Coéquipiers et amis en F1, une dualité difficile
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Coéquipiers et amis en F1, une dualité difficile

Souvent ennemis déclarés (Mansell / Piquet) voire prisonniers d’un contexte manichéen (Prost / Senna), les coéquipiers peuvent parfois nourrir des liens d’amitié en Formule 1, même si certains voient leur relation se détériorer de par leur rivalité sportive.

1957-1958, Scuderia Ferrari : Mike Hawthorn et Peter Collins

Derniers représentants de l’ère des gentlemen-drivers avant que les pilotes professionnels ne prennent les dessus, Peter Collins et Mike Hawthorn furent comme le pouce et l’index, inséparables dans la vie comme dans la mort. Mort en 1958, Peter Collins avait épouse Louise, fille d’un grand diplomate (son père était le bras droit du secrétaire général de l’ONU, le Norvégien Doug Hammarsjkold). Ils vivaient à Monaco, loin de Modène, ce qui déplaisait au Commendatore Enzo Ferrari. La nuit a été belle lorsque j’ai oublié avec qui je l’ai passé, disait Mike Hawthorn, sorte d’Adonis aux cheveux blonds, célèbre pour porter en course le nœud papillon, révélé dès 1953 par une victoire stupéfiante de classe au Grand  Prix de France, à Reims Gueux. C’est en Champagne qu’il eut un fils, née d’une relation d’une nuit, et également dans la région qu’il gagna la seule course de cette saison 1958 qui le verrait titré champion du monde, grâce au fair-play de Stirling Moss (malgré son animosité envers Hawthorn, le champion sans couronne insista auprès des commissaires pour que sa deuxième place fut rendue au pilote Ferrari au décisif Grand Prix du Maroc !). Chevaleresque, Hawthorn l’avait été à Reims en 1958, refusant d’humilier Fangio (4e) à qui il était sur le point de prendre un tour. Interrogé sur son geste après la course, Hawthorn eut cette réponse magnifique : On ne prend pas un tour à Fangio. Sans doute se souvenait-il de la leçon de pilotage donnée par le maestro de Balcarce le 4 août 1957 dans l’Eifel au Nürburgring. En septembre 1956, c’est Peter Collins qui avait cédé son bolide écarlate marqué du Cavallino Rampante à un Fangio désemparé dans les stands de la Scuderia Ferrari. J’ai 25 ans et la vie devant moi pour être champion du monde, et Fangio est le meilleur.  Deux ans plus tard, Fangio se retire après son cinquième titre acquis en 1957, tandis que Peter Collins trouve la mort dans l’Eifel, sur le toboggan du Nürburgring. L’acteur britannique Peter Ustinov (Quo Vadis, Spartacus, Mort sur le Nil, Meurtre au Soleil), ami de Collins, aidera sa veuve Louise à reconstruire sa vie à New York, loin de l’univers de la F1. En 2002, après le scandale du doublé truqué en Autriche, Jean Todt justifiera sa politique en faisant référence au geste de Peter Collins, pour expliquer le sacrifice de Rubens Barrichello au profit du Kaiser Schumacher. Une belle façon de réécrire l’Histoire. Le 6 décembre 1958, devant le British Racing Drivers Club, le champion du monde Mike Hawthorn apparaît désabusé. Orphelin de son ami Collins, désemparé par l’évolution de son sport, le Britannique prend sa retraite. Il meurt le 22 janvier 1959 dans un accident de la route à bord d’une Jaguar en doublant une Mercedes sur la route de Londres, celle de son ami Rob Walker … De toute façon, Hawthorn était condamné par une maladie aux reins, il n’aurait pas survécu à ses 35 ans … Les journaux britanniques ironisèrent sur le désir viscéral d’Hawthorn de doubler une voiture allemande, lui qui vouait une haine tenace à ce pays depuis la guerre. Ainsi, Hawthorn en voulait à Stirling Moss d’avoir pactisé avec l’ennemi en ayant piloté chez Mercedes en 1955. Trois jours plus tard, le champion du monde 1958 avait rendez-vous à Paris avec un avocat, pour reconnaître un enfant né hors mariage. Mike Delaunay restera sans père officiel, mais il est bien le fils de Mike Hawthorn, vainqueur en 1953 à Reims Gueux, né d’une liaison nocturne avec une jeune fille de la bourgeoisie rémoise … La mort d’Hawthorn sonna le glas d’une époque, d’un pan tout entier du sport automobile … Sans ce triste jour pluvieux de janvier 1959, Hawthorn était de toute façon condamné par une maladie rénale, ce qui fut révélé à la mère de Mike, Winifred Hawthorn, par le chirurgien qui l’avait opéré …  Loin de la cupidité exacerbée affichée par un Stirling Moss, trop souvent aveuglé par l’argent dans le choix de ses écuries (Vanwall, les Lotus privées de Rob Walker après l’épisode des flèches d’argent Mercedes), Hawthorn et Collins vivaient au jour le jour. Ces amateurs romantiques concevaient l’existence avec insouciance, comme un jeu, comme le prisme parfait de leur panache sur l’asphalte des circuits d’Europe, de Monaco au Nürburgring en passant par Silverstone et Monza. Loin du quotidien et de la routine, les deux Anglais courraient comme ils vivaient, en hédonistes parfaits.

