Jan Ullrich, itinéraire d’un enfant gâché
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Jan Ullrich, itinéraire d’un enfant gâché

Cancre surdoué de Forêt-Noire, Jan Ullrich a gâché son talent exceptionnel. Car bien des années après avoir compris en 2000 près du Mont Ventoux que son compatriote Lance Armstrong avait organisé un système de dopage à l’EPO et à l’auto-transfusion avec Michele Ferrari et Johan Bruyneel, Greg LeMond avouait à qui voulait bien l’entendre que le champion allemand, maillot jaune du Tour de France 1997, était le cycliste le plus doué des quinze années écoulées. Difficile de ne pas donner raison à l’Américain, tant l’ogre de Rostock représentait la force pure, lui qui ne s’est jamais en danseuse de toute sa carrière, exception faite des pourcentages inhumains de l’Angliru sur le Tour d’Espagne 1999.

Paris- Nice 2000, Andreas Klöden se révèle en battant Laurent Brochard dans le chrono final du col d’Eze. Natif de 1975 de l’ex-RDA, Klöden est le petit frère cycliste de Jan Ullrich.

Ce dernier, battu en 1998 sur le Tour de France par Marco Pantani avant de déclarer forfait pour l’édition 1999 remportée par Lance Armstrong, a fêté ses 26 ans trois mois plus tôt. Voyant un nouveau prodige venu d’Allemagne de l’Est surgir de nulle part chez Telekom, la presse s’interroge.

Jan Ullrich ne gâcherait-il pas ses plus belles années en jouant à la cigale chaque printemps ?

La réponse de l’équipe allemande donne le vertige : Miguel Indurain avait 27 ans en 1991 quand il gagna son premier Tour de France.

Autrement dit, circulez, il n’y a rien à voir, rien ne presse … Hors, pourtant nourri au nectar et à l’ambroisie par les fées du destin, Jan Ullrich perdra son temps et la chance de rentrer dans la légende de son sport, lui qui aurait pu succéder aux mythes de la petite reine : Bartali, Coppi, Bobet, Anquetil, Van Looy, Merckx, Hinault, Kelly, LeMond et Indurain.

Walter Godefroot et Telekom oublient deux choses :

-  Primo que gagner cinq Tours de France consécutifs comme Miguel Indurain n’est pas chose renouvelable comme cela, même si Lance Armstrong fera mieux avec sept maillots jaunes de rang entre 1999et 2005

-  Secundo qu’il faut battre le fer quand il est chaud, et qu’une carrière peut basculer très vite. Ne pas profiter de ses belles années de façon délibérée est regrettable, et un juste milieu peut être trouver entre le fait de prioriser le Tour de France et le fait de zapper systématiquement 80 % des courses du calendrier européen …

A Oslo en 1993, le jeune prodige n’a que 19 ans et demi quand il remporte le titre de champion du monde des amateurs. En Norvège, son futur rival Lance Armstrong gagne lui (sous la pluie) le maillot irisé chez les professionnels, au nez et à la barbe de sa majesté Miguel Indurain.

Cette pluie qui lui avait occasionnée les risées des supporters espagnols au Pays Basque dans le Jaizkibel, le 8 août 1992 pour la Clasica San Sebastian, le Texan s’en servira pour ses plus grand succès : Oslo 1993 au championnat du monde, Sestrières 1999, Hautacam 2000, Luz Ardiden 2003 ou la Mongie 2004 sur le Tour de France …

Un an plus tard, à Catane fin août en 1994, Jan Ullrich remporte la médaille de bronze du championnat du monde du contre-la-montre chez les professionnels. Certes, ni Miguel Indurain ni Tony Rominger ne sont là, mais le jeune Allemand démontre son potentiel.

Impatient et gourmand, le rookie veut participer au Tour de France 1995, il ne verra que le Tour de Suisse et la Vuelta en cette année 1995 où il fête ses 22 ans quelques mois après un titre de champion d’Allemagne du chrono.

Rouleur d’exception, Ullrich est retenu par Walter Godefroot et Rudy Pévenage pour servir de coéquipier aux deux leaders de la Telekom (le Danois Bjarne Riis pour le maillot jaune et l’Allemand Erik Zabel pour le maillot vert) sur la Grande Boucle 1996, celle d’un changement de génération, puisque l’épouvantail Indurain fait enfin face au déclin, à l’usure du pouvoir.

Le péché d’orgueil du Navarrais, orphelin de Sabino Padilla et d’une préparation EPO optimale, sera puni de façon impitoyable par les Festina et les Telekom dans l’étape de Pampelune. Le formidable travail d’Ullrich dans les cols pyrénéens condamne Indurain à l’arrière, avec Rominger et Olano, autres battus. Le monde du cyclisme a les yeux de Chimène pour ce jeune rouquin qui ne se lève jamais de sa selle.

La veille, Hautacam avait été le Golgotha du sphinx de Navarre, mais Bjarne Riis et ses 60 % d’hématocrite n’avaient même plus besoin de Jan Ullrich pour décoller vers les sommets. L’EPO, dont Francesco Conconi avait fait la démonstration d’élixir de puissance et fontaine de jouvence en 1993 au col du Stelvio, juge de paix et mythe des Dolomites, était devenue la potion magique de tout ce peloton soumis à la férule implacable de l’omerta.
Du haut de sa tour d’ivoire de Lausanne, le Ponce Pilate de l’UCI, alias Hein Verbruggen, ne ferait rien pour nettoyer les écuries d’Augias et ramener les Faust du bon côté du Rubicon franchi sans scrupules, bien au contraire … L’ancien responsable des barres chocolatées Mars (et ça repart …) serait même l’allié objectif de Lance Armstrong, l’inquisiteur du procès d’intention fait à Marco Pantani par le microcosme cycliste.

