PDM 91 – ONCE 96, une intoxication alimentaire… et médiatique !
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PDM 91 – ONCE 96, une intoxication alimentaire… et médiatique !

En 1991, l’équipe néerlandaise PDM, forte de coureurs de première force tels Erik Breukink et Sean Kelly, sombre corps et âme en deux étapes, Rennes et Quimper. Deux étapes qui sonnent les glas des espoirs de PDM, terrassée par une mystérieuse perfusion au glucose. Curieuse coïncidence, 1991 est l’année où le dopage du cyclisme européen entre dans une autre dimension, celle de l’EPO. L'équipe ONCE vivra un épisode assez proche à la fin de la Vuelta 1996 remportée par son leader suisse Alex Zülle.

Lyon, juillet 1991, parc de la Tête d’Or. 3e du Tour 1990 derrière Greg LeMond et Claudio Chiappucci, dauphin surprise après l’échappée fleuve du Futuroscope, Erik Breukink vise le maillot jaune en 1991, lui qui avait remporté deux étapes en 1990, le chrono en altitude de Villard-de-Lans et le CLM final du Lac de Vassivière. Il lui a juste manqué la régularité qui fait les champions implacables, témoin ce temps perdu à Luz Ardiden alors qu’Indurain et LeMond, exceptionnels en cette étape reine des Pyrénées, imposaient leur férule au reste du peloton, mettant fin aux illusions de Chiappucci. Le grimpeur toscan allait bientôt rendre son maillot jaune, objectif ultime de Breukink pour 1991.

Le rêve de Breukink n’a rien d’utopique car à 28 ans, sa progression linéaire doit lui permettre de dominer LeMond, coureur d’exception qui a cependant encore les traces de son terrible accident de chasse  du lundi de Pâques 1987 à Rancho Murieta. Le Néerlandais fait partie des outsiders de Greg LeMond. Mais si Indurain va confirmer ses formidables progrès, si Bugno va monter en puissance, si Chiappucci va prouver qu’il n’est pas un feu de paille après son bel été 1990, Breukink va vivre un calvaire en ce mois de juillet 1991.

Dans le premier contre-la-montre Argentan – Alençon, Breukink domine longtemps les débats avant de s’effondrer en fin de parcours au profit de Miguel Indurain et Greg LeMond.

En perdition, Breukink ne finira que 4e d’un chrono qu’il était parti pour remporter.

L’étape suivante conduit le peloton d’Alençon à Rennes. De la Normandie vers la Bretagne, le Tour 1991 de l’équipe PDM bascule dans l’irrationnel.

A Rennes, l’équipe hollandaise loge à l’hôtel du Cheval d’Or, face à la gare. PDM est la seule des vingt-deux formations du peloton de ce Tour 1991 à descendre dans cet établissement.

Le lendemain, entre Rennes et Quimper, quatre coureurs de l’équipe PDM abandonnent (dont deux non partants), quand un cinquième termine au bord de l’épuisement, hors délais. Cette véritable hécatombe reste un mystère.

Nico Verhoeven, Uwe Raab, Jean-Paul Van Poppel et Martin Earley ont jeté l’éponge, victimes, d’après leur directeur sportif, Jan Gisbers, d’un virus. Boden, le champion d’Allemagne, a terminé hors délais à Quimper.

Certains évoquent une intoxication alimentaire contractée à l’hôtel du Cheval d’Or de Rennes.

L’hypothèse est farfelue, puisque les dirigeants ont partagé le repas avec leurs coureurs et seuls ces derniers sont malades : ce n’est donc pas du côté de la quiche lorraine, du poulet grillé, des spaghettis ou du gratin de courgettes servis au dîner rennais de PDM qu’il faut aller chercher l’origine d’un mal si mystérieux.

Quel est donc ce cheval de Troie infiniment petit venu semer le trouble dans les rangs de PDM ? Le chauvinisme des journalistes bataves vient pourrir l’ambiance autour de l’hôtel des PDM à Quimper. Dans le Finistère, le même vent de fronde se lève contre la presse étrangère, comme en 1988 où les médias ibériques avait parlé d’un complot orchestré contre l’Espagne et Pedro Delgado. Cette fois, pas de maillot jaune dans l’oeil du cyclone.

En attendant, les quatre rescapés de cette équipe décimée poursuivent le Tour. Mais Raul Alcala, Erik Breukink, Sean Kelly, à l’heure de quitter l’hôtel Le Griffon, à Quimper, sont fiévreux et inquiets.

Le médecin  de l’équipe PDM, Wim Sanders, est encore saturé de travail. Kelly, avec 38.5° de fièvre, semble trop fragile pour parvenir jusqu’aux cols pyrénéens.
Il semble également utopique pour Erik Breukink de continuer à viser le maillot jaune.
Quant au Mexicain Alcala, le voilà qui souffre des mêmes symptômes qui ont touché les infortunés ayant du abdiquer la veille entre Rennes et Quimper. Tête lourde, sensations de froids, douleurs dans les articulations, fatigue intense, troubles digestifs et maux d’estomac.

Le virus mystérieux a l’apparence d’une grippe. Van Poppel avait plus de 40° de fièvre, Raab et Verhoeven n’ont pas pu accéder au royaume de Morphée, privés de rêves. Impossible de fermer l’oeil pour les deux coureurs, quitte à compter les moutons … A 39.5 °C de fièvre, les deux coéquipiers ont passé une nuit blanche … Incapable de sortir de son lit, Verhoeven renonce, tandis que Raab, qui signe la feuille de course au protocole de départ, est finalement vaincu par ce mal anonyme. PDM tombe de Charybde en Scylla dès la onzième étape.

Entre Quimper et Saint-Herblain, PDM est rayée de la carte du monde, l’équipe néerlandaise. Sean Kelly, Raul Alcala, Erik Breukink et Van Aert quittent à leur tour une course pas encore parvenue à son point névralgique.

