Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux
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Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

Après avoir nettoyé virtuellement les maillots jaunes et classement généraux du Tour de France, une revue du palmarès de l’Alpe d’Huez et du Mont Ventoux des années EPO, entre 1991 et 2014, s’impose... La Montagne des Hollandais et le Géant de Provence revisités...

1986 (Alpe d’Huez) Jesus Montoya, meilleur temps de l’ascension en 46’00’’

Si le tandem Bernard Hinault – Greg LeMond écrase l’étape, c’est l’Espagnol Jesus Montoya qui est crédité du meilleur temps d’ascension de l’Alpe, en 46 minutes. Un quart de siècle plus tard, Montoya rentrerait bredouille, sans la moindre chance d’une victoire d’étape…

1987 (Alpe d’Huez) Luis Herrera, meilleur temps de l’ascension en 41’50’’

Escaladeur virtuose, lauréat de la Vuelta au printemps 1987, le Colombien Luis Herrera l’avait emporté en 1984 dans l’Alpe d’Huez… Si Federico Echave remporte l’étape, c’est bien l’aigle Herrera le plus fort, grimpant la montagne des Hollandais en 41’50’’.

1988 (Alpe d’Huez via Madeleine et Glandon) Gert Jan Theunisse, meilleur temps de l’ascension en 43’50’’

Steven Rooks est le vainqueur de l’étape, Pedro Delgado le maillot jaune implacable de cette édition 1988, mais le meilleur à l’Alpe d’Huez est le compatriote de Rooks, Gert Jan Theunisse, auteur d’une ascension en 43’50’’

1989 (Alpe d’Huez via Galibier et Croix-de-Fer) Pedro Delgado, meilleur temps de l’ascension en 42’15’’

Arbitre de la joute entre Greg LeMond et Laurent Fignon pour le maillot jaune, Perico Delgado est le plus fort dans l’Alpe d’Huez, où Theunisse s’impose cependant. Le natif de Ségovie se rapproche à 25 secondes du record de l’ascension, signé par Herrera en 1987. Avec l’énergie implacable des champions, LeMond se bat pour limiter l’hémorragie du temps, dégageant une puissance de 377 watts.

1990 (Alpe d’Huez) Erik Breukink, meilleur temps de l’ascension en 43’15’’

Se regardant en chiens de faïence au Futuroscope de Poitiers, les favoris LeMond, Delgado et Fignon laissent quatre hommes sceller le destin du Tour 1990 : grâce à l’offensive de Maassen, Bauer, Pensec et Chiappucci, la 77e édition de la Grande Boucle sera une course poursuite. Une victoire de LeMond ou Delgado à Paris semble déjà utopique, et la montagne semble l’occasion rêvée pour combler le gouffre. Sauf que le grimpeur toscan Claudio Chiappucci, 12e du dernier Giro, va leur donner du fil à retordre. Dans l’Alpe d’Huez, LeMond, Bugno et Breukink livrent une joute redoutable pour la victoire, mais c’est finalement le Batave qui sort vainqueur du combat.

1991 (Alpe d’Huez) Gianni Bugno, vainqueur d’étape et meilleur temps de l’ascension en 39’45’’

L’épicentre du dopage est à Ferrare, ville d’Emilie-Romagne bientôt plus célèbre pour ses sorciers machiavéliques (Francesco Conconi et Michele Ferrari) que pour son marbre blanc… Mais l’alchimiste vainqueur reste l’Espagnol Sabino Padilla. Le Panoramix de Banesto bat les cobayes des deux druides italiens. Atteignant la quadrature du cercle avec Indurain 7.0 (pour la septième participation du natif de Pampelune depuis 1985), Padilla marque violemment de son sceau l’édition 1991 du Tour de France, en trois lettres : EPO.

Bugno et Indurain 1991, ou comment tordre le cou au principe de Peter. Repoussant leurs propres seuils d’incompétence en montagne, l’Italien et l’Espagnol font exploser la barrière des 40 minutes dans l’Alpe d’Huez, qu’ils grimpent en 39’45’’. Même la belle chevauchée du grimpeur colombien Herrera en 1987, fait pâle figure, le condor sud-américain aurait terminé à 2’05’’ du tandem italo-espagnol ce jour-là… Les fauves sont lâchés et affamés avec un appétit digne de Pantagruel. Bridés tous les deux jusqu’en 1990, derrière Rominger pour Bugno chez Château d’Ax, derrière Delgado pour Indurain chez Reynolds Banesto, l’Italien et l’Espagnol sont deux esclaves affranchis, deux gladiateurs libres, les voilà devenus décurions et leaders d’équipe, débarrassés du joug des natifs de Zoug et de Ségovie … Deux Spartacus ne venant pas de Capoue mais de Lyon, là où leur folle épopée a démarré, avec le prologue au parc de la Tête d’Or.

L’ascension de l’Alpe d’Huez en 1991, c’est comme si l’Everest avait été vaincu du premier coup, avec une facilité déconcertante, sans l’aide d’un sherpa expérimenté pour aider un alpiniste occidental novice des sommets himalayens… Et contrairement à 1990, Bugno ne peut invoquer le miracle de la musicothérapie. L’effet Amadeus est donc péremptoire en cette année 1991.

Leader de l’équipe Gatorade – Château d’Ax, Gianni Bugno est un élément plus que corporate, il a compris que les boissons énergisantes étaient l’avenir… Comme Miguel Indurain, il s’est découvert son Red Bull à lui, une nouvelle drogue appelée EPO…

L’élixir de jouvence, ou plutôt l’élixir de puissance accomplit ses premiers miracles quand il s’agit de mesurer les watts du maillot jaune : Miguel Indurain culmine à 478 watts en cours d’étape.

Voilà donc le sanctuaire qu’est l’Alpe d‘Huez violé par deux imposteurs dont un véritable OVNI du cyclisme déjà vu dans les Pyrénées, l’Espagnol Miguel Indurain, maillot jaune au gabarit de colosse, non pas de Rhodes mais de Navarre, un véritable Goliath des temps modernes.

1992 (Alpe d’Huez, via Galibier et Croix-de-Fer) Claudio Chiappucci, meilleur temps de l’ascension en 43’19’’

Si le vainqueur du jour a pour nom Andrew Hampsten, c’est le héros de Sestrières, l’imposteur en chef des montagnes alpestres, alias Claudio Chiappucci, qui réalise le meilleur chrono dans la roue du maillot jaune, l’Espagnol Miguel Indurain, alors que le troisième conquistador de l’Eldorado pharmaceutique EPO, Gianni Bugno, vit son Waterloo dans la vallée de l’Oisans.

Au lendemain de son “exploit” piémontais, Chiappucci grimpe les 21 lacets en 43’15’’. Avec 432 watts, Miguel Indurain confirme que le cyclisme européen a définitivement franchi le Rubicon. Tous les chemins mènent à Rome, surtout les plus rapides… L’imperator Indurain, proche de confirmer son joug sur la France et la Navarre, va donc trouver à Paris un deuxième épilogue heureux, protégé par l’omerta d’un peloton complice qui sera bientôt complètement gangréné par la peste noire EPO.

