L’étape reine sur le Tour de France, un concept galvaudé ?
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L’étape reine sur le Tour de France, un concept galvaudé ?

A chaque présentation annuelle du parcours du Tour de France, l’aréopage des observateurs brandit le concept d’étape reine pour qualifier l’étape la plus spectaculaire et la plus attendue… Est-ce vraiment le cas quand l’on bascule du monde utopique de la théorie et des rêves à l’univers plus concret de la pratique et de la réalité ?

Chaque étape reine théorique sera notée sur plusieurs critères :

o  Victoire du lauréat final du Tour de France (1 point), d’un ancien vainqueur ou coureur ayant figuré sur le podium (0.75 point), d’un coureur sur le podium final – ou du maillot jaune le jour de l’étape quand il ne s’agit pas du vainqueur à Paris – (0.5 point), d’un coureur du top 10 final (0.25 point), d’un autre coureur lambda (0 point)

o  Spectacle offert au public : exceptionnel (1 point), grandiose (0.75 point), bon (0.5 point), moyen (0.25 point), médiocre (0 point)

o  Etape la plus marquante du Tour de France en question : oui (1 point), ex-aequo avec une autre étape marquante (0.5 point), non (0 point)

-  1990, Blagnac – Luz Ardiden

o  Pourquoi elle en théorie ? Car avec le redoutable col d’Aspin en prélude, cette étape était le grand moment du Tour de France 1990, plus encore que le Bettex (St Gervais Mont Blanc) ou même que l’Alpe d’Huez.

o  Vainqueur (0.25 point) : Miguel Indurain, 10e du Tour de France 1990

o  Spectacle (1 point) : de grande qualité, avec un coup de bluff  venant du maillot jaune, l’inexpérimenté Claudio Chiappucci. La clé de voûte de ce Tour de France 1990, c’est le fameux coup de Jarnac du premier jour au  Futuroscope, où l’échappée matinale de Claudio Chiappucci, Steve Bauer et Ronan Pensec contraindra les favoris à trois semaines de course poursuite endiablée …

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (1 point) : oui, car elle annonce l’émergence future de Miguel Indurain, elle confirme le statut de patron de Greg LeMond et scelle les positions sur le podium final, seul l’ordre Chiappucci / Breukink restant à définir, le maillot jaune n’ayant plus que 5 secondes d’avance sur LeMond, bien trop peu pour espérer conserver sa tunique après l’étape chronométrée du Lac de Vassivière.

o  Total (2.25 points sur 3) : Luz Ardiden 1990 fut la dernière victoire en ligne d’Indurain sur le  Tour de France, avant son quinquennat hégémonique entre 1991 et 1995. Et la dernière étape en ligne où Greg LeMond ne subira pas le double effet boomerang EPO + myopathie mitochondriale …

-  1991, Jaca – Val Louron

o  Pourquoi elle en théorie ? Tout simplement car l’autre arrivée au sommet, si elle est plus difficile (Plateau de Beille) n’avait pas des cols aussi redoutables comme terrain d’attaque. L’étape des Deux-Alpes passant par la Croix-de-Fer et le Galibier, elle était idéale pour lancer une offensive de grande envergure, ce que fera Marco Pantani, quarante ans après son idole Charly Gaul en 1958 dans la Chartreuse.

o  Vainqueur (0.75 point) : Claudio Chiappucci, 3e du Tour de France 1991 et sur le podium de l’édition 1990  (2e)

o  Spectacle (1 point) : comme une valse en trois temps, cette étape OVNI fait la bascule vers le cyclisme 2.0, celui de l’ère EPO. Claudio Chiappucci qui attaque dans les ultimes pente sdu Tourmalet, Greg LeMond qui craque (victime de sa myopathie mitochondriale), Miguel Indurain qui contre et prend le maillot jaune devant Gianni Bugno, champion d’Italie qui est le double produit de la musicothérapie et de l’EPO … Une page se tourne, celle de l’ère LeMond, phénix qui avait  réussi à revenir du terrible chaos d’un accident de chasse au printemps 1987, pour conquérir un maillot irisé (1989) et deux maillots jaunes (1989, 1990)

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (1 point) : oui, car toute une génération de coureurs (LeMond, Fignon, Delgado, Herrera) s’efface au profit d’une autre (Indurain, Chiappucci, Bugno), comme un symbole d’une passation de pouvoir irréversible.

o  Total (2.75 points sur 3) : seul manquait à cette étape la présence d’Erik Breukink (abandonné avec PDM à Quimper) et la victoire de Miguel Indurain, sphinx placide qui n’allait pas gagner une seule étape en ligne, ce qui lui vaudra un procès pour manque de panache de la part de l’ancienne plume de L’Equipe, Pierre Chany, qui considérait la réserve du Navarrais comme un crime de lèse-majesté.

-  1992, Saint -Gervais – Sestrières

o  Pourquoi elle en théorie ? Tout simplement car l’autre arrivée au sommet, si elle est plus difficile (Plateau de Beille) n’avait pas des cols aussi redoutables comme terrain d’attaque. L’étape des Deux-Alpes passant par la Croix-de-Fer et le Galibier, elle était idéale pour lancer une offensive de grande envergure, ce que fera Marco Pantani, quarante ans après son idole Charly Gaul en 1958 dans la Chartreuse.

o  Vainqueur (0.75 point) : Claudio Chiappucci, 2e du Tour de France 1992 et sur le podium des éditions 1990  (2e) et 1991 (3e)

o  Spectacle (1 point) : loin d’être un feu de paille, l’échappée de Claudio Chiappucci ramène le cyclisme à son passé épique, celui de Gaul, Merckx et surtout Coppi, auteur d’une chevauchée fantastique vers Sestrières en 1952, soit quarante ans plus tôt. Via les cols de l’Iseran et du Mont-Cenis, Chiappucci réalise une impressionnante pyrotechnie. Au climax de sa carrière, le grimpeur toscan réalise une prouesse impressionnante.

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (0.5 point) : oui, même si l’extraterrestre Indurain, intouchable lors du fameux chrono du Luxembourg, avait déjà fait main basse sur le classement général.

o  Total (2.25 points sur 3) : des coureurs éparpillés façon puzzle, à ramasser à la petite cuillère … Un spectacle offensif de toute beauté dans le cadre majestueux des Alpes franco-italiennes, des tifosi déchaînés devant El Diablo, une petite défaillance du roi Miguel dans le final. Rien ne manquait à l’agenda de cette étape sublime.

-  1993, Villard-de-Lans – Serre Chevalier

o  Pourquoi elle en théorie ? Tout simplement car elle passe par le monstre alpestre qu’est le col du Galibier, en comparaison duquel les autres cols ne sont que de la petite bibine, comme l’écrivait jadis Henri Desgrange. Bref, c’est un châtiment de Sisyphe qui attend les coureurs sur la route de Serre-Chevalier, avec le changement de braquet inhérent au passage de la plaine à la montagne. Morceau de bravoure du Tour de France 1993, l’étape de Serre-Chevalier servira de mètre étalon pour jauger des forces en présence.

o  Vainqueur (0.5 point) : Tony Rominger, 2e du Tour de France 1993

o  Spectacle (0.25 point) : nourri au nectar et à l’ambroisie par les fées du destin, Miguel Indurain écrase les pédales et rend le suspense inversement proportionnel à sa toute-puissance. Le Goliath espagnol ruine donc le spectacle, comme au temps d’Hinault et Merckx, qui imposaient leur férule au peloton. A son zénith, le Navarrais voit poindre un rival suisse venu du canton de Zoug, un certain Tony Rominger, qui l’emporte à Serre Chevalier pour le gain de l’étape. La grande lessive signée du double tenant du titre condamne aux oubliettes des coureurs très en vue en 1991 et 1992, Erik Breukink, Gianni Bugno ou Laurent Fignon notamment, qui tombent de Charybde en Scylla.

