Tapis vert espéré à Lausanne : les (vrais) maillots jaunes du Tour de France
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Tapis vert espéré à Lausanne : les (vrais) maillots jaunes du Tour de France

En sanctionnant Lance Armstrong avec l’annulation de tous ses résultats obtenus depuis 1998, l’USADA a ouvert sans le savoir la boîte de Pandore du dopage... Mais le problème généralisé et industriel de tricherie et d’augmentation prohibée des performances n’a pas commencé avec le Texan dans le cyclisme, mais dès 1991 avec l’introduction de l’EPO, fléau qui s’est propagé à une vitesse foudroyante dans le peloton professionnel, faussant toute idée d’une hiérarchie crédible dans les classements généraux du Tour de France. Européens mais aussi Américains et Australiens se sont vite passionnés pour ce triple élixir de jouvence, de puissance et de récupération sans égal...

Du haut de sa tour d’ivoire, l’UCI va-t-elle sortir de son encombrant silence, qui fait écho à l’omerta du peloton ?

Sanctionner Lance Armstrong seul en octobre 2012, dans la foulée de l’emballement médiatique consécutif à la publication des conclusions de l’enquête de l’USADA, a été stupide, inefficace et non dissuasif pour les nouveaux cobayes du dopage, les Contador, Quintana, Froome, Nibali, Van Garderen, Mollema et autres Uran …

Primo car les héritiers directs du Texan ne sont pas non plus des enfants de choeur question dopage, que ce soit Jan Ullrich (dauphin en 2000, 2001 et 2003), Alex Zülle (1999), Joseba Beloki (2002), Andreas Klöden (2004) et Ivan Basso (2005).

Bref, tous les dauphins du champion américain durant son hégémonique septennat sont des imposteurs en puissance.

Il est utopique de croire que la perte des sept maillots jaunes du Texan va rendre plus propre le palmarès du Tour sur la période 1999-2005, désormais aussi vide que le cosmos.

Secundo, autant en profiter pour faire un grand nettoyage de printemps, depuis 1991, année où le dopage a basculé dans une ère industrielle avec EPO, entraînant le cyclisme européen dans un voyage sans retour.

Tous les maillots jaunes depuis 1991, de Miguel Indurain à Vincenzo Nibali, sont soumis à l’implacable loi de la suspicion.

Bjarne Riis a avoué en 2007 s’être dopé pour remporter l’édition 1996, lui qui était surnommé Monsieur 60 % et avait stupéfait le monde du cyclisme en grimpant Lourdes Hautacam sur le grand plateau, stade suprême de l’usurpation !

Voici, si l’on déclasse par ricochet tous les coureurs suspects ou dont le dopage est avéré, les véritables podiums du Tour de France depuis 1990. Un coureur peut être évidemment considéré comme propre et crédible une année puis suspect une autre …

1990 : Greg LeMond (1er) vainqueur devant Eduardo Chozas (6e) et Claude Criquielion (9e)

Pas encore atteint par sa myopathie mitochondriale, Greg LeMond est sans nul doute le dernier vainqueur du Tour de France sans dopage industriel EPO.

Sont déclassés : Claudio Chiappucci (2e), Erik Breukink (3e), Pedro Delgado (4e), Marino Lejarreta (5e, contrôlé positif en 1985), Gianni Bugno (7e), Raul Alcala (8e), Miguel Indurain (10e)

1991 : Luc Leblanc (5e) vainqueur devant Greg LeMond (7e) et Andrew Hampsten (8e)

Luc Leblanc et Greg LeMond encore à l’eau claire en 1991 (alias “dopage non industriel, sans EPO”) seront écrasés en 1992, réduits en charpie dans l’Alpe d’Huez.

Il est revanche complètement utopique d’envisager une métamorphose linéaire de Miguel Indurain par la simple perte de poids et le travail dans les cols. L’Espagnol n’a jamais été et ne sera jamais un grimpeur. Rouleur d’exception, il avait rencontré le professeur Conconi en 1984. A l’époque, le mentor de Moser avait été fasciné par le jeune Navarrais, véritable diamant brut. Mais c’était avant que Sabino Padilla, autre druide du dopage, ne polisse le diamant.

Sont déclassés du top 10 : Miguel Indurain (1er, contrôlé positif en 1994), Gianni Bugno (2e, contrôlé positif également en 1994), Claudio Chiappucci (3e, taux d’hématocrité supérieur à 50 % en 1997), Charly Mottet (4e, aveux de dopage en 1989), Laurent Fignon (6e, aveux de dopage pour l’année 1984 avec Renault), Pedro Delgado (9e, contrôlé positif en 1988 en tant que maillot jaune du Tour de France)

1992 : Eddy Bouwmans (14e) vainqueur devant Gérard Rué (15e) et Francisco Mauleon (19e)

Distancé en 1991, Hampsten cède à la tentation en 1992, et résiste aux pionniers européens de l’EPO dans l’enchaînement terrible Sestrières – Alpe d’Huez. Lui, le champion américain homérique au Giro en 1988, dans cette fameuse étape du Gavia si pittoresque, dans le blanc immaculé de la neige des Dolomites, lui à qui le dopage des coureurs européens faisait horreur, se retrouve donc à son tour pris dans l’engrenage, tel Faust convaincu par Mephistopheles de vendre son âme dans l’espoir d’une vie meilleure.

Avec la potion magique, Hampsten se retrouve 4e du Tour derrière le trio majeur de 1991, où Chiappucci et Bugno inversent leurs places derrière l’intouchable Miguel Indurain, maillot jaune hégémonique. Deux étapes marquent plus que toutes, d’un sceau irréversible, le basculement vers les années EPO : le massacre du Luxembourg, signé Miguel Indurain contre-la-montre, et l’échappée fleuve de Sestrières de Claudio Chiappucci, trop belle pour être vraie. Car comme toute la Carrera, El Diablo est le cobaye du virtuose de l’EPO, le professeur Conconi. En 1993, bien que quinquagénaire, ce dernier écrasera les meilleurs cyclistes amateurs italiens dans l’ascension du monstre des Dolomites, du juge de paix de tant de Giros, le fameux col du Stelvio …

Sont déclassés : Miguel Indurain (1er), Claudio Chiappucci (2e), Gianni Bugno (3e), Andrew Hampsten (4e, utilisation d’EPO) Pascal Lino (5e, contrôle positif en 1993), Pedro Delgado (6e), Erik Breukink (7e, impliqué dans le scandale PDM de 1991), Giancarlo Perini (8e, bien que classé entre la 81e et la 120e place du Tour entre 1984 et 1991), Stephen Roche (9e, client du professeur Conconi via l’équipe Carrera), Jens Heppner (10e en 1992, soit le meilleur résultat de sa carrière lors de sa première saison chez les pros …), Franco Vona (11e), Eric Boyer (12e, aveux en 2005 de dopage dans les années 80), Gert Jan Theunisse (13e, contrôlé positif en 1988, 1989 et 1990, rien que ça !), Franco Chioccioli (16e), Steven Rooks (17e, aveux de dopage en 1998 et 2009 pour ses performances des années 80), Robert Millar (18e, contrôlé positif en 1992).

1993 : Antonio Martin Velasco (12e) vainqueur devant Jean-Philippe Dojwa (15e) et Jon Unzaga (18e)

Le Tour bascule dans l’irrationnel, et Michele Ferrari vient se mêler à la véritable lutte pour le maillot jaune, celui des pharmaciens, sorciers et autres marabouts du dopage. Si Sabino Padilla l’emporte pour la troisième année consécutive, Ferrari dépasse son illustre mentor Conconi, par l’entremise de son poulain Rominger. Le Suisse, clé de voûte du système Ferrari, réussit l’exploit d’échapper au carnage du Galibier. Miguel Indurain étend son hégémonie aux cols. La grande lessive de l’Espagnol, implacable sur son Pinarello, droit comme une équerre les mains dans le guidon, s’accomplit telle une sélection naturelle digne de Charles Darwin. Seuls y échappent Tony Rominger donc, mais aussi Zenon Jaskula, Alvaro Mejia et Andrew Hampsten.

