Ces équipes mythiques du peloton cycliste
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Ces équipes mythiques du peloton cycliste

Par leur palmarès ou leur impact, elles ont durablement marqué le peloton cycliste professionnel. Flash-back sur ces équipes pas comme les autres.

7 Eleven (coureur vedette Andrew Hampsten)

Fondées en 1927, les épiceries Seven Eleven ont pris ce nom en 1946, du fait de leurs horaires allant de 7 heures du matin à 23 heures soit 11 heures du soir. 7-Eleven fut le sponsor de la première équipe américaine du peloton, dirigée par Jim Ochowicz, qui sera impliqué dans d’autres formations cyclistes professionnelles telles que Motorola et BMC Racing. Dès son premier Tour de France en 1986, 7-Eleven allait se faire de la publicité avec le maillot jaune du coureur canadien Alex Stieda. L’équipe remporta le Giro 1988 grâce à une organisation sans faille contre le froid dans l’étape du Gavia. Andy Hampsten, maillot rose de ce Tour d’Italie dantesque, gardera le surnom Snow Rabbit en référence à ce 5 juin 1988 inoubliable sous la neige des Dolomites. La même année, le quintuple champion olympique de patinage de vitesse (en 1980 aux Jeux Olympiques d’hiver de Lake Placid) Eric Heiden, devenu étudiant en médecine à Stanford depuis 1984, dut traverser l’Atlantique en urgence pour que l’équipe qu’il avait fondée avec Jim Ochowicz puisse compter un nombre suffisant de coureurs au départ de Gand Wevelgem 1988 …

Alcyon (Nicolas Frantz)

Pour bien comprendre la domination d’Alycon, il faut expliquer que c’est à cause de la troisième victoire consécutive sur le Tour de France de cette surpuissante formation belge, en 1929, qu’Henri Desgrange décidera de passer à la formule par équipes nationales en 1930. En 1927 et 1928, le Luxembourgeois Nicolas Frantz voltige et survole la concurrence, imposant sa férule à un peloton médusé par tant de classe. On ne peut en dire autant de Maurice de Waele, maillot jaune contesté de l’édition 1929. Le Belge doit lui son triomphe sur la Grande Boucle à la puissance d’Alcyon. Et c’est ce monopole digne de Rockefeller que Desgrange va briser, en tranchant le nœud gordien. Le patron du Tour ne mâche pas ses mots sur la victoire du coureur belge : On a fait gagner un cadavre ! Comment un Maillot Jaune aussi facile à dépouiller a-t-il pu conserver la première place ? De Waele a profité de l’abandon de Victor Fontan et des malheurs de Lucien Buysse (lauréat 1926) mais aussi de Nicolas Frantz (vainqueur en 1927 et 1928) pour obtenir son bâton de maréchal.

Astana (Alberto Contador)

Astana est depuis le 10 décembre 1997 la capitale du Kazakhstan, sur décision du président Noursoultan Nazarbayev en 1994. Avant la conquête russe, le site est appelé Akmola. Il est russifié au XIXe siècle en Akmolinsk. En 1961, la ville est renommée Tselinograd (la Ville des terres vierges). À l’indépendance du Kazakhstan, en 1991, la ville retrouve son nom kazakh d’origine : Akmola. Le nom actuel d’Astana est choisi en 1998 après le déplacement de la capitale du pays. Sorte d’Invincible Armada du peloton à la fin des années 2000, Astana porte donc le nom de la capitale du Kazakhstan, pays surtout connu pour son cosmodrome de Baïkonour utilisé par l’Union Soviétique durant la conquête de l’espace pendant la guerre froide. Sponsor de l’équipe Liberty Seguros en 2006, Astana voit la formation espagnole exploser après l’affaire Puerto qui a privé la formation du grand départ de Strasbourg en 2006 (suite aux exclusions, il ne restait plus assez de coureurs pour prendre le départ en vertu du règlement du Tour de France). En 2007, Astana connaît un scandale de dopage avec Alexandre Vinokourov. Johan Bruyneel arrive en 2008 de Discovery Channel avec le nouveau prodige du peloton, le grimpeur espagnol Alberto Contador. Ce dernier, bien que privé de Tour de France où Astana est persona non grata, réalise en 2008 le doublé Giro – Tour. Astana se transforme pour la saison 2009 en Dream Team avec le come-back de Lance Armstrong aux côtés de coéquipiers de luxe comme Levi Leipheimer, Andreas Klöden ou encore Haimar Zubeldia. La cohabitation Contador / Armstrong ne fonctionnant pas, tous sauf Contador partent en 2010 fonder Radio Shack sous l’égide du Texan et de Johan Bruyneel. Mais c’est bien le Pistolero qui remporte une fois de plus le Tour de France en 2010, avec cette fois le revenant Vinokourov en capitaine de route. Déclassé en 2012 sur tapis vert, Contador avait quitté Astana pour Saxo Bank Sungard en 2011, désireux de travailler avec Bjarne Riis. Avec Vincenzo Nibali recruté en 2013, Astana va gagner le Giro en 2013 puis le Tour de France en 2014, bilan auquel s’ajoute la Vuelta 2015 conquise par un autre coureur italien de grande classe, Fabio Aru.

Banesto (Miguel Indurain)

C’est en 1856 que naît une société bancaire française qui deviendra en 1902 la Banco Español de Credito. Le 28 janvier 1856 sous l’impulsion du banquier français Isaac Pereire, a été établie à Madrid la Sociedad General de Crédito Mobiliario Español. Cette société se consacre essentiellement à couvrir le déficit budgétaire du gouvernement espagnol, par l’achat d’obligations d’État et de prêts financiers à des entreprises publiques. En 1994, Banesto est rachetée par le groupe bancaire Santander. Avec Miguel Indurain et surtout Sabino Padilla, José Miguel Echavarri va trouver la martingale gagnante : 5 Tours de France (1991, 1992, 1993, 1994, 1995), 2 Giros (1992, 1993), 2 Paris – Nice (1989, 1990), 1 championnat du monde CLM (1995), 1 médaille d’or olympique du CLM (Atlanta 1996) et 1 record de l’heure (Bordeaux 1994) pour le roi Miguel. Orphelin de Padilla fin 1995, Echavarri se trouve à Milan dès le 3 janvier 1996 pour discuter avec les druides du dopage italien, Francesco Conconi (qui avait reçu Indurain dès 1987), fossoyeur du mythe Stelvio en 1993 (5e d’une course de côte réunissant les meilleurs amateurs d’Italie sur le juge de paix des Dolomites magnifié en 195 » par un duel d’anthologie Coppi / Koblet) et son disciple Michele Ferrari. 1996 marque le déclin du Navarrais, victime de l’usure du pouvoir et du péché d’orgueil. Banesto recrute Abraham Olano en 1997, mais le Basque ne réussit que sur la Vuelta (1998) devant son coéquipier José Maria Jimenez, escaladeur virtuose à la Fuente. En 1999, Olano est remplacé par Alex Zülle, qui échoue derrière Lance Armstrong sur le Tour de France.

