Le top 10 des échappées collectives du Tour de France
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Le top 10 des échappées collectives du Tour de France

Dans sa longue histoire plus que centenaire, la Grande Boucle a connu pléthore d’échappées collectives inoubliables, quand le goût de l’attaque pimentait des étapes de légende.

10/ Bayonne – Pau 1986 : virtuose du cyclisme, Bernard Hinault a conquis une cinquième fois les lauriers élyséens en 1985. Mais le dénominateur commun avec ses glorieux aînés Jacques Anquetil et Eddy Merckx ne s’arrête pas là, le Breton va commettre le péché d’orgueil en 1986, victime de son propre ADN offensif qu’il sera incapable de renier. Pourtant, le natif d’Yffiniac avait promis à son coéquipier et dauphin Greg LeMond un renvoi d’ascenseur vu sa protection en 1985. Sur la route de Pau, Hinault prend la poudre d’escampette avec Pedro Delgado, le natif de Ségovie étant d’un précieux concours (lauréat de la Vuelta au printemps 1985). Certes, l’Américain Greg LeMond avait voulu attaquer le maillot jaune breton vers Luz Ardiden en 1985, avant de se voir rappelé à l’ordre par Paul Koechli, directeur sportif de la surpuissante équipe La Vie Claire sponsorisée par Bernard Tapie.

Cette fois, c’est Hinault qui brise le pacte de non-agression en portant un coup de canif dans le contrat. Piégé par les contraintes de la course d’équipe, le VIP Greg LeMond assiste, croit-il, au crépuscule de ses desseins sur ce Tour de France 1986 que Laurent Fignon abandonnera prématurément. Deuxième à Pau derrière Delgado vainqueur, Bernard Hinault a sonné le tocsin mais pas encore le glas, le courroux de LeMond, à son paroxysme, va amorcer la riposte dès l’étape suivante, vers Superbagnères où le Californien réagit avec l’orgueil d’un pur champion. Mais c’est dans les Alpes qu’Hinault va connaître une terrible défaillance, dans le col de l’Izoard plus précisément, perdant son maillot jaune à Briançon au profit de Greg LeMond qui le ramènera à Paris, comme prévu initialement.

 9/ Dole – Saint Gervais 1992 : on le croyait perdu pour le cyclisme après une sinistre année 1991 marquée par sa mise hors délais dans le chrono par équipes de Lyon, avec l’équipe Tonton Tapis. Mais loin de son chant du cygne, Stephen Roche offre un fabuleux baroud d’honneur sur la route de Saint-Gervais Mont-Blanc et du Bettex, là où l’Aigle de Vizille Thierry Claveyrolat avait gagné en 1990. C’est dans le col du Salève que l’équipe Carrera construit son escarmouche avec l’Italien Giancarlo Perini envoyé en éclaireur par l’Irlandais. Tel un sphinx imperturbable, Miguel Indurain ne bronche pas, lui qui est maillot jaune virtuel de cette édition 1992 derrière Pascal Lino après avoir imposé sa férule au peloton du Tour de France, via le climax atteint au Luxembourg, Everest de la carrière du colosse de Pampelune, sorte de massacre chronométré sur les routes du Grand-Duché où Indurain surclasse tout le peloton (Bugno 3e à 3’41’’ et LeMond 5e à 4’04’’ notamment).

Nourri au nectar et à l’ambroisie, mais plus encore à l’EPO, le Navarrais au physique de statue grecque est un loup-garou qui se mue en plein soleil et non pas à la pleine lune, Superman gavé de krypton sur le plan physique, mais un incroyable coureur au sang-froid remarquable, capable de bluffer et de garder son self control tout en laissant l’écart grimper. Le guêpier tendu par Roche semble progressivement se muer en sables mouvants pour Miguel Indurain, sauf que Gianni Bugno craque nerveusement et lance ses sherpas de la Gatorade à l’abordage de Roche, Jaermann et Perini sur la route de Saint-Gervais. L’épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête d’Indurain, qui a su laisser passer l’orage, et évite donc grâce à ses dauphins un terrible camouflet … A l’arrivée, Laurent Fignon (coéquipier de Bugno) tout comme Bernard Hinault sont furieux de voir une telle mascarade, avec l’Espagnol emmené dans un fauteuil vers la victoire finale à Paris … L’étape suivante vers Sestrières verra Miguel Indurain reprendre le maillot jaune, Claudio  Chiappucci ayant éparpillé tous les favoris par une fugue au long cours par les cols d’Iseran et du Mont-Cenis, tandis que Stephen Roche obtiendra une victoire de prestige à la Bourboule durant la remontée vers Paris.

 8/ Lorient – Angers 1956 : Roger Walkowiak va tirer la quintessence de son opportunisme sur la route d’Angers dans cette édition 1956 orpheline du triple maillot jaune sortant Louison Bobet. Comme Greg LeMond en 1990 ou Alberto Contador en 2010, Walko va ramener la précieuse tunique à Paris sans gagner la moindre étape. Avec 31 coureurs, le coureur de l’équipe Nord-Est Centre reprend la bagatelle de 19 minutes au peloton, qui se retrouve déjà échec et mat dans l’optique de la victoire finale à Paris. C’est le tournant de cette édition 1956 dont Walkowiak devient le maillot jaune avant de le céder à Bordeaux, pour le retrouver définitivement à Grenoble quelques jours avant l’arrivée à Paris. Cinquante ans plus tard, un autre coureur gagnera le Tour de France après une échappée fleuve, Oscar Pereiro Sio (à Montélimar) après déclassement de Floyd Landis sur tapis vert, même si d’autres échoueront, Vincent Barteau en 1984 (échappée de Cergy Pontoise), Claudio Chiappucci en 1990 (échappée du Futuroscope) ou encore Andreï Kivilev (coup de Pontarlier).