1971-1973, Tyrrell Ford Cosworth : Jackie Stewart et François Cevert

En 1971, un jeune play-boy français du nom de François Cevert (né François Goldsmith en 1944) rejointe Hackie Stewart chez Ken Tyrrell. Le contraste est saissisant entre le strabisme du champion écossais et la belle gueule du pilote parisien, qui remporte son premier Grand Prix en F1 fin 1971 à Watkins Glen, près de New York. Mais le patron reste bien Jackie Stewart, double champion du monde et digne successeur des Nuvolari, Caracciola, Rosemeyer, Wimille, Fangio, Ascari, Moss et autres Clark qui ont régné avant lui sur le sport automobile de vitesse. En 1972, Cevert reste au service de Stewart qui perd le titre contre la Lotus du jeune espoir brésilien Emerson Fittipaldi. 1973 marque le chant du cygne de Stewart, usé par neuf années de compétition en F1. Triple champion du monde, l’Ecossais ne disputera pas son 100e Grand Prix en octobre 1973 à Watkins Glen. Si la date du 6 octobre 1973 reste dans l’Histoire comme celle du début de la guerre du Kippour, elle est aussi, pour les nostalgiques du sport automobile, celle du décès tragique de François Cevert, à l’âge de 29 ans. Le Français, qui avait séduit des femmes fatales comme Alexandra Stewart ou Brigitte Bardot, était un virtuose du piano, comme plus tard Gilles Villeneuve ou Elio de Angelis. Cevert rejoint d’autres as de la vitesse partis trop tôt au paradis des pilotes, comme Bernd Rosemeyer (1938), Achille Varzi (1948), Jean-Pierre Wimille (1949), Wolfgang von Trips (1961), Jim Clark (1968) ou encore Jochen Rindt (1970). Le Français sera parti sans savoir qu’il serait promu leader du team Tyrrell Coworth en 1974, Jackie Stewart n’ayant confié qu’à sa femme Helen et à Ken Tyrrell son désir de retraite sportive. Il aurait dû faire équipe avec Jody Scheckter et aurait été l’un des favoris du Mondial 1974, face à Ronnie Peterson (Lotus), Emerson Fittipaldi (McLaren), Niki Lauda (Ferrari) ou encore Clay Regazzoni (Ferrari). Stewart, lui, déclarera que sa fiole était vide et en restera à 99 départs pour 27 couronnes de lauriers. Paradoxe cruel, Jackie Stewart n’aura pu sauver son ami Cevert des griffes d’une mort précoce, lui qui a tant œuvré pour la sécurité entre 1965 et 1973, devenant même son plus fervent ambassadeur sur tous les circuits du monde …

1973, Lotus Ford Cosworth : Emerson Fittipaldi et Ronnie Peterson

Champion du monde en 1972, le plus jeune de l’Histoire, le Brésilien Emerson Fittipaldi ne risque pas de s’endormir sur ses lauriers en 1973. Son patron chez Lotus, Colin Chapman, lui adjoint un coéquipier de grand talent, le redoutable sprinter suédois Ronnie Peterson, prodige de la vitesse doté d’un phénoménal car-control. Le Brésilien domine le début de saison 1973 avant que le Scandinave ne reprenne le dessus  dans le cockpit des flèches noires ornées du logo doré John Player Special. C’est l’Ecossais Jackie Stewart, chez Tyrrell Cosworth, qui tire les marrons du feu et s’envole au championnat du monde. A Monza, Fittipaldi a demandé à Chapman que Peterson puisse s’effacer à son profit en cas de doublé Lotus sur l’autodrome italien. Mais Chapman oublie sa promesse face au champion du monde en titre, qui voit sa couronne partir sur la tête du rival britannique Stewart. Ecoeuré par son patron sans que son amitié pour Ronnie Peterson en soit affectée, le natif de Sao Paulo décide derechef de quitter Lotus pour McLaren en 1974, écurie où il gagnera son deuxième titre de champion du monde … Quant à Peterson, il continuera de tirer la substantifique moelle des Lotus en 1974, sans jamais gagner le titre suprême que son talent méritait pourtant. En septembre 1978 à Milan, à la mort de Ronnie Peterson, Emerson Fittipaldi est malheureusement celui par qui Barbrö apprend l’horrible nouvelle du décès de son mari. Le Brésilien avait veillé son ami à l’hôpital sans pouvoir empêcher le cruel épilogue.

1978, Lotus Ford Cosworth : Mario Andretti et Ronnie Peterson

Ronnie Peterson descendait toujours de ses voitures en souriant. En 1976 et 1977, Mario Andretti aide Colin Chapman à développer l’effet de sol, dont le génial fondateur de Lotus a eu l’idée en vacances à Ibiza. L’Américain, né en Italie en 1940, veut égaler son idole d’enfance Alberto Ascari au palmarès du championnat du monde de F1. Andretti mange son pain noir en 1976 et termine troisième du Mondial en 1977, derrière la Ferrari de Niki Lauda et la Wolf de Jody Scheckter. En 1978, les flèches noires de Lotus sont invincibles, même pour les bolides écarlates de Mauro Forghieri. De par son aide précieuse durant deux saisons, Andretti est pilote n°1 par contrat, tandis que le Suédois Peterson est n°2, revenu chez Colin Chapman cinq ans après son arrivée en 1973, au temps d’Emerson Fittipaldi. C’est le comte Zanon, plus gros importateur de café Lavazza en Italie, qui a arrangé le retour de Peterson chez Lotus Cosworth. Contrairement à sa cohabitation explosive avec le pilote brésilien, celle de Peterson avec Andretti sera fructueuse. L’Américain gagne 6 courses, le Suédois 2, dont une victoire sublime sous la pluie autrichienne de Zeltweg. Ce sera le dernier récital du virtuose scandinave en F1, car il décède le lundi 11 septembre 1978 à l’hôpital de Milan, la faute à l’incompétence des chirurgiens lombards plus qu’au carambolage survenu sur l’autodrome de Monza au départ du Grand Prix d’Italie. Privé de son dauphin et ami, Andretti fête son titre dans des circonstances macabres, tel Jackie Stewart orphelin de François Cevert en 1973. L’Italien Riccardo Patrese, lui, sera désigné comme responsable de l’accident ayant indirectement conduit au décès de Ronnie Peterson, qui devait rejoindre McLaren en 1979. Pendant des années en tant que consultant à la BBC, James Hunt s’acharnera sur Riccardo Patrese. Ironie du destin, le pilote italien prendra sa retraite en 1993, quelques mois après le décès de l’ancien champion du monde anglais dans sa maison de Wimbledon … En 1987, le clan Peterson aura vécu le suicide de Barbrö, l’ancienne compagnie de Ronnie ayant vécu en couple avec John Watson, pilote de F1 qui gagnera notamment plusieurs courses avec McLaren au début des années 80.

