Tokyo 1991, des montagnes russes d’adrénaline
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Tokyo 1991, des montagnes russes d’adrénaline

Invaincu depuis 1981 en saut en longueur, le double champion du monde de la spécialité, Carl Lewis, bat le record du monde détenu depuis 23 ans par Bob Beamon (8.90m aux Jeux Olympiques de Mexico). Mais malgré un saut à 8.91 m, Lewis doit pourtant s’incliner face à son ombre de toujours, son compatriote Mike Powell, au bout de la nuit de Tokyo. Retour sur un concours où l’Histoire s’est écrite avec un grand H.

Les deux records du monde du saut en longueur de 1968 et de 1991 font partie de la mythologie de l’athlétisme. A Mexico, Beamon n’a pas juste battu le record du monde d’Igor Ter-Ovanessian et Ralph Boston, il l’a explosé de 55 centimètres dès son premier essai sachant que ce jour-là, il a pulvérisé son propre record personnel de 57 centimètres en passant de 8,33m à 8,90m grâce aux bienfaits de l’altitude (Mexico se situe à 2 250 mètres) et à un vent à la limite de ce que le règlement autorise, c’est-à-dire de 2 mètres par seconde.

Ces deux avantages conjugués, auxquels on peut ajouter une «planche parfaite», lui ont probablement permis de gagner une cinquantaine de centimètres dans des conditions particulières puisque cet après-midi-là, l’air de Mexico était de surcroît gorgé d’humidité et d’électricité (dans la même heure, Lee Evans s’offrit le record du 400 mètres qui vécut 20 ans).

Quelques minutes après cet exploit, l’orage éclata et c’est un déluge qui s’abattit sur la capitale mexicaine. Dans sa carrière, Beamon ne sauta plus jamais au-delà des 8,20 mètres, ce qui ajouta au mystère de sa prodigieuse performance.

Une aura particulière entoure également le concours de Tokyo, le plus inoubliable de l’histoire de cette discipline lors de championnats marqués par trois records du monde: saut en longueur, 100m et 4X100m (hommes). Le 30 août 1991, l’atmosphère de la capitale japonaise était également lourde avec une humidité de 83% et une température en soirée de 26 degrés Celsius alors qu’un typhon s’approchait des côtes.

Les records du saut en longueur tiennent longtemps, 25 ans pour les 8.13 mètres de Jesse Owens (1935-1960), 23 ans pour les 8.90 mètres de Bob Beamon (1968-1991) et bientôt 25 ans pour les 8.95 mètres de Mike Powell (1991-2016).

En 1991, la ville de Tokyo accueille les troisièmes championnats du monde d’athlétisme, après Helsinki en 1983 et Rome en 1987.

La capitale japonaise ne sait pas encore qu’elle va être le théâtre de deux moments d’éternité. Tokyo ne sait pas encore que ces championnats du monde d’athlétisme vont surpasser de très loin l’intensité des Jeux Olympiques qu’elle avait accueilli en 1964.

L’Américain Carl Lewis  sera un des héros des Championnats du monde de Tokyo en 1991. A l’époque, il est considéré comme un sprinter vieillissant, happé par la nouvelle génération, que personne n’incarne mieux que son compatriote Leroy Burrell. A l’inverse, Lewis constitue toujours la référence à la longueur. Résultat, au Japon, Lewis va redevenir le maître de la ligne droite, tout en cédant sa suprématie dans le bac à sable. Le premier acte I, c’est ce 100 mètres, aujourd’hui encore considéré comme le plus grand de l’histoire.

En amont de ces Championnats du monde, Leroy Burrell s’est donc imposé comme le nouveau patron du sprint. Il bat son compatriote Lewis presque à tous les coups, il gagne toutes ses courses et devient surtout le nouveau recordman du monde, lors des sélections américaines, où il s’impose en 9″90. Mais le juge de paix, ce sera Tokyo. Burrell le sait. Lewis aussi. Tokyo n’est pas une terre anodine pour le 100 mètres.

C’est en effet dans la capitale japonaise, 27 ans plus tôt, que Bob Hayes a fait basculer la discipline dans une nouvelle ère à l’occasion des Jeux Olympiques d’été 1964. Sans pouvoir vraiment l’expliquer, chacun ressent de façon presque palpable que quelque chose de particulier se prépare. Dès les séries, Lewis met le feu. Il claque un 9″80, aidé il est vrai par un vent surpuissant à près de 4 mètres par seconde. Il n’empêche. Le ton est donné, il se passera quelque chose d’énorme. Lewis confirme lors de sa demi-finale: 9″93. Mais Burrell n’est pas en reste: 9″94. Alors, à l’heure de la finale, le record de Burrell parait bel et bien en sursis.

L’attente est immense. Elle ne sera pas déçue. Au contraire, elle sera surpassée. L’élément déclencheur de ce 100m le plus fou de tous les temps, c’est peut-être le vrai-faux départ de Dennis Mitchell, le troisième larron américain. Pourquoi vrai-faux ? Parce que Mitchell affiche un temps de réaction inférieur à 100 millièmes de seconde, la limite autorisée. Mais il n’est pas rappelé. Les juges ne bronchent pas. Les huit fauves sont donc lâchés, sur des bases “illégales” qui donnent le ton.