 7/ Issoire – Saint Flour 2011 : s’il avait gagné le Tour de France 2011 avec Europcar, l’Alsacien Thomas Voeckler aurait atteint la quadrature du cercle dans une édition trop vite orpheline de Bradley Wiggins. Alors qu’Alberto Contador tombe de Charybde en Scylla (opprobre du public au départ, chute vers le Mont des Alouettes, fatigue du Giro …), le coureur français tire les marrons du feu dans cette étape de moyenne montagne qui offre des possibilités tactiques trop souvent ignorées par les ténors du peloton, comme en 2004 où c’est Richard Virenque qui avait triomphé à Saint-Flour. 2004, c’est aussi l’année des premiers maillots jaunes de Thomas Voeckler, qui retrouve la Toison d’Or grâce aux 4 minutes d’avance de l’échappée à Saint-Flour, ayant profité d’une chute du peloton dans la descente du Pas de Peyrol.

Résistant avec l’aide de Pierre Rolland aux escarmouches des grimpeurs dans les Pyrénées, l’Alsacien se voit investi du désir viscéral de gagner le Tour de France. Mais le cœur sera ramené à la raison après la traversée des Alpes. Perdant sa tunique au profit d’Andy Schleck à l’Alpe d’Huez, Voeckler perd ensuite le podium dans le CLM de Grenoble, battu par Cadel Evans et les deux frères Schleck. L’épilogue était cruel, mais Thomas Voeckler fut le grand bonhomme de ce Tour de France 2011 pas comme les autres. Car pour la première fois depuis Richard Virenque en 1997, l’Hexagone croyait dur comme fer à la victoire finale d’un de ses enfants, pour succéder à Bernard Hinault, dernier Français ayant ramené le maillot jaune à Paris, en 1985.

 6/ Bordeaux – Biarritz 1948 : jeune boulanger breton transcendé par la perspective du maillot jaune, Louison Bobet s’échappe avec classe sur la route de Biarritz, où il fondera des années plus tard un centre de thalassothérapie (comme à Quiberon), domaine de sa reconversion après sa retraite sportive. Quelques jours après une première fugue à Nantes, Bobet reprend le maillot jaune dans la station balnéaire du Pays Basque, mais il va le perdre par la suite, car il n’a pas encore assemblé son puzzle. Mais le jeune coureur de Saint-Méen-le-Grand va pérenniser les exploits dans les années 50, il devoir s’incliner face à un intouchable Gino Bartali en 1948. Entre Cannes et Briançon, de façon implacable, l’Homme de Fer récupère le maillot jaune, dix ans après celui conquis en 1938. Gino le Pieux va porter son insolente domination au pinacle, avec trois victoires d’étape à Briançon, Aix-les-Bains puis Lausanne, via les juges de paix traditionnels de l’épreuve, les cols de l’Izoard et du Galibier.

Tel un processus de Darwin, Gino Bartali sort vainqueur de la sélection naturelle imposée par les montagnes du Tour de France chères à feu Henri Desgrange. A l’apogée de sa carrière durant ce Tour de France 1948, le Toscan a chaussé ses bottes de sept lieues, tel un poisson dans l’eau, lui qui s’est entraîné tout en sauvant des Juifs durant la guerre (1943-1944). Partant de sa Toscane natale et cachant des documents dans le cadre de son vélo, le champion part de Florence, épicentre du réseau qui relie d’autres couvents à Assise, Gênes ou encore Rome. Cela vaudra à Gino Bartali, à titre posthume, d’être nommé Juste parmi les Nations par le mémorial de Yad Vashem. Quant à Bobet, il gagnera son premier Tour de France en 1953 après une série de succès italiens et suisses (Bartali 1948, Coppi 1949 et 1952, Kubler 1950 et Koblet 1951), cinq ans après ce bel éloge prophétique d’Alfredo Binda, le directeur sportif de la Squadra Azzurra : Si je l’avais dirigé, c’est lui qui aurait gagné le Tour.

 5/ Saint-Malo – Lorient 1960 : plébiscité comme meilleur challenger d’Anquetil (absent après sa victoire au Giro) par le public français, Roger Rivière mène l’échappée de Lorient avec Gastone Nencini, Hans Junkermann et Jan Adriaenssens. Le Français l’emporte à l’arrivée à Lorient mais c’est le Belge Adriaenssens qui récupère le maillot jaune, que Nencini prendra à Pau. Rivière a commis une erreur tactique ce Tour de France 1960 ne peut plus échapper aux quatre attaquants de Lorient, et la pression va encore augmenter sur lui en vue de la victoire finale. Ce succès d’étape dans le Morbihan sera une victoire à la Pyrrhus in fine pour Rivière, et le Stéphanois va se prendre l’effet boomerang bien plus tard dans les Cévennes. Trop fougueux et impatient, l’ancien recordman de l’heure ne saura pas attendre jusqu’à l’étape chronométrée Pontarlier – Besançon (83 km) qui aurait dû lui permettre de reprendre le maillot jaune à Gastone Nencini. Au lieu de cela, Rivière tente de défier Nencini sur son propre terrain, les desecntes. Or l’Italien, maillot jaune depuis Pau, est le meilleur descendeur du peloton.