1979-1980, Ligier : Jacques Laffite et Patrick Depailler

Coéquipiers en 1977 aux 24 Heures du Mans chez Alpine Renault, Jacques Laffite et Patrick Depailler se retrouvent en 1979 chez Ligier. Chacun comporte un succès à son palmarès, le Grand Prix de Suède 1977 pour Laffite (avec Ligier), celui de Monaco 1978 pour Depailler (avec Tyrrell). Début 1979, Laffite débute le Mondial sur les chapeaux de roue, l’emportant coup sur coup à Buenos Aires puis à Interlagos. Depailler n’est pas en reste, gagnant à Jarama le Grand Prix d’Espagne. Ni l’un ni l’autre ne pourront concurrencer Jody Scheckter, Gilles Villeneuve et Alan Jones pour le titre mondial en 1979. Mais les deux pilotes auront lancé l’équipe de France de ces années là, rejoints par Didier Pironi, Jean-Pierre Jabouille, Alain Prost, René Arnoux ou encore Patrick Tambay par la suite en F1. En 1980, quelques jours après la mort de Depailler en essais privés à Hockenheim, Jacques Laffite remporte le Grand Prix d’Allemagne et, sur le podium, refuse le champagne en signe de deuil.

1979-1980, Scuderia Ferrari : Jody Scheckter et Gilles Villeneuve

En 1979, le Sud-Africain Jody Scheckter quitte Wolf pour Ferrari, remplaçant le pilote argentin Carlos Reutemann à Maranallo. En Italie, Scheckter retrouve Gilles Villeneuve, phénomène qu’Enzo Ferrari idolâtre pour son panache et sa fougue. Dauphin de Niki Lauda en 1977, Scheckter vise le titre mondial, tandis que le Canadien pense d’abord à accumuler les victoires comme des perles, sans se soucier des conséquences de ses prises de risque en piste. A plusieurs reprises, le Québécois va payer cash ses arabesques sur l’asphalte, malgré deux victoires sublimes en début de saison à Kyalami et Long Beach. A Jarama, le Nord-Américain termine 7e après deux tête-à-queue, le premier pour doubler Carlos Reutemann et le second en tentant de rattraper Jacques Laffite. A Monaco, bloqué derrière Jody, Gilles s’entête à maltraiter sa boîte de vitesses dans le dédale. Cela ne pardonne pas et la transmission de son bolide écarlate agonise. Villeneuve perd un podium précieux et offre un KO à Scheckter. Rebelote à Zolder où, victime d’une panne sèche, Villeneuve finit 7e et donc hors des points. A Zandvoort, au lieu d’assurer des points, le fauve québécois pousse sa Ferrari à l’état de charpie, la jante agonisant après la crevaison du pneu arrière gauche. Forçant l’admiration des mécaniciens de Maranello par sa bravoure, Gilles Villeneuve montrera son entière loyauté à Monza pour un doublé Ferrari dans l’ombre de Jody Scheckter. Jamais le Canadien ne tentera de forcer le destin, respectant la hiérarchie de la grille de départ, où Scheckter avait pris le meilleur en qualifications (3econtre 5e). Malgré son titre mondial de 1979 qui attendra un successeur jusqu’en 2000 avec Michael Schumacher, Jody Scheckter ne marquera pas autant Ferrari que Gilles Villeneuve, les ouvriers de Maranello gardant la photo du Canadien mort en 1982 comme une icône pendant des années sur leurs casiers personnels … Il faut dire qu’après son duel d’anthologie de 1979 à Dijon Prenois avec la Renault de René Arnoux, le Québécois méritait tous les superlatifs.

1981-1982, Scuderia Ferrari : Gilles Villeneuve et Didier Pironi

Lorsqu’il remplace en 1981 Jody Scheckter à Maranello, Didier Pironi se lie rapidement d’amitié avec Gilles Villeneuve, pilote flamboyant au panache sans limites, champion charismatique que le Commendatore compare à Tazio Nuvolari en personne. A Imola en 1982, le doublé Ferrari se profile après l’abandon des Renault de Prost et d’Arnoux … En tête sur l’autodrome Dino Ferrari devant les tifosi, Gilles Villeneuve voit Didier Pironi le doubler à plusieurs reprises. Le Québécois ne comprend pas la réelle volonté du Français de gagner ce jour là en Emilie-Romagne, pensant que Pironi veut juste amuser les spectateurs avec des dépassements. Le funambule canadien se base aussi sur le panneau SLOW, qui depuis des années dans l’écurie italienne, signifie qu’il faut figer les positions. Cela ne vaut pas un pacte de non-agression défini avant la course, mais pour Villeneuve, c’est suffisant pour ne pas se méfier du Français. Quand il se fait reprendre les commandes du Grand Prix de Saint-Marin dans l’ultime tour de coure, Gilles Villeneuve comprend qu’il s’est fait piéger. Mais il est trop tard. Trop loyal, le prodige canadien a laissé la porte ouverte, ne se  doutant pas que son coéquipier voulait la victoire à tout prix, sans se soucier des conséquences. Sur le podium, Villeneuve masque sa colère mais il ne pourra jamais digérer la trahison de Pironi, qui a bénéficié de la complaisance du directeur sportif Marco Piccinini, témoin du mariage du pilote français (union célébrée àEuénie-les-Bains dix jours avant Imola, la seconde le sera à Neuilly par un certain Nicolas Sarkozy). Quelques jours après le doublé maudit d’Imola, Enzo Ferrari publie un communiqué laconique, qui aurait pu être publié par Ponce Pilate en personne : Didier Pironi n’a pas interprété correctement les ordres venus du stand Ferrari. Je comprends la déception de Gilles Villeneuve. Mais un an plus tôt, en 1981, le Commendatore avait eu vent des projets de Villeneuve de création d’écurie à horizon 1983, avant que le projet n’avorte, la faute à des escrocs milanais désireux d’exploiter le nom de Gilles Villeneuve. Ces escrocs prétendaient avoir le soutien de Camel, tandis que Gilles Villeneuve avait prévu de s’associer avec Jody Scheckter comme directeur sportif et Gérard Ducarouge comme directeur technique. Au journaliste anglais Nigel Roebuck, le natif du Québec confie qu’il quittera Maranello en 1983 si Didier Pironi courre toujours pour l’écurie italienne. Villeneuve ne souhaite plus jamais adresser la parole à son voisin de garage. Le samedi 8 mai 1982, la colère de Gilles Villeneuve n’est pas retombée quand la séance de qualification du Grand Prix de Belgique a lieu sur le circuit de Zolder. Une fois n’est pas coutume, Villeneuve est devancé sur un tour par Pironi. Furieux d’être battu par celui qu’il considère par un traître, le Québécois pilote dans un état second, sans sa lucidité habituelle. L’accident avec Jochen Mass propulse la Ferrari 126 C2 en engin incontrôlable. La mort est inévitable, et quelques heures plus tard, le héros national rentre au pays sous un cercueil décoré du drapeau rouge et blanc marqué de la feuille d’érable. Maudite en 1982, Ferrari perd Didier Pironi au Grand Prix d’Allemagne. Confortablement en tête d’un championnat du monde qui ne pouvait plus lui échapper malgré John Watson, Keke Rosberg ou Alain Prost à ses trousses, le Français veut signer la pole position à Hockenheim … Cet exploit est futile, de surcroît sous la pluie. Pironi va payer ce risque superflu par un terrible accident. Les jambes brisées, il dit adieu au titre mondial mais aussi à sa carrière. Malgré une rééducation orchestrée avec le professeur Saillant, le Français ne reviendra jamais en F1. En 1987, dans une course de bateaux offshore, Pironi décède au large de l’île de Wight, victime d’une lame de pétrolier … Quelques mois après sa mort, sa compagne donne naissance à deux jumeaux, prénommés Didier et Gilles … Le mot de la fin, forcément triste, revient à Sir Jackie Stewart : Le plus triste, c’est que les deux dernières semaines de la vie de Gilles n’ont pas été heureuses.