Quelques jours plus tard, sans Breukink, premier outsider de Greg LeMond, le Tour de France changera d’époque. Dans les derniers hectomètres du Tourmalet, Claudio Chiappucci accélère, Greg LeMond cède quelques mètres, et Miguel Indurain s’enfuit dans la descente vers son premier maillot jaune.

Le règne de l’EPO a débuté sur le Tour de France, symbolisé par le podium Indurain – Bugno – Chiappucci. Le dopage en vigueur dans le peloton européen a pris une autre dimension.

Chez PDM, il semble que Wim Sanders n’arrive pas à la cheville de Sabino Padilla (Banesto) ou Michele Ferrari, druides, sorciers, épouvantails bien plus redoutables que Miguel Indurain ou Tony Rominger.

Ce maudit virus, maquillé par certains observateurs mal avisés en intoxication alimentaire, renvoie au Tour de France 1962. Les mauvaises herbes ont la vie dure, on avait déjà à l’époque voulu camoufler un scandale de dopage sous une affaire de poisson avarié, cousue de fil blanc.

Plusieurs jours après le scandale PDM, les explications vaseuses continuent, avec le même malaise que dans un épisode de Columbo. On ne connaît pas la vérité, mais on sait que le coupable ment.
Car le docteur de PDM est coupable. Il invoque une bactérie, puis une contamination de l’eau des coureurs par de la salmonelle. Fausse piste puisqu’aucune diarrhée n’a été signalée.

On évoque ensuite une injection de glucose  faite aux coureurs de PDM, argument guère plus convaincant.
Dans ce Cluedo cycliste, le lieu du crime est connu : une chambre d’hôtel, probablement à Arras, au Havre ou à Alençon, les villes étapes ayant précédé la maudite étape Rennes – Quimper, qui sonna le glas des espoirs des coureurs.

L’auteur du crime est également identifié, le docteur Wim Sanders. Reste l’arme du crime, et la lumière n’éclatera finalement que bien plus tard. On apprendra, suite aux aveux sur la perfusion de glucose, que les coureurs et les dirigeants ont été contraints de mentir sous la pression du sponsor. PDM, le vendeur de videocassettes, fait du zèle et invente désormais les histoires qui vont avec. Mais personne n’est dupe.

Voulant concurrencer Italiens et Espagnols en injectant de l’EPO à leurs coureurs, les Néerlandais de PDM ont trop tiré sur la corde. Ce dosage massif d’EPO a provoqué l’inverse de l’effet attendu.
Au lieu de transformer les coureurs en chevaux de course, l’EPO a coupé les jambes des champions de PDM, qui sont tombés comme des mouches, victimes d’un syndrome proche de la grippe.

Breukink ne gagnera jamais le Tour de France, mais il peut s’estimer heureux d’avoir réchappé à cette épée de Damoclès qui menaçait de lui couper la tête. Au début des années 90, des dizaines de coureurs amateurs sont morts de caillots ou d’infarctus, victimes des ravages de l’EPO surdosée.

PDM découvrait avec effroi la triple facette de l’EPO en cette année 1991. E comme Expérience, P comme Performance, O comme Omerta.

En septembre 1996, la Vuelta verra un épisode voisin avec l’équipe ONCE, tous les coureurs étant victimes d’une gastro-entérite, à l’exception du Suisse Alex Zülle, futur lauréat de ce Tour d’Espagne. Tenant du titre, Laurent Jalabert ne finit que 19e de cette Vuelta 1996. Comme pour PDM en 1991, les autres équipes hébergées dans l’hôtel d’ONCE ne sont pas malades. Autre fait étrange au sujet de cette épidémie de gastro, les coureurs de l’équipe espagnole ne prennent pas d’assaut les toilettes de l’hôtel comme on pourrait s’y attendre. L’Equipe évoque son trouble, sans pourtant faire de lien direct et explicite avec quelconque consommation d’EPO. Le champion français supporte très mal les insinuations du quotidien sportif national, évitant ses journalistes jusqu’à la fin de l’épreuve.

Chez ONCE, seul l’Australien Neil Stephens sera finalement victime d’un abandon suite à cette intoxication collective, imputée à un plat de riz au lait traditionnellement dédaigné par Zülle.

A deux jours de l’arrivée, l’équipe ONCE prend finalement des airs de phénix sur la route de Ségovie où l’ancien champion italien Gianni Bugno signe une des ultimes victoires de sa carrière. La veille, Laurent Dufaux, dauphin au général de son compatriote Zülle a gagné à Avila. Galvanisé par sa victoire, Dufaux multiplie les attaques notamment dans le col de la Navacerrada.

Le témoignage de Laurent Jalabert au quotidien belge Le Soir est édifiant : “Notre unique mission du jour était d’aider Zülle à 100 %, pour qu’il maintienne la différence avec Dufaux, expliquait Jalabert. Grâce à Dieu, Alex est l’unique coureur de l’équipe qui n’a été malade à aucun moment. Nous avons eu pas mal de chance dans notre malchance.

Mes coéquipiers ont commencé à avoir des diarrhées et des vomissements au moment du dîner mardi soir. Moi, j’étais content car je pensais avoir été épargné, mais, à 11 heures du soir, ça a été mon tour. J’ai passé toute la nuit dans la salle de bain et je n’ai presque pas dormi. Mercredi a été le pire jour pour moi. Jeudi, ça allait un peu mieux, mais je n’avais pas encore totalement récupéré, l’étape était difficile et arriver à Avila m’a beaucoup coûté.”

  1. avatar
    12 août 2014 a 22 h 49 min

    Dommage pour Breukink que l´affaire PDM ait gache son Tour en 1991, mais aurait-il pu lutter contre Indurain en montagne pour le maillot jaune ?

