Warren Barguil et Sunweb, une fin en eau de boudin
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Warren Barguil et Sunweb, une fin en eau de boudin

C'est un événement rare. Quasi inédit, même. Une équipe a décidé de virer d'une épreuve cycliste un de ses coureurs. Il s'agit de Sunweb, sur la Vuelta, avec Warren Barguil. Une triste fin entre les deux parties, après un Tour de France plus que réussi.

Les histoires d’amour finissent mal en général. Un refrain des Rita Mitsouko qui colle à la collaboration entre Warren Barguil et son équipe Sunweb, dont le terme se profile à la fin de la saison. En effet, le coureur breton a décidé de revenir aux sources en rejoignant l’équipe Fortuneo-Oscaro la saison prochaine. Que voulez-vous, la Bretagne, c’est comme la montagne pour « Wawa », ça vous gagne !

Mais cette annonce de départ n’a visiblement pas plu aux dirigeants de l’équipe allemande. Cette même équipe, qui l’a pourtant libéré de sa dernière année de contrat, a semble-t-il légèrement perdu les pédales – un comble dans le domaine du cyclisme ! – pendant la Vuelta 2017. Ce Tour d’Espagne, qui avait réussi par le passé au duo Barguil-Sunweb, a viré au n’importe quoi cette année.

Comme l’on prive son enfant de sortie

Comme un grain de sable enraye une machine, un gravier provoque une crevaison. Comme celle de Wilco Kelderman, leader annoncé de la Sunweb sur le dernier grand Tour de la saison lors de la 7ème étape. Dans le final entre Lliria et Cuenca, Warren Barguil, têtu comme un Breton, décide de ne pas attendre le Néerlandais. C’est un autre compatriote, Sam Oomen, qui se sacrifie pour son leader. Un acte qui n’a pas plu du tout aux dirigeants allemands.

La sentence, irrévocable à la Denis Brogniart, tombe le soir même de l’arrivée : Warren Barguil est exclu de la Vuelta par son équipe pour désobéissance. Comme l’on prive son enfant de sortie. Un acte fort, d’autant plus que le Breton était mieux classé que Wilco Kelderman à l’issue de cette fameuse étape – le Français pointait à la 13ème place, le Néerlandais à la 14ème. Le Maillot à pois du Tour de France 2017 paie-t-il son arrivée chez Fortuneo-Oscaro ? La réponse penche vers le oui.

C’était Kelderman et rien d’autre

Avec de bonnes sensations et de bonnes jambes, le nouveau chouchou du public français affichait des ambitions légitimes sur cette Vuelta, notamment aller chercher des victoires d’étapes. Lui-même pensait avoir cette liberté, déjà offerte sur la Grande Boucle en juillet dernier et qui lui avait réussi. Mais les plans de la Sunweb étaient bien différents en Espagne. L’objectif ? Jouer le général avec Wilco Kelderman.

Si le Néerlandais, ex-champion national du contre-la-montre, a du potentiel, il n’en reste pas moins un coureur de deuxième catégorie face aux cadors que sont Christopher Froome ou Vincenzo Nibali pour ne citer qu’eux. Son palmarès ne plaide pas pour lui. En six participations à un Grand Tour (Italie, France, Espagne), le Néerlandais n’a terminé qu’une fois dans le top 10. C’était en 2014 sur le Giro. Faible. Très faible même.

Barguil aurait pu ramener des victoires d’étape

Alors, certes, le leader de Sunweb pointe à la 4ème place du classement général à l’aube de la 14ème étape. Derrière Chaves, mais devant Aru et Contador. Il est « dans le game » comme diraient les jeunes de moins de 20 ans. La tactique s’avère aujourd’hui payante, Wilco Kelderman réalise son meilleur Grand Tour. Pourtant, Warren Barguil méritait-il un tel sort ? Non, assurément.

