Pantani aurait-il battu Armstrong sur le Tour 99 ?
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Pantani aurait-il battu Armstrong sur le Tour 99 ?

L’étape de Lourdes-Hautacam, en 2000, fut le plus grand jour de la carrière de Lance Armstrong. Par une démonstration sous la pluie, le Texan faisait taire les sceptiques, ceux qui doutaient de sa victoire en 1999. Ecoeurant les grimpeurs Pantani et Escartin, rattrapant Jimenez et Virenque échappés depuis le col de l’Aubisque, renvoyant Ullrich et Zülle à leurs études, l’Américain de l’US Postal partait à la conquête d’un maillot jaune que nul ne pourrait lui contester dans ce Tour 2000. Mais les doutes des sceptiques étaient-ils fondés en 1999 ? Armstrong avait gagné en l’absence des deux meilleurs coureurs du monde, Jan Ullrich et Marco Pantani. Le Texan avait atteint l’Everest du sport cycliste sans se confronter aux deux précédents maillots jaunes. Pantani aurait-il dominé Armstrong en 1999 sur les routes de l’Hexagone ? La réponse est oui...

Alpe d’Huez, 14 juillet 1999. Après la victoire de Giuseppe Guerini pour l’équipe Deutsche Telekom, Jim Ochowicz est interviewé par le quotidien L’Equipe. Ochowicz affirme au quotidien sportif français que si Marco Pantani courait ce Tour de France 1999, il serait au moins deux minutes derrière le maillot jaune, Lance Armstrong, dans cette édition, après le passage des Alpes. Ochowicz va même plus loin et affirme que sans son cancer, Lance aurait explosé à ce niveau en 1997, au pire en 1998.

Quelques jours avant le départ du Tour 1999, Ochowicz était avec Lance et Kristin Armstrong dans leur maison de Nice, sur la Côte d’Azur. Ce jour là, accompagné de deux de ses plus fidèles coéquipiers à l’US Postal, Kevin Livingston et Tyler Hamilton, Lance Armstrong venait de frapper un grand coup à l’entraînement, réussissant le temps de 30’47’’ sur le col de la Madone, ancienne route d’entraînement de Tony Rominger, le coureur suisse ayant fixé un record officieux à… 31’25’’. Résidant à Monaco pendant sa carrière, Rominger utilisait souvent ce col pour tester sa condition physique, la Madone surplombant la ville de Menton, non loin d’un autre célèbre col des Alpes du Sud, le col du Turrini. Par voie de conséquence, il était évident qu’Armstrong affichait un état de forme exceptionnel, idéal à l’approche de ce Tour de France 1999, dont il avait fait, en secret, son objectif de la saison. Au retour de son séjour sur la Riviera française, Ochowicz disait à tout le monde aux Etats-Unis que Greg LeMond allait bientôt avoir un successeur américain au palmarès du Tour de France. Et cet héritier providentiel aurait pour nom Lance Armstrong, et non Bobby Julich, 3e du Tour de France 1998.

Ancien directeur sportif de Lance Armstrong chez Motorola entre 1992 et 1996, Ochowicz avait aussi dirigé Andy Hampsten chez Seven Eleven, ainsi qu’un certain Chris Carmichael, futur coach personnel d’Armstrong. Très proche d’Armstrong, Ochowicz a soutenu ce dernier pendant sa chimiothérapie… et sera le parrain de son premier enfant, Luke, né en octobre 1999.

Pionnier du cyclisme américain, Ochowicz avait recruté Armstrong après les Jeux Olympiques de Barcelone en 1992. 14e de la course en ligne, loin de son futur coéquipier chez Motorola, l’italien Fabio Casartelli, l’ancien triathlète avait tout de suite séduit Jim Ochowicz.

Demandant au jeune Texan quel était son objectif, Ochowicz n’avait pas été déçu par la réponse… Je ne veux pas me contenter d’être bon, je veux être le meilleur.

L’aplomb de Lance Armstrong plait à Jim Ochowicz. Ce qui aurait pu paraître pour de l’arrogance, de la naïveté, n’en est pas. Ochowicz voit de la maturité, de la détermination, de l’ambition dans les yeux du jeune champion américain, qui confirme son énorme potentiel dès 1993, devançant le roi Miguel Indurain au championnat du monde sur route d’Oslo, couru sous une pluie apocalyptique.

Au Tour de France 1993, Lance Armstrong, du haut de ses 21 ans, avait prouvé son sens de la répartie face aux journalistes new-yorkais venus l’interviewer après une victoire d’étape pleine d’opportunisme à Verdun.

Serez-vous un deuxième Greg LeMond ?

Je serai le premier Lance Armstrong, répond le jeune Texan avec tact, sans pour autant manquer de respect à son idole en déclin.

En 1994, un grimpeur italien se révèle sur le Giro et le Tour, qu’il découvre, en remportant deux étapes dans les Dolomites, à Merano et Aprica. Deuxième du Giro derrière Evgueni Berzin et devant Miguel Indurain, troisième du Tour derrière Indurain et Ugrumov, Marco Pantani est le grand espoir du futur pour les courses à étapes. Il confirme ce statut en 1995, remportant deux victoires en montagne sur le Tour (Alpe d’Huez, Guzet Neige).

Pantani et Armstrong sont ensuite frappés par le destin. Percuté par un 4*4 dans Milan – Turin en octobre 1995, Pantani passe 1996 en rééducation et retrouve le peloton en 1997, où il termine troisième du Tour derrière Ullrich et Virenque.

Armstrong, lui, apprend le 2 octobre 1996 qu’il est atteint d’un cancer des testicules généralisé au poumon et au cerveau. Adieu la Porsche Boxster, le lac de Côme, bonjour la chimiothérapie pour l’Américain, qui survit grâce à son mental.
Le Texan retrouve le peloton en 1998, après un imbroglio avec Cofidis. Sous les couleurs de l’US Postal, Armstrong hésite à faire un come-back. La Ruta del Sol pour commencer, mais abandon sur Paris-Nice. Psychologiquement fragile, Armstrong hésite à reprendre sa carrière…

Dans un peloton où Jan Ullrich s’est assis en 1997 sur le trône laissé vacant par Miguel Indurain depuis l’été 1996, Armstrong se demande s’il a encore sa place. La rédemption intervient à l’été 1998. Victoire au Tour du Luxembourg, quatrième place à la Vuelta, quatrième place au CLM et à la course en ligne aux championnats du monde de Valkenburg.

Alors que Marco Pantani, par un coup d’Etat aux Deux-Alpes, a fait abdiquer le roi Ullrich sur le Tour 1998, un nouvel Armstrong est né. Johan Bruyneel lui fixe un nouvel objectif, le maillot jaune sur le Tour 1999.

A l’automne 1998, Marco Pantani se dit déçu par le parcours de l’édition 1999, trop peu montagneuse à son goût, malgré l’introduction de bonification à l’arrivée des étapes de montagne. Lui qui a réussi le doublé Giro – Tour en cette saison 1998 ne défendra que son maillot rose, a priori.

Vendredi 4 juin 1999. Le champion olympique Pascal Richard ne décolère pas. Rattrapé par Pantani, tout comme le coureur colombien Hernan Buenahora, dans l’ascension de Madonna di Campiglio, le coureur suisse ne supporte pas l’implacable domination du maillot rose dans ce Giro 99. Au sommet de son art, Pantani ne laisse que les miettes de son festin à ses poursuivants, Gotti, Jalabert, Heras, Simoni ou Savoldelli…

Au Santuario di Oropa, Pantani offre une démonstration, là où Miguel Indurain avait tant souffert contre Ugrumov sur le Giro 1993. Piégé par une crevaison alors que les pentes les plus rudes restent à gravir, Pantani ne cède pas à la panique, contrairement à Ullrich en 1998 au Plateau de Beille. Le maillot jaune allemand avait gaspillé ses forces en revenant sur les chapeaux de roue sur le peloton de tête, tandis que le grimpeur de Mercatone Uno rattrape son retard avec sang-froid, rejoignant petit à petit ses rivaux dans une inexorable litanie… Laurent Jalabert, dernier adversaire de Pantani, ce jour là, ne peut rien face à l’ultime démarrage du Pirate, qui avec self control, expérience et panache, a prouvé qu’il était décidément imbattable en montagne dans ce Giro 1999.

L’hégémonie de Pantani se traduit par quatre victoires d’étapes en montagne sur ce Giro 1999… Gran Sasso, Santuario di Oropa, Alpe di Pampeago, Madonna di Campiglio.
La cinquième, la plus prestigieuse, Aprica, arpès le Gavia et le Mortirolo, n’aura pas lieu…
Le samedi 5 juin, Pantani est exclu du Giro pour un taux hématocrite de 52 %. Accusé de prendre de l’EPO, le Pirate est pris dans la spirale infernale du dopage… La victoire finale revient à Ivan Gotti, alors que le jeune grimpeur espagnol Roberto Heras s’est offert un succès de prestige à Aprica.

Le lendemain, dimanche 6 juin, Armstrong prend le départ du Dauphiné Libéré à Autun, gagnant le prologue. Le Dauphiné sera gagné par un jeune coureur kazakhe qui fera du chemin, Alexandre Vinokourov, tandis que Lance Armstrong joue les coéquipiers de luxe pour son compatriote de l’US Postal, Jonathan Vaughters.

Le 3 juillet 1999, au Puy-du-Fou, Lance Armstrong n’est pas cité par les observateurs parmi les favoris, à l’exception de Miguel Indurain, qui fait du champion du monde 1993 son vainqueur potentiel de cette édition du “Tour du renouveau”.
Oublié des pronostics, Armstrong a moins de pression à gérer, derrière les Olano, Julich, Boogerd, Escartin, Tonkov, Dufaux, Gotti, Vinokourov ou Zülle, favoris de ce 86e Tour de France où Richard Virenque, qui poursuit sa carrière chez Polti après l’affaire Festina, a été imposé de force aux organisateurs par l’UCI, sur ordre formel d’Hein Verbruggen…

Lance Armstrong, en pleine forme après avoir battu le record de Tony Rominger sur le col de la Madone, qui surplombe Menton, prend le maillot jaune après le prologue du Puy-du-Fou. Il gagnera les deux autres contre-la-montre de cette édition 1999, à Metz et au Futuroscope, ajoutant un succès de prestige sur les hauteurs de Sestrières, dans le Piémont. Maillot jaune incontesté, Armstrong a cependant profité de plusieurs éléments conjugués pour s’imposer : primo la chute au passage de Gois, passage entre l’île de Noirmoutier et la Vendée lorsque l’océan Atlantique est à marée basse, de son seul challenger valable, Alex Zülle. Secundo, l’absence des deux derniers vainqueurs de l’épreuve, Jan Ullrich (blessé après le Tour de Suisse) et Marco Pantani (suspendu après le Giro). Tertio, l’échec cuisant des rares coureurs théoriquement capables de s’imposer, comme Bobby Julich (chute dans le CLM de Metz), Abraham Olano (déception) ou Pavel Tonkov (méforme).

Il n’est pas certain que Pantani se soit décidé à venir sur le Tour, s’il avait pu aller au bout de son Giro victorieux en 1999. Impérial au printemps 1999, le grimpeur de Cesenatico était le maître incontesté de la petite reine, étant donné les incertitudes pesant sur Jan Ullrich, absent onze mois sur douze du peloton, véritable intermittent du spectacle cycliste. Malgré sa réaction d’orgueil dans le col de Madeleine en 1998, Ullrich laissait le souvenir d’un terrible échec lors d’un lundi noir sur la route des Deux-Alpes…

Pour savoir si Pantani aurait pu battre Lance Armstrong, toutes les étapes décisives du Tour seront examinées.

