39-45, la guerre des rugbys
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39-45, la guerre des rugbys

Sans certaines relations douteuses entre la fédération française de rugby et le régime de Vichy, le public ne suivrait peut-être pas avec la même passion les exploits du XV de France aujourd’hui. Pour comprendre comment il est possible de dresser un tel constat, il faut se replonger au début du XXème siècle, au moment où le rugby tricolore était partagé entre respect des valeurs traditionnelles et tentation du professionnalisme. Retour sur l’une des pages les plus sombres et secrètes du rugby français.

Le XV de France va affronter dans quelques jours l’Australie et l’Argentine. Trois rencontres qui seront probablement très suivies, les deux derniers Tests étant diffusés en prime time sur le service public, alors que les Bleus peinent pourtant à séduire depuis plusieurs mois. Dans le même temps, le XIII tricolore, après s’être brillamment relancé en Coupe des Nations face au Pays de Galles, disputait ce week-end un match décisif en Ecosse pour accéder au prestigieux Four Nations ( exploit manqué de très peu ). Un match qu’aucun diffuseur français n’a pourtant daigné retransmettre. Tout un symbole. Coincé entre le XV, dont le développement économique ne cesse de croitre depuis 20 ans, et le VII qui va surement bénéficier d’une plus grande couverture médiatique avec son accession aux Jeux Olympiques à Rio, le XIII a toutes les peines du monde à se faire une place dans l’hexagone. Le destin aurait pourtant pu être très différent…

La fin du XIXe siècle a été une période d’essor pour le rugby. A l’étranger, ce jeu a successivement colonisé l’Afrique du Sud, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. En Angleterre, sa popularité était telle qu’à partir de 1880, plusieurs clubs du nord du pays souhaitaient défrayer les déplacements et les nombreuses heures de salaire perdues par leurs joueurs. Ce furent les débuts du professionnalisme. La Rugby Union y était farouchement opposée. Lors d’une Assemblée générale, le 20 septembre 1893, les partisans du rugby amateur remportèrent le vote qui interdit de rémunérer les joueurs, sous toutes les formes. Ce fut aussi la victoire du sud ( Londres en tête ), aristocrate et conservatrice, sur le nord du pays, davantage constitués de bastions ouvriers. En conséquence, le 29 août 1895, à Leeds, vingt-deux des plus puissants clubs du nord décidèrent de fonder une fédération parallèle, professionnelle, la Northern Football Unionqui deviendra la Rugby League de rugby à XIII en 1906.

Au-delà de ce nouveau statut, les règles ont peu à peu différé, afin de rendre le jeu plus spectaculaire. Sans entrer dans les détails qui ne sont pas l’objet de l’article, les deux 3èmes ligne aile furent retirées, les phases de conquête disparurent peu à peu ( mêlée non contestée et touche carrément supprimée ), ainsi que les phases de rucks, au profit de la mise en place des fameux “tenus”. Le profil des joueurs devint beaucoup plus homogène, le rugby à XIII étant avant tout basé sur le dynamisme et la vitesse, les joueurs corpulents qui évoluaient en première ligne pour les phases de poussées en mêlée ou ceux de grandes tailles, essentiels pour la touche n’étant dès lors plus indispensables à XIII.

En France, après avoir été importé au Havre en 1872, le rugby ( à XV ) a subi une double reconversion, géographique et sociologique. Des vestiaires de Boulogne aux bistrots de Narbonne, le jeu s’est peu à peu “meridionalisé”, popularisé. La vision majestueuse qu’avaient les Anglais de ce sport, et que partageaient généralement les administrateurs aristocrates français, fut piétinée par les joueurs ruraux. S’ils adoptèrent avec enthousiasme le style de passes flamboyant que les clubs parisiens avait développé, l’idée de jouer pour la beauté du sport les laissa de marbre. Pour les aficionados des campagnes gasconnes, le véritable objectif du rugby, c’était de faire mordre la poussière, au sens littéral du terme, au village d’à côté. Les avantages financiers et même les primes de transfert devinrent monnaie courante. Tout comme la violence… Les arbitres se firent régulièrement passer à tabac, on déplora même plusieurs décès. D’aucuns estiment que c’est là que se trouve l’origine de la brutalité caractéristique du jeu français. Au début des années 1930, cette violence toucha aussi les matchs internationaux, notamment contre l’Angleterre et le Pays de Galles. Par ailleurs, les rumeurs de professionnalisme rampant contribuèrent à mécontenter la direction internationale de la fédération de rugby (IRB) qui prit des sanctions aux lourdes conséquences.