Le Polonais Jaskula, le Colombien Mejia et le Danois Riis, ancien porteur d’eau de Laurent Fignon, surgissent du néant dans ce Tour de France 1993. Vilà un des premiers miracles du dopage. Serre-Chevalier est une étape marquante de ce Tour, car Indurain y montre sa suprématie sur le domaine des grimpeurs. Alors que Bugno sombre corps et âmes, victime de son complexe mental irréversible envers l’Espagnol, Chiappucci sauve une 6e place à Paris, mais si loin du Navarrais, qui avait failli éliminer son propre frère Prudencio au Lac de Madine. Sans une crevaison dans ce contre-la-montre jumeau de celui du Luxembourg, l’aîné Miguel aurait éliminé le cadet Prudencio. Le même sang ne coule pas tout à fait dans leurs veines, car celui de Big Mig semble décuplé par un venin nommé EPO. Un venin aux antipodes de celui qui coulait en Hercule, et fait du maillot jaune une tunique de Nessus inversée …

Sont déclassés : Miguel Indurain (1er), Tony Rominger (2e, coaché par le docteur Michele Ferrari, passe de la 68e place en 1990 à la 2e place en 1993 sur le Tour), Zenon Jaskula (3e), Alvaro Mejia (4e, contrôlé positif en 1987), Bjarne Riis (5e, aveux dopage en 2007 pour sa victoire de 1996, passé de la 107e place en 1991 à la 5e en 1993 sur le Tour, membre de la sulfureuse équipe Gewiss en 1994 et 1995), Claudio Chiappucci (6e), Johan Bruyneel (7e, membre de la sulfureuse équipe ONCE), Andrew Hampsten (8e), Pedro Delgado (9e), Vladimir Poulnikov (10e, contrôlé positif en 1997) et Gianni Faresin (11e, patient du docteur Ferrari).

1994 : Oscar Pellicioli (15e) vainqueur devant Nelson Rodriguez (16e) et Jim Van de Laer (24e)

Pour la troisième année consécutive, Indurain écrase la course et porte au pinacle les effets physiologiques de l’EPO. Entre Périgueux et Bergerac, le champion de Banesto humilie le peloton. Seul Tony Rominger, pourtant rejeté à deux minutes, évite l’humiliation. L’escalade vers les sommets se prolongera entre le Suisse et l’Espagnol via le record de l’heure, à des hauteurs faisant d’Eddy Merckx et de sa performance de Mexico 1972 une ballade champêtre du dimanche matin.
Un autre recordman de l’heure, l’Anglais Chris Boardman, fait une entrée remarquée au prologue de Lille, collant 15 secondes en 7.2 kilomètres à sa majesté Indurain ! Plus de deux secondes par borne, un exploit là encore bien trop beau pour être vrai.

Michele Ferrari continue à métamorphoser des coureurs via l’équipe Gewiss. Après Evgueni Berzin tombeur d’Indurain au printemps sur le Giro, c’est le Letton Piotr Ugrumov qui, tel un phénix renaissant de ses cendres, accomplit une troisième semaine parfaite. Le triptyque Val Thorens – Cluses – Avoriaz attire au Letton de 33 ans des superlatifs pourtant bien usurpés, tant l’imposture est grande. Un autre pensionnaire de Gewiss, Bjarne Riis, attend son heure. Vainqueur d’étape à Albi, le Danois fera parler de lui en 1995 et 1996. Enfin, malgré ses dons prodigieux d’escaladeur virtuose, Marco Pantani est estampillé Carrera, formation marquée au fer rouge par Conconi. Le destin du champion romagnol sera malheureusement indissociable du dopage, presque viscéral. L’exploit français du Tour 1994 est réussi par Luc Leblanc sur les pentes brumeuses de Lourdes Hautacam. Mais Leblanc n’est plus le coureur pur à l’eau claire de 1991 et 1992. Comme tant d’autres, victime du syndrome Anakin, il est passé du côté obscur de la force …

Sont déclassés du top 10 : Miguel Indurain (1er), Piotr Ugrumov (2e, membre de l’équipe Gewiss suivie médicalement par le docteur Michele Ferrari, gourou de l’EPO …), Marco Pantani (3e, déclassé du Giro 1999 pour dopage), Luc Leblanc (4e), Richard Virenque (5e, convaincu de dopage en 1998 avec Festina, aveux en 2000 de dopage en 1994), Roberto Conti (6e, flagrant délit de dopage en 2002), Alberto Elli (7e, flagrant délit de dopage en 2001), Alex Zülle (8e, contrôlé positif en 1993 et 1994, convaincu de dopage en 1998 avec Festina, dopé aux hormones de croissance en 1996 et 1997 avec ONCE lors de ses victoires sur la Vuelta), Udo Bolts (9e, aveux en 2007 de dopage pour 1995), Vladimir Poulnikov (10e), Pascal Lino (11e), Fernando Escartin (12e, coéquipier de Rominger chez Mapei en 1994, également patient du docteur Ferrari, et dopage généralisé chez Kelme à partir de 1996, scandale Kelme révélé en 2004), Gianluca Bortolami (13e, aveux en 1998, contrôlé positif en 2003), Bjarne Riis (14e), Jean-François Bernard (17e, dopage organisé chez Banesto en 1994), Hernan Buenahora(18e, contrôlé positif en 2006 et 2008), Rolf Sorensen (19e), Bo Hamburger (20e, contrôlé positif en 1993, 1999, 2001 et 2003, aveux en 2007 de dopage dans les années 90), Thomas Davy (21e, contrôlé positif en 1996, aveux de dopage en 1997), Eric Caritoux (22e, enquête policière en 1986), Federico Munoz (23e, contrôlé positif en 2004)

1995 : Arsenio Gonzales (23e) vainqueur devant Massimo Podenzana (26e) et Laudelino Cubino (27e)

Marco Pantani qui explose le record de l’Alpe d’Huez, Miguel Indurain qui pulvérise celui du Lac de Vassivière (CLM) comparé aux temps de Greg LeMond en 1985 et Erik Breukink en 1990, la Gewiss surpuissante par équipes entre Dinard et Avranches (54 km/h de moyenne)., Indurain encore qui fait monter le compteur de watts au paroxysme sur les pentes de la Plagne. Ce Tour de France 1995 est celui de toutes les impostures …

Sont déclassés du top 10 : Miguel Indurain (1er), Alex Zülle (2e), Bjarne Riis (3e), Laurent Jalabert (4e, membre de la sulfureuse équipe ONCE des années 90), Ivan Gotti (5e, taux d’hématocrite supérieur à 50 % en 1998, flagrant délit de dopage en 2001), Melchior Mauri (6e, membre d’ONCE), Fernando Escartin (7e), Tony Rominger (8e), Richard Virenque (9e), Hernan Buenahora (10e), Claudio Chiappucci (11e), Laurent Madouas (12e, contrôlé positif en 1994), Marco Pantani (13e), Paolo Lanfranchi (14e, impliqué dans le blitz de San Remo en 2001), Bruno Cenghialta (15e, patient du docteur Ferrari), Alvaro Mejia (16e), Bo Hamburger (17e, aveux en 2007 de dopage dans les années 90), Vlatcheslav Ekimov (18e, dopage organisé chez US Postal entre 1999 et 2003), Laurent Dufaux (19e), Erik Breukink (20e) et Vicente Aparicio (21e, coéquipier de Miguel Indurain chez Banesto), Jean-Cyril Robin (22e), Federico Munoz (24e, contrôlé positif en 2004) et Vladimir Poulnikov (25e)