- prologue du Puy-du-Fou (6.8 km), sur un parcours identique à celui de 1993 (victoire de Miguel Indurain)

- contre-la-montre de Metz (56.5 km), avec la côte de Gravelotte à mi-parcours

- Grand Bornand - Sestrières, par les cols du Télégraphe, du Galibier et du Montgenèvre

- Sestrières - l’Alpe d’Huez, par les cols du Mont-Cenis et de la Croix de Fer

- Saint-Gaudens - Piau-Engaly, par les cols de Menté, du Portillon, de Peyresourde, et de Val-Louron Azet

- contre-la-montre du Futuroscope (57 km)

Pour les étapes de montagne, une extrapolation des temps de Pantani, par rapport à sa puissance de 1998 (en watts), majorée de 10 %, sera calculée par rapport aux temps de Lance Armstrong. Pantani mesure 1.71 m pour 55 kg à son poids de forme. Armstrong mesure 1.77 m pour 71 kg à son poids de forme.

Pour les CLM, on fera une extrapolation des temps possibles de Pantani par rapport aux autres grimpeurs de cette édition 1999 (Tonkov, Dufaux, Gotti, Escartin), sauf Richard Virenque arrivé en méforme suite à sa réintégration in extremis chez Polti, sur décision de l’UCI fin juin, et à des rouleurs comme Alex Zülle, Abraham Olano et Jan Ullrich, ce dernier servant de point référence pour le nouveau mètre étalon du CLM, Lance Armstrong.

Cependant, seules les mesures récentes (1997, 1998, 1999) seront prises en comptes pour l’extrapolation sur les CLM, Pantani ayant considérablement progressé depuis 1994-1995 dans l’exercice solitaire.

Il faudra aussi prendre en compte le fait que le dernier chrono est moins significatif concernant les écarts entre purs rouleurs et grimpeurs, la récupération entrant en jeu durant la troisième semaine du Tour.

Enfin, l’objectif étant d’évaluer l’état de forme de Pantani en juillet 1999, les données des CLM anciens (hors prologues, pour disposer de distances significatives) seront pondérées en fonction de l’ancienneté de la performance. Plus le CLM sera récent, plus le poids affecté dans les calculs d’extrapolation sera grand.

Ainsi, les neuf CLM pris en compte seront classés par poids croissant, de 1 à 9.

Poids 1 (Salinas, Tour du Pays Basque 1997). Poids 2 (Saint-Etienne, Tour de France 1997), Poids 3 (Eurodisney, Tour de France 1997), Poids 4 (Trieste, Giro 1998), Poids 5 (Lugano, Giro 1998), Poids 6 (Corrèze, Tour de France 1998), Poids 7 (Le Creusot, Tour de France 1998), Poids 8 (Ancône, Giro 1999), Poids 9 (Trévise, Giro 1999).

Exemple de pondération avec Tonkov, 4 sur Trieste 98 et 5 sur Lugano 98, le tout moyennée par la somme des poids, ici de 9, ce qui correspond à une moyenne pondérée de 1″27 par kilomètre.

Par rapport à Pavel Tonkov, excellent rouleur par rapport à son profil intrinsèque de grimpeur, le seul comparatif avec Pantani reste le contre-la-montre de Lugano sur le Giro 1998. Galvanisé par le maillot rose qu’il avait pris des épaules d’Alex Zülle sur les cimes des Dolomites, Pantani avait réussi l’exploit de devancer le champion russe de 5 secondes.

Entre Périgueux et Bergerac en 1994, Tonkov concède 9’10’’ à Miguel Indurain, stratosphérique ce jour là… Pantani, lui, pointe à 10’59’’ du Navarrais ! Sur 64 km, Tonkov a repris en moyenne 1″70 à Pantani (donnée non prise en compte dans la mesure finale).

A Seraing en 1995, Tonkov concède 5’40’’ au lauréat du jour, Miguel Indurain. Pantani, lui, est vaincu de 7’51’’ par l’Espagnol. Sur 54 km, l’écart moyen entre Tonkov et Pantani est donc de 2″43 par kilomètre (donnée non prise en compte dans la mesure finale).

A Saint-Marin en 1997 (Giro), Tonkov gagne le CLM et devance Pantani (11e de l’étape) de 1’23’’ en 18 km, soit 4″61 au kilomètre.

A Nice en 1998 (Giro), Tonkov concède 23’’ à Alex Zülle, tandis que Marco Pantani lâche 39’’. Le champion russe a donc pris 16’’ à Pantani en 6 km, soit 2″67 au kilomètre.

A Trieste en 1998 (Giro), Tonkov se classe deuxième du chrono dominé par Alex Zülle. Tonkov perd 1’22″ sur le coureur helvétique, là où Pantani laisse 3’26’’. Un écart de 2’02’’ sépare donc le Russe de l’Italien. Sur 40 km, Tonkov a donc dominé Pantani de 3″05 au kilomètre.

A Lugano en 1998 (Giro), Pantani bat Tonkov de 5’’ sur 34 km. Entre Mendrisio et Lugano, Pantani a donc repris 0″15 à Tonkov par kilomètre, un cheveu…

Cependant, en 1995, Pantani est renversé par un voiture à l’entraînement durant le printemps. Forfait pour le Giro, il prend le départ du Tour de France avec seulement dix jours de course dans les jambes, effectués au Tour de Suisse ! Dans ces conditions, ses deux victoires d’étapes à l’Alpe d’Huez et à Guzet-Neige relèvent de l’exploit. Difficile donc de juger ses prestations en CLM sur ce Tour 1995. Pantani montait en puissance et termina troisième du très montagneux championnat du monde de Duitama, en Colombie, derrière Olano et Indurain. Il pensait terminer la saison 1995 par une victoire au Tour de Lombardie mais un accident dans la descente de Superga, à 7 kilomètres de l’arrivée de la classique Milan – Turin, allait compromettre sa carrière.

En moyenne, Tonkov et Pantani sont donc séparés par un écart moyen de 1″27 au kilomètre.

Par rapport à Fernando Escartin, régulier au plus haut niveau depuis 1995 sur le Tour (7e en 1995, 8e en 1996, 5e en 1997, 4e en 1998 après les Alpes et avant l’abandon conjoint des équipes espagnoles), plusieurs comparatifs existent.

A Seraing en 1995, Escartin perd 6’49’’ sur Miguel Indurain, alors que Pantani concède 7’51’’. Pantani a donc perdu 1’02’’ sur Fernando Escartin sur 54 km, soit 1″15 au kilomètre. (donnée non prise en compte dans la mesure finale)

Au lac de Vassivière en 1995, Escartin se surpasse en finissant à 1’46’’ d’Indurain, alors que Pantani, qui ne joue plus le général (13e à Paris) perd 5’45’’ sur le roi Miguel. En 46.5 km, Escartin domine donc Pantani de 5″14 au kilomètre. (donnée non prise en compte dans la mesure finale).

A Rouen en 1997, Escartin termine à 38″ de Chris Boardman, juste devant Pantani qui concède un retard de 39″. L’Espagnol a donc pris 1″ à Pantani en 7.3 km, soit 0″14 au kilomètre.

A Saint-Etienne en 1997, sur un parcours vallonné, Pantani termine à 3’42’’ de Jan Ullrich sur 55 km. Escartin, lui, est pointé à 5’23’’ du maillot jaune, et donc à 1’41’’ de Pantani, soit 1″84 de mieux par kilomètre pour le grimpeur italien.

A Eurodisney en 1997, Pantani finit à 4’35’’ du lauréat Olano, alors qu’Escartin perd 5’12’’ sur son compatriote. Pantani devance donc Escartin de 37″ en 63 kilomètres, soit 0″55 par borne parcourue. Escartin défendait sa quatrième place face à Olano (en vain), alors que Pantani avait déjà assuré le podium depuis Alpes.

A Dublin en 1998, alors que Pantani coupe la ligne d’arrivée du prologue à 48″ de Chris Boardman, Escartin concède 28″ au rouleur anglais. Escartin a donc pris 20″ à Pantani en 5.6 km, soit 3″57 au kilomètre.

A Corrèze en 1998, Pantani perdait 4’21″ sur Ullrich, moins que les 5’00’’ concédées par Escartin, sur 58 km d’un parcours sinueux et technique. Pantani avait donc pris 39″ au coureur de Kelme en 58 km, soit 0″67 au kilomètre.

Si l’on prend en compteune moyenne pondérée, Marco Pantani reprend en moyenne 0″85 au kilomètre sur le grimpeur espagnol.

Par rapport à Ivan Gotti,

A Seraing en 1995, Gotti avait perdu 4’04’’ sur Miguel Indurain. Ce jour là, Pantani avait rendu 7’51’’ au rouleur de Banesto. Gotti avait donc pris 3’47’’ à Pantani sur 54 km. L’écart moyen par kilomètre était donc de 4″2 par kilomètre. (donnée non prise en compte dans la mesure finale)

Au lac de Vassivière en 1995, Gotti s’était classé à seulement 1’41’’ de Miguel Indurain, un véritable exploit pour un grimpeur. Pantani, classé à 5’45’’, avait perdu 4’04’’ sur son compatriote sur 46.5 km. Soit un écart moyen de 5″25 par kilomètre (donnée non prise en compte dans la mesure finale).

A Saint-Marin en 1997 (Giro), Gotti concède un retard de 55’’ sur Pavel Tonkov, vainqueur de chrono qui voit Pantani pointé à 1’23’’. Ivan Gotti a donc devancé son compatriote de 28″ en 18 km, soit un écart moyen de 1″56 au kilomètre.

A Rouen en 1997, Gotti termine à 43″ de Chris Boardman, juste derrière Pantani qui concède un retard de 39″. L’Italien a donc perdu 4″ sur Pantani en 7.3 km, soit 0″55 au kilomètre.

A Ancône en 1999 (Giro), Gotti termine à 1’23’’ de Honchar. Pantani finit à 55’’ de Honchar. Il concède donc 28’’ à Pantani sur 31 km, soit 0″9 par kilomètre.

A Trévise en 1999 (Giro), Gotti finit à 2’17’’ du vainqueur Honchar, alors que Pantani, maillot rose, ne concède que 1’38’’. Pantani a repris 39’’ à Gotti en 40 km, soit 0″98 par kilomètre.

Marco Pantani reprend en moyenne 0’’94 par kilomètre à Ivan Gotti.

Par rapport à Alex Zülle, une authentique vedette du CLM, puisqu’il fut champion du monde de la spécialité à Lugano en 1996, Pantani s’est toujours incliné de façon indiscutable.

A Bergerac en 1994, le rouleur Zülle, de façon inexplicable, rend un gouffre de 9’03’’ à Miguel Indurain. Pantani, lui, a perdu 10’59’’ sur le triple vainqueur du Tour. Zülle devance Pantani de 1’56’’. Sur 64 km, le Suisse a repris en moyenne 1″81 à l’Italien par kilomètre. (donnée non prise en compte dans la mesure finale)

A Seraing en 1995, Zülle perd 3’56’’ sur Indurain, quand Pantani concède 7’51’’. Zülle a donc battu l’Italien de 3’55’’ en 54 km, soit 4″27 au kilomètre. (donnée non prise en compte dans la mesure finale)

Au lac de Vassivière en 1995, Zülle perd 1’46’’ sur Indurain, Pantani finit à 5’45’’. L’écart entre les deux coureurs est donc de 3’59’’. En 46.5 km, cela donne un écart moyen de 5″14 au kilomètre. (donnée non prise en compte dans la mesure finale).

