Tapis vert espéré à Lausanne : les vitesses moyennes des (vrais) maillots jaunes du Tour de France
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Tapis vert espéré à Lausanne : les vitesses moyennes des (vrais) maillots jaunes du Tour de France

Après le déclassement virtuel d’une myriade de coureurs de l’ère EPO entre 1991 et 2014, il est désormais temps de regarder la vitesse moyenne des maillots jaunes virtuels. Charon, le passeur des Enfers, décidera ensuite qui est vraiment digne des Champs-Elysées !

Si Miguel Indurain et Lance Armstrong, entre autres, ont pu pérenniser les exploits sur le Tour de France, c’est en partie grâce au dopage industrialisé à l’EPO.

Entre 1991 et 2014, les vitesses moyennes des maillots jaunes du Tour de France ont atteint des sommets inexplorés jusqu’alors, même par Pedro Delgado en 1988. Dans l’œil du cyclone, le natif de Ségovie, maillot jaune convaincu de dopage, frôlait les 39 km/h de moyenne, avec 38.960 km/h de moyenne. Seules trois éditions du Tour de France sont restées en dessous de 39 km/h de vitesse moyenne depuis 1991 : celle de 1991, ainsi que de 1993 et 1994. Seules quatre autres sont restées en dessous de la barre des 39.5 km/h franchie pour la première fois en 1992 par Miguel Indurain, lequel faisait alors exploser le record de Perico, son aîné et coéquipier de Banesto : 1995, 1996, 1997 et 2009.

La crédibilité des maillots jaunes, d’Indurain à Nibali en passant par Ullrich, Pantani, Armstrong, Contador, Wiggins et Froome, est rapidement devenue utopique, en plein essor du fléau EPO. Chaque année, le microcosme du cyclisme, dans sa tour d’ivoire, a annoncé un Tour du Renouveau aux airs d’Arlésienne, prétendant avoir nettoyé les écuries d’Augias … Comme le dopage, l’omerta a su pérenniser sa présence dans le peloton cycliste professionnel. Voyons si les vainqueurs virtuels de ces Tours de France ont une vitesse moyenne crédible.

Les vitesses moyennes des Tours de France 1989 et 1990 de Greg LeMond étaient les suivantes : 37.818 km/h en 1989 et 37.518 km/h en 1990. Devenu triple vainqueur du Tour de France en 1990, ayant récupéré in extremis le maillot jaune face à Claudio Chiappucci sur les rives du Lac de Vassivière, trois semaines après l’avoir cru utopie au Futuroscope, Greg LeMond a donc fait triompher l’équipe Z des deux Roger, Legeay (direction sportive) et Zannier (sponsor). Avec Z, ce sont les vêtements pour enfants qui sont à l’honneur en ce dimanche 22 juillet 1990. Cela tombe bien, le Tour va bientôt changer d’ère. Finie l’insouciance enfantine, car le western spaghetti que fut le combat LeMond – Breukink – Delgado à la poursuite du grimpeur toscan Chiappucci passera bientôt pour un épisode des Bisounours en comparaison des ténèbres à venir.

1991 Luc Leblanc, 5e à 10’10’’ de Miguel Indurain vainqueur en 101 h 01’ 20’’ à 38.747 km/h de moyenne. La vitesse moyenne de Luc Leblanc est de 38.682 km/h

Le parc de la Tête d’Or, à Lyon, accueille le départ de ce 78e Tour de France. La légende, antérieure de plusieurs siècles à ce parc ouvert en 1857 dans la capitale des Gaules, prétend qu’une tête d’or représentant Jésus Christ est enterrée dans le parc lyonnais … La légende du Tour de France ne pourra pas aussi longtemps prétendre que cette édition 1991 s’est courue sans dopage scientifique, tant les pionniers européens de l’EPO, les Indurain, Bugno et autres Chiappucci, sous l’égide des Conconi et autres Padilla, ont faussé les règles du jeu.

Un seul coureur possède une moyenne inférieure à 37.518 km/h (référence 1990), la lanterne rouge Rob Harmeling (158e).

Ce Tour 1991 est l’occasion pour plusieurs échappées de grande ampleur d’aller au bout : la fugue de LeMond et Breukink à Lyon, celle de Thierry Marie vers le Havre, les deux échappées de Charly Mottet vers Saint-Herblain et Jaca, l’alliance de circonstance entre Indurain et Chiappucci vers le Val Louron.

Depuis les éléphants d’Hannibal en lutte pour Carthage face à Rome, aucun poids lourd n’avait su se jouer des Alpes aussi bien que Miguel Indurain en cette édition 1991 qui fait de l’EPO la nouvelle arme destructrice. Edward Teller avait testé en plein océan Pacifique la bombe H en 1952, sur l’atoll d’Eniwetok … Indurain, lui, a choisi comme laboratoire le col du Tourmalet ! Avec comme victime collatérale, Greg LeMond …

1992 Eddy Bouwmans, 14e à 28’35’’ de Miguel Indurain vainqueur en 100 h 49’ 30’’ à 39.504 km/h de moyenne. La vitesse moyenne d’Eddy Bouwmans est de 39.318 km/h.

