Marcel Kittel a-t-il vraiment battu Edvald Boasson Hagen ?
Photo Panoramic

Marcel Kittel a-t-il vraiment battu Edvald Boasson Hagen ?

Des images au ralenti qui ne donnent pas de réponse. Une photo-finish qui ne nous éclaire pas plus. Et finalement une décision qui offre la victoire et le Maillot Vert à Marcel Kittel pour six millimètres et trois dix-millièmes de secondes. Mais l'Allemand a-t-il vraiment remporté cette étape ? Le doute subsiste.

Souvent, certains, et surtout certaines, osent croire que plus c’est long, plus c’est bon. C’est qu’ils ou elles n’ont pas vu la 7e étape du Tour de France, entre Troyes et Nuits-Saint-Georges. Au programme, 231,5 km de plat, excepté une petite bosse, la Côte d’Urcy, classée en quatrième catégorie.

Une très (trop ?) longue procession entre Aube et Côte d’Or qui n’a laissé aucune chance aux quatre valeureux du jour : les Français Maxime Bouet (Fortuneo-Oscaro), Yohan Gène (Direct Energie), le Néerlandais Dylan Van Baarle (Cannondale) et l’Italien Manuele Mori (UAE Team Emirates). Valeureux, courageux ou inconscients, ils ont roulé pendant plus de 200 km en tête de la course, face à un peloton qui, comme un chat avec une souris, a joué avec eux avant de les croquer tout cru à moins de dix kilomètres de l’arrivée.

Les images donnent Boasson Hagen devant…

Le grand emballage final pouvait, alors, avoir lieu. Et quel emballage ! Lancé idéalement par son train de l’Etixx – Quick Step, l’Allemand Marcel Kittel se faisait déborder par les Dimension Data, pourtant privés de leur sprinteur maison, Mark Cavendish, mis KO par Peter Sagan lors de la 4e étape. Et c’est le revenant norvégien, Edvald Boasson Hagen, qui tirait les marrons du feu. A la lutte avec Marcel Kittel, le Scandinave semblait, à vitesse réelle, avoir pris le dessus sur son adversaire. Semblait, seulement.

Les ralentis donnent pourtant toujours cette impression qu’Edvald Boasson Hagen est devant pour une poignée de cheveux. En vision aérienne ou latérale, cela ne fait aucun doute. Pour démêler l’issue de ce sprint, les commissaires font appel à la photo-finish. Là, difficile de départager les deux coureurs, même si la roue du natif de Lillehammer semble plus s’écraser sur la ligne rouge que celle du cycliste outre-Rhin.

…le chronomètre place Kittel vainqueur !

Comme rien n’est jamais écrit dans le sport, ce que l’œil humain voit, la technologie – et les commissaires du Tour – ne voit pas. Marcel Kittel est finalement déclaré vainqueur de cette interminable étape après une toute aussi interminable attente. L’écart officiel ? Six millimètres, soit trois dix-millième de seconde. Même pas un souffle. Rien. Le néant. L’infime.

Alors, même s’il paraît difficile de contredire la technique et le matériel de pointe de Tissot, le chronométreur officiel du Tour, peut-on douter du verdict de ces 213,5 km entre Troyes et Nuits-Saint-Georges ? Oui. Comme Saint-Thomas, je ne crois que ce que je vois. Et, ce que je vois, c’est Edvald Boasson Hagen devant à la ligne d’arrivée. Et que les machines ne sont pas toujours infaillibles.

Comme le but de Wembley en 1966

A l’image, le Norvégien paraît avoir un léger avantage, mais avantage tout de même. En plus de voir sa roue mieux s’écraser sur la ligne rouge de la photo-finish par rapport à Marcel Kittel, son guidon est devant celui de l’Allemand. Alors, effet d’optique ? Jeu de profondeur d’image ? Comme le but de Wembley, inscrit durant les prolongations de la finale de la Coupe du Monde 1966 par l’Anglais Geoffrey Hurst, il restera impossible de définir si Marcel Kittel l’a réellement emporté.

Vous me direz : « oui, mais le chronomètre ne se trompe pas ! » Non. Mais n’y a-t-il pas une marge d’erreur ? Surtout quand on parle de six millimètres et de trois dix-millièmes de seconde. Être sûr du résultat et suivre la décision des commissaires ? Ce n’est pas mon cas. Après de multiples revisionnages de l’arrivée, de nombreuses analyses de la photo-finish, je crois toujours qu’Edvald Boasson Hagen aurait dû lever les bras à l’arrivée à Nuits-Saint-Georges. C’est peut-être,mon amour pour les belles histoires du sport qui me font dire ça. Face au récidiviste de la gagne Marcel Kittel, le Norvégien méritait certainement plus la victoire, lui qui a remporté le Tour de Norvège et le Tour des Fjords cette saison. Pas de grosses références, donc.

Passe de trois et Maillot Vert pour Kittel

En attendant, cette victoire de Marcel Kittel – la troisième sur ce Tour 2017 – offre au coureur d’Etixx – Quick-Step le Maillot Vert, porté éphémèrement par le Français Arnaud Démare. Le sprinteur de la FDJ, loin de jouer la gagne en Côte d’Or, est en méforme après des soucis intestinaux. Et le week-end de montagne n’est pas là pour l’aider. A la Station des Rousses, il a limité la casse pour arriver dans les délais à moins de 40 minutes du vainqueur tricolore de l’étape, Lilian Calméjane (Direct-Énergie). Malgré ses crampes, il n’y a pas de doute sur le courage, le talent et la science de la course du jeune Albigeois. En lui, je crois. En la victoire de Marcel Kittel à Nuits-Saint-Georges, beaucoup moins.

  1. avatar
    9 juillet 2017 a 8 h 26 min

    Franchement, cette photo finish est impossible à juger. Pour plus d’équité, il aurait fallu déclarer Boasson Hagen et Kittel vainqueurs ex-æquo de l’étape.

    • avatar
      9 juillet 2017 a 18 h 10 min

      C’eut été une solution. Car là, il était trop difficile de les partager. Mais si je conserve la conviction que Boasson Hagen est finalement devant…

  2. avatar
    9 juillet 2017 a 20 h 28 min
    Par MagicMickael

    Tu pense vraiment que ce que tu vois des images TV, dont la fréquence d’image est très largement inférieure à la photo finish, est plus fiable ?
    Je suis d’accord il y a une marge d’erreur, mais elle doit être inférieure à l’écart mesuré (je ne fait pas partie des commissaires pour confirmer mais je pense qu’ils n’auraient pas pris cette décision sans ça).
    Quand à ton avis sur les guidons, c’est inutile, le classe est la roue avant. Si un coureur s’arrête avant de passer le guidon, il est quand même vainqueur, c’est juste par rapport à la vitesse au passage de la ligne, et à la longueur du vélo…
    Enfin bref, si tu remet en question la victoire de Kittel, tu peux toutes les remettre en question…

    • avatar
      10 juillet 2017 a 8 h 38 min

      On n’a donc pas le droit de douter quand l’écart mesuré est de trois dix-millièmes de seconde, soit six millimètres. C’est tellement faible (l’écart le plus faible même) qu’on peut se poser des questions. Mais si tu as la science infuse, excuse-moi de ma débilité ;)

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