1996 : Stefano Cattai (22e) vainqueur devant Arsenio Gonzales (24e) et Marco Fincato (30e)

Orphelin de Marco Pantani, le Tour de France vit un évènement colossal avec le roi Miguel Indurain échec et mat dans l’étape des Arcs. Tour très cathodiques avec tant d’images fortes, l’édition 1996 voit à Pampelune une accolade entre Riis et Indurain. Ce n’est pas tant le maillot jaune que l’Espagnol laisse au Danois, mais le Prix Nobel du dopage …

Sont déclassés du classement du Tour de France : Bjarne Riis (1er), Jan Ullrich (2e, membre de la sulfureuse équipe Deutsche Telekom / T-Mobile des années 1990 et 2000, impliqué dans le blitz de San Remo du Giro 2001, convaincu de dopage en 2006 durant l’affaire Puerto), Richard Virenque (3e), Laurent Dufaux (4e, convaincu de dopage en 1998 avec Festina), Peter Luttenberger (5e, dopage généralisé chez Carrera), Luc Leblanc (6e), Piotr Ugrumov (7e), Fernando Escartin (8e), Abraham Olano (9e, membre des sulfureuses équipes Mapei, Banesto et ONCE dans les années 90, contrôlé positif en 1994), Tony Rominger (10e), Miguel Indurain (11e), Patrick Jonker (12e, dopage organisé chez ONCE), Bo Hamburger (13e), Udo Bolts (14e), Alberto Elli (15e), Manuel Fernandez Gines (16e, dopage généralisé chez Mapei Clas), Leonardo Piepoli (17e, contrôlé positif en 2007 et 2008), Laurent Brochard (18e, dopage généralisé chez Festina de 1994 à 1998), Michele Bartoli (19e), Evgueni Berzin (20e, dopage généralisé chez Gewiss de 1994 à 1996), Vlatcheslav Ekimov (21e), Laurent Madouas (23e), Massimiliano Lelli (25e), Alex Zülle (26e), Giuseppe Guerini (27e), Rolf Sorensen (28e) et Jesper Skibby (29e, aveux en 2006 de dopage dans les années 90)

1997 : Stéphane Heulot (20e) vainqueur devant Massimo Podenzana (24e) et Pascal Chanteur (26e)

Isaac Asimov et ses héritiers écrivains de science-fiction ont inventé les cyborgs, les cyber-organismes. Michele Ferrari, Sabino Padilla et les autres ont inventé les suporgs, les super-organismes. Le prototype le plus réussi de tous est peut être JU97D08, comprenez Jan Ullrich 1997 dossard 08 … Insolent de supériorité sur les pentes d’Andorre Arcalis, l’Allemand écrases les grimpeurs Virenque, Pantani et Escartin. Puis il dresse la guillotine dans le chrono de Saint-Etienne. Marco Pantani bat encore le record de l’Alpe d’Huez, deux jours avant de triompher à Morzine malgré une bronchite !

Sont déclassés du classement du Tour de France : Jan Ullrich (1er), Richard Virenque (2e), Marco Pantani (3e), Abraham Olano (4e), Fernando Escartin (5e), Francesco Casagrande (6e, contrôlé positif en 1998 et 2004), Bjarne Riis (7e), Jose Maria Jimenez (8e), Laurent Dufaux (9e), Roberto Conti (10e), Beat Zberg (11e, patient du docteur Ferrari), Oskar Camenzind (12e, contrôlé positif en 2004), Peter Luttenberger (13e, dopage généralisé chez Rabobank entre 1996 et 2007), Manuel Beltran (14e, contrôlé positif en 1999), Jean-Cyril Robin (15e, aveux en 2004 de dopage dans les années 90), Michael Boogerd (16e, réseau de dopage organisé chez Rabobank entre 1996 et 2007), Bobby Julich (17e, dopage organisé chez Cofidis), Daniele Nardello (18e, dopage organisé chez Mapei entre 1995 et 2000), Christophe Moreau (19e, contrôlé positif en 1998 et 2008, dopage organisé chez Festina de 1994 à 2000), Udo Bolts (21e), Hernan Buenahora (22e), Laurent Roux (23e, contrôlé positif en 2002, aveux en 2005), Laurent Madouas (25e)

1998 : Stéphane Heulot (13e) vainqueur devant Kurt Van de Wouver (16e) et Andreï Teteriouk (20e)

Franchir le Rubicon avec une légion entraînait jadis pour un général dans l’Empire Romain une réaction du pouvoir central. Sans le savoir, le Tour de France a franchi le Rubicon depuis 1991, depuis que l’EPO est le ver pourrissant le fruit de l’intérieur … Et l’arrestation de Willy Voët, soigneur des Festina, à la frontière franco-belge quelques jours avant le grand départ de Dublin, va ouvrir une boîte de Pandore que personne n’a pu refermer depuis. Les démons sont libérés. Les premières victimes sur l’autel du sacrifice sont demandées par le président Chirac en personne. Trop gênant en Corrèze, Virenque est exclu. Tel un gladiateur sacrifié par le pouce baissé de l’empereur dans le Colisée, le Varois et ses Festina quittent le Tour tels des parias. Zülle, Dufaux et consorts sont alors traités tels des criminels par la police judiciaire de Lyon. Sur l’asphalte, rien ne change, Marco Pantani et Jan Ullrich dominent une édition où les Espagnols désertent, privant Fernando Escartin d’une 4e place qui n’avait de toute façon qu’une signification relative en l’absence des Festina. Le vieux record de Miguel Indurain, 39.504 km/h en 1992, est pulvérisé par Marco Pantani avec 39.983 km/h en cette année 1998.

Sont déclassés du top 10 : Marco Pantani (1er), Jan Ullrich (2e), Bobby Julich (3e), Christophe Rinero (4e, dopage organisé chez Cofidis), Michael Boogerd (5e), Jean-Cyril Robin (6e), Roland Meier (7e, dopage organisé chez Cofidis), Daniele Nardello (8e, dopage généralisé chez Mapei entre 1995 et 2000), Giuseppe Di Grande (9e, contrôlé positif en 2001), Axel Merckx (10e, patient du docteur Ferrari, et dopage organisé chez Polti en 1998), Bjarne Riis (11e), Dariusz Baranowski (13e), Leonardo Piepoli (14e, contrôlé positif en 1998), Bo Hamburger (15e), Kevin Livingston (17e, dopage organisé chez US Postal en 1998, patient personnel du docteur Ferrari avec Armstrong), Jorg Jäksche (18e, dopage organisé chez Polti en 1998) et Peter Farazijn (19e)

1999 : Kurt Van de Wouver (11e) vainqueur devant Stéphane Heulot (14e) et Benoît Salmon (16e)

Orphelin de Pantani, Ullrich et Jalabert, le Tour du Renouveau s’élance en 1999 du Puy-du-Fou. La marque de Miguel Indurain en 1993 est battue de plusieurs secondes par le survivant de la mort, Lance Armstrong.

Greg LeMond avait survécu en 1987 à un terrible accident de chasse le lundi de Pâques, Lance Armstrong a lui traversé l’épreuve d’un cancer des testicules généralisé au cancer et au poumon.
Si la paranoïa et la suspicion atteignent au paroxysme, le Texan n’y est pas étranger : souverain dans le chrono de Metz à la façon de Miguel Indurain, le maillot jaune réédite les coups de force de Chiappucci 92 et Riis 96 vers Sestrières.