L’élément frappant des 30 premiers mètres, c’est le retard pris par Carl Lewis, seulement 6e à cet instant. Le départ n’a jamais été le point le plus fort de King Carl, mais là, son retard est tel qu’il parait utopique d’imaginer un retour gagnant. Pourtant, il va le faire, au prix d’une accélération ahurissante. Entre les 40 et les 50 mètres, l’Américain court en 84 centièmes de seconde. Entre les 70 et les 80m, Lewis est en 0″83 puis en 0″85 sur les dix mètres suivants. Sur ces trois portions, le double champion olympique de la spécialité signe par trois fois les 10 mètres lancés les plus rapides du XXe siècle. Il faudra attendre un certain Usain Bolt pour voir quelqu’un aller plus vite à ces trois points de la course.

Lewis comble donc immanquablement son retard et vient coiffer Leroy Burrell, en tête jusqu’aux 90 mètres. Les deux hommes battent le record du monde: 9″86 pour Lewis, 9″88 pour Burrell. Mais ce n’est pas tout. Derrière les deux Américains, quatre autres sprinters descendent sous les 10 secondes : Dennis Mitchell (9″91, qui complète le triplé américain), le Britannique Linford Christie (9″92), le Namibien Frankie Fredericks (9″95), et le Jamaïcain Ray Stewart, auteur d’un départ supersonique (9″96). Ces six coureurs battent tous leur record personnel. Au total, les records du monde, des Etats-Unis, d’Europe, de la Grande-Bretagne, d’Afrique, de Namibie et de Jamaïque sont donc tombés au cours de ce 100 mètres hors normes.

Il y a eu par la suite d’autres records. Usain Bolt a couru aux championnats du monde de Berlin en 2009 près de trois dixièmes plus vite que Carl Lewis, en 9’’58. Mais la densité de performances du 100 mètres de Tokyo, par rapport aux chronos habituels de l’époque, conserve une saveur unique. Un peu comme si, aujourd’hui, six finalistes descendaient sous les 9″70, dont deux sous les 9″60… Des huit médailles d’or mondiales de Lewis, celle-ci est probablement la plus belle. Quelques jours plus tard, il allait se contenter de la plus amère des médailles d’argent. Mais ça, c’est une autre histoire…

Ce qui frappe avant tout dans ce 100 mètres c’est la densité et la qualité globale de la course, si on le compare à tous les autres 100 mètres depuis le premier championnat du monde, celui d’Helsinki en 1983 :

-  Helsinki 1983 (Championnats du Monde) : victoire de Carl Lewis en 10’’07, pas de record du monde battu, aucun coureur en dessous des 10 secondes

-  Los Angeles 1984 (Jeux Olympiques) : victoire de Carl Lewis en 9’’99, pas de record du monde battu, 1 seul coureur en dessous des 10 secondes

-  Rome 1987 (Championnats du Monde) : victoire de Carl Lewis en 9’’93, record du monde égalé, 1 seul coureur en dessous des 10 secondes

-  Séoul 1988 (Jeux Olympiques) : victoire de Carl Lewis en 9’’92 (Ben Johnson disqualifié pour dopage, avait fait un chrono de 9’’79), record du monde battu, 3 coureurs en dessous des 10 secondes (sans compter Ben Johnson déchu de sa médaille d’or a posteriori pour dopage)

-  Tokyo 1991 (Championnats du Monde) : victoire de Carl Lewis en 9’’86, record du monde battu, 6 coureurs en dessous des 10 secondes

-  Barcelone 1992 (Jeux Olympiques) : victoire de Linford Christie en 9’’96, pas de record du monde battu, 1 seul coureur en dessous des 10 secondes

-  Stuttgart 1993 (Championnats du Monde) : victoire de Linford Christie en 9’’87, pas de record du monde battu, 3 coureurs en dessous des 10 secondes

-  Göteborg 1995 (Championnats du Monde) : victoire de Donovan Bailey en 9’’97, pas de record du monde battu, 1 seul coureur en dessous des 10 secondes

-  Atlanta 1996 (Jeux Olympiques) : victoire de Donovan Bailey en 9’’84, record du monde battu, 4 coureurs en dessous des 10 secondes

-  Athènes 1997 (Championnats du Monde) : victoire de Maurice Greene en 9’’86, pas de record du monde battu, 4 coureurs en dessous des 10 secondes

-  Séville 1999 (Championnats du Monde) : victoire de Maurice Greene en 9’’80, pas de record du monde battu, 3 coureurs en dessous des 10 secondes

-  Sydney 2000 (Jeux Olympiques) : victoire de Maurice Greene en 9’’87, pas de record du monde battu, 2 coureurs en dessous des 10 secondes

-  Edmonton 2001 (Championnats du Monde) : victoire de Maurice Greene en 9’’82, pas de record du monde battu, 4 coureurs en dessous des 10 secondes

-  Paris 2003 (Championnats du Monde) : victoire de Kim Collins en 10’’07, pas de record du monde battu, aucun coureur en dessous des 10 secondes

-  Athènes 2004  (Jeux Olympiques) : victoire de Justin Gatlin en 9’’85, pas de record du monde battu, 5 coureurs en dessous des 10 secondes

-  Helsinki 2005 (Championnats du Monde) : victoire de Justin Gatlin en 9’’88, pas de record du monde battu, 1 seul coureur en dessous des 10 secondes

-  Osaka 2007 (Championnats du Monde) : victoire de Tyson Gay en 9’’85, pas de record du monde battu, 3 coureurs en dessous des 10 secondes

-  Pékin 2008 (Jeux Olympiques) : victoire d’Usain Bolt en 9’’69, record du monde battu, 6 coureurs en dessous des 10 secondes

-  Berlin 2009 (Championnats du Monde) : : victoire d’Usain Bolt en 9’’58, record du monde battu, 5 coureurs en dessous des 10 secondes

