ce que vous dites se tient et chacun a sa manière a raison (intervention de Normand ;-) ), mais ce sont les challenges serbes d’Axelborg qui retiennent aussi mon attention. Peu sont réalistes à mon humble avis :

    - rattraper Federer et ses 19 GC. Non, 17 étaient envisageables il y a 2 ans, à l’âge et au rythme qu’il avait. Là ça me paraît impossible

    - faire un doublé Roland / Wimbledon comme Laver, Borg, Nadal ou Federer . Pas cette année sauf Nadal blessé à RG et Fed à WIM, ça fait beaucoup…
    - devenir champion olympique à Tokyo en 2020. Oui, jouable…S’il est vite revenu au top. Car sinon lassitude de retour et fin ‘de carrière en vue. Mais n’oublions pas qu’il a laissé passer sa chance en 2016, sur une surface ultra favorable, face à Delpo
    - rattraper voire doubler Federer et ses 6 Masters Cup. Oui, idem ci dessus, avec encore plus de marge en indoor. 80% de finir à 7
    - devenir le 1er à gagner tous les Masters 1000 en complétant sa collection à Cincinnati. Idem, très réaliste! 80%
    - gagner à Roland-Garros avec la cerise sur le gateau de vaincre Nadal en demie ou en finale. Très peu probable. Ou bien Nadal est là à 100% et jusqu’à preuve du contraire, il n’a jamais trouve la clé dans ces conditions. Ou Nadal est amoindri/blessé et on sait qu’il le fait généreusement savoir par les abandons/forfait/conférence de presse dont il a le secret. 30%

    Axel, à l’âge qu’à Djoko mais surtout avec son passé brillant , je ne vois pas ce qu Agassi peut vraiment tirer de plus (ou même autant !) que boum boum en son temps.

    En revanche je te rejoins sur le fait que Federer a triomphé 8 fois en 15 ans sur un “gazon qui le dessert” d’une certaine manière. Oui sur du plus rapide, sa domination eut été l’équivalent de celle de Nadal sur tb, c’est une évidence. Roddick y aurait peut être même pris quelques défaites de plus, le pauvre…;-). Et ne parlons pas de Murray, qui doit son titre olympique de Londres uniquement à la 1/2 Federer/Delpo alors que le Suisse avait triomphé 1 mois plus tôt sur le même court

    Enfin, puisqu’on a évoqué les révolutions mais aussi les évolutions du tennis avec celle des surfaces, on ne mesure au passage pas à quel point le mérite de Fed est peut-être le plus fort dans ce domaine: la TB n’a elle que très peu voire pas changé et lui, non terrien naturel, s’y est quand même fantastiquement adapté, alors que Nadal et Djokovic ont fantastiquement profité du ralentissement du gazon et de son rebond. Fed c’est depuis Rosewall et Laver le plus grand terrien attaquant ou attaquant terrien si l’on préfère. 4 F contre le plus grand terrien de tous les temps (personne n’a opposé ça au grand Borg) + 1 V! Il avait même le plus beau jeu de fond de court sur tb pour un attaquant. Seul Nadal et Soderling ont d’ailleurs pu l’arrêter quand il était au sommet de son art sur cette surface. La (petite ) révolution de Fed aurait été de redonner durablement au tennis d’attaque, rallyes compris, ses lettres de noblesse sur TB, là où Noah, Mac ou Edberg n’ont fait illusion qu’une petite année et Sampras et Becker carrément échoué! C’est là qu’on mesure la “complétude ” du Suisse, illustrée par sa série hallucinante de 10 finales d’affilee en GC, que j’ai déjà eu l’occasion de mettre au crédit des plus grands exploits du tennis.

    PS, oui Cullen ou s’éloigne du brillant sujet initial d’Axelborg mais comme des lycéens passionnés qui ouvrent leurs dissert’ sur un sujet voisin ;-)

    • avatar
      24 novembre 2017 a 13 h 52 min

      salut Lauchou,

      Je te reponds sur chaque challenge du Serbe

      - les 19 GC de Federer, je ne dirais pas à 100 % que c’est impossible mais autant j’aurais voté oui début 2016 quand Djokovic était mené 17-12 par le Suisse, autant là j’y crois beaucoup moins.
      Il a perdu 2 ans, Rodgeur a enfoncé le clou 2 fois et surtout rien ne garantit déjà que le Serbe regagnera en GC. Il lui faut retrouver sa dynamique meme si malgré une année catastrophique il termine 12e à l’ATP …

      - Tokyo 2020, oui possible mais tellement loin que difficile de voir ce que seront les rapports de force d’ici là … Nole aura 33 ans, et la pression car dernière occasion à moins qu’il ait envie de tenter sa chance sur terre battue à Paris en 2024, ce dont je doute.