Au Salinas en 1997 (Tour du Pays Basque), Pantani termina deuxième d’un CLM remporté par Alex Zülle, futur vainqueur de cette course par étapes. Concédant 22″ à Zülle sur 12.5 km, Marco Pantani était donc crédité d’un écart moyen de 1″76 au kilomètre sur le champion helvétique.

A Rouen en 1997, Zülle perd 5 secondes sur Boardman, alors que Pantani finit à 39’’ du vainqueur de ce prologue en Normandie. En 7.3 km, Zülle a donc devancé Pantani de 34 secondes, soit 4″66 par kilomètre. A Nice en 1998 (Giro), Zülle gagne le prologue. Pantani termine à 39’’ du coureur suisse de Festina sur un parcours de 6 km. En 6 km, Pantani a concédé 6″5 au kilomètre à Alex Zülle.

A Trieste en 1998 (Giro), Zülle conforte son maillot rose. Il reprend Pantani parti trois minutes avant lui. Le Pirate perd 3’26’’ sur le Suisse de Festina. En 40 km, Zülle a donc repris en moyenne 5″15 à Pantani.

A Lugano en 1998 (Giro), Alex Zülle, 14e de ce Giro, termine à 1’32’’ de Honchar. Pantani, lui, ne concède que 30’’ au rouleur ukrainien. Zülle a donc perdu 1’02’’ sur Pantani en 34 km, soit 1″82 au kilomètre…

A Dublin en 1998, Alex Zülle termine 7e du prologue à 7’’ de Chris Boardman. Marco Pantani, lui, perd 48’’ sur l’Anglais, soit 41’’ sur Zülle. En 5.6 km, Pantani a donc perdu 7″32 au kilomètre sur Zülle.

A Ancône en 1999 (Giro), Zülle revient juste de suspension après l’affaire Festina. Il termine à 1’15’’ de Honchar, Pantani étant troisième de cette étape, à 55″, soit 20″ devant le Suisse. Ce CLM ne sera pas pris en compte.

L’écart moyen entre Zülle et Pantani se situe donc dans une fourchette de 4″47 au kilomètre.

Voici ensuite les comparatifs avec Abraham Olano, autre spécialiste du CLM puisque le Basque fut champion du monde de la spécialité en 1998, médaille d’argent aux championnats du monde CLM en 1995 et médaille de bronze du CLM aux Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996.

A Rouen en 1997, Pantani est devancé de 39″ par Chris Boardman. Le retard d’Olano sur Boardman est quant à lui de 10″. Le Basque a donc battu Marco Pantani de 29″ en 7.3 km, soit 3″97 par kilomètre.

A Saint-Etienne en 1997, Pantani est battu par Olano de 28’’, sur un parcours accidenté de 55 km. Olano finit à 3’14’’ de Jan Ullrich, Pantani à 3’42″. Soit un écart moyen de 0″51 par kilomètre à l’avantage du rouleur espagnol.

A Eurodisney en 1997, Olano domine l’étape, Pantani lui rend 4’35’’. Sur 63.5 km, Olano a devancé Pantani de 4″33, sur le plat.

A Dublin en 1998, Olano est dauphin de Boardman, il ne perd que 4″ sur le vainqueur, là où Pantani concède déjà 48″. L’écart entre Olano et Pantani est donc de 44’’ en 5.6 km, soit 7″86 par kilomètre.

A Corrèze en 1998, Olano perd 2’13’’ sur Ullrich, Pantani limite les écarts avec un retard de 4’21″. Olano et Pantani sont donc séparés par 2’08’’ à l’avantage du coureur basque de Banesto. Sur 58 km, Olano bat Pantani de 2″21 en moyenne par kilomètre.

En moyenne, Olano bat donc Pantani de 2″48 au kilomètre.

Par rapport à Laurent Dufaux, qui limite bien les écarts face aux spécialistes de l’effort solitaire, Pantani peut être comparé sur le seul Tour 1997, Dufaux ayant été exclu le jour du premier CLM en 1998.

Au lac de Vassivière en 1995, Dufaux se classe à 4’21″ de Miguel Indurain, Pantani à 5’45’’. L’Italien concède 1’34″ au Suisse en 46.5 km, soit 2″02 au kilomètre (donnée non prise en compte dans la mesure finale).

A Rouen en 1997, Pantani est devancé de 39″ par Chris Boardman. Le retard de Dufaux sur Boardman est quant à lui de 22″. Le Suisse a donc battu Marco Pantani de 17″ en 7.3 km, soit 2″33 par kilomètre.

A Saint-Etienne en 1997, sur un parcours accidenté, Pantani perd 3’42’’ sur Ullrich, Dufaux perd 6’26’’. Pantani a donc devancé Dufaux de 2’44’’ en 55 km, soit 2″98 au kilomètre.

A Eurodisney en 1997, sur un parcours plat, Dufaux ne perd que 3’11’’ sur Olano, là où Pantani accuse un retard de 4’35’’. Dufaux a donc battu Pantani de 1’24’’ en 63 km, soit 1″33 au kilomètre.

A Dublin en 1998, Dufaux termine à 9″ de Boardman, alors que Pantani concède déjà 48″. L’écart entre Dufaux et Pantani est donc de 39″ en 5.6 km, soit 6″97 par kilomètre.

En moyenne, le grimpeur suisse de la Saeco est devancé par Marco Pantani de 0″39 au kilomètre sur les CLM…

Par rapport à Daniele Nardello, 8e du classement général en 1998 (puis 7e en 1999 et 10e en 2000), on comparera Pantani et Nardello sur les Tours de France 1997 et 1998.

A Rouen en 1997, Pantani est devancé de 39″ par Chris Boardman. Le retard de Nardello sur Boardman est quant à lui de 27″. Nardello a donc battu son compatriote italien de 12″ en 7.3 km, soit 2″33 par kilomètre.

A Saint-Etienne en 1997, sur un parcours accidenté, Pantani perd 3’42’’ sur Ullrich, là où Nardello concède 7’32’’. Pantani a donc devancé Nardello de 3’50’’ en 55 km, soit 4″18 au kilomètre.

A Eurodisney en 1997, sur un parcours plat, Nardello finit à 5’51’’ du vainqueur Olano, là où Pantani accuse un retard de 4’35’’. Nardello est donc battu par Pantani de 1’16’’ en 63.5 km, soit 1″20 au kilomètre.

A Dublin en 1998, Nardello termine à 19″ de Boardman, alors que Pantani concède déjà 48″. L’écart entre l’Italien de Mapei et Pantani est donc de 29″ en 5.6 km, soit 5″18 par kilomètre.

A Corrèze en 1998, Pantani perd 4’21″ sur Ullrich, en 58 km, soit 4″5 au kilomètre. Nardello, lui, concède 3’39’’ au champion allemand. Le coureur de Mapei a donc battu Marco Pantani de 42″ en 58 km, soit un écart moyen de 0″72 par kilomètre.

Au Creusot en 1998, Pantani perd 2’35’’ sur Jan Ullrich en 52 km, alors que Nardello termine à 5’06’’ du tenant du titre. Nardello a donc concédé 2’31’’ au maillot jaune en 52 km, soit un écart moyen de 2″90 par kilomètre.

En moyenne, Nardello est devancé par Marco Pantani de 1″55 au kilomètre sur les CLM…

Par rapport à Bobby Julich, surprenant 3e du classement général en 1998, on comparera Pantani et le natif de Corpus Christi, au Texas, sur les Tours de France 1997 et 1998.

A Rouen en 1997, Pantani est devancé de 39″ par Chris Boardman. Le retard de Julich sur Boardman est quant à lui de 27″. L’Américian de Cofidis a donc battu le Pirate de 2″ en 7.3 km, soit 0″27 par kilomètre.

A Saint-Etienne en 1997, sur un parcours accidenté, Pantani perd 3’42’’ sur Ullrich, Julich finit à 8’10’’ du maillot jaune allemand. Pantani a donc devancé Julich de 4’28’’ en 55 km, soit 4″51 au kilomètre.

A Eurodisney en 1997, sur un parcours plat, Julich ne perd que 2’24’’ sur Olano, là où Pantani accuse un retard de 4’35’’. Julich a donc battu Pantani de 2’11’’ en 63.5 km, soit 2″06 au kilomètre.

A Dublin en 1998, Julich termine à 5″ de Boardman, alors que Pantani concède déjà 48″. L’écart entre le coureur de Cofidis et celui de Mercatone Uno est donc de 43″ en 5.6 km, soit 7″68 par kilomètre.

A Corrèze en 1998, Pantani perd 4’21″ sur Ullrich, en 58 km, soit 4″5 au kilomètre. Julich, lui, perd 1’18’’ sur le même parcours, soit un écart de 3’03’’ sur le grimpeur italien. En 58 km, cela correspond à un gain moyen de 3″16 par kilomètre pour Julich.

Au Creusot en 1998, Pantani perd 2’35’’ sur Jan Ullrich en 52 km, alors que Julich termine à 1’01’’ du tenant du titre. L’Américain a donc pris 1’34’’ au maillot jaune en 52 km, soit un écart moyen de 1″81 par kilomètre.

En moyenne, Julich domine Marco Pantani de l’ordre de 1″60 au kilomètre sur les CLM…

Enfin, si l’on compare Pantani au meilleur rouleur de l’immédiat avant “ère Lance Armstrong”, en l’occurrence Jan Ullrich, il faut prendre en compte les quatre épreuves chronométrées suivantes

A Rouen en 1997, Pantani est devancé de 39″ par Chris Boardman. Le retard d’Ullrich sur Boardman est quant à lui de 2″. L’Allemand a donc battu Marco Pantani de 37″ en 7.3 km, soit 5″07 par kilomètre.

A Saint-Etienne en 1997, sur un parcours vallonné, Pantani concède 3’42’’ au vainqueur Ullrich sur 55 km, soit 4″04 par kilomètre.

A Eurodisney en 1997, Ullrich est deuxième à 45’’ de la fusée Olano, Pantani termine à 4’35’’, à 3’50’’ du maillot jaune allemand. Sur cette étape de 63 km, Ullrich a donc pris en moyenne 3″65 à Marco Pantani.

A Dublin en 1998, Ullrich termine à 5″ de Boardman, alors que Pantani concède déjà 48″. L’écart entre Dufaux et Pantani est donc de 43″ en 5.6 km, soit 7″68 par kilomètre.

A Corrèze en 1998, Pantani perd 4’21″ sur Ullrich, en 58 km, soit 4″5 au kilomètre.

Au Creusot en 1998, certes aidé par son maillot jaune, réputé pour donner des ailes, Pantani limite les écarts de façon incroyable. Puisant dans ses ultimes ressources, Pantani perd 2’35’’ sur l’ogre de Rostock en 52 km, soit 2″98 au kilomètre.

En moyenne, Ullrich est donc plus rapide que Pantani de 3″72 au kilomètre. L’écart moyen entre Ullrich, rouleur d’exception et Pantani, servira d’échantillon témoin pour l’extrapolation par rapport à Lance Armstrong.

La conclusion est donc que Marco Pantani, sur ses antécédents et son état de forme du mois de juin 1999, est légèrement supérieur face au chrono qu’Escartin, Tonkov, Gotti, Dufaux et Nardello, mais ne peut aucun cas lutter à armes égales face à des rouleurs surpuissants tels qu’Armstrong, Zülle, Olano, Indurain ou Ullrich.

