Cyclisme : Ces duels n’ayant pas eu lieu (ou trop peu)
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Cyclisme : Ces duels n’ayant pas eu lieu (ou trop peu)

Le cyclisme s’est nourri de duels mythiques : Coppi – Bartali, Anquetil – Poulidor, Hinault – LeMond, Armstrong – Ullrich... Mais certains coureurs amenés à s’opposer n’ont pas eu assez de temps devant eux pour s’affronter en duel.

Coppi / Koblet, le Héron et l’Apollon

En 1950, Hugo Koblet fait sensation en étant le premier étranger à remporter le Giro. Le Suisse devance Gino Bartali tandis que Fausto Coppi s’est brisé le col du fémur, manquant le Tour de France gagné par le rival et compatriote de Koblet, Ferdi Kubler.
En 1951, Coppi est de retour sur la Grande Boucle mais c’est le fantôme du Campionissimo que l’on voit sur les routes de France et de Navarre. Effondré après le décès de son frère cadet Serse sur le Tour du Piémont, Coppi est donc méconnaissable sur le Tour, là où Koblet voltige et justifie son  surnom du Pédaleur de CharmeL’Apollon du Vélo se recoiffait avec un peigne et se parfumait à l’eau de Cologne à chaque arrivée, et monopolisait l’attention de la gent féminine. Virtuose du cyclisme, gendre idéal, Koblet semblait pédaler sans effort, avec un style d’une élégance que personne n’égalera après lui, même si Jacques Anquetil se rapprochera de cette perfection. Moins stylé bien que tout aussi efficace rouleur, Fausto Coppi fait partie des grands battus de l’étape Brive – Agen, exploit sensationnel de la carrière de Koblet qui résiste au peloton sur le plat pendant plus de 130 kilomètres, et morceau de bravoure de l’édition 1951. Dauphin de Koblet dans l’étape pyrénéenne de Luchon, Coppi frôle l’élimination à Montpellier mais réagit avec orgueil pour gagner à Briançon en fin d’épreuve, alors que le juge de paix du Mont Ventoux a été inauguré par le flamboyant maillot jaune Koblet. En 1952, l’Italien écrase le Tour de France orphelin de Koblet mais aussi de Kubler et de Bobet. Sa domination est encore plus écrasante, Coppi tirant la quintessence de ses incroyables. L’ancien-commis charcutier de Novi Ligure asphyxie la course dans tous ses points névralgiques : citadelle de Namur, Alpe d’Huez, Sestrières, Pau et Puy-de-Dôme … Jacques Goddet est contraint de doubler la prime du deuxième pour relancer l’intérêt sportif du Tour 1952. En 1953, Coppi retrouve Koblet sur le Giro. Les deux hommes sont au sommet de leur forme, l’Italien a 34 ans et vise le record d’Alfredo Binda avec un cinquième maillot rose, le Suisse a 28 ans et veut retrouver le niveau stratosphérique atteint en 1951. Koblet domine l’épreuve mais va se heurter au mythe Coppi dans l’étape de Bormio. Dans le col du Stelvio paré de neige, la course devient darwinienne, telle une impitoyable sélection naturelle. Malgré toute sa classe, Koblet doit s’incliner contre le champion de cet âge d’or du cyclisme, le héron Coppi qui s’envole vers la victoire d’étape et le maillot rose, son cinquième. Le chant du cygne est proche pour les deux hommes, même si Coppi gagne ensuite le titre mondial en 1953 sur le circuit de Lugano. La Dame Blanche va sonner le glas des espoirs de Coppi de vivre une fin de carrière paisible, tandis que Koblet contracte une maladie vénérienne lors d’une tournée au Mexique. Plus jamais il ne sera le champion au coup de pédale aérien qui décourageait les pauvres mortels du peloton. Tous deux connaîtront une fin tragique, Coppi décédant à 41 ans de la malaria après une tournée en Haute-Volta, Koblet à 39 ans dans un accident de voiture …

Anquetil / Rivière, le Normand et le Stéphanois

En 1959, Marcel Bidot réunit les quatre meilleurs coureurs français par étapes à Poigny-la-Forêt pour un pacte avant le Tour de France (couru à l’époque par équipes nationales). L’idée est de ne pas reproduire l’erreur de 1958 où Geminiani engagé avec l’équipe Sud-Ouest avait été un poison pour l’équipe de France … Louis Bobet, Raphaël Geminiani, Jacques Anquetil et Roger Rivière. Vous êtes partis pour gagner trois ou quatre Tours de France chacun, à vous de vous entendre ! indique Bidot aux deux plus jeunes. D’accord, mais je veux gagner le premier, répond Anquetil pourtant déjà maillot jaune en 1957, là où Rivière, certes recordman de l’heure au Vigorelli comme le Normand, n’a jamais gagné de grand Tour. Le Tour 1959 vire au fiasco pour les Français, Anquetil 3eet Rivière 4e derrière Federico Bahamontes vainqueur. L’Aigle de Tolède est le premier Espagnol à ramener le maillot jaune à Paris. En 1960, Anquetil gagne le Giro tandis que Rivière se présente sur le Tour en favori et leader unique. L’étape de Lorient scelle le destin de ce Tour où Roger Rivière affrontera Gastone Nencini en duel. Impulsif, Rivière perd le Tour dans la descente du col du Perjuret. Le Lion de Toscane est le meilleur descendeur du peloton, et le Stéphanois n’a rien à gagner à provoquer Nencini dans une descente. Passé par-dessus le parapet, Rivière se brise la colonne vertébrale, sa carrière est terminée, lui qui aurait pu battre l’Italien dans le contre-la-montre Besançon – Pontarlier, 83 kilomètres tel un chemin vers la gloire pour ce rouleur émérite, avant de recevoir une poignée de mains du général de Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises sur la route de Troyes. Elle sera pour Nencini maillot jaune du Tour 1960, avant que Jacques Anquetil n’écrase l’épreuve entre 1961 et 1964 avec une implacable supériorité, malgré Gaul, Bahamontes ou Poulidor en rivaux principaux … Peut-être le Normand aurait-il trouvé un challenger plus coriace en la personne de Roger Rivière ?