Le record d’Indurain s’explique par l’arrivée de l’EPO mais également des circonstances de course favorable : beaucoup de CLM individuel ou par équipes, les Pyrénées escamotées (du fait du départ à San Sebastian), une course offensive dans les Alpes (escarmouche des Carrera via Giancarlo Perini et Stephen Roche vers Saint-Gervais, attaque au long cours de Claudio Chiappucci vers Sestrières, échappée victorieuse pour Andy Hampsten vers l’Alpe d’Huez).

Aucun coureur ne possède une moyenne inférieure à 37.518 km/h. Même la lanterne rouge, Fernando Quevedo, 130e à 4h 12’ 11’’ de Miguel Indurain, aurait pu battre Greg LeMond en 1989 comme en 1990, avec un rythme moyen de 37.923 km/h. Voir tout un peloton battre des niveaux de vitesse aussi récents a quelque chose de bluffant. David contre Goliath, le combat devient inégal pour les rares âmes innocentes qui n’ont pas encore été frappées du sceau de l’EPO …

Et à Luxembourg, la fusée Indurain a vaincu un essaim de guêpes. Le Tour de France ne se court plus dans un Hexagone mais dans un triangle des Bermudes, se perdant dans une dimension parallèle où les performances sportives sont dépourvues de sens, marquées par cet artefact du nom d’EPO, devenu le rituel intime des moutons noirs de la grande transhumance de juillet.

1993 Antonio Martin Velasco, 12e à 29’51’’ de Miguel Indurain, vainqueur en 95h 57’ 49’’ à 38.709 km/h de moyenne. La vitesse moyenne d’Antonio Martin Velasco est de 38.509 km/h.

Le dopage EPO est devenu aussi chirurgical et généralisé que la domination de Miguel Indurain est implacable. Son colossal appétit, digne d’un Pantagruel ou d’un piranha au sortir d’un jeun forcé, fait de lui le maître absolu d’une épreuve où émerge Tony Rominger, double vainqueur de la Vuelta en 1992 et 1993. L’apocalypse s’abat sur un peloton médusé au Lac de Madine, où Indurain sort l’artillerie lourde. L’EPO aurait-elle rendu le peloton des mortels soudainement immortel ? Le nectar et l’ambroisie du dopage circulent dans le cyclisme professionnel des grandes courses européennes. Et ce ne sont plus les cimes du Galibier ou du Tourmalet que convoitent les champions, ces nouveaux dieux, pas plus que le maillot jaune, mais l’Olympe et la foudre de Jupiter … De ce polythéisme à la prolifération exponentielle, émerge toujours le plus fort, Miguel Indurain …

1994 Oscar Pellicioli, 15e à 34’55’’ de Miguel Indurain, vainqueur en 103h 38’ 38’’ à 38.383 km/h de moyenne. La vitesse moyenne d’Oscar Pellicioli est 38.169 km/h..

La moyenne de Miguel Indurain est plus faible que les deux années précédentes du fait de deux éléments principaux : une canicule qui a rendu la course plus difficile, causant de nombreux abandons (Rominger, Chiappucci, Bugno, Tonkov) et des positions figées après Luz-Ardiden au classement général, le maillot jaune de l’Espagnol étant assuré (7’56’’ d’avance sur Rominger et Virenque).

Le peloton se retrouve une fois de plus sous le joug d’Indurain, lequel ne connaît comme frayeur qu’un virage raté dans la descente du Ventoux, dans l’étape de Carpentras.

Le maillot jaune espagnol et Banesto restent une fois de plus maîtres du jeu bien que l’Italie soit devenue l’Eldorado de l’EPO : Gewiss (Riis, Berzin), Carrera (Pantani, Chiappucci), Mapei (Rominger) ont succédé à Gatorade (Bugno) et Ariostea (Riis) …

Tant d’équipes ont profité du savoir du docteur Ferrari et du professeur Conconi, l’homme qui a fait du col du Stelvio, en 1993, un col banal grâce à l’EPO, tuant le mythe absolu des Dolomites.

Conconi et tous les alchimistes modernes du dopage ont atteint la quadrature du cercle pharmaceutique : changer le plomb en or, faire de coureurs anonymes des tueurs, tel Piotr Ugrumov, deuxième du Giro 1993 puis dauphin du roi Indurain sur ce Tour 1994.

1995 Arsenio Gonzales, 23e à 56’18’’ de Miguel Indurain, vainqueur en 92h 44’ 59’’ à 39.193 km/h de moyenne. La vitesse moyenne d’Arsenio Gonzales est de 38.800 km/h.

L’étape Tarbes – Pau étant annulée après le décès de Fabio Casartelli, le Tour de France 1995 repasse au-delà de la barre des 39 km/h seulement atteinte en 1992. De nombreuses échappées vont au bout en haute et moyenne montagne … Zülle à la Plagne, Jalabert à Mende, Pantani à Guzet-Neige, Virenque à Cauterets, mais aussi en plaine, avec Bruyneel et Indurain à Liège et Armstrong à Limoges.