    Aurait-il meme pu devancer les Italiens Chiappucci et Bugno pour le podium ? On ne le saura jamais …

  2. avatar
    29 août 2014 a 9 h 25 min

    Je connaissais l’épisode PDM. En revanche, Once, est-ce vraiment prouvé que c’était à cause du dopage?

    • avatar
      27 janvier 2015 a 17 h 37 min

      @Mocte, ce qui est certain c’est que Zulle se dopait aux hormones de croissance pendant les Vueltas 96 et 97

      Il l’a avoué à Lyon pendant sa garde à vue avec Festina en 1998, ce que Manolo Saiz ne lui pas a pardonné, ONCE se vengea après la chute du Suisse en 1999 au passage du Gois dans la fameuse étape de St Nazaire, propulsant Olano et Armstrong en favoris du Tour de France 99.

      J’avais fait un papier sur cet épisode.

      Après, lien de causalité entre dopage ONCE et intoxication alimentaire d’Avila ? Pas certain mais fort probable …

  3. avatar
    25 janvier 2015 a 20 h 07 min
    Par Fabien

    “PDM, le vendeur de videocassettes, fait du zèle et invente désormais les histoires qui vont avec” J’adore !

    C’est clair que Rijkaert et Sanders étaient moins talentueux que Ferrari !
    Pourtant, l’EPO est déjà une vieille histoire chez PDM : 89 pour les aveux de Rooks et Theunisse, et même 88 pour les transfusions suite à la publication des carnets du docteur par la presse hollandaise et belge l’an dernier. Il y a 2 ans et demi, je faisais l’hypothèse d’une prise pionnière d’EPO pour Rooks et Theunisse lors du Tour 88. Et bien, désolé c’était une odieuse diffamation, ils étaient innocents : en réalité, ils faisaient juste des transfusions ! Après, à leur décharge, ils avaient déjà fort à faire avec le dopage hormonal. D’ailleurs, le changement de carrure des PDM est impressionnant chez Theunisse, Ampler et Dhanens. Mais aussi visible chez Breukink et Alcala (épaules). Même LeMond a singulièrement épaissi de 88 à 92 par rapport à sa première carrière. Est-ce un apprentissage des méthodes de PDM ? Question ouverte.

    Cependant, comme tu dis, la maîtrise des PDM reste moyenne si l’on en juge aux performances en dents de scie de la saison 90, entre les performances supersoniques abracadabrantes : au Tour, clm du petit Alcala, montée de Saint Gervais du gros Ampler, super Breukink dans les Alpes et le Pilat (meilleur temps de la montée de l’Alpe et 1er au clm de Villard de Lans), échappée de Breukink et Bugno qui résistent seuls face au peloton dans le final de l’étape de Bordeaux, doublé De Wolf/Dhanens aux championnats du monde qui contre toute vraisemblance résistent au peloton. Et les gros ratés : Alcala à l’Alpe d’Huez, Breukink largué dans le Tourmalet. Et bien pire, comme la mort de Johannes Drajiers mort chez lui suite à un dopage EPO dénoncé par sa veuve.

    Once, une autre école, c’est l’ombre d’Eufemiano Fuentes
    Le même Eufemiano soupçonné d’avoir fait des transfusions sur Delgado et Ruiz Cabestany dès 85 et qui avait tenu la dragée haute à Padilla dans la Vuelta 91 (1er Mauri, 2ème Indurain). Cet Eufemiano qui selon les dires de Manzano, Jaksche et des enquêteurs avait des techniques de conservation plus que douteuses.

    Conclusion : Fuentes et Rijkaert se sont améliorés au fil du temps mais Ferrari et Padilla ont gardé une longueur d’avance. D’ailleurs, je me pose une question : qui est le vrai médecin des flèches de chez Sky ???

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      27 janvier 2015 a 17 h 43 min

      Salut Fabien,

      Oui Fuentes fut dans l’ombre chez ONCE

      Pour Sky, c’était Geert Leinders au début l’ancien médecin de Rabobank avant le scandale Rasmussen. Maintenant je ne sais plus, mais Froome a sans doute un médecin privé, la tactique est désormais d’avoir un médecin bidon qui sert de leurre et de créer des circuits opaques entre le coureur vedette et un médecin officieux qui n’apparait pas dans l’organigramme de l’équipe …

      PDM gérait moins bien l’EPO que les Italiens et les Espagnols, sinon ils n’auraient jamais fait ce dosage foireux qui détruisit leur team en entier en 2 étapes bretonne sur le Tour 1991.
      C’était le temps des cobayes, et certains l’ont payé de leur vie avec des caillots sanguins …

    • avatar
      27 janvier 2015 a 17 h 49 min

      Salut Fabien,

      Pour ta simulation Breukink / Indurain en 1991, le temps du CLM du Hollandais à Alençon est biaisé car le Batave était déjà atteint par les effets du mauvais dosage EPO des médecins de PDM.

      N’oublions pas qu’il avait aussi gratté 1 minute à Lyon avec LeMond dès la 1re étape suivant le prologue au Parc de la Tête d’Or.

      Au final, ça se compense à peu près …

      En effet, Miguel Indurain connaît zéro passage à vide en 1991, idem en 1992 et 1995, quelques creux en 1993 (Pyrénées car fiévreux) et 1994 (démotivation et trop de liberté tactique laissée à Pantani et Ugrumov dans les Alpes)

      Donc sans rentrer dans le détail des chiffres, je pense aussi que Breukink n’aurait pas pu prendre le maillot jaune à Miguel Indurain, podium au mieux avant ou après Bugno, question complexe …

  4. avatar
    27 janvier 2015 a 0 h 01 min
    Par Fabien

    Breukink aurait-il pu battre Indurain sans l’affaire PDM ?

    A l’issue du clm d’Alençon, il avait un peu plus d’1 minute d’avance sur le Navarrais.