-  Daegu 2011 (Championnats du Monde) : victoire de Yohan Blake en 9’’92, pas de record du monde battu, 1 seul coureur en dessous des 10 secondes

-  Londres 2012 (Jeux Olympiques) : victoire d’Usain Bolt en 9’’63, pas de record du monde battu, 6 coureurs en dessous des 10 secondes (sans compter Tyson Gay disqualifié a posteriori de sa 4e place pour dopage)

-  Moscou 2013 (Championnats du Monde) : victoire d’Usain Bolt en 9’’77, pas de record du monde battu, 5 coureurs en dessous des 10 secondes

-  Pékin 2015 (Championnats du Monde) : victoire d’Usain Bolt en 9’’79, pas de record du monde battu, 5 coureurs en dessous des 10 secondes

-  Rio de Janeiro 2016 (Jeux Olympiques) : à suivre …

-  Londres 2017 (Championnats du Monde) : à suivre …

On le voit, une seule course peut être comparée à Tokyo 1991, celle de Berlin en 2009, avec un record du monde par Usain Bolt en 9’’58 et 5 coureurs en dessous des 10 secondes (Tyson Gay 2e en 9’’71, Asafa Powell 3e en 9’’84, Daniel Bailey et Richard Thompson 4e en 9’’84)

Dauphin de Lewis en 1991 à Tokyo, Leroy Burrell signe un autre chrono exceptionnel (9″88). La médaille de bronze revient à un troisième coureur américain, Dennis Mitchell (9″91). Mais le Britannique Linford Christie, quatrième en 9″92, bat le record d’Europe du 100 mètres, un an avant de conquérir le titre olympique aux Jeux Olympiques, toujours en 9’’92. Cinquième en 9″95, Frankie Fredericks bat également le record d’Afrique … Quant au sixième de cette course mythique, Raymond Stewart, il bat en 9″96 le record national de Jamaïque.

Avec six coureurs en moins de 10 secondes, encore un exploit pour l’époque, ce 100 mètres de Tokyo reste une course d’anthologie. Tous les sprinters ont repoussé leurs propres limites à l’extrême.

Mais là un 100 mètres ne procure que dix secondes de plaisir aux téléspectateurs, un concours de saut en longueur peut se muer en véritable dramatique et porter au pinacle les valeurs du sport, celle de la compétition et du dépassement de soi.

Toute l’essence de l’athlétisme est contenue dans le saut en longueur, que l’on pourrait résumer par la célèbre devise olympique de Coubertin : Plus vite, plus haut, plus fort … Citius, Altius, Fortius…

Plus vite pour s’élancer, plus haut pour décrire une trajectoire dans le ciel, plus fort pour repousser l’inexorable attraction de la gravité terrestre … Et plus loin pour atterrir dans le sable …

En 1991, Carl Lewis arrive à Tokyo en qualité de double champion olympique et double champion du monde du saut en longueur. Médaillé d’or en longueur en 1984 aux Jeux Olympiques de Los Angeles (saut à 8.54 m), Lewis conserve son titre en 1988 à Séoul (saut à 8.72 m), après deux titres mondiaux en 1983 à Helsinki et en 1987 à Rome.
L’Américain n’a pas perdu un concours de longueur depuis 1981, enchaînant 65 victoires consécutives à la longueur en compétition officielle ! Dès juillet 1982, Lewis atteignait 8.76 m, puis 8.79 m en 1983 …

En 1984 aux Jeux Olympiques d’été de Los Angeles, Carl Lewis s’auréole de gloire tel Jesse Owens en 1936 à Berlin. Peu d’athlètes ont marqué une olympiade comme Lewis en 1984 : Paavo Nurmi en 1928 à Amsterdam, Jesse Owens en 1936 à Berlin, Emil Zatopek en 1952 à Helsinki, Mark Spitz en 1972 à Munich, Nadia Comaneci en 1976 à Montréal, Michael Jordan en 1992 à Barcelone, Michael Phelps en 2008 à Pékin ou encore Usain Bolt en 2012 à Londres. Quelques mois plus tard, un certain Anthony Hamilton prénommant ensuite son fils Lewis Carl le 7 janvier 1985, pour un futur triple champion du monde de Formule 1 (en 2008, 2014 et 2015), destin logique quand on porte le nom d’un quadruple médaillé d’or.

L’hégémonie de Carl Lewis en longueur agace prodigieusement son compatriote Mike Powell, qui rêve secrètement d’un exploit en ce vendredi 30 août 1991 …

Dauphin de Lewis aux Jeux Olympiques de Séoul en 1988, Powell sort d’une belle saison 1990. Son record personnel est de 8.66 mètres. Battu au championnat des Etats-Unis 1991 par Lewis, pour un centimètre, Powell est l’outsider en chef de ce concours, car toute la meute rêve de faire tomber Lewis. Ce dernier n’est pas coupé des réalités dans une tour d’ivoire, il sait très bien qu’il a échappé de peu au couperet de la défaite sur 100 mètres. Lewis sait parfaitement que la route vers l’or en longueurs sera tout sauf tapie de roses …

Dès le début du concours japonais, Carl Lewis place la barre très haut avec un premier saut exceptionnel à 8.68 mètres, battant le record des championnats du monde. A Helsinki en 1983, Lewis avait sauté à 8.55 mètres, puis à 8.67 mètres à Rome en 1987.

A son premier essai, Mike Powell a commis une faute mais réagit dès sa deuxième tentative avec un saut à 8.54 mètres qui le classe dauphin provisoire de son compatriote et éternel rival Carl Lewis. L’épée de Damoclès est déjà sur la superstar des bacs à sable, l’ombre de Powell, son étoile double, le hante.