Miguel Indurain, lui, ne connaît aucun problème de récupération, toute idée de défaillance est devenue chimérique : offensive ardennaise sur la route de Liège, victoire à l’arraché dans le chrono de Seraing, accélération foudroyante à la Plagne, tempo d’enfer dans l’Alpe d’Huez à la poursuite de Pantani, seuls Riis et Zülle pouvant suivre ce rythme infernal.

Placez votre main sur un poêle une minute et cela vous semblera durer une heure. Asseyez-vous une heure auprès d’une jolie fille et cela vous semblera durer une minute.

Miguel Indurain applique à la lettre les principes de relativité d’Albert Einstein … L’Espagnol en fait la démonstration lors du contre-la-montre du Lac de Vassivière, dixième épreuve chronométrée gagnée en cinq Tours de France victorieux ! Le temps est relatif pour un roi Miguel aux airs de Janus … Ombre et lumière …

Près du plateau de Millevaches, le champion de Banesto avait réalisé un honorable temps de 1h 03’ 20’’ en 1990 (4e à 40″ d’Erik Breukink).

Crédité d’une performance de 57’34’’ en 1995 (1er), toujours sur 46.5 kilomètres, soit 5’46’’ de mieux qu’en 1990, Miguel Indurain a donc progressé de 7″44 au kilomètre entre 26 et 31 ans … Totalement chimérique pour un coureur qui fut dès ses débuts un véritable joyau de l’effort solitaire. Les marges de progression du Navarrais étaient en montagne, pas en contre-la-montre !

En 1995, avec son temps de 1990, le maillot jaune Indurain aurait terminé à une seconde de Marco Pantani, 34e de l’étape et tout sauf un rouleur ! Trente places de perdues en cinq ans pour un même temps à ce niveau de la compétition, voilà qui interpelle …

Mais le simple écho d’une telle hypothèse se perd dans le ciel du Limousin, avec pour seul chant la plainte infinie du vent.

1996 Stefano Cattai, 22e à 48’03’’ de Bjarne Riis, vainqueur en 95h 57’ 16’’ à 39.237 km/h de moyenne. La vitesse moyenne de Stefano Cattai est de 38.912 km/h.

L’étape de Sestrières est raccourcie, la neige ayant envahi les cols de l’Iseran et du Galibier. Bjarne Riis, maillot jaune de cette édition 1996, améliore la performance de 1995 mais ne bat pas le record absolu de 1992, qui reste la propriété de Miguel Indurain. La météo exécrable de la première semaine n’a pas suffi pour ralentir une course menée sur les chapeaux de roue par le Danois Bjarne Riis et un jeune espoir allemand que l’on compare déjà à Eddy Merckx, Jan Ullrich, impressionnant de force vers Pampelune puis entre Bordeaux et Saint-Emilion.

L’usure du pouvoir a enfin touché Miguel Indurain, la fameuse érosion du temps faisant effet sur le Navarrais, qui a commis le péché d’orgueil d’Anquetil, Merckx et Hinault : revenir pour un sixième maillot jaune.

1997 Stéphane Heulot, 20e à 1h 06’ 13’’ de Jan Ullrich, vainqueur en 100h 30’ 35’’ à 39.227 km/h de moyenne. La vitesse moyenne de Stéphane Heulot est de 38.801 km/h.

Le point commun entre Monsieur Propre et Jan Ullrich ? Une créole à l’oreille droite … Car pour le reste, l’ogre allemand est dopé comme une bête de compétition, une sorte de jumeau maléfique de Monsieur Propre, un cobaye EPO, tel un taureau déchaîné lâché dans l’arène, bien loin de l’estocade … Lors de sa victoire pyrénéenne vers Arcalis, le champion allemand déploie une puissance en watts équivalente à celle du record de l’heure de Chris Boardman (56.375 km/h en septembre 1996). Quant à l’épouvantail Festina, il fait de la montagne un calvaire, un Golgotha cycliste à Courchevel et met 93 coureurs hors délais … Le monde utopique d’une Grande Boucle propre aux yeux du grand public vit sa dernière édition. Le Tour de l’Omerta expire à la 84e édition, avant de céder la place au Tour du Scandale puis aux Tours du Renouveau, dont la première édition prend le départ en 1999.

1998 Stéphane Heulot, 13e à 20’57’’ de Marco Pantani, vainqueur en 92h 49’ 46’’ à 39.983 km/h de moyenne. La vitesse moyenne de Stéphane Heulot est de 39.833 km/h.

Léviathan incontrôlable, le Tour est pris à son propre piège. C’est à Dublin, que la Grande Boucle perd son talisman magique d’épreuve propre. Le sceau de l’infamie marquera à jamais le Tour de France.

Le mouvement de protestation des coureurs, échaudés par le traitement infligé par la police française aux équipes Festina et TVM, conduit à l’annulation de l’étape d’Aix-les-Bains. Solidaire, le maillot jaune Marco Pantani retire son dossard … Le virtuose escaladeur italien profite du peu de montagne de cette édition 1998, mais tire la quintessence de l’EPO pour décrocher la timbale et signer le doublé Giro – Tour, tel Fausto Coppi en 1949 et 1952.