Dans le Piémont, dans l’Italie natale de son éminence grise, le docteur Michele Ferrari, le champion américain a déjà quasiment gagné ce Tour de France 1999. C’est le début d’un septennat d’imposture, Armstrong étant protégé par l’UCI, malgré un contrôle positif à l’EPO. La vitesse moyenne, elle, brise le mur des 40 km/h (40.273 km/h).

Sont déclassés du classement du Tour de France : Lance Armstrong (1er), Alex Zülle (2e), Fernando Escartin (3e), Laurent Dufaux (4e), Angel Casero (5e, contrôlé positif en 1996), Abraham Olano (6e), Daniele Nardello (7e), Richard Virenque (8e), Wladimir Belli (9e, dopage organisé chez Festina en 1998), Andrea Peron (10e, contrôlé positif en 2001), David Etxebarria (12e, contrôlé positif en 2004), Tyler Hamilton (13e, patient du docteur Ferrari, contrôlé positif en 2004), Roland Meier (15e)

2000 : Felix Garcia Casas (14e) vainqueur devant Kurt Van de Wouver (17e) et Guido Trentin (18e)

Le Futuroscope accueille le Congrès International de la Pharmacie en ce 1er juillet 2000. Les plus éminents spécialistes y prennent part, encore protégés par leur dieu Asclépios … Lance Armstrong, Jan Ullrich, Marco Pantani, Alex Zülle, Roberto Heras, Laurent Jalabert, Fernando Escartin, Richard Virenque, Abraham Olano, Laurent Dufaux … Souverain à Hautacam, au Ventoux, à Courchevel, stratosphérique à Mulhouse, le champion texan ramène un deuxième maillot jaune. Quant à Michele Ferrari, non content de contrôler le métabolisme de L.A., le voilà qui gère son esprit, Johan Bruyneel servant de simple transmission radio sur la route menant à Joux-Plane, calvaire d’Armstrong.

Jan Ullrich, malgré la culture du dopage de Deutsche Telekom et un passage par la clinique du sport de Merano, n’a rien pu faire contre le nouveau despote de la Grande Boucle. Les esprits sont également échaudés par la déclaration fracassante de Giorgio Squinzi, patron de la Mapei, l’invincible formation italienne des classiques … On ne peut pas gagner le Tour de France sans se doper !

Sont déclassés : Lance Armstrong (1er), Jan Ullrich (2e), Joseba Beloki (3e, impliqué dans l’affaire Puerto en 2006 et membre de la sulfureuse équipe ONCE entre 2001 et 2003), Christophe Moreau (4e, convaincu de dopage en 1998 avec Festina, contrôlé positif en 2008 aussi), Roberto Heras (5e, dopage organisé chez Kelme entre 1996 et 2003, déclassé de la Vuelta 2005 pour dopage et membre de la sulfureuse équipe US Postal entre 2001 et 2003), Richard Virenque (6e), Santiago Botero (7e, contrôlé positif en 1999 et 2002), Fernando Escartin (8e), Francisco Mancebo (9e, impliqué dans l’affaire Puerto en 2006), Daniele Nardello (10e), Manuel Beltran (11e), Pascal Hervé (12, dopage organisé chez Polti en 2000), Javier Otxoa (13e, contrôlé positif en 1999, dopage organisé chez Kelme entre 1996 et 2003), Alexandre Vinokourov (15e, dopage organisé chez Telekom entre 1996 et 2006) et Roberto Conti (16e)

2001 : François Simon (6e) vainqueur devant Inigo Chaurreau (12e) et Alexandre Botcharov (17e)

Rockefeller de la montagne, Armstrong ne laisse que le Plateau de Bonascre à Felix Cardenas et Luz-Ardiden à Roberto Laiseka. Bourreau de Jan Ullrich, le leader de l’US Postal réussit une prouesse pleine de vice à l’Alpe d’Huez …

Sont déclassés : Lance Armstrong (1er), Jan Ullrich (2e), Joseba Beloki (3e), Andreï Kivilev (4e, dopage organisé chez Cofidis de 1997 à 2004), Igor Gonzalez de Galdeano (5e), Oscar Sevilla (7e, impliqué dans l’affaire Puerto en 2006), Santiago Botero (8e), Fernando Escartin (8e), Marcos Serrano (9e), Michael Boogerd (10e) et Didier Rous (11e, aveux de dopage en 1998 avec Festina)

2002 : David Moncoutié (13e) vainqueur devant Stéphane Goubert (17e) et Nicolas Vogondy (19e)

En quelques kilomètres sur le Ventoux, Armstrong montre le gouffre qui le sépare de son dauphin Beloki … Miraculeux 3e, le novice Raimondas Rumsas voit son épouse Edita confondue dans les Alpes le dimanche de l’arrivée à Paris …

Sont déclassés : Lance Armstrong (1er), Joseba Beloki (2e), Raimondas Rumsas (3e, convaincu de dopage en 2002 et membre de la sulfureuse équipe Lampre), Santiago Botero (4e), Igor Gonzalez de Galdeano (5e), José Azevedo (6e, membre des sulfureuses équipes ONCE en 2002 et US Postal en 2004), Francisco Mancebo (7e), Levi Leipheimer (8e, membre des sulfureuses équipes US Postal en 2001, Discovery Channel en 2007, Astana en 2008 et 2009, Radio Shack en 2010 et 2011), Roberto Heras (9e), Carlos Sastre (10e, membre de la sulfureuse équipe CSC en 2008), Ivan Basso (11e, impliqué dans l’affaire Puerto en 2006 et membre de la sulfureuse équipe CSC entre 2004 et 2006), Michael Boogerd (12e), Massimiliano Lelli (14e, impliqué dans l’affaire Cofidis), Tyler Hamilton (15e), Richard Virenque (16e) et Unaï Osa (18e, enquête policière en 2001)

2003 : Alexandre Botcharov (24e) vainqueur devant Grischa Niermann (28e) et Inigo Chaurreau (30e)

Les médecins ont définitivement remplacé le caducée par la seringue. Malgré la canicule de 2003, Jan Ullrich nous gratifie d’un exploit majuscule sur les routes du Sud-Ouest. 47 kilomètres avalés par le TGV est-allemand à une vitesse folle ! Dans ce Tour du Centenaire, alias 5e édition du Tour du Renouveau ou 90e édition du Tour de France, Armstrong rejoint Anquetil, Merckx, Hinaul et Indurain dans le gotha. Mais jamais la suspicion n’a été aussi forte, alors même que Jesus Manzano, ancien coureur de Kelme, passe aux aveux !

Sont déclassés : Lance Armstrong (1er), Jan Ullrich (2e), Alexandre Vinokourov (3e, convaincu de dopage en 2007 sur le Tour et membre des sulfureuse équipes Telekom entre 2000 et 2005, Astana entre 2007 et 2012), Tyler Hamilton (4e, convaincu de dopage en 2004 et déclassé de sa médaille d’or du CLM aux Jeux Olympiques d’Athènes, membre de la sulfureuse équipe US Postal entre 1998 et 2001), Haimar Zubeldia (5e, membre des sulfureuses équipes Euskaltel en 2003, Astana en 2009 et Radio Shack entre 2010 et 2012), Iban Mayo (6e, convaincu de dopage), Ivan Basso (7e), Christophe Moreau (8e), Carlos Sastre (9e) et Francisco Mancebo (10e), Denis Menchov (11e), Georg Totschnig (12e, impliqué dans l’affaire Human Plasma de transfusion sanguine), Peter Luttenberger (13e, dopage généralisé chez CSC entre 2002 et 2008), Manuel Beltran (14e), Massimiliano Lelli (15e), Richard Virenque (16e), Jorg Jäksche (17e), Roberto Laiseka (18e, dopage généralisé chez Euskaltel en 2003), Jose Luis Rubiera (19e), Didier Rous (20e), et Laurent Dufaux (21e), David Plaza (22e, dopage généralisé chez Bianchi en 2003), Felix Garcia Casas (23e, Bianchi en 2003 idem que Plaza), Daniele Nardello (25e), Jose Azevedo (26e), Javier Pascual Llorente (27e, contrôlé positif en 2003), Mikel Astarloza (29e, contrôlé positif en 2009)