1990-1992, McLaren Honda : Ayrton Senna et Gerhard Berger

Ayrton Senna m’a appris le métier de pilote, et je lui appris à rire, dira en conclusion Gerhard Berger des années après sa cohabitation sportive avec l’idole de Sao Paulo chez McLaren Honda. Le duel tant espéré n’a pas eu lieu. Rapidement à Woking en 1990, Gerhard Berger a compris ce qui le séparait d’Ayrton Senna, pilote d’exception. L’agressivité et la rapidité intrinsèque de l’Autrichien n’étaient pas en cause, mais le virtuose de Sao Paulo possédait quelque chose en plus. L’homme au casque jaune mâtinait son pilotage d’une finesse incomparable, avec un sens de la trajectoire inouï, tirant la substantifique moelle de ses bolides tout en préservant le matériel. Chasseur de pole positions hors pair, Senna atteignait souvent la quadrature du cercle dans l’exercice du tour chronométré, où son exigence de perfection s’exprimait à merveille. Tel un poisson dans l’eau, il pouvait gagner les ultimes millièmes de secondes qui le rapprochait du tour parfait. Egalement éclipsé en course, Berger se retrouva rapidement porteur d’eau du Brésilien, incapable de rivaliser avec lui sur la longueur d’une campagne mondiale, comme Alain Prost avait pu le faire chez McLaren Honda en 1988 et 1989. La première victoire de Berger avec McLaren interviendra à la fin de sa deuxième saison à Woking, sur demande radio de Ron Dennis à Suzuka, Ayrton Senna ayant le titre en poche suite à une erreur de pilotage de Nigel Mansell parti à la faute sur sa Williams Renault. Conscient de ses limites face à Senna, Berger est donc devenu son ami, titre rare au sens du paddock, où Magic ne partageait ses émotions qu’avec Mauricio Gugelmin ou Thierry Boutsen. Incomparable blagueur, l’Autrichien fera des blagues impossibles à Senna : une photo de passeport montrant des seins noirs qui valut un moment délicat à Ayrton en Argentine à l’aéroport Buenos Aires, la valise du triple champion du monde jetée de l’hélicoptère au-dessus du lac de Côme. En 2002, Gerhard Berger concédait que sa vie de pilote de F1 ressemblait à l’adrénaline d’un film de James Bond. Cinq ans avant le drame d’Imola 1994 qui coûta la vie à l’archange Senna, Berger avait été victime d’un terrible accident dans le virage de Tamburello en avril 1989. Forfait pour le Grand Prix de Monaco 1989 avec Ferrari, Gerhard Berger était retourné sur l’autodrome Enzo e Dino Ferrari avec Ayrton Senna pour voir comment améliorer la sécurité de ce virage où Nelson Piquet avait également été victime d’un terrible accident en 1987 (qui changea la carrière du pilote carioca, passé ensuite de sprinter à marathonien en F1). Voyant une petite rivière derrière le mur de béton de Tamburello, les deux compères avaient conclu que quelqu’un risque de se tuer à cet endroit un jour, sans se douter que ce serait Ayrton Senna da Silva en personne. Onze ans après leur première rencontre à Macao en 1983 (victoire d’Ayrton Senna et meilleur tour officiel pour Gerhard Berger bien qu’en fait réussi par Ayrton Senna dans l’enclave portugaise !), l’Autrichien et le Brésilien étaient comme le pouce et l’index. Mais stakhanoviste jamais rassasié de victoires, Senna n’avait pas hésité à couper l’herbe sous le pied de son ami dès son arrivée à Woking, en s’assurant les services de l’ingénieur Giorgio Ascanelli, transfuge de la Scuderia Ferrari qui remplaçait Steve Nichols, parti de McLaren vers l’Emilie Romagne dans les valises d’un certain Alain Prost …