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (1 point) : oui, car à ses dons intrinsèques de rouleur, Miguel Indurain rajoute une corde à son arc, celle d’un coureur qui a trouvé l’antidote face aux grimpeurs dans les cimes alpestres et pyrénéennes.

o  Total (1.75 points sur 3) : l’impressionnante baraka de Miguel Indurain sonne le tocsin des espoirs de la concurrence de soulever le vase de Sèvres deux semaines plus tard sur l’avenue des Champs-Elysées. Souverain au Lac de Madine dans le chrono, citadelle imprenable, le leader de Banesto n’a pas été menacé durant ce Tour de France 1993 sans grande saveur.

-  1994, Cahors – Lourdes Hautacam

o  Pourquoi elle en théorie ? étape redoutable avec la transition plaine / montagne, Lourdes Hautacam est inédite et doit lancer en orbite le duel tant attendu entre Miguel Indurain et Tony Rominger. Certes le Ventoux sur la route de Carpentras ou l’Alpe d’Huez attendent ensuite le peloton, mais les fulgurances du rookie italien Marco Pantani allumeront l’étincelle décisive dès les Pyrénées.

o  Vainqueur (0 point) : Luc Leblanc, 5e du Tour de France 1991

o  Spectacle (0.5 point) : annoncé sur le déclin après un Giro raté  (3e derrière Berzin et Pantani), Miguel Indurain oppose un démenti cinglant à ceux qui le pensent déjà rattrapé par l’inexorable érosion du temps. L’usure du pouvoir attendra encore pour faire son œuvre. A son puzzle, l’Espagnol a donc rajouté la pièce manquante, une sérénité et une force de percussion redoutable en haute montagne, qui le rend presque invincible.

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (1 point) : oui, et l’inoxydable Indurain montre que 1994 ne sera pas la saison de trop, a contrario de ceux qui croyaient au péché d’orgueil de la part du triple maillot jaune sortant. A l’apogée de sa carrière, le colosse de Pampelune écoeure une concurrence laminée.

o  Total (2.75 points sur 3) : la brume sur les hauteurs de Lourdes, le come-back de Luc Leblanc, Miguel Indurain impérial, Tony Rominger les mollets en charpie, Marco Pantani déjà offensif … Une superbe première pour Hautacam devenu depuis un classique du Tour.

-  1995, Aime – Alpe d’Huez

o  Pourquoi elle en théorie ? au lendemain d’une étape menant les coureurs à la Plagne par le Cormet de Roselend, l’étape de l’Alpe d’Huez via la Madeleine et la Croix-de-Fer a tout de l’étape reine, loin d’une promenade de santé pour les prétendants au sceptre élyséen.

o  Vainqueur (0.75 point) : Marco Pantani, 3e du Tour de France 1994

o  Spectacle (0.5 point) : moyen car si Marco Pantani bat le record de l’ascension au départ du Bourg d’Oisans, Alex Zülle et Bjarne Riis ne parviennent pas à créer le décalage face à un Miguel Indurain plus tranquille que jamais. Figure de proue du cyclisme mondial, l’Espagnol pérennise les succès et les dauphins se succèdent. Mais le spectacle, lui, est rarement de nature à déchaîner les passions dans les téléviseurs. Pourtant, les coureurs doivent toujours fendre la foule en montagne tel Moïse séparant en deux la Mer Rouge.

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (0 point) : non, Miguel Indurain ayant réussi un véritable one-man-show sur la route de Liège, profitant d’une étape ardennaise pour réussir d’une pierre deux coups : surprendre ses rivaux avant le chrono Huy- Seraing, et clouer le bec à ses détracteurs, ceux qui l’accusent depuis 1991 de courir en épicier. Et que dire de la formidable offensive lancée par Laurent Jalabert et ONCE entre Saint-Etienne ? Ce coup de Jarnac provoqua même la panique dans les rangs de la Banesto, peu habituée à improviser dans l’urgence en tête du peloton.

o  Total (1.25 points sur 3) : Pantani dans une autre dimension, Indurain en forteresse défensive imprenable, cette étape de l’Alpe d’Huez  fut mémorable pour le record plus que pour le spectacle, la victoire d’étape étant assez vite confisquée par l’Italien et le maillot jaune parfaitement défendu par l’Espagnol.

-  1996, Chambéry – Les Arcs

o  Pourquoi elle en théorie ? L’étape de Sestrières finalement amputée pour cause de neige, l’étape d’Hautacam se résumant à une course de côte, celle de Pampelune à une longue procession vers la  cité navarraise sans arrivée au sommet, c’est logiquement que l’étape des Arcs, par le col de la Madeleine et le Cormet de Roselend, est auréolé du titre subjectif d’étape reine de l’édition 1996, celle qui va faire de Miguel Indurain un mortel parmi d’autres, loin de son statut d’Olympien durant le quinquennat écoulé.

o  Vainqueur (0.25 point) : Luc Leblanc, 6e du Tour de France 1996 et 4e du Tour de France 1994

o  Spectacle (1 point) : un torrent émotionnel intarissable à épargner aux téléspectateurs les plus cardiaques devant leur tube cathodique : abandon poignant du maillot jaune Stéphane Heulot, chutes de Johan Bruyneel et Alex Zülle, déroute totale de Laurent Jalabert, défaillance de Miugel Indurain collé au goudron tel Eddy Merckx en 1975 à Pra-Loup.

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (1 point) : oui, malgré le triple démarrage en accordéon de Riis dans Hautacam ou l’accolade Riis / Indurain à Pampelune. Le visage ravagé par la défaillance de Big Mig aux Arcs a fait le tour du monde durant l’été 1996, la fin d’un mythe.

o  Total (2.25 points sur 3) : sans manquer de respect à Luc Leblanc (champion du monde sur route en 1994 à Agrigente), un vainqueur encore plus prestigieux aurait donné à cette étape une dimension encore plus extraordinaire. Mais ce chef d’œuvre de dramaturgie cycliste a sa place dans les cœurs des passionnés du Tour de France, ayant marqué la Grande Boucle d’un sceau indélébile.

-  1997, Loudenvielle – Andorre Arcalis

o  Pourquoi elle en théorie ? Tout simplement car l’étape de l’Alpe d’Huez n’est qu’une montée sèche vers les célèbres 21 lacets, et les difficultés qui précédent le col final d’Ordino vers la station andorrane d’Arcalis, notamment le célèbre Port d’Envalira, sont encore plus impressionnantes que celles de l’étape Bourg d’Oisans – Courchevel.

o  Vainqueur (1 point) : Jan Ullrich, vainqueur du Tour de France 1997

o  Spectacle (0.25 point) : assez médiocre puisque dès la première banderille, Jan Ullrich s’envole, assis sur sa selle. Le rouquin de l’ex RDA n’a guère besoin de se mettre en danseuse pour sortir de sa roue ses deux rivaux les plus coriaces, Richard Virenque et Marco Pantani. Le diesel de la Telekom se mue ensuite en un cyborg implacable, tel le papillon sorti de sa chrysalide.

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (0 point) : non, l’incroyable mano-à-mano Telekom / Festina sur la route de Courchevel restera comme le pinacle de cette édition 1997, avec un Virenque vainqueur devant Ullrich, qui a juste vendu sa victoire pour 100 000 francs, histoire de partager un peu son Monopoly de thermidor.

o  Total (1.25 points sur 3) : certes, Arcalis installe Ullrich sur son trône, mais le virtuose de Rostock l’a emporté sans Indurain ou Armstrong en face, et sans véritable spectacle, sans supplément d’âme. En force pure, l’ADN cycliste de ce Monsieur Propre du cyclisme (pour la créole à l’oreille gauche plus que pour le respect du règlement anti-dopage …).