1) Puy-du-Fou

Lance Armstrong, ce jour là, gagna le prologue de 6.8 km devant Alex Zülle classé à 5’’, Abraham Olano à 9’’, Chris Boardman à 16’’, Laurent Dufaux à 23’’, Pavel Tonkov à 28’’, Bobby Julich à 28″ également, Daniele Nardello à 38″, Ivan Gotti à 47’’, Richard Virenque à 51’’ et Fernando Escartin à 51’’.

Le coureur américain enfilait son premier maillot jaune en Vendée, près de la cité médiévale.

Si l’on considère Pantani par rapport à l’échantillon Ullrich qui servira de témoin à Armstrong, alors l’Italien aurait du perdre 25’’ ce jour là sur les 6.8 km du parcours vendéen.

Par rapport à Alex Zülle, Pantani perd virtuellement 30’’, ce qui place le grimpeur romagnol à 35’’ du meilleur temps d’Armstrong.

Par rapport à Laurent Dufaux, Pantani gagne virtuellement 3 secondes, ce qui le situe à un écart de 20’’ sur le vainqueur.

Par rapport à Fernando Escartin, Pantani gagne virtuellement 6″, ce qui donnerait un retard de 45’’.

Par rapport à Pavel Tonkov, Pantani perd virtuellement 9’’, ce qui donne un écart de 37’’ sur Armstrong…

Par rapport à Abraham Olano, Pantani perd virtuellement 17’’, ce qui le placerait à 26’’ du chrono de référence sur le parcours du Puy-du-Fou.

Relativement à Ivan Gotti, Marco Pantani gagne virtuellement 6″, ce qui donne un écart virtuel de 41″ avec le meilleur temps dans ce prologue du Tour 1999.

Si l’on extrapole le temps de Pantani comparé à ses écarts moyens sur Bobby Julich, on arrive à une estimation de perte de 11″, ce qui mettrait Pantani à 39″ du temps de référence de ce prologue.

Quant à Daniele Nardello, il serait virtuellement battu de 11″ par Pantani, ce qui placerait ce dernier à 27″ de Lance Armstrong.

Si on extrapole les différents écarts virtuels calculés, Pantani serait donc crédité d’un retard de 33’’ sur Lance Armstrong dans ce prologue couru au Puy-du-Fou.

Au classement général virtuel, l’Américain devancerait donc Marco Pantani de 33″. Pour que l’Italien ait une chance concrète de gagner un deuxième Tour consécutif, on supposera évidemment qu’il aurait échappé à la chute collective du passage du Gois, qui condamna les chances de Gotti (Polti), Zülle (Banesto) et Boogerd (Rabobank) dans la deuxième étape du Tour, courue entre Challans et Saint-Nazaire. Pour ces trois coureurs, le maillot jaune devenait une utopie… Ce jour là, l’US Postal d’Armstrong et la ONCE d’Olano s’étaient alliées pour condamner les chances d’Alex Zülle, leader de Banesto. Chez ONCE, il y avait aussi un double zeste de vengeance, primo car Zülle avait rejoint Banesto, l’ennemi juré de ONCE en Espagne, et secundo car le Suisse avait révélé, suite à l’affaire Festina en 1998, qu’il s’était aussi dopé à l’EPO chez ONCE, notamment dans ses deux victoires sur la Vuelta en 1996 et 1997.

2) Metz

Lance Armstrong, ce jour là, gagna l’étape devant Alex Zülle classé à 58’’, Christophe Moreau à 2’05’’, Abraham Olano à 2’22’’, Chris Boardman à 3’31’’, Laurent Dufaux à 3’55’’, Daniele Nardello à 4’12’’, Pavel Tonkov à 4’41’’, Richard Virenque à 6’29’’, Fernando Escartin à 6’35’’, Ivan Gotti à 8’55’…

Le temps d’Olano sera corrigé à 1’37’’, soit 45″ de mieux, car Olano fut victime d’une chute qui lui a coûté environ 30″. On peut évaluer à environ 15″ l’impact sur sa concentration de cette chute, ainsi que le temps de la remise en vitesse. Il faut aussi prendre en compte dans ces 15″ supplémentaires l’impact psychologique terrible, pour Olano, alors champion du monde en titre du CLM, de se faire rejoindre par Lance Armstrong avant Metz… sachant que jamais le coureur basque, rouleur de haut niveau, ne s’était fait dépasser par un concurrent dans un chrono de toute sa carrière !

Mais ce jour là, le Texan avait offert une prestation sensationnelle, digne de Miguel Indurain, reprenant avec autorité le maillot jaune cédé à Saint-Nazaire à Jaan Kirsipuu.

Compte tenu également de la difficulté de la côte de Gravelotte dans ce chrono de Metz en 1999, une correction de 10 secondes sera offerte à Pantani sur ses temps virtuels par rapport à chaque concurrent… on avait vu en 1997 à Saint-Etienne, exercice solitaire très vallonné, que Pantani avait donné du fil à retordre aux meilleurs rouleurs. Le Pirate aurait très certainement profité de la côte de Gravelotte pour limiter les écarts creusés sur le plat par les rouleurs ce jour là en Lorraine.

Si l’on considère Pantani par rapport à l’échantillon Ullrich qui servira de témoin à Armstrong, alors l’Italien aurait du perdre 3’30’’ ce jour là.

Par rapport à Alex Zülle, Pantani perd virtuellement 4’13’’, ce qui place le grimpeur romagnol à 5’11’’ du meilleur temps d’Armstrong.

Par rapport à Laurent Dufaux, Pantani gagne virtuellement 22’’, ce qui le met à un écart de 3’33’’ sur le vainqueur.

Par rapport à Fernando Escartin, Pantani gagne virtuellement 48″, ce qui donnerait un retard total de 5’47’’.

Par rapport à Pavel Tonkov, Pantani perd virtuellement 1’12’’, ce qui donne un écart théorique de 5’53’’ sur Armstrong…

Par rapport à Abraham Olano, Pantani perd virtuellement 2’20’’, ce qui le placerait à 3’57’’ du chrono de référence sur le parcours messin (en repartant donc du temps corrigé de 1’37’’ pour Olano, et non du temps réel de 2’22’’).

Relativement à Ivan Gotti, Marco Pantani gagne virtuellement 53″, ce qui donne un écart virtuel de 8’02″ avec le meilleur temps dans ce CLM de Metz.

Si l’on extrapole le temps de Pantani comparé à ses écarts moyens sur Daniele Nardello, on arrive à une estimation de gain de 1’28″, ce qui mettrait Pantani à 2’44″ du temps de référence de cette épreuve chronométrée à Metz.

Notons enfin que Bobby Julich avait du abandonner le Tour sur chute pendant ce CLM de Metz, il n’a donc pas été crédité d’un temps.

Si on extrapole les différents écarts virtuels calculés et que l’on applique la correction de 10″ relative au passage de la côte de Gravelotte, Pantani serait donc crédité d’un retard de 4’40’’ (4’50’’ – 10’’) sur Lance Armstrong dans ce contre-la-montre de Metz.

Au classement général virtuel, avant d’aborder les Alpes, le retard de Pantani sur Armstrong monterait donc à 5’13’’ (environ une minute de plus qu’en 1998 au même stade de la compétition face à Jan Ullrich, le grimpeur italien comptant 4’21’’ de retard après le chrono de Corrèze).

3) Sestrières

Armstrong, ce jour là, gagna l’étape de montagne dans la station du Piémont. Avec une démonstration digne d’un pur grimpeur, le maillot jaune détruisit le moral de ses rivaux.
Cependant, l’effet de surprise aida le Texan. Virenque, Olano, Zülle et consorts pensaient qu’Armstrong s’effondrerait bien avant Sestrières. Mais l’US Postal et son leader passèrent sans encombre le Galibier et le Montgenèvre !

Ce 13 juillet 1999, Armstrong battait donc Alex Zülle de 31’’, Ivan Gotti et Fernando Escartin de 1’26’’, Richard Virenque de 2’27’’, Abraham Olano de 3’10″ et Laurent Dufaux de 3’31″.

Développant une puissance de 430 watts pour un poids de 71 kg, le maillot jaune texan avait gravi la rampe de Sestrières en 28’00’’.

Pantani aurait certainement attaqué dès le Montgenèvre, exploitant ses talents de descendeur pour mieux creuser des écarts dans l’ultime col de la journée, Sestrières.

Les puissances moyennes développées par Pantani en montagne, sur le Tour ont été de 369 W (1994), 356 W (1995), 386 W (1997) et 373 W (1998). Compte tenu de la progression effectuée par Pantani entre 1998 et 1999, on peut estimer sa puissance pour 1999 à 400 voire même 410 watts sur la base de ce que l’Italien avait développé à Oropa et Madonna di Campiglio durant le Giro 1999.

Dans l’ascension de Sestrières (11.5 km à 5.9 % de moyenne), Pantani aurait donc effectué un temps de 24’48’’, soit 3’12’’ de mieux que Lance Armstrong.

Pantani aurait pris 20 secondes de bonification, contre 12 pour Armstrong, relégué à la deuxième place dans cette étape se terminant au Piémont. Il faudrait donc ajouter 8 secondes supplémentaires à l’écart creusé par l’enfant de Cesenatico, soit 3’20’’ de gagnées face au maillot jaune Texan.

Au classement général virtuel, Pantani serait donc revenu à seulement 1’53’’ d’Armstrong.

4) Alpe d’Huez

A l’Alpe d’Huez, où Guerini devança le groupe des ténors, nul doute qu’Armstrong et son maillot jaune auraient été menacés par le panache de Pantani, double vainqueur en haut des mythiques 21 lacets.

Le temps de Guerini fut de 41’10’’ ce jour là… celui d’Armstrong fut de 41’35’’. Il est évident que l’Américain aurait pu faire bien mieux que cela.

Avec une puissance de 400-410 W soit environ 15-25 watts de plus qu’en 1997, Pantani aurait battu son record de 37’35’’. Armstrong, lui, a réussi 38’01’’ en 2001 en développant une puissance de 452 W. Compte tenu de sa puissance moindre en 1999, 430 W à Sestrières, le Texan n’aurait pas pu réussir mieux que 40’43’’, surtout que Tyler Hamilton et Kevin Livingston auraient vite explosé sous l’effet d’un démarrage de Pantani.

Lance Armstrong aurait donc concédé au moins 3’08’’ à Marco Pantani dans l’étape de l’Alpe d’Huez, plus 20 secondes de bonification, soit au moins 3’28’’.

Le vainqueur du Tour 1998 aurait alors repris le maillot jaune au coureur américain, pour 1’35’’… Le grimpeur italien aurait alors fait mieux qu’en 1998 en terme de temps de passages. Après le premier massif montagneux, les Pyrénées, Pantani accusait encore un retard de 3’01’’ sur le maillot jaune du Tour 98, Jan Ullrich, avant que le champion allemand n’explose dans les Deux Alpes….

5) Piau-Engaly

Ce jour là, Fernando Escartin avait lancé une grande offensive dans les cols pyrénéens .. Dans la montée finale, Lance Armstrong avait connu une très légère défaillance, concédant 9 secondes à Virenque et Zülle. En fait, le maillot jaune avait connu une fringale à 5 kilomètres du sommet.

Le temps d’Armstrong dans l’ascension de Piau-Engaly fut de 26’15’’, l’Américain de l’US Postal développant une puissance moyenne de 387 watts.