A Saint-Emilion en 1996, c’est un grand cru, un millésime exceptionnel que Jan Ullrich nous offre. Véritable Pantagruel du chrono, le jeune espoir allemand s’offre le luxe de battre le roi de la spécialité, le virtuose de l’effort solitaire, Miguel Indurain. Battu à plate couture en montagne par Riis, Virenque, Dufaux et consorts, passé du Capitole à la Roche Tarpéienne dans la montée des Arcs, le Goliath espagnol a encore de beaux restes contre la montre, et le prouvera aux Jeux Olympiques d’Atlanta avec une médaille d’or …

Avant même d’avoir accompli sa quête du Graal, le jeune Ullrich se voit offrir 7 ou 8 Tours de France virtuels, plus qu’Eddy Merckx et Bernard Hinault. Plébiscité meilleur coureur du monde, l’Allemand confirme ses promesses en 1997, avec un récital de virtuose, une partition sans fausse note aux airs de requiem pour la concurrence. Mais cette concurrence est en trompe l’œil sur la grand-messe de thermidor.

Miguel Indurain retraité, Lance Armstrong convalescent, Marco Pantani de retour à la haute compétition après son accident d’octobre 1995 dans Milan – Turin, Bjarne Riis vieillissant, Tony Rominger et Alex Zülle contraints à l’abandon, Laurent Jalabert sans forces près un début de saison stakhanoviste pour la ONCE, il ne reste plus que des coureurs d’envergure moindre face à Jan Ullrich, ce jeune fauve dévoré d’ambition.

Richard Virenque, Abraham Olano, Fernando Escartin, José Maria Jimenez, Laurent Dufaux, tous des coureurs de talent, pas du menu fretin mais sans exception tous avec des lacunes en CLM (ou en haute montagne pour Olano).

Souverain dans Andorre Arcalis avec une puissance phénoménale digne du record de l’heure de Chris Boardman en 1996 à Manchester, Ullrich chausse les bottes de sept lieues à Saint-Etienne où il écrase la concurrence, atteignant la quadrature du cercle dans l’effort solitaire.

Hégémonique, cet avatar de Monsieur Propre avec sa créole à l’oreille gauche va collectionner une kyrielle de peluches de lion du Crédit Lyonnais. A 23 ans, il fait partie des très jeunes maillots jaunes du XXe siècle, avec Jacques Anquetil (23 ans en 1957), Felice Gimondi (22 ans en 1965) ou Laurent Fignon (23 ans en 1983)

Par les moustaches de Plekszy-Gladz … D’om vient ce prodige capable de fendre l’asphalte par sa seule puissance. Dauphin de Pantani dans l’Alpe d’Huez, dauphin corrompu de Virenque à Courchevel, dauphin encore d’Olano à Eurodisney dans l’ultime chrono, Ullrich n’aura qu’une seule alerte dans un col anonyme des Vosges, après une intoxication alimentaire.

Mais en bon épicier du porte-monnaie (pas du coup de pédale), Richard Virenque n’aura pas su motiver Pantani, Olano et consorts à rouleur pour sa cause dans une fin de Tour de France où les écarts abyssaux ne leur offraient aucun intérêt à faire exploser Jan Ullrich.

Good Bye Lenin … Ce film montrant une famille d’ex RDA perdue dans l’Allemagne réunifiée peut s’appliquer à Jan Ullrich, champion du monde 1993 des amateurs qui sera pris de vertige dans le monde professionnel.
Vertige au sens propre dans les descentes, même si l’Allemand n’avait pas de problèmes d’oreille interne comme l’Italien Gianni Bugno, soigné par musicothérapie à grands coups d’ultrasons et de morceaux de Wolfgang Amadeus Mozart. Cela réussira à Bugno, double champion du monde en 1991 à Stuttgart et 1992 à Benidorm, même si victime du complexe Indurain sur le Tour de France, incapable de franchir le seuil mental d’un candidat crédible au maillot jaune.

Vertige au sens figuré car Ullrich va s’embourgeoiser et oublier la discipline de fer de l’ancienne Allemagne de l’Est, loin de pérenniser les exploits auquel il était prédestiné.

Lui qui avait résisté à l’impitoyable entraînement de l’ex RDA, à une époque où la règle d’or des entraîneurs était de jeter une douzaine d’œufs contre un mur et de ne garder que ceux qui n’étaient pas cassés … Œuf incassable, œuf de Fabergé du cyclisme, en clin d’œil à celui récupéré par l’agent 009 à l’ambassade britannique de Berlin Est dans le treizième film de la saga James Bond, Octopussy (1983).

Cette RDA qui faisait alors partie du Rideau de Fer, dans un bloc communiste où certains entraîneurs n’hésitaient  pas à engrosser puis à faire avorter des athlètes féminines afin de leur faire profiter en compétition des hormones de la grossesse.