Merckx / Ocaña, le Cannibale et le matador

Abandonnant en 1969, seulement 31e en 1970 après avoir gagné la Vuelta au printemps, Luis Ocaña n’est pas tout de suite une menace pour Eddy Merckx, le Cannibale belge qui écrase les éditions 1969 et 1970 du Tour de France. Promis à une carrière grandiose, l’héritier des Coppi, Anquetil et autres Van Looy vise un troisième succès de rang en 1971 mais voit Ocaña se dresser sur sa route. Défaillant sur la route d’Orcières-Merlette, Merckx se bat à distance contre son rival espagnol, avec Van Impe intercalé et un peloton résolu à sa perte. Le Belge assure seul la poursuite avec une combativité admirable que son panache les jours de victoire, ce qui force l’admiration de Louison Bobet également élogieux pour son vainqueur, nouveau maillot jaune avec plus de sept minutes d’avance, un véritable gouffre. Figure de proue du cyclisme belge qui se consumait d’impatience, le Bruxellois n’abdique pas et le montre sur la route de Marseille. L’échappée arrive avec deux heures d’avance sur le Vieux Port sur l’horaire le plus optimiste lors que les techniciens de l’ORTF en sont encore à installer leur matériel … Furieux, le maire Gaston Defferre jure que le Tour ne reviendra pas de son vivant dans la cité phocéenne. L’édile sera en place jusqu’en 1986 et tiendra parole, Marseille ne reverra pas la Grande Boucle avant 1989. Vainqueur d’un court CLM à Albi, Merckx espère renverser la vapeur contre Ocaña dans les Pyrénées mais le drame va interrompre cette joute d’anthologie. Trop orgueilleux, Ocaña ne laisse pas un mètre d’espace à Merckx, lequel est meilleur descendeur que son rival espagnol. Dans la descente du col de Menté, sous les Pyrénées noyées par la pluie, Ocaña chute et se voit percuter par Joop Zoetemelk alors qu’il se relevait pour poursuivre Eddy Merckx … C’est l’abandon inévitable, le rêve virant au cauchemar. Orphelin de sa Némésis, le Cannibale rend hommage au matador en ne portant pas le maillot jaune le lendemain, et, secret de polichinelle, envisageant même l’abandon puisque la victoire aurait un goût d’inachevé. La remontée vers Paris est l’occasion pour Merckx de pulvériser le record de vitesse de l’épreuve avec panache. En 1972, la revanche tant attendue tourne court, Merckx surclasse l’épreuve et Ocaña, hors de forme, abandonne. En 1973, le Belge réalise le doublé Vuelta – Giro au printemps avant de laisser la terre de France en jachère … Souverain, Luis Ocaña pulvérise la concurrence atomisée, de Jose Maria Fuente à Joop Zoetemelk en passant par Bernard Thévenet, si bien que beaucoup considèrent que la présence de Merckx en personne n’aurait pas pu priver le Castillan du maillot jaune. En 1974, l’Espagnol est forfait tandis que Merckx s’offre sa cinquième couronne dans la Grande Boucle, également débarrassé par le destin d’un Joop Zoetemelk qui marchait sur l’eau et avait début la saison sur les chapeaux de roue.