Indurain alias Ubu Roi conserve donc sa couronne de lauriers en 1992, et le Tour de France prend des airs de vaudeville, de comédie dramatique, de parodie de course cycliste où le maillot jaune est victime d’adultère et cocu devant la France entière bien que les (télé)spectateurs soient encore aveugles jusqu’en 1998… Le scénario du vaudeville tient une phrase. Miguel Indurain trompe la Toison d’Or avec une maîtresse envoûtante nommée EPO.

Mais l’original est toujours meilleur que la copie, et Georges Feydeau doit se retourner dans sa tombe.

1994 (Ventoux) Marco Pantani, meilleur temps de l’ascension en 57’34’’ (ou en 46’00’’ depuis Saint-Estève)

Trois ans après le premier crime de lèse-majesté, l’impensable se reproduit, un deuxième sanctuaire du Tour de France est violé à son tour : le Mont Ventoux… Malgré son observatoire météo qui n’a pas su voir venir les ténèbres, le Géant de Provence rejoint les plus fières merveilles archéologiques égyptiennes ou péruviennes. Le silence complice du Mont Chauve chloroformé est aussi pesant qu’à la nécropole inca de Macchu Pichu ou au sphinx de Gizeh.

A la poursuite du colosse Eros Poli dans l’étape de Carpentras, Marco Pantani fait une nouvelle fois preuve de ses dons exceptionnels dans le col provençal. Sur la rocaille où Tom Simpson s’est éteint en 1967, l’Italien creuse des écarts conséquents sur le groupe Indurain, tandis que le maillot jaune espagnol est insolent de facilité face à Virenque et Leblanc. Révélation du Giro où il l’a emporté dans les Dolomites, à Merano et Aprica, le dauphin de Berzin ne gagne pas l’étape mais fait très forte impression, en battant le record du Géant de Provence pour son baptême du feu. Miguel Indurain, lui, en démonstration de force, tutoye la perfection en terme de puissance… 483 watts, l’Espagnol résiste à l’érosion du temps, lui qu’on disait en déclin sur le Giro. Où est le déclin, puisque le moteur du Navarrais bénéficie toujours d’une essence d’élite. Les chocs pétroliers de 1973 et 1980 ne trouveront pas de petit frère cycliste…

1994 (Alpe d’Huez) Marco Pantani, meilleur temps de l’ascension en 37’15’’

Trois ans après Bugno et Indurain, le mythe de Sisyphe prend définitivement fin à l’Alpe d’Huez. La montagne de souffrance n’existe plus que dans le souvenir des anciens, tant Pantani rend la pente impuissante… Grimpant 2’30’’ plus vite que le record de 1991, l’escaladeur italien, révélation du Giro, éclabousse l’étape de son talent.

On ne peut cependant pas rapprocher au grimpeur de la Carrera de courir en épicier, lui qui pulvérise l’opposition dès que la route s’élève, telle son idole Charly Gaul.

1995 (Alpe d’Huez via Madeleine et Croix-de-Fer) Marco Pantani, vainqueur d’étape et meilleur temps de l’ascension en 36’50’’

Le Transalpin améliore encord son record de 1994, gagnant en solitaire sur la cime mythique surplombant l’Oisans… Gladiateur des montagnes, Pantani est insatiable quand il avale les cols sur sa selle. Le leader de la Carrera atteint la quadrature du cercle, et décroche son premier succès d’étape sur le Tour de France.

Nullement marqué par l’usure du pouvoir, le colosse espagnol Miguel Indurain réussit son record personnel en 38’10’’, flanqué de Zülle et Riis, ses futurs dauphins à Paris. Le Navarrais explose les seuils de watts, qu’il porte au pinacle, à 520 watts au paroxysme de l’effort.

1997 (Alpe d’Huez, sans col préalable) Marco Pantani, vainqueur d’étape et meilleur temps de l’ascension en 36’55’’

L’hégémonie du Pirate sur le col mythique qu’est l’Alpe d’Huez se prolonge, en dépit de la forme stratosphérique du maillot jaune Jan Ullrich. Dans cette étape partant de Saint-Etienne, sans grand col au préalable, c’est une pure course de côte, chasse gardée du grimpeur romagnol…

Aujourd’hui encore, les images interpellent quand on voit les démarrages et les relances de Pantani après chaque lacet. Le Pirate n’a pas l’allure d’un cycliste en état de grâce, mais d’une Vespa.

Les performances en montagne du Tour de France semblent soumies à la loi des poupées russes, si bien qu’on ne sait jamais si un record sera ou non le dernier, l’ultime limite de l’impossible. Ces records gigognes qui cachent déjà le prochain seuil inhumain…

Moins d’une minute derrière l’escaladeur italien, Jan Ullrich est intouchable dans ce Tour de France 1997. Quelques jours après son coup de force à Arcalis, l’ogre allemand dégage une puissance de 465 watts.

1999 (Alpe d’Huez via le col du Mont-Cenis et la Croix-de-Fer) Giuseppe Guerini, vainqueur d’étape et meilleur temps de l’ascension en 41’10’’

Dans un Tour orphelin d’Ullrich et Pantani, Lance Armstrong sonne le glas des espoirs de Zülle, Gotti, Tonkov, Olano, Virenque ou Escartin dès la première étape de montagne, à Sestrières. Juge de paix du Tour de France, l’Alpe d’Huez ne verra en 1999 qu’une morne procession, tant le maillot jaune américain contrôle les grimpeurs… Pérennisant la domination itaienne, Giuseppe Guerini l’emporte dans un temps modeste, tandis que Lance Armstrong développe une puissance de seulement 410 watts. Plus que Greg LeMond une décennie plus tôt, malgré une ascension gérée à un rythme de sénateur par l’US Postal.

2000 (Ventoux) Marco Pantani, vainqueur et meilleur temps de l’ascension en 58’53’’ (ou 48’55’’ depuis Saint-Estève)

A la façon de Sisyphe, Pantani semble expier son châtiment sur le Ventoux. Mais le Géant de Provence sacrera le courage de l’Italien, qui a reçu un cadeau de Lance Armstrong, cadeau empoisonné pour le maillot jaune qui vexera l’orgueilleux escaladeur. Au lieu de porter l’estocade à son prestigieux compagnon d’échappé, l’Américain pense s’en faire un allié précieux pour lutter contre Jan Ullrich dans les Alpes. Double erreur, car Pantani se vengera de cette mansuétude jugée trop condescendante à ses yeux, et car Armstrong se révèlera un maillot jaune indéboulonnable, malgré une défaillance dans le col de Joux-Plane.

Malgré les secondes perdues par Armstrong pour attendre Pantani dans le dernier kilomètre, l’ascension du Ventoux reste rapide, même si l’Italien a mis presque 3 minutes de plus qu’en 1994 à partir de Saint-Estève. Lance Armstrong a développé une puissance maximale de 425 watts sur les pentes rocailleuses du Mont Ventoux.