Mais Lewis se surpasse ensuite avec un saut à 8.83 mètres, à seulement 7 centimètres du mythique record du monde établi en 1968 par Bob Beamon aux Jeux Olympiques de Mexico (8.90 mètres).
Longtemps considéré comme inaccessible, le record de Beamon est donc titillé par Carl Lewis.

Mais alors qu’on pense avoir tout vu, on a en fait encore rien vu … Le concours est loin d’être terminé alors que Lewis vient d’établir une performance pourtant censée être dissuasive.

Au quatrième saut, Powell commet une faute mais avait sauté à 8.80 mètres. Lewis réplique par un saut de génie … Le Texan échappe à la pesanteur et retombe à 8.91 mètres … un centimètre de mieux que le record de Beamon ! Cependant, le vent étant trop fort, la performance de Lewis ne sera pas homologuée comme record du monde … Toutefois, et c’est plus qu’une consolation, elle lui permet de prendre la tête de du concours. Nourri au nectar et à l’ambroisie, Carl Lewis pérennise les sauts parfaits dans ce concours de Tokyo, s’attirant tous les superlatifs.

La victoire semble acquise à Lewis mais Powell n’est pas de ceux qui refusent le bras de fer. Avec une haine viscérale de la défaite, Mike Powell se remet au combat.

Pour son cinquième essai, Mike Powell tutoie les étoiles, il échappe à la gravité, renvoyant outre-tombe Copernic, Kepler, Galilée et Newton à leurs chères études. La révolution copernicienne, les lois de gravitation de Kepler, les objets en chute libre du haut de la Tour de Pise pour le savant italien, les équations d’Isaac Newton, tout cela perd de façon éphémère toute vérité théorique …
Powell défie aussi Beamon et malgré un vent relativement faible de 0.3 mètre par seconde en sa faveur, il efface l’exploit de Mexico avec un saut à 8.95 mètres, un véritable OVNI !

Mais quelle est donc cette parcelle de Terre qui échappe aux lois de la gravité ? Cette piste d’élan et ce bac à sable qui sont un défi aux théories de la physique ? Pourquoi Powell et Lewis semblent-ils sauter avec la même aisance que Neil Armstrong et Buzz Aldrin par un jour de juillet 1969 dans l’obscurité stellaire ? Ont-ils été frappés d’une quelconque variété de lycanthropie leur proférant une virtuosité éphémère et démesurée pour le saut en longueur ? Nos deux champions-garou n’en finissent plus de nous étonner au fur et à mesure que leur mue s’accélère dans la nuit asiatique, sous les rayons d’une bienveillante Lune dont personne ne connaît encore la face cachée, ni Apollo 11, ni Pink Floyd …

Loin de toutes ces considérations, Mike Powell peut exulter dans la nuit japonaise, il repasse devant Lewis qui avait pourtant enfoncé le clou à deux reprises après son premier essai déjà redoutable (8.68 mètres puis 8.83 mètres et 8.91 mètres). Avec ces 8.95 mètres, Mike Powell a atteint la quadrature du cercle.

Alors que l’orage éclate sur Tokyo, Mike Powell s’agenouille en pleurs sur la pelouse du stade face au panneau électronique qui officialise son nouveau record mondial à 8.95 m. Imperturbable, les gouttes de pluie ruisselant sur le visage, Carl Lewis va s’élancer pour son cinquième essai.

Ce kriegspiel subtil piège Lewis. Ayant quitté la piste d’élan en vainqueur potentiel, il la retrouve pour son cinquième saut en vaincu probable, avec en perspective une médaille d’argent qui n’apportera rien à son palmarès colossal. Sans pression, Mike Powell a pu délivrer toute sa puissance au moment décisif, inversant les rôles. Le chasseur devient le chassé. Powell devient gibier du chasseur Lewis, mais jamais proie ne fut plus flamboyante que ce jour là dans la nuit de Tokyo.

Ce sémillant duel n’est pas fini car rien ne semble pouvoir entraver la volonté de Carl Lewis. Avec un appétit digne de Pantagruel, le double champion olympique tente à nouveau de repousser ses propres limites, dans ce concours où Bob Beamon et son saut légendaire n’auraient obtenu qu’une virtuelle médaille de bronze, dans l’ombre du duo magique Powell – Lewis.

Carl Lewis saute à nouveau à une distance magistrale, tirant la quintessence de sa puissance et de sa vitesse. Le volatile Lewis atterrit à 8.87 mètres, battant son record personnel en conditions homologuées.

Au sixième essai, Lewis réalise 8.84 mètres … La série de Lewis est plus qu’impressionnante, s’inscrivant dans l’orbite de la perfection, qu’il a véritablement tutoyé tout au long du concours.

8.68 mètres, 8.83 mètres, 8.91 mètres, 8.87 mètres, 8.84 mètres, mais malgré ce festival d’exploits, cette avalanche de prouesses, Carl Lewis doit s’incliner car le juge de paix est la longueur maximale et non la moyenne  dans un concours de saut en longueur.

Avec sa moyenne stratosphérique de 8.82 mètres, Lewis aurait fait bien mieux que Mike Powell, nanti d’une moyenne de 8.40 mètres (déjà exceptionnelle) pour sa propre série : 7.85 mètres, 8.54 mètres, 8.29 mètres puis 8.95 mètres au cinquième saut pour porter l’estocade à son compatriote, le Pantagruel des bacs à sables, qui a cannibalisé la discipline depuis 1981.
Orphelin de sa compagne préférée, Niké, la déesse grecque de la victoire, Lewis va troquer exceptionnellement l’or contre l’argent.

