Le Tour en fanfare avec « Babar » !
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Le Tour en fanfare avec « Babar » !

Avec un podium, le maillot à pois et trois victoires d’étapes à leur actif, Bardet et Barguil auront été les deux principaux animateurs tricolores de la Grande Boucle version 2017. Retour sur le Tour de France du tandem « Babar ».

L’un est un Auvergnat de 26 ans (né le 09/11/1990 à Brioude) : Romain Bardet. L’autre un Breton de 25 ans (né le 28/10/1991 à Hennebont) : Warren Barguil. Réunis sur les routes de l’Hexagone, ces deux-là ont formé trois semaines durant un duo de grimpeurs particulièrement enthousiasmant, comme la France n’en avait plus connu depuis le binôme Virenque-Jalabert des années 1990. Analyse et perspectives.

La confirmation : Bardet, toujours bien placé

A l’occasion de sa 5e participation à la plus prestigieuse des courses du monde, Romain Bardet a une nouvelle fois confirmé tout son potentiel en signant son quatrième Top 10 de rang doublé d’un second podium d’affilée (3e cette année, 2e l’an dernier) sur la route du Tour. Certes, le grimpeur auvergnat a reculé d’une place sur l’estrade des Champs-Élysées… Mais au niveau du pointage final, l’excellent descendeur s’est nettement amélioré avec un écart resserré (quasiment de moitié) d’à peine 2 minutes et 20 secondes sur le maillot jaune contre 4 minutes et 5 secondes l’année passée.

En outre, comme en 2016, le coureur a agrémenté sa place sur le podium final par une nouvelle victoire d’étape, obtenue le 13 juillet entre Pau et Peyragudes après avoir lâché Chris Froome à quelques hectomètres du drapeau à damiers. Un succès au terme duquel certains, dont Laurent Jalabert (désormais chroniqueur sur France TV), ont bien cru que ce Tour 2017 aurait pu basculer ! Mais il n’en a finalement rien été et après un contre-la-montre marseillais plutôt raté, celui qui visait le sommet pourra s’estimer heureux de conserver in fine sa place de bronzé, pour une petite seconde, à l’arrivée.

La révélation : Barguil, le grimpeur volatile

Révélé sur le bitume de la péninsule ibérique via deux étapes gagnées (en 2013) et un Top 10 (8e du général en 2014) sur la Vuelta, la carrière de Warren Barguil avait subi un sérieux coup d’arrêt la saison passée. Ironie du sort, c’est justement sur le bitume de la péninsule ibérique où il avait pris l’habitude de briller que le Breton fut victime, il y a un peu plus d’un an (janvier 2016), d’un grave accident au cours d’un simple entrainement. Blessé au genou et au poignet, il s’était néanmoins retapé à temps pour le Tour où, faute d’être à 100% physiquement, il n’avait pas vraiment pu performer.

La donne a changé cette année. Arrivé frais, le grimpeur-puncheur morbihannais a cette fois pris sa revanche sur un destin jusqu’ici contrarié. Battu d’un rien par Uran à Chambéry, c’est plus revanchard que jamais qu’il s’est ensuite imposé par deux fois pour finir dans le Top 10 (10e du général) tout en s’emparant du maillot à pois… d’abord le 14 juillet en devançant au sprint son idole Contador, s’il vous plaît, puis dans l’Izoard où il a placé une accélération pleine de panache pour s’extirper, revenir sur les échappés et s’imposer en solitaire, le doigt levé, exactement comme Richard Virenque l’avait fait par le passé !

Classement général du Tour de France 2017 (source: wikipedia)

Pourront-ils un jour s’imposer ?

Evidemment, avec de telles promesses, la question revient une fois de plus sur le tapis : est-ce que ces deux-là en auront un jour assez sous la pédale pour viser la victoire finale ? Alors que la dernière victoire française sur le Tour remonte toujours à Bernard Hinault en 1985, Bardet et Barguil, à l’instar de Thibaut Pinot (3e et maillot blanc du meilleur jeune du Tour) en 2014, ont désormais démontré qu’ils seront, à n’en pas douter, de sérieux prétendants au maillot jaune dans les prochaines années. Ceci étant, et bien que la retraite de Chris Froome (32 ans) semble approcher, d’autres concurrents ultra-coriaces (on pense notamment à Fabio Aru, Esteban Chaves, Tom Dumoulin, Mikel Landa, Louis Meintjes, Nairo Quintana, Rigoberto Uran ou encore Simon Yates) ne manqueront pas de postuler.

Pourquoi pas le Giro ou la Vuelta ?