En 1931, la France fut expulsée du Tournoi des Cinq-Nations. Le rugby à XV, en tant que sport organisé, semblait dès lors fragilisé. C’est alors qu’est arrivé le jeu à XIII, peu développé jusque là dans l’hexagone. Ce rival, un temps baptisé “néo-rugby”, déferla sur le sud-ouest comme le discours de Martin Luther dans l’Eglise catholique corrompue du XVIe siècle.

Le rugby à XIII fut introduit en France par un certain Jean Galia, champion de boxe et deuxième ligne soupçonné de professionnalisme. La fédération française l’avait exclu en 1932 en s’appuyant sur des preuves relativement minces, dans l’espoir de montrer aux Anglo-Saxons qu’elle mettait de l’ordre dans son “professionnalisme clandestin”. En 1934, Galia emmena dans le Yorkshire et le Lancashire une équipe française qui n’avait jamais joué à treize. Dès la saison 1934-1935, on comptait 14 équipes dans le championnat treiziste semi-professionnel. En 1939, on recensait 200 clubs amateurs de rugby à XIII et trois grands clubs, Narbonne, Carcassonne et Brive, passèrent du XV au XIII. Joueurs et supporters français se passionnèrent dès lors pour ce néo-rugby. Fondé sur la course plutôt que sur d’interminables mêlées ouvertes, il épousait le style de bretteurs des Français. Avant la guerre, le jeu à XIII semblait même voué à devenir la forme dominante du rugby en France. Mais il connut un terrible revers de fortune. En août 1940, Jean Ybarnégaray, le ministre des Sports du nouveau régime de Vichy, déclara :“Le sort du rugby à treize est clair : il est mort et sera purement et simplement éliminé du sport français.”

 

Quatre mois plus tard, le maréchal Pétain signait un décret ordonnant au XIII de “fusionner” avec le rugby à XV. Les fonds, les stades et les équipements des clubs treizistes furent saisis et, dans certains cas les joueurs, confiés aux clubs de XV. Officiellement, tout cela s’inscrivait dans une volonté de Vichy de restaurer les valeurs morales de la France et de mettre un terme à la professionnalisation du sport. Mais des sports plus puissants, et tout à fait professionnels, comme le football, la boxe et le cyclisme, bénéficièrent d’un report de trois ans et ne furent finalement jamais inquiétés. Les recherches menées par Mike Rylance pour Le Rugby interdit montrent qu’en réalité, le désir de tuer le rugby à XIII “professionnel” ne venait pas des idéologues du régime. Des pressions furent exercées, quelques jours après l’armistice du 22 juin 1940 par certains des plus hauts responsables de la FFR, étroitement liés à Vichy par l’entremise du colonel Joseph Pascot, directeur des sports au ministère des Sports vichyste, et qui avait joué dans une équipe de rugby à XV dans les années 1920.

Un rapport sur “L’état du rugby en France”, rédigé à sa demande, affirmait que le rugby à XIII, parce qu’il était “professionnel” et par conséquent contraire aux valeurs sportives dignes de ce nom, avait contribué au défaut d’“éducation morale” qui avait permis aux armées allemandes de balayer les troupes françaises. Ce rapport était l’œuvre du Dr Paul Voivenel, président honoraire de la FFR, l’instance suprême du rugby à XV français. Rylance en conclut que le rugby à XV avait profité avec cynisme du prétexte de la défaite militaire et d’une prétendue “renaissance” nationale pour assassiner le jeu à XIII. C’est exactement à la même conclusion qu’est parvenue bien plus tard, en 2002, une enquête des autorités françaises sur le sport sous Vichy. “L’action contre le rugby à XIII a été la conséquence de mesures prises par la Fédération française de rugby à XV, qui y avait vu l’occasion de se débarrasser d’un rival dangereux”, peut-on lire dans le document publié à l’issue de leur enquête. C’est la guerre, et l’une des ruses les plus nauséabondes de l’histoire du sport, qui ont finalement sauvé le jeu à XV.

