Greg Van Avermaet, dompteur de l’Enfer du Nord
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Greg Van Avermaet, dompteur de l’Enfer du Nord

Après une course qui nous a une fois de plus offert de nombreux rebondissements, Greg Van Avermaet confirme son excellent début de saison en remportant son premier monument, qui plus est la reine des classiques. Retour sur une grande journée de vélo.

Un nom revient sans cesse sur toutes les lèvres avant ce 115ème Paris-Roubaix : Tom Boonen. Le belge, qui a tout gagné en matière de classiques flandriennes, prend part à la dernière course de sa carrière avec l’envie de réussir des adieux triomphaux. Cela passe par un cinquième succès à Roubaix qui lui permettrait de devenir l’unique recordman de victoires sur la course, titre qu’il partage avec Roger De Vlaeminck. Mais Tommeke est loin d’être l’unique favori et pour réaliser son rêve, il devra se défaire de beaucoup de rivaux.

Greg Van Avermaet marche sur l’eau depuis le début de la saison, Peter Sagan veut se rattraper après une campagne flandrienne moyenne tandis que John Degenkolb revient sur les routes sur lesquelles il l’a emporté en 2015. On voit mal Mathew Hayman, lauréat surprise de l’an dernier, conserver sa couronne même si Paris-Roubaix est la course favorite de l’australien. De nombreux outsiders peuvent espérer jouer les trouble-fête à l’image de Luke Durbridge, Niki Terpstra, Ian Stannard, Luke Rowe, Dylan Van Baarle, Edvald Boasson Hagen, André Greipel, Jürgen Roelandts, Lars Boom, Alexander Kristoff ou Oliver Naesen. On n’oublie pas les français tels Arnaud Démare, Sylvain Chavanel, Adrien Petit et Florian Sénéchal.

C’est donc tout ce beau monde qui se présente à Compiègne au départ de la 115ème édition de Paris-Roubaix sous un radieux soleil. Comme chaque année, la course démarre sur un rythme élevé suite à de nombreuses tentatives d’échappée. Au moment d’aborder le premier secteur pavé de l’épreuve à Troisvilles, un trio composé de Jelle Wallays, Mickaël Delage et Yannick Martinez se détache du peloton.

Les pavés sont le début de la galère des coureurs, eux qui les retardent en provoquant chutes et crevaisons. Ceux-ci le font savoir à Oliver Naesen. Le leader de la formation AG2R La Mondiale est envoyé au tapis et il ne reverra les favoris que dans le final, mais dans le groupe des vaincus. Luke Durbridge, quant à lui, ne cessera d’enchaîner les pépins et est contraint de poser pied à terre. Le jour de ses 26 ans, l’australien ne s’attendait pas à vivre une tel anniversaire. Les incidents de course sont loin d’être terminés puisque qu’une nouvelle chute à 128 kilomètres du but oblige Niki Terpstra, vainqueur en 2014, à abandonner. Coup dur pour Boonen, le néerlandais étant un équipier important pour le champion belge.

En tête de course, Wallays et Delage ont vu le belge Stijn Vandenbergh les rejoindre alors que Martinez a été victime d’une crevaison. Coup de théâtre alors que la Trouée d’Arenberg se profile : Greg Van Avermaet est victime d’un incident mécanique dans le secteur pavé menant les coureurs d’Haveluy à Wallers. Tom Boonen accélère alors en compagnie des autres favoris. Ce dernier est bien décidé à éliminer un de ses principaux adversaires et Van Avermaet est distancé. Cependant, le leader de l’équipe BMC reprend sa place dans le groupe des favoris quelques kilomètres après le passage d’Arenberg.

Sylvain Chavanel décide alors de relancer le rythme peu après la Trouée et rejoint Jelle Wallays, unique rescapé de l’échappée. Le duo est repris par Peter Sagan qui est passé à l’offensive, emmenant avec lui son équipier Maciej Bodnar, ainsi que Jasper Stuyven et Daniel Oss, équipiers respectifs de Degenkolb et Van Avermaet. Alors qu’il pense réaliser un grand coup, le champion du monde voit ses plans ruinés par une maudite crevaison qui permet aux autres favoris de revenir sur lui.