Bianchi (Fausto Coppi)

C’est en 1885 qu’Eduardo Bianchi fonde une firme de fabrication de cycles portant son nom. En 1899, la marque Bianchi se lance dans la fabrication d’automobiles. C’est tout naturellement que Bianchi sponsorise ensuite des équipes cyclistes, dont celle de Fausto Coppi entre 1945 et 1956. Avec le maillot bleu cyan de la Bianchi, tunique remise au goût du jour en 1973 par Felice Gimondi (champion du monde sur route à Barcelone Montjuich) et en 2003 par Jan Ullrich sur le Tour du Centenaire, Fausto Angelo Coppi a offert aux tifosi de la Botte des montagnes russes d’adrénaline. Via des joutes de légende contre Gino Bartali, l’ancien commis-charcutier de Novi Ligure est devenu un mythe absolu du cyclisme. Nourri par les fées du destin au nectar et à l’ambroisie, le Héron remporte 4 Giros (1947, 1949, 1952 et 1953), 3 Milan San Remo (1946, 1948, 1949), 1 Paris – Roubaix (1950), 1 Flèche Wallonne (1950) et 5 Tours de Lombardie (1946, 1947, 1948, 1949 et 1954) avec le Bianchi. Ses 2 victoires sur le Tour de France (1949 et 1952) sont acquises sous le maillot national italien de la Squadra Azzurra.

Bic (Luis Ocaña)

Le 25 octobre 1945, la société PPA (Porte-plume, Porte-mines et Accessoires) débute en France. Marcel Bich, ancien directeur de production d’une fabrique d’encre, en est le P.D.G.. L’entreprise s’installe dans une usine à Clichy et fabrique des pièces détachées de stylos plumes et porte mines. L’entreprise rachète le brevet du stylo à bille inventé par le hongrois László Biró qui date de 1938 et lance, en 1950, le stylo à bille Bic Cristal qui a été, depuis, vendu à plus de 100 milliards d’exemplaires et reste encore le stylo le plus vendu dans le monde.  La plus belle réussite de la marque Bic est d’avoir fait passer son nom dans le langage courant … En 1967, l’équipe Bic Hutchinson de Raphaël Geminiani a pour leader Jacques Anquetil. Mais c’est l’Espagnol Luis Ocaña qui va offrir à Bic sa plus belle saison, en 1973. Orphelin de Merckx parti réaliser le doublé Vuelta – Giro au printemps, le Tour de France 1973 sera pourtant un millésime exceptionnel, tant Ocaña domine avec une insolente supériorité face aux Thévenet, Fuente et autres Zoetemelk qui ne peuvent que constater, quotidiennement, leur impuissance face à celui qui aurait dû battre le Cannibale en 1971 sans sa chute dans la descente du col de Menté.

Café de Colombie (Luis Herrera)

En 1984, après la formule Open décidée par Félix Lévitan et Jacques Goddet pour le Tour de France 1983 (annoncée le 9 juillet 1982 lors d’une conférence de presse à Cancale à l’occasion de la journée de repos), une équipe colombienne fait son apparition sur le Tour de France. Dès 1984, les Sud-Américains frappent fort, avec une équipe sponsorisée par la marque de piles Varta. Habitués à grimper en haute altitude, les Colombiens l’emportent à l’Alpe d’Huez,  une des rares étapes de prestige qui échappe à la razzia Renault lors de cette édition 1984. C’est Luis Herrera qui dresse la guillotine sur les 21 lacets les plus célèbres du monde, échappant aux fourches caudines d’un Laurent Fignon prêt à reprendre le maillot jaune à son coéquipier du Losange, Vincent Barteau. En 1985, la Federación Nacional de Cafeteros de Colombia devient le sponsor unique de l’équipe d’Herrera, qui s’offre le Grand Prix de la Montagne ainsi qu’une victoire d’étape sur les hauteurs d’Avoriaz. Herrera gagne un deuxième maillot à pois sur le Tour de France 1987, deux mois après avoir remporté la Vuelta en Espagne. Dans un contexte où le café acquiert de plus en plus d’importance, où les marchés sont instables et où il devient nécessaire de soutenir et de consolider le développement de l’industrie caféière, la Federación Nacional de Cafeteros de Colombia (FNC ou Fedecafé) fut créée le 27 juin 1927. Ainsi, lors du IIe congrès national du café qui se déroule à Medellin du 21 au 27 juin, cette nouvelle institution acquiert le statut de personne juridique de droit privé et en tant qu’association à but non lucratif. Son premier dirigeant est Alfredo Cortázar Toledo qui assurera sa fonction jusqu’en 1930. L’objectif principal de la Fedecafé est de défendre l’industrie caféière colombienne. En 1927, le premier comité national des caféiculteurs (Comite nacional de cafeteros) demande au gouvernement national la mise en place d’une loi établissant un impôt de 10 centavos pour chaque sac de café exporté. C’est chose faite avec la loi numéro 76 de 1927 qui aboutit à la mise en place d’une taxe sur le café sous la forme d’un prélèvement, ce qui devient par la suite la principale source de revenus pour la Fedecafé.

Carrera (Stephen Roche et Claudio Chiappucci)

Célèbre marque de jeans, Carrera fut l’équipe de Stephen Roche en 1986-1987 puis en 1992-1993. La cohabitation entre l’Irlandais et Roberto Visentini fut explosive sur le Giro 1987. L’atmosphère devint vite irrespirable entre Roche et le maillot rose de l’édition 1986. Vainqueur par KO face à l’ambitieux Visentini, qui était fils de milliardaire, Roche réalise le doublé Giro – Tour avant de conquérir le titre mondial à Villach en Autriche. Mais Carrera ne profitera pas du maillot irisé de Roche, qui signe chez Fagor pour 1988. Carrera reprend des couleurs en 1990 avec Claudio Chiappucci, surprenant dauphin de Greg LeMond sur le Tour de France. El Diablo confirme en 1991 derrière Miguel Indurain (3e de la Grande Boucle) avant de conquérir une nouvelle deuxième place en 1992, année de sa chevauchée de Sestrières. La même année, Roche manque de prendre le maillot jaune à Saint-Gervais Mont Blanc, claquant une ultime victoire d’étape à la Bourboule. Carrera s’éteint quelques années plus tard, après la révélation de Marco Pantani sur le Giro 1994 : 2e derrière Berzin (et devant Indurain) après deux victoires édifiantes à Merano et Aprica. 3e du Tour de France 1994 puis 13e en 1995 (victoires à l’Alpe d’Huez et Guzet Neige), Pantani sera ensuite gravement accidenté dans Milan – Turin (percutant un 4*4 dans la descente de Superga) à l’automne 1995, et retrouvera un rôle de leader chez Mercatone Uno, à partir de 1997.

