Objectif “Classiques” mais programme différent pour Boasson Hagen
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Objectif “Classiques” mais programme différent pour Boasson Hagen

En 2009, Edvald Boasson Hagen remporte Gand-Wevelgem, à seulement 21 ans. Tout paraît alors le destiner à une carrière de brillant « Classicman ». Pourtant, bientôt huit ans plus tard, l’ancien grand espoir du cyclisme norvégien ne compte toujours aucun Monument à son palmarès. Pour y remédier, il abordera la saison 2017 différemment des précédentes.

Neuf victoires. Avec ce total, son meilleur depuis 2009 (14 succès lors de la saison de son éclosion au plus haut niveau), Edvald Boasson Hagen a confirmé l’an passé son retour au premier plan, après quelques années d’errance et de pépins physiques au sein du Team SKY. Un comeback tout de même timide. En effet, le polyvalent coureur norvégien n’a pas toujours répondu présent dans les grands rendez-vous. Sa cinquième place sur Paris-Roubaix (meilleur résultat de sa carrière) exceptée, il n’a pas été à la hauteur de ses propres attentes lors des Classiques printanières. Un mal récurrent alors que le Tour des Flandres ou encore Milan – San Remo semblent être des courses taillées pour lui (voir graphique ci-dessous).

Ses résultats sur la Classicissima ne sont pas si mauvais. Son « top 10 » en 2015 l’a remis en confiance, après une année 2014 vierge de tout succès, et son attaque dans le final a bien failli payer l’an dernier. Mais est-il vraiment le spécialiste des pavés et des monts qu’il a toujours souhaité devenir ? Oui, sa participation au thriller que « l’Enfer du Nord » a offert en 2016, autant que sa victoire lors de la dernière étape de l’Eneco Tour, quelques mois plus tard, en attestent. Alors, pourquoi est-il resté si discret sur les Classiques flamandes ? C’est peut-être dans sa montée en puissance que le bât blesse.

Trop fort, trop tôt, l’an passé ?

Boasson Hagen a démarré 2016 pied au plancher. 13 jours de courses : 11 « top 10 » dont 3 succès. Il a relégué Jos Van Emden, excellent spécialiste de l’effort solitaire, à 25 secondes sur le contre-la-montre du Tour du Qatar (dont il aurait certainement remporté le classement général sans un incident mécanique), avant de devancer Vincenzo Nibali, au sommet d’une bosse (voir vidéo), et Greg van Avermaet, à l’issue d’un sprint en petit comité, sur le Tour d’Oman. Joli tableau de chasse. Mais l’augure n’était pas si bon.

Après avoir survolé les débats au Moyen-Orient, EBH a eu du mal à se ré-acclimater au Vieux Continent. Ses performances sur Tirreno-Adriatico (3e d’une étape, 7e du CLM) ont été bonnes, mais un cran en-dessous, son Milan – San Remo a été frustrant (voir précédemment) et il a dû déclarer forfait pour le Grand Prix E3, malade. Un contretemps qu’il n’a jamais vraiment surmonté (18e de Gand-Wevelgem puis 23e du Tour des Flandres) jusqu’à sa bonne course à Roubaix.

La découverte des Strade Bianche

Simple aléas ou pic de forme mal programmé ? Boasson Hagen va en tout cas revoir l’itinéraire censé le mener au sommet des pavés en 2017. Fredrik Mohn, son coach, a confié à procycling.no que sa saison ne devrait pas débuter avant le Tour de l’Algarve (15-19 février 2017, au Portugal), alors qu’il avait couru dès fin-janvier, lors du Challenge de Majorque, en 2016.

Pas de Qatar ni d’Oman, donc, pour EBH. Peu habituel pour lui, et même inédit au sein de l’équipe Dimension Data (ex-MTN-Qhubeka), qu’il a rejointe en 2014. Il enchaînera ensuite, sauf modification de son planning, par des courses en Italie : les Strade Bianche (4 mars) – épreuve qui fait son apparition dans le calendrier World Tour, que Boasson Hagen disputera pour la première fois et qui pourrait lui convenir –, Tirreno-Adritatico (8-14 mars) et, en premier point d’orgue, Milan – San Remo (18 mars). C’est avec moins de compétitions dans les jambes, et après moins d’heures d’avion, qu’il s’attaquera ensuite aux pavés, entrant dans la période de ses plus grands objectifs (Tour des Flandres et Paris-Roubaix, voir calendrier WT).

En pensant à Bergen

Une  période également cruciale pour son compatriote, Alexander Kristoff, qui compte MSR (2014) et le Ronde (2015) à son palmarès. En légère perte de vitesse l’année dernière (13 victoires, mais aucune en WT), le sprinteur du Team Katusha Alpecin devra réaffirmer sa supériorité pour ne pas voir son leadership national contesté. Une mise au point primordiale, car le parcours des Championnats du monde 2017, qui se dérouleront en septembre prochain à Bergen, en Norvège, sied parfaitement à EBH. D’autant plus que la hiérarchie entre les deux hommes est mise à mal depuis deux éditions des Mondiaux.

Manifestement plus fort que son leader en 2015, à Richmond, et mieux classé que lui suite à une mésentente qui a beaucoup fait jaser à Doha cette année, Boasson Hagen doit prouver qu’il est plus qu’un lieutenant. Et ce dès le printemps, s’il veut optimiser ses chances de revêtir la tunique arc-en-ciel sur ses terres.

Simon Farvacque

Sources :

http://www.procycling.no/sanremo-og-roubaix-er-merket-med-rodt/
http://www.procyclingstats.com/rider.php?id=140865&season=2014

Publié le 19.12.2016

  1. avatar
    28 février 2017 a 23 h 01 min

    ERRATUM : Boasson Hagen a déjà participé une fois aux Strade Bianche (qui s’appelaient alors “Monte Paschi Eroica”). C’était en 2009, et il avait obtenu la 4e place, à 8 secondes de son coéquipier, Thomas Lofkvist, vainqueur du jour : http://www.procyclingstats.com/race.php?id=103985 (classement), https://www.youtube.com/watch?v=q5Cr-eibUqY (vidéo).

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