-  1998, Grenoble – Les Deux Alpes

o  Pourquoi elle en théorie ? Tout simplement car l’autre arrivée au sommet, si elle est plus difficile (Plateau de Beille) n’avait pas des cols aussi redoutables comme terrain d’attaque. L’étape des Deux-Alpes passant par la Croix-de-Fer et le Galibier, elle était idéale pour lancer une offensive de grande envergure, ce que fera Marco Pantani, quarante ans après son idole Charly Gaul en 1958 dans la Chartreuse.

o  Vainqueur (1 point) : Marco Pantani, vainqueur du Tour de France 1998

o  Spectacle (1 point) : une étape darwinienne pour le Tour de France 1998, un maillot jaune transi de froid en perdition, accablé par une crevaison. Un challenger qui réalise la course de sa vie et renverse la table, avec ce supplément d’âme qui fait les étapes romantiques. Ce jour là, Marco Pantani ne fait pas que remporter le Tour de France, il met fin à 33 ans de jachère pour l’Italie depuis Feice Gimondi maillot jaune en 1965, il sauve le Tour de France gâché par l’affaire Festina et il brise le totem de la scoumoune pour les purs grimpeurs (orphelins de sacre depuis 1976 avec Lucien Van Impe).

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (1 point) : oui, même si l’étape du Plateau de Beille annonçait déjà la menace Pantani pour l’ogre de Rostock. Les coureurs qui se regardaient en chiens de faïence sous la pluie du Galibier ont vu l’ambiance de western-spaghetti changer en guérilla, avec l’épouvantail Ullrich en grande difficulté, tombant du Capitole à la Roche Tarpéienne.

o  Total (3 points sur 3) : une véritable madeleine de Proust pour les amateurs de vélo, avec l’ADN d’une étape de légende. Tout y est, rien ne manque.

-  1999, Le Grand Bornand – Sestrières

o  Pourquoi elle en théorie ? On aurait pu choisir Foix – Piau-Engaly mais la station pyrénéenne vivait son baptême du feu sur le Tour de France. Sestrières, elle, vivait son âge d’or après les passages de 1992 et 1996. La station piémontaise lançait la grande bataille des cols dans cette édition 1999 orpheline de Jan Ullrich et Marco Pantani.

o  Vainqueur (1 point) : Lance Armstrong, vainqueur de l’édition 1999 avant déclassement sur tapis vert sur décision de l’UCI en octobre 2012

o  Spectacle (0.5 point) : correct, ce qui est paradoxal puisque beaucoup pensaient Lance Armstrong et US Postal incapables de conserver le maillot jaune récupéré au chrono de Metz. Mais le Texan, loin d’être un feu de paille, va enfoncer le clou. Ceux qui pensaient que Metz serait une victoire à la Pyrrhus, au vu de l’épuisement de l’Américain à l’arrivée du chrono, se sont lourdement trompés … Non seulement le leader de l’US Postal ne craque pas dans la Croix-de-Fer pas plus que dans le Galibier ou le Montgenèvre, mais il part en contre-attaque derrière Ivan Gotti et Fernando Escartin échappés. Et seul Alex Zülle limite l’hémorragie du temps dans la rampe finale de Sestrières, magnifiée par Coppi en 1952 et Chiappucci en 1992.

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (0.5 point) : oui, car elle inscrit le cyclisme dans une nouvelle ère, celle de Lance Armstrong, qui balaye le court intérim Ullrich / Pantani ayant suivi la fin de l’ère Miguel Indurain. Les sceptiques de Metz ont juste  changé de question à l’arrivée dans le Piémont : comment un ancien cancéreux peut-il écraser à ce point le Tour de France ? Car le dauphin du Texan, Abraham Olano, pointe à 6’03’’ après la première étape de montagne. Même Miguel Indurain n’avait pas creusé un tel écart sur Tony Rominger en 1994 (4’47’’). Cependant, la belle attaque de Fernando Escartin sur la route de Piau Engaly offrit un spectacle superbe, avec des supporters ibériques euphoriques le long de la route.

o  Total (2.5 points sur 3) : une étape qui lance le compte à rebours vers l’Armageddon du cyclisme professionnel, et qui rend utopique les desseins de victoire des rivaux d’Armstrong .

-  2000, Carpentras – Mont Ventoux

o  Pourquoi elle en théorie ? On aurait pu choisir Dax – Lourdes Hautacam voire Briançon – Courchevel, mais le Géant de Provence et ses pentes rocailleuses n’avaient pas vu le passage du Tour de France depuis 1994, une arrivée au sommet depuis 1987 et une arrivée au sommet jugée en ligne depuis 1972 !

o  Vainqueur (0.75 point) : Marco Pantani, maillot jaune du Tour de France 1998 et favori de l’édition 2000 avec Lance Armstrong, Alex Zülle et Jan Ullrich

o  Spectacle (0.75 point) : grandiose, avec Marco Pantani qui se bat avec l’énergie implacable d’un champion pour revenir sur le groupe des ténors dont Lance Armstrong s’extraira pour rejoindre le Pirate.

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (0 point) : non, l’étape Lourdes Hautacam fut de loin la plus importante de la 87e édition, propulsant Lance Armstrong en jaune et voyant plusieurs favoris, dont Ullrich, Pantani et Zülle, tomber du Capitole à la Roche Tarpéienne, en quelques kilomètres sous la pluie pyrénéenne.

o  Total (1.5 points sur 3) : une belle étape mais l’étape Dax – Lourdes Hautacam détrôna sa rivale provençale dans les faits. La véritable étape reine du mois de juillet 2000 fut courue dans les Pyrénées et non dans le Vaucluse.

-  2001, Foix – Saint-Lary-Soulan

o  Pourquoi elle en théorie ? Certes l’étape Aix-les-Bains – Alpe d’Huez était impressionnante avec les cols du Glandon et de la Madeleine sur son parcours, mais celle du Pla d’Adet est encore plus impressionnante avec Peyresourde. De plus, l’arrivée au sommet à Saint-Lary Soulan sert de juge de paix, de climax  du triptyque pyrénéen imaginé cette année là par Jean-Marie Leblanc (Plateau de Bonascre, Saint-Lary Soulan, Luz Ardiden)

o  Vainqueur (1 point) : Lance Armstrong, vainqueur de l’édition 2001 avant déclassement sur tapis vert sur décision de l’UCI en octobre 2012

o  Spectacle (0.75 point) : grandiose, avec l’échappée de Laurent Jalabert parti à la conquête du maillot blanc à pois rouges du classement de la montagne, la chute de Jan Ullrich dans le col de Peyresourde et le panache de l’Allemand pourtant esseulé dans la montée finale face au tandem de l’US Postal (Armstrong / Heras).

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (0 point) : non, car l’étape de l’Alpe d’Huez a marqué les esprits avec le coup de bluff d’Armstrong et ce fameux regard de tueur vers Ullrich et Kivilev avant de démarrer. Cependant, la performance du Texan au Pla d’Adet jouera beaucoup dans l’impact mental qui conduira l’ogre de Rostock à cette fameuse paix des braves en haut de Luz Ardiden, avec cette main tendue vers le maillot jaune en forme de reddition, de révérence du dauphin vers le roi.

o  Total (1.75 points sur 3) : une magnifique étape pour ce Tour de France 2001 même si la concurrence de l’étape de l’Alpe d’Huez empêche sans doute le Pla d’Adet d’incarner totalement la 88e édition.