2001 (Alpe d’Huez via Madeleine et Glandon) Lance Armstrong, vainqueur d’étape et meilleur temps de l’ascension en 38’05’’

Bluffeur d’exception, Armstrong dresse la guillotine et impose sa férule dans l’Alpe d’Huez au détriment d’Ullrich. Avec une puissance de 452 watts, le Texan usurpe les superlatifs des journaux, puisque cette énergie insoupçonnée provient de l’EPO, et non de quelconque panache blanc, adrénaline, stakhanovisme efficace ou technique révolutionnaire. A voir à quelle vitesse foudroyante les records de watts tombent et les niveaux moyens progressent, Charles Darwin en aurait avalé son thé de travers. Avec Armstrong, ce n’est plus l’évolution ni la sélection naturelle, tant Ullrich semble être impuissant, pratiquer un autre sport… La sélection est inhumaine, avec un nivellement des watts par le haut qui converge une fois de plus vers la conclusion nauséabonde : la porte de l’interdit correspond au seuil des 410 watts.

Comme Indurain, Pantani, Ullrich ou Rominger avant lui, le Texan a utilisé l’EPO pour entrer dans cette autre dimension, celle du cyclisme bionique. Sorte de réplicant ultime sorti tout de droit de l’univers cybernétique de Blade Runner, Armstrong n’a plus rien à voir avec l’ancien champion du monde 1993. Oslo et la pluie norvégienne semblent si loin…

2002 (Ventoux) Lance Armstrong, meilleur temps de l’ascension en 59’00’’ (ou 48’33’’ depuis Saint-Estève)

L’hégémonie du Texan dans les Pyrénées a ruiné tout suspense pour le maillot jaune, et Armstrong remet à sa place son dauphin Beloki qui tente une attaque dans le Ventoux. Si Richard Virenque s’impose ce jour là, assurant sa place au panthéon des grimpeurs, Lance Armstrong tue dans l’oeuf cette tentative de rebellion du coureur espagnol. L’Américain n’en finit pas de cannibaliser une édition privée de Jan Ullrich, seul coureur à pouvoir le pousser dans ses ultimes retranchements puisque Marco Pantani semble pris dans un voyage irréversible vers le déclin. Egalant presque le temps canon établi en 2000 avec Marco Pantani dans sa roue, Lance Armstrong la fusée a donc humilié le reste du peloton, aussi impuissant qu’un essaim de guêpes…

2003 (Alpe d’Huez) Iban Mayo, vainqueur et meilleur temps de l’ascension en 39’06’’

Alors qu’on croit le chant du cygne d’Armstrong arrivé en cette édition 2003, le Texan parvient à conquérir le maillot jaune porté par Virenque.Viscéralement liée à l’histoire du Tour, l’Alpe d’Huez est logiquement choisie pour le parcours de l’édition du Centenaire. Mais depuis 1952 et l’envolée de Fausto Coppi, les vitesses ont connu une escalade fulgurante. Iban Mayo confirme la tendance de croissance déraisonnable amorcée par le tandem Bugno – Indurain en 1991. Le sceau de l’EPO marque toujours de façon indélébile les exploits usurpateurs des champions du Tour de France, tels les 39 minutes et 6 secondes mises par Iban Mayo pour venir à bout des 21 virages mythiques de l’Alpe.

2006 (Alpe d’Huez) Andreas Klöden, meilleur temps de l’ascension en 38’35’’

Joker de luxe de T-Mobile suite à l’exclusion de Jan Ullrich au grand départ de Strasbourg, Andreas Klöden réussit un temps digne des grandes années de son compatriote et leader. Etoile double d’Ullrich, celui qui fut médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Sydney et dauphin d’Armstrong en 2004, ne gagnera jamais le maillot jaune, malgré un talent certain révélé dès Paris-Nice en 2000. Toute la France se consume d’impatience pour savoir qui succèdera au palmarès à l’ombre immense de Lance Armstrong, imposteur parti sans être inquiété. L’UCI est encore dans sa tour d’ivoire, mais le Texan sera rattrapé par ses démons bien plus tard, quand la boîte de Pandore sera ouverte par l’USADA à l’été 2012.

2008 (Alpe d’Huez) Carlos Sastre, vainqueur et meilleur temps de l’ascension en 39’29’’

Une fois de plus, les seuils de puissance naturelle sont largement dépassés par le peloton 2008, dont Carlos Sastre est la figure de proue par une victoire emprunte de panache, en l’absence du Pistolero, le tenant du titre Alberto Contador, dont la formation kazakhe Astana est suspendue après l’exclusion de Vinokourov sur le Tour 2007.

2009 (Ventoux) Andy Schleck et Alberto Contador, meilleurs temps ex-aequo de l’ascension en 58’45’’

Le maillot jaune Alberto Contador a explosé les watts dans le col suisse de Verbiers, son dauphin Andy Schleck réalise avec lui le meilleur temps du Ventoux, loin cependant du record de 2004 sur le Dauphiné, signé Iban Mayo en 55’51’’.

2011 (Alpe d’Huez) Samuel Sanchez, meilleur temps de l’ascension en 41’44’’

Si le temps de Sanchez revient sur des niveaux raisonnables, digne de Luis Herrera en 1987, les excès des années Pantani et Armstrong ne sont pas pour autant oubliés … Il convient de séparer le bon grain de l’ivraie, et le peloton 2011 ne fait pas exception à la règle en vigueur depuis 1991. EPO, ivraie…

Cet EPO qui est en forme de puzzle à une pièce : sans lui, vaincu à coup sûr, avec lui, vainqueur potentiel… Talisman magique du cyclisme moderne, sésame vers la caverne d’Ali Baba des médailles d’or, maillots jaunes, roses et irisés, l’EPO a faussé tout le paysage cycliste, celui des montagnes en particulier.

La montagne que les cyclistes devraient grimper de force serait le Golgotha, où tous les voleurs héritiers de Barabbas devraient alors rendre leurs maillots jaunes usurpés et expier leurs péchés d’imposture devant l’aréopage cycliste, loin de l’Eldorado qu’est devenu la France du mois de juillet.

2013 (Ventoux) Christopher Froome, meilleur temps de l’ascension en 57’30’’ (ou en 48’35’’ depuis Saint-Estève)

Faisant tomber le record de Pantani (datant de juillet 1994) de quatre secondes, le Kenyan Blanc réalise le meilleur temps sur le Mont Ventoux au cours d’une étape en ligne, le record absolu restant la propriété de l’Espagnol Iban Mayo lors du chrono 2004 pendant la Critérium du Dauphiné Libéré, en 55’51’’. Mais la chevauchée de Froome en ce dimanche 14 juillet 2013 rappelle plus une ascension moto qu’une course de vélo, tant le coureur britannique a produit un effort surhumain, presque écoeurant visuellement vu la facilité avec la quelle le leader du Team Sky a décramponné Contador, avec un démarrage hallucinant de puissance au plus fort de la pente.