En Corrèze, les sorciers et autres docteurs Mabuse du dopage voient leurs poupées vaudous sacrifiées sur l’autel de l’éthique sportive … Ainsi, les zombies cyclistes que sont les Festina quittent la course après une semaine de présence. Paria en chef, Richard Virenque et sa chevelure blond platine affichent leurs larmes face au public.

1999 Kurt Van de Wouver, 11e à 23’32’’ de Lance Armstrong, vainqueur en 91h 32’ 16’’ à 40.273 km/h de moyenne. La vitesse moyenne de Kurt Van de Wouver est de 40.101 km/h.

La présence de quatre grands sprinters (Cipollini, Steels, Zabel et Kirsipuu) rend la course nerveuse en première semaine, avec une deuxième étape terminée sur les chapeaux de roue après la chute d’Alex Zülle au passage du Gois. Le leader de Banesto à terre entre Noirmoutier et le continent, les équipes US Postal et ONCE mettent le turbo pour repousser le Suisse, outsider de ce Tour orphelin de Pantani et Ullrich, les deux derniers maillots jaunes. Le phénix Armstrong, ressuscité après un cancer aux testicules, est l’objet d’un plébiscite contre sa personne de la part du public français, telle la foule du Colisée qui réclamait d’un pouce baissé la mort des gladiateurs … Vainqueur du Tour après avoir vaincu le crabe, le Texan est le miroir inversé de Jacques Anquetil, mort d’un cancer de l’estomac après avoir été quintuple maillot jaune.

2000 Félix Garcia Casas, 14e à 32’04’’ de Lance Armstrong, vainqueur en 92h 33’ 08’’ à 39.569 km/h de moyenne. La vitesse moyenne de Félix Garcia Casas est de 39.342 km/h.

Malgré une seule étape pyrénéenne, les cols sont légion sur l’édition 2000, avec le Mont Ventoux et un triptyque alpestre, le Tour de France confirme que la barre des 39 km/h est définitivement son seuil minimum. En son temps, Jacques Goddet avait rêvé d’un départ à New York pour le Tour 2000, avec un transfert en Concorde vers Londres … Le Concorde n’est pas de la partie, mais le premier coureur supersonique a pour nom Lance Armstrong, avec une sorte de Mach 1 du chrono, d’Everest de l’effort solitaire … 53.986 km/h entre Fribourg et Mulhouse, on pourrait presque prendre les 52.349 km/h de Miguel Indurain entre Tours et Blois en 1992 pour une promenade de santé, une sortie d’entraînement en comparaison !

Au Mont Ventoux, bien qu’au bord de l’asphyxie, Pantani est porté vers la victoire par un courage d’outre tombe. Le fantôme de Tom Simpson, qui hante les pentes rocailleuses du Géant de Provence, vient en aide au pirate des montagnes. Mais quand Pantani sonne l’abordage, à la différence de Simpson en 1967, il ne cumule pas dopage et alcool. Le Romagnol ne demande pas son reste après une autre victoire dans la station jet set de Courchevel. La Berezina de Morzine, sorte de Radeau de la Méduse cycliste pour Pantani, parti dans une expédition kamikaze, est le prélude à un abandon précipité du champion italien. La peur du gendarme ?

De 1967 à 2004, cependant, les destins de Simpson et Pantani convergent. Le Britannique, qui avouait ostensiblement user de la marijuana comme ses compatriotes les Beatles, est mort du mélange alcool dopage en 1967. L’Italien, lui, a disparu un matin de février 2004 à Rimini après être tombé dans l’engrenage de la cocaïne, son propre Requiem for a Dream … Le dopage fait une victime collatérale par une terrible descente aux enfers, celle d’une toxicomanie galopante …

Après avoir détruit l’orgueil de grimpeur de Marco Pantani dans Lourdes Hautacam puis dans le col de l’Izoard, Lance Armstrong cède dans Joux Plane sur la route de Morzine. A la poursuite du virtuose escaladeur italien, le King en a oublié de s’alimenter, trop occupé à converser par oreillette interposée avec son mentor transalpin, le docteur Michele Ferrari … Le boomerang revient en pleine face du Texan sous la forme d’une fringale carabinée, mais pour Jan Ullrich et les autres, le crépuscule de ce Tour était déjà tombé, le classement général étant aussi verrouillé par Armstrong que les lingots d’or de Fort Knox. Une réserve que le Goldfinger du cyclisme a fait exploser l’année précédente avec son arme de destruction massive, l’EPO, renvoyant le pauvre Christophe Bassons, avatar trop esseulé de James Bond 007, au monde du silence, le privant de son permis de tuer (par presse interposée) …

2001 François Simon, 6e à 17’22’’ de Lance Armstrong, vainqueur en 86h 17’ 28’’ à 40.070 km/h de moyenne. La vitesse moyenne de François Simon est de 39.936 km/h.