-  2002, Lodève – Mont Ventoux

o  Pourquoi elle en théorie ? les pentes rocailleuses du Mont Chauve sont le mythe absolu du cyclisme hexagonal, et ce n’est pas la concurrence de cimes trop récentes (Plateau de Beille, Deux Alpes) pour s’inscrire dans l’ADN du Tour qui auraient pu bouleverser le statut d’étape reine de cette étape

o  Vainqueur (0.75 point) : Richard Virenque, 2e du Tour de France 1997 et 3e du Tour de France 1996

o  Spectacle (0.25 point) : face au Goliath Armstrong, David Virenque réussit le coup parfait. Parti de loin, le Varois résiste au retour fulgurant du Texan, devenu l’alpha et l’omega d’une Grande Boucle orpheline de Jan Ullrich. Dauphin de L.A., le Basque Joseba Beloki tente une timide attaque sur les pentes rocailleuses du Ventoux. Mais le maillot jaune, impérial, remet de suite à sa place le leader de la ONCE.

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (1 point) : oui, car l’as Armstrong écrase l’étape bien que le suspense soit ruiné. Beloki, Rumsas, Botero et consorts passent sous les fourches caudines du triple lauréat du Tour, lancé en orbite vers un quatrième succès consécutif.

o  Total (2 points sur 3) : une belle étape pour ce Tour de France 2002 même si l’absence de vrais challengers comme Jan Ullrich ou Marco Pantani a cruellement manqué pour dramatiser encore un peu plus le scénario de la course, face à un Armstrong proche de la quadrature du cercle.

-  2003, Bagnères-de-Bigorre – Luz Ardiden

o  Pourquoi elle en théorie ? certes le Tour du Centenaire propose une arrivée au sommet à l’Alpe d’Huez via le Galibier, mais Luz Ardiden (via l’autre géant du Tour, le col du Tourmalet) arrive dans le money time, après le chrono de Cap Découverte et les étapes d’Ax-les-Thermes (Plateau de Bonascre) puis de Loudenvielle.

o  Vainqueur (1 point) : Lance Armstrong, vainqueur de l’édition 2003 avant déclassement sur tapis vert sur décision de l’UCI en octobre 2012

o  Spectacle (1 point) : exceptionnel, une étape comme en voit qu’une par décennie. Ullrich qui dresse la guillotine à 120 kilomètres de l’arrivée dans le Tourmalet, Armstrong qui chute dans la montée finale devant Iban Mayo, avant de déchausser puis de démarrer avec l’énergie implacable du champion. Le phénix renaît de ses cendres, le tout sous la brume pyrénéenne qui contraste avec la canicule écrasante des jours précédents, avec la traditionnelle image du valeureux coureur français échappé (Sylvain Chavanel en l’occurrence) rattrapé par le vainqueur  du jour.

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (1 point) : sans hésiter, malgré les escarmouches de Vinokourov, Beloki et Hamilton à l’Alpe d’Huez, malgré la chute tragique de Beloki sur la route de Gap, malgré l’exploit d’Ullrich dans le chrono du Gers, le passage à vide d’Armstrong dans le Port de Pailhères et le Plateau de Bonascre, ou le coup de poker menteur de Vinokourov vers Loudenvielle, laissant le maillot cyan d’Ullrich face au maillot jaune d’Armstrong pour un bluff.

o  Total (3 points sur 3) : une étape monumentale, une joute d’anthologie pour ce Tour de France 2003, qui rentre de plain-pied dans la légende du Tour.

-  2004, Bourg d’Oisans – Alpe d’Huez (CLM)

o  Pourquoi elle en théorie ? dès octobre 2003, à la présentation du parcours de l’édition 2004 de la Grande Boucle, chacun spécule sur cette étape qui devrait servir de bras de fer ultime aux deux Goliaths du cyclisme par étapes, Jan Ullrich et Lance Armstrong. Malgré la Mongie, le Plateau de Beille, Villars-de-Lans ou le Grand Bornan, l’arrivée au sommet à l’Alpe d’Huez en mode chrono capte toute l’attention médiatique. Un tel juge de paix contre-la-montre n’a pas été osé depuis 1987, avec la fameuse étape du Mont Ventoux gagnée par Jean-François Bernard.

o  Vainqueur (1 point) : Lance Armstrong, vainqueur de l’édition 2004 avant déclassement sur tapis vert sur décision de l’UCI en octobre 2012

o  Spectacle (0.25 point) : assez limité pour deux raisons. Primo car Armstrong a dressé la guillotine dès la Mongie, sous la pluie des cols pyrénéens. Ses challengers, de Mayo à Heras en passant par Ullrich ou Hamilton, ont tous vu cette étape sonner le glas de leurs espoirs, quand ce n’était pas déjà le cas plus tôt pour certains d’entre eux (Iban Mayo sur les pavés du Nord). Secundo, car en état de grâce, Armstrong tire la quintessence de ses jambes de feu. En bon gladiateur de l’asphalte, le Texan s’offre le luxe de reprendre son dauphin Iban Mayo. Le diesel qu’est Jan Ullrich atteint son pic de forme en troisième semaine, mais il est trop tard.

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (0 point) : non puisque c’est sur les pentes du Tourmalet, où l’arrivée à la Mongie était jugée, que ce Tour de France 2004 s’est joué, Armstrong n’ayant pas vraiment de rivaux à sa taille, seuls Ivan Basso et Andreas Klöden pouvant l’accompagner sur le podium élyséen.

o  Total (1.25 points sur 3) : une étape qui a fait pschitt, loin des montagnes russes d’adrénaline attendues, puisque le maillot jaune était solidement installé sur les épaules de Lance Armstrong, intouchable dans les Pyrénées.

-  2005, Grenoble – Courchevel

o  Pourquoi elle en théorie ? tout simplement car l’ère Armstrong a vu le Texan porter l’estocade à ses rivaux lors de la première étape de montagne, pour des raisons diverses ; météo capricieuse en 1999 à Sestrières, 2000 à Lourdes Hautacam et 2004 à la Mongie, épée de Damoclès du coup de Pontarlier en 2001, échec du chrono de Lorient à effacer en 2004. L’exception fut 2003 avec une relative passivité d’Armstrong vers Morzine, qui il est vrai n’offrait pas d’arrivée au sommet.

o  Vainqueur (0 point) : Alejandro Valverde, coureur de grande classe mais sans références sur le Tour de France

o  Spectacle (0.25 point) : médiocre  puisqu’une fois de plus, les prétendants au trône ont déçu, voyant le maillot jaune devenir utopique dès la première grande étape de montagne. Ivan Basso comme Jan Ullrich ont déçu sur la route de Courchevel, et Armstrong a fait la différence en compagnie de Michael Rasmussen ou Alejandro Valverde.

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (1 point) : oui puisque la suite sera une longue procession vers Paris Champs-Elysées, pour le septième maillot jaune consécutif d’un imposteur venu du Texas, protégé par le Ponce Pilate de l’UCI, alias Hein Verbruggen, du haut de sa tour d’ivoire de Lausanne. L’EPO dont le professeur Conconi avait fait la démonstration en 1993 au col du Stelvio dans les Dolomites, marquait encore au fer rouge le triomphe de l’hégémonique Discovery Channel, digne héritière du train bleu de l’US Postal, le tout avec une omerta en forme de chape de plomb.

o  Total (1.25 points sur 3) : une étape globalement décevante tout comme ce Tour de France qui sera une victoire à la Pyrrhus pour Armstrong, dont l’arrogance toujours plus grande le mènera à sa perte. Son discours cynique sur le podium parisien le fera franchir le Rubicon aux yeux de beaucoup de sceptiques qui ne rêvaient que d’une chose, son déclassement, puisque les sept vases de Sèvres soulevés par le champion du monde d’Oslo 1993 étaient usurpés.