2013 (Alpe d’Huez) Nairo Quintana, meilleur temps de l’ascension en 39’52’’

Un an après la visite du Tour à l’Alpe d’Huez en 2011, l’épée de Damoclès est tombée sur Lance Armstrong mais les watts continuent de défier les lois de la physique au mépris de l’éthique sportive. Le Colombien Nairo Quintana et l’Espagnol Joaquin Rodriguez qui accompagneront Froome sur le podium parisien de cette 100e Grande Boucle, produisent respectivement 426 et 425 watts dans les 21 lacets les plus célèbres du microcosme cycliste, soit un nouveau seuil témoin de dopage mutant. Il n’est pas jouer les Cassandre que d’affirmer qu’il ne faut pas s’attendre à voir les niveaux de watts s’effondrer tel un wagon descendant des montagnes russes…

Tant que l’appétit colossal des coureurs et des médecins ne changera pas, tant que l’omerta sera la loi canonique du peloton, le bushido cycliste, les Pantagruel du cyclisme continueront de faire régner une atmosphère ubuesque dans les montagnes du Tour de France. On y verra des fantômes de George Hincapie passer en tête des cols, voire imiter le New-Yorkais dans le crime de lèse-majesté, lui qui osa pousser l’imposture jusqu’à inscrire son nom au palmarès du Pla d’Adet, en 2005. Un second couteau qui termine premier dans un col mythique des Pyrénées, quelle ironie du destin…

Condamnés à devenir prochainement des montagnes de seconds couteaux, tant l’EPO a permis aux Indurain, Pantani, Ullrich et autres Armstrong d’accroître leur puissance, et permettra demain aux enfants spirituels de George Hincapie ou Fabio Cancellara de hisser les colosses aussi haut que les aigles, les deux cols mythiques du Tour que sont le Ventoux et l’Alpe d’Huez attendent leur nouvel imposteur. Froome ? Quintana ? Contador ? Nibali ? Uran ? Verdict en 2015, seule l’Alpe d’Huez étant au programme du prochain Tour de France.

Gageons qu’un jour, l’écho des montagnes vengera Alpe d’Huez, Ventoux et tous les cols constamment dupés par des usurpateurs, humiliés via tant de camouflets par ces hordes de moutons de Panurge dopés à l’EPO, par ces avatars de Faust habités du démon de Mephistopheles. Espérons qu’un jour, l’écho sortira de son silence, et brisera l’omerta du peloton avec une voix tonitruante et omnipotente, aussi redoutée que la foudre de Jupiter. Prions pour qu’un jour, l’écho sera assez fort pour sonner l’heure de la vengeance, que le courroux de la nature enverra tous les imposteurs au purgatoire ou en enfer, et que la montagne reprendra ses droits…

Pour que seul face à l’immensité des montagnes, résonne un silence de cathédrale imposé par la victoire de l’écho. Jusqu’à obtenir le silence, le vrai, celui du respect et non celui de l’omerta, l’écho leur répétera, puisée au fond de la mémoire collective pyrénéenne, la phrase prononcée en 1910 par Octave Lapize : Vous êtes des assassins, avait dit le futur lauréat du Tour de France, huitième édition, à Henri Desgrange et Géo Lefèvre.

La montagne assassinait jadis les coureurs, avant que ces derniers n’assassinent les montagnes via tant de crimes de lèse-majesté, la vidant de leur caractère sacré…

Puisse la loi du talion s’inverser de nouveau, et offrir au Mont Ventoux le destin qu’il mérite, celui d’un phénix capable de renaître de ses cendres…

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    21 février 2015 a 21 h 25 min
    Par Fabien

    Froome en 2013 avait l’air encore plus fort qu’Armstrong. Mon père s’est sérieusement demandé s’il n’avait pas un vélo électrique.

    En plus, Froome semble avoir sérieusement levé le pied après son attaque du Ventoux. Comme pour donner le change. Idem à l’Alpe d’Huez. La perte de crédibilité du vélo est telle qu’on en est à se demander si ses mini-défaillances n’étaient pas de la com’. En tout cas, les géants tout maigres succèdent maintenant aux géants gros.

    On voit que la transition est quand même très nette en 91. En 97, on a un droit à un remake de Fignon et Herrera 84 avec Jan Ullrich et Marco Pantani. Mais combien avaient fait le Français et le Colombien à l’époque ?

    86 n’est pas une référence car les coureurs sont déjà lessivés par plusieurs heures de poursuite intense avant même d’entamer l’Alpe. D’ailleurs, LeMond et Hinault vont assurer en 48’00.

    87, par contre, c’est des conditions parfaites pour un record avec une étape parcourue pas trop vite avant et un Herrera qui attaque avant même le virage 21. Roche, assez largué, fait finalement un temps de montée honnête en 44′.

    88, le temps de Theunisse en 43’50 n’est pas impressionnant en lui-même. Par contre, le fait que Theunisse et Rooks soient tout en haut de l’affiche à l’issue d’une étape très dure, où le Glandon (rythme d’Omar Hernandez et attaque de Delgado) puis la poursuite jusqu’au Bourg d’Oisans avait déjà mis plusieurs grands grimpeurs au bord de la catastrophe montre que le dopage hormonal et sanguin aide déjà bien dans le cas d’étapes très dures. Theunisse, mieux que Parra et Herrera dans une 2ème étape de montage, c’est du jamais vu jusqu’alors. En plus, en regardant l’étape, on a vraiment l’impression que Rooks a temporisé en laissant Delgado s’épuiser et qu’il aurait pu faire mieux. D’ailleurs, quand Delgado et Rooks sont rejoints par Theunisse et Parra, Rooks se détache assez facilement.

    90, à l’Alpe, LeMond n’est pas une référence car il temporise à mort en se contentant de suivre Delgado. Un Delgado qui comme souvent est irrésistible lorsqu’il attaque à 2 km du sommet mais a souvent plafonné quand il a dû attaquer de trop loin (La Plagne 87, l’Alpe 88 et donc cette édition 90. LeMond et Delgado doivent respectivement faire 45’20 et 46′ sur cette ascension.

    92, le temps de Chiappucci en 43’19 n’est pas faramineux : il faudrait revoir les conditions de la montée du peloton. En tout cas, en 90, en pleine lutte pour le maillot jaune, il faisait 1’25 de plus. Quant à Hampsten, il ne fait pas non plus un temps exceptionnel, puisque c’est exactement le même que 2 ans plus tôt, à l’époque où il était “pur à 100%”. S’il n’y avait pas 93, on ne se poserait même pas la question.

  2. avatar
    21 février 2015 a 22 h 22 min
    Par Fabien

    S’agissant de notre question non résolue sur Hampsten en 92.

    Après pointage exact sur la vidéo de l’étape.

    Au 1er virage à gauche qui marque le début de l’ascension de l’Alpe (côte 720 m), le groupe Hampsten-Boyer-Montoya-Vona-Nevens a 4’03 d’avance sur le peloton.

    Si Chiappucci fait 43’19 sur la montée, alors Hampsten, qui conserve 3’15 sur Chiappucci à l’arrivée fait donc exactement 44’07. Rien d’exceptionnel par rapport à ce qu’il a fait en 90 (43’45).

    Je ne suis pas étonné outre mesure qu’un grimpeur aussi doué qu’Hampsten fasse mieux que Boyer, Nevens et Montoya. Vona, c’est plus étonnant. Non pas parce que Vona était intrinsèquement meilleur qu’Hampsten mais parce qu’il est à peu près certain que Vona était à l’EPO (son équipe+sa 2ème place devant Indurain à Sestriere). Cela dit, LeMond, Delion, Leblanc ou Mottet ont déjà prouvé que l’on pouvait battre des coureurs déjà l’EPO mais encore tout à fait inaccessibles sur des courses d’un jour/étape en 90-92.