LeMond / Roche, le phénix et l’as de trèfle

Troisième du Tour de France 1984 derrière Laurent Fignon et Bernard Hinault, Greg LeMond confirme son titre de champion du monde 1983. L’Américain progresse encore en 1985 en étant le dauphin d’Hinault dans un Tour orphelin de Fignon blessé au genou. Troisième derrière les duettistes de La Vie Claire, Stephen Roche s’annonce comme l’un des meilleurs de la génération qui prendra l’héritage de Bernard Hinault, qui a promis de raccrocher fin 1986. Le Breton tient parole quelques mois après la victoire de Greg LeMond, maillot jaune d’un Tour 1986 où Hinault a tout de même tenté, de façon utopique, de partir sur un sixième succès qui lui aurait permis de dépasser Anquetil et Merckx au panthéon cycliste. En 1987, le destin de LeMond bascule, il est victime le lundi 20 avril d’un terrible accident de chasse à Rancho Murieta en Californie. Involontairement criblé de balles par son beau-frère lors de ce lundi de Pâques tragique, celui qui était destiné à succéder à Bernard Hinault frôle la mort. L’édition 1987 du Tour de France est doublement orpheline d’Hinault retraité et de LeMond convalescent, elle s’annonce très ouverte avec Andy Hampsten, Laurent Fignon, Pedro Delgado, Erik Breukink, Charly Mottet, Luis Herrera ou encore Stephen Roche, maillot rose d’un Giro où l’Italie lui voue une haine viscérale après le duel fratricide qui l’a opposé à son coéquipier chez Carrera, Roberto Visentini. Le directeur sportif  Davide Boifava n’a pas trop aimé le comportement du coureur irlandais durant le Giro mais a besoin de lui pour gagner le Tour, ce qui fait des deux hommes des alliés objectifs. Vainqueur au chrono du Futuroscope, dominé par Jean-François Bernard qui crée l’exploit au Mont Ventoux, Stephen Roche se bat avec l’énergie implacable des champions dans les Alpes où Pedro Delgado se montre plus à l’aise que lui dans les cols. Mais l’Irlandais finit par émerger et reprend in extremis le maillot jaune après le chrono de Dijon enlevé par le troisième larron de ce Tour 1987, Jean-François Bernard, et l’Irlandais termine la saison en apothéose avec le maillot irisé acquis en Autriche sur le circuit de Villach, profitant du marquage entre Sean Kelly et Moreno Argentin. Avec ce triplé Giro – Tour – Mondial, Roche égale ce Grand Chelem cycliste accompli par le seul Eddy Merckx en 1974. Un an après l’émergence du cyclisme américain avec Greg LeMond, l’internalisation du cyclisme se poursuit avec l’Irlandais Roche, même si son compatriote Sean Kelly a déjà gagné Paris-Nice et pléthore de classiques … En 1988, Roche est blessé alors que LeMond méconnaissable réalise un anonyme come-back dans le peloton. Pérenniser l’exploit n’est pas chose aisée, revenir de nulle part est encore plus complexe mais Greg LeMond va le réussir en 1989, réussissant tel un phénix à renaître de ses cendres, auteur du doublé Tour – Mondial. Cumulant le jaune et l’irisé, l’Américain gagne encore le Tour de France en 1990 malgré un printemps compliqué par la mononucléose, et un Tour en forme de course poursuite derrière Chiappucci échappé dès le premier jour au Futuroscope de Poitiers. 1991 marque le chant de cygne de Greg LeMond, défaillant dans le col du Tourmalet après l’offensive conjointe d’Indurain et Chiappucci, tandis que Stephen Roche est humilié en étant éliminé du Tour de France dans le chrono par équipes où l’équipe Tonton Tapis prend le départ sans lui ! 1991, année charnière du cyclisme professionnel avec le premier maillot jaune EPO (Miguel Indurain) mais aussi l’élection à la tête de l’UCI d’Hein Verbruggen, Ponce Pilate qui surveillera ce cyclisme d’imposteurs du haut de sa tour d’ivoire,  jusqu’en 2005, date du septième succès consécutif de Lance Armstrong, avant que la boîte de Pandore n’explose quelques années plus tard … En 1992, Stephen Roche revient dans le Tour à un excellent niveau. Coéquipier de Chiappucci chez Carrera, l’Irlandais réalise une offensive de grande ampleur sur la route de Saint-Gervais. Maillot jaune virtuel après sa victoire écrasante au CLM du Luxembourg où il s’attire tous les superlatifs, Miguel Indurain garde son sang-froid mais Gianni Bugno lance la poursuite derrière Roche … L’écart se réduit et Indurain sauve son trône, Roche gagnant à la Bourboule en fin de Tour, alors que LeMond a abandonné sur la route de Sestrières, le manque d’EPO comparé à ses rivaux ainsi que sa myopathie mitochondriale naissante expliquant cette déroute impensable encore un an plus tôt. Au final, excepté en 1985 où ils montent ensemble sur le podium du Tour de France, Stephen Roche et Greg LeMond se sont trop rarement croisés, rarement affrontés au meilleur de leurs formes respectives …

Indurain / Rominger, Goliath contre Spartacus

Fin1990, Tony Rominger prend la meilleure décision de sa carrière en claquant la porte de Château d’Ax, évitant de prolonger son bail de porteur d’eau du nouveau champion adulé par toute l’Italie, Gianni Bugno, débloqué officiellement par la musicothérapie et un régime alimentaire à base de pâtes, officieusement par l’EPO du druide pionnier en la matière, le professeur Francesco Conconi, l’homme qui avait offert en 1984 une fontaine de jouvence à Francesco Moser (victoire sur le Giro et record de l’heure). Début 1991, le Suisse gagne Paris-Nice succédant au palmarès à Miguel Indurain qui remporte cette saison-là son premier Tour de France. Se voulant loin des passions exacerbées des aficionados espagnols, le Navarrais ne revient pas sur la Vuelta avant 1996 suite à sa deuxième place du printemps 1991 derrière Melchior Mauri. En 1992, Rominger gagne le maillot amarillo du Tour d’Espagne, et confirme en 1993, après avoir gagné entre temps son deuxième Tour de Lombardie. Au printemps 1993, Indurain gagne lui son deuxième Giro consécutif. Le vainqueur de la Vuelta et du Giro vont donc s’affronter sur le Tour de France en duel, même si d’autres coureurs espèrent conquérir le maillot jaune : Claudio Chiappucci, Gianni Bugno et Erik Breukink. Mais Bugno et son maillot irisé de Benidorm sombrent dans la première étape alpestre, tandis que Chiappucci n’affiche pas la forme étincelante des trois Tours précédents où il avait à chaque fois fini sur le podium. Si bien qu’un seul coureur semble capable de rivaliser avec le colosse Miguel Indurain, Goliath espagnol jugé encore invulnérable après sa démonstration CLM au Lac de Madine, copie presque conforme du massacre de l’année précédente sur les routes du Grand-Duché de Luxembourg. Parti sous la pluie et la grêle après avoir perdu beaucoup de temps dans le chrono par équipes, victime d’une crevaison sur le parcours lorrain, Rominger avait été le seul à faire un temps décent parmi les rivaux du Navarrais. En montagne, l’équipe Clas du Zougois accélère dans le col de Télégraphe, causant la perte de Laurent Fignon médusé par la puissance du peloton fondant sur lui. Puis Miguel Indurain prend les choses en main dans le col du Galibier et seuls quatre hommes échappent à la guillotine : Andy Hampsten, Alvaro Mejia, Zenon Jaskula et Tony Rominger. A Serre Chevalier et Isola 2000, le Suisse remporte l’étape sous la bienveillance du placide Espagnol. Dans les cols pyrénéens, alors victime d’une fièvre gardée secrète par Banesto pour ne pas donner des idées à la concurrence, Miguel Indurain peine à suivre Zenon Jaskula et Tony Rominger dans l’ultime kilomètre du Pla d’Adet. L’Espagnol a tutoyé la perfection deux semaines durant mais décline en fin de Tour, battu par son dauphin Rominger dans le chrono de Monthléry. Annulant tous ses critériums par la faute d’un état d’épuisement avancé, l’Espagnol alimente les spéculations des observateurs qui ont vu le temps bêtement perdu par le Suisse en début de Grande Boucle. Pour certains, Rominger est le favori de l’édition 1994, postulat accentué par la défaite d’Indurain sur le Giro 1994, troisième derrière Evgueni Berzin et Marco Pantani, la première défaite du colosse de Pampelune sur trois semaines de course depuis la Vuelta 1991. Mais Indurain repousse l’usure du pouvoir durant le Tour 1994, battant Rominger dans le prologue de Lille. Pyschologiquement, ces quatre secondes sont importantes pour l’Espagnol qui enfonce le clou entre Périgueux et Bergerac. Le peloton est humilié tandis que Rominger perd deux minutes dans la fournaise périgourdine. A Lourdes Hautacam, le Suisse ne s’adapte pas au changement de rythme entre la plaine et les cols, tandis que le maillot jaune d’Indurain  brille de l’éclat de l’or … Vainqueur du Giro en 1995 dans une édition orpheline de l’Espagnol parti gagner le Dauphiné Libéré, Rominger échoue encore sur le Tour de France, n’étant pas à son pic de forme, là où Indurain accède au gotha avec un cinquième victoire consécutive. En 1996, les deux vétérans échouent dans les grandes largeurs après avoir donné l’illusion durant le Dauphiné. Indurain commet le péché d’orgueil en tentant une sixième victoire record tandis que Rominger, rattrapé par ses 35 ans, partage ensuite le pouvoir chez Mapei avec Abraham Olano. Après leur duel avorté de 1993, Miguel Indurain et Tony Rominger n’ont jamais pu vraiment se retrouver face à face au pinacle de leur forme. Mais ils se sont sublimés à distance en portant le record de l’heure à des hauteurs insoupçonnées, répondant aux tentatives des Britanniques Graeme Obree et Chris Boardman : 53.040 kilomètres dans l’heure pour Indurain en septembre 1994 à Bordeaux, 55.291 kilomètres pour son rival suisse deux mois plus tard, toujours dans la cité de Montaigne.