Le Breton, en plus de Sam Oomen, aurait été un atout supplémentaire pour son leader. Qui plus est, il aurait pu jouer des victoires d’étape, avec des échappées au long court allant très souvent au bout sur les routes ibériques. Cela aurait permis à la Sunweb d’étoffer une saison déjà plus que réussie cette année sur les Grands Tours.

Kerlderman, un top 5 suffisant ?

Après le Maillot Rose de Tom Dumoulin sur le Giro, acquis de main de maître, les coureurs Noir et Blanc ont impressionné lors du Tour de France. Un maillot vert avec Michael Matthews, un autre à pois rouges avec Warren Barguil… Quatre victoires d’étapes, avec leurs deux héros australien et français. Le moral était au beau fixe et la dynamique positive pour aborder cette Vuelta. Le trio Kelderman-Barguil-Oomen était à un souffle du top 10 au général avant l’exclusion du Breton. L’affaire semblait bien embarquée.

Désormais, il ne reste plus qu’à Wilco Kelderman de conclure l’essai en conservant sa 4ème place, ou en allant chercher mieux. Même si aller titiller Christopher Froome, Vincenzo Nibali ou Esteban Chaves semble impossible. Si cela suffit à la Sunweb…

La Vuelta souriait pourtant à Wawa

Pour Warren Barguil, cette fin avec son équipe a un fort goût d’eau de boudin. Pourtant, entre lui et la Vuelta, depuis ses débuts professionnels avec Argos-Shimano, aujourd’hui devenu Sunweb, l’histoire était belle. Deux victoires d’étape en 2013 pour ses débuts chez les professionnels, une 8ème place au général l’année suivante en 2014. Le natif de Lanester n’avait que des bons souvenirs sur la péninsule ibérique. La tableau s’est noirci cet été.

Maintenant, quid de sa fin de saison ? Reverra-t-on le sublime vainqueur de l’Izoard sur les routes du Pro Tour avec le maillot de la Sunweb d’ici la fin de saison ? Rien n’est moins sûr, même s’il reste encore quelques belles courses à négocier. Cet épisode fâcheux sur la Vuelta peut-il lui coûter sa place aux championnats du monde ? Peut-être, malheureusement.

Et si cela le privait des Mondiaux ?

Cyrille Guimard, le sélectionneur, a déjà appelé quatre coureurs qui formeront sa « colonne vertébrale », dixit l’intéressé : Julian Alaphilippe, le leader, entouré de Lilian Calméjane, Anthony Roux et Tony Gallopin. Cinq autres noms sont attendus pour constituer un collectif autour de cette base. Des coureurs répondant au profil de coéquipier sont espérés. L’attitude de Barguil sur le Tour d’Espagne ne devrait donc pas séduire l’intransigeant Cyrille Guimard. S’il n’est pas sélectionné, plus que sa fin d’idylle avec Sunweb, c’est sa saison qui finirait en queue de poisson.

Un mot résumerait tout cela : dommage. Après un Tour de France fantastique, le Breton mériterait d’aller à Bergen. Car même si le vélo se court en équipe, un coureur n’a-t-il pas le droit de jouer sa carte personnelle quand il a les jambes ? Je pense que si. Quel intérêt de brider un coureur en forme ? Aucun. Si ce n’est d’afficher sa propre bêtise humaine. Quoi qu’il en soit, nul doute que de retour sur ses terres de vélo, « Wawa » aura envie de briller en tant que leader. Et de montrer qu’il vaut bien plus qu’une inconsciente exclusion d’un Grand Tour.

  1. avatar
    2 septembre 2017 a 20 h 24 min
    Par ezanno

    Warren barguil n’est pas né à lanester. En revanche , il a signé sa licence à Ac lanester.

  2. avatar
    3 septembre 2017 a 19 h 59 min
    Par pain de sucre

    les boches nous paieront cela. en attendant construisons des équipes françaises de grand niveau, si besoin lançon une souscription.

    Guimard sélectionneur ?et pourquoi pas Robert Marchand

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