    D’un côté, je dirais que c’est jouable car au Tour 90, Breukink l’a battu sur 3 clm sur 4. Qu’en 91, il l’a encore battu au prologue de Lyon et qu’il était bien parti pour le battre encore dans le très long chrono d’Alençon, s’il ne s’était pas complètement écroulé sur la fin.

    A son actif, Breukink avait aussi dans son équipe beaucoup de coureurs capables de renverser la course et de piéger Indurain (Kelly, Alcala notamment), un peu comme les Once en 1995. D’ailleurs, avec les Z, les PDM ont bien réussi ce numéro dans le WE de Lyon.

    D’un autre côté, la petite minute d’avance que Breukink avait sur Indurain, il la devait surtout à une échappée surprise (+1’44) et au clm par équipe (+1’15). On a vu par la suite que de tels avantages ne pesaient pas bien lourd face aux ravages de la préparation “Padilla” en montagne. Au pied des Pyrénées, LeMond pouvait légitimement penser avoir fait la course parfaite avec un avantage qu’en d’autres temps on n’aurait considéré comme définitif vu son talent : 2’17 sur Indurain, 3’56 sur Bugno et plus de 6′sur Chiappucci. A Paris, c’est 13 minutes de retard pour LeMond

    De plus, Breukink nous avait habitué à au moins un “jour sans” par an qui lui faisait tout perdre. Dans ses défaillances, il ne faisait pas semblant. Ainsi, dans l’étape de L’Alpe d’Huez en 1988, où Breukink avait pris un éclat de 15 minutes alors qu’il était 3ème du général et nourrissait de grands espoirs après sa seconde place au Giro. Pire encore, après avoir été impérial au Gran Sasso et au Tre Cime di Lavaredo dans le Giro 89, maillot rose avec plus d’une minute d’avance sur Fignon, il perdait de nouveau tout dans le final de l’étape de Corvara, sous la pluie et le froid des Dolomites. Il finit complètement cuit au ralenti avec son imperméable jaune https://www.youtube.com/watch?v=QlNC83uDUPI

    L’ampleur des passages à vide de Breukink s’était beaucoup atténuée depuis son arrivée chez PDM (testostérone ? EPO). Mais, à l’été 90, rebelotte. Sans les 4 minutes qu’il perd dans l’étape de Luz Ardiden alors qu’il est 2ème du classement général devant LeMond, il remportait le Tour!
    En revanche, Indurain en 91, c’est zéro jours sans. Autant dire, très difficile pour Breukink.

    Quand bien même Breukink était un coureur par étape intrinsèquement bien plus talentueux qu’Indurain, dans les conditions de 1991 et avec leurs préparations respectives, je ne crois pas à une victoire possible de Breukink. N’est pas Padilla qui veut.

    ++

    • avatar
      27 janvier 2015 a 17 h 49 min

      Salut Fabien,

      Pour ta simulation Breukink / Indurain en 1991, le temps du CLM du Hollandais à Alençon est biaisé car le Batave était déjà atteint par les effets du mauvais dosage EPO des médecins de PDM.

      N’oublions pas qu’il avait aussi gratté 1 minute à Lyon avec LeMond dès la 1re étape suivant le prologue au Parc de la Tête d’Or.

      Au final, ça se compense à peu près …

      En effet, Miguel Indurain connaît zéro passage à vide en 1991, idem en 1992 et 1995, quelques creux en 1993 (Pyrénées car fiévreux) et 1994 (démotivation et trop de liberté tactique laissée à Pantani et Ugrumov dans les Alpes)

      Donc sans rentrer dans le détail des chiffres, je pense aussi que Breukink n’aurait pas pu prendre le maillot jaune à Miguel Indurain, podium au mieux avant ou après Bugno, question complexe …

  5. avatar
    27 janvier 2015 a 21 h 27 min
    Par Fabien

    Ah oui, c’est vrai ça. Breukink était-il déjà victime d’un mauvais dosage dès le clm ? Une sorte de prémisse de l’affaire PDM ? En fait, tu sais quand les PDM aurait eu leur injection ratée le plus probablement ? Quelque chose a filtré ?

    Parce que vu que les symptômes arrivent entre 28 et 36 heures après la fin du contre-la-montre d’Alençon, dans la soirée de l’hôtel à Rennes, j’ai toujours pensé que ça devait être lié à une injection mal faite à Rennes ou à Alençon

    Mais en fait, je ne connais pas du tout ce genre de réaction. Est-ce le genre de machin qu’on déclare 48 h après ? Ou est-ce que c’est immédiat et dans ce cas c’est à Rennes qu’il faudrait chercher ? Et puis quel est le mécanisme exact ? Un virus ou une bactérie liée à une mauvaise conservation/hygiène ? Ou une réaction “normale” à une surdose, qui devrait aussi arriver rapidement, non ?

    En l’absence de témoignages et d’expertise, il serait peut-être intéressant de voir si Alcala ou Kelly ou leurs coéquipiers se sont aussi écroulés à la fin de leur clm ou sont totalement passé à travers. Je sais qu’Alcala avait fait un bon chrono (il a perdu 3’17 sur LeMond et 3’25 sur Indurain) mais s’est-il écroulé aussi sur la fin ? Il faudrait que je revisionne le final…

    • avatar
      28 janvier 2015 a 12 h 23 min

      Hello Fabien,

      Simple hypothèse de ma part srur Breukink pour le CLM d’Alençon, tout dépend quand PDM avait piqué Breukink à l’EPO en 1991.
      Poissible aussi qu’il se soit effondré car parti bien trop vite sur des bases trop élévées, comme Lance Armstrong en 1999 au Futuroscope face à Zulle (dans des proportions bien moins spectaculaires), pas forcément un contrecoup d’un mauvais dosage EPO …

      Lol pour Bugno et les jours “sang”, en effet l’Italien fut l’imposture bis avec Miguel Indurain sur l’année 1991.
      Il se réfugie derrière la musicothérapie et un régime alimentaire sans pâtes pour expliquer sa progression soudaine du printemps 1990. Allez ça doit représenter 10-15 % du gain, contre 85-90 % pour l’EPO, élixir de puissance que lui préconisait le professeur Conconi.