2013-2016, Mercedes AMG : Lewis Hamilton et Nico Rosberg

Amis de jeunesse en kart, Lewis Hamilton et Nico Rosberg ont connu des trajectoires inversées en F1, étant tous deux sacrés en GP2 (Rosberg en 2005, Hamilton en 2006). L’Allemand débute chez Williams Toyota en 2006 alors que Grove est depuis longtemps dans l’ombre de Ferrari et McLaren Mercedes parmi les top teams. L’écurie anglaise vient même de perdre le concours d’un grand constructeur, BMW ayant préféré racheter l’écurie Sauber. Entre 2006 et 2008, le fils de Keke Rosberg prouvera sa valeur en dominant plusieurs pilotes, de Mark Webber à Kazuki Nakajima en passant par Alexander Wurz. En 2007, le pilote métis Lewis Hamilton débute chez McLaren Mercedes comme coéquipier du double champion du monde espagnol Fernando Alonso. Profitant du manque d’adaptation de l’as d’Oviedo aux pneus Bridgestone,  Hamilton s’offre le luxe de jouer le titre jusqu’à l’ultime course de 2007, à Interlagos. Finalement dauphin d’Iceman Räikkönen après l’épilogue brésilien, Black Senna décroche la timbale fin 2008, quelques semaines après le premier podium de son ami allemand au Grand Prix de Singapour (2e entre Alonso et Hamilton à Marina Bay). Fin 2009, le fils de Keke quitte Williams pour Mercedes AMG, qui phagocyte l’écurie Brawn Grand Prix née fin 2008 des cendres de Honda. Le Kaiser Michael Schumacher est le coéquipier de Nico Rosberg, qui battra trois années de suite le septuple champion du monde, orphelin de son designer favori (Rory Byrne) du temps de Benetton et Ferrari. Lassé des échecs à répétition de McLaren face à Red Bull entre 2010 et 2012, Lewis Hamilton quitte Woking pour Brackley / Brixworth en 2013, profitant du départ à la retraite de l’ogre de Kerpen. En 2013, Nico Rosberg, qui a entre temps gagné sa première course en Chine au printemps 2012, gagne deux Grands Prix, à Monaco et Silverstone. Lewis Hamilton riposte à Budapest tout en devançant son coéquipier et ami au championnat du monde. 2014 marque un changement d’ère avec le retour des moteurs turbos. Orpheline d’Adrian Newey, Red Bull tombe de son piédestal, et Mercedes retrouve la position phare qu’elle avait six décennies plus tôt avec Juan Manuel Fangio et Stirling Moss. Contrairement à Jean Todt en 2002 et 2004 chez Ferrari, Toto Wolff laisse ses pilotes, seuls au monde, se battre pour le titre mondial à armes égales, imitant ainsi Ron Dennis qui avait laissé Prost et Senna en découdre chez McLaren Honda en 1988 et 1989. Dominé par Nico, Lewis parle de façon caricaturale du fils Rosberg comme d’un enfant gâté de Monaco. Un premier point de non-retour est atteint à Spa Francorchamps en 2014. Le contrecoup mental prive Nico Rosberg de toute sa lucidité pour l’ultime ligne droite du Mondial 2014. Lancé comme une flèche, Hamilton décroche sa deuxième couronne six ans après celle de 2008. Libéré de l’épée de Damoclès de l’espoir déçu après avoir vécu dans l’ombre de Sebastian Vettel entre 2010 et 2013, l’ancien prodige de McLaren enfile les victoires comme des perles en 2015, et rejoint son idole de jeunesse Ayrton Senna comme triple champion du monde fin 2015. Car c’est bien le Pauliste, lauréat sous la pluie apocalyptique de Donington Park le dimanche 11 avril 1993, qui avait communiqué sa passion de la vitesse au jeune Lewis, hypnotisé par le charisme de Senna devant sa télévision en ce jour de miracle de Pâques. A Austin en ce jour d’octobre 2015 où il devient triple couronné, Hamilton commet l’erreur de toiser Rosberg avec un peu trop de suffisance, faisant tomber la casquette de son dauphin allemand avant de monter sur le podium du Grand Prix des Etats-Unis fin 2015.. De tendue, la cohabitation Hamilton / Rosberg devient explosive après l’accrochage au premier tour à Barcelone en 2016.  Les deux hommes se rendent coup pour coup, et contrairement à Gerhard Berger, Rubens Barrichello ou Mark Webber surclassés plusieurs années de suite pour la couronne mondiale par Ayrton Senna  (1990-1991), Michael Schumacher (2000-2004) ou Sebastian Vettel (2010-2013), Nico Rosberg n’a pas renoncé à son rêve de devenir champion du monde en 2016.

  1. avatar
    7 décembre 2016 a 22 h 48 min

    Erratum de ma part, Le vrai nom de François Cevert était Goldenberg.
    Article écrit évidemment avant l’épilogue 2016 d’Abu Dhabi.

    Un mot sur la retraite surprise de Nico Rosberg.
    Je pronostique bien un tandem Alonso / HAmilton en 2017 chez Mercedes AMG.

    Même si Niki Lauda n’est pas un fan d’Alonso, Toto Wolff est lui élogieux sur le pilote d’Oviedo.
    Et certes le marché espagnol n’est pas la cible prioritaire de l’Etoile …

    Mais qui d’autre qu’Alonso ?

    Verstappen est verrouillé par Red Bull et de toute façon trop jeune pour un top team. Ricciardo ne sera pas libéré par Milton Keynes non plus je pense.

    Button ne présente pas les mêmes garanties contre Lewis Hamilton que l’Espagnol.

    Vettel a souffert en 2016 contre Raikkonen, alors contre Hamilton ce sera bien pire

    Bottas a stagné voire régressé par rapport à 2014-2015. Comme Sutil ou Hulkenberg avant lui, il a laissé sa chance de viser un top team.

    Quant au choix de la jeunesse (Pascal Wehrlein), je n’y crois pas une seconde, Mercedes se doit de refaire une Dream Team, et quoi de mieux que Hamilton vs Alonso dix ans après leur explosive cohabitation de 2007 à Woking. Ron Dennis ne sera plus là au milieu d’eux, et les 2 hommes se respectent comme Prost et Senna jadis.

    Bref si le choix de l’Asturien se confirme, je vois bien par contre Button revenir à Woking pour encadrer le jeune prodige belge Stoffel Vandoorne.

  2. avatar
    8 décembre 2016 a 16 h 03 min

    Bonjour Axel, merci pour l’article.

    Bien vu pour le nom François Cevert, qui a utilisé le nom de sa mère.

    Effectivement ça serait très intéressant de voir Alonso dans la meilleure voiture, en face d’un triple champion du monde. Il a 35 ans donc une bonne paire d’années encore compétitives.

    À lui de prouver qu’il a encore l’étoffe d’un champion en donnant du fil à retordre ou même en battant Hamilton.

    Je suppose qu’avec la retraite soudaine du nouveau champion, Hamilton devient le grandissime favori pour reprendre la couronne.