La première semaine a été marquée par des étapes nerveuses, que ce soit sur les routes des Ardennes mais surtout à Verdun (peloton scindé en deux par une terrible bordure) et Pontarlier, où quatorze coureurs fuguent avec la complicité d’un peloton léthargique. Contraint d’attaquer pour rattraper son retard sur Kivilev et François Simon, Lance Armstrong gagne trois des cinq étapes de montagne, durcissant la course grâce à Roberto Heras et Jose Luis Rubiera, à l’exception de l’Alpe d’Huez où il piège royalement les Telekom de Jan Ullrich. Malgré la forme exceptionnelle de l’ogre de Rostock, le Texan tutoie la perfection en montagne, profitant aussi de l’absence de Marco Pantani, l’équipe Mercatone Uno du Pirate n’ayant pas été sélectionnée pour ce Tour de France 2001.

2001, Odyssée du Dopage … Lance Armstrong alias Hal 9000, Jan Ullrich alias David Bowman, tant le Texan a mis échec et mat son challenger allemand dans l’Alpe d’Huez.

2002 David Moncoutié, 13e à 21’08’’ de Lance Armstrong, vainqueur en 82h 05’ 12’’ à 39.920 km/h de moyenne. La vitesse moyenne de David Moncoutié est de 39.749 km/h.

Le suspense disparaît rapidement dans ce Tour où Armstrong, certes battu par Botero dans le chrono de Lorient, assure sa victoire dans le Mont Ventoux après avoir laissé un seul outsider au soir de l’étape du Plateau de Beille, Joseba Beloki. Sur les pentes rocailleuses du Géant de Provence, Armstrong décroche sa propre Lune, faisant fi des contraintes extérieures. L’acide lactique ne semble plus avoir de prise sur les jambes du champion de l’US Postal, qui atomise la concurrence ce jour là. La mission Apollo 8 de Lance Armstrong est une réussite, lui qui a touché le Graal dès son Apollo 5, la NASA ayant elle du atteindre Apollo 11 en 1969 avec l’homonyme Neil.

Et que dire de Laurent Jalabert ? Un festival offensif, un feu d’artifice de panache. A croire que ses globules rouges se reproduisent à la vitesse foudroyante des lapins qui avaient jadis ruiné l’Australie … Le Mazamétain, baroudeur dans les cols pyrénéens, est la figure de proue de l’étape de la Mongie. Bis repetita le lendemain vers le Plateau de Beille, avec le même épilogue, victoire de Lance Armstrong. Mais Jalabert ne perd pas son zèle, son enthousiasme, la troisième croisade du champion français a pour cadre l’étape de Béziers.

2003 Alexandre Botcharov, 17e à 49’47’’ de Lance Armstrong, vainqueur en 83h 41’ 12’’ à 40.944 km/h de moyenne. La vitesse moyenne d’Alexandre Botcharov est de 40.542 km/h.

Le nouveau record de vitesse établi par Armstrong en ce Tour de France 2003 est paradoxal, puisque le maillot jaune texan n’est pas au mieux de sa forme, et que la canicule a rendu la course difficile.
Cependant, la glorieuse incertitude du sport a duré jusqu’au chrono Pornic – Nantes, la pluie aidant une nouvelle fois Lance Armstrong, comme à Oslo en 1993, Sestrières en 1999 ou Lourdes Hautacam en 2000. Mais Jan Ullrich était prêt à s’emparer de la Toison d’Or, l’écart n’étant que de 15 secondes après le Plateau de Bonascre, et avant l’exploit du champion américain, phénix ressuscité de ses propres cendres, sur les pentes de Luz-Ardiden.

2004 Sandy Casar, 12e à 28’53’’ de Lance Armstrong, vainqueur en 83h 36’ 02’’ à 40.563 km/h de moyenne. La vitesse moyenne de Sandy Casar est de 40.331 km/h.

Le Tour de France est une compétition qui se court à 180, mais à la fin c’est Lance Armstrong qui gagne … Ce postulat reste vrai pour la sixième année consécutive.

Sur la route de la Mongie, alors que la pluie glisse sur l’asphalte, tel un courroux de Jupiter face à l’attentisme des Ullrich et autres Hamilton, le quintuple maillot jaune prend des airs de diable.

Les outsiders que sont Ullrich, Hamilton et Heras passent sous ses fourches caudines. Il n’y aura pas de purgatoire, direction l’Enfer et Pandemonium pour ces maudits de la Grande Boucle, condamnés à grimper les montagnes du Tour tel Sisyphe, dans l’ombre du titan Armstrong … Suprême châtiment face à un coureur despotique sans pitié.

Dressant la guillotine dès les premiers cols pyrénéens, le Texan ne prend le maillot jaune des épaules de Thomas Voeckler que dans les Alpes, où il cannibalise la course avec trois victoires de rang.

Une fois encore, l’aiguille du compteur de vitesse dépasse les 40 km/h en moyenne grâce à l’aiguille pharmaceutique, processus irréversible.

2005 Xabier Zandio, 22e à 36’20’’ de Lance Armstrong, vainqueur en 86h 15’ 02’’ à 41.654 km/h de moyenne. La vitesse moyenne de Xabier Zandio est de 41.364 km/h.

