Xabi Alonso : “merci Maestro”
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Xabi Alonso : “merci Maestro”

Xabi Alonso, icône du football moderne, par sa vista et sa vision de jeu, vient de tirer sa révérence. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, le Football ne sera plus jamais le même.

Ce ne sont pas ses crampons qui manqueront aux pelouses, ni ses passes longues qui manqueront aux attaquants virevoltants, mais c’est bien de sa présence que le Football sera à jamais orphelin.

Je fais l’éloge du joueur, de la personne, parce que c’est ce même joueur qui m’a ouvert les yeux sur de nombreux aspects du Football.

Avec son rôle de métronome, j’ai appris que le Football n’était pas fait que de buts.

J’ai appris que, avant que Torres, Ronaldo ou Lewandowski ne marquent, le décalage venait d’Alonso. Que, si Gerrard, Modric ou Vidal pouvaient se projeter vers l’avant, c’était parce qu’Alonso couvrait leurs arrières. J’ai appris que les joueurs de l’ombre avaient une certaine magie dans leur jeu, qui pouvait parfois sembler soporifique, mais qui au fond est essentielle à la dynamique de l’équipe.

Et, ces joueurs de l’ombre, ils savent briller de mille feux une fois en pleine lumière.

J’ai vu un nombre incalculable de ses longues transversales atterrir dans la course d’un coéquipier, au centimètre près, et se muer en passes décisives. J’ai vu des tirs en pleine lucarne, des reprises de volée d’en dehors de la zone de vérité ne laisser aucune chance aux gardiens, j’ai vu des pénaltys exécutés à la perfection. J’ai vu une maîtrise du ballon hors normes, transcendant l’équipe entière à partir de la ligne médiane.

Parce qu’Alonso rime avec équilibre. Des joueurs comme lui, il y en a très peu, et pourtant ils s’avèrent vitaux.

La débauche d’énergie au milieu n’est pas souvent la plus artistique au Football ; la preuve en est qu’à ses côtés, Gerrard a eu plus de reconnaissance, Iniesta et Xavi aussi en sélection… alors qu’en fin de compte, son rôle de sentinelle, au four et au moulin, à la relance et la distribution est tout aussi important. Le sacrifice d’un seul et même joueur, au profit du collectif.

Et quel sacrifice ! Tellement de classe, tellement de justesse technique, même dans l’ombre il ne peut passer inaperçu. Une fois qu’il a la balle au pied, vous ne pouvez le confondre avec quelqu’un d’autre. Pas le joueur le plus agile, ni le plus rapide, mais parfaitement sur ses appuis. Il ne regarde le ballon qu’une fois. Ensuite, après avoir balayé le terrain du regard, il adresse un amour de passe avec laquelle il dicte le tempo. Propre, sobre, il faudrait un adjectif qui lui conviendrait à lui tout seul.

Si sa carrière a été couronnée de succès, ce n’est pas dû au hasard. Liverpool, le Real et le Bayern ont tous eu droit à la panoplie de ses bons et loyaux services, avec la réussite qu’on leur connaît. Partout où il est passé, il a su devenir un élément d’abord indéboulonnable de l’effectif, puis irremplaçable après que son départ soit acté.

Imaginez ce que ferait Alonso dans l’effectif de Klopp, imaginez ce qu’il ferait derrière Modric et Kroos. Oui, des ravages…

Parce que cette retraite, elle survient alors qu’il est encore au sommet de son art. Il n’aura pas attendu que ses jambes deviennent trop lourdes, que ses passes deviennent imprécises, et cela en dit long sur la personne.

Savoir quand quitter Anfield, le Bernabeù, la Furia Roja, et puis le monde du Football en général…

Jamais la retraite d’un joueur ne m’a autant impacté, mais, en même temps, aucun joueur ne m’a émerveillé autant qu’Alonso. Ce fût un plaisir immense de le voir jouer, gagner, perdre, partir…

Il laissera un vide, difficile à combler. Il le comblera peut-être lui-même, si entraîneur il choisirait de devenir.

Maestro, merci.

 

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