-  2006, Gap – Alpe d’Huez

o  Pourquoi elle en théorie ? tout simplement car ni le Pla de Beret, ni la Toussuire ni Morzine n’ont le prestige suffisant pour rivaliser avec la célèbre station de l’Oisans.

o  Vainqueur (0 point) : Frank Schleck, coureur de grande classe mais sans références sur le Tour de France

o  Spectacle (0.5 point) : moyen sur un Tour de France orphelin de l’imposteur Armstrong mais aussi des pestiférés de l’affaire Puerto, Jan Ullrich, Ivan Basso ou Francisco Mancebo.

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (0 point) : non, ce sera l’étape de Morzine où Floyd « Hercule » Landis réalisera un feu d’artifice offensif digne de Merckx ou d’un Coppi.

o  Total (0.5 points sur 3) : bien plus que dans les 21 lacets de l’Alpe d’Huez, le Tour de France 2006 s’est joué en trois temps, à Strasbourg avec l’exclusion du quatuor Ullrich / Basso / Vinokourov / Mancebo, sur la route de Montélimar avec l’échappée fleuve d’Oscar Pereiro Sio puis enfin à Morzine avec un Floyd Landis qui avait chaussé ses bottes de sept lieues.

-  2007, Mazamet – Plateau de Beille

o  Pourquoi elle en théorie ? sans Alpe d’Huez ni Ventoux, le difficile col qu’est le Plateau de Beille, rapidement devenu un classique du Tour de France, fait figure de juge de paix.

o  Vainqueur (1 point) : Alberto Contador, vainqueur du Tour de France 2007

o  Spectacle (0.5 point) : moyen puisque le maillot jaune danois Rasmussen et le maillot blanc espagnol Contador se toisent en duo devant leurs rivaux, Evans et Leipheimer notamment.

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (0 point) : non, cela restera la démonstration de force de Chicken Legs, alias Michael Rasmussen, sur les hauteurs de Tignes.

o  Total (1.5 points sur 3) : ce fut une étape clin d’œil, Contador gagnant de peu devant Rasmussen qui allait lui céder (par exclusion sur décision de Rabobank) un maillot jaune sentant le soufre.

-  2008, Embrun – Alpe d’Huez

o  Pourquoi elle en théorie ? malgré la présence de Lourdes Hautacam au programme du parcours 2008, c’est encore la prestigieuse station de l’Oisans.

o  Vainqueur (1 point) : Carlos Sastre, vainqueur du Tour de France 2008

o  Spectacle (0.5 point) : moyen même si Sastre fera un beau numéro en solitaire pour aller conquérir le maillot jaune, qui changera d’épaules au sein du Team CSC de Bjarne Riis, Frank Schleck perdant le leadership au classement général.

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (1 point) : oui, le beau-frère de Jose Maria Jimenez étant le seul maillot jaune avec Coppi (1952) et Armstrong (2001, 2004) à avoir gagné à l’Alpe d’Huez l’année de son sacre.

o  Total (2.5 points sur 3) : ce fut bien l’étape reine d’un Tour 2008 pas comme les autres, puisque ne sacrant pas un géant malgré le départ de Bretagne et provoquant le retour de Lance Armstrong, convaincu de la faiblesse du peloton au vu du succès de Carlos Sastre, ce qui provoquera le courroux de l’Espagnol vis-à-vis du Texan.

-  2009, Pontarlier – Verbiers

o  Pourquoi elle en théorie ? Car elle lance la course dans une dernière semaine palpitante, et malheureusement l’épilogue de l’édition 2009, avec le Mont Ventoux dans le money time, arrive trop tard pour faire la décision, le classement général étant déjà établi.

o  Vainqueur (1 point) : Alberto Contador, vainqueur du Tour de France 2009

o  Spectacle (0.5 point) : moyen puisque Contador humilie le groupe des ténors en écrasant la course. Verbiers sera le Golgotha de Lance Armstrong, qui croyait encore à une huitième couronne de lauriers qui demeurera utopique pour le Texan sur les Champs-Elysées.

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (1 point) : oui puisqu’Alberto Contador voltige sur les cols, tutoyant la perfection et s’attirant tous les superlatifs.

o  Total (2.5 points sur 3) : une étape qui ne restera pas dans la légende même si elle aura scellé l’insolente domination du Pistolero sur le cyclisme mondial, confirmant son titre de l’été 2007 et son doublé Giro / Vuelta réussi en 2008.

-  2010, Les Rousses – Avoriaz

o  Pourquoi elle en théorie ? Car le grand-rendez-vous du Tourmalet est placé trop tard dans le parcours, et même si le suspense Contador / Schleck sera là jusqu’au chrono du Bordelais.

o  Vainqueur (1 point) : Andy Schleck, vainqueur du Tour de France 2010 (sur tapis vert)

o  Spectacle (0.25 point) : médiocre puisque la situation ne se décante que dans les ultimes kilomètres. Le show est plus fait, à son corps défendant, par un Lance Armstrong qui vit une journée apocalyptique.

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (1 point) : oui puisqu’elle marque les esprits avec le calvaire d’Armstrong, et que le duel Contador / A. Schleck sera un pétard mouillé au sommet du Tourmalet.

o  Total (2.25 points sur 3) : la montagne aura accouché d’une souris, mais l’expression peut aussi s’appliquer à l’arrivée au sommet du Tourmalet quelques jours plus tard. Dans les deux cas, le vainqueur a pour nom Andy Schleck.

-  2011, Pignerol – Col du Galibier

o  Pourquoi elle en théorie ? Le parcours 2011 ne manquait pas de sel avec Luz Ardiden, le Plateau de Beille ou l’Alpe d’Huez. Mais cette étape, via la Casse Déserte et l’Izoard, mêlait le mythe du passé aux difficultés himalayennes qui séparent le bon grain de l’ivraie.

o  Vainqueur (0.75 point) : Andy Schleck, 2e du Tour de France 2011 et vainqueur du Tour de France 2010 (sur tapis vert)

o  Spectacle (0.75 point) : fabuleux puisqu’habituellement critiqué comme s’il était un suceur de roue, le cadet des frères Schleck prend l’initiative d’attaquer Thomas Voeckler, leader surprise de ce Tour de France 2011 où les certitudes s’effondrent. L’impressionnante défense de Cadel Evans offrira au Kangourou

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (1 point) : oui puisqu’elle renverse la table. Thomas Voeckler rendra les armes le lendemain à l’Alpe d’Huez, mais le podium final se dessine en faveur des frères Schleck et de Cadel Evans, qui se disputeront le trône lors du chrono de Grenoble.

o  Total (2.5 points sur 3) : privée d’un Alberto Contador compétitif puis orpheline de Bradley Wiggins qui avait chuté à Châteauroux, l’édition 2011 du Tour de France vit Thomas Voeckler croiser le fer avec Andy Schleck et Cadel Evans, l’Alsacien faisant illusion. Cette étape du Galibier, sublime, aura justifié son statut d’étape reine.

-  2012, Albertville – La Toussuire

o  Pourquoi elle en théorie ? Plus que la Planche des Belles Filles, Peyragudes ou Bagnères-de-Bigorre, c’est le rendez-vous de la Toussuire que les directeurs sportifs avaient coché comme le piège à éviter pour ce parcours de la Grande Boucle 2012.

o  Vainqueur (0.75 point) : Pierre Rolland, 10e du Tour de France 2011

o  Spectacle (0.75 point) : assez moyen puisque le Team Sky avait déjà resserré son étau sur la course dans les Vosges, Froome devançant Wiggins sur la Planche des Belles Filles.