Pantani / Ullrich, la puce et le colosse

Ils se sont ratés en 1996 car Pantani était encore en rééducation après son terrible accident d’octobre 1995 dans la descente de Superga, sur la classique Milan – Turin. Cet été là où Bjarne Riis est le fossoyeur d’une sixième victoire de Miguel Indurain, son jeune coéquipier allemand Jan Ullrich se révèle en finissant dauphin. Champion du monde amateurs en 1993 à Oslo, médaille de bronze aux Mondiaux CLM en 1994 à Catane, l’ogre de Rostock est un prodige du cyclisme, un virtuose qui n’a que 22 ans, comme les plus grands à leur éclosion (Coppi 21ans en 1940, Anquetil 23 ans en 1967, Gimondi 23 ans en 1965, Merckx 22 ans en 1967, Hinault 23 ans en 1977, Fignon 23 ans en 1983) … On lui promet un destin digne d’un Pantagruel du sport cycliste, mais ce restera utopique, car l’Allemand n’a pas le mental digne de son potentiel physique, il ne battra donc pas les records d’Eddy Merckx et Bernard Hinault. Mais en 1997, l’héritier naturel d’Indurain écrase le Tour de France : Riis est trop vieux (33 ans), l’Espagnol est en retraite, Virenque encore trop limité, Zülle et Rominger chutent, Jalabert est à bout de forces après un début de saison trop fatigant sur les classiques de printemps. Quant à Marco Pantani, il a du abandonner sur le Giro après avoir percuté un chat. Il est encore trop tôt pour prétendre au maillot jaune confisqué littéralement par Ullrich, stratosphérique en montagne et dans les chronos. Cannibalisant le Tour de France 1997, le jeune Allemand s’annonce donc comme la terreur des années à venir. Mais c’est une victoire à la Pyrrhus qu’Ullrich a signé. Adolescent de la RDA, il avait pour idoles Greg LeMond et Laurent Fignon, et voilà que l’argent coule à flots. Son avenir assuré, l’ogre de Rostock va se reposer sur ses lauriers, et ses printemps vont se muer en course contre la balance, afin de perdre le poids accumulé pendant l’hiver. Ermite ne Forêt-Noire, n’apparaissant en compétition qu’au Tour de Suisse à l’approche du rendez-vous de juillet, Ullrich est favori suprême à Dublin quand il remet son titre en jeu. Le parcours de l’édition 1998 lui va comme un gant avec deux CLM de plus de 50 kilomètres et seulement deux arrivées au sommet, le Plateau de Beille et les Deux-Alpes. Ses rivaux sont forts mais personne ne semble capable  de vraiment inquiéter Ullrich. L’affaire Festina sonne très vite le glas des espoirs de Virenque et Zülle. Les carences d’Olano en montagne sont connues, bien que sosie facial d’Indurain, le Basque n’a pas les qualités du Navarrais dans les cols. Pour son compatriote Escartin, c’est l’inverse son talon d’Achille est l’effort solitaire. Quant à Laurent Jalabert, il est le fils spirituel de Sean Kelly grimpeur plus qu’honorable mais toujours en surrégime dans les cols de plus de 2000 mètres. Avec un inévitable jour sans, comme dans le col de la Madeleine en 1996. Reste un seul outsider, Marco Pantani, venu sans pression après son succès sur le  Giro où il a fait trébucher Alex Zülle dans les Dolomites. Ayant arrêté de pédaler après le décès de Luciano Pezzi, ancien coéquipier de Coppi, mentor de Gimondi, Pantani n’a pas couru depuis le Giro. Frais et serein, il attend son heure et limite les pertes dans le chrono de Corrèze où Jan Ullrich fait parler sa puissance. Le maillot jaune tremble une première fois dans le Plateau de Beille où l’Italien lui reprend 1’40’’. L’heure de gloire du Pirate arrive dans le Deux Alpes. Ullrich craint le froid et la pluie, et se montre vulnérable dans le col du Galibier. Imitant son idole Charly Gaul en 1958, Pantani part de loin dans le Galibier et va conquérir ce maillot jaune que l’Allemand ne portera plus jamais, victime de l’hégémonie Armstrong par la suite. Imposant sa férule dans la montée finale, Pantani creuse un écart démentiel dans cette étape où Ullrich perd 8’57’’ mais plus que cela. Il n’est plus l’Allemand que tout le monde pensait invulnérable, après avoir bu le nectar et l’ambroisie. Redevenu humain, l’épouvantail des Telekom est victime de l’usure du pouvoir après seulement un an de règne … La réaction d’orgueil est superbe vers Albertville mais Pantani défend de façon impériale son maillot jaune conquis la veille. La messe est dite, l’ultime chrono n’y change rien, Pantani devient le premier Transalpin vainqueur du Tour depuis Gimondi en 1965. Le duel avec Ullrich s’arrête là, puisque tous deux absents en 1999, ils subissent le joug d’un certain Lance Armstrong en 2000 pour leur retour dans l’Hexagone.