      Mais que dire de Chiappucci, Rominger, Riis, Ugrumov et autres Jaskula les années suivantes. Juste hallucinant comme Wiggins plus tard.
      J’avais classifié les coureurs dans un article que je republierais mis à jour, pour moi très peu de gros talents naturels, même si tous dopés après : Ullrich, Pantani, Leblanc, Andy Schleck, Contador, Armstrong (mais pas pour la montagne ni le CLM, plutôt les classiques), Evans, Froome …

      Luc Leblanc aurait du gagner l’Alpe d’Huez en 1991, quel talent pur dommage qu’il ait fini par céder à la tentation EPO en 1994.

      Mais quand tu sais que Conconi était ami avec le prince Alexandre de Mérode (Pdt de la commission médicale du CIO) et Armstrong (via Thomas Weisel) lié en affaires Verbruggen, tu comprends mieux le palmarès des années 1990 et 2000 sur le Tour et le Giro …

      Par contre, politiquement, je n’ai jamais compris comment Indurain, Padilla et l’univers Banesto s’étaient protégés niveau UCI et instances.

      Car le meilleur produit, EPO, Aicar ou autres, n’est rien si l’on se fait bêtement déclasser a posteriori comme Hamilton aux JO 2004 d’Athènes.

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        29 janvier 2015 a 22 h 32 min
        Par Fabien

        Salut,

        Comme tu dis, que dire des autres.

        Au moins, Bugno avait un super talent de sprinteur qu’il ne devait à personne. Un excellent rouleur qui avait remporté plusieurs titre de champion d’Italie en poursuite chez les amateurs. Un bon grimpeur enfin, bien que trop grand gabarit.

        Avant même d’arriver chez Chateau d’Ax, il excellait dans les semi classiques du calendrier italien et en avait déjà remporté plusieurs à seulement 22-23 ans (Tour du Frioul, Tour des Apennins). Bref, un coureur doué et prometteur, peut-être plus encore qu’Indurain et infiniment plus que Chiappucci et Rominger.

        Cela dit, à son âge LeMond avait déjà fait une fois 1er, une fois 2ème du championnat du monde, remporté le Dauphiné et le Tour de l’Avenir et finit 3ème du Tour.

        Mais bon sa saison 90 n’a plus rien à voir : Bugno qui attaque en solitaire à 33 km de San Remo, qui résiste à tout le monde pour remporter La Primavera la plus rapide de l’histoire (à l’époque), Bugno qui étrille tout le monde sur les pentes du Vésuve ou Bugno qui martyrise Mottet au Pardoi (au passage, chapeau à Mottet pour avoir réussi à s’accrocher et le battre au sprint !)… Champion d’Italie, champion du monde, double victoire à l’Alpe…

        Pour couronner le tout, il la ramène sur le dopage en disant que Theunisse salit le vélo (avec ses contrôles positifs à la testo) ! Il ne manque pas d’oxygène, cet homme là. Indurain, au moins, était mieux élevé.

        Bref un escroc certes mais qui le fait avec classe, à l’image de son compatriote Chiappucci, qui était ma 2ème idole avec Alesi. C’est plus vendeur que des Hollandais et des Allemands piqués aux hormones, non ?

        A+ !

        • avatar
          30 janvier 2015 a 10 h 03 min

          Pour les commentaires de Bugno sur Theunisse, c’est facile d’allumer les autres en effet quand on sait qu’on est indétectable avec un produit comme l’EPO, véritable bénédiction en 1991-1992. Elixir de puissance, pourcentage proche de zéro d’être pris par un contrôle …

          Ca me rappelle les commentaires de Djokovic ou de Wiggins quand Armstrong a avoué début 2013.

          Pour Bugno, le Giro 1990 est vraiment la plus grosse imposture, il éclate tout le monde, met 6’30” à son dauphin Mottet, porte le maillot rose de bout en bout.

          A Benidorm en 1992, il a couru avec intelligence, laissant les autres favoris s’épuiser dans des échappées (Indurain, Rominger, Chiappucci), il ne restait ensuite plus qu’à battre Jalabert au sprint, ce qui fut fait avec brio.

          Bref, champion d’Italie 1990, double champion du monde 1991 et 1992, 2e et 3e des Tours de France 1991 et 1992, vainqueur du Giro 1990, beaucoup d’énormes performances pour un coureur qui n’était pas, de loin, le plus doué de sa génération.

          Mais en effet, comparé à Rominger ou Chiappucci, succès moins usurpés car il partait de moins loin intrinsèquement.

          Le pire du pire c’est vraiment Bjarne Riis, incapable de monter un col à son époque gregario de Fignon, et dès 1993 il carbure au feu sacré le bon Danois … Quelle gigantesque blague …

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            30 janvier 2015 a 23 h 15 min
            Par Fabien

            Ah je savais pas pour Wiggins. C’est du même acabit que Valls qui s’est senti trahi par Cahuzac lol

            Revoir Bugno rouler en 1991-1992 me donne un peu l’impression d’un type sur une moto avec sa chevelure intégrale et ses lunettes noires. La magie n’opère plus.

            Quand j’étais petit, j’y voyais que du feu. Il faut dire que les commentaires de Gégé n’aidaient pas. C’est très médiocre mais j’adore :
            http://www.ina.fr/video/CAB93043193/le-journal-du-tour-emission-du-14-juillet-1993-video.html

            On pourrait en faire des compil. Pas si loin des parodies des Inconnus…

            Laurent Fignon y croit visiblement avant cette 1ère étape des Alpes du Tour 93.