Château d’Ax (Gianni Bugno)

Marque italienne de canapés et de fauteuils en cuir, Château d’Ax devint Gatorade en 1991 puis Polti en 1994. Son meilleur coureur fut Gianni Bugno, l’homme qui profita officiellement d’une musicothérapie pour devenir un champion. Mais plus encore que Barilla et les ultrasons de morceaux de Wolfgang Amadeus Mozart, c’est surtout l’EPO qui propulsa Bugno en tête des classements dès 1990, avec deux succès de prestige dans Milan San Remo puis sur le Giro. 7e du Tour de France 1990, Bugno ramène deux victoires d’étape à l’Alpe d’Huez et Bordeaux, tandis que Tony Rominger claque la porte de Château d’Ax pour devenir un leader chez Clas : la meilleure décision de sa carrière. Au vu de son palmarès colossal acquis entre 1991 et 1995, le Suisse aura eu raison de ne pas vouloir prolonger son confort sur le canapé de cuir.

Deutsche Telekom (Jan Ullrich)

En 1990, une loi de Paul Quilès créé France Telecom en séparant les P.T.T. entre la Poste et l’activité de télé-communications. Le voisin ouest-allemand avait fait de même le 1er juillet 1989 avec l’éclatement en trois de la Deutsche Post, qui avait succédé en 1947 à Reich Post. C’est ainsi que naît Deutsche Bundespost Telekom (privatisée en 1995 en Deutsche Telekom), qui fait son arrivée dans les pelotons comme sponsor en 1992. Malgré un sprinter de grande classe comme Erik Zabel (lauréat d’étapes à Charleroi sur le Tour de France 1995), Telekom franchit un palier en 1996 avec l’arrivée du Danois Bjarne Riis. Avec Walter Godefroot, Riis se fait une frayeur lors d’un stage hivernal à Majorque, perdant de l’argent mais pas un précieux cahier contenant tout son programme de dopage acquis avec Emmanuele Bombini et Michele Ferrari en 1994-1995 chez Gewiss. Fort d’une victoire à Sestrières puis d’un succès digne d’Hercule à Lourdes Hautacam (sur le grand plateau),  Monsieur 60 % voit le jeune rookie Jan Ullrich lui succéder au palmarès en  1997. Erik Zabel, lui, enchaînera six maillots verts du meilleur sprinter de rang entre 1996 et 2001 sur la grand-messe de thermidor. En 2000 aux Jeux Olympiques de Sydney, Telekom réalise le triplé avec l’Allemand Jan Ullrich médaille d’or de la course en ligne devant le Kazakh Alexandre Vinokourov et l’Allemand Andreas Klöden. En 2003, Alexandre Vinokourov n’est même pas leader de T-Mobile alors qu’Ullrich a quitté l’équipe allemande fin 2002. Mais Santiago Botero déçoit et le Kazakh va remplacer le Colombien comme leader sur ce Tour du Centenaire qu’il terminera à la troisième place derrière le tandem roi Armstrong / Ullrich. L’ogre de Rostock rentre au bercail en 2004 mais se retrouve devancé par Klöden sur le Tour de France 2004, Vinokourov étant absent après une chute au Tour de Suisse. Le Kazakh reste joker d’Ullrich en 2005, mais gagne à Paris après avoir démarré dans le dernier kilomètre avant l’entrée sur les Champs-Elysées. 2006 marque la fin de la carrière d’Ullrich, par la faute d’une erreur de son manager Rudy Pévenage durant le Giro 2006. Trop heureux d’annoncer la victoire de son poulain à Eufemiano Fuentes, le Belge oublie d’utiliser un téléphone sécurisé. La guardia civil espagnole suivra ce fil d’Ariane jusqu’au laboratoire madrilène du docteur Fuentes et ses poches de sang cryogénisées … Le dernier succès de Jan Ullrich fut ainsi une victoire à la Pyrrhus. Dès 2007, Vinokourov et Klöden se retrouvent eux chez Astana.

Discovery Channel (Lance Armstrong)

Lancée le 17 juin 1985 aux Etats-Unis, la chaîne Discovery Channel diffuse principalement des programmes axés sur les sciences, beaucoup de reportages consacrés à la nature et à des thèmes aussi variés que les enquêtes policières, l’espace, l’automobile, les mystères. Entre 2005 et 2007, la formation américaine dirigée par le Belge Johan Bruyneel gagne deux Tours de France : le premier en 2005 avec Lance Armstrong, pour le septième maillot jaune consécutif de l’imposteur texan, qui profite de ce cyclisme 2.0 où Hein Verbruggen, le Ponce Pilate de Lausanne, refuse obstinément de descendre de sa tour d’ivoire pour nettoyer les écuries d’Augias. Le second en 2007 avec Alberto Contador, qui partira ensuite avec Johan Bruyneel chez Astana en 2008.

Euskaltel Euskadi (Iban Mayo)

Quand on passe en Belgique durant le Tour de France, les drapeaux flandriens à tête de lion sont légion. Il en est de même dans les cols pyrénéens avec oriflammes espagnols et surtout basques. Difficile de ne pas imaginer une équipe basque dans le peloton cycliste professionnel. Euskaltel est un opérateur de câble basque créé en juillet 1995, qui commercialise ses services en Pays basque et Navarre. Ses activités comprennent la téléphonie fixe et mobile, la télévision numérique et l’accès à Internet à bandes larges tant par l’ADSL que par câble (seul détenteur d’une licence pour cela au Pays basque), pour des particuliers et des entreprises. Le maillot orangé d’Euskaltel Euskadi ne passe pas inaperçu, et l’équipe basque s’est offerte de belles victoires d’étape sur le Tour de France : en 2001 à Luz Ardiden pour Roberto Laiseka, en 2003 à l’Alpe d’Huez pour Iban Mayo. Mais jamais un coureur d’Euskaltel ne put monter sur le podium parisien, Haimar Zubeldia finissant 5e du classement général en 2003.

Faema / Faemino (Eddy Merckx)

Fondée en 1945 en Lombardie, Faema fut sponsor de deux équipes cyclistes, la première entre 1955 et 1962 avec notamment Charly Gaul et Rik Van Looy dans ses rangs. Mais ce fabricant italien de machines à café sponsorisa surtout l’équipe de Guillaume Driessens entre 1968 et 1970. Ironie du destin, l’acronyme FAEMA pouvait se traduire par Faites Attention Eddy Merckx Arrive … Ce qui fut en effet le cas en 1969, avec une victoire édifiante lors du Ronde au printemps 1969. Le champion bruxellois gagna le Tour des Flandres avec une insolente facilité, partant en solitaire à plus de 70 kilomètres de l’arrivée. Driessens, qui avait pourtant dirigé des cracks tels que Fausto Coppi et Van Looy dans le passé, avertit son poulain qu’il menait là une offensive suicidaire, ajoutant à son argumentation qu’il fallait courir avec ses jambes mais surtout avec sa tête : C’est de la pure folie Eddy, jamais tu n’iras au bout. Autrement dit, intégrer les mots « tactique » et « stratégie » dans son vocabulaire. Mais nourri par les fées du destin au nectar et à l’ambroisie qui séparent les dieux des mortels, Merckx continua d’écraser les pédales dans ce Tour des Flandres 1969 qu’il remporta avec 5 minutes d’avance sur son dauphin (pour l’anecdote Felice Gimondi). Le Tour de France 1969 fut de la même farine, avec un cavalier seul du jeune Edouard Merckx, qui à seulement 24 ans domina la grand-messe de thermidor autant que Gino Bartali en 1948, Hugo Koblet en 1951 ou Fausto Coppi en 1952, les trois maillots jaunes les plus impressionnants de l’après-guerre.