    L’adversaire d’Hampsten dans sa période 85-91, c’était surtout ses défaillances. En effet, il avait un peu tendance à se mettre en surégime pour suivre à tout prix et prenait d’énormes coups de bambous ensuite (ex naufrage à L’Alpe 87 et 88 après un début d’ascension époustouflant, Tourmalet 88 suivi d’un naufrage à Luz Ardiden…). A l’Alpe 90 ou encore à Val Louron 91, il n’est pas soumis à un rythme trop fort sur le pied (Millar fait un train régulier pour Pensec en 90, en 91 Hampsten n’a pas à subir le rythme du trio EPO dès le bas d’Aspin). Du coup, il monte à son rythme et finit très bien. 3ème temps de montée à l’Alpe 90 derrière Breukink (EPO-PDM) et Parra. Encore 3ème à Val Louron derrière Fignon et Mottet à Val Louron 91 si l’on exclut le trio EPO obscène.

    En conclusion, il n’est fondamentalement pas incongru qu’un Hampsten qui gère sa montée sans se mettre en surrégime avec 4 coureurs qui ne sont pas meilleurs grimpeurs que lui gagne avec un temps de montée en 44’07.

    Sinon, derrière Chiappucci et Indurain qui déroulent sans trop en faire, le petit Virenque fait une course du tonnerre en ne perdant le contact qu’à 4 km du sommet. Gert Ian Theunisse est méconnaissable : tout maigre.

    Voici le lien :
    https://www.youtube.com/watch?v=6c95SOM8awc

  3. avatar
    22 février 2015 a 0 h 28 min
    Par Fabien

    Rectification : le temps d’ascension d’Hampsten à l’Alpe en 90 est 43’55 et non 43’45. Il fait 12″ de plus 2 ans plus tard (44’07).

    Le petit Virenque, 22 ans, qui franchit la ligne en sprintant et le poing levé après s’être dandiné dans tous les sens pour essayer de suivre Indurain et Chiappucci (qui eux oscillent à peine les épaules), quel tempérament et quel talent ! Il ne perd que 45″ et n’est devancé que par trois coureurs du peloton : Indurain, Chiappucci et Unzaga.

    Je suis persuadé que dans un cyclisme sans EPO, on aurait aussi eu la Virenquemania avec des maillots à pois, des échappées flamboyantes, tant il avait du coeur et le tempérament offensif.

  4. avatar
    22 février 2015 a 0 h 31 min

    Le vrai tournant est 1991 avec Indurain qui explose le temps d´Herrera datant de 1987, malgre 25 kg de plus sur la balance que le Colombien.

    Et l´Espagnol atteindrait son clímax en montagne en 1995 a La Plagne, passant un vrai palier dans les cols en 1993.

  5. avatar
    22 février 2015 a 9 h 51 min

    Salut, merci pour l’article. Pour le lier à l’actualité: on dirait que Froome est pas loin de son meilleur niveau, vu comment il a maté Contador hier en Andalousie. Bref, je prédis un record de l’Alpe d’Huez pour cette année!

  6. avatar
    22 février 2015 a 10 h 48 min
    Par Fabien

    Hello,

    As-tu le temps de montée d’Herrera en 84 ?

  7. avatar
    22 février 2015 a 21 h 47 min
    Par Fabien

    Bon, ça y est, j’ai enfin “bossé” en visionnant l’étape de Sestriere 1992.

    Toujours incapable de me prononcer sur le cas Hampsten. Ma conclusion est toutefois que comme à L’Alpe d’Huez sa performance reste crédible.

    Revenu avec Vona sur Indurain et Bugno dans la descente du Mont Cenis Hampsten parvient à rester avec le trio de Suse (500 m) à Cesena (1340 m) sur 40 km de faux plats/petites cotes entrecoupées de plats.

    Sur le col proprement dit (11,5 km), Hampsten et Bugno se font lâcher au bout de 2 km. A la banderole des 10 km, les écarts sont les suivants :
    En tête, Chiappucci
    Puis Indurain, Vona, Hamspten et Bugno à 2’19
    Enfin Fignon parti en contre est à 4’50

    Sur les 10 derniers km, Hampsten concède donc 34″ sur Bugno, 1’08″ sur Chiappucci, 1’42″ sur Indurain et 1’54″ sur Vona. Mais également 7″ sur Fignon qui monte aussi dans les mêmes temps que lui.

    Le plus abracadabrant de la journée c’est quand même Chiappucci, coureur encore moyen en 1989, qui fait au total 200 km d’échappée dont 125 tout seul. Il a éparpillé tous ses compagnons d’échappée dans l’Iseran, dont de très bons grimpeurs (Kelly, Virenque, Claveyrolat et Conti). Et résisté à une poursuite lancée à fond derrière à partir de l’attaque de Bugno dans le Mont Cenis. Il résiste encore pendant les 40 km de faux plat vers le pied de Sestriere à 4 hommes organisés et déterminés à faire l’écart sur les autres (dont Bugno et Indurain meilleurs rouleurs du monde). Et il fait enfin le 3ème temps de montée sur Sestriere malgré tout le reste.

    Quant à Hampsten, difficile à dire mais je ne suis plus si convaincu de son passage au dopage sanguin cette année-là. En effet, Indurain lui met 2 minutes sur 10 km, tout en ayant eu une défaillance dans le final (ce qui n’est arrivé que deux fois en 5 ans). Quant à Bugno, il a montré dès le lendemain que même préparé par Conconi, il n’était pas si bien que ça et a été battu par de très nombreux coureurs propres (Virenque) ou low injection (Millar, Boyer, Caritoux…). Il n’a pas accompli les mêmes progrès entre 91 et 92 qu’Indurain.

    Qu’Hampsten ramasse un peu moins de 2 minutes en 10 km sur un Indurain qui connait sa seule vraie défaillance en 5 ans et monte dans les mêmes temps que Fignon ne suffit par pour me convaincre qu’il se soit dopé cette année là. D’ailleurs, entre 85 et 91, Hampsten a toujours fait de très bonnes étapes dans les deux premières étapes de montagne des grands tours (c’est en 3ème semaine qu’il faiblissait) à l’exception de L’Alpe d’Huez. Il a d’ailleurs plus souvent dominé Fignon que l’inverse sur ces deux premières étapes des grands tours. Même dans son somptueux Giro 89, Fignon fait seulement jeu égal avec Hampsten en montagne, quand il n’est pas franchement dominé (clm Monte Generoso).

    Après, c’est sûr qu’être en compagnie de trois dopés notoires dans le final de l’étape-reine du Tour et gagner le lendemain, ça incite à se poser des questions. En tout cas, mis à part Indurain et Chiappucci qui sont devenus intouchables, les autres, même améliorés, ne sont pas encore hors de portée. Alors Hampsten en fait-il partie ? En tout cas, sa performance n’a rien d’abracadabrante, même si elle contraste avec l’agonie de LeMond et Leblanc le même jour.

    Bref, voici ma contribution de cette question qui animait nos discussions depuis 3 ans ! Je suis curieux de connaître ton point de vue.

  8. avatar
    22 février 2015 a 22 h 40 min
    Par Fabien

    Oula, en me relisant, je me rends compte que j’ai écrit avec mes pieds !

    Je voulais dire aucune contre-performance d’Hampsten dans les 2 premières étapes de montagne des grands tours de 85 à 91, sauf à l’Alpe d’Huez 88 (où il finit néanmoins 10ème).