A vouloir jouer au chat et à la souris avec le Lion de Toscane, l’homme du Vigorelli est pris à son propre piège. Il passe par-dessus le parapet et voit sa carrière comme sa colonne vertébrale brisées par cette terrible chute dans les Cévennes, durant l’étape Millau – Avignon. Après l’accident de la route mortel de Gérard Saint, 1960 est une année marquée au fer rouge de la malédiction pour le cyclisme français. En un instant dans la descente du col du Perjuret, Roger Rivière a tout perdu, le Tour de France, sa carrière de cycliste professionnelle, et surtout son intégrité physique. Passé du Capitole à la Roche Tarpéienne en une étape, Rivière avait consommé des produits dopants ayant affecté sa lucidité, tel Tom Simpson en 1967 sur les pentes rocailleuses du Mont Ventoux, Golgotha du coureur anglais. Le Stéphanois mourra en 1976, ayant tenu un café à Saint-Etienne appelé le Vigorelli, en nostalgie de son exploit milanais de 1957, quand il avait battu le record de l’heure de l’homme qui éclipserait ensuite tous les autres coureurs au sein du cyclisme français des années 60 : Jacques Anquetil.

 4/ Colmar – Pontarlier 2001 : un dimanche pluvieux sur la route de la 88e édition du Tour de France. Comme à Courchevel en 1997 sous l’impulsion de Festina déchaînés et gavés de potion magique EPO (ou encore à Montélimar en 2006), le jury des commissaires du Tour de France va repêcher presque l’ensemble du peloton qui finira hors délais à l’arrivée à Pontarlier, à presque 36 minutes d’un groupe de quatorze coureurs. Parmi eux, le vainqueur d’étape Erik Dekker (grand baroudeur du Tour 2000 avec trois victoires d’étape), le nouvel épouvantail kazakh Andreï Kivilev (qui avait perdu 18 minutes dans la bordure de Verdun quatre jours plus tôt), l’ancien champion de France, François Simon, et le nouveau maillot jaune, l’Australien Stuart O’Grady. Certains se prennent à rêver d’une victoire finale de Simon, 18 ans après la quête du Graal restée utopique de son frère aîné Pascal en 1983, voire du Kazakh de Cofidis Andreï Kivilev. Mais pour Kivilev comme pour Simon, la lutte contre Lance Armstrong sera aussi compliquée que celle de David contre Goliath. A l’Alpe d’Huez, le Texan de l’US Postal et son célèbre moulin à café débutent leur razzia, apposant leur sceau avec une violence rappelant Rockefeller et son trust sur le pétrole américain via la Standard Oil.

Protégé par le Ponce Pilate de Lausanne (Hein Verbruggen) malgré un contrôle positif sur le Tour de Suisse 2001, Armstrong profite de l’EPO de Michele Ferrari pour dresser la guillotine face à un Jan Ullrich pourtant revenu à son zénith. Personne ne nettoiera les écuries d’Augias ni n’ouvrira la boîte de Pandore avant 2012, l’usurpateur Armstrong peut donc écraser la Grande Boucle à sa guise durant ses plus belles années d’imposture. Dans ce Tour 2001 orphelin de Marco Pantani, escaladeur virtuose craint de L.A., le champion américain fera la pluie et le beau temps en montagne, il sera l’alpha et l’omega de toutes les étapes de cols. La clé de voûte du premier coup de force d’Armstrong est un bluff magistral sur la route de l’Alpe d’Huez. Piégeant la Deutsche Telekom de l’US Postal par une comédie relayée par les tubes cathodiques, le champion du monde d’Oslo 1993 sort, tel un diable de sa boîte, dans les premiers lacets de l’Alpe, avec un regard de tueur via ses lunettes noires. Puis, le double vainqueur du Tour enfonce le clou à Chamrousse puis au Pla d’Adet, et redevient la figure de proue de la Grande Boucle. La course poursuite a tourné court, François Simon aura profité de trois journées en jaune et de trois peluches du Crédit Lyonnais pour ses enfants, et Andreï Kivilev verra même Ullrich et Beloki sonner le glas de ses espoirs pour le podium. Tel un shérif forçant la porte du saloon, l’ouragan Lance Armstrong n’aura laissé personne respirer, asphyxiant la course à chaque point névralgique, et résignant son dauphin allemand Ullrich à Luz Ardiden, l’ogre de Rostock offrant une main tendue au maillot jaune en forme de reddition …

3/ Saint-Etienne – Mende 1995 : en 1995, Laurent Jalabert va tutoyer la perfection et s’attirer tous les superlatifs. Grand malchanceux du Tour de France 1994 avec la chute d’Armentières dès la première étape, le Tarnais possède la baraka, l’étoffe des héros … Vainqueur de Paris – Nice, de Milan – San Remo, du Critérium International, de la Flèche Wallonne et du Tour de Catalogne, le coureur de ONCE vit son acmé en cette saison 1995. Porteur du maillot jaune entre Vitré et Le Havre, le Mazamétain prolonge l’euphorie en montagne, cédant peu de temps aux quatre meilleurs sur les étapes alpestres vers la Plagne et l’Alpe d’Huez (Indurain, Pantani, Riis et Zülle). Mais de là à devenir l’épouvantail de Miguel Indurain sur la route de Mende, il y a un pas que personne n’aurait imaginé voir Jalabert franchir, pas même l’intéressé.