Dans tous les cas, une chose est sûre, pour espérer voir à nouveau l’un ou l’autre des espoirs français triompher, ces derniers devront sérieusement bosser ce qui demeure pour l’heure toujours leur talon d’Achille : le contre-la-montre. Bien que le kilométrage des chronos ait été considérablement réduit lors des dernières éditions, on imagine mal un coureur s’imposer sur la Grande Boucle sans avoir une grosse capacité (non seulement à grimper mais aussi) à rouler… Alors en attendant d’avoir la caisse nécessaire, pourquoi ne pas voir les Français tenter leur chance ailleurs ? A défaut du Tour, le Giro (depuis Laurent Fignon en 1989) et la Vuelta (depuis Laurent Jalabert en 1995) attendent eux aussi depuis fort longtemps un successeur tricolore à leurs tableaux d’honneur…

Lionel Ladenburger

  1. avatar
    25 juillet 2017 a 12 h 18 min
    Par Guga57

    L’image que je retiendrais de ce Tour 2017 restera sans conteste celle de Barguil franchissant la ligne d’arrivée le doigt pointé vers le ciel au sommet de l’Izoard.
    http://www.leparisien.fr/sports/cyclisme/tour-de-france-virenque-je-me-voyais-a-la-place-de-barguil-20-07-2017-7147365.php
    Que ce soit dans la manière de courir, autant que dans la célébration, le mimétisme avec Richard Virenque est quand même criant. Et puis à défaut du maillot jaune, le maillot à pois (successivement porté par Virenque, Jalabert, Charteau puis Voeckler) demeure quand même un joli petit lot de consolation pour les supporters bleus de la Grande Boucle…

  2. avatar
    25 juillet 2017 a 21 h 42 min

    Salut Guga,

    Attention le Giro et la Vuelta sont encore plus montagneux que le Tour ! Moins rapides en 1re semaine et dans les étapes de plat, et pas forcément moins lotis en kilométrage de CLM.

    Après pourquoi pas pour un Bardet voire Pinot ou Barguil (j’y crois moins pour ces 2 là), mais gare aux concurrents, car le Tour attire moins avec la toute-puissance de Sky depuis 2012 : Quintana, Dumoulin, Aru, Nibali et même Contador ont su trouver là bas ce qu’ils ne pouvaient trouver en France au mois de juillet (excepté le Sicilien en 2014 après l’abandon de Chris Froome).

    • avatar
      27 juillet 2017 a 16 h 45 min
      Par Guga57

      Salut Axel et merci pour ton commentaire. Loin de moi l’idée de penser que le Giro ou la Vuelta seraient des grands tours au rabais. Au contraire, je déplore que de nombreux coureurs (et en particulier les Français) ne se focalisent pratiquement que sur le Tour de France aux dépends de ses cousins italien et espagnol. Par analogie avec le tennis c’est un peu comme si les meilleurs ne jouaient la gagne qu’à Wimbledon aux depends de l’US Open et de Roland-Garros… Ceci dit, Thibaut Pinot a ouvert une petite brèche cette année en participant au Giro, dommage qu’il y ait échoué au pied du podium. Après, pour en revenir aux chances de victoires éventuelles, je pense comme toi que (plus que Barguil ou Pinot) Bardet a le potentiel pour gagner un jour un grand tour, mais lequel ? Tout est une question de choix et comme tu le dis, Quintana et Dumoulin (pour ne citer qu’eux) sont allés chercher au-delà des Alpes et des Pyrénées ce que le Tour, actuellement sous protectorat de la Sky, ne pouvait leur donner. Mais bon, la retraite de Froome est proche… Par ailleurs, pour contrarier la Sky, pourquoi pas un chrono en montagne en 2018 ? Une telle initiative aurait au moins le mérite d’empêcher Froome de rester bien au chaud dans les roues de ses fidèles équipiers le temps d’une étape. Je pense que l’idée mériterait d’être creusée ;)

  3. avatar
    30 juillet 2017 a 9 h 38 min
    Par QUEVAL MARIE France

    Merci Lionel Ladenburger concernant votre excellent reportage et synthèse de ce tour de France 2017. Dommage pour le contre la monte de Bardet il était epuise, ce sera une épreuve à travailler pour l’an prochain. Nos deux champions Barguil et Bardet nous ont épaté, un grand bravo. Les retrouver sur la vuelta ou le Giro serait merveilleux. Bonne continuation.

    • avatar
      31 juillet 2017 a 13 h 07 min
      Par Guga57

      Merci Marie-France, effectivement Bardet a du pain sur la planche au niveau du chrono s’il veut un jour devenir le premier tricolore a succéder à Bernard Hinault. A moins que l’Auvergnat ne puisse devenir un grimpeur plus explosif (un peu à la Pantani par exemple), j’ai bien peur que le contre-la-montre demeure ad vitam une barrière quasi infranchissable pour lui… D’ailleurs, l’équation sera à mon avis la même également pour Barguil et Pinot. En somme, s’ils ne s’améliorent pas en chrono, nos Français devront vraiment être très très très costaud en montagne pour aller chercher un jour un succès final sur l’un des trois grands tours. Ceci dit, c’est bien évidemment tout le mal qu’on leur souhaite ;)

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