    Je vais même enfoncer le clou en disant qu’à Sestriere, Hampsten pouvait remercier les motos qui l’ont accompagné car sans eux il n’aurait jamais pu arriver à Cesena avec 2’30 d’avance sur Fignon, 3′ sur Breukink et 5′ sur ses autres challengers pour le podium (Millar, Delgado, Roche, Alcala, Theunisse).

  9. avatar
    26 février 2015 a 4 h 37 min

    Salut Fabien,

    En vacances a Rio de Janeiro, pas tous les jours l´occasion de faire du web … Desole pour le retard.

    Sur le temps d´Herrera en 1984, a creuser mais certainement três bon car le Colombien bat un Fignon dope (cf son autobiographie) et qui sans l´helicoptere maudit du Giro ayant aider Moser, aurait fait le double Giro Tour em 1984.

    Pour Hampsten, je n´ai rien a opposer a tes arguments qui se tiennent, surtout que Motorola etait a la Prehistoire du dopagem en 1992, Ochowicz et Armstrong joignant Ferrari em 94-95 seulement.

    Donc connaissant Snow Rabbit fermement oppose au dopage en effet il etait peut etre clean en 1992, difficile a prouver.
    Fignon lui l´etait en tout cas il refusa le traitement Stanga Conconi chez Gatorade en 1992, d´ou les 6 minutes au Luxembourg contre Indurain.

    Apres faudrait que je vois les deux etapes pour me faire mon avis.

    • avatar
      26 février 2015 a 20 h 54 min
      Par Fabien

      @Axel, pas besoin d’être désolé ! On parle quand même d’une course passée depuis 23 ans lol. Je te souhaite de bonnes vacances en tout cas.

      Pour Hampsten, mon sentiment va à l’encontre de ce que j’imaginais avant de revisionner ces étapes. Hampsten ne fait pas des performances différentes de ce qu’il faisait avant. Cependant, aucune vraie défaillance cette année-là. Pour 93, c’est une autre histoire…

      Une chose est sûre, en 91-92, Chiappucci a été un vrai poison pour les favoris non EPO qui se sont épuisés à le suivre en montagne. La courte montée de Marie-Blanque (Tour 92) permet de se faire une idée des dégâts. Au début, Leblanc, Mottet, LeMond, Fignon, Hampsten sont bien placés et s’accrochent mais ils doivent tous renoncer. Tous sauf Charly Mottet qui mérite un grand coup de chapeau pour être parvenu, non sans mal, avec le trio EPO en haut. Mais Charly n’en était pas à son coup d’essai puisqu’il avait déjà réussi un coup de maître en battant Bugno au Passo Pordoi au Giro 90 après s’être dandiné dans tous les sens pour le suivre.

      Tout imposteur qu’il fût, Chiappucci avait beaucoup de panache et animait sacrément la course. Le voir à l’écran ces années là m’évoque Herrera.

      • avatar
        27 février 2015 a 14 h 07 min

        Salut Fabien,

        Je viens de rentrer de Rio de Janeiro, ville superbe au demeurant notamment les panoramas du Cristo Redentor et du Pain de Sucre, sans oublier les plages de Copacabana ou Ipanema, enfin bref fin de la parenthèse carioca ça sera plus pratique pour rediscuter cyclisme sur le forum.

        Vu le talent naturel d’Hampsten et le fait que seules 3 équipes maîtrisaient l’EPO en 1992 (Banesto / Indurain, Gatorade / Bugno, Carrera / Chiappucci), le voir faire 4e n’est donc pas illogique, il avait déjà fait 4e en 1986 dans la surpuissante équipe La Vie Claire (peut être la plus forte formation de toute l’Histoire du Tour, à comparer avec Renault 1984, Festina 1997, Astana 2009, Sky 2012) avec LeMond 1er et Hinault 2e.

        Bonne remarque pour Chiappucci surtout pour 1991 où bien des coureurs, Greg LeMond le premier, pensaient que le Toscan n’était qu’un feu de paille. Or le petit grimpeur de la Carrera confirma sa 2e place de 1990 : 3e du Tour en 1991 et 2e en 1992 sans oublier ses podiums au Giro ces deux années là.

        Panache exceptionnel en effet, moins beau à voir grimper que Pantani mais plus fougueux. Différents mais sans doute les deux meilleurs coureurs italiens ayant suivi Felice Gimondi au palmarès du Tour de France, n’en déplaise à Bugno, Basso ou encore Nibali qui pour moi devra confirmer en 2015.

        • avatar
          27 février 2015 a 21 h 41 min
          Par Fabien

          En parlant de Chiappucci, j’avais réussi à trouver une vidéo amateur d’Espagnols postés dans la montée du Tourmalet (je ne saurais dire exactement où mais au-dessus de Barèges) en 91. C’est peu de temps après l’attaque de LeMond. Derrière les échappés Conti, Chozas et Pensec, les deux premiers à passer sont Chiappucci et LeMond, Indurain est derrière à une douzaine de secondes et semble revenir fort, Mottet se dandine juste un peu décroché puis à 25″ Bugno emmène Leblanc, Hampsten et Rué. Derrière, on sent que les coureurs montent moins vite et galèrent un par un : Boyer puis Herrera Fignon et Fuerte. Delgado prend un gros éclat.

          Bref, tout ça pour dire que je n’ai jamais vu les images de l’intégralité de la montée du Tourmalet mais qu’après le démarrage de Lemond, il apparaît que Chiappucci a embrayé et c’est LeMond qui devait s’accrocher pour suivre et finir complètement cuit 5 ou 7 km plus haut. Des coureurs comme Herrera et Chiappucci, ça devait vraiment être ingérable !

          Sur le podium des équipes du dopage sanguin en 91-93, je mettrais quand même Ariostea avec son docteur Michele F. La victoire au clm par équipe en 91 + 3 étapes coup sur coup, c’est pas mal ! Argentin, Conti, Sorensen et bientôt Bjarne Riis, beaucoup de coureurs qui marchaient bien…

        • avatar
          27 février 2015 a 21 h 42 min
          Par Fabien

          Ah tiens, pourquoi cette suspension d’Astana ? Des raisons politiques ?

          • avatar
            28 février 2015 a 11 h 36 min

            Salut Fabien,

            Ariostea dont il ne faut pas oublier que c’est la même équipe que la future Gewiss Ballan qui allait tant défrayer la chronique en 1994 et 1995, avec le triplé à la Flèche Wallonne, les victoires de Berzin à Liège puis au Giro pour 1994,le fameux record de vitesse au CLM par équipes du Tour en 1995 entre Marennes et Alençon.

            Astana est dans le collimateur à cause de plusieurs coureurs autres que Nibali, l’Italien paie d’être dans l’ancienne équipe de Contador, Armstrong, Kloden et autres Bruyneel, de plus dirigée par Vinokourov un autre mouton noir.

            Oui Chiappucci et Herrera, ingérables car de vrais grimpeurs, toujours à monter par à coups.

          • avatar
            28 février 2015 a 13 h 36 min
            Par Fabien

            Bonjour Axel,

            Oui, je sais que Vino est un mouton “noir” et que l’époque “Bruyneel-Armstrong” a laissé des traces.