      - Record de Masters Cup, oui jouable s’il retrouve son niveau de 2011-2016 sans meme parler de l’apogée atteinte en 2015 où c’était du Terminator

      - Cincinnati ? Possible aussi dans l’absolu

      - RG face à Nadal. Là je suis pas d’accord avec toi. En 2013 Djokovic n’était pas loin de le faire, il rate de peu le 4-2 au 5e set. En 2011, Nadal a du bien etre soulagé que le Serbe perde en demie contre Federer après avoir vu Djokovic le batter en 2 sets secs à Rome puis Madrid en finale.
      Mais je reconnais qu’en 2015 Nadal n’était pas au top (mentalement).
      Dommage qu’ils n’aient pu se jouer en 2016, tout comme Borg et Connors entre 1974 et 1978 à Paris.

      En effet Federer pour un attaquant a formidablement bien joué sur terre battue, qui elle par contre n’a pas trop varié contrairement au gazon de Wimbledon. Il lui faut lui reconnaitre cela … Et clairement sans comparaison avec McEnroe, Edberg, Sampras ou Becker pour qui l’ocre est resté u ncasse-ete chinois sans solution, alors que Lendl ou Wilander puis Bruguera, Muster ou Kuerten, ce n’était pas Borg ou Nadal.

  19. avatar
    24 novembre 2017 a 0 h 12 min
    Par Enzo29

    Eh les gars, le point Godwin est atteint : Nadal-Federer !

    • avatar
      24 novembre 2017 a 13 h 53 min

      Pas de point Godwin, cela reste respectueux … Mais je vois ce que tu veux dire, les débats sur qui est le plus fort entre Nadal, Federer et Djokovic enflamment toujours les forums de tennis.

      • avatar
        24 novembre 2017 a 16 h 41 min
        Par Enzo29

        Axel,

        En relisant ton article, je suis à la fois bluffé et un peu perdu. Je voudrais te répondre, mais le problème c’est que chacun de tes paragraphes mériterait une réponse… C’est comme si je devais soulever un gros cube de 2m de côté, je ne sais pas par où le prendre. Tu brasses une bonne quinzaine d’années de tennis, et d’ailleurs tes trois “révolutions” peinent à se distinguer par rapport au reste.

        Allez, je te reprends (très vite) sur un petit point qui est un vieux serpent : lors de la finale 84 à RG, McEnroe n’a pas mené 4/1 au 3ème. Il n’a d’ailleurs jamais mené au score dans le 3ème, malgré des balles de break à 2/2. Par contre, il a mené 4/2 (je crois) au 4ème, avant de s’écrouler physiquement. Contrairement à ce que le sale gosse tente de faire croire à la terre entière (et il y réussit presque) il n’a jamais été proche de plier le match en 3 sets. Il a été – relativement – proche de le gagner en 4 sets, ce qui est déjà moins prestigieux pour lui et pour la légende qu’il entretient à propos de ce match. Ce qui est marrant, c’est que tous les spectateurs de ce match semblent vouloir en garder le même souvenir que McEnroe, même si on leur met les preuves sous le nez.

        Juste une question, par rapport à 1983 : tu mentionnes Wilander qui vient disputer l’AO parce qu’il a la finale de Coupe Davis à jouer dans la foulée. Mais ce qui légitime la présence de Wilander, c’est surtout la présence de McEnroe et Lendl, sachant qu’il les bat tous les deux. Et c’est plutôt sur eux qu’il faut s’interroger : pourquoi les deux meilleurs joueurs du monde ont-ils simultanément commencé à disputer l’AO en 1983, pas avant et pas après ? Je te pose la question, mais pour le coup je n’ai pas la réponse !

    • avatar
      24 novembre 2017 a 13 h 55 min

      @Lauchou, j’ai oublié le double RG / Wimbledon pour le Serbe. Comme je pense que la meilleure partie de sa carriere est derrière lui, je vais voter NON. Meme si possible dans l’absolu si Nole retrouve son niveau encore une fois …

  20. avatar
    24 novembre 2017 a 18 h 39 min

    Encore une fois, superbe discussion avec points de vue différents mais toujours respectueuse.

    Mon seul commentaire concerne le parallèle entre Djoko et Agassi pour le retour. Agassi n’avait pas encore exploité son plein potentiel en 1999 à cause de sa situation personnelle compliquée. Son changement d’attitude lui a permis de donner sa pleine mesure.