Tutoyant la perfection et s’attirant tous les superlatifs, Ullrich écoeure ses rivaux de juillet en terminant dauphin de Davide Rebellin sur le championnat de Zurich en août 1997. Jalabert, Virenque et consorts ne se doute pas que dans la course zurichoise tout comme sur la Grande Boucle, Ulle va s’abonner à la deuxième place, au premier accessit …

Après les banderilles de l’été 1997, le monde du cyclisme se voit porter l’estocade en voyant le parcours du Tour de France 1998, peu montagneux : arrivées au sommet au Plateau de Beille et aux Deux Alpes, chronos longs et favorables aux rouleurs en Corrèze puis en Bourgogne.

Du pur velours pour l’Allemand, tapis rouge vers le podium des Champs-Elysées. Mais le Tour n’est jamais gagné avant d’avoir franchi les cols des Pyrénées et des Alpes.

La victoire annoncée de Jan Ullrich en 1998 restera une belle utopie. Car l’ennemi de cette cigale allemande est le poids, et des hivers où l’ogre prend des kilos dans des proportions effrayantes.

Après un printemps passé à lutter contre la flèche du balancier, la clé de voûte du cyclisme allemand se présente en favori du Tour au départ de Dublin. L’affaire Festina le débarrasse de trois rivaux avant le premier test de vérité de cette 85e Grande Boucle en Corrèze. Exit Zülle, Virenque et Dufaux, les trois mousquetaires de Festina. Restent en lice Pantani, Olano, Jalabert et Escartin face à l’ogre, la razzia semble inéluctable.

Mais loin d’être intouchable alors que la course reçoit la visite du président Chirac, le favori gagne l’étape sans assommer le Tour. Dans les Pyrénées, son inexpérience lui joue des tours au Plateau de Beille. Une crevaison au pied du col condamne ses rivaux à respecter le bushido du peloton, le code d’honneur des samouraïs et autre gladiateurs sur deux roues. On ne tire pas sur une ambulance, on ne tue pas un homme à terre tant que l’empereur n’a pas montré son pouce baissé à la foule en transe du Colisée.

Semant ses coéquipiers dans la panique, Ullrich s’épuise tout seul et rallonge le kilométrage de la zone d’attaque potentielle de Marco Pantani en revenant tel un boulet de canon sur les ténors. Eprouvant le besoin de souffler après ce gros effort pour recoller au groupe de tête, l’Allemand ne peut rien quand Pantani s’envole. Contraint d’assumer la poursuite en tant que maillot jaune, Ullrich ne reçoit aucun soutien de Michael Boogerd, Laurent Jalabert et Bobby Julich, ses plus proches poursuivants au classement général. Seule consolation de cette étape catastrophique, l’abandon du Basque Abraham Olano, redoutable outsider.

Mais l’Allemand va tomber de Charybde en Scylla, il est encore bien loin de se douter que le Plateau de Beille ne restera pas comme sa pire journée sur son troisième Tour de France.

Lundi noir de 1998 aux Deux Alpes, krach boursier sous une pluie hostile. L’Allemand aime la canicule et le soleil de plomb. Le col du Galibier lui offre un froid de canard et une pluie qui fouette le visage de tous les protagonistes. Dans cette étape d’anthologie qui offre des montagnes russes d’adrénaline au public alors que l’épée de Damoclès d’une fin de Tour est suspendue au-dessus de tous dans le contexte du scandale Festina, Marco Pantani va tirer la quintessence de ses prodigieux dons d’escaladeur.

Tel Charly Gaul en 1958 sous le déluge du massif de la Chartreuse, le grimpeur italien fait exploser le peloton dans les Deux Alpes et devient la madeleine de Proust de nombreux amateurs de cyclisme baroque qui n’ont pas connu Coppi, Gaul ou Merckx autrement que par les images d’archives de la télévision. L’ADN du cyclisme est l’attaque, et Pantani lui redonne ses lettres de noblesse avec un panache d’une rare noblesse, sublimant la montagne d’Henri Desgrande en démarrant au plus fort des pourcentages du redoutable Galibier.

Personne n’aurait misé un kopeck sur le vainqueur du Giro au vu du parcours peu montagneux de l’édition 1998. Mais Pantani exploite la faiblesse inattendue d’Ullrich, tel un boxeur groggy qui va au tapis. Le KO est définitif dans les Deux Alpes. Le contraste est saisissant entre le vélo Bianchi de Pantani qui rappelle les grandes chevauchées de Fausto Coppi, et le coup de pédale saccadé d’un Ullrich qui n’avance guère plus vite qu’un vieux facteur de campagne.

Collé à la route tel Eddy Merckx en 1975 à Pra-Loup, Greg LeMond en 1991 au Tourmalet voire Miguel Indurain en 1996 aux Arcs, le jeune Allemand vit un cauchemar, incapable de suivre ses équipiers Bjarne Riis et Udo Bolts dans la montée finale.

Parler de chant du cygne est prématuré pour un coureur de 24 ans, mais l’apothéose de juillet 1997 semble bien loin. Ceux qui avaient parlé de Tour de France 1998 joué d’avance en sont quittes, car l’étape des Deux Alpes a éparpillé le peloton façon puzzle. La réaction d’orgueil du champion allemand sera magnifique le lendemain. Retombé à la 4e place du classement général derrière Pantani, Julich et Escartin, le leader de la Deutsche Telekom se dresse sur ses pédales dans le col de la Madeleine.
Un seul homme pourra suivre l’Allemand, le maillot jaune Marco Pantani. La puce italienne va suivre le colosse qui trace la route vers Albertville. Dans leur splendide isolement, les deux titans rappellent ce que le Tour de France a de darwinien et d’impitoyable.