Avec ses coéquipiers Melchior Mauri et Neil Stephens, le maillot vert va tendre un piège au maillot jaune Indurain, tel un rétiaire voulant prendre dans son filet un autre gladiateur de l’asphalte. Pour la première fois depuis 1991, l’équipe Banesto va paniquer dans une étape. Ni le panache de Roche sur la route de Saint-Gervais en 1992, ni celui de Chiappucci vers Sestrières la même année, ni la forme stratosphérique de Tony Rominger dans les cols pyrénéens en 1993, ni les banderilles alpestres de Pantani et Ugrumov en 1994 n’avaient provoqué une telle pagaille dans les rangs de José Miguel Echavarri et Eusebio Unzue. Quadruple tenant du titre et souvent taxé d’épicier par ses détracteurs, Miguel Indurain a beau cannibaliser la Grande Boucle, il va s’offrir une belle frayeur dans cette étape majuscule, face aux fulgurances de Jalabert … A 222 kilomètres de l’arrivée, les ONCE sortent donc du peloton avec quelques autres coureurs, peloton où Alex Zülle, dauphin du Navarrais, marquera son rival à la culotte. Pris en sandwich entre le trio d’attaquants de ONCE et le maillot rose du Suisse à la forme étincelante, Miguel Indurain demande à ses hommes de tirer la substantifique moelle de leurs jambes et poumons dans une étape qui devait être une formalité, une simple étape de transition avant les Pyrénées.

Mais la fougue de Jalabert en a décidé autrement, ainsi que le relief de moyenne montagne via la cuvette basaltique du Puy-en-Velay. Virtuel maillot jaune de cette édition 1995, Laurent Jalabert va entrer par la grande porte dans la légende du Tour de France, terminant en costaud en ce 14 juillet ceint du maillot vert des sprinters, catégorie qu’il quitte définitivement pour celle des puncheurs et surtout des vainqueurs potentiels du Tour de France, promesse qu’il ne confirmera jamais cependant … En solitaire, Jalabert sème ses compagnons d’échappée et gagne seul en haut du causse lozérien. A défauts de se voir offrir les clés de la ville de Mende, le champion français verra son nom immortalisé, la montée de l’Aérodrome  deviendra la montée Laurent Jalabert. Miguel Indurain sauvera finalement son maillot jaune mais Jalabert passera Bjarne Riis pour la 3e place du classement général. Restent en écho ces mots de Patrick Chêne sur France 2, sous le coup de l’émotion : Bravo Laurent Jalabert, et merci !

 2/ Futuroscope de Poitiers 1990 : c’est grâce à cette étape dantesque que le Tour de France 1990 possède ce supplément d’âme cher au landerneau cyclisme, celui qui va offrir durant trois semaines des montagnes russes d’adrénaline au public, à l’Alpe d’Huez, Saint-Etienne, Luz Ardiden ou encore au Lac de Vassivière. Vainqueur du Tour de France et champion du monde sur route à Chambéry en 1989, Greg LeMond 2.0 (comprenez post accident de chasse du printemps 1987) a souffert au printemps 1990, victime d’une mononucléose. Fantomatique sur les routes du Giro, 10e sur les routes du Tour de Suisse, l’Américain reprend son rôle favori de phénix lors du prologue du Futuroscope, qu’il termine en tant que dauphin du lauréat Thierry Marie et offre un démenti cinglant à ceux qui croyaient le Californien enfermé dans une tour d’ivoire, coupé de la réalité de la compétition et de ses obligations. Tout le monde (ou presque) dans le peloton rêvait pour différentes raisons, de briser l’hégémonie de LeMond : sa méforme d’abord, son salaire pharaonique chez Z dans l’équipe de Roger Legeay (sponsorisée par Roger Zannier et sa marque de vêtements pour enfants) ensuite, son aspect franc-tireur enfin, lui qui a brisé un totem aux yeux de ses rivaux européens, en revenant aux mœurs d’antan dans le calendrier cycliste, habitué à la boulimie de Pantagruels comme Eddy Merckx, Bernard Hinault puis Sean Kelly.

Aux yeux des puristes, LeMond a franchi le Rubicon, il faut donc lui apprendre les bonnes manières. Ce vœu restera utopique malgré le scénario incroyable de l’édition 1990, 77e opus de la Grande Boucle depuis 1903. Le dimanche matin, une étape en ligne met en jambe le peloton avant le chrono par équipes également couru à Jaunay-Clan, au Futuroscope de Poitiers. C’est un échauffement, un warm-up comme disent les anglophones. Mais ce sera un enterrement de première classe par la faute de quatre fuyards qui profitent du fait que les favoris, de LeMond à Delgado en passant par Fignon, Bugno ou Breukink, se regardent tous en chiens de faïence comme dans un western-spaghetti : Frans Maassen gagne l’étape et prend le maillot jaune, devant un trio de loups aux dents longues, Claudio Chiappucci, Ronan Pensec et Steve Bauer, aux qualités autrement plus redoutables en vue des cols alpestres et pyrénéens. L’Italien, 12e du Giro 1990, se révélera telle une chrysalide se muant en papillon, et gardera le maillot jaune de l’Alpe d’Huez au Lac de Vassivière, terminant dauphin de Greg LeMond qui bouclera ce Tour de France en apothéose, par une troisième victoire faisant enfin taire les critiques.