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            31 janvier 2015 a 17 h 29 min

            Salut Fabien,

            Voici la citation de Wiggins datant d’octobre 2012, après le délcassement USADA / UCI du Texan mais avant ses aveux chez Oprah WInfrey en janvier 2013

            C’est dommage que le cyclisme soit encore plongé là-dedans (dans une affaire de dopage). Mais je ne dis pas que c’est dommage qu’il (Armstrong) ait été pris, bien sûr ça devait sortir. Quand on vieillit, on se rend compte que le Père Noël n’existe pas, et c’est le cas avec Lance. C’est dommage que nous les coureurs, on doive ramasser et recoller les morceaux pour convaincre que ce sport a changé

            Sinon, un truc qui m’a toujours turlupiné, c’est la victoire d’Hampsten à l’Alpe d’Huez et sa 4e place en 1992.
            Pour un coureur soi-disant clean comme Snow Rabbit, vraiment bizarre … Surtout que derrière lui, Roche (9e), Delgado (6e) et Breukink (7e) carburaient au super.

            Lol pour les lunettes noires de Gianni Bugno, elle me rappellent un peu celles de Bono sur les tournées Zoo TV de U2 en 92-93.

            Le pauvre Fignon qui se fit rattraper dans les Alpes en 1993 par l’armada Mapei Clas de Rominger arreta sa carrière en pensant être has been, il l’était seulement sur le dopage … Il avait déjà refusé de partager le meme régime que Bugno en 1992 au niveau médical chez Gatorade, malgré l’insistance de Stanga …

  6. avatar
    27 janvier 2015 a 21 h 30 min
    Par Fabien

    Et maintenant pour la question Bugno/Breukink

    Bugno non plus n’a pas eu de jours sans au Tour 91 : que des jours sang !

    Alors qu’en 90, il oscillait encore entre le supersonique ou en tout cas bien au-dessus de ce qu’il faisait en 87-89 (clm de Vittel, Giro, l’Alpe d’Huez, Chaubouret, Causse Noir, Bordeaux) et des jours moins bien (clm de Vassivière) voire carrément défaillants (clm de Villard de Lans, Luz Ardiden).

    En 91, c’est tout le temps supersonique.

    En tout cas, Bugno est l’énarque, euh l’arnaque n°2 de l’année 91 !
    D’ailleurs, ses deux victoires à l’Alpe sont deux vols. Certes, il était un sprinteur de grand talent et un rouleur doué. Mais franchement, en 90, qui peut imaginer qu’il aurait pu arriver dans le même groupe que LeMond, Claveyrolat et Parra, ou même finir devant Delgado, Rondon ,Hampsten ou Millar, sans l’aide de son docteur Conconi ? Rebelotte en 91, où si l’on enlève Bugno et Indurain, il reste Luc Leblanc.

    Leblanc a beau s’être lancé à fond dans le dopage sanguin à partir de 94 : malgré son maillot irisé volé d’Agrigente, il aurait eu un bien plus beau palmarès sans cette gangrène, à commencer peut-être par une victoire à l’Alpe d’Huez en 91 et un podium sur le Tour voir mieux.

  7. avatar
    1 février 2015 a 1 h 10 min
    Par Fabien

    Bonsoir Axel !

    Pour Hampsten en 92, point sensible en effet. Je n’ai aucun doute sur l’authenticité de ses performances chez les pros de 85 à 91. Il suscitait l’admiration des pros pour son talent et sa propreté. Il fait aussi parti du panthéon de mes champions préférés avec Ronan Pensec, Charly Mottet et Greg LeMond.

    Pourtant, comme toi, j’ai toujours pensé que c’était bizarre en 92 et impossible en 93 (Galibier, Bonnette). Pour 92, je révisionne l’étape de Sestriere à partir de l’attaque de Rondon et Bugno dans le Mont-Cenis. Je te ferais un petit résumé de mon sentiment demain soir car je n’en suis qu’au pied de Sestriere.

    En tout cas, avant cette étape, son comportement a été tout ce qu’il y a de plus normal, y compris dans le clm de Luxembourg, formidable révélateur de dopés, où il termine à 8’30 d’Indurain et 4′ du 1er non EPO LeMond. Idem dans les Vosges et dans l’étape de Saint-Gervais.

    Ne pas oublier non plus qu’en 92, il était de plus en plus difficile mais encore possible de bien figurer sans EPO et même de battre des dopés à l’EPO à l’eau claire, comme l’a parfaitement réussi Delion au Cauberg, en laissant tout le poids de la course sur Stephen Roche. Mottet avait aussi réussi à suivre le trio EPO Bugno-Chiappucci-Indurain dans Marie-Blanque.

    Sur la question d’un probable passage d’Hampsten au dopage sanguin, j’ai cet extrait d’une interview qu’il a donnée en 2004 et que l’on pourrait interpréter comme un quasi-aveu, quand on voit ce qu’il fera en 93 :

    “Like Greg, I too saw what I believe were the effects of EPO when it entered pro cycling in the early 90s. In the first years it grew from a few individuals reaping obscene wins from exploiting its “benefits,” to entire teams relying on it, essentially forcing all but the most gifted racers to either use EPO to keep their place in cycling, quit, or become just another obscure rider in the group.”

    Cela dit, c’est un immense gâchis que l’un des champions les plus honnêtes de sa génération ait dû sombrer, juste pour garder sa place, à cause de l’absence de volonté des autorités à arrêter cette gangrène.

  8. avatar
    1 février 2015 a 12 h 40 min

    Salut Fabien,

    Oui évidemment il faussi inclure 1993 pour Andy Hampsten, il fait partie des 3 (avec Riis et Mejia) à avoir suivi les deux monstres Indurain et Rominger dans la fameuse étape de Serre Chevalier où tout le monde était passé à la casserole, Bugno, Chiappucci, Fignon, Breukink, Virenque et même Jaskula (futur 3e de ce Tour 1993 sacrant la généralisation de l’EPO).