Moins de 24 heures après son plus grand échec sportif, Ullrich redresse la tête en grand champion et gagne à Albertville. Pour l’honneur, il reprend la deuxième place en gagnant l’ultime chrono de cette Grande Boucle où l’implacable Marco Pantani a déjoué tous les pronostics, réalisant le doublé Giro – Tour pour la première fois depuis Miguel Indurain en 1993.

Par ses fulgurances et ses prouesses majuscules dans les montagnes italiennes et françaises, Marco Pantani a dynamité la course et brisé les desseins de gloire de deux grands rouleurs : Alex Zülle sur le Giro 1998 et Jan Ullrich sur le Tour 1998, le Suisse et l’Allemand étant tous deux les grands favoris des deux épreuves aux départs respectifs de Nice et de Dublin.

Par sa victoire dans le Tour, Pantani brise le totem de l’impossibilité pour un grimpeur de regagner la Grande Boucle, plusieurs décennies après Robic (1947), Gaul (1958), Bahamontes (1959) ou Van Impe (1976).

Ce bras de fer de titans appelle une revanche mais ni Pantani ni Ullrich ne regagneront le Tour de France. Le cyclisme 2.0 vient d’entrer dans l’ère Armstrong, l’homme qui va gagner le concours Lépine du meilleur système de dopage des années Verbruggen (1991-2005) haut la main devant Miguel Indurain.

L’OVNI Ullrich va se briser sur la Lune où règne non pas Neil mais Lance Armstrong, phénix rescapé du cancer qui va bâtir une forteresse imprenable, une citadelle inviolable, un bastion inattaquable, en résumé un Fort Knox cycliste peint en bleu.

Le train bleu de l’US Postal, sur-vitaminé par Michele Ferrari, druide marabout et padawan de Francesco Conconi vivant dans un camping-car en Italie du Nord … Orfèvre des miracles de Gewiss en 1994, auteur de la phrase culte sur l’EPO et le jus d’orange, Ferrari sera le maitre d’œuvre du septennat d’imposture de Lance Armstrong.

S’étant fait botter les fesses sous la pluie de Jaizkibel en août 1992, le Texan avait compris que la vengeance est un plat qui se mange froid, lui le spécialiste de la chambre froide et des poches de sang. Entouré d’une armada de facteurs bleus pédalant comme s’ils gagnaient une prime à chaque enveloppe livrée, Lance Armstrong fut le maestro de la poche de sang réfrigérée façon Mister Freeze. En bande originale du septennat de L.A., il est recommandé d’écouter la Chevauchée des Walkyries de Richard Wagner qui berce l’Apocalypse Now de Coppola pendant le raid des hélicoptères, tant le parrain Don Armstrong Corleone a fait sienne la tactique du napalm, remplaçant le Viet Nam par les cols alpestres et pyrénéens … La poche de sang signée Armstrong ? Comme Siegfried devenu invincible avec le sang du dragon Fafnir, l’Américain n’a laissé que de petites zones restant sensible à la douleur, celles permettant de se piquer à coups de seringues, qu’il écrasait dans des canettes de Coca-Cola. Corporate l’ami Lance, il garantissait à la firme d’Atlanta un revenu minimal vu le nombre de doses d’EPO que les postiers bleus se faisaient pendant le Tour de France 1999. Et pendant que Motoman suivait son maître avec la ponctualité d’un majordome (récompensé par une Rolex en 1999 au Musée d’Orsay), Armstrong gagnait, encore et toujours. L’Al Capone du cyclisme trouva en Travis Tygart son Eliot Ness, son incorruptible de New York, lui qui avait corrompu les Européens et notamment Hein Verbruggen. Armstrong à qui le dopage et le mensonge collent tel le sparadrap du capitaine Haddock, impossible de s’en défaire.

L’obsession du Tour, malgré les revers à répétition face à Armstrong, ne va jamais diminuer chez Jan Ullrich, viscéralement attaché à l’épreuve hexagonale.

Comme Greg LeMond ou Miguel Indurain, le champion allemand axera ses saisons sur la Grande Boucle, à une différence de taille, il ne fera pas des championnats du monde un objectif complémentaire mais plutôt un plan B.

Le Tour de France comme objectif unique date non pas de LeMond mais d’Ottavio Bottecchia, le maçon du Frioul mort en 1927 dans des conditions : assassiné par les fascistes ? vengeance d’un agriculteur après le vol d’une grappe de raisin ? En 1973 à New York, un homme proche de la mafia s’accusa du meurtre dans une confession à un pasteur.

Contrairement à Eddy Merckx, Jacques Anquetil, Miguel Indurain ou Fausto Coppi, Ullrich ne tenta pas le record de l’heure pour exploiter ses merveilleux dons de rouleur.

Certes, l’âge d’or du record de l’heure, vécu dans les années 50 et 60 au Vigorelli de Milan et son bois du Cameroun, était révolu depuis belle lurette.