La chape de plomb atteint son paroxysme en ce Tour de France 2005. Le record de vitesse de Lance Armstrong y est battu, le Texan pédalant sur trois semaines 4 km/h plus vite que son idole de jeunesse, Greg LeMond, maillot jaune du Tour de France 1990. 4 km/h ? C’est plus que les 3.5 km/h d’écart entre Miguel Indurain et Erik Breukink lors du fameux contre-la-montre du Luxembourg en 1992, où le Navarrais avait écrasé la course, tandis que le Batave avait subi comme tant d’autres l’hégémonie du champion espagnol. Après ses déboires de 1991 et l’affaire PDM, Breukink avait surement mis la pédale douce côté EPO en 1992. Imposant sa férule à Ivan Basso et Jan Ullrich tout au long de cette édition 2005, Lance Armstrong bouclait en jaune un septennat d’imposteur. Stretching à Courchevel face à Valverde et Rasmussen, insolente facilité dans les cols pyrénéens, l’Américain reste à ce jour le seul vainqueur à avoir brisé le mur des 41 km/h.

Entre 1988 et 2005, peu de records ont progressé autant que celui de la vitesse moyenne des maillots jaunes sur le Tour de France, passant de 38.960 km/h (Delgado 1988) à 41.654 km/h (Armstrong 2005), soit 6.9 % de mieux.

Sur d’autres records célèbres, tels les records du 100 mètres en athlétisme ou en natation, la progression a été certes spectaculaire, mais dans des proportions bien plus raisonnables que sur le Tour de France, épreuve dans l’oeil du cyclone permanent depuis 1998.

Concernant le 100 mètres en athlétisme, la limite est passée de 9″92 en 1988 (Carl Lewis aux Jeux Olympiques de Séoul), à 9″77 en 2005 (Asafa Powell au meeting d’Athènes), soit 1.5 % de mieux (et à 9″58 en 2009 avec Usain Bolt, soit 3.4 % de mieux qu’en 1988).

Pour le 200 mètres en athlétisme, on est passés de 19″72 en 1988 (record de Pietro Mennea datant de 1979) à 19″32 en 2005 (Michael Johnson aux Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996) soit 2.02 % de mieux (et à 19″19 en 2009 avec Usain Bolt, soit 2.68 % de mieux qu’en 1988).

En natation, le 100 mètres (en grand bassin) a lui aussi évolué, passant de 48″42 en 1988 (Matt Biondi) à 47″84 en 2005 (Pieter Van den Hoogenband, record datant des Jeux Olympiques de Sydney en 2000) soit 1.15 % de mieux (désormais le record du 100 mètres est à 46″91, propriété de Cesar Cielo, soit 3.11 % de mieux).

2006 Cyril Dessel, 7e à 8’41’’ de Floyd Landis, vainqueur sur la route (avant déclassement sur tapis vert) à 40.789 km/h de moyenne. La vitesse moyenne de Cyril Dessel est de 40.723 km/h.

Avec le déclassement de Landis, la grand-messe de thermidor ressemble plus à une parodie qu’à la réalité. Mais les faits sont là : l’affaire Puerto, le dopage sanguin, les réseaux organisés, autants de preuves implacables qui montrent combien le cyclisme professionnel est gangréné. Avant sa peu glorieuse mise à l’écart, le maillot jaune Floyd Landis avait réussi la troisième moyenne de l’Histoire de la course, profitant de trois semaines nerveuses face au baroudeur Pereiro et au suceur de roue Klöden.

A Morzine, Landis réussit un exploit sensationnel, le plus colossal depuis que la Providence a bien voulu légué à l’homme la bicyclette, et même depuis que Moïse parvint à ouvrir la mer Rouge pour faire quitter l’Egypte aux fils d’Israël.
Veau d’Or du Tour 2006, le Mennonite sera déclassé quatre jours après avoir violé le premier commandement du Tour : tu ne te doperas point.

2007 David Arroyo, 13e à 21’49’’ d’Alberto Contador, vainqueur à 39.226 km/h de moyenne. La vitesse moyenne de David Arroyo est de 39.070 km/h.

Un volcan assoupi qui rentre en éruption, tel est ce Tour 2007 qui part de Londres, et qui verra les exclusions de Rasmussen et Vinokourov avant Paris.

La montagne se déroule telle une tétralogie de Wagner, un drame qui trouve son apogée avec l’épilogue pyrénéen …

Au Grand Bornand, Linus Gerdemann devance la meute des favoris qui se regardent en chiens de faïence. A Tignes, c’est le coup de Jarnac de Michael Rasmussen. Au Plateau de Beille, Rasmussen laisse son premier outsider, le jeune Espagnol Alberto Contador, triompher sur le fief d’usurpateurs du passé, Pantani et Armstrong. Le lendemain, Siegfried, alias Rasmussen, pulvérise le peloton vers le col d’Aubisque. Tel le Siegfried des Nibelungen, le champion danois voit sa force décuplée par le sang du dragon Fafnir … Mais ici, Fafnir et Rasmussen ne sont qu’un, puisque c’est le propre sang du Danois, par auto-transfusion qui en fait l’invulnérable guerrier.
Cela dit, Rabobank découvre vite que Fafnir n’était pas au Mexique mais dans les Dolomites. Du Mexique à l’Italie, le drapeau ne diffère pas beaucoup … Siegfried abattu, l’anneau des Nibelungen revient à Alberto Contador …

2008 Sandy Casar, 14e à 19’23’’ de Carlos Sastre, vainqueur à 40.504 km/h de moyenne. La vitesse moyenne de Sandy Casar est de 40.356 km/h.