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (0 point) : non, c’est dans la Planche des Belles Filles que les illusions de Cadel Evans s’effondrent. La suite n’est qu’une longue transhumance vers Paris, avec Vincenzo Nibali comme premier challenger des Sky.

o  Total (1.5 points sur 3) : annexé par un Bradley Wiggins à qui le parcours très roulant allait comme un gant, ce Tour de France 2012 aura été sans grand suspense, et guère plus de saveur.

-  2013, Givors – Mont  Ventoux

o  Pourquoi elle en théorie ? Car le Mont Ventoux est souvent l’épicentre de la Grande Boucle. C’est encore plus vrai en 2013 pour la 100e édition du Tour de France, avec le Plateau de Bonascre en hors d’œuvre dans les Pyrénées et la double ascension de l’Alpe d’Huez en dessert. Le bushido cycliste commande aux coureurs ambitieux de gagner au sommet du géant du Vaucluse, objectif suprême que Lance Armstrong avait raté en 2000, offrant stupidement la victoire d’étape à un Marco Pantani manquant encore de jus …

o  Vainqueur (1 point) : Christopher Froome, vainqueur du Tour de France 2013

o  Spectacle (0.5 point) : moyen puisque Christopher Froome et ses mikados tirent la quintessence d’un entraînement stakhanoviste au volcan Teide, mais aussi et surtout du cocktail EPO / Aicar qui fait fureur dans le Team Sky. Telle une moto, le Kenyan Blanc laisse Contador sur place comme un vulgaire second couteau, un fétu de paille …

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (1 point) : oui puisque Chris Froome y confirme son indiscutable suprématie du mois de juillet 2013, pour ceux qui avaient encore doute sur sa supériorité après la première couche passée au-dessus d’Ax-les-Thermes.

o  Total (2.5 points sur 3) : l’impression visuelle laissée par Froome est telle ce jour là dans le Comtat Venaissin que deux ans plus tard, les vidéos du champion britannique viendront polluer son Tour de France 2015, les fans français lui jetant l’opprobre le long de la route.

-  2014, Pau – Lourdes Hautacam

o  Pourquoi elle en théorie ? Certes, la Planche des Belles Filles ou Chamrousse offrent de beaux terrains de jeu, mais depuis 1994, Lourdes Hautacam est devenu un monument du Tour de France.

o  Vainqueur (1 point) : Vincenzo Nibali, vainqueur du Tour de France 2014

o  Spectacle (0.25 point) : moyen puisque la course était déjà doublement orpheline d’Alberto Contador et de Christopher Froome, seuls coureurs capables de contrecarrer l’hégémonie du Requin de Messine, lequel tirait la substantifique moelle de ses capacités intrinsèques, devant Alejandro Valverde, Rafal Majka ou encore Thibaut Pinot, simples figurants de ce cavalier seul aux airs de démonstration de force …

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (0 point) : non, ce fut la splendide fugue de Nibali sur les pavés du Nord, qui propulsait le Sicilien vers la Toison d’Or attendue par l’Italei depuis l’idole Marco Pantani en 1998.

o  Total (1.25 points sur 3) : sorte de partition sans fausse note aux airs de requiem pour la concurrence, le Tour de France 2014 de Vincenzo Nibali manque de ce supplément d’âme qui marque au fer rouge les millésimes exceptionnels, les grands crus du cyclisme. L’étape d’Hautacam ne fait pas exception à cette règle.

-  2015, Tarbes – Pierre Saint-Martin

o  Pourquoi elle en théorie ? le parcours de l’édition 2015 frôle l’indigestion en montagne, mais la Pierre Saint Martin possède ce cocktail parfait entre pureté immaculée du territoire inconnue et difficulté colossale.

o  Vainqueur (1 point) : Christopher Froome, vainqueur du Tour de France 2015

o  Spectacle (0.25 point) : moyen puisque le Pantagruel du peloton, alias Chris Froome, ne laisse aucune miette de son festin à la concurrence. Le Kenyan Blanc avale l’asphalte sans pitié dans les ultimes rampes du jour …

o  Etape la plus marquante de ce Tour de France (0 point) : non, ce fut la lutte à distance entre Chris Froome et son dauphin Nairo Quintana dans le final de l’Alpe d’Huez, le scarabée de Colombie maintenant le suspense face au maillot jaune pour décrocher le Graal à Paris.

o  Total (1.25 points sur 3) : en une seule étape, Froomey a assommé ses adversaires et ruiné le suspense pour les jours à venir, faisant de la remontée vers Paris une longue procession.

  1. avatar
    2 juin 2016 a 22 h 01 min

    Nous verrons dans un peu plus d’un mois et demi si l’étape du Ventoux confirme qu’elle est bien l’étape reine de l’édition 2016.

    Avec ou sans Nibali pour épauler Aru ? Suspense chez Astana entre le Sicilien et le Sarde …

  2. avatar
    3 juin 2016 a 20 h 17 min

    Bonjour Axel,

    Merci pour l’article. Encore une fois c’est une bonne approche de décortiquer les paramètres pour évaluer les meilleures étapes-reines.

    Quelques petites incohérences cependant:

    1991, Jaca – Val Louron: “Pourquoi elle”: la description ne semble pas correspondre (copiée de 1992, Saint -Gervais – Sestrières ou 1998, Grenoble – Les Deux Alpes ?)

    1994, Cahors – Lourdes Hautacam: Le total devrait être 1.5pts et non 2.75.

    • avatar
      6 juin 2016 a 9 h 58 min

      Salut Fabrice,

      Erreur de version de ma part en effet, revoici le bon texte

      - 1991, Jaca – Val Louron
      o Pourquoi elle en théorie ? certes l’Alpe d’Huez était là, mais banalisée par sa présente sur chaque édition depuis 1979 (1985 excepté), la station de l’Oisans s’est faite voler la vedette par l’étape Jaca – Val Louron, via le Tourmalet ou Aspin.

      - 1992, Saint -Gervais – Sestrières
      o Pourquoi elle en théorie ? Car plus costaude que celle de Saint-Gervais (avec le col du Salève au menu) et plus propice à une grande offensive que l’étape de l’Alpe d’Huez le lendemain, avec en plat de résistance avant le final vers Sestrières, les cols de l’Iseran et du Mont-Cenis.

    • avatar
      7 juin 2016 a 11 h 34 min

      Salut Sporthinker,

      Oui les Tours de France 1990, 2001 et 2011 montrent bien que le concept d’étape reine ne sert pas à grand chose, ce sont les coureurs qui font la course.

      1990 et le coup de Jarnac du quatuor échappé vers le Futuroscope netre le prologue et le CLM par equips, 2001 et le coup de Pontarlier, 2011 et la prise du maillot jaune par Thomas Voeckler dans le Massif Central.
      Autant de scenarios complètement fous qui ont rendus ces 3 editions à part dans l’Histoire récente du Tour de France.

      L’article recent que j’ai écrit sur l’étape marathon imagine en 1977 par Jacques Goddet montre aussi que le parcours ne fait pas le spectacle …

  3. avatar
    5 juin 2016 a 21 h 37 min
    Par Bangs

    Salut Axel, bon article. Je ne vais rien dire sur la méthode de notation qui certes arbitrale mais qui a le mérite de tenter de hiérarchiser les étapes.