    D’ailleurs je n’ai pas fouillé, mais si jamais ce scénario se concrétise, avoir 5 titres de champion des pilotes dans la meilleure écurie n’est pas arrivé depuis longtemps. Et comme tu as bien souligné, la noble écurie qu’est Mercedes n’a (en apparence au moins) pas interféré avec le combat entre ses pilotes. Peut-être qu’ils ont eu ce luxe car leur avantage sur la concurrence était important…

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    9 décembre 2016 a 9 h 34 min

    Salut Fabrice,

    J’espère que le début d’hiver n’est pas trop froid sur le Québec.

    Pour moi, Alonso a toujours le niveau et je vais expliquer pourquoi. Certes il n’a pas écrasé Button mais un pilote d’un tel calibre est inconsciemment moins rapide car moins motive quand il se bat pour une place dans le ventre mou du peloton.

    Si l’Asturien a la possibilité d’être recruté par Mercedes, on verra qui de Lewis Hamilton ou de lui est le meilleur, dix ans après leur duel biaisé de 2007 où Alonso avait souffert du passage de Michelin à Bridgestone (Bibendum étant les seuls pneus connus par l’as d’Oviedo de 2003 à 2006 avec Renault) tandis qu’Hamilton calquait ses réglages sur ceux du double champion du monde espagnol au niveau de la MP4/22.

    Une chose est sure, un tel duel ne manquerait pas de sel.
    Mais l’idéal serait que Ferrari et Red Bull se rapprochent vraiment de l’étoile, et qu’on ait 6 pilotes capables de gagner le titre , soit Hamilton et Alonso (ou le futur 2e pilote Mercedes), Raikkonen et Vettel, Ricciardo et Verstapenn …

    Ceci dit l’avance de Mercedes est telle que je ne crois pas à ce scenario.

    Et puis si McLaren a une paire Button / Vandoorne, cela aura quand meme de la gueule je trouve.

    Pour les 5 titres dans une meme écurie, du jamais vu avec deux pilotes plusieurs fois titrés.

    Certes Schumacher avait 5, 6 puis 7 titres chez Ferrari entre 2003 et 2006 mais Barrichello aucun.
    Vettel 4 titres chez Ferrari en 2015 et 2016 mais Raikkonen 1 seul.

    - 1989 : Prost 2 titres et Senna 1 chez McLaren Honda – total 3
    - 2010, 2011 et 2012 : Hamilton 1 titre et Button 1 chez McLaren Mercedes – total 2
    - 2014 : Alonso 2 titres et Raikkonen 1 chez Ferrari – total 3
    - 2015 et 2016 : Alonso 2 titres et Button 1 chez McLaren Honda – total 3
    - 2015 et 2016 : Vettel 4 titres et Raikkonen 1 chez Ferrari – total 5

  4. avatar
    9 décembre 2016 a 17 h 00 min

    Merci Axel, le début de l’hiver est assez doux jusqu’à présent avec des minimums de -4, mais cela se refroidit considérablement la semaine prochaine avec notamment -18 min et -14 max vendredi prochain.

    J’avais donc bien vu pour la somme de titres. Je souhaite donc encore plus ardamment ce transfert.

    Et ce serait bien pour Alonso d’avoir la voiture la plus compétitive (certes avec possiblement le meilleur pilote comme coéquipier, tant mieux pour le spectacle) pour avoir une ou deux dernières chances d’ajouter une ligne à son palmarès, g¸aché par des voitures trop faibles.

    As-tu d’autres exemples (récents ou pas) de pilotes dont la carrière aurait pu compter des/d’autres titres s’ils avaient eu une voiture moins médiocre ? Il me semble que tu avais écrit un article là-dessus justement.

  5. avatar
    10 décembre 2016 a 9 h 27 min

    Salut Fabrice,

    Pascal Wehrlein semble tenir la corde à moins que ce ne soit du bluff de Mercedes pour refroidir les ambitions financières d’Alonso.
    Mais à la place de l’Espagnol, j’irais piloter gratuitement pour Brackley / Brixworth !

    Pour les pilotes qui auraient pu gagner le titre avec une meilleure voiture, il y en a légion

    Tony Brooks, Stirling Moss, Jacky Ickx, Ronnie Peterson, Carlos Reutemann, Gilles Villeneuve, Elio de Angelis, Juan Pablo Montoya pour les pilotes jamais titrés

    Jim Clark (1966-1967), Emerson Fittipaldi (1975 chez McLaren), Fernando Alonso (2010-2013 chez Ferrari notamment), Kimi Raikkonen (2003 et 2005 avec McLaren), Mika Häkkinen (1996-1997 et 2001 chez McLaren), Nelson Piquet (1984 avec Brabham BMW), Alain Prost (1982 et 1983 avec Renault et 1987 avec McLaren, 1990 avec Ferrari), Ayrton Senna (1986 et 1987 avec Lotus, 1992 et 1993 avec McLaren), Lewis Hamilton (2010 et 2012 chez McLaren) ou encore Michael Schumacher (1997 et 1998 avec Ferrari) pour ceux qui ont moins gagné 1 titre de champion du monde …

  6. avatar
    12 décembre 2016 a 17 h 31 min

    Merci pour les précisions Axel. Parmi les non titrés, Villeneuve et de Angelis ont été fauchés trop tôt, ils auraient sûrement fini par être en position de décrocher un titre. Montoya aussi était talentueux, mais il s’est écoeuré rapidement et a quitté la discipline.

    Pour Alonso, effectivement, dans ses souliers j’offrirais mes services gratuitement à Mercedes. Comme il est déjà riche pour plusieurs générations, il pourrait avoir une voiture compétitive pour le plaisir, et avec moins de pression.

    Pour Mercedes c’est gagnant aussi car si Alonso n’est pas performant, ils ont déjà Hamilton qui est presque assuré du titre (si l’équilibre des forces conurrentes reste semblable).

    J’aurais presque dit qu’il pourrait payer pour piloter, mais 1. Mercedes n’a probablement pas besoin de l’argent, et 2. les pilotes payants sont généralement moins talenteux, donc ce serait indigne pour Alonso.

  7. avatar
    13 décembre 2016 a 15 h 07 min

    Salut Fabrice,

    Oui imaginer Alonso payer pour un baquet me semble inenvisageable tant le natif d’Oviedo est fier.