1/ Orcières-Merlette – Marseille 1971 : laminé la veille par Luis Ocaña, Eddy Merckx a perdu le maillot jaune mais refuse l’estocade qu’on lui promet sur la route de Paris. Le Cannibale belge, touché par cette banderille du matador espagnol, va montrer qu’il n’est pas encore atteint par l’usure du pouvoir. Dès le kilomètre zéro, celui qui a troqué, contre son gré, le maillot jaune contre la tunique havane et bleu de la Molteni, va porter une attaque afin de réduire l’écart avec le nouveau leader de ce Tour de France 1971. Le refus viscéral de la défaite du Bruxellois est admirable, il ne renonce pas malgré l’écart colossal qui le sépare du nouveau leader au classement général. S’en suit une échappée exceptionnelle pour plusieurs raisons : primo car elle dure tout au long de l’étape et ne sera jamais reprise par le peloton, secundo car Eddy Merckx prouve avec l’orgueil d’un champion qu’il n’a pas abdiqué en vue de la victoire finale malgré l’écart le séparant de Luis Ocaña au classement général, tertio car la vitesse moyenne de cette étape est si élevée, signe d’une bataille au couteau avec le peloton, que les hommes de tête arrivent à Marseille avec deux heures d’avance sur l’horaire le plus optimiste, et deux minutes avant le peloton qui comprend en son sein le maillot jaune Luis Ocaña.

L’arrivée est jugée sur le Vieux Port, alors que les techniciens de l’O.R.T.F. étaient encore en train d’installer leur matériel pour la retransmission. Prévenu très tardivement de cette arrivée d’étape plus que précoce, le maire de la cité phocéenne, Gaston Defferre, rate l’exposition médiatique tant attendue politiquement. Furieux, l’édile de Marseille annonce que la Grande Boucle ne reviendra pas de son vivant. Il tiendra parole, et si Defferre mourra en 1986, la cité phocéenne attendra en effet 1989 pour revoir le peloton du Tour de France cycliste. Eddy Merckx, lui, gagnera finalement  ce Tour de France 1971 marqué par le drame d’Ocaña dans les Pyrénées, l’Espagnol étant contraint d’abandonner ceint du maillot jaune dans la descente du col de Menté. Deux mois plus tard, pour venger l’affront et chasser le doute dans l’esprit de ceux qui le jugent moins bon qu’entre 1968 et 1970, le Cannibale conquiert avec panache un deuxième maillot irisé, jouant à Mendrisio une partition sans fausse note aux airs de requiem, avec Felice Gimondi dans le rôle du dauphin résigné. Veni, Vidi, Vici, tels auraient pu être les mots d’Eddy Merckx dans le  Tessin tant il écrasa ce championnat du monde 1971 de sa toute-puissance !

En dehors du top 10, on peut citer la fugue de Lyon 1991 (LeMond et Breukink reprennent une minute aux autres favoris dès la première étape en ligne), mais aussi l’étape de Paris en 1979 (échappée royale de Bernard Hinault et Joop Zoetemelk sur les Champs-Elysées, le roi battant son dauphin au sprint sur les pavés parisiens), l’échappée de Cergy Pontoise  en 1984 (échappée de Vincent Barteau), celle du Lac de Madine en 1996 (qui propulse Stéphane Heulot en maillot jaune) ou encore l’odyssée de Pampelune toujours en 1996 (Festina et Deutsche Telekom, plus concrètement le quatuor Virenque Dufaux Riis Ullrich, écrasent le Tour de France aux dépens de Mapei et Banesto, en l’occurrence le trio Indurain Olano Rominger)

  1. avatar
    26 avril 2016 a 15 h 18 min

    Ah la fugue de Marseille en 1971 ! Départ au kilomètre zero, vraiment une étape à la nitroglycerine, à la mesure du monument de la veille, la quasi-estocade portée à Merckx par Ocana sur la route d’Orcières Merlette …

  2. avatar
    27 avril 2016 a 13 h 51 min
    Par skancho

    Merci pour l’article, qui remémore de beaux souvenirs pour le cyclix que je suis, et qui me fait découvrir de vieux faits d’armes. La plus belle parmi celles post-1990 est sans doute celle de Mende, parce qu’elle renversait l’ordre établi et ressemblait à une véritable stratégie militaire (Saiz aimait l’offensive). Par contre, manque tout de même celle qui permet à Pereiro de gagner le tour en 2006…

    Et c’est avec plaisir que je vois citer le nom de Claveyrolat. Quand je grimpais les montées dans ma Bretagne natale à 8-10 piges, j’étais Claveyrolat !! Une de ces idoles de jeunesse, qui auront été aussi Marc Madiot, Gianni Bugno et Miguelon Indurain (j’étais pas chauvin pour un sou)

    A quand le même article pour les raids solitaire ? J’aimerais revivre les épopées de Koblet, Merckx, Marie… D’ailleurs, de quand date le dernier raid solitaire victoirieux sur une étape de plat dans le tour ? 10 ans ? 20 ans ? Ca illustre bien la robotisation du cyclisme moderne…

  3. avatar
    27 avril 2016 a 20 h 47 min

    Salut Skancho,

    Le dernier grand raid solitaire sur le Tour, je dirais Thierry Marie entre Arras et Le Havre en 1991, 223 km d’échappée pour M. Prologue !
    Sinon Richard Virenque en 2004 vers St Flour, belle échappée.

    Sinon en montagne, Alex Zülle en 1995 vers la Plagne, Marco Pantani en 1998 vers les Deux Alpes ou Andy Schleck en 2011 vers le Galibier.

