Peter Sagan, un coureur d’enfer
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Peter Sagan, un coureur d’enfer

Le champion du monde s'est adjugé la reine des classiques pour la première fois de sa carrière à l'issue, une nouvelle fois, d'un superbe Paris - Roubaix.

Peu après avoir franchi la ligne d’arrivée, Peter Sagan était en train de se congratuler avec son staff. Un peu plus tard, il rendait hommage à ses équipiers de la formation Bora-Hansgrohe (Burghardt, Oss, Bodnar, son frère Juraj). Le Slovaque s’est enfin adjugé Paris-Roubaix lors d’une journée où tout aura roulé pour le champion du monde. Oubliées les deux crevaisons de l’an dernier, Sagan a jeté son pavé dans le palmarès de la reine des classiques.

Au départ du 116ème Paris-Roubaix, le champion slovaque était naturellement cité parmi les favoris. Cependant, c’est une autre équipe qui faisait figure d’ogre. La formation Quick-Step, déjà auteure d’une razzia sur les classiques du Nord en ce début de saison, se présentait au départ de Compiègne avec pas moins de trois leaders pouvant prétendre à la victoire : Niki Terpstra, Zdeněk Štybar et Philippe Gilbert.

Il ne fallait pas non plus oublier Greg Van Avermaet (BMC), même si le tenant du titre ne s’est guère montré à l’aise sur les autres classiques. De nombreux outsiders pouvaient également déjouer les pronostics tels Jasper Stuyven, John Degenkolb ou Mads Pedersen (Trek), Oliver Naesen (AG2R), Arnaud Démare (Groupama-FDJ), Sep Vanmarcke (Education First), Gianni Moscon (Sky) et Wout Van Aert (Verandas Willems-Crelan).

Comme chaque année sur l’enfer du Nord, de très nombreux coureurs souhaitent prendre de l’avance dès le premier kilomètre de course mais le peloton, roulant à un train d’enfer, annihile les différentes tentatives d’échappée. Bien des coureurs souhaitent passer la course à l’avant car ils ont l’espoir d’aller très loin, parlez-en à Mathew Hayman (vainqueur en 2016). L’échappée tant convoitée prend définitivement forme après 57 kilomètres de course. On y retrouve neuf coureurs avec notamment Silvan Dillier (AG2R), Jelle Wallays (Lotto-Soudal) et, de manière plus surprenante, Marc Soler (Movistar), récent lauréat de Paris-Nice. Les neuf hommes vont compter jusqu’à 8’40″ d’avance sur le peloton.

Les coureurs arrivent alors à Troisvilles, point de départ des secteurs pavés. C’est le début des célèbres faits de course de l’épreuve avec des chutes et des incidents mécaniques touchant divers protagonistes. Ce Paris-Roubaix 2018 prend une autre dimension à partir de la trouée d’Arenberg, lieu mythique de l’épreuve : Philippe Gilbert en personne attaque avec Mike Teunissen (Sunweb). Le pensionnaire de la Quick-Step demeurera quelques kilomètres devant le groupe des favoris avant d’être repris. Quelques instants plus tard, Zdeněk Štybar passe à l’offensive avant d’être lui aussi rattrapé par le reste du peloton. La formation belge donne alors l’impression de contrôler la course.

Mais le véritable tournant se produit à 54 bornes de la ligne d’arrivée : Greg Van Avermaet place une banderille avant d’être contré par Peter Sagan. Très discret jusque-là, le champion du monde laisse sur place ses rivaux et revient sur ce qu’il reste du groupe de tête. Derrière le Slovaque, un groupe prend forme. Dans un premier temps, le duo Stuyven-Van Aert tente d’enclencher la poursuite… sans succès. Enfin, sous l’impulsion de Niki Terpstra qui emmène avec lui Greg Van Avermaet, Sep Vanmarcke, Taylor Phinney (Education First) et les deux Belges, le groupe de poursuivants se forme. Gilbert et Štybar paient leurs efforts et sont distancés. En quelques instants, Quick-Step vient de perdre Paris-Roubaix.

Hélas, les poursuivants perdent du terrain par rapport à Peter Sagan qui n’est plus suivi que par Silvan Dillier. Le champion de Suisse, auteur d’une course phénoménale, est le seul membre de l’échappée initiale à avoir su tenir la cadence du Slovaque, et ce après plus de 215 kilomètres passés à l’avant. Les deux coureurs se disputent la victoire sur le vélodrome de Roubaix où Sagan remporte assez aisément le sprint. Il s’agit du deuxième monument figurant au palmarès du champion du monde après le Tour des Flandres 2016. Le podium de cette 116ème édition de l’enfer du Nord est complété par Niki Terpstra, le lauréat du Ronde étant passé à l’offensive en fin de course. Pour les Français ce fut un dur Paris-Roubaix puisque le mieux classé, Marc Sarreau, n’est que 26ème à plus de 4 minutes du vainqueur.

Le classement

1. Peter Sagan (Bora-Hansgrohe) en 5h54’06″
2. Silvan Dillier (AG2R) à 0″
3. Niki Terpstra (Quick-Step) à 57″
4. Greg Van Avermaet (BMC) à 1’34″
5. Jasper Stuyven (Trek-Segafredo) à 1’34″
6. Sep Vanmarcke (Education First) à 1’34″
7. Nils Politt (Katusha-Alpecin) à 2’31″
8. Taylor Phinney (Education First) à 2’31″
9. Zdeněk Štybar (Quick-Step) à 2’31″
10. Jens Debusschere (Lotto-Soudal) à 2’31″

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