Sachant que Pantani était en jaune au départ de cette étape pyrénéenne, il n’aurait pas eu besoin de suivre Escartin dans sa fugue… On peut raisonnablement penser, compte tenu de la fringale de Lance Armstrong, que Pantani aurait pu encore creuser l’écart sur son rival américain…

Cependant, avec un pourcentage de 5.2 %, une altitude de 1850 mètres et un kilométrage de 19.65 km, l’ascension de Piau-Engaly est moins compliquée que Sestrières ou l’Alpe d’Huez, donc moins propice à creuser de gros écarts pour un grimpeur.

Sur les 5 derniers kilomètres de ce col peu pentu, entre un Pantani très en verve et un Armstrong en fringale, on peut estimer à environ 1’40’’ (soit 20″ au kilomètre) le gain potentiel pour Pantani, sans oublier les 12 secondes de bonification de la deuxième place, derrière Fernando Escartin, soit 1’52’’ de gain potentiel.

Ce qui aurait donc porté l’avance du leader de Mercatone Uno, au classement général à 3’27’’, avant l’ultime contre-la-montre, au Futuroscope de Poitiers.

6) Futuroscope

Lance Armstrong, ce jour là, gagna l’étape (sur 57 km) devant Alex Zülle classé à 9’’, Tyler Hamilton à 1’34’’, Abraham Olano à 2’18’’, Chris Boardman à 3’28’’, Daniele Nardello à 3’42’’, Fernando Escartin à 4’13’’, Laurent Dufaux à 4’13’’, Richard Virenque à 5’48’’…

Le leader de l’US Postal donnait ainsi à son maillot jaune l’éclat de l’or, réussissant le grand chelem des CLM sur ce Tour de France 1999, comme Miguel Indurain en 1992 (San Sebastian, Luxembourg et Blois).

Même si Armstrong avait course gagnée depuis Piau-Engaly, le maillot jaune avait disputé ce CLM du Futuroscope à fond, sans s’économiser. Plusieurs éléments le prouvent. Premièrement sa victoire, deuxièmement son départ rapide et son fléchissement progressif par rapport à Alex Zülle, troisièmement les importants écarts creusés sur les principaux leaders.

Si l’on considère Pantani par rapport à l’échantillon Ullrich qui sert de témoin à Armstrong, alors l’Italien aurait du perdre 3’32’’ ce jour là.

Par rapport à Alex Zülle, Pantani perd virtuellement 4’15’’, ce qui place le grimpeur romagnol à 4’24’’ du meilleur temps d’Armstrong.

Par rapport à Laurent Dufaux, le coureur italien gagne virtuellement 22’’, ce qui le met à un écart de 3’51’’ sur le vainqueur.

Par rapport à Fernando Escartin, le grimpeur de la Mercatone Uno gagne virtuellement 48″, ce qui donnerait un retard de 3’25’’ sur le meilleur temps du jour.

Par rapport à Abraham Olano, Pantani perd virtuellement 2’21’’, ce qui le placerait à 4’39’’ du chrono de référence sur le parcours du Futuroscope.

Si l’on extrapole le temps de Pantani comparé à ses écarts moyens sur Daniele Nardello, on arrive à une estimation de gain de 1’28″, ce qui mettrait Pantani à 2’14″ du temps de référence de cette épreuve chronométrée au Futuroscope de Poitiers.

A noter que Pavel Tonkov avait abandonné après les Pyrénées, il n’a donc pas disputé ce CLM du Futuroscope. Le coureur russe de la Mapei ne sera donc pas utilisé pour cette extrapolation.

En extrapolant les différents écarts virtuels, Pantani se placerait donc à 3’41’’ de Lance Armstrong.

Cela dit, on peut réduire de 30 % cet écart en raison de la motivation supplémentaire qu’offre le maillot jaune à un coureur. La tunique d’or est célèbre pour donner des ailes à un coureur, Pantani en 1998 (à Lugano sur le Giro face à Tonkov, avec le maillot rose, puis au Creusot sur le Tour face à Ullrich, avec le maillot jaune) ou Sastre en 2008 l’ayant prouvé dans la défense de leur place de leader du classement général.

On passerait donc d’un écart théorique de 4’51’’ à un écart corrigé de 2’35’’.

Ce gain de 2’35’’ au Futuroscope ne permettrait pas donc au leader de l’US Postal de combler totalement son retard au classement général, le maillot jaune restant, pour 0’52″, la propriété de Marco Pantani, qui aurait alors pu fêter son deuxième maillot jaune en deux ans sur les Champs-Elysées.

Comme dans toute estimation statistique, un intervalle de confiance est nécessaire. En s’accordant une marge d’erreur de 20 % sur l’écart final au classement général, on en conclut que Lance Armstrong évolue dans une zone comprise entre 42’’ et 1’02’’ de Marco Pantani.

Cependant, Lance Armstrong aurait donc été facile deuxième de ce Tour 1999, devant Zülle, Escartin et Dufaux.

Et la prédiction de Jim Ochowicz, si l’on considère le classement à Sestrières (et non à l’Alpe d’Huez), était juste… Il Pirata aurait été classé dauphin provisoire de cette édition 1999 de la Grande Boucle, à moins de deux minutes de son poulain !

Cependant, la théorie reste la théorie… Une course cycliste aussi complexe que le Tour de France ne peut se résumer à un problème arithmétique, à des extrapolations et à des estimations, si précises soient-elles. Si Marco Pantani avait gagné ce Tour 1999 devant Armstrong, il aurait été le premier Italien depuis Ottavio Bottecchia en 1925 à gagner le Tour deux années consécutives, et le deuxième coureur de l’Histoire, après Miguel Indurain en 1992-1993 à réussir deux doublés Giro-Tour d’affilée, preuve que l’exploit eut été colossal !

  1. avatar
    16 avril 2015 a 14 h 29 min

    Bonjour Axel,

    quel “énormissime” travail !! Passionnant.

    Cependant, je pense qu’Armstrong aurait gagné. Pourquoi ?

    1 – Le mélange entre données quanti, mathématiques et cartésiennes d’un côté et hypothèse, ressenti, impression de l’autre, entrecoupé d’une prise en compte du facteur émotionnel…. me parait paradoxalement trop complet pour être vraiment significatif et transposable en chiffre.

    2 – J’ai du mal à imaginer le monstre que LA était alors perdre 3 minutes sur une montée sèche de 10 bornes (Sestrières).

    3 – La prise en compte de la puissance collective de l’US Postal de l’époque me parait sous-estimpée dans ton analyse

    4 – Le nbre de km courus en solitaire sur le TDF 99 me semble rédhibitoire à une victoire du Pirate.

    5 – le Tour de l’an 2000, tu le dis d’ailleurs, a été le théâtre d’une telle démonstration de force du Texan…. en quoi Pantani aurait pu le battre en 99 (alors que l’Américain avançait masqué) tandis qu’en 2000 (alors qu’il était cette fois devenu favori, et donc très surveillé) il n’a même pas pu le bousculer ?

    Bref, tu l’auras compris, je vote clairement LA !

    Cela ne m’empêche de me régaler de ton article que je compte même me relire à tête reposée et non pas entre deux dossiers ;)

  2. avatar
    16 avril 2015 a 16 h 02 min

    Salut sporthinker,

    L’US Postal de 1999 n’avait aucune expérience ne l’oublions pas. Dans l’étape de Sestrières, mis à part Gotti et Escartin dans le Montgenèvre soit le col précédant la montée finale et la mine du maillot jaune, personne n’attaque dans le Galibier à part Jose Luis Arrieta en éclaireur dans le col du Galibier …
    Ni Zulle, ni Olano, ni Dufaux, ni Virenque (à part un vieux démarrage pour le maillot à pois à 100 m du sommet du col) n’ont tenté de désarçonner l’équipe du Texan.
    Bref le maillot jaune d’Armstrong en 1999 n’a pas été challengé, avecun Jan Ullrich du niveau de 1997 ou un Marco Pantani du niveau de 1998 (ou du Giro 1999 justement) tout aurait été différent pour les coureurs de Johan Bruyneel.

    Bref je ne suis pas trop d’accord sur le train bleu, après Pantani marchait sur l’eau au Giro 1999, on peut se dire qu’il aurait été fatigué par ce Giro très montagneux mené tambour battant ocntre Jalabert, Simoni, Heras, Gotti et autres Salvoldelli.

    Ce qui eut pu aider Lance Armstrong en 1999 est le kilométrage de CLM bien plus important qu’en 2000 avec 56 km à Metz et 57 km au Futuroscope, sans oublier les 7 km de prologue du Puy-du-Fou?

    J’ai vu plusieurs étapes sur Eurosport du Giro 99 (avec le sympathique Patrick Chassé au commentaire et sans doute feu Laurent Fignon ou Vincent Barteau en consultants) dans l’incroyable remontée de Pantani sur Jalabert au Santuario di Oropa, ou la victoire à Alpe di Pampeago où Pantnai avait détruit le Colombien Hernan Buenahora avec une différence de vitesse proprement hallucinante.

    Au delà des projections mathématiques que je fais dans l’article et qui n’ont qu’une crédibilité relative car on ne peut modéliser uen course cycliste sur Excel, Pantani Giro 99 me semble plus fort qu’Armstrong Tour 99 qui était à bloc dans Sestrières.
    Au point de lui prendre assez de temps pour se protéger du Texan avant les CLM ?
    C’est tout l’intérêt de la question et en effet on peut se demander si Armstrong n’aurait pas eu l’avantage in fine …

  3. avatar
    17 avril 2015 a 18 h 07 min

    Bravo pour cette simulation très documentée!

    Toutefois, à mes yeux, le plus grand rendez-vous manqué sur le Tour de France fut celui de 1973, où Merckx décida de ne pas s’aligner face à Ocana pour se concentrer sur le doublé Giro-Vuelta.

    Il est dommage que ce duel n’ait pas eu lieu puisque cette année-là, les deux coureurs étaient au sommet de leur forme!
    L’Equipe, à l’époque, avait proposé une simulation (bien plus brève que la tienne). Jacques Goddet avait alors estimé que Luis Ocana aurait probablement gagné.

    Qu’en dis-tu Axel ? Cela pourrait faire l’objet d’un prochain article!

    • avatar
      18 avril 2015 a 8 h 14 min

      Hello El Cucumber,

      Oui en effet on peut évoquer le duel manqué Ocana / Merckx de 1973, mais il y a d’autres chocs de titans qu’on a aussi manqué, Coppi / Koblet en 1952 (absence du Suisse), Hinault / Soukhouroutchenkov au début des années 80 si le champion olympique de Moscou (alias le Merckx des amateurs) était venu courir en pros.

      Pour en revenir à 1973, Jacques Goddet avait en effet publié un édito en donnant un léger avantage à l’Espagnol, au motif qu’il eut dominé le Belge en montagne.
      Vu la forme d’Ocana en 1973 et ce qui s’était passé en 1971, on ne peut lui donnner tort.
      Fuente taillait des croupières à Merckx entre 1972 et 1974 dans les montagnes italiennes sur le Giro, mais le grimpeur ibérique n’arrivait pas à la cheville de son compatriote Ocana dans les CLM.

      On peut raisonnablement penser qu’Ocana aurait pu battre Eddy Merckx en 1973, même si avec le Cannibale, rien n’était impossible !