Armstrong / Pantani, Peter Pan et le Pirate

Le Texan a succédé à l’Italien au palmarès du Tour de France comme au firmament du cyclisme mondial. Le tournant a lieu en juin 1999, quand Marco Pantani est exclu du Giro alors qu’Armstrong effectue ses derniers entraînements dans le col de la Madone, son laboratoire azuréen précédemment conseillé par le docteur Ferrari au Suisse, alors résident monégasque. Suspendu tout au long de 1999 alors que l’Américain remporte le maillot jaune dans une Grande Boucle également orpheline de Jan Ullrich, Marco Pantani ne revient à la compétition qu’au Giro 2000, après avoir repris l’entraînement lors du week-end de Pâques. A court de kilomètres, le grimpeur romagnol se met au service de son coéquipier de la Mercatone Uno, Stefano Garzelli, qui gagnera ce Tour d’Italie. Ressuscité dans l’étape de l’Izoard sur le Giro, Pantani vise le Tour de France où il retrouve Lance Armstrong mais aussi Jan Ullrich, son dauphin de 1998. Le Texan est affamé de victoire, lui qui n’a pas apprécié de voir la plupart des observateurs dénigrer son  premier maillot jaune : Zülle avait chuté au passage du Gois perdant six minutes sur la route de Saint-Nazaire, tandis qu’Ullrich et Pantani étaient absents … Imposteur sur le trône ? Que nenni, Armstrong dresse la guillotine dans Lourdes Hautacam où l’Italien a osé allumer une étincelle offensive en début de col … Sous la brume pyrénéenne, le Texan refait le coup de Trafalgar de Sestrières mais avec une concurrence bien plus élevée. Vient alors l’épisode du Mont Ventoux où Armstrong utilise Pantani comme allié objectif avant les Alpes, afin de se protéger contre un éventuel retour de flamme de Jan Ullrich, ce diesel allemand qu’il craint plus que tout … Rejoignant Pantani échappé sur les pentes rocailleuses du Géant de Provence, Armstrong est insolent de facilité sur le Mont Chauve, mais il va commettre une erreur de taille en offrant la victoire d’étape à un coureur aussi orgueilleux que Pantani. Déjà piqué au vif dans sa fierté à Hautacam après sa défaillance et son incapacité à suivre l’Américain, le Pirate e voit offrir un cadeau condescendant, comme à l’époque de Miguel Indurain qui ne gagna pas une seule étape en ligne entre 1991 et 1995, cédant la victoire à Claudio Chiappucci en 1991 (Val Louron), Gianni Bugno en 1991 (Alpe d’Huez), Tony Rominger en 1993 (Serre Chevalier et Isola 2000), Luc Leblanc en 1994 (Lourdes Hautacam). Le courroux de Pantani monte encore d’un cran quand Armstrong s’épanche dans la presse de son geste de grand seigneur, cadeau qui se révèlera empoisonné.  Obsédé par l’idée de faire tomber le maillot jaune du Capitole à la Roche Tarpéienne, Pantani se mue en électron libre totalement voué à l’offensive. Mais Armstrong contrôle encore le grimpeur italien dans le col de l’Izoard, dans le décor somptueux de la Casse Déserte. Match nul à Briançon mais ce n’est que partie remise après cette banderille du Pirate, qui porte l’estocade à son rival le lendemain à Courchevel, où Armstrong se contente d’un accessit en compagnie de son futur coéquipier, l’Espagnol Roberto Heras. Ce sera l’ultime victoire de Marco Pantani dans le Tour de France, devant l’autre grimpeur de génie de cette génération, l’Aigle d’El Barraco, alias Jose Maria Jimenez. Le surlendemain, verS Morzine, Pantani attaque dès le col des Saisies. Pris de panique, Armstrong appelle le docteur Ferrari en pleine course, via la radio de Johan Bruyneel. Oubliant de s’alimenter, le maillot jaune connaît une terrible fringale dans le col de Joux-Plane alors que Pantani s’effondre en fin d’étape, victime des efforts terribles réalisés en tête de course en mode kamikaze. Le leader de Mercatone Uno abandonne le soir même, son directeur sportif faisant en sorte d’absolument enregistrer l’abandon avant minuit, pour éviter un contrôle anti-dopage à son protégé qu’on ne reverra jamais sur la Grande Boucle. En 2001 et 2002, l’équipe italienne ne reçoit pas de wild-card et Armstrong se concentrer sur son duel avec Jan Ullrich. En février 2004, Pantani décède à 34 ans, son autopsie, deux points communs tragiques avec le pilote brésilien Ayrton Senna, autre champion charismatique trop tôt disparu. Et Marco Pantani n’a croisé le fer avec Lance Armstrong qu’un été durant, en 2000. Dommage car le duel aurait pu offrir des montagnes russes d’adrénaline au public, et quelques joutes d’anthologie.

