Tour de France – Pour Uran, c’est tout bonif’ !
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Tour de France – Pour Uran, c’est tout bonif’ !

L'étonnant Colombien de l'équipe Cannondale, Rigoberto Uran, revient de nulle part sur ce Tour de France 2017. Troisième au général, à moins de 30 secondes de Christopher Froome, le Maillot Jaune, il peut aller chercher un podium quasi inespéré au départ de Düsseldorf.

Samedi 1er juillet. Sous la pluie allemande, l’un des trois leaders de l’équipe américaine Cannondale – avec Andrew Talansky et Pierre Rolland – finit anonymement le contre-la-montre inaugural de ce Tour 2017. A la 95e place, à plus d’une minute du vainqueur Geraint Thomas, Rigoberto Uran est bien loin des favoris, que sont Christopher Froome (Sky), Fabio Aru (Astana), Richie Porte (BMC) ou Romain Bardet (AG2R).

Rien ne le prédestinait à aller jouer un podium final sur les Champs-Élysées. Après la Planche des Belles Filles, et la démonstration de Fabio Aru (Astana), le Colombien est à une marche du top 10, à une minute du nouveau Maillot Jaune, Christopher Froome. Une étape qu’il a terminée en compagnie de Simon Yates (Orica-Scott) et Alberto Contador (Trek). Derrière les Chris Froome et Romain Bardet. Rien de transcendant, là encore.

Chez Uran, victoire d’étape rime avec podium final

Non, l’éclosion de Rigoberto Uran a lieu lors de l’étape reine de ce Tour. De Nantua à Chambéry, huit difficultés sont répertoriées, dont trois classées hors-catégorie (col de la Biche, Grand Colombier, Mont du Chat), deux poids lourds du peloton – Geraint Thomas et Richie Porte – disparaissent sur chute. A l’arrivée, malgré le beau baroud de Romain Bardet, c’est en petit comité que se règle le sprint. Et si Warren Barguil (Sunweb) croit l’avoir emporté, c’est finalement Rigoberto Uran qui est déclaré vainqueur à la photo-finish. Voilà le Colombien de retour aux affaires. Surtout quand l’on sait que lorsqu’il remporte une victoire d’étape, il finit systématiquement sur le podium d’un grand Tour, comme ce fut le cas, deux fois, sur le Giro.

Engrangeant au passage dix secondes de bonification, le leader à la pédale du team Cannondale se retrouve au pied du podium, derrière Christopher Froome, Fabio Aru et Romain Bardet. Un club des quatre qui se tient en 55 secondes, puis en 35 secondes à l’arrivée à Peyragudes, avec la contre-performance du Maillot Jaune, Chris Froome. Ce dernier cède même sa tunique au couleur du soleil au champion d’Italie Fabio Aru. Quant à Rigoberto Uran, il reste à l’affût.

Rigoberto, roi des bonifications

Intelligent en course, sans se montrer extrêmement offensif, le Colombien sait suivre les bonnes roues. Comme à Rodez, où il accroche celles de Chris Froome, pour prendre quelques secondes à Romain Bardet et Fabio Aru, ses principaux concurrents pour le podium, objectif avoué, désormais, pour l’ancien Maillot Blanc du Tour d’Italie 2012. En fin mathématicien, il sait, également, jouer habilement avec les bonifications délivrées à chaque arrivée.

Dans un Tour 2017 aussi serré, ces quelques secondes deviennent très précieuses. Rigoberto Uran l’a très bien compris. Et met ses qualités à l’ouvrage pour aller les chercher. Preuve en est, parmi les leaders de la Grande Boucle, c’est celui qui a glané le plus de bonifications, avec 22 secondes dans la musette, contre 14 pour Romain Bardet, son principal adversaire pour la deuxième place, à trois jours de l’arrivée finale. En plus de Chambéry, il est allé voler six secondes au détriment du Français d’AG2R. Le Colombien est malin. Et fin tacticien.