    On verra ce que choisiront Niki Lauda et Toto Wolff pour Mercedes, le marché espagnol étant loin d’être le plus porteur vu l’état de l’économie ibérique, certes en croissance soutenue mais avec un chômage toujours terrible au delà de 20 %.

    Pour Montoya, il n’était pas prêt à tout sacrifier pour le titre de champion du monde, trop dilettante mentalement et c’est ce qui lui a coûté le titre en 2003 (entre autres problèmes lies à Michelin ou Williams BMW FW25).

    C’est pour ce problème d’implication qu’Helmut Marko ne sélectionna pas le kid de Bogota dans la filière Red Bull fin 1998 malgré son titre de champion en F3000, l’ancêtre du GP2.

    Pour Gilles Villeneuve, il avait le talent c’est indéniable mais il visait plus (le disait lui meme) les 27 victoires de Jackie Stewart que les 5 titres de Juan Manuel Fangio.

    Elio de Angelis était un styliste du pilotage, mais manquait d’agressivitré comme le montra son duel perdu en 1985 chez Lotus Renault face à un Ayrton Senna qui n’en était pourtant qu’à sa 2e saison dans l’élite.

    Voici mon top 20 des pilotes qui méritaient le titre pour ceux jamais sacrés

    1/ Moss
    2/ Peterson
    3/ G. Villeneuve
    4/ Ickx
    5/ Kubica
    6/ Reutemann
    7/ Bellof
    8/ Brooks
    9/ Cevert
    10/ De Angelis
    11/ Regazzoni
    12/ Von Trips
    13/ Alboreto
    14/ Alesi
    15/ Berger
    16/ Siffert
    17/ Ricardo Rodriguez
    18/ Pedro Rodriguez
    19/ Frentzen
    20/ Häkkinen

    Et mon top 10 des pilotes qui méritaient d’autres titres pour ceux couronnés au moins 1 fois

    1/ Clark
    2/ Alonso
    3/ Prost
    4/ Senna
    5/ Ascari
    6/ Häkkinen
    7/ E. Fittipaldi
    8/ Räikkönen
    9/ Rindt
    10/ Piquet

    • avatar
      21 décembre 2016 a 14 h 03 min
      Par Jayce

      Bonjour Axel. Tu me connais, j’aime bien ce genre de top list…

      Top 20 des pilotes méritant un titre (entre parenthèse l’année la plus révélatrice) :

      1. Pironi (1982)
      2. G. Villeneuve (1982)
      3. Regazzoni (1974)
      4. Von Trips (1961)
      5. Massa (2008)
      7. Frentzen (1999)
      8. Kubica (2008)
      9. Cevert
      10. Gurney
      11. Alesi
      12. Ickx
      13. Moss
      14. Peterson
      15. De Angelis
      16. Laffite
      17. Berger
      18. Bellof
      19. Montoya
      20. Reutemann

      Top 10 des champions du monde méritant au moins un titre de plus :

      1. Clark
      2. Alonso
      3. Prost
      4. Raikkonen
      5. Senna
      6. G. Hill
      7. D.Hill
      8. Ascari
      9. Jones
      10. Scheckter

      • avatar
        29 décembre 2016 a 20 h 08 min

        Salut Jayce et bonnes fêtes,

        Nous convergeons sur le fait que Clark et Alonso sont les plus malchanceux des champions du monde.

        Un mot sur Pironi, excellent pilote à la tête froide mais en 1982 il bénéficie (avant son terrible crash d’Hockenheim) de l’alignement des planètes.

        Carlos Reutemann retraité en début d’année chez Williams dans la foulée d’Alan Jones, la mort de Gilles Villeneuve à Zolder (son coéquipier chez Ferrari), les casses à répétition du moteur Renix affectant la Renault d’Alain Prost pour raisons politiques …

        Le podium de 1982 le prouve, Prost et Lauda finissent derrière des pilotes moins doués tels que K. Rosberg et Watson.

        Sur 2008, je vote plus Kubica que Massa derrière Lewis Hamilton qui pour moi ne vola pas sa couronne.
        En 1999, cela aurait été beau pour Frentzen en effet.

        Si on met une année sur les titres jamais obtenus, alors il faut distinguer 1961 pour Moss, avec sa démonstration de pilotage de Monaco digne d’un Nuvolari ou d’un Fangio.

        Ou 1973 pour Peterson, 1979 pour G. Villeneuve …

        • avatar
          2 janvier 2017 a 13 h 12 min
          Par Jayce

          Bonjour Axel et bonne année!

          Je te trouve très dur envers Pironi. Il est évident que la Ferrari n’était pas la monoplace la plus performante en 82, notamment face à la Renault de Prost. Mais la fiabilité fait aussi partie du jeu des sports mécaniques. D’autre part, rien ne dit que Villeneuve aurait pris le dessus sur le Français. En effet, déjà en 79, Scheckter avait ouvertement annoncé qu’il sentait le pilote québécois plus rapide que lui. Néanmoins, il ajouta ne pas être inquiet car Villeneuve ne voulait pas gérer un championnat. Le petit prince déclarait de son côté n’avoir comme seul objectif que le record de victoires détenu par Stewart. Je pense qu’il aurait fini pas devenir champion du monde, en 82 ou plus tard, mais rien ne me fait penser qu’il aurait terrassé Pironi. Le Parisien a été vraiment très proche du titre, car avant son accident, la saison était pliée.

          Carlos Reutemann a prouvé ses limites, notamment en 1977 en s’inclinant lourdement face à Lauda. Aurait-il battu Rosberg en 82? Difficile à dire. Concernant 2008, Massa avait fait le boulot, et ne dut sa défaite qu’à l’explosion de son V8 à 3 tours du but en Hongrie (après une véritable démonstration) et aux erreurs de la Scuderia dans les stands (les signaux lumineux remplaçant la “sucette” ne fonctionnant jamais correctement).

          Concernant Moss et Peterson, à mes yeux, ils n’avaient pas la sagesse d’un champion du monde. Moss s’est trop souvent trompé dans le choix de sa monoplace. Passe encore sa défaite sans discussion face à Fangio en 55, l’Anglais était jeune. Mais en 1959, comment ne prend-il pas le pari gagnant de piloter une Cooper? A l’époque, il avait cette liberté de pouvoir bénéficié de la monoplace la plus performante sans engagement. Il s’est raté, en 1959 et 1960. Ca fait beaucoup.