Mike Powell, lui, venge des années de frustration passées dans l’ombre de son prestigieux compatriote. A presque 28 ans, Powell réalise le chef d’oeuvre de sa carrière avec ce concours magistral.

Le voilà champion du monde du saut en longueur, et recordman du monde. En 1995, le Cubain Ivan Pedroso sautera à 8.96 mètres au meeting de Sestrières en Italie, mais le saut ne sera pas homologué comme record, un juge s’étant placé devant l’anémomètre … Depuis 1991, le record de Powell résiste donc à l’érosion du temps …

Loin d’une feuille de journal qui jaunit d’année en année, le saut exceptionnel de Mike Powell ne prend pas une ride. Mais la suite ne sera pas couronnée d’or pour Powell, même s’il conserve son titre mondial en 1993 à Stuttgart avant de conquérir le bronze en 1995 à Göteborg. Carl Lewis gardera sa médaille d’or olympique aux Jeux de Barcelone en 1992 (pour 3 centimètres devant Mike Powell, 8.67 mètres contre 8.64 mètres), puis à Atlanta en 1996, alignant quatre titres consécutifs sur la spécialité, un exploit colossal qui classe ce champion au panthéon de l’athlétisme.

Ceux qui ont eu le privilège de voir ce concours magique à Tokyo pourront dire J’y étais …

Les championnats du monde d’athlétisme n’ont pas offert beaucoup de morceaux de légende, excepté les virtuoses concours de perche de Sergueï Bubka (sextuple champion du monde consécutivement de 1983 à 1997) ou les records stratosphériques d’Usain Bolt à Berlin en 2009 (9″58 sur 100 m, 19″19 sur 200 m).

Mais aucun autre concours, aucune autre course n’a atteint l’intensité dramatique et émotionnelle hors du commun de la joute acharnée entre Mike Powell et Carl Lewis, par cette nuit estivale de 1991.

Aujourd’hui encore, le record de Mike Powell tient toujours, dix-neuf ans après la nuit magique de Tokyo … Jesse Owens détient le record de longévité pour un record du monde de saut en longueur (25 ans). Ayant atteint 8.13 m en 1935, Owens avait vu son record battu en 1960 par Ralph Boston. Les duellistes des années 60, Ralph Boston et Igor Ter-Ovanessian, avaient été mis d’accord par Bob Beamon avec son saut exceptionnel de Mexico en 1968. Le record de Beamon avait tenu 23 ans …

Reste à savoir quel athlète sera capable de réunir assez de qualités (vitesse, puissance, technique …) pour atteindre la barre tant convoitée des 9 mètres, sorte de Graal du saut en longueur … Les bacs à sables olympiques de Rio de Janeiro (2016) et Tokyo (2020) n’attendent que ça, pour ce qui serait un exploit colossal.

Ce ne sera pas Usain Bolt, qui se lancera au Brésil dans le défi ultime d’un troisième triplé 100 mètres / 200 mètres / 4 * 100 mètres, après les Jeux de Pékin (2008) et Londres (2012). Le Jamaïcain aurait aussi pu aller chasser sur les terres de Michael Johnson, auteur d’un record du 400 mètres plat en 43’’18 en 1999 aux championnats du monde de Séville.

Dommage car depuis cette concours historique de septembre 1991 à Tokyo, le meilleur saut enregistré a été mesuré à « seulement » 8,74 mètres, performance signée par les Américains Erick Walder à El Paso en 1994 et Dwight Phillips à Eugene en 2009. Selon Mike Powell, la discipline aurait décliné faute de spécialistes d’exception.

Lorsque Mike Powell a battu le record du monde en août 1991, il avait couru sa course d’élan à une vitesse finale de 10,9 mètres par seconde (contre 11,2 pour Lewis) et son angle de décollage avait été de 33°. Or Bolt atteint actuellement 12 mètres par seconde et avec le même angle de décollage pourrait se retrouver transporté dans les airs largement à plus de 9 mètres.

C’est un secret de polichinelle, si Bolt parvenait à tirer la quintessence de sa vitesse foudroyante tout en maîtrisant la technique du saut en longueur, le vieux record de Mike Powell finirait aux oubliettes.

Usain Bolt ne pourrait aller aussi loin qu’au prix d’une appropriation de la technique du saut en longueur —Mike Powell s’était déclaré candidat pour le coacher — avec obligation pour lui de maîtriser le temps de la suspension et le ramené des jambes afin de tenter de rejoindre ainsi dans la légende Jesse Owens et Carl Lewis, Goliaths du XXe siècle capables de dominer à la fois le 100 mètres et la longueur.

Pour Powell, c’est tout à fait envisageable: Il pourrait aller si loin que cela en serait fou. Pour aller loin, il faut de la vitesse et de la hauteur, or il a les deux (Bolt mesure 1,96 mètre).

La Foudre ayant d’autres desseins que de devenir l’épouvantail des bacs à sable, il faudra attendre l’éclosion d’un autre surdoué. En attendant, pourquoi ne pas espérer un 100 mètres aussi époustouflant que celui de Tokyo en 2016 aux Jeux Olympiques de Rio de Janeiro ?

 

  1. avatar
    12 février 2016 a 14 h 17 min

    Sans doute le plus beau 100 mètres et le plus beau concours de saut en longueur de tous les temps, à quelques jours d’intervalle et un acteur commun, Carl Lewis, soit le plus grand athlète de tous les temps, malgré le respect dû à Paavo Nurmi, Jesse Owens, Ivan Zatopek, Sergueï Bubka ou encore Usain Bolt.