Mais ni l’arc-en-ciel des Mondiaux, ni le challenge des classiques ardennaises, ni le rose du Giro, autres défis prestigieux, n’ont fait dévier Ullrich : le jaune du Tour de France restait l’alpha et l’omega de sa vite de cycliste.

En 1999, l’Allemand rattrape sa fin de saison en gagnant la Vuelta. Ullrich se rend ensuite dans la ville de Roméo et Juliette pour le championnat du monde.

Médaille d’or du contre-la-montre cinq ans après le bronze sicilien, l’Allemand vise l’or dans la course en ligne, avec face à lui le tenant du titre suisse Oskar Camenzind et deux autres puncheurs capables de viser la plus haute marche du podium : le Belge Frank Vandenbroucke et l’Italien Francesco Casagrande.

Mais à défaut d’être l’amant de Vérone et le nouvel élu de Shakespeare, Ullrich sera le cocu d’une course fermée qui ne lui permet pas de faire la sélection. 8e du groupe de tête, l’Allemand n’est pas l’homme des rendez-vous d’un jour.

En 2000, le prodige allemand effectue son retour sur un Tour de France très relevé. Mais sa préparation bâclée  (abandon au kilomètre zéro à la classique des Alpes) ne lui permet pas de lutter avec Lance Armstrong. Dommage car ni Alex Zülle ni Marco Pantani ne verront Paris. Atomisé par le Texan vers Hautacam, incapable de suivre le duo Armstrong / Pantani sur les pentes rocailleuses du mont Ventoux, Ullrich voit se dresser la guillotine dans l’étape de Courchevel.

Malgré une belle réaction d’orgueil dans le col de Joux Plane sur la route de Morzine, le leader de la Telekom termine à la deuxième place, celle du premier des vaincus.

Un mois après avoir été battu par Laurent Dufaux au championnat de Zurich, Ullrich obitent sa revanche aux Jeux Olympiques de Sydney. Un triplé olympique Telekom lui offre la médaille d’or devant ses coéquipiers Alexandre Vinokourov et Andreas Klöden.

Médaille d’argent du chrono derrière Ekimov mais devant Armstrong, Ullrich a prouvé qu’il pouvait battre l’Américain s’il était à son meilleur niveau.

Mais en 2001, le leader de l’US Postal a encore élevé son niveau de préparation pour garder sa marge d’avance sur son plus menaçant challenger.

Piégé par le bluff machiavélique d’Armstrong sur la route de l’Alpe d’Huez, Ullrich est foudroyé par le regard de son rival dans les premiers lacets de la station alpestre. En quelques kilomètres, Lance Armstrong sonne le glas des espoirs de maillot jaune de son rival.

La suite ne sera qu’une longue promenade de santé pour le double tenant du titre, qui resserre son étau sur la Grande Boucle. Dauphin résigné, Ullrich aura tout tenté dans l’étape du Pla d’Adet mais sa chute dans Peyresourde limite sa capacité de nuisance dans l’ultime col, surtout que Roberto Heras seconde précieusement son leader, lequel s’impose à Saint-Lary Soulan.

En 2001 à Lisbonne, Ullrich boucle les Mondiaux avec le même bilan qu’en 1999 à Vérone : il rentre bredouille de la course en ligne mais il s’est offert la médaille d’or du CLM, maigre consolation d’avoir subi une fois de plus l’insolente domination d’Armstrong au mois de juillet sur les routes de France et de Navarre.

2002 est une annus horribilis : contrôle positif à la cocaïne, accident de voiture avec Porsche, ruputre avec Telekom.

Bien que contacté par Bjarne Riis chez CSC, Ullrich choisit le mirage de Team Coast pour des raisons financières en 2003, l’Allemand bascule donc chez Bianchi à quelques semaines du Tour. Mais l’oasis n’est plus très loin pour celui qui revient humblement sur le Tour du Centenaire, sans viser autre chose qu’un modeste top 5.

Le phénix va pourtant renaître de ses cendres sous le mythique maillot Bianchi cyan en ce mois de juillet 2003. Devançant le roi Armstrong dans le prologue parisien, Ullrich craque ensuite dans l’Alpe d’Huez. Sauvé par la course d’attente autour du favori texan qui est loin de son climax personnel sur le plan physique, Ullrich limite ses pertes et reste  en vie pour le podium final.

Mais c’est pour la victoire qu’il est à nouveau à lice suite à une démonstration de force sur les routes surchauffées du Gers. Entre Gaillac et Cap Découverte, au pays de Jean Jaurès, le champion allemand écrase de sa puissance le premier chrono de l’édition 2003. Les écarts sont à classer au rang de gouffres, tels les plus gros carnages de l’ère Indurain.

L’Allemand enfonce le clou au Plateau de Bonascre mais il n’a pas su tirer la substantifique moelle de ses jambes du feu, démarrant bien trop tard dans une étape où Armstrong semblait à l’agonie, notamment dans le Port de Pailhères. Le Texan s’accroche au mental malgré un moral en charpie le soir d’avant au dîner, n’osant pas regarder en face ses propres coéquipiers après le camouflet du chrono (1’36’’ de perdues en 47 km).