    Sous l’impulsion des Clas du Zougois dans le Télégraphe, avant la démonstration de force du maillot jaune espagnol dans le Galibier.

    Invulnérable Navarrais ce jour là, donc je vois mal comment Hampsten a pu suivre à l’eau claire.

    Pour le CLM du Luxembourg 92, c’est vrai qu’il prend 8 minutes mais il n’a jamais été bon rouleur notre Snow Rabbit.
    Fignon en prend 6 ce jour là en étant à l’eau claire, puisqu’on sait qu’il refusait l’EPO chez Gatorade.
    Malgré cela il gagne en baroudeur à Mulhouse, ce qui donne aussi du crédit à la performance de Gilles Delion au Cauberg, dans la fameuse étape du Valkenburg.

    Donc pour Hampsten, soit il était vraiment pas bien ce jour là, soit il a choisi de dire oui à Mephisto dès les jours suivants, ce qui explique ses bonnes performances à Sestrières (5e derrière Chiappucci, Vona, Indurain et Bugno) et à l’Alpe d’Huez (1er) dans la 3e semaine du Tour 92.

    Vraiment étrange car les témoignages chez Motorola font état d’une scission au sein de l’équipe à l’hiver 94-95 quand Armstrong prend le leadership et commence à travailler avec le Dr Ferrari. Evidemment, Hampsten ne faisait pas partie des moutons de Panurge du cow-boy texan …

  9. avatar
    1 février 2015 a 12 h 57 min

    Tout un tas de liens que j’ai trouvé hier sur Armstrong et l’US Postal.

    Des dossiers de L’Equipe assez intéressants, aucun mega scoop mais des petits détails que j’avais manqué à l’époque du rapport USADA

    http://www.lequipe.fr/Cyclisme/Rapport-usada/

    http://www.lequipe.fr/Cyclisme-sur-route/Actualites/1998-armstrong-revient-aux-affaires/318899

    http://www.lequipe.fr/Cyclisme-sur-route/Actualites/1999-objectif-tour/318915

    http://www.lequipe.fr/Cyclisme-sur-route/Actualites/2000-transfuse-avant-le-ventoux/318919

    http://www.lequipe.fr/Cyclisme-sur-route/Actualites/2001-aussi-vite-que-schumi/318914

    http://www.lequipe.fr/Cyclisme-sur-route/Actualites/2002-le-debut-de-l-idylle-avec-landis/318916

    http://www.lequipe.fr/Cyclisme-sur-route/Actualites/2003-un-cintre-et-de-l-huile-d-olive/318913

    http://www.lequipe.fr/Cyclisme-sur-route/Actualites/2004-la-fausse-rupture-avec-ferrari/318917

    http://www.lequipe.fr/Cyclisme-sur-route/Actualites/2005-mensonges-et-malaise/318924

    http://www.lequipe.fr/Cyclisme-sur-route/Actualites/2009-come-back-avec-l-aide-du-docteur-ferrari/318923

    http://www.lequipe.fr/Cyclisme-sur-route/Actualites/Landis-l-homme-cle/318910

    http://www.lequipe.fr/Cyclisme-sur-route/Actualites/Ferrari-le-medecin-a-1-million-de/318927

    http://www.lequipe.fr/Cyclisme-sur-route/Actualites/Bruyneel-la-tour-de-controle/318920

    http://www.lequipe.fr/Cyclisme-sur-route/Actualites/Del-moral-speed-doctor/318925

    http://www.lequipe.fr/Cyclisme-sur-route/Actualites/Marti-pepe-le-facteur/318922

    http://www.lequipe.fr/Cyclisme-sur-route/Actualites/Celaya-l-instigateur/318918

    • avatar
      1 février 2015 a 14 h 47 min
      Par Fabien

      Très intéressant tous tes liens.

      Cet abus de testostérone ne serait-il pas un facteur aggravant de l’agressivité et de l’arrogance du Texan ? En tout cas, j’avais lu, sans recouper l’info, qu’en 88 Theunisse s’était battu avec son directeur sportif.

      Je comprends mieux aussi la violence des propos d’Armstrong et Bruyneel vis-à-vis de Landis en 2007. Le Boss et lui étaient plus que simples équipiers. Comme tu l’écris souvent, du Capitole à la Roche tarpéienne, il n’y a qu’un pas !

      On comprend mieux enfin pourquoi en montagne l’équipe d’Armstrong en 1999-2000 n’avait qu’Hamilton et Livingstone à opposer à l’Armada Telekom. C’était avant la consigne d’Armstrong de passer tout le monde au régime Ferrari !

      A la lecture de tout ça, je trouve très bien qu’ils se soient fait prendre. Franchement, je doute que Ian Ullrich, Alex Zülle ou Marco Pantani aient fait subir de telles intimidations à leurs coéquipiers. On est pas si loin de la Mafia avec Armstrong et Bruyneel. Cependant, ça aurait pu venir bien plus tôt, avec un peu de volonté des autorités et même de la presse, parce que les commentaires vaseux de Christian Prudhomme sur la cadence de pédalage du Texan et l’Equipe qui a attendu lâchement le départ d’Armstrong pour sortir quelque chose, quel manque de fierté !

      En tout cas, mon taux naturel d’hématocrite était entre 48 et même parfois 51 lorsque j’étais sportif (sans excès) et dans une santé olympienne. Je pense que la différence avec les champions de haut-niveau est qu’ils font tellement d’efforts longs et difficiles que leur taux d’hématocrite devient déprimé, contrairement à un sportif amateur, qui va faire seulement 300 km par semaine à des vitesses bien plus faibles. En tout cas, nous avons constaté chez ma fiancée un réel effet de la supplémentation en fer sur son taux d’hématocrite, qui est ainsi remonté de 36 à 40. Mais les médecins EPO avaient-ils besoin de se poser la question de l’alimentation, de son impact sur les niveaux d’hormone et des implications des carences en minéraux quand une piqûre suffit ?