    Djoko quant à lui a déjà accompli l’essentiel de sa carrière avec l’exploit unique dans l’histoire d’un Grand Chelem (certes noncalendaire) sur 3-4 surfaces différentes, et qui n’était que le point culminant d’une domination hégémonique depuis 2011.

    Selon moi il est donc rassasié/usé. Le seul espoir est qu’Agassi instille en lui une philosophie “zen” basée sur l’appréciation du jeu en lui-même.

    Autre commentaire, j’ai encore plus réalisé à quel point Emerson est surcoté vu que la moitié de ses GC ont été gagnés en Australie, délaissée par les joueurs non-Australiens à cause du long voyage.

  21. avatar
    25 novembre 2017 a 0 h 34 min

    Axel pour moi il fait aucun doute que Connors aurait au mieux chipé un set au Borg RG 78. Et en effet, Djoko s’est bien plus rapproché de Nadal sur tb que quiconque de Borg. Je l’ai déjà dit ailleurs mais pour moi il,y a un parallèle entre Borg 74 80 sur tb (et nadal 2005 2011, ça va de soi ) Federer (toutes surfaces à l’exception de la tb) 2004 2007. Pas que les autres aient été mauvais mais incapable de sa hisser à ce niveau de perfection, Borg ayant ajouté cette double domination tb /gazon 5 ans…inouï….
    Axel toujours, on est raccord sur les défis du tandem serbo-us (personne n’a noté l’incroyable paradoxe capillaire de cette assoc’ ;-) ) c’est inquiétant non :-)
    Enzo tu souleves une question intéressante sur les motivations des 3 grands de 83, alors que Mac et Lendl allaient rebouder Kooyong à nouveau. Mac n’a pas brillé sur le gazon aussie et ça reste un mystère…dans la révolution de 83, il faut croire que les,grands ne maîtrisaient pas tout et étaient peut-être encore un peu orphelins de Borg….

  22. avatar
    25 novembre 2017 a 7 h 56 min

    Salut Fabrice,

    Vrai pour Agassi sauf pour la période allant de l’US Open 1994 à l’US Open 1995 sous la coupe de Brad Gilbert.

    Quant à Emerson, oui c’est doublement surcoté : Rosewall et Laver en pros entre 1863 et 1967, et les meilleurs amateurs Européens / Américains qui ne faisaient pas le voyage jusqu’à Kooyong …

  23. avatar
    25 novembre 2017 a 19 h 31 min

    Guga
    Il est vrai que les 12 gc d’Emerson n’ont pas la valeur de ceux de Djoko même si l’on compte 6 OA de part et d’autre. Les 11 de Borg sont d’un autre calibre, surtout avec les doublés RG wim. De la même manière les 2 gc calendaires de Laver ont toujours été pour moi à relativiser, 3 sur les 4 étant sur gazon…Je considère d’ailleurs que ce n’est pas pour rien s’il n’y pas eu de gc calendaire ou sur 2 années entre 1978 (1er Flushing, de mémoire ) et 2001 et surtout 1988 et 2001 car c’est l’époque où les surfaces étaient tellement variées qu’aucun joueur ne pouvait dominer lors de 4 tournois d’affilee. Et pour rester cohérent, je trouve (avec Fabrice ) le Djoko slam plus méritoire que le Laver Slam. Même si le gazon a été ralenti à Wimbledon, le serbe a dominé sur 4 surfaces différentes. Et ce qui a à mes yeux un peu lesté son exploit Majuscule c’est la perte de toutes ses couronnes et même 3/4 de ses places de finaliste l’année suivante. Il n’était bien sûr pas réaliste de réitérer la même performance mais là, quand même…

  24. avatar
    27 novembre 2017 a 9 h 08 min

    Pour Djokovic, on en saura plus dans quelques années. Mais Boris Becker avait tout de meme expliqué que Nole ne s’entraînait plus aussi dur. A ce niveau là, ça se paie cash direct !

    Mais cela se comprend quand on a gravi l’Everest !

    Je plussoie sur Laver, le premier en 1962 est fait sans Rosewall dans les parages, le second en ère Open mais 3/4 sur gazon sauf à Paris.

    Bravo à la France pour sa 10e Coupe Davis, meme si parcours chanceux sans Nishikori, Murray et Djokovic sur leur route. Seul david Goffin a été un vrai cador en face des joueurs de Yannick Noah.

    Le Belge sera l’un des favoris du prochain OA s’il maintient un tel niveau de jeu. Quel revers et surtout quel mental !

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