    Seulement c’est le choix de l’étape reine, j’ai commencé à décortiquer les parcours présenté en octobre que récemment (vers 2008 disons). Je ne suis pas touours d’accord avec le choix de l’étape reine.

    -2009 : Verbier était la première étape de montagne (il ya avait eut une petite escarmouche je ne sais plus où mais rien de fou). Avant Verbier, il me semble qu’il n’y avait pas de col très dur. Hors cette édition avait tout axé sur la dernière semaine avec l’étape notamment l’étape du Grand-Bornand et du Ventoux la veille de l’arrivée. Ce sera un échec mais je ne vois Verbier annoncé comme l’étape reine avant le Tour.

    -2010 : Avoriaz était aussi la 1ère arrivée au sommet et ce n’était même pas un col HC, alors que l’étape hommage du Tourmalet était présenté comme la plus symbolique du Tour.

    -2011 : Il ya match avec l’étape du Galibier/Alpe d’Huez car très courte mais l’arrivée au sommet du Galibier était le fer de lance de cette édition.

    - 2015 : Pareil, la Pierre-St-Martin était seulement une étape de côte et la première étape de haute montagne. Je vois plutôt les étapes du Plateau de Beille, La Touissuire ou l’Alpe d’Huez comme étape reine.

    Après j’ai peut être mal saisi si tu prenais en compte l’étape reine sur le papier (avant le tour) ou après le résultat final

    • avatar
      5 juin 2016 a 21 h 38 min
      Par Bangs

      Sinon j’adore ce genre d’article, ça permet de créer des débats. En plus tu te met en danger mais la méthode est cohérente. Du bon boulot!

  4. avatar
    6 juin 2016 a 9 h 55 min

    Salut Bangs,

    J’ai justement essayé de reprendre la liste des étapes reines telles que vues avant le Tour !

    Pour 2009, je peux comprendre que tu mettes en avant celle du Grand Bornand, ou celle du Tourmalet en 2010 voire l’Alpe d’Huez en 2015, après peut être ai-je été influence par le déroulé de l’épreuve a posteriori.

    C’est une question subjective pour chaque parcours de la Grande Boucle.

  5. avatar
    6 juin 2016 a 9 h 56 min

    Salut Axel,

    Merci pour l’article, je trouve aussi l’exercice très intéressant.

    Au-delà des notations individuelles de toutes ces étapes-Reine… je pense que le paradoxe est que le fait qu’elles soient “galvaudées” ou estimées monarque à tort est parfois la meilleure des nouvelles! Quoi de mieux qu’un TDF qui se joue hors des grands rendez-vous cochés par les ténors ? Bordures, attaques dans la descente d’un deuxième caté ou autres échappées homériques font toujours un peu de bien au suspense.

    L’an passé, d’ailleurs, Froome fonde une partie de son succès en première semaine.

    • avatar
      7 juin 2016 a 11 h 35 min

      Salut Sporthinker,

      Ah je remets mon post au bon endroit pour te répondre.

      Oui les Tours de France 1990, 2001 et 2011 montrent bien que le concept d’étape reine ne sert pas à grand chose, ce sont les coureurs qui font la course.

      1990 et le coup de Jarnac du quatuor échappé vers le Futuroscope entre le prologue et le CLM par equips, 2001 et le coup de Pontarlier, 2011 et la prise du maillot jaune par Thomas Voeckler dans le Massif Central.
      Autant de scenarios complètement fous qui ont rendus ces 3 editions à part dans l’Histoire récente du Tour de France.

      L’article recent que j’ai écrit sur l’étape marathon imaginé en 1977 par Jacques Goddet montre aussi que le parcours ne fait pas le spectacle …

      http://yourzone.beinsports.fr/cyclisme-tdf-1977-jacques-goddet-plaidoyer-pour-un-new-tour-retour-des-forcats-de-la-route-et-supplice-de-darwin-105844/

      • avatar
        7 juin 2016 a 19 h 13 min
        Par Bangs

        100% d’accord avec vous deux, l’étape reine du Tour ne sera pas toujours celle attendu avant le départ. On peut lister quelques raisons :

        - L’attente naturelle attendu par cette étape qui la condamne a être magique.

        - La place de cette étape dans l’épreuve. Si elle situé après 10, 15 ou 20 jours de course conditionne la course. L’erreur est souvent de mettre un col mythique la veille de l’arrivée, on a souvent été déçu (Ventoux en 2009, Angliru en 2013, Zoncolan en 2014 pour les GT).

        - Le contexte de course préalable à celle-ci. Si en 2011, on obtient 2 étapes mythiques dans les Alpes (Galibier et Alpe d’Huez), les 2 arrivées pyrénéennes avaient été un simulacre de course.

        Après on peut remarquer que bcp d’étape reine sélectionné par Axel dépasse la notation de 2 (notamment celle des années 90), donc finalement peut être que l’étape reine est respecté dans un sens. La période 1999-2008 baisse beaucoup mais c’est du à l’hégémonie Armstrong et au manque de patron sur les éditions suivantes.

  6. avatar
    9 juin 2016 a 23 h 21 min
    Par Cargir

    Salut à tous,

    Du très bon boulot, Axel, félicitations. Je reviens sur l’étape-reine du Tour 2007.

    Tout à fait d’accord pour l’étape reine de 2007; d’autant que devant ma télé, c’était impressionnant de voir le duo Contador/Rasmussen dans le Plateau de Beille.
    Ils attaquaient à fond les manettes sur environ 100 mètres puis se relevaient sur à peu près 100 mètres aussi, et ainsi de suite tout au long du Plateau de Beille; A la manière un peu des coureurs à pied.

    On aurait presque cru qu’ils étaient sur du plat ou en faux plat. C’était très spectaculaire devant la TV , mais un petit peu suspect à mon goût, mais je n’ai aucune preuve, je n’accuse personne.

  7. avatar
    11 juin 2016 a 17 h 39 min
    Par cargir

    Ah et la défaillance de Lance Armstrong, en 2010. J’avoue que je ne m’y attendais pas. Cette défaillance m’a rendu Lance plus sympathique !

  8. avatar
    13 juin 2016 a 13 h 31 min

    Salut Cargir,

    Ah Rasmussen était chargé on le sait pour 2007, quant à Contador, vu les watts produits cette année là, guère de doute qu’il soit aussi dope sur cette étape du Plateau de Beille.

    Pour Avoriaz 2010, perso meme si Armstrong est devenu plus humain, il n’est pas devenu plus sympa …

    Il suffit de se souvenir de son interview faussement sincere en janvier 2013 avec Oprah Winfrey.

  9. avatar
    2 juillet 2016 a 22 h 21 min
    Par Fabien

    Salut Axel,

    Merci une fois de plus pour ton boulot qui a le mérite de nous faire revivre ces moments de cyclisme. Tu es au journalisme sportif ce qu’Eddy Merckx était au cyclisme !

    Assez d’accord avec ton choix d’étape-reine pour la décennie 1990.

    Pour 97, on aurait pu choisir celle de Courchevel aussi qui a d’ailleurs donné lieu à de grandes manoeuvres mais il est vrai que celle d’Arcalis était longue et difficile. Donc je suis assez d’accord avec toi.

    Pour 94, ton choix est plus discutable car Hautacam était une longue étape de plat avec seulement Hautacam à la fin. L’étape pyrénéenne du lendemain (Luz Ardiden) qui a sacré Richard Virenque était beaucoup plus dure. Il y avait aussi des étapes plus dures qu’Hautacam dans les Alpes. En revanche, elle est devenue après coup l’étape-reine pour les arguments que tu cites : 2ème gros coup de bambou d’Indurain après le clm de Bergerac.