Festina Lotus (Richard Virenque)

Paradoxe, la notoriété de la marque a explosé avec le scandale de 1998. La marque est née en 1902 dans une petite manufacture de montres et bracelets à La Chaux-de-Fonds, dans le canton suisse de Neuchâtel. La devise de la manufacture était Festina Lente (Hâte-toi lentement). En 1984, l’industriel espagnol Miguel Rodriguez, déjà propriétaire des montres Lotus, rachète Festina et fonde le groupe Festina Lotus S.A.. L’équipe cycliste Festina naît en 1989, s’appelant Lotus pour les courses espagnoles et Festina dans le reste du monde. La star de l’équipe fut Richard Virenque, mais le Varois, dauphin d’Ullrich en 1997 sur la Grande Boucle, ne gagna aucune grande course pour Festina, contrairement à Luc Leblanc et Laurent Brochard, champions du monde respectivement en 1994 à Agrigente et 1997 à San Sebastian sous le maillot de l’équipe de France pendant leurs années Festina. C’est ainsi qu’en 1997, Miguel Rodriguez et Bruno Roussel engagèrent Alex Zülle en vue de 1998. Echouant sur le Giro, le Suisse ne put tenter sa chance sur le Tour  de France, puisque Festina fut exclue en Corrèze par Jean-Marie Leblanc et Jean-Claude Killy. Défendu par Me Gilbert Collard, Virenque se mura dans son mensonge alors que ses coéquipiers suisses (Laurent Dufaux et Alex Zülle) et français (Laurent Brochard et Christophe Moreau) étaient passés aux aveux du côté de Lyon. L’équipe explosera en 1999 : Virenque chez Polti, Zülle chez Banesto et Dufaux chez Saeco. Christophe Moreau et Joseba Beloki prendront le relais en 2000, année du procès Festina à Lille, avant qu’Angel Casero n’offre à Festina la Vuelta en 2001, juste avant sa disparition des pelotons.

Kas (José Manuel Fuente et Sean Kelly)

La marque de limonades Kas fut créée à Vitoria-Gasteiz, au Pays basque, en 1956, par Luis Knörr Elorza. C’était un descendant d’un brasseur allemand installé à Vitoria-Gasteiz, et fabricant de bières et de sodas gazeux sous la marque locale El As. Il eut un jour l’idée de mélanger du jus d’orange avec des bulles. Il s’agit alors de la première boisson pétillante à l’orange commercialisée en Espagne, 5 ans avant que le Fanta n’y soit commercialisé. La marque devint Kas l’année suivante. Elle rencontra un franc succès dans le nord de l’Espagne, aidée par une campagne publicitaire, ainsi que les résultats sportifs de l’équipe de cyclisme que la marque parraina pendant des années (1962-1988), qui accumulaient les victoires avec José Maria Fuente (lauréat de la Vuelta en 1972 et 1974) ou Sean Kelly de 1986 à 1988 (Paris – Nice 1986, 1987 et 1988, Vuelta 1988, Milan – San Remo 1986, Paris – Roubaix 1986), découvert en 1976 par le vicomte Jean de Gribaldy.

Kelme (Roberto Heras)

En 1977 à Elche, José et Paco Quiles fondent Kelme, une firme de vêtements et de chaussures de sport. Kelme sponsorisera le Real Madrid (de 1994 à 1998) mais surtout une équipe cycliste entre 1980 et 2006, avec Fernando Escartin ou Roberto Heras. Avant son départ vers l’US Postal, Roberto Heras remportera le Tour d’Espagne en 2000. Révélé sur la Vuelta en 1997, Heras succèdera à Fernando Escartin comme leader de Kelme. Ce dernier n’avait cessé de progresser entre 1996 et 1999 sur le Tour de France : 8e en 1995 (avec Mapei), 7e en 1996, 5e en 1997, abandon en 1998 (mais l’Espagnol était 3e avant de quitter la course à Aix-les-Bains comme l’ensemble des équipes ibériques, Banesto et ONCE, il aurait certainement fini 4e derrière Marco Pantani, Jan Ullrich et Bobby Julich), 3e en 1999 avec une superbe victoire d’étape à Piau Engaly. 2000 marque le tournant entre l’ancien Escartin et les jeunes Heras mais aussi Botero. Le drame des frères Otxoa en février 2001 (mort de Ricardo et accident grave de Javier) et le transfert d’Heras chez Lance Armstrong n’empêchent pas Kelme de continuer à surprendre en 2001, avec Oscar Sevilla, coureur au visage d’ange qui ratera de peu la victoire sur la Vuelta en 2001.

Mapei (Tony Rominger et Johan Museeuw)

C’est en 1937 que la firme MAPEI est fondée à Milan par Rodolfo Squinzi, père de Giorgio Squinzi, futur propriétaire de l’équipe cycliste lancée en 1992. Les années 70 virent l’expansion de la firme MAPEI en Europe, en 1978 au Canada puis en 1983 aux Etats-Unis. Spécialiste des classiques (et notamment de Paris-Roubaix), la Mapei gagnera toutefois le Giro avec Tony Rominger en 1995, ainsi que la Vuelta avec le même Rominger en 1994. Sorte de Dream Team du cyclisme entre 1993 et 2002, l’équipe italienne aura employé des stars comme Michel Bartoli, Paolo Bettini, Gianni Bugno, Oskar Camenzind, Fernando Escartin, Oscar Freire, Axel Merckx, Johan Museeuw, Abraham Olano, Tony Rominger, Tom Steels, Jan Svorada, Andrea Tafi, Pavel Tonkov et Frank Vandenbroucke. Une seule grande course aura résisté à l’ogre Mapei, le Tour de France, dont son patron Giorgio Squinzi indiqua en 2000 que son vainqueur ne pouvait être que dopé.

Mercatone Uno (Marco Pantani)

La religion est l’opium du peuple. Outre le catholicisme, l’Italie possède plusieurs autres cultes : le football, né en 1934 par une Coupe du Monde gagnée tout autant par Giuseppe Meazza que par Benito Mussolini. La Formule 1 avec l’adoration des Italiens à la Scuderia Ferrari. Le cyclisme avec deux champions adulés plus que d’autres, Fausto Coppi après-guerre et Marco Pantani à l’aube du nouveau millénaire. Fin 1996, le miraculé de Superga (accident en octobre 1995 dans Milan – Turin) rejoint une nouvelle équipe, Mercatone Uno, tout comme la plupart de ses coéquipiers chez Carrera. Le reste de Carrera passe dans l’équipe Asics de Davide Boifava. 2e du Giro en 1994 et 3e du Tour de France en 1994, vainqueur à l’Alpe d’Huez et Guzet-Neige en 1995, Marco Pantani faisait partie, au même titre qu’Evgueni Berzin ou Alex Zülle, des héritiers désignés de Miguel Indurain. A cette liste s’ajoute le nom de Jan Ullrich, le virtuose coureur allemand écrasant la Grande Boucle en 1997. De nouveau vainqueur à l’Alpe d’Huez (ainsi qu’à Morzine), l’escaladeur romagnol n’a pu jouer de rôle décisif au classement général. 1998 sera sa grande année, où il fait plier les deux meilleurs coureurs par étapes du monde, le Suisse Zülle sur le Giro puis l’Allemand Ullrich sur le Tour. Entre ces deux exploits, Luciano Pezzi, son mentor chez Mercatone Uno Bianchi, décède. En 1999, Pantani est exclu du Giro. L’idole devient paria et tombe du Capitole à la Roche Tarpéienne. Malgré un sursaut en 2000 (victoires d’étape au Ventoux et à Courchevel), c’est la descente aux enfers pour Pantani, avant son décès tragique à Rimini le 14 février 2004. Son coéquipier Stefano Garzelli aura sauvé l’honneur de la Mercatone Uno en gagnant le Giro 2000. La marque Mercatone Uno, elle, était née en 1978 à Dozza près de Bologne, vendant de l’électroménager.