    Dommage que Lightning Bolt ne se soit pas reconverti en longueur après son deuxième triple 100 / 200 / 4* 100 aux JO de Londres en 2012.

    Car comme Mike Powell, je pense qu’avec un peu de technique, les 9 mètres seraient à sa portée.

  2. avatar
    12 février 2016 a 19 h 27 min

    Salut Axel, beaucoup de passion dans cet article, merci !

    Je vois que l’article sur Tonton et Nanard t’as affecté durablement :P
    “sera tout sauf tapie de roses …”

    Petite erreur dans le texte (cela provient-il de SportVox)
    “Aujourd’hui encore, le record de Mike Powell tient toujours, dix-neuf ans après la nuit magique de Tokyo … ”
    Comme tu le mentionnes au début, le record de Mike Powell va avoir 25 ans dans quelques mois, et donc devenir le plus long (!) record du monde de longueur, ce qui semble probable.

    Concernant Lewis, qu’en est-il des amples suspicions de dopage ? Au moins, ses performances sont moins surhumaines que par exemple le record du 100m de feue FloJo, qui est encore 15 centièmes (!) plus rapide que la deuxième meilleure performance…

  3. avatar
    12 février 2016 a 19 h 28 min

    En fait au delà du dopage on suspecte également un défaut d’anémomètre…

    • avatar
      15 février 2016 a 20 h 04 min

      Oui, et Michael Johnson doit être content pour le 400m, quoique je suppose que cela requiert moins de technique que le saut en longueur. Il est donc plus “à risque” d’être pris en chasse par la foudre (Bolt).

      Pour l’instant Bolt semble viser le triplé olympique inédit sur 100m/200m, ce qui semble à sa portée.

      À votre avis, finira-t-il par battre ses records ? Moi je pense que non, à moins qu’il envoie toute la sauce en CDM.

      Spéculation sans fondement: peut-être aussi était-il dopé avec un produit alors indétectable à l’époque, et il aurait arrêté d’en prendre par la suite. Quel est le délai de conservation des échantillons ?

    • avatar
      15 février 2016 a 20 h 06 min

      Ah, j’ai posté en répondant à mon propre message, du coup ma réponse apparait au-dessus de celle d’Axel.

  4. avatar
    13 février 2016 a 11 h 10 min

    Salut Fabrice,

    Oui très vieil article du Vox que j’ai retravaillé d’où les 19 ans ;-)

    Pour Carl Lewis, oui bien entendu il est comme tout ancien multiple médaille d’or de l’athlétisme ou de la natation, sous l’oeil du cyclone …

    Quant à Mike Powell, il peut dire merci à Usain Bolt de ne pas avoir tenté sa chance en longueur !

  5. avatar
    16 février 2016 a 8 h 55 min

    salut Fabrice,

    Peut être en effet a-t-il eu accès, comme Lance Armstrong avant lui, au nectar du dopage …

    Mais je pense surtout que Bolt est protégé par l’IAAF pour des raisons marketing, il est charismatique, c’est une superstar qui “vend le sprint”.

    Bref pour les échantillons je ne sais pas, dommage qu’il ne se soit pas attaqué au 400 plat, 400 haies voire à la longueur.

    Mais bon s’il réalise un 3e triplé 100 / 200 / 4 * 100 à Rio de Janeiro, il aura de quoi prendre sa retraite avec le sentiment du devoir accompli !

    Un mot rapide sur Michael Johnson, j’avais 14 ans en 1996 émerveillé par son record du monde du 200 mètres aux Jeux Olympiques d’Atlanta en 19″32.
    Mais bon avec le recul s’il y a bien un symbole du dopage en athlétisme (hors Florence Griffith Joyner), c’est bien cette perf’ surhumaine de MJ …

    Ensuite battue deux fois par Bolt, 19″30 en 2008 aux Jeux de Pékin puis 19″19 en 2009 au CDM de Berlin.

    MJ, lui, était seul au monde loin devant Frankie Fredericks qui battait en 19″68 le vieux record de Pietro Mennea (19″72) que Johnson avait fait tomber quelques semaines plus tôt (19″66) aux selections US …

  6. avatar
    16 février 2016 a 15 h 59 min

    > Mais je pense surtout que Bolt est protégé par l’IAAF pour des raisons marketing

    Je pense que tu touches là un point sensible. Effectivement l’IAAF est juge et partie, car elle a tout intérêt à avoir une superstar qui attire l’attention des foules (et donc l’argent).

    J’ai bien peur que ce soit pareil dans tous les sports majeurs, surtout l’ATP par exemple. J’ai du mal à croire que le changement d’alimentation ait transformé le faiblard Djoko en marathonien cybernétique des courts. Pareil pour nos autres idoles Nadal et Federer. Évidemment on entend parfois un second couteau se faire prendre… juste pour faire style que les instances sont vigilantes…

    Pareil en foot, c’est quand la dernière fois qu’on a entendu un joueur se faire prendre. Est-ce qu’ils sont seulement controllés ? Là encore, le spectacle est bien meilleurs si les joueurs sont capables de gambader comme des cabrits pendant 90 minutes…

  7. avatar
    16 février 2016 a 17 h 26 min

    Salut Fabrice,

    Armstrong était protégé par Verbruggen et l’UCI c’est une certitude, le Texan ayant fait des dons à l’UCI pour du materiel détourné en corruption passive …

    Pour Bolt je ne serais pas surprise.