 

  1. avatar
    30 juin 2015 a 16 h 27 min

    Le plus beau aurait du etre Coppi / Koblet, duel entrevu seulement au Giro 1953 mais impossible au Tour 1951 vu le contexte psychologique de l’Italien.

    Dommage qu’on ait pas vu plus Pantani contre Ullrich et surtout contre Armstrong, cela aurait même pu donner un beau triumvirat, espéré pour l’éditon 2000 mais on a vite compris que le Texan écraserait la course, que Pantani ne gagnerai que des étapes de montagne sans peser sur le maillot jaune, et qu’Ullrich serait le dauphin d’Armstrong en ne pouvant que le concurrencer CLM, ce qui fut fait à Mulhouse en fin de Tour.

  2. avatar
    2 juillet 2015 a 14 h 48 min
    Par pancho

    Personnellement,je ne considère pas et je n’ai jamais considéré Armstrong comme vainqueur du tour,d’une part parce qu’il avait été un coureur moyen jusqu’à sa transformation surnaturelle d’après “maladie”.
    Impossible de croire qu’un gars qui peinait pour passer une bosse,qui finit dernier de la classica San sebastian,qui est anonyme sur le tour puisse du jour au lendemain devenir mailleur grimpeur,mailleur rouleur,excellent sprinteur,bref un coureur intouchable mais détestable de par son arrogance,son manque de sympathie,sa volonté d’humilier les autres,sa condescendance,ses mensonges et surtout le fait qu’il était au centre d’un gigantesque business.

    La fin de son histoire aurait dû avoir lieu au soir de la 4eme étape du tour 1999,contrôlé positif,clair et net mais il a bénéficié de tout les soutiens possible et imaginable.

    Les grands perdants:nous spectateurs et téléspectateurs et la génération qui est tombé en même temps qu’Armstrong et les scandales de dopage à répétition dont le texan est passé toujours au travers.

  3. avatar
    2 juillet 2015 a 17 h 45 min

    Hello Pancho,

    Tu ne peux pas être aussi tranché sur Lance Armstrong et je m’explique.
    OK le mec était dopé et a profité du dopage pour se transformer en maillot jaune, chose qui lui était totalement utopique entre 1993 et 1996 vu ses médiocres performances CLM et en montagne.

    Mais si Armstrong a profité de sa métamorphose physique (perte de 11 kg après son cancer en mode “poids de forme”) et du dopage mega-sophistiqué de l’ensemble US Postal – Motoman – Ferrari – Stapleton – Verbruggen (au sens global donc logistique, médical et politique) pour dépasser des stars comme Ullrich et Pantani, il avait quand même fait quelques coups d’éclat avant son cancer lors de l’époque Motorola

    Champion du monde sur route en 1993 à Oslo à trois semaines de ses 22 ans devant Miguel Indurain en personne, vainqueur de la Clasica San Sebastian 1995, de la Flèche Wallonne 1996 et 2e à Liège en 1996.

    Deux ans après la Doyenne 1994 où ceint du maillot irisé, il avait fini dauphin d’un Berzin gavé à la potion magique EPO du Dr Ferrari.

    Mis devant le dilemme de chaque cycliste des années 90 écrasé par Indurain, Chiappucci, Bugno puis ensuite Rominger et Berzin (dilemme bien raconté par Tyler Hamilton dans The Secret Race), le bouillant coureur texan a décidé d’aller voir le druide italien et de prendre de l’EPO.

    Après, il y a des choses qu’on ne peut pas enlever à Armstrong. Il a perdu 7 Tours de France sur tapis vert, mais son hégémonie a quand même duré 7 ans.

    EPO ou pas, le gars était devenu un stakhanoviste de l’entraînement, avec ses fameuses reconnaissances d’étape.
    Son autorité était juste monstrueuse sur l’US Postal, presque trop, digne d’un shérif ou d’un parrain mafieux, à tel point qu’il court-circuitait Johan Bruyneel et gérait même les primes à redistribuer à ses coéquipiers après chaque victoire dans le Tour.

    Primes de victoire qu’Andreu et Vasseur n’ont jamais touché pour le Tour de France 2000, le premier car il refusa de continuer à se doper en vue de 2001 d’où retraite forcée car Bruyneel l’empêcha de signer à la concurrence, le second car il se “rebella” contre le King d’Austin après sa non sélection pour l’édition 2001.

    Et au plan mental, un killer instinct incroyable, un sang-froid digne d’Indurain, jamais Armstrong n’a paniqué m^^eme en 2003 quand le vent soufflait dans les voiles d’Ullrich dans les étapes pyrénéennes (après le fameux CLM de Cap Découverte où le phénix allemand menaçait le maillot jaune).

    Comme Indurain dans son quinquennat d’imposture 1991-1995, Armstrong ne paniqua qu’une fois dans son septennat d’usurpateur 1999-2005. Sur la route de Morzine en 2000, quand Pantani était décidé à tout faire péter sur son passage après les vexations du Mont Ventoux et de l’Izoard, la victoire de Courchevel n’ayant pas suffi à calmer son orgueil piqué au vif par le Yankee.

    L’Espagnol, lui, avait paniqué sur la route de Mende, piégé par la ONCE de Jalabert, équipe de son dauphin au général, Alex Zulle. Pour la première fois en 5 ans, Banesto avait vraiment montré de la fébrilité collective. Quel sang-froid derrière Stephen Roche en 1992 dans le col du Mont Salève ! Ou en 1993 malgré sa fièvre dans les cols pyrénéens !