          Peterson, lui, a été battu par Fittipaldi en 73. L’année précédente, il ne voyait pas comme la March était une monoplace exécrable (au contraire de son jeune équipier, le débutant Lauda). Trop impulsif, trop irrégulier, il n’a jamais semblé en mesure d’être un chef de file pour une écurie. Il n’a pas réussi à remplacer Fittipaldi chez Lotus, tout comme Scheckter chez Tyrrell de ce point de vue. C’est la raison pour laquelle je ne considère pas que ces deux pilotes soient les deux plus grands champions sans couronne. Ils ont eu l’occasion et l’ont manqué.

          • avatar
            9 janvier 2017 a 10 h 50 min

            Salut Jayce,

            Pour Pironi, je maintiens qu’il a été chanceux. Il était moins doué que Gilles Villeneuve mais le scenario de 1979 aurait pu se reproduire c’est vrai.
            Le Canadien visait plus les 27 victoires de Stewart que les 5 titres de Fangio. Mais il avait aussi conscience qu’il avait laissé passer une chance historique en 1979 face à Scheckter.
            En 1981, il n’y eu pas de duel entre Villeneuve et Pironi, tant le Québécois domina le Français En 1982, Pironi a gagné à Imola mais dans quelles conditions ! En piégeant son coéquipier sur le panneau SLOW utilisée par Ferrari.
            Mais la course avait été sous l’emprise de Gilles, pas de Didier …
            Bref pour moi en dehors de la retraite de Reutemann et des problèmes de fiabilité de Prost, rien ne permet de garantir que Pironi aurait été leader du championnat du monde la veille du Grand Prix d’Allemagne si Gilles Villeneuve ne s’était pas tué à Zolder.

            Moss courait après l’argent, il monnaie meme ses interviews ! C’est pour cela qu’il ne fut jamais champion du monde … Il était le meilleur pilote de l’ère 1958-1961 entre Fangio et Clark.
            Tu oublies son fair play de 1958 contre Hawthorn, pilote qu’il exécrait mais dont il a defendu la cause devant les commissaires alors que cela lui faisait perdre le titre (comportement de gentleman inimaginable de nos jours)
            Et se demonstrations de 1961 à Monaco et au Nurburgring.

            Pour Massa, il fut chanceux de gagner à Spa sur tapis vert en 2008. Et que dire de son naufrage à Silverstone sous la pluie, sans oublier sa course mediocre à Fuji !
            Certes malchanceux à Budapest et Singapour (tuyau d’essence), le Brésilien ne fut impressionnant qu’en 4 occasions en 2008 :
            - Sakhir après ses deux abandons initiaux de Melbourne et Sepang
            - Istanbul où il confirma ses victoires turques de 2006 et 2007
            - Valence après la déconvenue hongroise
            - Interlagos à domicile où il fit le job sous la pluie avant ce podium si émouvant
            Lewis Hamilton, lui, a brillé à Silverstone, Hockenheim, Shanghai cette année là. La suite de la carriere des 2 pilotes montre bien qu’il n’y avait pas photo !

            Quant à Reutemann, il a pris sa retraite car affecté mentalement par le terrible échec de fin 1981 à Las Vegas. Mais en valeur pure, l’Argentin était bien au dessus de Keke Rosberg pour moi.

            Ronnie Peterson n’était pas un metteur au point, comme K. Rosberg ou Raikkonen bien plus tard chez d’autres Scandinaves !
            C’est pour ca d’ailleurs que Chapman recruta Mario Andretti en 1976, qualities techniques de l’Italo Américain et besoin de Lotus de se developer outré Atlantique.
            En 1973, le Suédois avait fort à faire face à Emerson Fittipaldi, champion du monde en titre alors que Stewart était leader sur contrat devant Cevert chez Tyrrell.
            Peterson fut malchanceux en début de saison avant de domineer le Pauliste.
            En 1978, le comte Zanon lui obtint chez Lotus un contrat de 2e pilote puisqu’Andretti avait mange son pain noir depuis 1976 chez Lotus pour mettre au point l’effet de sol avec Colin Chapman et Maurice Philippe.
            Eblouissant à Kyalami et Zeltweg, il respecta son contrat de joker le reste du temps.
            Les autres années, le Suédois n’eut jamais l’occasion de gagner le titre de champion du monde, meme en 1971 où il finit dauphin de Sir Jackie.

  8. avatar
    16 décembre 2016 a 17 h 46 min
    Par Floyd

    Bonjour

    Une petite erreur dans ton top 20 Alex : Häkkinen titré en 98 et 99.

  9. avatar
    19 décembre 2016 a 10 h 20 min

    Salut Floyd,

    Oui lapsus de ma part sur Hakkinen, en 20e j’aurais plutôt mis Montoya justement.

  10. avatar
    18 janvier 2017 a 16 h 56 min

    Un mot sur le recrutement de Valtteri Bottas par Mercedes AMG. Le contrat du Finlandais ne porte que sur 2017.

    Si Bottas ne fait pas ses preuves en gagnant plusieurs courses (accumuler des 2e ou 3e places loin derrière Hamilton ne suffira pas à Toto Wolff et Niki Lauda), l’état major de Brackley le remplacera par un top driver en 2018, soit Sebastian Vettel (qui devra se ressaisir après une mediocre année 2016 chez Ferrari) ou Fernando Alonso (que McLaren Honda devra convaincre de rester avec une vraie progression en 2017 pour la 3e année du couple anglo-japonais).

    Bottas est un bon pilote mais chez Williams, il est loin d’avoir écrasé un Felipe Massa dont on sait par ses années Ferrari qu’il ne valait ni M. Schumacher, ni Raikkonen ni Alonso.

    Et vu son manqué d’expérience d’un top team et de la F1 globalement, il va se faire éclater par Lewis Hamilton selon moi.

    Le veritable rival de Black senna en 2018 sera australien : Daniel Ricciardo, excellent en 2016 avec Red Bull.

    A moins que Max Verstappen ne continue à progresser et ne dépasse l’Océanien en 2017 pour se poser en dauphin du roi Hamilton, roi qui devra reconquérir sa couronne perdue.

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