Depuis cet épisode douloureux, les clubs de rugby à XIII n’ont jamais été dédommagés. Ce n’est qu’en 2002 que les autorités françaises ont officiellement reconnu que les treizistes avaient été victimes non tant d’une monstrueuse idéologie politique que de la jalousie, des préjugés et d’une tromperie scandaleuse. C’est encore aujourd’hui l’un des secrets les plus honteux du sport français. Reste que le rugby à XIII, devenu jeu à XIII au sortir de la guerre – histoire de prolonger la punition jusqu’à son nom, était loin d’être mort pour autant. La France, emmenée par le génial Puig-Aubert, remporta ainsi deux Tournées en Australie – où le XIII est une véritable institution – en 1951 et 1955 et fut gratifiée du titre officieux de championne du monde. Les joueurs furent mêmes accueillis en triomphe à leur retour au port de Marseille. Soixante ans plus tard en revanche, les conséquences de cet épisode sont beaucoup plus fâcheuses. La couverture médiatique est inexistante et le seul grand club professionnel français, les Dragons catalans, ont intégré la “Superleague” anglaise. Le championnat de France, lui, est dans un état catastrophique. De nombreux clubs historiques ont disparu, essentiellement pour des raisons financières, et le format de la compétition est totalement illisible.

En France, la domination du rugby à XV est désormais écrasante. Paradoxalement, il est à son tour devenu un sport professionnel et extrêmement riche. Son hégémonie a pu être confortée par la mise en place de la Coupe du monde depuis 1987. Mais que pensent les fans du rugby à XIII de cette histoire si longtemps passée sous silence ? Louis Bonnery est l’une des personnalités treizistes les plus connues en France. Ancien joueur, ancien entraîneur, aujourd’hui commentateur à la télévision et président de la ligue de Languedoc-Roussillon, il affirma que “ce qui s’est passé sous Vichy ne doit jamais être oublié, ne serait-ce que pour empêcher qu’une telle chose se reproduise”. “C’est un traumatisme dont le rugby à XIII ne s’est jamais remis sur le plan moral comme sur celui de la reconnaissance publique en France. C’est peut-être en partie notre faute. Après la guerre, nous avons eu des occasions dont nous n’avons pas su profiter, comme le statut professionnel à part entière et la télévision. Mais les stigmates ont eu la vie dure. Il a fallu attendre les années 1990 pour que nous puissions nous appeler “rugby”, et non plus seulement “jeu à treize”. Cela dit, je pense que la plupart des treizistes vont continuer à soutenir le XV de France avec enthousiasme. La France est un pays très chauvin. Quand une équipe joue pour la nation et le drapeau, tout le monde devient fan”, ajouta-t-il.

La fédération française de rugby ( à XV ) s’enorgueillit d’un passé riche et souvent glorieux, un passé dont les Français sont fiers à juste titre. Mais, en dépit de toute l’exubérance de son présent, la réputation du rugby français souffre d’antécédents douteux. Sous les mêlées et les cocottes du rugby français se dissimule une histoire beaucoup moins radieuse. Une histoire qui, indirectement, a contribué à l’organisation de la Coupe du Monde en 2007 dans l’hexagone et qui permet de mieux comprendre pourquoi, s’il n’y avait pas eu la seconde guerre mondiale, le rugby à XV ne serait probablement aujourd’hui qu’un sport mineur en France.