Après le statu quo de Loudenvielle, les deux duettistes remettent cela dans l’étape reine de Luz Ardiden. Ullrich gaspille une cartouche dans le Tourmalet, à 120 bornes du but. Revigoré par l’étape de la veille où il s’est offert un précieux sursis, Armstrong ressuscite dans le money time de l’étape. Malgré une chute et un déchaussage. Passant sous les fourches caudines du Texan dans la brume pyrénéenne, Ullrich jette son vélo sur la ligne pour devancer Zubeldia et grappiller de précieuses secondes de bonification.
Vinokourov, 3e le matin à 18 secondes du boss,  a lui craqué tandis qu’Ullrich reste vivant mais à plus d’une minute de sa Némésis.

Le chrono Pornic – Nantes achève de séparer le bon grain de l’ivraie, et le professionnel Armstrong se joue de l’amateur Ullrich qui chute dans un rond-point sous cette pluie une fois de plus alliée du Texan.

Dauphin inattendu d’Armstrong en ce Tour 2003 qui voit le Texan accéder au gotha des quintuples vainqueurs, on pense l’ogre de Rostock capable de briser le monopole de l’Américain dès 2004.

Mais l’Ivan Drago du cyclisme ne battra jamais le Rocky Balboa de la petite reine … Loin de trancher le nœud gordien, Ullrich finit 4e du Tour 2004 qui voit Armstrong cannibaliser la Grande Boucle plus que jamais, avec un niveau stratosphérique (4 victoires sur 5 possibles en montagne, succès deroutine dans le chrono de Besançon).

2004 change la hiérarchie du tandem Ullrich / Klöden où le cadet prend le pas sur l’aîné. 2005 marque le pinacle de l’humiliation sportive pour l’Allemand avec la fameuse jonction de Noirmoutier.

Dans ce chrono d’ouverture du 92e Tour de France, sur seulement 16 kilomètres, le dossard n°11 est rejoint par le dossard n°1 pourtant parti une minute après lui …

Météore du cyclisme, tel Hugo en Koblet 1951, vainqueur sans lendemain tel Felice Gimondi en 1965 ou Luis Ocaña en 1973, prodige au palmarès insuffisant comme Laurent Fignon après son doublé de 1983-1984, Jan Ullrich laisse des regrets vivaces.

Mais l’Allemand n’est pas le Poulidor des années 2000, plutôt un avatar de Joop Zoetemelk, vainqueur en 1980 qui collectionna les places de dauphin (6 contre 3 pour Poulidor et 5 à Ullrich).

Sa carrière se termine un mois après une victoire à la Pyrrhus lors du chrono du Giro 2006 dominé par celui qui aurait dû être son rival sur le Tour : Ivan Basso, dauphin d’Armstrong en 2005.

Dans l’euphorie, Rudy Pévenage appelle Eufemiano Fuentes à Madrid sur un téléphone non sécurisé. La guardia civilespagnole remontera cette piste tel un fil d’Ariane, afin de rouvrir une nouvelle boîte de Pandore dans un cyclisme qui venait juste de digérer la retraite sportive de l’usurpateur Armstrong, despote des années de plomb.

L’effet boomerang explose pour un bel Armaggedon du côté de Strasbourg, lieu du départ de la Grande Boucle 2006, 93e édition de la course créée par Géo Léfèvre et Henri Desgrange.

Basso, Ullrich, Mancebo, Vinokourov hors course, la carrière de l’Allemand s’arrête net, loin du firmament qu’il était en droit d’espérer.

 

Et quand l’ère Contador débute en 2007, Jan Ullrich n’a plus que ses yeux pour pleurer.

 

  1. avatar
    21 novembre 2016 a 17 h 12 min

    Très très bel article tant sur le fond mais surtout la forme qui est fabuleuse.

  2. avatar
    21 novembre 2016 a 21 h 47 min

    Jan Ullrich aurait pu faire bien mieux. Au delà de son handicap en descente, c’est surtout la tête qui n’a pas suivi.

    Pas fait pour être un champion qui avait la rage chevillée au corps tel un Merckx, un Hinault ou un Armstrong.

    Et comme l’EPO donna des ailes au Texan, qui c’est vrai était un stakhanoviste de l’entraînement et savait au mètre près quand attaquer ou changer de
    braquet, là où Ulle improvisait …

    Anquetil à son époque avait pu gagner sur son seul talent, mais l’époque était au cyclisme pro sur les pédales et dans les seringues. Dommage pour Jan.

    Je regrette surtout que l’on ait pas eu une vraie revanche sportive de 1998 entre Pantani et Ullrich à leur sommet chacun, avec Zülle en arbitre. Notamment sur le superbe parcours 2000 (Hautacam, Ventoux, Izoard, Courchevel, Joux Plane)

  3. avatar
    22 novembre 2016 a 16 h 44 min

    Un plaisir de te lire Axel, comme d’hab.

    Pour Ulrich je pense que tu as bien identifié la source du problème, à savoir son succès rapide au tournant de la vingtaine qui lui a sûrement ôté le goût de l’effort qu’il avait dans sa jeunesse.
    En fait c’est aussi peut-être justement cette discipline spartiate durant tant d’années qui l’a usé mentalement. L’impression de travailler pour d’autres.

    Armstrong lui était fondamentalement égoïste et donc travaillait pour son propre steak (<- double blague).

    D'ailleurs je me demande si Armstrong aurait eu du succès avec moins (ou sans dopage) car justement il ne laissait aucun détail au hasard.

