L’année galère de Pauline Ferrand-Prévot
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L’année galère de Pauline Ferrand-Prévot

2016 se présentait sous les meilleurs auspices pour Pauline Ferrand-Prévot, qui fin 2015, était devenue la première cycliste de l'histoire à détenir les trois couronnes mondiales de VTT, route et cross-country. 2016 devait être l'année de l'or à Rio, mais s'est transformé en cauchemar.

La championne française de (seulement) 24 ans a perdu cet été beaucoup d’illusions à Rio. Le Brésil devait être le théâtre de sa domination, mais rien ne s’est passé comme prévu. Alors quand samedi dernier, Pauline a abandonné sur le circuit olympique du VTT, elle n’a pas pris la peine de s’arrêter devant les médias. Comme elle l’a expliqué dans une longue confession sur sa page Facebook , “c’est vraiment la dernière chose à laquelle tu penses dans ces moments là.”

La désillusion était terrible. La double “Championne des championnes françaises” en 2014 et 2015 (désignée par le journal L’Equipe) a pris un sacré coup derrière la tête. Il est nécessaire de replacer cette épreuve de Rio dans tout le contexte de la longue année 2016 de Ferrand-Prévot. Cet hiver, elle a été victime d’une fracture de fatigue du genou. Elle a voulu très vite reprendre, pour être dans une forme optimale à Rio. Une “reprise de l’entraînement trop vite et trop forte”, explique-t-elle. Pour être dans les meilleures conditions possibles, elle décide de déménager dans le Sud… Malheureusement, elle est victime d’allergies, et renonce à son début de saison. Elle se met 3 semaines sous antibiotiques, tout en continuant de s’entraîner, mais le traitement est inefficace. On lui prescrit alors des corticoïdes, qui l’éloignent encore plus de la compétition (en effet, le produit est considéré comme un dopant) pendant deux semaines.

S’ajoute à tous ces malheurs une douleur venant d’une vieille sciatique, qui lui coupe toutes ses forces dans la jambe gauche. “Impossible de dépasser les 200 watts,” écrit-elle, “et c’est de pire en pire. Chaque entraînement est un calvaire. Je ne peux pas respecter les consignes, les zones d’intensités. Je roule mais à l’allure d’une cyclo touriste.” On est obligé de lui faire deux infiltrations, qui ne fonctionnent pas, et l’éloignent encore plus de son objectif olympique. La championne, blessée dans son orgueil, a continué de rouler, “en (se) disant que le sort finirait bien par s’arrêter.”

Et soudain, début juillet, le sort semble s’arrêter. On lui trouve un traitement pour sa sciatique. Pauline se sent mieux aux entraînements. Elle arrive à se sélectionner sur route et sur VTT aux Jeux Olympiques. Mieux, elle devient championne de France de VTT ! Mais finalement, même les plus grands champions ont des limites physiques. Pauline est arrêtée par son corps : “on ne rattrape jamais vraiment tout son retard, même en étant très sérieuse. Mon corps est meurtri, j’ai du poids en trop alors que je mets tout en place pour réussir à perdre” des kilos.

Alors samedi dernier, Pauline a abandonné. Tous ceux qui la suivent depuis des années savent que ce n’est pas dans son caractère d’abandonner, de baisser les bras. “Abandonner, c’est perdre”, rappelle-t-elle. Ceux qui ne la suivent pas l’ont démolie, critiquée, attaquée personnellement. “J’encaisse”, dit-elle. Mais même les plus grands champions ont des limites mentales. “On n’abandonne pas les jeux, je le sais, mais là le mal est plus profond. Bien plus profond…” Pauline a écrit ce message sur sa page Facebook 6 jours après sa course. On l’a vu entre temps à l’Elysée et à la télé, sans son grand sourire qui pourtant la caractérise. Pauline a eu le temps de réfléchir à ce message, pour dire tout ce qui lui pesait sur le cœur. “Je tenais à m’expliquer”, écrit-elle.

Elle s’estime attaquée injustement et elle a certainement raison. Nombreux sont ceux qui l’ont critiquée sur les réseaux sociaux sans savoir. Et la championne a été touchée dans son orgueil : “Je termine ma saison sur un abandon. Je ne sais pas quand je remonterai sur un vélo.” Arrêter sa carrière ? Elle y pense certainement. Et pourtant, à 24 ans, elle a tout l’avenir devant elle, de belles années où elle peut encore tout gagner. Mais la fracture, elle, est plus psychologique que physique, comme le résume cette dernière phrase : “Le vélo était ce que j’aimais le plus faire, mais c’est devenu mon plus grand cauchemar.”

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