Molteni (Eddy Merckx)

L’équipe Molteni reste mythique pour son maillot de couleur havane. Le sponsor n’est autre qu’une firme italienne de charcuterie basée à Arcore, en Lombardie. Présente dans les pelotons cyclistes de 1958 à 1976, Molteni dut ses premiers grands succès à Gianni Motta (vainqueur du Giro 1966, du Tour de Lombardie 1964 et du Tour de Suisse 1967) avant qu’Eddy Merckx ne soit recruté en 1971. Sorte d’Attila du peloton, Merckx laminait la concurrence sans pitié : 3 Tours de France (1971, 1972, 1974), 3 Giros (1072, 1973, 1974), 1 Vuelta (1973), 2 titres de champion du monde sur route (Mendrisio 1971 et Montral 1974), 1 record de l’heure (Mexico 1972), 1 Tour des Flandres (1975), 4 Milan San Remo (1971, 1972, 1975, 1976), 1 Paris Roubaix (1973), 4 Liège-Bastogne-Liège (1971, 1972, 1973, 1975) et 1 Flèche Wallonne (1973).

ONCE (Laurent Jalabert et Alex Zülle)

ONCE signifie Organisacion Nacional de los Ciegos Españoles. Cet organisme vient en aide aux aveugles espagnols, d’où la canne présente sur le bonhomme servant de logo au maillot de la ONCE. Le 13 décembre 1938, le gouvernement de la zone soulevée franquiste signe le décret fondateur de la ONCE, alors appelé ONC, en fusionnant toutes les associations existantes qui s’occupaient des problèmes liés à la non voyance. L’unification des différentes associations d’aveugles existantes a permis d’obtenir la reconnaissance et la protection de l’État pour la vente du Cupón Pro-Ciegos (coupon pour les aveugles) aujourd’hui connu comme le Cupón de la ONCE (coupon de la ONCE), une loterie qui permet à l’entité de se financer, tout en donnant des emplois à un grand nombre de ses membres, et qui a connu une forte augmentation de son activité dans les années 1980.  L’année 1981 constitue un moment clé dans l’histoire de cette organisation, quand D. Felix Hernandez Delso, président national de la ONCE, et un groupe émergent de jeunes idéalistes, introduisent la démocratie dans l’institution. Le premier président élu démocratiquement est Antonio Vicente Mosquete qui gouverne jusqu’à sa mort en 1987. Le palmarès de l’équipe ONCE fut remarquable sur la Vuelta, avec trois victoires finales (Laurent Jalabert en 1995, Alex Zülle en 1996 et 1997). Mais la formation espagnole échoua toujours sur le Tour de France (Zülle 2e en 1995, Beloki 2e en 2002 et 3e en 2001). Cependant, le Venga de Manolo Saiz dans les chronos devint aussi célèbre que le Vamos de Rafael Nadal par la suite sur les courts de tennis du monde entier. En 1998, Saiz mena la fronde des équipes espagnoles (ONCE, Kelme, Banesto), quittant le Tour de France avant que l’épée de Damoclès ne tombe sur ces formations en matière de dopage. Mettant un doigt au cul du Tour, Manolo Saiz pliait bagage à Aix-les-Bains. ONCE avait un maillot jaune citron devenant rose (1992-1997) ou noir (1998-2002) au mois de juillet pour ne pas se confondre avec la tunique de leader du Tour de France. Rancunier, Saiz fit rouler la ONCE vers Saint-Nazaire lors de la deuxième étape du Tour de France 1999 contre Alex Zülle après sa chute dans le passage du Gois. Le suisse avait franchi le Rubicon en brisant l’omerta, avouant aux gendarmes lyonnais son dopage aux hormones de croissance sur les Tours d’Espagne victorieux 1996 et 1997 lors de sa garde à vue avec Festina. Laurent Jalabert, lui, ne pardonnera pas à Manolo Saiz un épisode du Tour de France 2000 entre Vitré et Tours, quand son directeur sportif ne fit pas défendre le maillot jaune du coureur tarnais pour garder des forces en vue de la montagne pour soutenir Abraham Olano (le Basque finira 34e à 1h de Lance Armstrong …). C’est ainsi qu’à Mulhouse, pour le grand chrono de l’édition 2000, le Mazamétain mit un point d’honneur à devancer le sosie de Miguel Indurain dans son exercice de prédilection. Jalabert, qui avait gagné 3 Paris – Nice (1995, 1996, 1997), 1 Milan San Remo (1995), 2 Flèches Wallonnes (1995 et 1997) et 1 Tour de Lombardie (1997) pour la ONCE, n’avait pas pardonné cet affront …

PDM (Erik Breukink)

PDM était une joint-venture entre Philips Electronics et DuPont Magnetics. Philips fut fondée et DuPont en 1802, avant de devenir l’un de plus grands groupes mondiaux de chimie. PDM reste plus célèbre pour l’affaire PDM ayant décimée son équipe en deux étapes sur le Tour de France 1991 (Rennes et Quimper). A Rennes, l’équipe loge à l’hôtel du Cheval d’Or. Erik Breukink et ses coéquipiers sont décimés en deux étapes par un mystérieux virus. La direction sportive de PDM accuse l’hôtel rennais en parlant d’intoxication alimentaire. Mais l’établissement se défend en expliquant que l’encadrement de PDM a partagé le même repas que ses coureurs, or seuls ceux-ci sont malades … ce n’est donc pas du côté de la quiche lorraine, du poulet grillé, des spaghettis ou du gratin de courgettes servis au dîner rennais de PDM qu’il faut aller chercher l’origine d’un mal si mystérieux. En attendant, les quatre rescapés de cette équipe décimée poursuivent le Tour … Mais Raul Alcala, Erik Breukink, Sean Kelly, à l’heure de quitter l’hôtel Le Griffon, à Quimper, sont fiévreux et inquiets. Le médecin de l’équipe PDM, Wim Sanders, est encore saturé de travail. Kelly, avec 38.5° de fièvre, semble trop fragile pour parvenir jusqu’aux cols pyrénéens … Il semble également utopique pour Erik Breukink de continuer à viser le maillot jaune.
Quant au Mexicain Alcala, le voilà qui souffre des mêmes symptômes qui ont touché les infortunés ayant du abdiquer la veille entre Rennes et Quimper … Tête lourde, sensations de froids, douleurs dans les articulations, fatigue intense, troubles digestifs et maux d’estomac …