            Mais le sens de ma question était plutôt : “pourquoi Sky et Saxo sont tranquilles alors qu’elles n’ont rien à envier à l’équipe kazakhe (bien au contraire) ? J’ai vu l’une des 2 arrivées en montagne de la Ruta del Sol, auxquelles fait allusion Moctezuma. La montée à l’alto de las Allanadas que j’ai découverte est sublime avec une fin horriblement pentue. L’allure de Froome puis Contador ne semble pas visuellement effrayante mais quand on voit la pente, les écarts sur les autres et l’article de Portoleau cité par Moctezuma, il y a de quoi avoir peur. Pour moi, Froome et Armstrong, c’est kif kif. J’ai même l’impression que Froome est encore plus fort.

            Quant à Nibali, tant pis pour lui. De toute façon, on ne signe pas chez Astana par hasard. Ce sont les risques de la casaque ! Finalement, il s’en tire très bien car il aura inscrit son nom au palmarès du Tour de France et gagné beaucoup d’argent. C’est tout le drame du cyclisme d’aujourd’hui : on est 1000 fois mieux récompensé en gagnant de grandes courses par la triche et en prenant le risque d’être suspendu un tiers de sa carrière qu’en faisant 5 fois 8ème et occasionnellement mieux par une course honnête.

  10. avatar
    26 février 2015 a 4 h 44 min

    @Mocte,

    Pour Froome victoire primordiale qui brise la spirale de la defaite contre Contador son rival numero 1 pour juillet, avec Nibali et Quintana

    Dauphine, Vuelta, etape precedente en Andalousie, le Kenyan Blanc commencait a accumuler les revers contre le pistolero madrilene …

    Sinon Nadal battu par Fognini a Rio, sacre choc !!

  11. avatar
    26 février 2015 a 13 h 13 min

    Salut, oui étonnant pour Nadal.

    Un article de Frédéric Portoleau sur le tour d’Andalousie, apparemment les performances de Froome et Contador annoncent bien du lourd pour cette année cycliste.

    http://www.chronoswatts.com/news/70/

  12. avatar
    27 février 2015 a 13 h 58 min

    Salut Mocte,

    452 watts pour Froome et 434 pour Contador dès le mois de février, en effet ça promet du très lourd, les deux jumeaux du volcan Teide vont vouloir à tout prix battre Nibali pour le maillot jaune, surtout le pistolero dont on murmure qu’il prendrait sa retraite en fin de saison 2015.

    L’Italien va devoir composer avec la suspicion qui règne sur Astana, et Quintana reste le moins expérimenté du quatuor même si excellent grimpeur pour une édition 2015 très montagneuse ne l’oublions pas.

    Je mise plus, en dehors de la forme du moment qu’il faudra apprécier au Dauphiné (Froome) ou au Giro (Contador), sur le Kenyan Blanc et le Pistolero qui seront déchaînés vus leurs échecs respectifs en 2014.

  13. avatar
    27 février 2015 a 20 h 21 min

    L’UCI a demandé la suspension d’Astana pour 2015, ça sent le roussi pour Nibali en vue de défendre son maillot jaune en juillet …

  14. avatar
    28 février 2015 a 17 h 56 min

    @Fabien,

    Oui pour Froome je suis d’accord sans doute plus fort physiquement qu’Armstrong même si le Texan avait un charisme et une intelligence politique qu’on ne reverra pas de sitôt (j’ai publié un article pavé sur L.A. j’espère qu’il sortira bientôt), pour le Kenyan Blanc son démarrage du Ventoux en 2013 m’a écoeuré et pourtant j’ai vu courir Indurain, Riis, Ullrich, Armstrong, Pantani, Contador, Evans, les frères Schleck avant lui.

    Pourquoi pas Sky et Saxo Tinkoff ? Difficile à dire, protections politiques peut être.
    Tinkoff est un mécène et le sanctionner serait un mauvais message pour l’UCI car à force de scandales de dopage le cyclisme aura du mal à attirer les grandes entreprises comme sponsors, surtout dans cette ère du cost-killing pour les sociétés américaines et européennes.

    Sinon en effet pour Nibali il aura bien exploité son passage chez Astana, victoire dans le Tour 2014 dont on ne saura jamais le niveau d’imposture (par rapport à Froome et Contador trop vite hors course, et non pas question dopage où le doute est bien faible sur la propreté de l’Italien).

    Bah il pourra peut être changer en cours de saison comme Ullrich en 2003 de Team Cost à Bianchi. Mais son équipe sera faible, sa préparation bien perturbée ce qui rendra utopique sa défense de maillot jaune, lui qui était pour moi 4 étoiles comme Quintana face aux 5 étoiles que représentent Froome et Contador.

  15. avatar
    28 février 2015 a 19 h 21 min
    Par Fabien

    Je pense comme toi que Nibali aurait été dominé par Froome et Contador en 2014 sans leur chute. D’une part, dans la dernière côte de l’étape de “montagne” anglaise, Froome m’avait fait forte impression. D’autre part, à Gérardmer, Contador qui a attaqué seulement dans le dernier km était sur le point de le décrocher. Comme en 2012, je vois donc rétrospectivement Nibali 3ème derrière Froome 1 et Contador 2, puisqu’il est moins bon contre-la-montre que les deux autres.

    Toutefois, Nibali est incontestablement le plus adroit des 3 sur son vélo. Il a géré la pluie du début de Tour et le passage des pavés de main de maître. Pour moi, il mérite donc largement son succès face à Froome et Contador. Un tour de toute façon se joue sur 3 semaines. Si les favoris veulent réduire la compétition aux seuls contre-le-montre et arrivées au sommet de haute-montagne, tant pis pour eux. Nibali, lui, a toujours couru intelligemment et avec maîtrise. S’il avait été 3ème, je suis sûr qu’il aurait tout fait pour piéger Contador et Froome dans les étapes de transition, les descentes. Mais là, il était assuré de gagner et il a donc joué petit bras.

    Finalement, ce qui me gêne dans la victoire de Nibali, c’est que si la compétition s’était faite à armes égales, c’est peut-être Péraud qui aurait gagné. Grâce à la chute de Contador et Froome, on a eu droit à un des tours les plus crédibles de ces 25 dernières années. Sans Nibali, ça aurait été aussi l’un des plus ouverts. Ca semble mal parti pour 2015. Mais au départ du Tour 2011, je n’y croyais pas du tout et finalement dès la 1ere étape j’ai été accroché comme je ne l’avais jamais été depuis 1997. Ca m’a aussi permis de devenir fan et (mauvais) imitateur de la dream team Adam-Jalabert-Holtz-Ollivier : https://www.youtube.com/watch?v=shQu0IrZKzM

    Sinon, j’ai vu ton post sur “Fignon possible vainqueur en 92 ?”. Je ne sais pas si ça passionne beaucoup mais en tout cas moi, j’adore ce genre d’exploration rétrospective. J’ai pas mal de choses importantes à faire ce WE puis la semaine prochaine mais je te répondrais avec plaisir ce soir ou demain.

  16. avatar
    1 mars 2015 a 11 h 19 min

    Hello Fabien,

    Oui évidemment les étape de puncheurs ou les secteurs pavés comptent aussi, et le Tour 2004 montre bien pour Ullrich (Massif Central) ou Mayo (pavés) qu’ils n’avaient pas bien lu le parcours.

