Ca gagne encore pour Sagan
Photo Panoramic

Ca gagne encore pour Sagan

A Doha, Peter Sagan a conservé son maillot arc-en-ciel en remportant les championnats du monde pour la deuxième fois consécutive à l'issue d'un scénario un peu fou. Retour sur la course.

Le parcours

Le tracé de 257 kilomètres de la course Élite Hommes était bien plus subtil qu’une simple course plate devant se terminer par un sprint massif. Les 150 premières bornes menant les coureurs vers le circuit final, tracées au cœur du désert qatari, avaient tout d’un traquenard, en particulier à cause du vent. Puis la boucle de 15 kilomètres comportait de nombreux ronds-points et changements de direction. De quoi écrire un scénario fou.

La course

A Doha, la grande majorité du peloton et des observateurs annonçaient un sprint massif pour connaître le nouveau propriétaire du très convoité maillot arc-en-ciel de champion du monde. Il fallait cependant croire que la Belgique n’était pas de cet avis, puisque les coureurs belges ont créé une bordure dans la partie désertique du parcours, en collaboration avec la Grande-Bretagne et la Norvège. Conséquence : un groupe de vingt-cinq coureurs se détache. L’équipe de France, mal placée, est piégée, au même titre que l’Allemagne. Nacer Bouhanni est distancé dans un deuxième groupe en compagnie de Greipel et Kittel, tandis qu’Arnaud Démare est relégué dans un troisième groupe. Seul William Bonnet a su prendre les bonnes roues pour être présent à l’avant. Ce mouvement de course sonne le glas des ambitions de nos sprinteurs hexagonaux.

La plupart des grands favoris sont dans le jeu et rattrapent l’échappée matinale, composée de sept coureurs. Cela donne un groupe de tête au sein duquel on trouve Peter Sagan, Mark Cavendish, Tom Boonen, Greg Van Avermaet, Michael Matthews, Edvald Boasson Hagen, Elia Viviani, Niki Terpstra et donc Bonnet entre autres. Les Belges sont en avantage numérique et ceux-ci (Keukeleire, Naesen, Stuyven, Roelandts) vont abattre un énorme travail de sape pour Tom Boonen. A trois kilomètres de l’arrivée, le Néerlandais Tom Leezer tente de se faire la belle mais le coureur batave sera rattrapé dans le dernier kilomètre. Ce championnat du monde se jouera donc lors d’un sprint en petit comité. Et à ce petit jeu, c’est Peter Sagan qui l’emporte. Au moment de produire son effort, le Slovaque est en retrait mais il va remonter les autres avec une facilité déconcertante pour devancer Mark Cavendish et Tom Boonen. William Bonnet sauve l’honneur des tricolores en s’adjugeant une belle huitième place.

Le vainqueur

Stratosphérique, monstrueux, incroyable… Les qualificatifs ne manquent pas pour présenter le personnage. Peter Sagan est sans aucun doute le meilleur coureur du monde. Champion d’Europe, vainqueur de Gand-Wevelgem, du Tour des Flandres, du Grand Prix de Québec et numéro 1 mondial UCI, le Slovaque a encore une fois réalisé une incroyable saison et on se demande bien jusqu’où il peut aller. On pourrait bien croire qu’il est “le petit-fils d’Eddy Merckx”, dixit Marc Madiot.

Le vainqueur a tenu à remercier son équipe pour le gain de cette course : ”Je n’arrive pas y croire, je suis sous le choc… et très heureux. Le moment-clé a été le passage avec vent de côté (qui a permis à un groupe de 25 coureurs de s’échapper)J’ai été le dernier à revenir devant, j’étais dans le deuxième groupe mais j’ai eu les jambes pour rattraper le premier. Pour le sprint, j’ai vu qu’il y avait du vent de face donc j’ai un peu attendu avant de me lancer. J’ai été chanceux car (Giacomo) Nizzolo n’a pas fermé la porte, j’aurais pu tomber s’il l’avait fait. J’ai la plus grande équipe de fans ici, beaucoup de gens sont venus de mon village en Slovaquie. Je tiens à les remercier ainsi que mon frère, qui est prêt à sacrifier sa vie pour moi, et Michael Kolar, qui a été incroyable, surtout dans les cinq derniers kilomètres pour limiter les attaques et me protéger. Je devais m’imposer pour eux aujourd’hui.”

Équipe de France : il faut revoir le placement

Nous étions tous impatients de voir nos Bleus à l’œuvre, alors que l’on annonçait ce qui ressemblait à une équipe divisée. Quelques jours avant la course, on pouvait lire la chose suivante dans L’Équipe : ”Mercredi à Roissy, la salle d’embarquement pour Doha livrait une lecture limpide de la morphologie de l’équipe de France. D’un côté, Nacer Bouhanni papotait avec ses acolytes de Cofidis, Geoffrey Soupe, Christophe Laporte et Cyril Lemoine. Un peu plus loin derrière un pilier, Arnaud Démare était entouré de Yoann Offredo, Marc Sarreau et William Bonnet, ses équipiers à la FDJ”.

Dans les faits, les Bleus ont montré de grosses lacunes dans le placement. A un moment où ça frottait dans le peloton, Nacer Bouhanni et Arnaud Démare ont subi la bordure crée par les Belges, les Britanniques et les Norvégiens. De plus, ces derniers n’avaient pas d’équipiers autour d’eux. Le sprinteur de la formation FDJ, qui a du poser pied à terre à cause du retard accumulé par son groupe, n’a pas caché sa déception : “On a été mauvais, on a peut-être manqué un peu de solidarité”.

Le classement

1. Peter Sagan (SLO)
2. Mark Cavendish (GBR)
3. Tom Boonen (BEL)
4. Michael Matthews (AUS)
5. Giacomo Nizzolo (ITA)
6. Edvald Boasson Hagen (NOR)
7. Alexander Kristoff (NOR)
8. William Bonnet (FRA)
9. Niki Terpstra (NED)
10. Greg Van Avermaet (BEL)

 

 

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