  1. avatar
    13 novembre 2014 a 11 h 36 min
    Par Cullen

    “le XV de France va affronter dans quelques jours l’Australie et l’Argentine. Trois rencontres qui seront probablement très suivies”. Si vous ne pouvez pas publier les articles en temps et en heure ( celui-ci a été soumis le 2 novembre avant France-Fidji… ), prenez au moins la peine de modifier l’ensemble d’une phrase. Je sais bien que ça n’est pas simple de composer avec les articles traitant de l’actualité immédiate ( surtout quand ils sont si nombreux… ), m’enfin depuis 15 jours, pendant que certains rédacteurs ont eu la chance de voir passer 3 ou 4 de leurs écrits, il me semble que vous auriez quand même eu l’occasion de publier le mien…

  2. avatar
    13 novembre 2014 a 16 h 58 min
    Par Cullen

    Sinon, pour revenir à XV, Saint-André a décidé de reconduire la même équipe que face aux Iles Fidji. Ca peut paraitre cohérent si l’on s’en réfère à l’adage “on ne change pas une équipe qui gagne”, maintenant le visage de l’Australie est quand même très différent de celui des Fidji, et on peut penser que certains joueurs non alignés la semaine dernière avaient un jeu plus adapté pour ce match. Je pense notamment au secteur de la mêlée ( même si les Aussies ont également des soucis dans ce domaine ), ou encore à la défense qui n’a pas donné beaucoup de garanties samedi dernier. Ce qui est positif en revanche, c’est de conserver la charnière ( pour une fois… ) qui a vraiment besoin d’automatisme pour progresser.

  3. avatar
    14 novembre 2014 a 1 h 15 min

    Salut Christian, comme prévu je suis resté dans le coin ;)

    Tout d’abord, sur la politique de publication du comité de rédaction “YourZone” : je plussoie. C’est vraiment dommage de ne jamais savoir à quelle sauce va-t-on être mangé, avec des délais de publication si variables et surtout, faisant souvent fi du contenu des articles que l’on propose. Désagréable mais compréhensible, soit. Mais passé ce constat, voir que les écrits mis en ligne après un long moment, donc “hors contexte”, peuvent présenter des fautes de syntaxe indépendantes de notre volonté est d’autant plus regrettable… voire assez décourageant. Parenthèse fermée.

    Concernant la guerre des rugbys que tu évoques, c’est effectivement une histoire assez méconnue. J’avais eu l’occasion d’en découvrir les grandes lignes dans le cadre de mes cours théorique à la fac (STAPS option rugby) mais sans rentrer dans les détails.

    C’est important de se retourner sur le passé parfois. Certains sports sont tellement profondément installés dans le paysage médiatique français qu’on a tendance à oublier qu’il n’en a pas toujours été ainsi.
    ça ne se résume pas au sport d’ailleurs… mais là on en prend pour 3 heures si on commence à élargir le débat! :)

    En tout cas ton récit permet de relativiser les fameuses “valeurs du rugby” dans lesquels on range tout et rien à la fois.

    merci pour la lecture

  4. avatar
    14 novembre 2014 a 9 h 58 min
    Par Pennarbed

    alors là j’suis bluffé, jamais entendu parler de ça ! ça remet un peu en cause les fameuses valeurs du rugby ^^. En tout cas merci beaucoup pour ce superbe article (un de plus :) ) !

  5. avatar
    14 novembre 2014 a 13 h 26 min
    Par Cullen

    Salut les gars et merci. Par contre les valeurs du Rugby existent bel et bien, simplement à force d’être étalées dans la presse ou le langage quotidien, le terme a fini par se banaliser. Mais elles sont toujours bien réelles… pour les joueurs. Et bien plus que pour d’autres disciplines du fait même des règles de ce sport dont l’état d’esprit est la clé de voute.

    Car le Rugby ( à XV ) est avant tout un sport de combat collectif et lorsqu’on combat ensemble, certaines valeurs comme la solidarité, le don de soi, le respect de l’autre, la confiance en ses partenaires, le sens du sacrifice, l’humilité ou la combativité sont vitales au sens propre du terme. Dans aucune autre pratique, on a autant besoin de ses partenaires pour réaliser un geste technique. On ne peut pas sauter en touche tout seul, ni pousser en mêlée, ou encore construire un ballon porté. On a besoin de l’autre, on doit avoir confiance en lui.

    Le Rugby ( à XV là encore, c’est beaucoup moins vrai à XIII ) véhicule des valeurs parce que tout le monde peut y trouver sa place. Pas de morphotype particulier dans ce sport, mais une complémentarité des profils. Des grands, des petits, des gros, des maigres, des malins, des rapides, etc… Après, évidemment les médias et les sponsors surfent depuis quelques temps sur ces valeurs pour des raisons économiques, il ne faut donc pas non plus cautionner la tendance actuelle qui consiste à faire croire que ce jeu et ses différents acteurs sont parfaits, et cet article en est un bel exemple effectivement.