    Ne pas attaquer Armstrong en moyenne montagne ou néglliger les pavés, c’est fatal quand ensuite on se fait larguer dans la Mongie puis au Plateau de Beille.

    Froome et Contador avaient déjà perdu du temps sur Nibali donc peut être aurait-il quand même gagné.
    Il est plus complet car tous terrains mais physiquement les deux autres restent au-dessus.
    Et sur le parcours 2015, l’Italien ne fera pas mieux que 3e pour moi, voire 4e si Quintana est au top de sa forme.

  17. avatar
    1 mars 2015 a 13 h 58 min

    J’espère que Nibali sera présent sur le tour. Sinon on va encore se taper des courses de côte. Lui au moins attaquera sur les pavés et dans les descentes.

    PS: sur le tour d’Andalousie, Froome nous a réitéré sa stratégie de démarrer les ascensions en se faisant décrocher et terminer comme une moto. Un mélange entre Riis et Jaskula, lol.

  18. avatar
    4 mars 2015 a 7 h 53 min

    Un lien intéressant sur le dopage dans le foot allemand des années 80, avec un petit clin d’oeil à Ullrich et Telekom

    http://www.lemonde.fr/football/article/2015/03/03/dopage-le-foot-allemand-accros-aux-anabos-dans-les-annees-1980_4586341_1616938.html?xtor=SEC-32280653

    L’affaire met en émoi l’Allemagne. Le VfB Stuttgart et le SC Fribourg, deux clubs de la puissante Bundesliga, le championnat de football allemand, sont accusés d’avoir eu recours à un programme de dopage à base d’anabolisants à la fin des années 1970 et au début de la décennie suivante. Le scandale est d’autant plus retentissant outre-Rhin que l’actuel sélectionneur des champions du monde 2014, le vénéré Joachim Löw, a porté les couleurs de ces deux clubs lorsqu’il était joueur : à Fribourg de 1978 à 1980 et de 1982 à 1984, à Stuttgart lors de la saison 1980-1981.

    La grenade a été dégoupillée lundi 2 mars par le professeur Andreas Singler, membre de la commission d’évaluation sur la médecine du sport à Fribourg. Il y a quelques années, ladite commission, qui a été mise en place en juin 2007, avait apporté la preuve que la clinique universitaire de Fribourg avait été l’une des plates-formes du dopage en Allemagne de l’Ouest, notamment de l’ancienne équipe cycliste de Jan Ullrich, Deutsch Telekom, à la fin des années 1990.

    « Des documents dangereux pour plusieurs clubs »

    L’un de ses anciens médecins, le traumatologue du sport Armin Klümper, est aujourd’hui pointé par la commission pour avoir organisé le dopage des deux clubs de foot du Bade-Wurtemberg (sud de l’Allemagne). Dans un communiqué publié lundi 2 mars, la présidente de la commission, Letizia Paoli, écrit que, « pour la première fois, des documents font état d’un dopage systématique aux anabolisants également dans le football professionnel allemand. Parmi les clubs concernés, entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, se trouvent l’équipe de Bundesliga du VfB Stuttgart et l’équipe de deuxième division du SC Fribourg ». Selon une source proche du dossier contactée par Le Monde, d’autres clubs seraient évoqués. « Il y a des documents dangereux pour plusieurs clubs », confie la même source, qui a également eu accès aux épreuves de l’autobiographie du médecin, dont la publication a été bloquée par son épouse. Dans le manuscrit, rédigé au début des années 2000, Armin Klümper, qui aura 80 ans en mai, évoque aussi sa « relation de confiance » avec des footballeurs du Bayern Munich, Karlsruhe, Nuremberg ou encore Hambourg.

    « Manipulation systématique dans le cyclisme et le football »

    Les « dossiers Klümper », comme les nomme la commission, comprennent une soixantaine de pages qui mettent en évidence « la manipulation systématique dans le cyclisme et le football du professeur Armin Klümper ». Ces documents ont été exhumés seulement en décembre 2014. Ils sont issus d’une enquête menée par le parquet de Fribourg sur les agissements du docteur Klümper entre 1984 et 1989. Cette année-là, le médecin avait été condamné à une simple amende. Deux ans plus tôt, les doutes étaient apparus au grand jour sur les méthodes du médecin quand l’une de ses « clientes », l’heptathlonienne Birgit Dressel, était morte brutalement à 26 ans, en avril 1987, quelques mois après avoir terminé quatrième des championnats d’Europe d’athlétisme à Stuttgart. L’autopsie révéla la présence d’une centaine de médicaments dans son organisme, dont des anabolisants.

    La commission d’évaluation sur la médecine du sport à Fribourg a mis la main sur les « dossiers Klümper » à la fin de janvier et juge aujourd’hui ces informations suffisamment « graves » pour envisager de les rendre publiques. Le VfB Stuttgart a indiqué qu’il ne pouvait pas vérifier ces informations en l’absence de documentation mais a assuré que « le professeur Klümper n’avait jamais été le médecin du club ». Entraîneur du VfB de 1976 à 1979 et de 1980 à 1982, Hans-Jürgen Sundermann a estimé que ces accusations étaient « absurdes ». Le club du Bade-Wurtemberg avait été sacré champion d’Allemagne en 1984 avec dans ses rangs plusieurs grands noms du foot germanique comme Hansi Müller ou les frères Bernd et Karlheinz Förster. Dans un récent documentaire de la radio SWR, Karlheinz Förster, qui a par la suite porté les couleurs de l’Olympique de Marseille, a reconnu avoir « fait quelque chose d’irresponsable » avec le professeur Klümper.

    La réaction de Joachim Löw, elle, est parvenue mardi dans une déclaration à l’agence d’informations sportives allemande SID : « le dopage n’a aucune place dans le sport, je le désapprouve complètement. C’est aussi vrai dans ma carrière de joueur que ça le reste aujourd’hui dans mon rôle de sélectionneur ».

  19. avatar
    9 mars 2015 a 8 h 19 min

    L’Union cycliste internationale (UCI) n’est pas coupable de corruption mais ses anciens dirigeants, trop proches de Lance Armstrong, lui ont accordé un traitement de faveur, estime le rapport d’une commission indépendante publié lundi. «Il y a eu traitement préférentiel», affirme la commission d’enquête (CIRC).

    Son rapport de 227 pages rendu public lundi ne contient aucune vraie révélation mais dresse un tableau à charge sur la très grande proximité des anciens dirigeants de l’UCI avec l’ex-septuple vainqueur du Tour. «L’UCI l’a vu comme le choix idéal pour la renaissance de ce sport après la scandale Festina (du Tour 1998)», estime la CIRC.

    Tant par sa nationalité américaine qui «a ouvert un nouveau continent pour le cyclisme» que par son statut de survivant du cancer qui lui a permis de devenir rapidement «une star mondiale». Les trois enquêteurs établissent aussi, après treize mois de travail, qu’à plusieurs reprises, l’UCI n’a pas appliqué ses propres règles.

    Entre autres sur les certificats médicaux établis a posteriori pour justifier l’utilisation de corticoïdes, pour le Français Laurent Brochard lors de son titre mondial en 1997 et pour Armstrong dans le Tour 1999, certes deux vieilles affaires connues de longue date.

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