    Mais je peux me tromper …

    J’ai fait un top 10 exploits plutôt qu’un top 10 échappées solitaires, voici le lien

    http://yourzone.beinsports.fr/le-top-10-des-exploits-du-tour-de-france-99234/

  4. avatar
    27 avril 2016 a 20 h 49 min

    Claudio Chiappucci en 1992 vers Sestrières ou Richard Virenque en 1994 vers Luz Ardiden également en montagne.

    Sur le plat, c’est tellement plus rare en effet ! N’est pas Hugo Koblet (Brive – Agen 1951).

    Pour Mende, oui ONCE a réussi à faire paniquer Banesto en 1995, alors que l’Indurain Armada était tranquille comme Baptiste depuis 1991, exception faite de 1992 contre Roche dans le Salève sur la route du Bettex, lieu d’une victoire de Claveyrolat justement en 1990.

    Pauvre Aigle de Vizille qui s’est suicidé tragiquement durant l’été 1999.

  5. avatar
    28 avril 2016 a 9 h 14 min
    Par skancho

    Oui je me souviens des 234 kms d’échappée de Thierry Marie. Extraordinaire ! En même temps la plupart des coureurs qui attaquent en début d’étapes de plat ont tendance à se relever s’ils ne voient personne dans leur roue. C’est un peu suicidaire. Je me souviens qu’Agnolutto avait fait une longue échappée solitaire (non victoirieuse) il y a 10-15 ans. Mais rien que les tentatives se comptent sur les doigts d’une main depuis 10 ans. Alors victorieuse… Avec les système qui permettent au peloton de rattrapper les échappées exacetment là où il le souhaite, c’est quasi impossible de tenter ce genre d’aventure. Marie était un sacré rouleur ! Pour que ça se reproduise, il faudrait que le peloton snobe un peu une tentative de Cancellara ou Martin… Peu probable. Espérons revoir ça une fios de notre vivant quand même ! Peut être quand l’UCI aura diminué le nombre de coureurs par équipe, interdit les oreillette ou les mini ordinateurs de bord qu’ont les vélos maintenant…

  6. avatar
    28 avril 2016 a 10 h 28 min
    Par skancho

    J’ai relu avec plaisir ton article sur les 10 plus grands exploits du TDF. Difficile en effet de ne pas mettre Koblet en tête. Oser ce raid et le couronner de succès, quelle audace et quelle force il fallait pour cela ! Thierry Marie aurait pu être cité du reste, car comme tu le dis, la montagne offre un terrain propice aux exploits (libre aux coureurs ensuite de vouloir ou non écrire une page de légende), mais la plaine normande, c’est autre chose ! En tous cas, les nains de la route actuels n’auront pas le droit à beaucoup de page dans les rétrospectives futures du TDF. Hormis Contador et Schleck, qui ont tous les deux osé (je ne mets pas Landis pour d’évidentes raison), aucune ne sera digne de l’encre qui imprime ces ouvrages. Car tous ces exploits ont un point commun : il faut partir de loin, prendre le vent, se sacrifier, risquer des efforts inutiles voire contre productifs. Bref, ne pas courir en épicier. Or les leaders d’aujourd’hui sur les grands tours sont avant tout de formidables épiciers. Ils se cachent derrière leurs équipiers, derrière leurs concurrents, derrière les consignes reçues par oreillettes interposées, ils scrutent les banderoles pour ne pas risquer de partir avant les 5 derniers km. Même une attaque dans l’avant dernier col est aujourd’hui une gageure. Quel sport a davantage perdu de sa superbe par rapport à ses plus belles heures que le cyclisme ? Quelle tristesse tout de même !

  7. avatar
    28 avril 2016 a 15 h 25 min

    Merci Axel pour le magnifique article.

    Belle discussion également.

    C’est certain que les oreillettes ont enlevé beaucoup de romantisme et de folie au cyclisme, et c’est bien dommage. Malheureusement la folie ne semble pas être payante à court terme, et seule la victoire reste en fin de compte, du moins au yeux des sponsors semble-t-il. Les équipes stratégisent à fond pour assurer la victoire.

    De plus en plus, je pense qu’une supression des oreillettes permettrait de remettre une part d’imprévisibilité dans la course.

    Cependant il est toujours difficile de s’opposer au progrès en général: vélos plus légers et performants, entrainement et diététique plus poussés, etc. Mais les oreillettes sont à part de l’aspect performance.

    Une solution serait de tester leur suppression sur quelques courses du calendrier, et voir si les scénarios sont plus spectaculaires, et surtout si l’engouement du public (mesuré par exemple via la couverture médiatique) s’en trouve accru.

    Qu’en pensez-vous ?

  8. avatar
    28 avril 2016 a 18 h 09 min

    Salut Skancho,

    Oui Indurain et Armstrong ont appliqué cette method de l’écrémage dans le dernier col par leurs coéquipiers gavés d’EPO comme des oies.

    Il ne restait qu’à sortir la guillotine dans les 6-7 derniers kilomètres.

    Tu oublies Pantani comme cyclist de panache, tout de même quel raid vers les Deux Alpes, et quelle combativité en 2000 dans le Ventoux meme si Armstrong l’a laissé gagner en haut du Géant de Provence.

    Pour Thierry Marie, je ne l’ai pas mis dans mon top 10 exploits car il ne jouait pas le classement general contrairement aux autres qui se battaient tous pour le maillot jaune, au pire le podium.