    96 Les Arcs a été l’archétype de l’étape-reine pleine d’intensité dramatique même si au fond tout est resté très serré mis à part les défaillances de Jalabert, Heulot, Indurain et Zülle.

    Sur le papier, l’étape de Sestriere était peut être encore plus difficile avec l’Iseran, le Galibier, le Montgenèvre et Sestriere au programme. Mais bon comme on le sait, l’étape a été escamotée jusqu’au Monêtier les Bains à cause de la neige.

    D’accord avec tes choix pour la décennie 2010 à partir de laquelle j’ai recommencé à regarder le vélo.

  10. avatar
    2 juillet 2016 a 22 h 44 min
    Par Fabien

    Sauf quand même pour l’étape de La Pierre St Martin en 2015.

    Et du coup, quelle étape-reine en 2016 ?

    Pour moi, avant le Tour, elle doit être pyrénéenne : en 1, le classique Pau-Luchon et en 2 celle d’Andorre-Arcalis.

    Les étapes des Alpes sont dures aussi mais pas forcément aussi “reines”.

    Bien sûr, on pourrait mettre aussi l’étape du Ventoux comme tu l’as fait en 2002 car mis à part en 2009, ça a donné beaucoup de spectacle, entre le massacre de Froome en 2013, l’exploit de Virenque en 2002 et la passe d’arme entre Armstrong et Pantani en 2000.

    Fabien

  11. avatar
    4 juillet 2016 a 15 h 16 min

    Salut Fabien,

    Oui Sestrières 1996, avant escamotage, était sans doute l’étape reine.

    Pour Luz Ardiden 1994, oui gros programme sur le papier, mais trop de cols nuit parfois au spectacle car les coureurs attendant l’avant-dernier ou le dernier col …

    Pour 1997, Arcalis est très roulante en fin d’étape mais quel programme auparavant. Encore plus impressionnant que l’enchaînement Glandon Madeleine Courchevel je trouve.

    Pour le Mont Ventoux, oui très souvent du grand show, ce sera selon moi l’étape reine de l’édition 2016.

  12. avatar
    4 juillet 2016 a 21 h 16 min
    Par Fabien ORIOL

    Je crains le pire avec Froomstrong au Ventoux. A moins qu’il tombe avant…
    Cela dit, c’est un coureur prudent en descente. Il sait qu’il ne faut pas prendre de risque inutile comme on l’a bien vu dans le clm de Gap il y a 3 ans.

    Mon étape-reine c’est celle de Luchon mais je pense que les coureurs ne se découvriront pas complètement. Mes références sont pyrénéennes et je pense aux belles arrivées à Luchon d’antan, notamment à la magnifique victoire de Greg LeMond à Superbagnères en 1986. Ou à la très belle course-poursuite entre Millar et Delgado dans la descente de Peyresourde en 1983.

    Alors qu’au Ventoux, en effet pas le choix.
    A moins qu’il y ait un puissant vent de face sur le sommet.

    Dans deux jours, bref passage en Auvergne…

    A+

  13. avatar
    5 juillet 2016 a 8 h 49 min

    Salut Fabien,

    Oui Froome risqué de mettre une mine à ses rivaux au Ventoux, sauf Quintana qui est mon favori pour cette année devant le Kenyan Blanc, Fabio Aru et Romain Bardet que je “sens” plus que Thibaut Pinot côté français.
    Dommage que Contador ait déjà chute, Nibali et Valverde sont là en jokers de luxe pour preparer Rio de Janeiro.

    Bravo à Mark Cavendish qui vient d’égaler les 28 victoires de Bernard Hinault sur le Tour.

  14. avatar
    11 juillet 2016 a 20 h 20 min
    Par Fabien

    Bien vu : Bardet en meilleure forme que Pinot.

    En revanche, à la sortie des Pyrénées, Quintana ne semble pas en mesure de battre Chris Froome qui nous a gratifié d’une très belle victoire à Luchon.
    Le Ventoux pourrait faire mal surtout s’il y a des bordures dans l’approche et du vent au sommet !!!

    A+!

  15. avatar
    13 juillet 2016 a 13 h 08 min

    Les écarts sont si faibles que c’est difficile de faire un pronostic.
    On y verra bien sûr plus clair après les pentes rocailleuses du Ventoux.

    Mais d’ores et déjà :
    - Contador est éliminé donc Majka pourra jouer sa carte pour les victoires d’étape et le GP de la montagne
    - Nibali est hors du coup, tout comme Aru chez Astana qui ne devrait pas pouvoir viser le maillot jaune
    - Dan Martin et Adam Yates sont les 2 grosses surprises des cols pyrénéens
    - La victoire de Chris Froome à Luchon est un aveu de faiblesse, attaquer en descente montre que le Kenyan Blanc n’avait ptet pas les jambes pour faire la difference dans Arcalis, ce qui s’est confirmé le lendemain meme s’il était très fort
    - Nairo Quintana n’a rien tenté comme en 2013 et 2015 dans les Pyrénées, soit parce que les jambes n’étaient pas assez bonnes, soit parce qu’il n’a toujours pas retenu la leçon de 2015
    - Bauke Mollema aura son mot à dire sur le podium, pour lequel ce sera compliqué pour Tejay Van Garderen et Alejandro Valverde, et impossible pour Thibaut Pinot

    Bref bien qui malin qui peut prédire, qui de Quintana ou de Froome, va gagner ce 103e Tour de France d’ici une dizaine de jours !

  16. avatar
    17 juillet 2016 a 10 h 00 min
    Par Fabien

    De retour d’Allemagne, je retrouve un Froome archi-favori finalement avec une sacrée surprise au Ventoux.

    Ca ne m’étonne pas du tout que Froome soit imbattable. Je ne crois pas du tout à un Quintana vainqueur (à part sur tapis vert dans 10 ans) mais il peut faire 2ème et je pense qu’il va le faire. Je vois bien Mollema et Yates faiblir et Porte revenir.

    Voilà pour mes pronostics que j’espère moins décalés que ceux de Christophe Barbier et Emmanuel Todd ha ha ha.

    J’espère que Rolland et Bardet vont nous décrocher une étape. Si Barder continue le général, ça risque d’être dur.

  17. avatar
    19 juillet 2016 a 15 h 10 min

    Salut Fabien,

    Je vois mal Mollema résister à Quintana en 3 semaine.
    Pour Froome, s’il est en jaune à Megève après ce terrible chrono en altitude, je le vois mal craquer à St Gervais Mont Blanc ou Morzine, mais sait-on jamais.

    Je vois donc
    1 Froome
    2 Quintana
    3 Yates
    4 Mollema
    5 Bardet

    Pour le Colombien, à voir s’il est prêt à tout perdre (avec Valverde en taulier) pour le jaune, où s’il fera comme Ullrich face à Armstrong, attaquer “timidement” pour ne pas compromettre sa place de dauphin qui l’attend toute chaude à Paris.

  18. avatar
    21 juillet 2016 a 23 h 10 min
    Par Fabien

    Pas mal du tout tes pronostics mais tu sembles avoir sous-estimé Richie Porte.

    Moi j’aurais dit :
    1. Froome
    2. Quintana
    3. Porte

    Mais en fait Porte risque de faire 2ème tandis que ça sera très serré pour la 3ème place car Quintana n’est pas super. Bardet peut faire mieux que 5ème après ces 2 belles étapes à Emosson et à Sallanches. Il semble un des mieux en jambe derrière Froome et Porte bien sûr. Il a pour lui la descente de Joux Plane mais pas facile de refaire 1’05 dans le cyclisme d’aujourd’hui où l’on ne peut faire la différence que dans le dernier col.

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