2004 : Sandy Casar (16e) vainqueur devant Stéphane Goubert (20e) et Iker Camano (26e)

Le pamphlet évènement de Pierre Ballester et David Walsh, L.A. Confidential, écho au roman de James Ellroy adapté en 1997 par Curtis Hanson avec Kevin Spacey et Russell Crowe, fait grand bruit. Mais si le récit d’Ellroy est resté au stade de fiction, puis porté à l’écran à Hollywood, celui de Ballester et Walsh est plus vrai que nature, clair comme de l’eau de roche. Aux antipodes des eaux troubles dans lesquelles évolue Lance Armstrong et ses encombrants secrets. Dès les cols pyrénéens, le château de cartes Ullrich s’effondre, et le Texan rafle cinq étapes, une vraie razzia. En troisième semaine, le maillot jaune américain trouve le moyen de se faire remarquer le seul jour où il n’augmente pas son palmarès (étapes à Villars-de-Lans, Alpe d’Huez, Grand Bornand, Besançon, classement général à Paris), à Lons-le-Saunier, en menant une vendetta personnelle contre Filippo Simeoni, le coureur italien qui a osé témoigner contre lui au procès Ferrari …

Sont déclassés : Lance Armstrong (1er), Andreas Klöden (2e, membre des sulfureuses équipes Deutsche Telekom et T-Mobile de 2000 à 2006, Astana de 2007 à 2009, Radio Shack de 2010 à 2012), Ivan Basso (3e), Jan Ullrich (4e), José Azevedo (5e), Francisco Mancebo (6e), Georg Totschnig (7e), Carlos Sastre (8e), Levi Leipheimer (9e), Oscar Pereiro (10e, membre de la sulfureuse équipe), Pietro Caucchioli (11e, anomalies de passeport biologique en 2009), Christophe Moreau (12e), Vladimir Karpets (13e, dopage généralisé chez Banesto entre 1991 et 2006), Michael Rasmussen (14e, manquement aux procédures en 2007, contrôlé positif en 2008), Richard Virenque (15e), Gilberto Simoni (17e, contrôlé positif en 2002), Thomas Voeckler (18e), Jose Luis Rubiera (19e, dopage organisé chez Kelme puis US Postal), Axel Merckx (21e), Michael Rogers (22e), Floyd Landis (23e, dopage généralisé chez US Postal entre 1998 et 2004), Oscar Sevilla (24e, dopage généralisé chez Kelme puis Telekom entre 2001 et 2006, contrôlé positif en 2000 et 2010), Giuseppe Guerini (25e, dopage généralisé chez Telekom entre 1999 et 2004).

2005 : Xabier Zandio (22e) vainqueur devant Sandy Casar (29e) et Stéphane Goubert (34e)

Septième maillot jaune d’Armstrong, assorti de deux ultimes provocations : du stretching en pleine ascension de Courchevel où se révèle Alejandro Valverde, et un discours sur les Champs-Elysées digne du plus hypocrite des hommes politiques en campagne électorale ! Armstrong porte au pinacle l’art de l’imposture dans ce Tour de France 2005 où l’image symbole reste le chrono de Noirmoutier, où il rattrape Jan Ullrich parti une minute avant lui ! Et le record de vitesse de 2003 est battu, Armstrong portant l’imposture à son zénith, avec une vitesse moyenne de 41.654 km/h. Dans la surenchère du dopage, personne n’a dit mieux depuis lors … Et George Hincapie la joue collectif dans la provocation chez Discovery Channel, avec une victoire du colosse new-yorkais sur les pentes du Pla d’Adet …

Sont déclassés : Lance Armstrong (1er), Ivan Basso (2e), Jan Ullrich (3e sur la route, disqualifié depuis), Francisco Mancebo (4e), Alexandre Vinokourov (5e), Levi Leipheimer (6e), Michael Rasmussen (7e, convaincu de dopage en 2007 sur le Tour au sein de la Rabobank), Cadel Evans (8e), Floyd Landis (9e, convaincu de dopage en 2006 sur le Tour et déclassé, membre de la sulfureuse équipe US Postal entre 2002 et 2004), Oscar Pereiro (10e), Christophe Moreau (11e), Yaroslav Popovych (12e), Eddy Mazzoleni (13e, contrôlé positif en 2004), George Hincapie (14e, coéquipier de Lance Armstrong entre 1998 et 2005 chez US Postal puis Discovery Channel), Haimar Zubeldia (15e), Jorg Jäksche (16e), Bobby Julich (17e), Oscar Sevilla (18e), Andrei Kaschechkin (19e, convaincu de dopag en 2007 sur le Tour), Giuseppe Guerini (20e), Carlos Sastre (21e, dopage organisé chez CSC entre 2002 et 2008), Leonardo Piepoli (23e, contrôlé positif en 2008), Michael Boogerd (24e), Paolo Savoldelli (25e, dopage organisé chez Discovery Channel en 2005), Georg Totschnig (26e), Mikel Astarloza (27e, contrôlé positif en 2009), Laurent Brochard (28e, aveux de dopage en 1998 avec Festina, contrôlé positif en 1991 et 1998), José Azevedo (30e), Alberto Contador (31e, controlé positif en 2010), Stefano Garzelli (32e), Chris Horner (33e)

2006 : Cyril Dessel (7e) vainqueur devant David Arroyo (21e) et Pierrick Fedrigo (29e)

L’épée de Damoclès tombe sur le Tour de France au grand départ de Strasbourg. Lance Armstrong n’est plus là, mais le problème du dopage reste entier, avec l’affaire Puerto. Eufemiano Fuentes succède à Sabino Padilla et Michele Ferrari au panthéon des sorciers du dopage. Exit donc Jan Ullrich, Francisco Mancebo, Ivan Basso mais aussi Alexandre Vinokourov et un jeune espoir du nom d’Alberto Contador. Vainqueur sur la route à Paris, Floyd Landis est crédité d’un exploit proprement inhumain sur la route de Morzine. Son maillot jaune est sali quatre jours après le sacre … Quant à Cyril Dessel, son échappée sur la route de Pau en compagnie de Juan Miguel Mercado lui permet de bénéficier du doute …

Sont déclassés : Floyd Landis (1er), Oscar Pereiro (2e), Andreas Klöden (3e), Carlos Sastre (4e), Cadel Evans (5e), Denis Menchov (6e), Christophe Moreau (8e), Haimar Zubeldia (9e), Michael Rogers (10e), Frank Schleck (11e, convaincu de dopage en 2012 sur le Tour, membre des sulfureuses équipes CSC Saxo Bank entre 2006 et 2010 puis Radio Shack en 2012), Damiano Cunego (12e, retard au contrôle en 2008), Levi Leipheimer (13e), Michael Boogerd (14e), Marcus Fothen (15e, contrôlé positif en 2004), Pietro Caucchioli (16e), Tadej Valjavec (17e), Michael Rasmussen (18e), Jose Azevedo (19e) et Marzio Bruseghin (20e, enquête policière en 2001), Patxi Vila (22e), Patrick Sinkewitz (23e, aveux en 2007 de dopage en 2000, contrôlé positif en 2007 et 2011), Christian Vandevelde (24e), Yaroslav Popovych (25e, dopage organisé chez Discovery Channel entre 2005 et 2007), Giuseppe Guerini (26e), Eddy Mazzoleni (27e, flagrant délit et contrôlé positif en 2004), Jose Luis Arrieta (28e, enquête policière en 2001)