  4. avatar
    17 avril 2015 a 20 h 01 min

    Il est possible que le Pantani de 2000, qui a été pris par la patrouille, n’était pas dans les meilleurs conditions pour affronter Armstrong lors de son dernier Tour, bien qu’il ait réussi à en emporter 2.

    • avatar
      18 avril 2015 a 8 h 17 min

      C’est certain que Pantani en 2000 n’était pas dans les meilleures conditions, il n’avait repris l’entraînement que le lundi de Pâques soit le 24 avril 2000, près de 11 mois après son exclusion sur le Giro 99.

      Le Pirate italien n’avait que le Giro et le championnat d’Italie dans les jambes en arrivant sur le Tour de France 2000.

      D’où les 6 minutes perdues à Lourdes Hautacam derrière Armstrong. Pantani gagna à l’orgueil au Mont Ventoux, la seule étape où il fut à son vrai niveau fut Courchevel, puisque ni Heras, ni Jimenez ni le maillot jaune texan ne purent lutter ce jour là.

  5. avatar
    18 avril 2015 a 18 h 02 min

    Salut. Je partage l’avis d’axelborg. Ayant suivi le giro à l’époque, je crois que pantani y avait été à son meilleur niveau et pas loin du plus impressionnant que j’aie jamais vu en montagme et oui Armstrong n’était lui pas encore à son sommet.

    D’ailleurs on pourrait même peut être faire la même analyse avec ullrich qui avait sacrément manqué à cette édition lui aussi

    • avatar
      19 avril 2015 a 8 h 58 min

      En effet, Ullrich s’était bien remis de sa blessure et avait gagné le tour d’Espagne (mais ce gros boeuf avait bien souffert dans l’étape de l’Angliru).

      • avatar
        19 avril 2015 a 11 h 20 min

        Salut Mocte,

        Pour Ullrich en 99, je pense qu’il aurait fait 3e derrière le duo Pantani / Armstrong, il avait du encore bâcler sa préparation en pensant faire un tour à la clinique de soin express de Merano + 10 jours de course au Tour de Suisse / Championnat d’Allemagne.

        Donc grosso modo au niveau d’Alex Zulle mais sans la chute fatale au passage du Gois qui condamna les chances du Suisse.

        Mais après en effet quelle démonstration de l’ogre de Rostock sur la Vuelta, avec un CLM parfait à Avila la veille de l’arrivée, tout le peloton sauf Zulle (2’50”) prenant au moins 3 minutes dans la vue ! Digne d’Indurain …

        Comme un symbole, Ullrich avait pris le maillot de oro à Arcalis, l’endroit même où il avait endossé le maillot jaune sur le Tour 97.

      • avatar
        19 avril 2015 a 11 h 33 min

        Une simple anecdote peut suffire à faire comprendre à quel point Marco Pantani était justement monstrueux au Giro 99. Un vrai mutant !!

        Le Pirate atteint son record de puissance en carrière avec 490 watts en coureur étalon (78 kg) à Madonna di Campiglio, un ratio puissance / poids de 7.38 watts / kg, largement au-dessus des 6.7 qui sont le seuil définis par le docteur Ferrari pour être un candidat très crédible au maillot jaune.

        Armstrong fait son meilleur score de 1999 avec 420 watts (étalon 78 kg) à Sestrières soit un ratio de 6.05 watts / kg.

        Même à Lourdes Hautacam en 2000 où il explose tout sur son passage, le Texan ne fait que 455 watts (ratio de 6.55)

        Il faut voir les images d’Oropa 99 et Madonna di Campiglio 99 pour comprendre ce que valait Pantani à l’époque, même si évidemment dopé. Une vraie fusée !!

  6. avatar
    20 avril 2015 a 5 h 15 min
    Par mwn44

    Ça fait toujours aussi plaisir de te lire Axel, après tout ce temps, et tu touches là une de mes plus grande interrogation de l’époque, même si j’avais déjà la réponse que tu amènes avec tes comptes d’apothicaire. Oui, Pantani aurait battu Armstrong en 1999, pour moi ça ne fait aucun doute (mettons de côté le dopage pour une fois, ils étaient tous les deux aussi chargés – désolé pour ceux qui étaient cleans à l’époque – doivent pas être beaucoup – mais on parlera sans doute jamais de vous, et c’est triste). Il m’a donné la réponse à Courchevel sur le tour 2000.

    Après un retour en catimini sur le Giro 2000 où il emmène Garzelli sur son porte bagage pour la victoire, Il est clairement hors de forme sur le début de la grande boucle. Au premier démarrage de Lance sur Hautacam, il essaie de suivre avec Zülle mais le coup de pédale n’y est pas.

    Au mont Ventoux, c’était la première fois de ma vie que je voyais quelqu’un, lâché au train, revenir dans le groupe et surtout réattaqué dans la foulée. En tant que fan du pirate, ce jour là, mon estomac a fait du yoyo autour de mon trou de balle, avec en prime la victoire offerte par un texan arrogant et calculateur.

    A Courchevel, vexé comme un poux par la pseudo bonté d’Armstrong au sommet du mont chauve, le Pirate se met en mode téléphérique et survole les pentes de la station des 3 vallées, et par orgueil remet Armstrong à sa place, c’est à dire derrière lui en montagne.

    S’en suit ce coup de poker sur la route de Morzine, qu’aucun leader n’avait tenter depuis longtemps (Landis le tentera en 2006, sur les mêmes routes – et avec succès – avant analyse sanguine), où le pirate met à mal, à lui seul l’armada US Postal, et son chef de file en tête. Pantani n’a pas gagné en 2000, mais avec Lance a eu de la veine de ne pas avoir le même Zülle qu’en 1999, ou le Ullrich de 1997 ou 2003, face aux coups de boutoir d’un Pirate à la jambe de bois orgueilleuse.

    Malheureusement, en sport c’est souvent comme ça… des rendez-vous ratés, des pics de forme qui se chevauchent et se croisent, et l’histoire qu’on veut réécrire… Il n’y a pas toujours des Prost-Senna dans le sport. Le Barça a été grand, quand le Real l’était moins, et vice versa. Coria aurait-il amoindri le palmarès de Nadal sur terre battue (et RG) s’il n’avait pas mis prématurément fin à sa carrière ? Revois la finale de Rome en 2005, et notamment ce 5e set d’anthologie, pour imaginer ce qu’aurait pu être ce duel en finale sur le Philippe Chatrier… Est-ce que Stoner, s’il revenait en MotoGP, comme il l’a souhaité il y a deux semaines, pourrait concurrencer Marquez au HRC ? Pour revenir au cyclisme, est-ce Heras n’aurait pas pu mettre à mal Armstrong en 2002 dans une autre équipe ? Est-ce que Klöden n’aurait pas pu embêté un peu plus Armstrong en 2004 s’il n’était pas équipier d’Ullrich ? Qu’aurait donné la suite du duel entre Rasmussen et Contador en 2007, sans l’exclusion de ce premier, qui, je le rappelle, n’a jamais été contrôlé positif contrairement à l’espagnol, plus tard. Ce dernier, aurait-il contesté la victoire en Froome sur le TDF 2013 ?

    C’est toujours un plaisir de refaire l’histoire, mais, je terminerai sur une note un peu plus négative : ton introduction est géniale, mais tes comptes d’apothicaires peuvent laisser les lecteurs moins fanatiques sur le carreau. Après tu fais un travail “d’investigation” colossale et tu justifies tes calculs systématiquement, même si quelques rares fois, c’est un peu bancale, voir à-peupriste (les 30% de gain du maillot jaune sur les épaules, c’est quand même une sorte de pirouette un peu vague – même si on sait que ça joue – on compte Vasseur, Heulot, Simon, Vockler, pour les français qui l’ont démontré, voir ce même Pantani en 1998). Bref excellent travail, mais un peu rude à la lecture sur la fin. Au plaisir de te relire, je repasserai !

    Mwn.

  7. avatar
    20 avril 2015 a 11 h 39 min

    Salut Mwn,

    Oui en effet si l’on raisonne à partir de Courchevel 2000 où Pantani était proche de 90 % de pic de forme, il aurait battu Armstrong en 1999. La vraie question de 1999 n’est pas qui aurait dominé en montagne mais combien de temps le Pirate aurait perdu sur le King dans les CLM du Puy-du-Fou, de Metz et du Futuroscope. En montagne, Marco Pantani aurait laminé le Texan sans problème dans les cols même si on peut débattre des écarts qui en auraient résultés.
    J’invite vraiment ceux qui n’ont pas vu les étapes du Giro 99 sur Eurosport à faire du youtube a posteriori sur Oropa, Alpe di Pampeago et Madonna di Campiglio.

    Pour 2000, j’avais fait un article qui expliquait que la victoire du Texan était une imposture sportive en dehors de l’usurpation en terme de dopage : Ullrich arrivant avec une préparation bâclée, Pantani hors de compétition, Zülle atteint par la limite d’âge, Heras, Botero et Beloki rookies sur le Tour, Virenque dans une équipe Polti bien faible avec seulement Pascal Hervé, le champion américain avait le maillot jaune qui lui tendait les bras.

    Voici le lien de cet article
    http://yourzone.beinsports.fr/cyclisme-armstrong-et-les-paradoxes-du-tour-2000-82175/

    Roberto Heras n’aurait jamais du rejoindre l’US Postal, mais il a préféré accumuler les dollars et les Vueltas que de défier Armstrong pour le maillot jaune. C’est son choix, même s’il aurait du s’imposer comme leader unique chez Kelme face à l’étoile montante Sevilla et au mercenaire colombien Botero.

    Pour Klöden, why not mais c’est plus Vinokourov qui aurait mérité de gagner le Tour, avec son panache et son sens tactique. Il suffit de se souvenir de ses gains d’étapes en 2003 à Gap et en 2005 à Paris, mais aussi en 2012 aux Jeux Olympiques de Londres, pour se rémémorer l’habileté du kazakh à s’extraire d’un peloton compact.

    Pour le 30 % de gain CLM avec le maillot jaune, je me base sur Lugano 98 contre Tonkov (Giro) et Le Creusot 98 face à Ullrich (Tour), deux chronos où Le Pirate s’est sublimé en rose puis jaune. Après on peut considérer que c’est trop et baisser ce coefficient d’ajustement à 10 ou 20 % …

    Bien vu pour Nadal / Coria, rendez-vous raté de deux génies de la terre battue. L’Argentin a raté la victoire en 2004 à cause de crampes contre Gaudio, avant de voir les blessures gâcher sa carrière. Mais plus que Federer ou Djokovic par la suite, Coria avait les moyens de gêner Nadal je pense.

    On peut ajouter le duel manqué en 1994 en F1 entre Senna et Schumacher. Le prince Ayrton aurait-il pu remonter 20 points face à la Benetton Ford de celui qui n’était pas encore le Kaiser ? La Williams Renault FW16 de Newey était rétive et malgré la puissance du V10 français, Senna aurait souffert car la B194 avait un anti-patinage prohibé malgré les dénégations sans fin de Ross Brawn et Rory Byrne par la suite.
    Vu la maturité de Schumi qui n’était plus un espoir mais déjà un immense pilote, je pense que l’Allemand aurait battu le Brésilien de peu.
    Mais Ayrton Senna aurait certainement pris sa revanche en 1995 s’il était resté chez WIlliams, car des rumeurs l’envoyaient chez Ferrari. Primo car il ne s’adaptait pas au team de Didcot, secundo car furieux de voir Benetton disposer du V10 Renault dès 1995 et donc Williams perdre l’exclusivité du propulseur de Viry Chatillon, tertio car attiré par le prestige inégalable du Cavallino, Jean Todt lui faisant une cour assidue avant de se rabattre sur son héritier allemand après le décès de l’archange de Sao Paulo, le 1er mai 1994 à Imola.