    Concernant Djokovic, oui je pense qu’un dopage d’avant-garde explique (en aprtie) sa metamorphose, pas juste le gluten free et le déclic mental, plus l’expérience, le travail et la maturité.
    Mais Nadal et Federer sont aussi protégés par l’ATP là dessus, après je ne parlerais pas du sujet des matches truqués.

    Pour le foot, il suffit de se rappeler des cuisses de Roberto Carlos et de ses courses hallucinantes en fin de match avec le Real Madrid ou le Brésil … Un OVNI !!

    Bref le principe est le meme quelque soit le sport, ne pas tuer la poule aux oeufs d’or et les héros qui font vendre droits TV et produits derives sur lesquels FIFA, CIO, IAAF, UCI ou autres FIA récupèrent des droits d’image.

    Après, quelques exceptions, tel Diego Maradona en 1994 aux Etats-Unis en pleine Coupe du Monde, Marco Pantani sur le Giro 1999 … Mais les deux n’étaient pas en odeur de sainteté auprès du pouvoir sportif …

  8. avatar
    16 février 2016 a 17 h 29 min

    Pour Usain Bolt je ne serais vraiment pas surpris de voir son dopage prouvé formellement par un labo ou un journal, pardon pas fini la phrase avant de poster mon commentaire.

    Que ce soit sur 100 ou 200 mètres, c’est surtout la marge de progression du record plus que le fait de batter les records qui me derange.

    Sur 100 mètres, il gagne 16 centièmes soit 9’74 à 9’58
    Sur 200 mètres, il gagne 13 centièmes soit 19’32 à 19’19

    Juste hallucinant, il faudrait regarder le temps passé par les athletes l’ayant précédé pour gagner le meme temps …

    • avatar
      26 juillet 2016 a 23 h 03 min
      Par Bangs

      La progression du record est inimaginable c’est sûr mais Bolt a battu tous les records du monde junior. Il est le premier junior à descendre sous les 20″ sur 200 m. Il se met au 100 m que début 2008, pour son 5ème 100 m officiel, il claque le record du monde sous la pluie à New-York (9″72) avant la magique nuit de Pékin (9″69 en coupant son effort au 80 m).

      Pour le 400 il a toujours détesté cette distance la trouvant trop dur. Pour la longueur, il ne suffit pas d’être un sprinter pour réaliser des grandes perf, c’est très technique le longueur. Il n’avait sûrement pas les qualités pour briller sur ses disciplines et a choisi de rester maitre du sprint court.

      Je pense qu’il a bien fait de garder ses distances de prédilections. Il est le seul à avoir réaliser 2 triplés olympiques (100, 200 et 4×100), il est le seul à signer un triplé avec 3 records du monde à la clé (Pékin 2008), il est le seul avec Lewis à signer un doublé sur 100 m sur 2 olympiades (dont Lewis sur tapis vert). C’est un génie des grands Rdv. Ses 3 chronos sous les 9″70 ont été réalisé pendant ces évènements : 9″69 à Pékin 2008, 9″58 à Berlin 2009 et 9″63 à Londres 2012. Son 4ème meilleur chrono est le 9″72 à New-York 2008 (soit son 1er RM).

  9. avatar
    17 février 2016 a 16 h 15 min

    Exact. Quelle est la solution à cela ? Il y a deux options selon moi:

    1. On aime le sport, on continue de suivre, donc nos yeux amènent plus d’argent, et il faut accepter que l’élite soit dopée pour “améliorer” le spectacle

    1b. (ou bien il faut fonder des circuits basés avant tout sur l’intégrité et les faire prospérer. Mais A. où est la limite entre dopage et non dopage ? et B. est-ce qu’il y aura suffisament d’intérêt de la part du public… car que veut le public ? du pain et des jeux, c’est-à-dire du spectacle… spectaculaire, peu importe les moyens. Qu’est-ce que qui est plus dangereux, prendre de l’EPO et des stéroïdes, ou conduire une F1 par exemple…).

    2. On se désintéresse, on se désabonne, on ne suit plus.

    Sinon la marge de Bolt rappelle un peu le cas de Ben Johnson qui avait pulvérisé le record du monde également. Cela dit Bolt a un gabarit hors normes qui peut peut-être avoir une influence.

  10. avatar
    17 février 2016 a 17 h 11 min

    Salut Fabrice,

    Sacré débat mais je suis pour le dopage zéro avec suspension à vie, qu’on parle de tricherie mécanique ou de performance améliorée par la pharmacie de marabouts !
    Le pire est l’impact de produits comme l’EPO qui métamorphosent l’organisme, et certains réagissent plus ou moins bien à cet elixir.

    Perso, je préfère une vitesse plus faible en natation, cyclisme et athlétisme mais un sport propre …
    Je préfère ne pas voir des Roberto Carlos courir comme des cabris à la 88e minute de jeu et avec des cuisses plus humaines …

    A titre personnel, je ne paye pas un service qui ne vaut pas son prix. Je n’ai donc pas vu de Grand Prix de F1 depuis fin 2012 (celui d’Abu Dhabi gagné par Raikkonen).
    Mais vu le peu de spectacle offert par la F1, j’ai beau être un fan, je vais pas raquer Canal + pour cela.
    La FIA n’a qu’à travailler pour améliorer le spectacle, tant d’idées ne sont pas explorées.

    Idem pour le foot, je me contente de matches chez des potes, et de la finale de C1 ainsi que Coupe du Monde / Euros qui passent encore sur les chaînes nationales en France.
    Revoir de bons résumés sur Internet me suffit désormais …

    Restent les deux épreuves où l’on est gates, le Tour de France et Roland-Garros via France Télévisions.