  6. avatar
    14 novembre 2014 a 15 h 38 min

    Ah bah oui, c’est pas de pot, tombé sur un gars qui profite de ses relations pour abattre un rival, c’est l’histoire de l’humanité, de nombreux chercheurs, etc…

    Après, comme dit Christian, faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, c’est pas parce qu’il y avait un ou deux hooligans de l’idéologie rugbystique qui était poto avec les gars de Vichy qu’il faut jeter à la poubelle toutes les “valeurs” du rugby à 15, … ce serait condamner beaucoup de gars qui ont rien à voir avec l’histoire.

    La question immédiate que je me pose à la fin de ton article, c’est :

    Puisque le rugby à XV est majeur en angleterre et que ceux-ci n’ont pas établi d’ordonnance (vraisemblablement) sur la mise à mort du XIII, comment explique-t-on alors le fait que le XIII n’ait pas conquis L’angleterre au détriment du XV comme le laissait présager sa forte progression et sa création en Angleterre???

    N’est ce pas aussi et surtout le souffle puissant venant de l’UK qui a continué à mettre en avant le rugby à XV en France via les possibilités internationales???

    • avatar
      15 novembre 2014 a 9 h 48 min
      Par Cullen

      Salut Général,

      l’opposition entre ces deux familles du Rugby est une pure spécificité française. En Angleterre, les deux disciplines cohabitent parfaitement, de nombreux joueurs n’hésitant pas à faire des allers-retours entre le XV et le XIII. Là-bas, le Rugby à XV est encore un sport d’élite, plus présent dans le sud et à Londres en particulier qui dispose de nombreux clubs ( Harlequins, Wasps, Saracens, London Irish, etc… ) tandis que le XIII est davantage implanté dans les bastions ouvriers du nord du pays. Contrairement à la France, la phase finale du championnat est très médiatisée, et la finale a même les honneurs d’être disputée à Wembley.

  7. avatar
    14 novembre 2014 a 16 h 47 min

    Salut Cricri, excellent rappel, je suis sûr que peu d’amateurs de rugby sont au courant de ce genre de choses.

    Le jeu à XIII était encore un peu suivi par stade 2 dans les années 80-90, je me souviens qu’on avait droit aux boxscore, mais pas aux matches.

    Pia, Lézignan, le XIII Catalan, Limoux et cie, voire St Esteve, Carpentras, tout ça est très limité géographiquement : Catalogne, Roussillon, Lot et Garonne, Aude, Hérault et…Vaucluse.

    Ce qui s’est passé sous Vichy est très moche, même si c’est plus un conflit d’intérêt (le XV avait les bonnes relations au bon moment) que de l’idéologie à mon avis. Bizarre que le XIII n’ait pas ressuscité après guerre, tu rappelles l’épisode “Pipette”, ce fameux Puig-Aubert qui était un des sportifs français les plus populaires de son époque.

    Ce qui a manqué au XIII aussi, c’est peut être un tournoi des V nations (et une rivalité France-Anglo-saxons) et des test matches (les matches des bleus contre les sudafs, époque jean Prat, qui ont écrit la légende du XV).

    Fouroux avait essayé de se relancer dans le XIII après la finale perdue (volée je dirais…;) ) de 1993 avec le FCG.

    Il voyait grand, pour l’époque : concert à la mi-temps, ambition de donner un spectacle, sans mêlées, sans touches, pour plaisir au plus grand nombre…Une sorte de rugby version “Digest”…Lui-même ne semblait qu’à moitié convaincu, il voulait surtout être le 1er au XIII, comme il n’avait pas pu être le 1er à Rome (le XV)

    Je ne suis pas fan du XIII, mais regardez n’importe quelle compile de l’hémisphère sud, ou un State of Origin, et ben les mecs ont de ses mains, et de ses cannes…

    Technique individuelle, actions de folie. Après, pour moi c’est un autre sport, mais si on avait le même niveau technique (je parle au niveau individuel, petit jeu au pied et mains) au XV, on se régalerait!