2007 : David Arroyo (13e) vainqueur devant Juan Manuel Garate (21e) et José Ivan Gutierrez (22e)

Les noms de Michael Rasmussen et Alexandre Vinokourov, n’apparaissent pas, mais on peut rajouter deux points à l’indice de propreté de cette édition 2007 partie de Londres … Andreas Klöden, lui, promène paisiblement son coccyx fêlé dans les cols alpestres et pyrénéenes

Sont déclassés : Alberto Contador (1er, convaincu de dopage en 2010 sur le Tour de France et déclassé), Cadel Evans (2e), Levi Leipheimer (3e), Carlos Sastre (4e), Haimar Zubeldia (5e), Alejandro Valverde (6e, impliqué dans l’affaire Puerto en 2006), Kim Kirchen (7e, dopage organisé chez Fassa Bortolo entre 2003 et 2005 puis chez T-Mobile en 2006 et 2007), Yaroslav Popovych (8e), Mikel Astarloza (convaincu de dopage en 2009, contrôlé positif), Oscar Pereiro (10e), Juan Mauricio Soler (11e), Michael Boogerd (12e), Vladimir Karpets (14e), Christopher Horner (15e), Iban Mayo (16e, contrôlé positif en 2007), Frank Schleck (17e), Manuel Beltran (18e), Tadej Valjavec (19e) et Juan José Cobo Acebo (20e, dopage organisé chez Saunier Duval enb 2008)

2008 : Vladimir Efimkin (11e) vainqueur devant Sandy Casar (14e) et Konstantsin Siutsou (17e)

Le symbole de ce Tour orphelin de Contador, car Astana paie les excès de Vinokourov en 2007, est la domination insolente des Saunier Duval, interrompue par la double exclusion du cobra Ricco, de Piepoli, après la victoire de Juan José Cobo Acebo à Lourdes Hautacam. Mais la formation CSC, qui prend le relais, n’est guère plus propre, dans le sillage de Bjarne Riis, passé aux aveux en 2007 sur son maillot jaune de 1996. Stefan Schumacher est aussi confondu de dopage, le champion allemand perdant ses deux victoires CLM, à Cholet et Saint-Amand-Montrond.

Sont déclassés : Carlos Sastre (1er), Cadel Evans (2e), Bernhard Kohl (3e et déclassé pour dopage), Denis Menchov (4e), Christian Vandevelde (5e, dopage organisé chez CSC en 2005 et 2006), Frank Schleck (6e), Samuel Sanchez (7e), Kim Kirchen (8e), Alejandro Valverde (9e), Tadej Valjavec (10e), Andy Schleck (12e), Roman Kreuziger (13e), Amael Moinard (15e, dopage organisé chez Cofidis) et Mikel Astarloza (16e)

2009 : Christophe Le Mével (10e) vainqueur devant Sandy Casar (12e) et Stéphane Goubert (16e)

Le come-back du paria Armstrong fait d’Astana une véritable Dream Team, une Invincible Armada faite de coureurs suspicieux. La cohabitation volcanique devient vite explosive entre Contador et Armstrong, coleaders de la formation kazakhe devant les jokers de luxe que sont Leipheimer et Klöden ; A Verbiers, en Suisse, la moto Contador met tout le monde d’accord, revisitant les théorèmes de physique. Oubliés Copernic, Galilée, Newton et autres Kepler, les lois de la gravitation, l’astre Contador et sa pharmacie d’avant-garde font exploser les records de watts … En ces temps où le pétrole atteint les records, Contador sera-t-il la solution à l’envolée des cours du brent ? Une énergie alternative ?

Sont déclassés : Alberto Contador (1er), Andy Schleck (2e), Lance Armstrong (3e), Bradley Wiggins (4e, passé de la 123e place en 2006 à la 4e place en 2009 sur le Tour, après une 123e place sur le Giro en 2008), Frank Schleck (5e), Andreas Klöden (6e), Vincenzo Nibali (7e), Christian Vandevelde (8e), Roman Kreuziger (9e), Mikel Astarloza (11e, contrôlé positif en 2009), Vladimir Karpets (13e), Rinaldo Nocentini (14e, flagrant délit en 2001), Van den Broeck (15e)

2010 : Ruben Plaza Molina (12e sur la route, actuel 11e sur tapis vert) vainqueur devant Thomas Lovkvist (17e) et Kevin de Weert (18e)

Avoriaz se mue en Golgotha pour Armstrong, le voleur de septs Tours de France, le Barabbas du dopage … Mais Contador sera crucifié deux ans plus tard, offrant la victoire sur un plateau d’argent à Andy Schleck. Comme d’habitude, les instances sportives s’en lavent les mains, à la façon de Ponce Pilate.

Sont déclassés : Alberto Contador (1er sur la route, disqualifié en 2012 pour dopage), Andy Schleck (2e sur la route, actuel 1er sur tapis vert), Denis Menchov (3e sur la route, 2e sur tapis vert), Samuel Sanchez (4e sur la route), Jurgen Van den Broeck (5e), Robert Gesink (6e), Ryder Hesjedal (7e), Joaquin Rodriguez (8e), Roman Kreuziger (9e), Christopher Horner (10e, membre de la sulfureuse équipe Astana en 2009), Luis Leon Sanchez (11e), Levi Leipheimer (13e), Andreas Klöden (14e), Nicolas Roche (15e) et Alexandre Vinokourov (16e).

2011 : Tom Danielson (9e) vainqueur devant Jean-Christophe Péraud (10e) et Rein Taaramae (12e)

Après l’affaire de la vache enragée, Alberto Contador se fait huer par le public français au départ en Vendée. Maillot jaune surprise jusqu’à l’Alpe d’Huez, Thomas Voeckler a choisi de franchir la ligne jaune à son tour. La Toison d’Or échoit finalement à l’Australien Cadel Evans, deux ans après son exploit irisé de Mendrisio.

Sont déclassés : Cadel Evans (1er), Andy Schleck (2e), Frank Schleck (3e), Thomas Voeckler (4e, soupçonné de dopage en 2011 avec Europcar), Alberto Contador (5e sur la route, déclassé en 2012 pour dopage), Samuel Sanchez (6e), Damiano Cunego (7e), Ivan Basso (8e) et Pierre Rolland (11e, soupçons de dopage avec Europcar pour 2011)

2012 : Maxime Monfort (16e) vainqueur devant Egoi Martinez (17e) et Eduard Vorganov (19e)

Un Miguel Indurain british ? Voici Bradley Wiggins, qui porte l’estocade dans les chronos et contrôle les grimpeurs en montagne, bien aidé par son coéquipier et joker Chris Froome, qui fait une entrée fracassante sur la Grande Boucle, tel Jan Ullrich en 1996. Mais le natif de Gand fait plus penser au Bjarne Riis de 1996, un coureur de 32 ans qui tient son exploit …

Sont déclassés : Bradley Wiggins (1er, membre de la sulfureuse équipe Sky), Christopher Froome (2e, membre de la sulfureuse équipe Sky, 84e du Tour en 2008, 36e du Giro en 2009, aucune référence donc avant 2011 et sa 3e place sur la Vuelta), Vincenzo Nibali (3e), Jurgen Van den Broeck (4e), Tejay Van Garderen (5e), Haimar Zubeldia (6e), Cadel Evans (7e), Pierre Rolland (8e), Janez Brajkovic (9e), Thibaut Pinot (10e), Andreas Klöden (11e), Nicolas Roche (12e), Chris Horner (13e), Chris Anker Sorensen (14e, non communication de localisation en 2009), Denis Menchov (15e) et Rui Alberto Costa (18e, contrôlé positif en 2010)