    • avatar
      23 novembre 2016 a 9 h 55 min

      Salut Fabrice,

      Oui Ullrich a du craquer sous la pression de l’argent roi, son choix de Team Coast plutôt que de CSC à l’intersaison 2002-2003 le prouve, car l’équipe de Bjarne Riis lui aurait apporté bien plus sportivement face à Armstrong …

      Sans dopage, Armstrong aurait fait un top 10 au mieux. Son mental était hors normes mais à la base il n’était pas taillé pour le Tour, en dehors des 11 kg qu’il a perdu après sa chimiothérapie de 96-97.

      Quant a Ullrich, son coach Peter Becker disait que ses résultats venaient à 70 % de son potentiel intrinsèque et seulement 30 % de son entraînement.

  4. avatar
    22 novembre 2016 a 16 h 45 min

    Ullirch avait également la fâcheuse tendance d’avoir un pic de forme en troisième semaine de TdF. Ceci est probablement dû au fait qu’il gâchait ses préparation (comme tu l’as souligné)

    Le tour 98 reste pour moi le plus beau tour de france et donc une très belle défaite de l’allemand.
    Dire qu’aujourd’hui il faut se satisfaire d’un Quintana qui attaque une fois à 3km d’un sommet…

    • avatar
      23 novembre 2016 a 9 h 58 min

      Salut darkrio,

      J’avais fait un article sur la 3e semaine du Tour d’Ullrich, que j’ai d’ailleurs remis à jour (pas publié) pour établir un comparative avec le bien tristounet Nairo Quintana, grimpeur aussi tiède qu’Andy Schleck à l’époque

      http://yourzone.beinsports.fr/cyclisme-ullrich-et-la-troisieme-semaine-du-tour-de-france-8407/

      Le Tour de France 1998, si l’on enlève le contexte du scandale Festina, fut une édition superbe sportivempent avec le duel Ullrich / Pantani, le plus beau des 30 dernières années derrière 1989 (LeMond / Fignon), 2003 (Armstrong / Ullrich), 1990 (LeMond / Chiappucci) et 2011 (Evans / A. Schleck / Voeckler).

  5. avatar
    24 novembre 2016 a 17 h 15 min
    Par carrera

    Remarquable article et bien fourni.

    Effectivement,Ullrich était exceptionnel sur un vélo,une puissance naturelle incroyable,une force terrible,très fort en chrono,très bon en montagne.Ce qui était frappant chez lui,c’est sa force naturelle en dehors du dopage.
    Mais Ullrich,c’était aussi un mental défaillant,des préparations bâclés surtout en 2000,des choix tactiques discutables et une équipe telekom pas entièrement à son service.

    Ullrich aimait le vélo mais n’aimait pas ses contraintes professionnelles très lourdes sans oublier qu’il était obligé par son équipe d’avoir recours au dopage et je suis sûr qu’il n’aimait pas ça,cela peut expliquer pourquoi il faisait si peu de courses.
    Au fond il aimait la vie mais que peut-on lui reprocher vraiment?

    Il a eu comme Pantani le malheur de tomber sur l’usurpateur en chef texan Armstrong,du moins sur le tour de France.Il était impossible à l’un comme à l’autre de vaincre cette machine.
    Ullrich n’a donc pas grand chose à se reprocher puisque le maillot jaune était pur fantasme,après il aurait pu tenter le maillot rose(il aurait dû) et boycotter le tour car la concurrence sur le giro était inexistante à partir de 2000 voire indigne même.

    Le tour 1998,c’est plus Ullrich qui perd que Pantani qui gagne car lors de l’étape des 2 Alpes,l’allemand panique sur le galibier puis crève au pied des 2 Alpes(alors qu’il est avec Julich),il ne faut pas oublier ça et il sombre aussi physiquement que mentalement.

    Le tour 1997,Ullrich est absolument grandiose,il est au sommet,personne n’aurait pu le battre pas même un grand Pantani(le seul à l’avoir lâché à la pédale).Comme j’aurais aimé revoir cet Ullrich contre le Pantani de 1998-99.
    Ullrich et Pantani,2 coureurs exceptionnels qui sans l’arnaque Armstrong et le dopage déterré en place publique auaraient sans doute écrit les plus belles pages du cyclisme et du tour.

  6. avatar
    25 novembre 2016 a 12 h 15 min

    salut Carrera (reference à la 1re équipe de Marco Pantani ou à Porsche ?),

    Oui j’aurais aimé voir Armstrong en 2000 face à un Pantani du niveau de 1998 ou 1999 et un Ullrich digne de 1997 (ou de sa fin de Vuelta 1999, quand il mit 3 minutes au 2e lors du chrono final d’Avila).

    J’avais d’ailleurs écrit un article simulant un Tour de France 1999 entre Armstrong et Pantani, don’t on ne saura jamais qui aura obtenu sa tête au Giro : FIAT, Giorgio Squinzi pour Mapei, l’UCI ou l’US Postal via Verbruggen (allié de L.A. tirant les ficelles pour le Texan).

    http://yourzone.beinsports.fr/cyclisme-pantani-aurait-il-battu-armstrong-sur-le-tour-99-89945/

    La plus grosse deception sportive d’Ullrich, c’est pour moi le Tour 2001 où certes Armstrong est à son top mais quelle naïveté tactique dans l’Alpe d’Huez.