    Mais oui quelle étape du coureur français en 1991, un an les 230 km d’échappée de Jacky Durand dans le Tour des Flandres, autre morceau de légende du cyclisme français post Hinault.

  9. avatar
    29 avril 2016 a 14 h 43 min
    Par skancho

    Salut les gars !

    Pour rebondir sur ta proposition Fabrice, je pense qu’elle serait un moindre mal, mais je suis de toute façon pour la suppression totale et définitive des oreillettes (comme 95% des amateurs de vélo). En ce qui concerne la difficulté d’arrêter le progrès, c’est en partie vrai. Mais en partie seulement. Par exemple, les vélos CLM ont aujourd’hui des normes plus strictes que l’époque de l’Espada d’Indurain (en terme de poids, de forme…). Avec une volonté au plus haut niveau il serait possible de purement et simplement interdire les oreillettes et les compteurs qui donnent davantage que le kilométrage, la vitesse et le cardio. Aujourd’hui les compteurs indiquent la vitesse à laquelle rouler pour atteindre les échappées à tel ou tel endroit. Ils indiquent à un pétochard de Froome qu’il faut qu’il baisse un chouïa sa cadence de pédalage ou horreur ! Il risquerait de se mettre dans le rouge…
    Seulement, ce business est géré par des constructeurs qui veulent vendre un maximum de technologie au grand public et se servent du peloton comme d’une vitrine. Pas mauvais en soi, sauf lorsque cette technologie est si développée qu’elle tue toute incertitude. Et en cyclisme, elle tue aussi l’épique qui fait du cyclisme un sport unique. Elle tue ce qui a fait la légende du cyclisme, ce qui en a fait plus qu’un sport, un pan de la mythologie de notre histoire moderne.

    Si j’étais à la tête de l’UCI et que j’étais en mesure de défier certains sponsors, je lutterais avec acharnement pour redonner au cyclisme ses lettres de noblesse : 7 coureurs par équipe, interdiction des oreillettes, des compteurs modernes. Je suis même favorable à l’idée d’essayer sur certaines courses un matériel unique fourni par l’UCI ou ASO, comme ça pas de risque de triche (cf les fameux plateaux ovales de la SKy en 2012 et ce que cela cachait certainement). Si je m’écoutais, je fournirais même à chaque coureur un double jeu de chambre à air, car un coureur devrait pouvoir réparer lui-même sa monture. En 1914 Eugène Christophe n’a-t-il pas dû faire 10 bornes à pied et réparer sa fourche ? N’est-ce pas une anecdote que tout le monde connais plus de 100 ans après ? Quel autre sport peu se targuer d’avoir des anecdotes connues de tous, même un siècle après ? N’est-ce pas dû à ce que le cyclisme demandait comme effort et sacrifice ? Donc sans aller jusqu’au règlement drastique d’alors (interdiction de prendre le train pour rallier les arrivées ;-)), mais en revenant un tant soit peu à l’essence du sport cycliste, imaginez le tour de France qu’on aurait ! On reverrait une grande part d’instinct, de stratégie et de dramaturgie sur nos routes en juillet… On se contentera pourtant d’un train Sky, qui succède au train US Postal, lui-même succédant au train Banesto, lorsque les courses ont commencé non plus à se décider sur les bicyclettes, mais dans les voitures des directeurs sportifs…

  10. avatar
    29 avril 2016 a 18 h 07 min

    Salut Skancho,

    Beaucoup de très bonnes propositions !
    Quand je suggérais d’interdire les oreillettes sur quelques courses, c’est seulement dans un premier temps avant de généraliser.

    “Seulement, ce business est géré par des constructeurs qui veulent vendre un maximum de technologie au grand public et se servent du peloton comme d’une vitrine. Pas mauvais en soi, sauf lorsque cette technologie est si développée qu’elle tue toute incertitude. Et en cyclisme, elle tue aussi l’épique qui fait du cyclisme un sport unique. ”

    Très bien vu et exprimé. C’est exactement le nerf de la guerre de promouvoir les nouveaux produits, mais certains développements tuent l’essence de la compétition cycliste.

    “7 coureurs par équipe, interdiction des oreillettes, des compteurs modernes. Je suis même favorable à l’idée d’essayer sur certaines courses un matériel unique fourni par l’UCI ou ASO”

    100% d’accord :)

    “les fameux plateaux ovales de la SKy en 2012 et ce que cela cachait certainement”

    Peux-tu développer un peu svp ? Je ne vois rien de mal à utiliser des plateaux ovales si c’est plus efficace (on peut utiliser le même argumentaire que le dérailleur).

    “je fournirais même à chaque coureur un double jeu de chambre à air, car un coureur devrait pouvoir réparer lui-même sa monture. ”

    Sur ce point je ne suis pas d’accord car cela pénalise davantage un coureur victime de malchance. Inutile de recourir au hasard pour créer des écarts.

    Autre sujet que nous n’avons pas encore abordé: la triche avec l’utilisation de moteurs dissimulés dans les vélos. J’en avais déjà entendu parler, mais j’étais sceptique. Or récemment j’ai vu cet excellent reportage qui m’a beaucoup appris:

    http://www.dailymotion.com/video/x4543y2_video-un-moteur-dans-le-velo_sport

    Dans ce reportage les journalistes utilisent une simple caméra infrarouge pour détecter les échauffements anormaux dans le cadre *pouvant* indiquer la présence d’une batterie et/ou d’un moteur.

    On voit ensuite l’attitude plus que trouble de l’UCI qui est loin de se donner les moyens de détecter efficacement les moteurs.