Peugeot (Bernard Thévenet)

Présente dans le cyclisme depuis les victoires de Philippe Thys dans les années 20, Peugeot a vu Bernard Thévenet triompher dans le Tour de France en 1975 et 1977. Jamais par contre, un étranger n’a pu gagner pour Peugeot après-guerre, pas plus Eddy Merckx (pas titularisé) que Phil Anderson, Hennie Kuiper, Robert Millar ou encore Stephen Roche. Concernant Millar, le grimpeur écossais vécut lui une terrible désillusion sur la Vuelta 1985. Porteur du maillot amarillo de leader, Millar en fut dépossédé dans l’étape de Ségovie par une coalition espagnole qui porta Pedro Delgado en tête du classement général. Après deux victoires étrangères de rang (les Français Bernard Hinault et Eric Caritoux de surcroît), les Espagnols voulaient reprendre la mainmise sur leur épreuve nationale. Ce qui fut fait au détriment de l’équipe Peugeot et de Robert Millar.

Rabobank (Michael Boogerd)

La Rabobank est une institution financière internationale de bancassurance d’origine néerlandaise, constituée en 1972 par la fusion des banques Coöperatieve Centrale Raiffeisen-Bank et Coöperatieve Centrale Boerenleenbank. Avec la Belgique, les Pays-Bas sont la patrie du vélo. Qui n’a pas en mémoire ce gigantesque parking de vélos à côté de la gare ferroviaire d’Amsterdam ? La ville aux mille ponts fourmille de pistes cyclables. Et ce n’est pas un hasard si le pays du fromage devance ses voisins européens au nombre de grands départs à l’étranger du Tour de France : 6 pour les Pays-Bas (Amsterdam 1954, Scheveningen 1973, Leiden 1978, s’Hertogenbosch 1996, 2010 et 2015), 4 pour la Belgique (Bruxelles 1958, Charleroi 1975, Liège 2004 et 2012), 4 pour l’Allemagne (Cologne 1965, Francfort 1980, Berlin-Est 1987 et Düsseldorf 2017), 2 pour la Grande-Bretagne (Londres 2007 et Leeds 2014), 2 pour le Luxembourg (Luxembourg 1989 et 2002), 1 pour l’Espagne (San Sebastian 1992), 1 pour l’Irlande (Dublin 1998), 1 pour Monaco (Monaco 2009), 1 pour la Suisse (Bâle 1982) et 0 pour l’Italie comme pour Andorre. Les meilleurs coureurs de Rabobank furent deux Néerlandais, Erik Dekker et Michael Boogerd, tous deux vainqueurs de l’Amstel Gold Race devant un certain Lance Armstrong. L’équipe de Rabobank a connu en 2007 un scandale mondial par la faute de son grimpeur danois Michael Rasmussen, alias Chicken Legs. Ce dernier avait prétendu s’entraîner au Mexique,, mais il fut reconnu dans les Dolomites par l’ancien coureur italien Davide Cassani. Le Scandinave, maillot jaune exclu par sa propre équipe après une énième provocation dans les Pyrénées  (victoire en solitaire au sommet du col d’Aubisque), avoua des années plus tard qu’il avait menti pour couvrir non pas son dopage mais une relation adultérine …

Raleigh (Joop Zoetemelk)

Raleigh est une marque de vélos anglaise créée en 1887 par Sir Franck Bowden à Nottingham. L’origine du nom vient d’une rue de Nottingham où était installé le premier magasin. L’explorateur anglais Walter Raleigh (1552-1618) est cité dans le morceau des Beatles I’m So Tired issu de l’album blanc, composé par John Lennon. En effet, il le qualifie de stupid git (quel imbécile !) à la fin de la chanson car, lors de ses expéditions coloniales, il introduisit le tabac en Angleterre. Ainsi, John Lennon le tient pour responsable de sa dépendance à la cigarette. Raleigh fut présente dans les pelotons entre 1972 et 1983, se révélant spécialiste du chrono par équipes : 1 victoire en 1976 (Louvain – Louvain), 1 en 1978 (Evreux – Caen), 2 en 1979 (Captieux – Bordeaux et Deauville – Le Havre), 2 en 1980 (Wiesbaden – Francfort et Compiègne – Beauvais), 2 en 1981 (Nice – Antibes – Nice et Narbonne – Carcassonne) et 1 en 1982 (Lorient – Plumelec). C’est avec Raleigh que Joop Zoetemelk remporta son seul Tour de France en 1980.

Renault / Renault Elf / Renault Gitanes (Bernard Hinault)

En 1976, la Régie Renault (qui détenait déjà 30 % depuis 1974) achète Micmo-Gitane. Cyrille Guimard, directeur sportif de l’équipe Gitane Campagnolo, devient celui de Renault Gitane. Avec Bernard Hinault, l’ancien sprinter nantais tient là un champion d’exception, capable des plus grandes prouesses. De 1977 à 1983, le Pantagruel breton va se bâtir un palmarès superbe, digne d’un Coppi, d’un Anquetil voire d’un Merckx : quatre Tours de France (1978, 1979, 1981, 1982), deux Giros (1980 et 1982), deux Vueltas (1978 et 1983) et un championnat du monde sur route (1980 à Sallanches). L’éclosion de Laurent Fignon en 1983 et l’autoritarisme forcené de Guimard conduiront le Blaireau à se chercher un nouveau défi. Ironie du sort, Renault F1 perd aussi en 1983 son meilleur élément, Alain Prost. Hinault comme Prost seront les gagnants de leurs séparations respectives avec le Losange : le Professeur gagne deux titres mondiaux en 1985 et 1986 chez McLaren TAG Porsche (dauphin de Niki Lauda en 1984), tandis qu’Hinault réussi un nouveau doublé Giro – Tour en 1985 avec la Vie Claire.

Saeco (Mario Cipollini)

Saeco est née en 1981 à Gaggio Montano, une petite ville des Apennins, au nord de l’Italie. Les deux fondateurs, Sergio Zappella et Arthur Schmed, souhaitaient permettre aux amateurs de café de préparer un vrai café italien chez eux. Succédant à la formation saint-marinaise Mercatone Uno en 1997, Saeco sera rendue célèbre avec son maillot rouge et par les innombrables victoires d’étape de Mario Cipollini. Le Lion de Toscane aura inventé le concept de poisson pilote. Au cours des six saisons qu’il passe dans l’équipe Saeco, Cipollini perfectionne la technique de sprint révolutionnaire dont il est le précurseur. Il est ainsi le premier à bénéficier d’une équipe entière à son service, et à utiliser un véritable train d’équipiers pour le mener jusqu’au sprint final. Cette technique ne fut rendue possible que par sa capacité à soutenir le rythme très rapide imposé par ses équipiers jusqu’à l’arrivée. En contrepartie, et de son propre aveu, il ne possédait pas les capacités des autres sprinters à “frotter” et remonter des adversaires lors du sprint. Enfin, qui peut oublier ce départ d’étape au Grand Bornand en juillet 1999 où Cipo s’était déguisé en empereur romain ?

