Fejsa, fait tout
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Fejsa, fait tout

Depuis son arrivée à l’été 2013 à Lisbonne, Ljubomir Fejsa ne connaît que très peu la lumière des projecteurs. Un certain anonymat qui ne l’empêche pas de s’imposer comme un indéboulonnable de Rui Vítoria.

L’an passé, le SL Benfica termine sa saison de la même manière que la précédente. Et que la précédente de la précédente. En somme, il s’adjuge le titre de champion de Liga NOS, le troisième de suite, pour le plus grand bonheur des Benfiquistas, mais aussi pour Fejsa, qui voit sa présence dans un effectif se donner un caractère de sacralité. Car effectivement, il y a comme un semblant de répétition, chaque année, de le voir sur les podiums fêter avec ses partenaires un titre national. Et de fait, il en est à sa 9ème fois, consécutive. Entre le Partizan Belgrade où commence la saga (2008/2009, 2009/2010, 2010/2011) puis, du côté l’Olympiakos (2011/2012, 2012/2013) où elle se poursuit. Et enfin, à Lisbonne sous les couleurs du SLB où elle persiste (2013/2014, 2014/2015, 2015/2016). Ljubomir Fejsa est comme garant de titre. Cette saison, une nouvelle fois, le Sport Lisboa e Benfica mène dans la course au titre en championnat. Mais plus que par sa présence dans l’effectif, c’est par ses prestations et son importance inestimable et loin d’être ostentatoire dans le jeu de son équipe, que cette dernière réalise cet éclatant début de saison.

 

Des débuts imperceptibles

C’est qu’en débarquant dans la capitale portugaise à l’été 2013, Ljubomir Fejsa à la lourde tâche de pallier au départ de Matić qui se fera un an plus tard. Et dont il est un clone. Un contexte qui pèse lourd sur ses épaules. De fait, sa première saison n’est pas une réussite en raison des blessures et des contre-performances. Et sa seconde année au club, ne sera guère meilleure, où il travailla tout le long de la saison, dans la salle de rééducation du club. Pour cause, une opération des ligaments croisés –qui l’avait déjà rendu indisponible plus de 230 jours lorsqu’il évoluait au Partizan-, le prive de jouer durant plus de 280 jours. À son retour de blessure, à la fin de la saison 2014/2015, il doit faire face à la dimension prise par le milieu grec Andreas Samaris. Mais il connait l’arrivée d’un nouvel entraîneur. Grâce à la philosophie du technicien portugais, Rui Vítoria, malgré de nouvelles blessures qui le prive de presque de 2 mois de compétition, Fejsa parvient à disputer plus de 25 rencontres toutes compétitions confondues. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que petit à petit, il apprend la régularité du très haut niveau et étonne les supporters Benfiquistas, qui prennent conscience que le Serbe, s’il serait épargné par les ruptures et les blessures musculaires pourrait enfin confirmer le statut qu’on lui donne.

 

Anonyme indispensable

Après trois premières saisons difficiles, il réalise un exercice 2016/2017 de haute volée et s’éclate enfin. Cette saison, Fejsa –épargné par les longues blessures- passe devant Samaris dans le plan de jeu du Mister et impressionne sous les ordres de Rui Vítoria. En chiffres, il dispute 15 des 17 rencontres de championnat. Autrement dit, il devient illico un indéboulonnable du onze de l’entraîneur Portugais, malgré deux blessures légères qui l’empêchent d’avoir disputer l’ensemble des rencontres de Liga NOS. Si son compère Pizzi attire davantage la lumière des projecteurs –légitimement- par ses 6 buts et 4 passes décisives, le travail de l’ombre du soldat Fejsa est tout aussi fondamental au bon fonctionnement du système de Rui Vítoria. Tous deux, forment un duo qui s’entend très bien avec une complémentarité marquante. Ce double-pivot crée un équilibre pour l’équipe et permet d’avoir des transitions très rapides entre les phases défensives et offensives. Fejsa à la récupération et Pizzi en leader technique au cœur du jeu brille par sa capacité à créer des situations d’attaques. De plus, Fejsa apporte la stabilité au milieu du terrain dans la mesure où elle offre la liberté à Pizzi d’expérimenter, sans crainte de déséquilibrer la forme défensive de l’équipe. Pep Guardiola, dans son livre « La metamorfosis » récemment paru, tient des éloges envers l’organisation défensive de Benfica. « C’est l’équipe qui a la meilleur organisation défensive d’Europe. Mais ce n’est pas une équipe défensive. » Mais que serait cette dernière sans le Serbe ? Certainement moins efficace. À l’instar de Busquets à Barcelone, Ljubomir Fejsa est indispensable au dispositif de Rui Vítoria. Il incarne la pierre angulaire du succès Benfiquista. Un statut largement mérité qui se heurte à une indifférence quasi générale du grand public. Ou comment le cinco lisboète fait de l’invisibilité son allié. Le « Tractor » -Tracteur en VF- est un mur. Derrière sa carcasse (1m83 et 85kg) difficile à bouger, le Serbe est un joueur hargneux, qui se démène sans compter à la récupération de la balle mais qui est toutefois fragile, en atteste ses nombreuses blessures. C’est un véritable ratisseur de ballon. Il est fréquemment comparé à un poulpe, tel la quantité d’espace qu’il arrive à occuper sur le terrain. Mais bien plus qu’un joueur physique, il possède des qualités techniques et tactiques certaines. « Tactiquement, je pense qu’au Portugal il n’y a pas de joueurs avec l’intelligence de Fejsa » déclarait début novembre Paulo Futre. « Pour ce qu’il est en train de faire, Fejsa pourrait jouer dans quelconque ‘requin’ de l’Europe en enlevant Barcelone, parce qu’il y a Busquets ». D’une rigueur tactique étonnante, devant la paire défensive Lindelöf/Luisão, Fejsa confirme enfin les attentes placées en lui à son arrivée.Fin octobre, Vítor Pereira –actuel coach du TSV 1860 Munich- annonçait que le Serbe incarne « le meilleur d’Europe » en dramatisant certainement un peu. Habile techniquement (plus de 90% de passes réussies en championnat) et grâce à une bonne vision du jeu, le milieu récupérateur est capable de commander le jeu de son équipe. Les relations avec le numéro 5 barcelonais démontrent bien les qualités de Fejsa et l’importance de ce dernier dans le dispositif de Rui Vítoria. Et tout comme son homologue espagnol, c’est une machine à vaincre.Les louanges du coach de Manchester City ne sont pas allées plus loin, mais ont le mérite de mettre en lumière un effectif qui ne se retrouve jamais dans la lumière. Celles de Paulo Futre -ancien du Sporting, de Porto et du SLB- et de Vítor Pereira ont le mérite, elles, de mettre en lumière un joueur qui ne s’y retrouve jamais non plus. Qu’importe, puisque pour Rui Vítoria, Fejsa est indispensable.

 

  1. Pingback: SL Benfica – FC Porto : l’analyse – DOUBLE CONTACT

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