Contre-la-montre : avantage Uran

Même si l’ultime arrivée au sommet à l’Izoard ne lui a pas souri – il a perdu deux secondes sur Chris Froome et Romain Bardet -, Rigoberto Uran n’en reste pas moins bien placé pour terminer sur le podium du Tour. Il profite, comme ses deux adversaires, de la fatigue affichée par Fabio Aru, à la dérive dans les Alpes et aujourd’hui recalé à la cinquième place, derrière le coéquipier de luxe de Froome, Mikel Landa. A seulement six secondes de Romain Bardet, il semble, même, être en position favorable avant le contre-la-montre de Marseille.

Certes, le Colombien n’a pas brillé en Allemagne. Mais les conditions météorologiques n’ont pas aidé. Et le dossard 188 du Tour n’a pas pris des risques inconsidérés, contrairement à un Alejandro Valverde (Movistar), qui avait dû abandonner suite à une lourde chute. Mais Rigoberto Uran a déjà prouvé de belles choses dans l’effort solitaire. Champion national de la discipline en 2015, il avait remporté un contre-la-montre lors du Giro d’Italia 2014. Un grand Tour qu’il avait terminé deuxième, après avoir porté le Maillot Rose pendant quatre jours. Il est donc capable de réaliser un bon temps au départ du Vélodrome, samedi 22 juillet 2017.

Une seconde jeunesse pour le Colombien

Pour son quatrième Tour, Rigoberto Uran déjoue tous les pronostics. Celui qui n’a jamais brillé dans l’Hexagone – son meilleur classement sur le Tour est une 24e place en 2011 – est en passe de réaliser un podium. Ce qui serait son troisième, après les deux réalisés sur le Tour d’Italie, en 2013 et 2014. Surtout, le Colombien revient, un peu, de nulle part. Seulement septième du Giro l’année dernière – son seul grand Tour en 2016 – la révélation du début des années 2010 a déçu. Sous les couleurs d’Etixx – Quick-Step, il n’a pas montré grand-chose et engrangé que peu de résultats. Aujourd’hui chez Cannondale, il semble avoir retrouvé une seconde jeunesse.

Des favoris out. Des leaders qui se tiennent. Une chasse aux bonifications réussies. Des jambes retrouvées. Rigoberto Uran a profité de nombreuses circonstances pour se hisser aussi haut au classement, alors que son équipe visait un top 15. Avec le Colombien, Cannondale dépasse toutes les attentes. Et même ses propres attentes. Et même sans coéquipiers, Pierre Rolland et Andrew Talansky étant un ton en-dessous, il assure et suit les meilleurs, que sont Froome et Bardet. Pour lui, comme le dit l’expression, c’est tout bénef’ ! Ou plutôt, tout bonif’ !

  1. avatar
    21 juillet 2017 a 12 h 12 min

    Je suis assez partagé sur le Tour que vient de réaliser le colombien.

    D’une part, je suis admiratif de son retour en forme auquel je ne croyais plus du tout. Comme tu l’as un peu rappelé, ces meilleurs résultats dataient, il ne semblait même pas le plus fort de son équipe alors de là à l’imaginer sur le podium. En plus, il a été souvent esseulés sans réel soutien de ses coéquipiers. Il a surpris tout son monde, chapeau l’artiste.

    Mais d’autre part, la manière est assez décevante. Il a peu donné l’impression dès le départ qu’il était satisfait d’être là, d’être à nouveau à ce niveau et de ne pas vouloir en faire plus. Du coup, c’est des victoires de “gagne-petit” à coup de bonifs en misant tout sur le contre-la-montre qui devrait lui permettre d’assurer sa 2ème place.

    Au final, je serai content pour le coureur de le voir sur le podium à Paris après ces années un peu difficiles, mais s’il venait à passer à travers du clm, je ne serai pas mécontent non plus tant il a été attentiste dans sa manière de courir.

    • avatar
      21 juillet 2017 a 22 h 02 min

      C’est sûr, ce n’est pas un adepte du spectacle. Mais il court intelligemment. Sans prendre de risque, il s’impose sur le podium. Et je suis sûr qu’il va en surprendre plus d’un sur le CLM de Marseille, demain.
      Il est là le deuxième du Tour.

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