Toujours devant, Oss et Stuyven voient trois coureurs revenir à leur hauteur : Dimitri Claeys, Gianni Moscon et Jürgen Roelandts. Le quintet est repris alors qu’il reste 40 kilomètres à parcourir. Daniel Oss attaque de nouveau et prend la tête, suivi d’un groupe composé de six éléments parmi lesquels on retrouve Zdenek Stybar, Gianni Moscon, Jasper Stuyven, Jürgen Roelandts, Sebastian Langeveld ainsi que Greg Van Avermaet qui est en train de mettre un coup au moral de ses adversaires. N’oublions pas que Oss est un équipier du champion olympique. Par conséquent, celui-ci peut économiser des forces en ne participant pas à la poursuite.

Sagan tente bien d’opérer la jonction seul mais le champion slovaque est de nouveau victime d’un incident mécanique. Rattrapé par Boonen et consorts, il lâchera définitivement prise dans le Carrefour de l’Arbre et se classera finalement 38ème. C’est dans ce même secteur que Greg Van Avermaet attaque. Seuls Stybar et Langeveld arrivent à suivre le flamand. Malgré le retour d’un troisième groupe, le peloton des favoris est résigné et doit accepter sa défaite. Dans Roubaix, le belge et le tchèque placent chacun une accélération, sans succès.

Nouveau rebondissement : alors que l’on s’attend à un sprint entre Van Avermaet, Stybar et Langeveld sur le vélodrome, les trois coureurs se regardent tellement que Stuyven et Moscon – encore intercalés – rejoignent le trio à 250 mètres de la ligne. Le coureur de Quick-Step lance le sprint mais se fait finalement déborder par Greg Van Avermaet qui remporte le 115ème Paris-Roubaix. Zdenek Stybar et Sebastian Langeveld complètent le podium de l’édition la plus rapide de l’histoire (45,2 km/h).

John Degenkolb est dixième, Mathew Hayman onzième tandis que Tom Boonen termine sa carrière avec une treizième place sous les ovations du public roubaisien. Il faut également souligner les belles prestations de nos français. Arnaud Démare s’adjuge le sprint du peloton et se classe sixième. Adrien Petit est neuvième, soit une place de mieux que l’an passé. Florian Sénéchal est douzième, Yoann Offredo est quatorzième et Sylvain Chavanel est dix-neuvième, soit cinq coureurs hexagonaux dans les vingt premiers.

Après avoir longtemps été considéré comme l’homme toujours placé mais jamais gagnant, Greg Van Avermaet a enfin vaincu la malédiction et s’impose désormais comme le meilleur coureur actuel. Ce succès sur Paris-Roubaix est le point d’orgue d’une extraordinaire campagne flandrienne qui l’a vu gagner le Het Nieuwsbald, le Grand Prix E3, Gand-Wevelgem et donc l’Enfer du Nord. Nul doute que le leader de la BMC est devenu un grand coureur.

Le classement final

1. Greg Van Avermaet (BMC), les 257 km en 5 h 41’07
2. Zdenek Stybar (Quick-Step) m.t.
3. Sebastian Langeveld (Cannondale) m.t.
4. Jasper Stuyven (Trek) m.t.
5. Gianni Moscon (Sky) m.t.
6. Arnaud Démare (FDJ) à 12’’
7. André Greipel (Lotto-Soudal), même temps
8. Edward Theuns (Trek), m.t.
9. Adrien Petit (Direct Energie), m.t.
10. John Degenkolb (Trek),m.t.
11. Mathew Hayman (Orica), m.t.
12. Florian Sénéchal (Cofidis), m.t.
13. Tom Boonen (Quick-Step), m.t. …

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