Saint-Raphaël-Gitane-Dunlop (Jacques Anquetil)

L’équipe de Raphaël Geminiani ne s’appelait pas Saint-Raphaël par clin d’œil au prénom de l’ancien coureur auvergnat, ni par rapport à la station balnéaire varoise. Saint-Raphaël était une marque d’alcools. En 1830, le docteur Juppet travaillait la nuit à l’élaboration d’un apéritif à base de quinquina. Sa vue baissant, il en appela à l’archange Raphaël qui avait rendu la vue à Tobit. Une autre version de l’histoire attribuerait l’invention de l’apéritif à une date inconnue à Antonin Soupe, pharmacien à Paris, né en 1844 soit quatorze ans après l’invention théorique du breuvage. Distribué rapidement sur l’ensemble du territoire français puis européen, le Saint-Raphaël traversa l’Atlantique. La maison Saint-Raphaël mit rapidement en œuvre des techniques de marketing pour accroître sa notoriété, comme la mise en place d’une montgolfière géante aux couleurs de la marque pour l’exposition universelle de Paris en 1900 pilotée par l’aéronaute Léon Lair.

Salvarani (Felice Gimondi)

Fabricant de cuisines, Salvarani fut célèbre pour son maillot bleu azur. En 1965, l’équipe italienne dirigée par Luciano Pezzi (ancien gregario de Fausto Coppi) réalise le doublé Giro – Tour. En Italie, c’est le leader Vittorio Adorni qui l’emporte. Dans l’Hexagone, c’est un jeune espoir bergamasque de 22 ans qui se réèvle dans un Tour orphelin de Jacques Anquetil parti réaliser son défi colossal du doublé Dauphiné Libéré / Bordeaux- Paris sans transition ! Au départ de Cologne, Felice Gimondi signe un contrat malgré la recommandation de Pezzi d’attendre la fin du Tour, où sa valeur marchande aurait explosé. Maillot jaune sur la Grande Boucle pour sa première participation, Gimondi domine le favori Raymond Poulidor, mais il devra rapidement admettre l’implacable hégémonie d’un certain Eddy Merckx.

Sky (Christopher Froome)

Le Team Sky est sponsorisé par le groupe audiovisuel British Sky Broadcasting, propriété du magnat australien des médias Rupert Murdoch, rival de Silvio Berlusconi. Aussi noir que le casque de Dark Vador, le maillot du Team Sky a été rendu célèbre par les exploits de deux champions britanniques nés à l’étranger : à Gand en Belgique pour Bradley Wiggins (maillot jaune du Tour de France 2012) et à Nairobi au Kenya pour Christopher Froome (lauréat des éditions 2013, 2015 et 2016 de la Grande Boucle).

Solo Superia (Rik Van Looy)

L’équipe belge Solo Superia fut célèbre pour sa garde rouge au service de Rik Van Looy, triple vainqueur de Paris – Roubaix en 1961, 1962 et 1965. En 1965 justement, Solo Superia recrute un jeune coureur belge de 19 ans, champion du monde en 1964 à Sallanches chez les amateurs : Eddy Merckx. Entre Van Looy et Merckx, comme auparavant entre Rik Van Steenbergen (alias Rik Ier) et Van Looy (alias Rik II), la cohabitation est rapidement explosive, au point que le futur Cannibale partira en 1966 chez Peugeot. En 1969, abandonnant le Tour de France après une victoire d’étape du côté de Nancy, l’Empereur d’Herentals se paiera le scalp de Merckx auprès des journalistes : Il est probable que Merckx va gagner ce Tour de France, car il est le meilleur. Cependant, vous me permettrez de juger un peu abusifs les parallèles qui le jugent comme étant supérieur aux grands coureurs du passé. Je suis persuadé que le Van Looy des années 1962-63-64 lui aurait donné du fil à retordre dans ces étapes. Et je suis également certain que si Anquetil était encore présent, ou Bahamontes, ou même Gaul et Adriaenssens, la victoire ne serait pas acquise à mon compatriote. A mon époque, les coureurs de qualité étaient quand même plus nombreux ...

Système U (Laurent Fignon)

En 1975, Super U naît sur les bases d’UNICO, l’union commerciale de supermarchés. Le célèbre U rouge naît cette année là, et Système U sera créé en 1982. Fin 1985, Renault annonce qu’il se désengage des pelotons cyclistes et de la Formule 1, ne restant pour 1986 que motoriste de l’écurie Lotus, qui gagnera encore deux courses avec un moteur du Losange, avec le virtuose pilote brésilien Ayrton Senna (à Jerez et Detroit). Sans sponsors, Cyrille Guimard et Laurent Fignon vont prendre le taureau par les cornes en créant une association loi 1901, baptisée France Compétition. Le directeur sportif et le double maillot jaune créent également une régie, Maxi Sports Promotion. Toute la gestion sportive est déléguée à Guimard, le sponsor ne servant que de pourvoyeur de fonds. En concurrence avec l’organisme de crédit Cetelem, le groupe Système U de Jean-Claude Jaunait (patron national depuis 1973) emporte la mise pour 45 millions de francs sur trois ans (1986-1988). Alors qu’il se sépare de son grand ami Pascal Jules qui signe dans une anonyme formation espagnole, Fignon dessine lui-même le maillot de l’équipe, à base de jaune et noir (clin d’œil à Renault) avec un gigantesque U rouge écarlate, bien visible depuis un hélicoptère dans la perspective des retransmissions télévisées. Avec Système U, Fignon gagnera un Giro (1989), une Flèche Wallonne (1986), le Grand Prix des Nations (1989) et deux fois Milan – San Remo (1988, 1989).  Mais il échouera aussi, pour 8 misérables secondes face son ancien coéquipier Greg LeMond, dans sa quête d’un troisième Graal sur le Tour de France 1989 … Par la faute d’une vilaine blessure à la selle, le soleil d’Austerlitz se transforma en une morne plaine de Waterloo, et les Champs-Elysées en fleuve des Enfers, l’Achéron.

US Postal (Lance Armstrong)

Le train bleu fut le symbole de l’imposture Armstrong pendant une époque où le Ponce Pilat de Lausanne, Hein Verbruggen, se refusait à descendre de sa tour d’ivoire et à nettoyer les écuries d’Augias du cyclisme. L’US Postal et son équipe cycliste dirigée par le Belge Johan Bruyneel en ont bien profité entre 1999 et 2004. United States Postal Service est le service postal gouvernemental des États-Unis, connu sous l’ancien nom « US Mail », tel qu’il est prévu par la constitution américaine. Avant même l’indépendance américaine du 4 juillet 1776, il a été créé par un décret du Second Congrès continental le 26 juillet 1775 à Philadelphie sous le nom de United States Post Office sous Benjamin Franklin qui en fut le premier Postmaster General. Avec 6 Tours de France consécutifs entre 1999 et 2004, Johan Bruyneel et Lance Armstrong ont marqué le cyclisme au fer rouge. Le scandale est énorme quand l’UCI, sous pression du fait du travail stakhanoviste de l’USADA, retire ses titres au champion du monde 1993 en octobre 2012. Leurs rôles seront interprétés par Denis Ménochet et par Ben Foster dans le film de Stephen  Frears, The Program. C’est au musée d’Orsay, le dimanche 25 juillet 1999, que l’US Postal, venue avec une wild-card, fête le premier maillot jaune d’Armstrong, qui offrira une Rolex au dixième coéquipier de la formation d’outre Atlantique : le plus discret : Philippe, alias Motoman, qui ravitaillait le médecin Luis Garcia Del Moral en EPO quotidiennement en suivant la caravane du Tour sur les routes de France et de Navarre.