2013 : Romain Bardet (15e) vainqueur devant John Sherpa (21e) et Peter Velits (25e)

Chris Froome continue d’épouser le destin Jan Ullrich : dauphin et coéquipier de Wiggins en 2012 comme l’Allemand en 1996 envers le Danois Bjarne Riis, le Kenyan Blanc devient maillot jaune en 2013. Comme l’ogre de Rostock, c’est dans les Pyrénées qu’il écrase le Tour de France. Seize ans après l’hallali d’Arcalis, c’est au Plateau de Bonascre que l’Anglais sort la guillotine. Mais c’est au Ventoux que Froome entre dans une autre dimension, celui des mutants, en se débarrassant d’Alberto Contador tel une fusée dans ce décor lunaire. Sur les pentes rocailleuses du Géant de Provence, Chris Froome nous fait du Apollo 18. Le leader de Sky porte l’estocade à un Contador soudainement redevenu plus humain … Peur du gendarme ? Que nenni, el Pistolero a juste top couru avant cette 100e édition, il retiendra la leçon en vue de 2014 …

Sont déclassés : Christopher Froome (1er), Nairo Quintana (2e, membre de la sulfureuse équipe Movistar), Joaquin Rodriguez (3e), Alberto Contador (4e), Roman Kreuziger (5e), Bauke Mollema (6e), Jakob Fulgsang (7e), Alejandro Valverde (8e), Daniel Navarro (9e), Andrew Talansky (10e), Michal Kwiatkowski (11e), Mikel Nieve (12e), Laurens Ten Dam (13e), Maxime Monfort (14e), Michael Rogers (16e), Daniel Moreno (17e), Jan Bakelants (18e), Richie Porte (19e), Andy Schleck (20e), John Gadret (22e), Igor Anton (23e) et Pierre Rolland (24e)

2014 : Leopold König (7e) vainqueur devant Steven Kruijswick (15e) et Ben Gastauer (21e)

Pour le centenaire de la naissance de Gino Bartali, un Italien l’emporte là où le duel hispano-britannique tant attendu a tourné court : Chris Froome et Alberto Contador sont tombés dans les pièges de Charybde et Scylla, dans le détroit de Messine, là où le requin sicilien Nibali est passé comme une lettre à la poste. Grande désillusion pour les jumeaux du volcan Teide, cette montagne de Tenerife où Froome et Contador s’entraînent comme des damnés. L’Anglais avait révélé avoir battu au printemps 2013 le record de Lance Armstrong (juin 1999) d’une trentaine de secondes, dans le col de la Madone, qui surplombe Menton et Vintimille, jadis le laboratoire du docteur Ferrari pour Tony Rominger, qui habitait la Principauté de Monaco du temps de sa rivalité avec Miguel Indurain.

L’Espagnol, lui, semblait avoir trouvé la forme idéale pour concurrencer le Kenyan Blanc, qu’il avait plus que contrarié au Dauphiné Libéré. Froomey a quitté le Tour sur la route des pavés de Roubaix, Contador partant lui sur un échec dans les Vosges, le jour où Nibali s’installe comme maillot jaune intouchable, voltigeant sur la course avec le feu sacré de Shiva. Lauréat de quatre étapes dont trois en haute montagne (Sheffield, Planche des Belles Filles, Chamrousse, Hautacam), Vincenzo Nibali nous fait du Lance Armstrong, cuvées 1999, 2001 et 2002. Difficile de lui laisser le bénéfice du doute après une telle démonstration de force, surtout que le Sicilien avait fait 3e en 2012 derrière le duo britannique Wiggins – Froome.

Sont déclassés : Vincenzo Nibali (1er), Jean-Christophe Péraud (2e), Thibaut Pinot (3e), Alejandro Valverde (4e), Tejay Van Garderen (5e), Romain Bardet (6e), Haimar Zubeldia (8e), Laurens Ten Dam (9e), Bauke Mollema (10e), Pierre Rolland (11e), Frank Schleck (12e), Jürgen Van den Broeck (13e), Yuri Trofimov (14e), Brice Feillu (16e), Chris Horner (17e), Mikel Nieve (18e), John Gadret (19e) et Tanel Kangert (20e)

Calculons maintenant les indices de propreté des Tours de France entre 1990 et 2014. Plus les classements cumulés des membres des nouveaux podiums est élevé, moins le Tour est propre, car cela signifie alors que l’on a du déclasser beaucoup de coureurs pour établir le podium considéré comme clean.

- Indice de Propreté du Tour de France 1990 : 16
- Indice de Propreté du Tour de France 1991 : 20
- Indice de Propreté du Tour de France 1992 : 48
- Indice de Propreté du Tour de France 1993 : 45
- Indice de Propreté du Tour de France 1994 : 55
- Indice de Propreté du Tour de France 1995 : 76
- Indice de Propreté du Tour de France 1996 : 76
- Indice de Propreté du Tour de France 1997 : 70
- Indice de Propreté du Tour de France 1998 : 49 (*)
- Indice de Propreté du Tour de France 1999 : 41
- Indice de Propreté du Tour de France 2000 : 49
- Indice de Propreté du Tour de France 2001 : 35 (**)
- Indice de Propreté du Tour de France 2002 : 49
- Indice de Propreté du Tour de France 2003 : 82
- Indice de Propreté du Tour de France 2004 : 62
- Indice de Propreté du Tour de France 2005 : 85
- Indice de Propreté du Tour de France 2006 : 57 (***)
- Indice de Propreté du Tour de France 2007 : 56
- Indice de Propreté du Tour de France 2008 : 42
- Indice de Propreté du Tour de France 2009 : 38
- Indice de Propreté du Tour de France 2010 : 47
- Indice de Propreté du Tour de France 2011 : 31
- Indice de Propreté du Tour de France 2012 : 52
- Indice de Propreté du Tour de France 2013 : 61
- Indice de Propreté du Tour de France 2014 : 43

(*) Indice relativement faible en 1998 car beaucoup de coureurs valant le top 10 déjà exclus (Virenque, Zulle, Dufaux …) ou partis avec leurs équipes (Escartin, L.Jalabert)

(**) Indice très faible en 2001 car faussé par le coup de Pontarlier, avec Kivilev (Cofidis) 4e et Simon (Bonjour) 6e du classement général final.

(***) Indice affaibli en 2006 par les exclusions initiales d’Ullrich, Basso, Mancebo ainsi que de l’équipe Liberty Seguros de Contador et Vinokourov, trop peu fournie pour prendre le départ en vertu du règlement du Tour.

En conclusion, si bien des coureurs ont franchi le Rubicon, ces podiums revisités n’ont pas pour vocation de prétendre ériger la vérité, et encore moins de dire que ces vainqueurs sur tapis vert virtuel auraient gagné le maillot jaune dans un Tour de France 100 % propre, où tout le monde prendrait le départ à l’eau claire… Certains dopés étaient exceptionnellement doués pour le cyclisme, l’exemple le plus évident étant bien entendu Jan Ullrich. Bref, entre les vainqueurs officiels suspects tous comme leurs dauphins, les coureurs déjà déclassés et des vainqueurs virtuels sur tapis vert, le Tour de France est dans l’oeil du cyclone… Si les vainqueurs virtuels ont le bénéfice du doute, il ne faut pas oublier non plus que l’on parle moins des problèmes au milieu du peloton. Comme en F1 pour un crash au départ, la médiatisation du dopage est plus forte sous le feu des projecteurs du top 10 que dans le gruppetto…

  1. avatar
    4 septembre 2014 a 15 h 46 min

    L’UCI vient d’annoncer avec fierté que le Tour de France 2014 était propre. On peut vraiment en douter tant les 16 années qui nous séparent du scandale Festina ont toutes été marquées par le fer rouge du dopage.