    • avatar
      15 novembre 2014 a 9 h 53 min
      Par Cullen

      Salut El Zanck,

      Je ne suis pas non plus un grand fan du XIII, trop individualiste à mon goût, mais il faut reconnaitre que cette discipline est bien plus spectaculaire et télégénique que le XV, ce qui peut paraître paradoxal dans la mesure où c’est le XV qui a les faveurs des médias et du public aujourd’hui.

      Comme tu le dis très bien, il a manqué l’équivalent du Tournoi des V Nations, la vitrine du Rugby à XV en France, pour permettre au XIII de rebondir et retrouver une place plus importante dans le paysage sportif français.

  8. avatar
    14 novembre 2014 a 20 h 19 min

    Très bel article que j’ai pris plaisir à lire. Incroyable destin pour le XIII qui, dans l’hémisphère nord peine tandis que dans le Sud, les shows de la NRL nous en mettent plein la vue de journée en journée. Un véritable spectacle sportif digne des sports US. D’ailleurs en Australie, ce sont les stades du XV qui ont du mal à se garnir.

    Au plaisir de te relire Cullen ;)

    • avatar
      15 novembre 2014 a 9 h 55 min
      Par Cullen

      Merci beaucoup, j’ai également bien aimé le votre, sur lequel j’ai d’ailleurs apposé un commentaire.

  9. avatar
    15 novembre 2014 a 2 h 01 min

    Salut à tous,

    Pour revenir sur les “valeurs du rugby”: j’ai bien utilisé le terme “relativiser” et non “réfuter”. Si j’ai pointé du doigt cette nuance, c’est surtout vis à vis du mythe du respect de l’arbitre d’ailleurs.

    Sinon, effectivement, ce sport, le rugby à XV, est vecteur de cohésion et de solidarité par son essence même.

    Maintenant, génère-t-il certaines valeurs… ou en nécessite-t-il ? Un peu des deux sans doute. Je pense qu’il faut retenir une chose: les valeurs du rugby ne lui sont pas inhérentes, elles sont la résultante “logique” de ses codes et particularités mais nécessitent un processus = elles ne prennent du sens que si on les cultive, sans penser qu’elles s’entretiennent automatiquement.

    exemple: le sens du sacrifice et la solidarité sont nécessairement des qualités qu’un bon rugbyman doit avoir. Mais sous prétexte qu’un type met les pieds sur un terrain, il n’aura pas forcément le courage de se jeter dans les chevilles d’un bulldozers de 120 kilos pour venir en aide à un de ses coéquipiers.
    Le rugby peut lui permettre de développer cette qualité de don de soi, il ne la lui inculquera pas forcément, naturellement, sans effort de sa part.

    ça passe aussi par la formation. En tant qu’éducateur (au près d’une équipe -14) j’ai souvent l’occasion de voir à quel point ce levier doit être activé. Donc : ne nous reposons pas sur nos lauriers. Comme tu dis, Général, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain… mais surveillons l’évolution du petit chérubin !!

    Pour faire le lien avec le sujet de l’article: c’est vrai que dans le XIII l’absence de rucks, mauls et touches rend le fameux combat collectif… bien moins collectif.

    Enfin, El Zanque, en plus de la technique individuelle impressionnante des joueurs de XIII dont tu parles, les espaces plus importants (en rapport m²/joueurs), l’impossibilité de compter sur x phases de jeu pour marquer, ( et donc l’obligation de mettre du rythme), le fait que la défense soit en permanence sur une alternance course arrière / montée défensive, et le fait qu’il y ait moins de “temps morts” dans un match, font que le jeu est plus ouvert et, ainsi, spectaculaire, à XIII.

    Par exemple, je trouve SBW autrement plus impressionnant à XIII qu’à XV.. bien qu’il y soit, également, décisif.

    • avatar
      15 novembre 2014 a 10 h 17 min
      Par Cullen

      Encore un point de vue très enrichissant et que je partage à 100%, merci :-).

      Bon week-end à tous et allez les Bleus !

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