    Pour moi, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Si Armstrong et Indurain n’auraient jamais pu gagner le Tour sans EPO, notamment à cause de leur niveau en montagne, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

    Armstrong avait un mental et un sens tactique tout autres qu’Ullrich, surdoué intrinsèque incapable d’utiliser son potentiel physiologique digne d’un LeMond, d’un Coppi ou d’un Merckx.

    Idem pour Indurain face à un Gianni Bugno qui termina avec le complexe que l’on sait en 1993, malgré les maillots irisés de 1991 à Stuttgart et 1992 à Benidorm, petites revanches sur les défaites sur le Tour de France contre le colosse de Pampelune.

    En résumé, Armstrong et Indurain valent pour moi quand même mieux que des imposteurs à 100 % comme Bjarne Riis, Tony Rominger ou Bradley Wiggins.

    Intrinsèquement depuis Greg LeMond dernier maillot jaune “clean” en 1990, je ne vois que 4 coureurs qui étaient de vrais vainqueurs du Tour en puissance, avec ou sans EPO : Jan Ullrich, Marco Pantani, Andy Schleck, Alberto Contador.

    Armstrong et Indurain, parce que justement ils ont su faire durer leur domination, ne doivent pas être mis à 100 % au pilori sur le seul argument du dopage. Ils ont selon moi su démontrer autre chose sur un vélo.

    A Chris Froome, Nairo Quintana et Vincenzo Nibali de faire de même parmi nos contemporains, s’ils multiplient les victoires dans la Grande Boucle.

  4. avatar
    2 juillet 2015 a 17 h 57 min

    Secundo, grands perdants en tant que (télé)spectateurs oui certes mais l’EPO a commencé à biaiser le maillot jaune dès 1991 avec Indurain, Bugno et Chiappucci.

    Les 2 premiers du Tour qui mettent 4 minutes au record d’Herrera dans l’Alpe d’Huez, déjà 8 avant Lance Armstrong les dés étaient largement pipés.

    Que dire de Riis sur le grand plateau à Hautcam en 1996 ? D’Ullrich qui largue au train Pantani & Virenque à Arcalis en 1997 ? D’Indurain qui gagne un CLM en 1995 au lendemain d’une échappée éprouvante sur la route de Liège ? D’Ugrumov qui fait la pluie et le beau temps dans 3 étapes de rang en 1994 dans les Alpes ? De Pantani qui volait dans les cols en 1998 tout en étant plus fort que jamais CLM ? De Chiappucci qui fait un exploit à la Merckx, Gaul ou Coppi en 1992 vers Sestrières ? D’Indurain qui met 3 minutes à son dauphin (De Las Cuevas autre Banesto) à Luxembourg en 1992 aussi ? Qui en met 17 à son propre frère cadet Prudencio en 1993 au Lac de Madine, ce dernier n’étant pas éliminé grâce à la crevaison qui avait justement ralenti le roi Miguel dans ce CLM lorrain ? etc etc …

    Le Texan n’a fait qu’hériter d’un système monté par Padilla, Conconi & Ferrari pour les Italiens & Espagnols, l’améliorant au maximum avec Ferrari, Stapleton, Verbruggen & Bruyneel comme partenaires privilégiés.

    La ténacité de David Walsh, Pierre Ballester, Floyd Landis, Greg LeMond, Frankie & Betsy Andreu, Emma O’Reilly et autres Travis Tygart a heureusement fini par payer en 2012 et 2013 …

  5. avatar
    3 juillet 2015 a 14 h 36 min
    Par pancho

    Salut axel borg

    Je ne suis pas tout à fait d’accord puisque comme je disais,Armstrong a été contrôlé positif en 1999 aux corticoides.Il n’est même pas exclu alors que dans le même temps,un an plus tôt les festina sont exclus sur des présomptions et que Pantani est exclu sans être positif sans oublier Rumsas soupçonné de dopage en 2002 alors qu’il finit 3eme,les 2 premiers n’était pas dopé eux.
    C’est le 2 poids et 2 mesures que je condamne fermement.
    De plus,concernant,il a peut être réalisé un ou deux résultats avant sa métamorphose mais en aucun cela n’explique son écrasante domination sur le tour,une véritable mafia dont il était le parrain reconnu.

    En outre,c’est toute l’équipe us postal qui posait problème,des gars comme Hincapie ou Joachim capable de mettre dans le rouge d’excellent grimpeurs,encore plus fort Hamilton et Livingston explosant le peloton sur le mont ventoux en 2000,larguant des coureurs comme Zulle,Jimenez,Escartin,Boogerd et mettant en grande difficulté Pantani,Virenque,Heras.
    Hamilton,Landis ou Leipheimer c’est bien pire qu’Armstrong(lui avait des antécédents),ce sont des purs arnaques au même titre que Wiggins,Julich,Jaskula ou Froome.

    D’autre part,je ne mets pas Indurain et Armstrong sur le même plan car le 1er avait quand même un bon potentiel démontré sur Paris-Nice ou sur le tour 90 qu’il termine à la 10eme position en travaillant pour Delgado,seulement il est vrai que sa domination surtout clm etait quand même contreversée.

    Selon moi,Armstrong a simplement détruit le tour et le cyclisme ainsi que sa crédibilité.Quel était le secret de son implacable domination,comment faisait-il pour sprinter sur Hautacam,sur Sestrières ou sur le Mont-ventoux?