    Et je préfère mettre un peu d’argent de temps à autre pour aller dans les stades ou autodromes.
    Cyclisme aux Champs-Elysées et sur la Promenade des Anglais de Nice, F1 à Monza, foot à Anfield, au Vélodrome, au Parc des Princes, au stade du Ray ou encore à Gerland, tennis à Bercy et Roland-Garros, rugby à Charléty ou au Stade de France, basket à l’Astroballe, je n’ai pas un palmarès énorme en terme d’évènements vu de l’intérieur, mais je trouve que c’est un meilleur compromis que devenir l’esclave des TV parce qu’on a raqué des sommes astronomiques mensuellement …

    Et je retiens bien plus les chant des tifosi de Monza agitant leur drapeau Ferrari dans le ciel Lombard, le choeur du You’ll never walk alone de Liverpool (et le musée des Reds à Anfield) ou l’ambiance de Bercy que des matches televises à répétition …

    Mais il me reste tant de temples du sport à visiter : Wimbledon et Flushing Meadows en tennis, Spa Francorchamps, Monaco, Suzuka et Silverstone en F1, Wembley, Old Trafford, Nou Camp, Santiago Bernabeu, Allianz Arena, Maracana et San Siro en foot, l’Alpe d’Huez et le Ventoux en cyclisme pour passage du Tour, le Madison Square Garden en basket, Las Vegas pour un grand combat de boxe, le depart d’un Vendée Globe aux Sables d’Olonne en voile , et même pourquoi pas le Prix de l’Arc de Triomphe en hippisme !

  11. avatar
    18 février 2016 a 15 h 38 min

    >Sacré débat mais je suis pour le dopage zéro avec suspension à vie

    Justement la question que je pose est: “où est la frontière”. Tous les sportifs de haut niveau sont des machines de précision, entraînement millimétré, nutrition personnalisée, vitamines, autres produits… D’autre part, de façon naturelle certains ont de plus grands poumons, de meilleures fibres musculaires, plus de globules rouges, etc. Donc il y a une inégalité de base. Par exemple en foot tu auras beau avoir le meilleur technicien avec la meilleure vision du jeu, s’il n’y a pas un minimum de capacité physique de base, aucune chance de percer. Peut-être que le dopage permettrait de gommer ces inégalités.

    Je ne fais pas l’apologie du dopage naturellement, je prends juste un peu de recul.

    >qu’on parle de tricherie mécanique

    Ceci naturellement est à proscrire :)

    Sinon pour tes pelerinages sportifs, tu as déjà une longue liste à ton actif, c’est impressionnant. Que d’émotions ! (comme disait Roland ou Larqué).

    De mon côté c’est beaucoup plus limité. En ordre croissant de “vibrance”, j’ai assisté à quelques matches du TFC à Toulouse dans ma jeunesse, ainsi qu’un match de l’EdF.
    J’ai assisté au Master 1000 de Montréal, dont la finale entre Djoko et Fish il y a quelques années. J’ai aussi assisté à la F1 à Montréal (quel ambiance tout de même, avec ce vacarme phénoménal des V10 de l’époque). Et surtout j’ai assisté à des matchs des séries des Canadiens (en hockey). Ça c’est le top de l’ambiance à haut voltage (dans mon vécu naturellement).

  12. avatar
    18 février 2016 a 18 h 53 min

    Salut Fabrice,

    Failli faire la NHL lors de mon passage à Montréal mais bon c’était le jour de mon arrivée, tendu avec le jet lag.
    Sympa pour la F1 sur le circuit Gilles Villeneuve, moi je suis allé au casino en hiver histoire de voir l’endroit sur l’Ile Notre Dame, mais bon préféré la Biosphère sur l’Ile Ste Hélène !

    Pour le dopage, seule la suspension à vie et des sanctions financières très lourdes (genre 20 % du prize money en carrière) seront vraiment dissuasives.

    Plus éviter que les mandats des dirigeants de l’UCI, du CIO, de la FIFA, de l’UEFA, de l’IAAF, de la FIA and Co soient renouvelables plus de 2 fois. Pour éviter les copinages …

  13. avatar
    26 juillet 2016 a 22 h 51 min
    Par Bangs

    Aaaaaaaaaaaaaah pourquoi je tombe que maintenant sur un magnifique papier sur l’athlé.

    Oui ce moment est le plus beau de l’athlétisme. Etant trop jeune je l’ai pas vu mais j’en entends encore parler. J’avais retrouver la vidéo de l’époque avec Montiel en commentateur, c’est mythique à regarder. Quelle folie ce moment.

    Les concours sont les épreuves les plus télégéniques (sauf les lancers mais c’est perso), ça dure un bout de temps, il ya une montée en pression génial et le décompte avec les essais nous donne un spectacle agréable à regarder. L’attitude des sauteurs augmente le spectacle aussi. A Pékin, j’ai assisté pour la 1ère fois à des “tirs-au-but” version saut en hauteur. 3 sauteurs à égalité après tous les essais, ils ont du baisser une barre et faire une mort-subite, Génial.

    Les championnats du monde d’athlé sont à mon gout mieux que les JO car on bouffe uniquement de l’athlétisme sans être “parasiter” par les autres sport.

    “Les championnats du monde d’athlétisme n’ont pas offert beaucoup de morceaux de légende” seul moment de l’article où je ne suis pas d’accord. Pour le très grand public, seul les JO comptent mais j’ai plus de moment magique en championnat qu’en JO.

    En tout cas cet article rend bien hommage à ce double exploit. Merci Axel (avec du retard), si un jour tu vois ce com.

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