La première étape, en l’absence de prologue, donne le ton … Alejandro Valverde l’emporte à Plumelec devant son vice-roi chez les puncheurs, Philippe Gilbert.
Mais l’Espagnol comme le Belge devront retourner dans l’ombre quand le cobra fera parler son venin EPO CERA par deux morsures terribles, en Auvergne et dans les Pyrénées.
Le cobra Ricco, espèce découverte en Italie, sera abattu à temps dans l’écosystème du Tour, le temps de faire des favoris du Tour, Cadel Evans et Alejandro Valverde, ses proies de prédilection …

2009 Christophe Le Mével, 10e à 14’25’’ d’Alberto Contador, vainqueur à 40.316 km/h de moyenne. La vitesse moyenne de Christophe Le Mével est de 40.203 km/h.

Portée par la puissance de deux armadas, Astana (Contador, Armstrong, Leipheimer, Klöden) et Saxo Bank (Andy et Frank Schleck, Cancellara), l’édition 2009 du Tour de France est extrêmement rapide. L’intensité est portée au pinacle par El Pistolero, alias Alberto Contador, sur les pentes suisses de Verbiers, où seul Andy Schleck échappe au carnage.

2010 Ruben Plaza, 12e à 14’29’’ d’Alberto Contador, vainqueur sur la route (avant déclassement sur tapis vert) à 39.589 km/h de moyenne. La vitesse moyenne de Ruben Plaza est de 39.425 km/h.

Malgré une course indécise entre Alberto Contador et Andy Schleck (l’écart oscillant en permanence sous la minute), la vitesse moyenne de ce Tour 2010 est relativement faible compte tenu des niveaux précédents, en particulier sur le septennat Armstrong.

Il faut dire qu’à Avoriaz comme au Tourmalet, les prétendants au sceptre se sont maintes fois regardés en chiens de faïence, ignorant superbement l’enjeu, refusant le duel somptueux qui leur était proposé par le destin, préférant les rôles de figurants de luxe à ceux de protagonistes en chef.

Au final, dans ce film au scénario digne d’un mauvais blockbuster hollywoodien, tant la vitesse moyenne semble une fois de plus peu crédible, pas de cliffhanger ou de fin culte, mais une retouche au montage … l’exclusion d’Alberto Contador !

2011 Tom Danielson, 9e à 8’15’’ de Cadel Evans, vainqueur à 39.788 km/h de moyenne. La vitesse moyenne de Tom Danielson est de 39.725 km/h.

Thomas Voeckler conserve jusqu’à l’Alpe d’Huez un maillot jaune que se disputent les frères Schleck et Cadel Evans, tandis qu’Alberto Contador comprend dès les Pyrénées qu’un quatrième maillot jaune (son troisième n’ayant pas encore été retiré sur tapis vert) est utopique.

Revenu sous les 40 km/h pour la troisième année de suite, le Tour de France n’en est pas devenu plus propre pour autant.

2012 Maxime Monfort, 14e à 28’30’’ de Bradley Wiggins, vainqueur à 39.900 km/h de moyenne. La vitesse moyenne de Maxime Monfort est de 39.685 km/h.

Sky Team … Sur Google, cela vous renverra soit vers l’alliance Air France – KLM pour une mainmise du ciel européen, soit vers l’Invincible Armada montée autour de Bradley Wiggins. L’Anglais a enfin assemblé son puzzle en cette année 2012, et monte aux cieux avec un coup de pédale trop aérien en montagne pour être à l’abri de la suspicion.

La Planche des Belles Filles, elle, s’offre à Chris Froome, le Kenyan Blanc.

2013 Romain Bardet, 15e à 26’42’’ de Christopher Froome, vainqueur à 40.542 km/h de moyenne. La vitesse moyenne de Romain Bardet est de 40.328 km/h.

Cannibalisant la course dans les Pyrénées puis dans les pentes rocailleuses du Mont Ventoux où il ridiculise Alberto Contador comme un vulgaire fétu de paille, égalant presque la perfection de l’horloger Tony Martin contre-la-montre prêt du Mont-Saint-Michel, Chris Froome nous fait du Lance Armstrong : cadence de pédalage inhumaine, aucun effort apparent, et une facilité un peu trop déconcertante à se débarrasser dans les cols pyrénéens et alpestres de l’élite mondiale des courses cyclistes par étapes, les Contador, Quintana, Valverde, Kreuziger et autres Rodriguez.

Véritable bulldozer tel le Wiggins de 2012 sacré à Paris-Nice, au Dauphiné Libéré, aux Jeux Olympiques de Londres, Chris Froome a fait de l’Europe cycliste son Eldorado en 2013 : victoire au Tour de Romandie, au Dauphiné Libéré, au Tour de France. Seul le championnat du monde sur route, à Florence, résistera au festin du Kenyan Blanc, le Portugais RUi Costa se couvrant du maillot irisé dans la cité des Médicis.