    Ensuite, les moteurs ne se limitent pas à un moteur dans le cadre. Il existe même des roues spéciales avec des aimants distribués qui peuvent fonctionner comme moteur lorsqu’ils passent près du cadre !

    Les puissances offertes sont de l’ordre de 150 à 200W, ce qui est significatif quand on sait qu’escalader un col requiert dans l’ordre de 500W, et probablement une valeur similaire pour rouler à bloc en CLM.

    Alors évidemment le développement de ces moteurs petits et efficaces est fantastique pour M. et Mme Tout-le monde comme loisir et moyen de transport, mais est totalement contraire à une compétition basée sur la propulsion humaine.

  11. avatar
    29 avril 2016 a 20 h 22 min

    Salut Fabrice, Skancho,

    Oui supprimer les oreillettes et les compteus trop sophistiqués est juste la base pour l’UCI.

    Et pourquoi ne pas imaginer une voitures neutres qui donneraient un coup de main mécanique aux coureurs, voire leur fournir la chambre à air ?
    Il y aurait un côté biathlon à réparer avant de repartir pédaler.

    Mais bon le vélo n’est pas le seul à en souffrir, en F1 c’est pareil tout ou presque se passe sur la passerelle de commandement des ingénieurs avec les simulations par les super-calculateurs des écuries.

    Mais le GROS chantier du moment c’est la lutte contre le dopage mécanique … A suivre.

  12. avatar
    1 mai 2016 a 9 h 31 min
    Par Skancho

    J’ai vu ce reportage aussi, éloquent ! Mais quant à moi j’ai été convaincu de leur existence dès l’accélération de Cancellara à Paris Roubaix. Sans se mettre en danseuse, sans changer de développement, le gars il créé un écart énorme sur le plat sur des gars (et pas des branques !) qui sont à bloc derrière. Acel, n’avais tu pas faut un article la dessus justement ? En soulignant les changement de vélo du Suisse sans raison apparente juste avant les attaques. Et comme l’UCI ferme les yeux. D’ailleurs cockson me déçoit, pas de prise de conscience de la perte de crédibilité du vélo avec ce dopage électronique, pas de sanction pour Yates controlé mais blanchi… On n’est pas sortis de l’auberge !!! C’est pour ça que j’aime bien lire les bouquins de Jean Bobet, Fignon & co, pour me rappeler pourquoi j’adore ce sport

  13. avatar
    1 mai 2016 a 14 h 10 min
    Par Fabien

    Salut les gars (et merci Axel pour cet article de plus, tu es le Merckx du néoVox!).

    Voici ma contribution.
    Je pense que le tournant du cyclisme a commencé comme ça :
    https://www.youtube.com/watch?v=X-ETTy6yces

    Pour Jef, le retour de boomerang aura été terrible. C’était trop puissant ce truc ha ha ha. La musicothérapie ok mais pas n’importe comment.

    Sinon, je m’intéresse de plus en plus aux cyclisme des années Desgranges où déjà la logique affairiste et opaque était de mise.

  14. avatar
    2 mai 2016 a 9 h 55 min

    Bonjour Fabien, Skancho,

    Voici le lien sur ce vieil article concernant le dopage mécanique

    http://yourzone.beinsports.fr/dopage-mecanique-le-deuxieme-fleau-du-cyclisme-professionnel-89749/

    Pour Cancellara en 2010, pas de preuves mais c’est vrai que ses 2 accelerations du Ronde et de Paris Roubaix étaient juste hallucinantes.

    Un peu comme la fusée Armstrong en 2000 à Hautacam ou le cobra Ricco en 2008.

    @Fabien, qu’as tu découvert sur les années Desgrange ? Fais nous partager !

  15. avatar
    9 mai 2016 a 22 h 06 min
    Par M. birdy

    J’aime beaucoup tes articles Axel et encore celui-là. Cependant pourquoi ces métaphores et références systématiques à la mythologie dans, pour ainsi dire chaque article. ( boîte de pandore.. ponce pilate ..phénix..écurie d’augias david contre goliath..etc etc j’en passe). Certes c’est intéressant car pourquoi pas s’y interesser après avoir lu tes articles. Mais personnellement je trouve que ça ne fonctionne plus à un moment, voire ça devient lassant. Utiliser ce genre de référence de manière parcimonieuse serait peut être plus efficace. Cordialement

    • avatar
      10 mai 2016 a 16 h 42 min
      Par skancho

      Ahh ça, c’est le pécher mignon d’Axel, depuis plus de 10 ans que je lis ses articles, aucun n’a été exempt d’une référence mythologique, quelle qu’en soit son origine. Moi qui suis allergique à la mythologie, je lui avais fait remarquer mais que veux tu, on ne change pas les rayures du zèbre. Et puis il m’aura fait découvrir certaines expressions qui se rattachent plus à l’Histoire qu’à la mythologie (ex : la roche tarpéienne). Et ça l’Histoire, j’adhère ! ;-)

      • avatar
        10 mai 2016 a 23 h 34 min
        Par M. birdy

        je comprends ton point de vue Skancho. Mais à force l’effet intéressant de ces références, ( s’il y a volonté de faire un effet d’ailleurs, mais seul axel peut répondre) fait flop. Et s’il n’y a pas de volonté d’effet, cela alourdi le texte.
        Voilà je dis ça je dis rien, c’est mon point de vue. J’apprécie à chaque fois de lire les articles dédiés au cyclisme.

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