      Pour Hampsten, effectivement, je ne vais même pas me fatiguer à revoir la grande lessive du Galibier car on comprend vite, vu les écarts avec Fignon, Mottet. En plus, dans les interviews récentes qu’il avait données sur le temps où il tournait à la low injection (1992-1994), Armstrong déclarait ne pas pouvoir certifier que les top riders de l’équipe en faisaient de même. Une pierre dans le jardin de Mejia et Hampsten ? Cela dit, Armstrong, en bon mafieux ne balancera jamais quelqu’un qui ne l’a pas balancé donc pour savoir il faudrait qu’Hampsten balance des méchancetés sur lui. Ce qui n’est pas le genre de Snow Rabbit !

  10. avatar
    1 février 2015 a 17 h 29 min

    Oui Armstrong c’était Al Capone, alors que Pantani, Ullrich, Zulle et les autres étaient juste des toxicomanes.

    Armstrong c’est Jordan Belfort, le Loup de Wall Street. Pour l’un comme pour l’autre, trop n’était jamais assez …

    La violence verbale du Texan trouve sa source dans son enfance, privé de père, piégé avec un beau-père violent et adultérin envers sa mère Linda … Bref c’est très oedipien. Arrogance sans limites, désir de pouvoir et d’argent …

    En effet, avec des équipiers super dopés comme Hamilton et Livingston d’abord, Heras et Landis ensuite, plus la protection de Verbruggen côté UCI, l’expertise machiavélique de Ferrari, Armstrong n’avait rien à craindre.

    A part une course parfaite de Jan Ullrich conjuguée à quelques problèmes de son côté, ce qui faillit arriver en 2003 mais l’ogre allemand fut lui même tactiquement dans les Pyrénées, donc hors sujet …

  11. avatar
    2 février 2015 a 13 h 03 min

    Pour en revenir à la peur qu’inspirait Armstrong à ses coéquipiers, il suffit de comparer en effet avec les autres grands leaders.

    Indurain avait fait dégager De Las Cuevas après son comportement au grand CLM du Luxembourg en 1992 puis au Giro en 1993, mais à part le Français, pas de gros problèmes chez Banesto

    Zulle n’avait pu empêcher Mancebo et Jimenez d’exister chez Banesto en 1999-2000

    Ullrich n’a été leader unique de Telekom qu’en 2000 et 2001 (plus en 2003 chez Bianchi), en 1996 il est équipier de Riis, en 1997 joker de luxe devenant leader à Loudenvielle, en 1998 co-leader, en 2004 co-leader avec Kloden, en 2005 co-leader avec Kloden et Vinokourov …

    Pantani a partagé le pouvoir avec Chiappucci en 1994 et 1995 chez Carrera avant d’etre seul maitre à bord à la Mercatone Uno, mais pas de cas analogue aux brouilles Andreu, Vasseur ou Vaughters qu’a connues Armstrong chez US Postal

    Quantà Contador, on voit bien qu’il a pu cohabiter aevc Leipheimer en 2007 chez Discovery Channel puis en 2008 chez Astana avant le retour d’Armstrong en 2009
    Le Pistolero cohabite avec Kreuziger en bonne intelligence chez Saxo Tinkoff, idem chez Movistar entre Quintana et Valverde.

    Reste la rivalité Wiggins – Froome chez Sky, mais naturel même si cela a fait couler de l’encre

  12. avatar
    13 février 2015 a 0 h 30 min
    Par Fabien

    Ah, je découvre avec retard ton com. car j’ai fait faux bond sur l’analyse Sestriere 1992, que je reprendrais peut-être dimanche. Cela dit, je reste un peu amer face à ce gâchis. A vrai dire, quand je vois Rominger, Indurain et Jaskula tenir la dragée haute à Millar et Delgado à la Bonette en 93, ça me donne plus envie de gravir en vélo ce col sublime, que de me pencher sur l’agonie du cyclisme de compétition. Peut-être tout de même une pensée au virage à angle droit qui vit la chute de John Lee Augustin…

    Entre autre, je suis moi-même en train de découvrir les vertus de l’optimisation hormonale par l’alimentation, grâce à un livre passionnant d’un médecin belge (quand on a une santé de merde, on fait feu de tout bois !). Ce qui me permet accessoirement de mieux comprendre les prototypes de chez PDM. Mais bon, même en mangeant 2 kg de viande par jour, peut-on égaler “Testo Theunisse” et Uwe Ampler (testostérone, hormone de croissance à bloc) ?

    Sinon, c’est vrai que Contador cohabite bien là où Armstrong était capable de truquer les tests physiques juste pour montrer qu’il est le meilleur de l’équipe ! Cela dit, Contador n’est pas Andy Schleck : il ne fait pas de sentiment quand il faut et ses équipiers sont quand même toujours un peu des N°2 non ?

    Zülle, Indurain, Valverde, Ullrich, ils ont l’air d’être des bons gars aussi.
    Zülle en tout cas avait l’air très doué : le fait d’avoir été repéré par Paul Koechli, pour moi c’est important.

  13. avatar
    16 février 2015 a 14 h 25 min

    Salut Fabien,

    Ouais je reste sceptique sur les bouquins sur l’alimentation quand je vois les ravages du régime Pierre Dukan, enfin bref autre débat.

    Pour Zülle, la légende dit qu’il se serait fait remarquer en dépassant sur une route une des meilleurs équipes de cyclistes amateurs de Suisse.

    Oui Contador sans être un tyran comme Armstrong, est plus un leader traditionnel à la Indurain, calme mais sachant s’imposer, là où des Ullrich et Andy Schleck étaient fragiles pour taper du poing sur la table.

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