  6. avatar
    3 juillet 2015 a 16 h 16 min

    Salut Pancho,

    Sur l’impunité dont a bénéficié Lance Armstrong entre 1999 et 2005 grâce à la protection politique d’Hein Verbruggen, nous sommes d’accord que c’était inacceptable.
    Chiappucci en 1997, Festina en 1998, Pantani en 1999 au Giro, Landis en 2006 après le Tour, Ullrich et Basso en 2006 avec Puerto, Vinokourov et Rasmussen en 2007, Ricco en 2008, n’ont pas été traités à la même enseigne que le parrain du Texas.

    Le fait de voir un colosse comme George Hincapie (idem pour Pavel Padrnos) voler dans les cols et gagner en 2005 au Pla d’Adet montre bien que le système US Postal était le meilleur (et de loin) de l’époque.

    Pour Indurain, oui il a progressé de façon bien plus linéaire qu’Armstrong, dont le seul fait d’armes par étapes était une deuxième place en 1996 sur Paris Nice derrière Laurent Jalabert.
    Mais c’est vrai, avant 1999, aucune référence en montagne ni CLM pour le Texan, chasseur de classiques qui avait 11 kg de trop.
    C’est la famille Merckx qui a changé deux fois son destin, Axel lui a présenté le Dr Ferrari en 1995, le père Eddy l’a convaincu en 1996-1997 pendant sa chimiothérapie.

    Armstrong avait le mental d’un champion mais pas du tout le profil d’un vainqueur du Tour de France, Indurain avait pour lui ses formidables capacités de rouleur, après il a su maigrir pour progresser dans les cols, et surtout tirer profit de l’EPO préparée par Conconi et Padilla, le médecin italien le suivant depuis 1987, fasciné par son potentiel supérieur à celui de Francesco Moser.

    Indurain
    1985 : Abandon (100e du prologue de Plumelec gagné par Hinault)
    1986 : Abandon
    1987 : 97e
    1988 : 47e
    1989 : 17e et vainqueur d’étape à Cauterets
    1990 : 10e et vainqueur d’étape à Luz Ardiden
    1991 : 1er, maillot jaune entre Val Louron et Paris
    1992: 1er, maillot jaune entre Sestrières et Paris
    1993 : 1er, maillot jaune entre le Lac de Madine et Paris
    1994 : 1er, maillot jaune entre Bergerac et Paris
    1995 : 1er, maillot jaune entre Liège et Paris
    1996 : 11e

    Armstrong
    1993 : Abandon et vainqueur d’étape à Verdun
    1994 : Abandon
    1995 : 36e et vainqueur d’étape à Limoges
    1996 : Abandon
    1997 : ne participe pas (convalescent)
    1998 : ne participe pas (dispute la Vuelta)
    1999 : 1er, maillot jaune au Puy-du-Fou puis entre Metz et Paris
    2000 : 1er, maillot jaune entre Lourdes Hautacam et Paris
    2001 : 1er, maillot jaune entre St Lary Soulan et Paris
    2002 : 1er, maillot jaune au Luxembourg puis entre La Mongie et Paris
    1999 : 1er, maillot jaune entre l’Alpe d’Huez et Paris
    1999 : 1er, maillot jaune entre Villars-de-Lans et Paris
    1999 : 1er, maillot jaune entre Gérardmer et Paris
    2009 : 3e
    2010 : 23e

  7. avatar
    3 juillet 2015 a 16 h 18 min

    Sur les secrets d’Armstrong, il a juste optimisé toute la chaîne

    Protection politque avec Verbruggen, Dopage d’élite avec Michele Ferrari, diététique, entraînement stakhanoviste sous plusieurs axes (reconnaissances d’étapes, choix des braquets, travail CLM en soufflerie avec Trek), dévotion extrême de coéquipiers triés sur le volet (talentueux mais à l’ambition limitée sous peine de virer comme Hamilton fin 2001 ou Landis fin 2004)

    Voilà pourquoi il a sprinté dans Sestrières en 1999, Hautacam en 2000, le Ventoux en 2002 ou Courchevel en 2005

  8. avatar
    3 juillet 2015 a 17 h 13 min

    le père Eddy l’a convaincu en 1996-1997 pendant sa chimiothérapie de maigrir pour pouvoir passer la montagne et viser le Tour de France pour devenir un grand champion du cyclisme.

  9. avatar
    4 juillet 2015 a 14 h 53 min
    Par pancho

    La réalité c’est la médecine a pris le dessus à partir de 1991 et de nouveaux produits particulièrement efficace sont apparus.
    C’est à partir de cette période que des records de vitesse ont été battus régulièrement,même encore aujourd’hui,le peloton continue de rouler à l’aise à 50 voire 60 km/h,ça dépasse l’entendement.

  10. avatar
    5 juillet 2015 a 22 h 31 min

    Salut Pancho,

    Oui bien entendu que 1991 est une année charnière du cyclisme au niveau du dopage sanguin EPO.
    Oui les records de vitesse des maillots jaunes du Tour de France sont tombés à la pelle, 1992 (Indurain), 1998 (Pantani), 1999, 2003 et 2005 (Armstrong)

    Je dis juste que tu ne peux pas considérer Indurain et Armstrong à 100 % comme des imposteurs.
    Même dopé, on ne gagne pas respectivement 5 fois et 7 fois consécutivement le Tour par hasard.

    Il y avait autre chose, comme le mental, le sang-froid, le sens tactique pour les deux, plus en spécifique le charisme d’Indurain chez Banesto et le côté stakhanoviste d’Armstrong.

    Le Texan, s’il avait été complètement dénué de talent et de qualités pour le cyclisme, n’aurait pas été champion du monde à 22 ans fin août 1993 à Oslo.

  11. avatar
    14 janvier 2016 a 21 h 14 min
    Par M. birdy

    Un autre duel ” manqué” c’est une revanche Hinault/Fignon qui n’a jamais eu lieu. Fignon dominateur en 1984 a battu sechement Hinault( certes plus ou moins convalescent) ,mais c’est sa première véritable,hormis 1980.

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