2014 Leopold König, 7e à 14’32’’ de Vincenzo Nibali, vainqueur à 40.679 km/h de moyenne. La vitesse moyenne de Leopold König est de 40.569 km/h.

Un requin supersonique venu de Sicile, voilà ce qu’ont vu les spectateurs du Tour de France privés du duel entre les jumeaux du volcan Teide, Chris Froome et Alberto Contador, tous deux contraints à l’abandon avant que la course n’atteigne le premier massif montagneux, les Alpes. Orphelin de ses deux rivaux, l’outsider de luxe qu’est Nibali va pourtant surclasser la concurrence, prouvant qu’il aurait pu viser le maillot jaune même si le Britannique et l’Espagnol étaient restés dans la course jusqu’à Paris. Tel un rouleau-compresseur, Vincenzo Nibali va écraser la course, à la Planche des Belles Filles, à Chamrousse, à Lourdes-Hautacam, sans que l’opposition ne puisse l’en empêcher. L’Italien, héritier de Marco Pantani dernier maillot jaune transalpin en 1998, devient le sixième coureur vainqueur du Tour, du Giro et de la Vuelta, après Jacques Anquetil, Felice Gimondi, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Alberto Contador.

Il faut modérer ces chiffres, car un coureur propre emmené par un peloton de moutons noirs boostés par la potion magique EPO vont bénéficier du dopage globalisé. Sur les étapes de plat, un coureur est abrité du vent et bénéficie de la force d’un peloton, sorte de limite extrême du phénomène aérodynamique bien connu sous le nom d’aspiration.

Quant à Charon, notre passeur des Enfers, il a fait naufrage dans l’Achéron, pour cause de surcharge pondérale … C’est donc un hommage posthume pour celui qui tenta d’emmener sur sa modeste barque treize maillots jaunes réels rejoindre Marco Pantani, déjà pensionnaire du royaume depuis 2004 : Miguel Indurain, Bjarne Riis, Jan Ullrich, Lance Armstrong, Oscar Pereiro et Floyd Landis, son jumeau maléfique sur le podium 2006, Alberto Contador, Carlos Sastre, Andy Schleck, Cadel Evans, Bradley Wiggins, Chris Froome et Vincenzo Nibali. Treize, le nombre maudit, le nombre de Judas, l’apôtre félon qui livra le Sauveur à Ponce Pilate. Dans le cyclisme moderne, il y eut un faux Messie, Lance Armstrong, un avatar de Judas, Floyd Landis, et un héritier de Ponce Pilate, l’UCI, basée non plus à Jérusalem, mais à Lausanne. Le Mont des Oliviers et le Golgotha ne sont plus le décor de l’arrestation et de la crucifixion, Hein Verbruggen et Pat McQuaid ayant leurs habitudes près d’Ouchy, au bord du Lac Léman. A force de pots-de-vin et de compromissions, les dirigeants de l’UCI pourraient remplir des trente (millions) de deniers de Judas le lac Léman, comme les nazis avaient enterré l’or ainsi que les millions de faux billets de livres sterling de l’opération Barnhard au lac Töplitz, situé dans l’Autriche voisine … Toujours le culte du faux et de la dissimulation.

En plus des treize tricheurs parés du maillot jaune depuis 1991, mais aussi tous les maillots jaunes virtuels, et les ombres des coureurs anonymes de tant de pelotons gangrénés par le péché originel du cyclisme, le dopage. Tels les Africains en surnombre sur les bateaux de passeurs du détroit de Gibraltar, entre Melilla, Ceuta et l’Andalousie, les maillots jaunes aspirant à l’Eldorado élyséen d’une victoire sans suspicion ont donc sombré corps et âme. Le détroit de Gibraltar, jadis appelé les colonnes d’Hercule, près du lieu où le titan Atlas supportait la voûte céleste à lui seul, exploit insensé nécessitant une force plus qu’herculéenne, comme gagner le Tour de France, course surhumaine résistant à l’érosion du temps depuis 1903. Les Champs-Elysées sont donc toujours à prendre … Seuls deux personnages ont réussi à passer le fleuve Achéron dans les deux sens malgré le nocher des Enfers, Charon, fils d’Erèbe et de Nyx, rejeton des Ténèbres et de la Nuit : Héraklès, l’homme aux pouvoirs divins, et Orphée, musicien virtuose …

  1. avatar
    23 décembre 2014 a 17 h 06 min

    Le Tour de France pourra parler de renouveau seulement le jour où les moyennes redescendront en-dessous de 38 km/h.

    Tant qu’on est à 39 voire 40 ou 41 km/h sur plus de 3 000 kilomètres, il est utopique de parler de cyclisme propre, malgré l’attrape-couillon de Jean-Marie Leblanc, alias les étapes raccourcies (pas plus de 200 km) et la 2e journée de repos.

    Seuls les imbéciles n’ayant pas compris que le dopage est lié à la notion de compétition et non pas à la notion de difficulté seront tombés dans le panneau …

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