    Pour Casey Stoner, on a évoqué son nom pour remplacer Dani Pedrosa, ce serait intéressant de voir ce qu’il pourrait faire contre le phénomène Marc Marquez en effet …

    • avatar
      21 avril 2015 a 23 h 47 min
      Par mwn44

      Salut Axel,

      Pour revenir sur Coria / Nadal (je sais qu’on parle de cyclisme là mais bon…) j’avais commencé à écrire un article là dessus pour Sportvox à l’époque, mais le site a fermé et j’ai lâché l’affaire (je le reprendrai peut-être). Mais on ne peut pas dire vraiment que c’est un rendez-vous raté. Il a juste duré 5h14 en finale de Rome en 2005, et c’est, pour moi, le plus beau match de terre battue qu’il m’ait été donné de voir de ma vie. Si tu ne l’as pas vu, deux vidéos sont disponibles sur Youtube. L’une un peu longue retraçant les meilleurs moments du match, et l’autre plus courte, montrant les plus beaux points d’un 5ème set où Coria menait 3-0 avant de perdre au tie-break. Bref El Mago contre, on peu le dire à l’époque, El Fenòmeno sur orcre, ça vaut son pesant de tapas.

      Je pense néanmoins que ce match a eu vraiment un nouvel impact négatif sur le mental de l’argentin (plus que la défaite en finale de RG en 2004), et derrière, pour l’anecdote, il perd en 1/8e de finale de RG 2005 contre la future bête noire de Nadal… Davydenko. Peut-être que le jeu en demi-volée du russe le gênait lui aussi. Derrière, on ne révérra jamais El Mago à son meilleur niveau…

      En tout cas, la confrontation a eu lieu, et c’est peut-être parce qu’elle reste unique, qu’elle a un gout si particulier (même pour moi, plutôt fan de l’argentin). Mais c’est sûr que j’aurai bien allonger un billet pour voir cette rivalité perdurer dans le temps.

      • avatar
        22 avril 2015 a 10 h 42 min

        @Mwn, raté sur le long terme et la durée pour Nadal / Coria car en effet Rome 2005 est digne d’un Rome 2006 contre Federer, Paris 2013 ou Madrid 2009 contre Djokovic, une des victoires les plus compliquées pour l’ogre espagnol sur la terre battue européenne.

  8. avatar
    20 avril 2015 a 12 h 18 min

    Au Ventoux 2000, Pantani gagne grâce à la combinaison de 4 facteurs.

    1/ Primo son orgueil et son courage qui lui permettent de revenir après le Chalet Reynard dans le groupe Armstrong Ullrich Botero Heras Beloki Virenque

    2/ Secundo le cadeau (empoisonné in fine) d’Armstrong sur la ligne car le Texan était le plus fort ce jour là au contraire du Dauphiné 2000, mais à la différence d’Indurain, le maillot jaune a mal géré cet épisode car Pantani n’est pas Rominger ou Bugno mais un ancien vainqueur du Tour donc pas le genre à accepter une victoire d’étape

    3/ Tertio le fait que le groupe de tête se soit regardé en chiens de faïence ce qui l’a maintenu en point de mire de Pantani avant que ce dernier ne revienne et n’attaque à 6 reprises

    4/ Le fait que Lance Armstrong l’ait rejoint dans les 2 derniers kms, leur jonction plus tôt sur les pentes rocailleuses du Géant de Provence aurait ralenti l’Américain pour creuser l’écart sur Jan Ullrich au général, du coup Marco Pantani aurait été éjecté par L.A. qui serait allé gagné en solitaire au Ventoux façon Chris Froome en 2013, en mode “motobike”

  9. avatar
    20 avril 2015 a 18 h 38 min
    Par NONO

    Bonjour Axel,

    J’ai découvert le site il y a peu et bravo pour tes articles vraiment très complets! Je t’avoue que je n’ai pas lu ton post en entier, mais c’est vrai qu’en 1999, Armstrong aurait pu être battu, en tout cas il me semblait “prenable”, tout comme en 2000 et 2003.

    Pantani, en enchaînant Giro-Tour en 1999 aurait peut-être eu du mal a déboulonner Armstrong. S’il s’était concentré sur le Tour, avec sa forme du Tour d’Italie, je pense qu’il aurait gagné.

    En 2000, Ullrich et Pantani ne sont pas à leur top donc pas de conséquences pour le Texan. En 2003, Ullrich fait quelques fautes tactiques que le privent de la victoire.

    En revanche, c’est un véritable despote sur les tours 2001, 2002 et 2004.

    Concernant le duel manqué Merckx/Ocaña en 1973, ça restera l’un des grands regrets d’Ocaña je pense, ne pas avoir battu Merckx.

    J’avais vu une émission où son mentor du club Montois, Cescutti, disait qu’Ocaña, sans la malchance, aurait dû remporter 3 tours de France: 1971, 1972 et 1973. En 1972, il chute et prends froid dans les Pyrénées.

    En 1974, il se blesse dans une chute à 2 semaines du Tour et il doit renoncer. Quand on connait les difficultés qu’a eu Merckx dans la montagne cette année là…

    • avatar
      21 avril 2015 a 7 h 52 min

      Salut nono,

      Pour 1974, le grand rival de Merckx aurait du être Joop Zoetemelk plus encore que Luis Ocana. Le Néerlandais marchait sur l’eau cette saison là, victoires dans Paris-Nice, le Tour de Romandie et la Semaine Catalane.
      Il chute dans une étape du GP du Midi Libre et manqua le Tour pour la seule fois de la période 1970-1986.
      Mais en effet Ocana aurait du gagner en 1971 et 1973, je suis moins tranché sur 1972 qui reste le plus beau Tour de France d’Eddy Merckx après sa chute de 1969 au vélodrome de Blois.

      Sur 2003, Ullrich fait plus que des erreurs tactiques, au moins 4 énormes erreurs indignes d’un maillot jaune :
      - il n’attaque pas Armstrong à la limite de rupture dans le port de Pailhères alors que le Texan accuse le coup psychologiquement après le CLM de la veille vers Cap Découverte puis il attaque trop tard dans le plateau de Bonascre
      - il fait tout le boulot vers Loudenvielle à la poursuite de Vinokourov défendant une 2e place qui n’a plus de valeur alors que le maillot jaune est à sa portée
      - il gaspille des forces dans le Tourmalet qui lui manqueront dans Luz Ardiden
      - il ne reconnaît pas le parcours du CLM Pornic – Nantes et chute dans ce fameux rond point sous la pluie

      Pour Armstrong, tu oublies 2005 où il était pour moi intouchable, équipe Discovery Channel suprêmement forte et L.A. presque au top de sa forme, comme un bon vin qui s’était encore bonifié à deux mois de ses 34 ans.

      • avatar
        22 avril 2015 a 20 h 50 min
        Par NONO

        Pour le Tour 1972, d’après les revues que j’ai, Ocaña paraissait en effet inférieur à Merckx, de façon assez nette. Je ne pense pas non plus qu’il aurait pu le gagner.

        L’accident de Zoetemelk en 1974 a été je crois une cassure brutale dans sa carrière, avec un peu les même conséquence que l’accident de Merckx en 1970 il me semble, tu confirmes? Il était en train de passer un cap.

        Sans l’accident de Blois en 1970, le palmarès de Merckx aurait été autrement plus important encore, car il n’a jamais regrimpé comme en 1969-1970…

        Son Tour 1974 avait déjà été laborieux. Peut-être aurait-il gagné en 1975 sans le fameux coup de poing au Puy de Dôme, qu’est-ce que tu en penses?

        Enfin, concernant Jan Ullrich, il n’avait aucun sens tactique, c’est clair. Mais je crois qu’il avait un complexe Armstrong et qu’il courrait pour être 2è, un peu comme Bugno avec Indurain, par exemple.

  10. avatar
    23 avril 2015 a 12 h 47 min

    Salut nono,

    Pour Merckx, l’accident de Blois arrive en septembre 1969, il est donc déjà diminué sur le Tour 1970 mais il gagne quand même au Mont Ventoux et creuse un écart de 12 minutes sur son dauphin (Zoetemelk).

    Pour 1975, très difficile à dire, je pense que oui personnellement mais vraiment compliqué de quantifier l’impact mental et physique du coup de poing sur Eddy Merckx. Sa défaillance de Pra Loup aurait-elle eu lieu quand même ? Le Cannibale n’avait que 30 ans en 1975, donc pas super vieux mais il avait déjà énormément couru depuis ses débuts pros en 1965. Donc bien que jeune trentenaire, le Belge était fort usé au niveau de son organisme, d’où son vrai déclin en 1976-1977 avant sa retraite officialisée au printemps 1978 juste avant un Tour qu’il espérait être le dernier.

    Possible pour Zoetemelk je ne connais pas assez sa carrière mais pour moi c’était un suceur de roue sans panache, marqué au fer rouge par l’hégémonie de Merckx puis de Hinault.

    Pour Ullrich, oui en effet comparable à Bugno vs Indurain, dès 2000 il comprend qu’Armstrong sera son bourreau, alors qu’en 1998 contre Pantani je pense qu’il envisageait une revanche, qui n’arrivera jamais face au coureur italien.

  11. avatar
    7 mai 2015 a 9 h 43 min

    A mes yeux la grande question: Pantani aurait-il gagné le tour 1998 sans l’exclusion des Festina? et si les Festina aurait pu rivaliser face à l’US Postal d’Armstrong en 1999? Pantani avait de forte chance de se faire piéger au passage du Gois comme en 1997 à Bordeaux avec la chute à quelques kilomètres de l’arrivée. Il n’aurait je pense donc pas pu rattraper ce handicap sur Armstrong, au contraire de Festina lorsqu’on voit le classement de Zulle, Dufaux et Virenque. L’écart sur le prologue me semble gentil lorsqu’on voit qu’en 1998 à Dublin il perd 48 secondes sur Bordman et 43 sur Ullrich sur un prologue plus court que celui du Puy du Fou.

  12. avatar
    7 mai 2015 a 18 h 46 min

    Salut,

    La simulation de 1999 sur Pantani / Armstrong n’a de sens que si l’Italien avait échappé à la chute au passage du Gois.
    Sinon avec 6 minutes de retard dès la 2e étape comme Zülle plus les CLM où Armstrong lui aurait pris du temps, impossible de rattraper cela en montagne.

    Pour Festina en 1999 sans l’affaire, difficile de répondre, oui pourquoi pas si Zulle leader et si le Suisse n’avait pas chuté vers Normoutier.

    Pour Festina en 1998, très compliqué mais Zulle et Virenque avaient largement les moyens de devancer Julich 3e sur le podium, voire même Jan Ullrich défaillant aux Deux Alpes.
    Mais la course aurait été bien différente avec eux notamment dans les cols.
    Je vote plutôt non pour Pantani maillot jaune en 1998 avec Festina dans la course, plutôt Zulle qui aurait tiré la leçon de son énorme défaillance au Giro dans les Dolomites.

  13. avatar
    8 mai 2015 a 7 h 27 min

    Je pense que Festina aurait placé deux coureurs sur le podium avec Virenque et Zulle, Dufaux quant à lui aurait finit pas loin de celui-ci. Richard à mes yeux gagnait le tour cette année là, son chrono sur le prologue montrait ces progrès en CLM et en durcissant la course tôt il aurait peut être piéger Pantani qui aimait faire la course en deuxième partie de peloton en début d’étape comme avec sa chute au début des deux Alpes.
    Pour 99 Festina aurait pu faire exploser le peloton et donc isoler Armstrong tôt dans la course ce que n’aimait pas Armstrong.