La Vie Claire (Bernard Hinault et Greg LeMond)

L’Histoire de la Vie Claire remonte à la Première Guerre Mondiale. Poilu de l’armée français entre 1914 et 1918, gazé dans les tranchés comme tant d’autres soldats, Henri-Charles Geffroy ne doit sa survie qu’à des produits végétariens face aux terribles séquelles du gaz moutarde utilisée par l’armée allemande du Kaiser Guillaume II.  En 1946, il fonde un magazine pour vanter les mérites d’une alimentation saine. En 1951, après fondé une coopérative pour fournir aux lecteurs de sa revue des aliments sains, Geffroy créé la société L’Aliment Sain. En 1965, il  créé la Société française de l’Alimentation Saine, groupement de magasins franchisés baptisés Maisons de la Vie Claire. Après avoir tenté d’escroquer l’ancien empereur du Centrafrique Jean-Bedel Bokassa durant l’année 1979, l’homme d’affaires Bernard Tapie rachète la structure en 1980 et fonde dès 1984 une équipe cycliste autour d’une idée : adapter la fixation de ski Look aux pédales de vélo. Séduit par l’envergure technique du projet et en froid avec Cyrille Guimard chez Renault, le Blaireau rejoint Bernard Tapie en 1984. Le directeur sportif n’est autre que le Suisse Paul Koechli, formateur à la haute école de Macolin. Battu par Fignon sur l’édition 1984 de la Grande Boucle, Hinault sait qu’il doit patienter pour voir son genou redevenir 100 % opérationnel après les efforts terribles de la Vuelta 1983 qui ont conduit à l’opération. Champion du monde en 1983 avec Renault, Greg LeMond quitte aussi le Losange pour rejoindre le champion d’Yffiniac du côté de la Vie Claire, grâce à l’inflation des salaires promise par Bernard Tapie, qui aura la même politique d’achat de stars dans le football avec l’Olympique de Marseille. Tapie sera proche de recruter Diego Maradona en 1989 pour le club phocéen, mais il aura à sa disposition des joueurs du calibre de Jean-Pierre Papin, Alain Giresse, Eric Cantona, Chris Waddle, Abedi Ayew Pelé, Dragan Pixie Stojkovic, Enzo Francescoli, Karl-Heinz Förster, Klaus Allofs, Rudi Völler, Carlos Mozer, Fabien Barthez, Marcel Desailly, Franck Sauzée, Didier Deschamps, Basile Boli, Sonny Anderson, Rui Barros, Paulo Futre, Jean Tigana, Manuel Amoros, Philippe Vercruysse, ou encore Alen Boksic. Le principe avait déjà été appliqué par BT dans le cyclisme, car autour d’Hinault et LeMond, l’homme d’affaires français propriétaire du Phocéa, va leur adjoindre Niki Ruttimann, Steve Bauer et surtout Andrew Hampsten (futur lauréat du Giro en 1988). Orphelin de Laurent Fignon blessé au genou, le Tour de France 1985 se résume à un cavalier seul d’Hinault puisque LeMond est joker de luxe. Privé d’une possibilité d’attaque à Luz Ardiden par Paul Koechli, le Californien aura son heure de gloire en 1986, face à un Hinault qui ne renverra pas l’ascenseur comme prévu dans leur pacte de non-agression mutuel.

Z (Greg LeMond)

Cette marque de vêtements pour enfants fut fondée par Roger Zannier. Entre 1990 et 1992, l’équipe Z de Roger Legeay sera représentée dans le peloton cycliste professionnel par Greg LeMond. L’Américain, ceint du maillot irisé acquis en 1989 à Chambéry, remporte en 1990 son troisième Tour de France, apothéose et chant du cygne du phénix yankee. 1991 marque son crépuscule sportif, sous le double effet boomerang de l’EPO (élixir de puissance utilisé par le trio Indurain Bugno Chiappucci) et de la myopathie mitochondriale naissante qui contraindra LeMond à tirer sa révérence en 1994, mais sous le maillot de l’équipe Gan, toujours chez Roger Legeay.

 

Ne sont pas considérées comme mythiques bien d’autres équipes : Acqua e Sapone, ADR, Amica Chips, Ariostea, Asics, Barloworld, BigMat Auber 93, BMC, Bonjour, Bouygues Telecom, Caisse d’Epargne, Casino, Castorama, Clas, Cofidis, Crédit Agricole, CSC, Del Tongo, Domo Farm Frites, Europcar, Fagor, Fassa Bortolo, FIAT, Ford, Française des Jeux, Gan, Garmin, Gatorade, GB-MG, Gerolsteiner, le Groupement, HTC, Jean Delatour, Katusha, Lampre, Liberty Seguros, Linda McCartney, Liquigas, Lotto, Milram, Motorola, Movistar, Omega Pharma, Orica Green Edge, Panasonic, Phonak, Polti, Quick Step, Radio Shack, la Redoute, RMO, Roslotto, Saxo Bank Sungard, Tinkoff, Tonton Tapis, Toshiba, TVM, Vitalicio Seguros.

  1. avatar
    7 avril 2017 a 13 h 16 min

    Personnellement, le côté champêtre et bohemien de l’equipe 7 Eleven ne me laisse pas indifferent, notamment la façon dont ils gagné ce Giro 1988 avec Hampsten en gérant mieux que d’autres le froid du Gavia …

  2. avatar
    7 avril 2017 a 20 h 09 min

    Merci Axel. C’est vrai que c’est spécial de voir que finalement ce sont des compagnies qui marquent l’imaginaire du cyclisme, par opposition aux autres sports où les organisations sont des villes ou des pays.

    • avatar
      14 avril 2017 a 7 h 39 min

      Salut Fabrice,

      Oui en effet mais le cyclisme étant un sport gratuit, sorte de stade routier à ciel ouvert, il dépend justement de ces sponsors, même si depuis les années 70-80, la télévision apporte aussi sa part de la manne providentielle …

      J’aurais cependant pu citer les grandes équipes de France (époques Leducq – Magne puis Bobet dans les années 50) et d’Italie (époques Bartali puis Coppi) en marge de toutes ces marques.

  3. avatar
    13 avril 2017 a 12 h 02 min
    Par Pierre Diéterlé

    Bonjour Axel,

    Et merci de citer mon oncle Jean de Gribaldy, dont KAS fut effectivement l’une des équipes.
    Pourriez-vous me contacter pour que l’on échange ensemble ?
    Bonne journée.

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