    Il fallait accélérer dans le Glandon, car dans les 2 cas possibles Telekom y gagnait :

    - bluff démasqué d’Armstrong et US Postal forcée de rouler avec les Allemands dnas le context post coup de Pontarlier où Kivilev était une menace au classement general de ce Tour 2001

    - Armstrong lâché s’il avait vraiment été dans le dur ce jour là, un peu comme en 2000 à Joux Plane car il avait alors oublié de s’alimenter sur l’attaque kamikaze de Pantani (version officielle de l’US Postal), la réalité étant que sur la route de Morzine, Johan Bruyneel avait connecté l’oreillette du champion du monde 1993 directement à Micjele Ferrari via la voiture n°1 de l’US Postal !

  7. avatar
    25 novembre 2016 a 12 h 36 min

    “Le tour 1998,c’est plus Ullrich qui perd que Pantani qui gagne”

    Pas complètement d’accord. Certes Ullrich a connu une énorme défaillance vers les Deux Alpes, mais Pantani est allé chercher son maillot jaune par de superbes attaques, dans Peyresourde vers Luchon, au Plateau de Beille puis dans le Galibier sur la route des Deux Alpes.

    Mais il y a 2 étapes où Jan Ullrich aurait du faire mieux face à Pantani en 1998 :

    - primo le CLM de Corrèze où il n’écrase pas autant qu’en 1997 l’épreuve chronométrée, c’est surtout Pantani qui se rate

    - secundo le Plateau de Beille ou certes crevaison malchanceuse de l’Allemand, mais gestion catastrophique de cette crise par le jeune maillot jaune de 24 ans.
    Au lieu de remonter paisiblement avec Udo Bolts et de forcer les autres prétendants au titre à l’attendre avant d’attaquer comme le veut le code du peloton, Ullrich s’est précipité, se retrouvant sans coéquipiers, après un gros effort à la merci d’une attaque de Pantani. Attaque à laquelle il n’a pu répondre, se contentant de mener devant Julich, Rinero, Boogerd et Jalabert, l’Américain lui reprenant 7 secondes sur la ligne après avoir sucé la roué du dossard n°1

    Enfin, meme sans crevaison au pied des Deux Alpes, on peut considerer que les 3’21” que Pantani avait à Paris au final auraient suffi, meme si un écart plus faible avant le dernier chrono aurait peut être pu aider Ullrich à menacer l’Italien.

  8. avatar
    25 novembre 2016 a 17 h 30 min
    Par carrera

    Salut axel borg,oui carrera c’est pour la 1ere équipe de Pantani et Chiappucci dont j’étais un grand supporter.

    Ensuite sur la victoire de Pantani en 1998,je suis d’accord avec toi,elle est méritée mais je pointe juste le fait que la crevaison a pu jouer un rôle psychologique car Ullrich voyant filer Julich,Boogerd,Piepoli et consort s’est peut être senti d’un coup très faible au point de ne même arriver à suivre ses équipiers.
    Sur ce tour,il n’aura été lui même que sur la Madeleine avec une attaque terrible(jamais reproduite face à Armstrong) que même Pantani devait s’employer à fond pour suivre.

    Sur le tour 2001,entièrement d’accord sur l’étape de l’alpe d’huez,quelle erreur de débutant de ne pas faire tout péter sur le glandon.Il reproduit la même erreur 2 ans plus tard sur le port de Pailhères sans parler de son attaque trop tardive le lendemain du chrono,son amateurisme quand il fait la course derrière Vinokourov en faisant tout le travail pour Armstrong.

    Sur le tour 2001,ça manque de concurrence car il n’y a plus que Armstrong et Ullrich,les grimpeurs dangereux ne sont plus là.Pantani,Heras,Virenque pas là,Zulle,Olano,Escartin disparus,Casagrande sur le giro.
    Je n’ai pas trouvé Ullrich très fort en 2001 et même décevant dans les chronos et assez lourd je trouve mais face à Armstrong,rien à faire.

    • avatar
      26 novembre 2016 a 17 h 14 min

      Salut Carrera,

      Oui la mine d’Ullrich dans la Madeleine de 1998 fut son plus beau moment de cycliste, car en 1997 à Arcalis il n’avait même pas eu besoin de se lever de sa selle pour décrocher Virenque et Pantani.

      Pour 2001, il est hyper régulier bien que toujours derrière L.A. : 4e à DUnkerque, 2e à l’Alpe, 2e à Chamrousse, 4e à Bonascre, 2e à St Lary, 3e à Luz Ardiden et 3e au CLM de St Amand Montrond.

      C’est dans ce chrono qu’il a vraiment déçu, battu par le coureur espagnol de ONCE Igor Gonzalez de Galdeano.

      Après, oui 2001 est un Tour avec peu de concurrence, Heras au service d’Armstrong, Zulle absent, Pantani pas invité (pression de l’UCI et/ou de l’US Postal sur ASO ?), Virenque suspendu, Olano off après sa 2e place au Giro, idem pour Simoni …

      Ca se voit derrière, Oscar Sevilla finit facilement 6e ou 7e alors que sa carrière montrera bien qu’il n’était pas un crack.

      Carrera, belle équipe en effet, avec Stephen Roche aussi que ce soit en 1987 (triplé Giro Tour Mondial) ou 1992 (magnifique comportement de l’Irlandais pour son ultime Tour de France)

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