    Avec les Festina, le passage du Gois n’aurait pas creuse de si gros écarts car la Once de Manolo Sainz roule car Zulle avait affirmé qu’il prenait les même produits chez Festina que chez Once.

  14. avatar
    8 mai 2015 a 9 h 57 min

    Virenque maillot jaune en 1998 ? Possible en effet, mais Pantani l’aurait battu au Plateau de Beille, l’Italien étant bien meilleur sur des montées sèches comme ce col pyrénéen.

    Pour l’étape des Deux Alpes, difficile de savoir comment Festina aurait géré une telle étape sous la pluie.

    Mais c’est vrai qu’avec le trio Dufaux Virenque Zulle plus Brochard et Moreau, Festina avait de loin la meilleure équipe en 1998.
    Cependant, je pense plus Zulle que Virenque car 2 gros CLM cette année là en Corrèze puis en Bourgogne, donc plus favorables au dauphin d’Indurain 95 et Armstrong 99.
    N’oublions pas que Miguel Rodriguez avait justement recruté Zulle contre la volonté de Virenque pour concurrencer Ullrich sur les CLM. IL avait bien compris que Virenque même en s’améliorant CLM perdrait toujours au moins 3-4 minutes sur l’ogre de Rostock, sans avoir la capacité de démarrage de Pantani en montagne.

    Pour 1999, un Zülle avec la force collective de Festina et sans chute au passage du Gois battait Lance Armstrong. Le Texan aurait forcément perdu du temps dans les Pyrénées à force d’être harcelé par l’équipe franco-espagnole.

    Et le Suisse aurait alors pu endosser le maillot jaune en vue du CLM du Futoroscope juste avant le terme du Tour 99.

  15. avatar
    8 mai 2015 a 20 h 12 min

    Totalement en accord sur les montées sèches Pantani était au dessus sauf sur les ascensions roulantes l’étape d’Andorre en 1997. Il ne faut pas oublier que Virenque était considérait comme un des meilleurs descendeurs et qu’en contre la montre il progressait énormément. Je pense que Festina donnait le rôle de leader à Virenque en 1998 avant de le donner à Zulle l’année suivante. Je pense que les écarts en Corrèze aurait pu donner le rôle de leader à Zulle mais il aurait du prendre une grande marge sur Richard.

  16. avatar
    9 mai 2015 a 12 h 19 min

    Salut N. Tournier,

    Pour 1998 le gâteau était théoriquement partagé ainsi par Rodriguez et Roussel, Giro Zülle, Tour Virenque, Vuelta Dufaux, avec les deux suisses en jokers de luxe du Varois sur le Tour.

    Zülle aurait surement été le plus proche des 3 en Corrèze derrière (voire devant) Jan Ullrich.
    Sur une Grande Boucle avec peu d’arrivées au sommet (Plateau de Beille, Deux Alpes), un écart trop grand entre Zülle et Virenque aurait conduit Festina au pragmatisme.
    On ne recrute pas un coureur du niveau de Zülle, même si échec au Giro, pour lui torpiller ses chances sur le Tour de France face à Jan Ullrich, surtout qu’il était le seul des 3 leaders à avoir déjà gagné un grand Tour, les Vueltas 1996 et 1997 en l’occurrence.

    N’oublions pas qu’en 1998, avant les Deux Alpes, Ullrich était encore vu sur le nouveau Merckx. Armstrong n’était pas revenu tel le phénix, Pantani n’avait pas encore fait son doublé Giro – Tour et sa chevauchée digne de Coppi ou Gaul vers les Deux-Alpes sous la pluie.

    Battre l’ogre allemand, intronisé trop vite héritier d’Indurain en 1996, aurait donc donné un prestige inouï au maillot jaune de Zülle sur le Tour de France 1998 pour Festina.

    Pour 1999, à peine plus montagneux avec 3 arrivées au sommet (Sestrières, Alpe d’Huez, Piau Engaly) mais on peut se dire que sans l’affaire et en cas de victoire de Zulle sur la Grande Boucle 1998, Virenque aurait probablement quitté Festina pour devenir leader d’une autre formation. Le Varois avait un attachement viscéral au Tour, il n’aurait jamais supporté de servir de joker de luxe à Zülle pour 1999 …

    La tension avait été forte en 1997 au moment de l’annonce de l’arrivée du Suisse, Rodriguez et Roussel avaient du calmer leur poulain …

  17. avatar
    9 mai 2015 a 13 h 20 min

    En effet je ne l’avais pas vu comme cela même si je suis mitigé sur Zulle qui a réussi d’excellent tour que ce soit Vuelta ou Tour mais il a souvent eu une journée catastrophe qu’il lui faisait tous perdre comme le giro 1998, sa chute sur le tour 96 lors de la plus belle étape des 20 dernières années celle des Arcs.
    Il ne faut pas oublier qu’en 1998 Dufaux est monstrueux sur le tour de Romandie. En regardant les résultats du prologue Virenque finit 14ème du jamais vu même si 3 de ces coéquipiers étaient mieux Moreau, Zulle et Dufaux (5, 7,8).
    Lorsqu’on voit Ullrich en 96 ou 97, il arrivait très affuté dès la première semaine alors que par la suite il était prêt seulement dans les 10 derniers jours jamais compris ce choix.

  18. avatar
    10 mai 2015 a 9 h 06 min

    Hello,

    Oui Virenque et Dufaux étaient en forme aussi, dommage qu’ils aient été exclus juste avant le CLM de Corrèze. A un jour près on avait leur résultat du chrono et on aurait pu spéculer un peu plus facilement, tout en supposant qu’ils n’étaient pas trop affectés mentalement par la terrible pression médiatique

    Pour Zulle, hormis 1995 (où il échoue aux CLM de la Plagne et du Lac de Vassivière malgré son profil de rouleur), c’est vrai toujours un jour “sans” : Cormet de Roselend en 1996, Marmolada en 1998 sur le Giro, Nantes en 1999 sur le Tour (passage du Gois)

    Jan Ullrich n’avait pas compris qu’une perte de poids express à la clinique de Merano (entre Tour de Suisse et championnat d’Allemagne) était très coûteuse en énergie, il arrivait donc à seulement 80 % au prologue du Tour. Ce handicap plus ses erreurs tactiques lui ont côuté le Tour en 1998 et 2003, pour 2001 et 2004 je suis moins tranché tant Armstrong était souverain.

    J’avais fait un article sur ce sujet d’ailleurs, voici le lien

    http://yourzone.beinsports.fr/cyclisme-ullrich-et-la-troisieme-semaine-du-tour-de-france-8407/

  19. avatar
    10 mai 2015 a 11 h 36 min

    Excellent article, je trouve qu’il était assez performant en 1 ère semaine jusqu’en 1999 compris car a la vuelta de cette année la, il gagne la 1 ère étape de montagne. En 1996 il est la révélation avec le profil du coureur qui devra aider son leader qui s’est totalement décomplexé comme Pierre Rolland en 2011. Je trouve qu’en 1997 et 1998 il est tous de suite en haut de classement mais à partir de 2000 ça montre un côté amateur surtout quand on voit son rival de l’epoque Armstrong qui était toujours au top dès le prologue.

  20. avatar
    11 mai 2015 a 8 h 39 min

    2000 est le pire Tour d’Ullrich en dehors de 2004. Il perd 1 seconde / km au CLM du Futuroscope avant de reperdre du temps dans le CLM par équipes.

    Laminé à Lourdes Hautacam dans une journée qui rappelle (l’écart colossal en moins) les Deux Alpes en 1998, il monte en puissance trop tard, à Morzine quand le Tour est joué.

    Car battu au Ventoux, distancé à Courchevel au point de quasiment perdre sa 2e place au profit de Beloki, l’Allemand n’a jamais menacé le Texan pour le maillot jaune 2000. Et même en fin de Tour, malgré une étape de CLM plat taillée pour lui, il perd le duel contre Lance malgré son maillot de champion du monde de la spécialité acquis en octobre 1999 à Trévise. Deux mois avant de battre le Texan mais de perdre face à Ekimov le CLM olympique de Sydney.

    En 2001 il est au top mais se rate dans l’Alpe d’Huez, piégé par le bluff grossier de l’US Postal … Le retour du boomerang est terrible pour l’ogre de Rostock sur le plan mental, bref Tour terminé après les 21 virages de l’Alpe surtout qu’Armstrong confirme en puissance pure qu’il est le plus fort dès le lendemain à Chamrousse. L’impact mental se vérifie dans le dernier CLM où Ullrich prend une valise (1’39” en 61 km) finissant même 3e derrière le rouleur espagnol Igor Gonzalez de Galdeano. Même dans les Pyrénéens malgré son panache vers Bonascre ou St Lary, le leader de Telekom n’avait repris aucune seconde au Texan surpuissant en 2001 (son meilleur Tour selon moi).

    En 2003, triple erreur dans les Pyrénées, on ne saura jamais si Ullrich aurait pu gagner sans ses problèmes gastriques dans l’Alpe d’Huez, qui lui ont coûté un temps bien supérieur à son retard sur Armstrong après le CLM de Cap Découverte

    En 2005, tout est joué psychologiquement après Noirmoutier où comme un symbole il est rejoint par son vieux rival américain. Dès Courchevel, Ullrich comprend que ce Tour 2005 sera utopique une fois de plus, trop juste en montagne.

    En 1996 il aurait peut être gagné sans Riis leader malgré son inexpérience car ni Olano ni Indurain ni Rominger ne pouvaient gagner, et il ne restait face à lui que le duo Virenque / Dufaux en l’absence de Pantani convalescent (après sa terrible chute de Milan Turin fin 1995), de Zulle hors du coup et Jalabert déjà parti abandonner, en 1998 certainement il aurait pu conserver son maillot jaune sans Marco Pantani car ni Julich ni Escartin n’auraient pu faire un tel numéro vers les Deux Alpes, mais il aurait perdu si Festina était resté en course.

    En 1999 il aurait perdu contre Armstrong ou contre Pantani je le crains.

  21. avatar
    11 mai 2015 a 11 h 01 min

    Totalement d’accord, la seul question est Beloki aurait-il pu gagner le tour 2003?!

  22. avatar
    11 mai 2015 a 16 h 30 min

    Oui pour Beloki en 2003 tout dépend de ce qu’il aurait donné dans le CLM de Cap Découverte.

    Vu ses performances CLM honorables sans être exceptionnelles entre 2000 et 2002, certainement au moins aussi bien que Vinokourov voire qu’Armstrong le faux déshydraté de Cap Découverte …

    Et en cas de maillot jaune dans les Pyrénées, quelle gestion de la pression ?

    ONCE n’ayant pas une culture de l’offensive collective mais du suçage de roue dans les cols, je pense que sans maillot jaune après le chrono du Gers, le Basque n’aurait pas fait mieux que 2e voire 3e in fine car il n’aurait pas fait beaucoup mieux qu’Ullrich dans les Pyrénées.

    Mais il aurait ptet allumé la mèche plus tôt que l’Allemand dans le Plateau de Bonascre, le jour où L.A. était proche de la rupture après le Port de Pailhères et encore très friable mentalement au lendemain du chrono sur les terres de Jean Jaurès.

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