    Le fameux “bénéfice du doute” a bon dos. Mais les vitesses moyennes dans les cols ou dans les CLM sont toujours aussi élevées qu’autant des robots Indurain, Pantani, Armstrong et autres Ullrich.

    Bref, l’état des routes et l’amélioration du matériel ne peut expliquer le maintien à de telles vitesses et de telles puissances.

    Pour moi, tant que le Tour ne redescend pas vers du 37-38 km/h, on pourra douter du maillot jaune, il y aura toujours forte suspicion sur prise d’EPO dernière génération, produit équivalent ou technique de dopage sanguin évoluée.

  2. avatar
    4 septembre 2014 a 17 h 31 min

    Salut pour commencer (par la fin ^^) effectivement, un tour soit-disant 100% propre ne rime pas à grand chose quand on sait que les produits dopants ont toujours un temps d’avance sur les moyens de le détecter.
    Bref, présomption d’innocence… ne nous attardons pas là-dessus.

    Pour ce qui est de l’article en lui-même, déjà, bravo pour l’énorme travail que cela a du être de revisiter tous les classements depuis plus de 20 ans. Par contre, je ne suis pas forcément convaincu par les différents déclassements (virtuels) que vous effectuez : pourquoi “garder” Konig et pas Bardet en 2014 par exemple ? Pourquoi faire confiance à Plaza (ex Kelme et Liberty Seguros) en 2010 et pas à certains autres au-dessus des quels ne planent que des soupçons…
    Enfin les années 2000 avec les Simon, Casar, Moncoutié me paraissent très “françaises” et je crains que ce ne soit qu’une illusion (la fameuse excuse “on se dope pas nous” visant à – soit disant – justifier la médiocrité du cyclisme français lors du début du siècle, ne me convainc pas trop).
    [Attention, je ne vous en accuse pas].

    Mais bon, je le redis, c’est déjà beaucoup de boulot de réalisé et le résultat global est intéressant: avec cet indice de propreté (qui reste donc subjectif) on voit que l’EPO était tout aussi présent _si ce n’est plus _ au début des années -90 qu’aujourd’hui et pour aller plus loin, se souvenir que les héros d’il y a 40 ans ne roulaient pas non plus à l’eau clair ne fait pas de mal dans une période où le cyclisme est dénigré dans des proportions démesurées (à mon gout).

  3. avatar
    5 septembre 2014 a 8 h 15 min

    Hello,

    Je n’ai nullement la prétention de dire que mes “vrais” maillot jaunes sont 100 % fiables, ni même de condamner de façon certaine ceux que je déclasse.

    Pour Romain Bardet, je trouve sa progression un peu trop fulgurante même s’il aurait été plus loin au classement avec Kreuziger, Contador et Froome (voire Talansky) à l’arrivée.

    Pour l’EPO, la différence avec le dopage artisanal d’autre fois (anabolisants, corticoïdes) est que cela ne changeait pas autant la hiérarchie.
    Andy Hampsten l’expliquait bien, avec l’EPO, des gars qui ne savaient pas du tout grimper se retrouvaient plus forts dans les cols que des cyclistes confirmés en montagne, eux restés à l’eau claire.
    Entre 1992 et 1995, le choix était simple pour ceux qui avaient raté le train des Banesto, Carrera et Gatorade, les 3 équipes de pointe de l’EPO via Sabino Padilla, Michele Ferrari et Francesco Conconi : continuer à perdre ou céder à la potion magique.

    Pour les Français, je crois vraiment en David Moncoutié, pour Casar je suis d’accord le doute subsiste.

    J’irais plus loin dans l’analyse avec plusieurs autres articles autour du même thème, l’amélioration artificielle des performances sur le Tour depuis 1991 via l’EPO.

    • avatar
      5 septembre 2014 a 15 h 01 min

      C’est clair qu’avec l’EPO le dopage (organisé) est passé dans une nouvelle dimension au début des années 90.

      Pour Bardet justement, sans me prononcer sur son cas, je trouve que les absences dont vous parlez rendent parfaitement logique sa progression (en terme de classement):
      faire 15e d’un TDF durant lequel Purito est à son pic de forme, Froome, AC, Kreuziger et Quintana ou autre Talansky sont présents puis faire ( un an après) 6e d’un TDF bien moins relevé me semble traduire une évolution cohérente. Surtout à son âge.
      S’il avait fait 2 en chatouillant le Requin de Messine, là… ç’eut été autre chose.

      OK pour les articles à venir, que je ne manquerai pas de lire

  4. avatar
    5 septembre 2014 a 16 h 14 min

    Oui pour Bardet c’est possible, mais si l’on prend le raisonnement en sens inverse, peut-être était il sale en 2013, donc peut être aurais-je du le déclasser en 2013 !

    Je considère à titre personnel que Greg LeMond est le dernier maillot jaune clean du Tour de France, en 1990.

    Depuis 1991, ce n’est que de l’imposture sur le podium, mais globalement aussi au niveau du top 10.

  5. avatar
    5 septembre 2014 a 21 h 05 min

    Je tenais à te saluer, Axel!

    D’abord par principe :o)

    Et puis parce que tes lointains papiers sur doping et cyclisme restent ceux qui me laissent le meilleur souvenir (rien de rien à t’opposer sur le fond, d’ailleurs).

    Van de Wouwer, cité parmi ces lauréats “fantômes”, avait une classe certaine, oui…

    Impossible s’il fut/resta 100% étranger à ce doping de mutants, serait bien cavalier de l’affirmer…et idem pour les autres potentiels cocufiés du barnum…

    …mais je crois bien que c’est l’injuste “anonymat” auquel les (ah, Heulot…….quelle classe, celui-là!) auront condamnés les pratiques d’autrui, qui m’a pour de bon dégoûté du cyclisme (je ne le suis plus du tout, élan cassé…)…

    Le paradoxe étant que je suis encore (un peu…) les affaires du football (lequel est évidemment bien pire…)…

    Quand bien même l’un ou l’autre de ces “lauréats” seraient aussi impostures : merci d’avoir pensé à eux!

  6. avatar
    6 septembre 2014 a 11 h 35 min

    Salut Interim,

    ça fait longtemps ! Oui tu as bien raison, même si les maillots jaunes sur tapis vert sont eux-mêmes imposteurs, ils méritent bien cette petite gloire sur un coin de world wide web, avec quelques lecteurs passionnés.

    Terrible période du cyclisme, avec des coureurs propres comme Leblanc ou Hampsten qui renient leurs convictions et cèdent à la tentation en passant du côté obscur de la force. Dark Snow Rabbit qui sera 4e dès 1992, 8e en 1993 en épaulant l’étonnant Colombien Alvaro Mejia Castrillona.
    Loin du coureur clean qui avait fini 4e du Tour en 1986 ou vainqueur du Giro en 1988 dans la mythique étape du Gavia, noyée sous une neige apocalyptique.

    Dommage que Ditch et Fabien autres animateurs de la rubrique cyclisme du Vox, ne se joignent pas non plus.

    A quand un article foot de ta part ?

    Heulot, je me souviens de son abandon poignant entre Chambéry et les Arcs en 1996, alors qu’il était ceint du maillot jaune : quelle étape (celle qui me fit aimer la dramaturgie du Tour), Zülle et Bruyneel dans le ravin, Jalabert à l’agonie, Indurain défaillant, Leblanc en phénix, Berzin maillot jaune après un Giro raté (10e seulement) …

    Une pensée pour Antonio Martin Velasco, le maillot jaune virtuel de l’édition 1993 dont il fut meilleur jeune, ce coureur espagnol qui trouva la mort à 23 ans dans un accident de la route en février 1994. Il venait d’être engagé chez Banesto pour épauler.
    Cruel destin comme celui des frères Otxoa bien plus tard.

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