Thomas Voeckler, le successeur espéré à Bernard Hinault
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Thomas Voeckler, le successeur espéré à Bernard Hinault

On s’y attendait, mais l’officialisation a attristé plus d’un fan de cyclisme, et plus particulièrement du Tour de France. Thomas Voeckler a annoncé hier qu’il mettrait un terme à sa carrière à l’issue du Tour 2017. Une carrière qui n’aurait pas été possible sans Jean-René Bernaudeau.

Chaque été depuis près de 10 ans, lors des analyses pré-Tour de France, Thomas Voeckler est systématiquement annoncé parmi les Français dont on attend quelque chose. Pourtant, depuis quelques années, Ti-Blanc (son surnom hérité de son enfance passée en Martinique) n’a plus les jambes pour se permettre d’attaquer à tout va comme il en avait l’habitude. S’il est encore en haut de l’affiche aux côtés de Romain Bardet, Thibaut Pinot et autres Warren Barguil, c’est grâce à ses deux formidables épopées en 2004 et 2011, mais pas que…

2004, la révélation

En 2003, pour sa découverte de la Grande Boucle, Thomas Voeckler avait terminé au-delà de la 100e place. L’année suivante, au sein de la structure de Jean-René Bernaudeau Brioches-La-Boulangère, le natif de Schiltigheim en Alsace fait équipe avec deux autres grands espoirs d’un peloton français à peine remis de l’Affaire Festina six ans auparavant : Sylvain Chavanel et Jérôme Pineau. L’association sera payante puisque dès l’arrivée de la 5e étape à Chartres, lors de laquelle il parvient à prendre la bonne échappée, Voeckler troque son maillot Bleu-Blanc-Rouge de champion de France pour le maillot jaune à la surprise générale.

Commence alors un véritable engouement rarement vu pour le Tour de France aux quatre coins de l’hexagone. La Voeckler-mania est née. Le Vendéen d’adoption résiste à Lance Armstrong dans les Pyrénées et conserve sa tunique jaune durant 10 jours. Thomas Voeckler s’effondre finalement dans les Alpes et franchit la ligne d’arrivée des Champs-Elysées à la 18e place au classement général. La France (et pas seulement les fans de cyclisme) se prend à rêver. Et si Bernard Hinault avait enfin un successeur ?

2009 et 2010, la confirmation

Après avoir participé aux Jeux Olympiques d’Athènes en 2004 puis remporté le Grand Prix de Plouay en 2007, la France attend désormais de Thomas Voeckler qu’il remporte enfin sa première victoire sur le Tour de France. Il faudra attendre 2009 et une arrivée à Perpignan pour voir le « chouchou des Français » recevoir son bouquet. Et qu’elle fût dure à aller chercher ! Après avoir pris le bon wagon dès les premiers hectomètres, il parvient à se détacher de ses cinq compagnons d’échappée à seulement 5kms de la ligne d’arrivée.

Voeckler remet le couvert l’année suivante à Bagnères-de-Luchon, là encore au terme d’une échappée où il a pu compter sur l’aide de son coéquipier Sébastien Turgot. Cette victoire est d’autant plus significative pour lui que cette année-là, il portait avec fierté le maillot de champion de France remporté quelques semaines plus tôt au nez et à la barbe de Christophe le Mével.

2011, Voeckler is back

Le Tour 2011 s’est joué à quelques minutes pour Thomas Voeckler. Non, il n’est pas question du classement général final, mais bien d’une signature chez Cofidis qui aurait très bien pu devenir réalité si Bernaudeau ne s’était pas démené pour réussir à attirer Europcar, et ainsi donner naissance à une nouvelle structure dont les maillots verts resteront dans la mémoire des amoureux de cyclisme.

Au sein d’une équipe bâtie pour lui, Thomas Voeckler va définitivement rentrer dans le cœur des Français et, malgré lui, devenir l’incarnation d’un cyclisme propre. Bien aidé par ses potes Anthony Charteau (qui avait ramené le maillot à pois sur les Champs-Elysées l’année précédente), Cyril Gautier, Sébastien Turgot et le petit jeune Pierre Rolland (qui rappelle étrangement le Vendéen quelques années auparavant), le cycliste endosse le maillot jaune à Saint-Flour au soir de la 9e étape. Une étape tristement célèbre pour cette image stupéfiante de Johnny Hoogerland et Juan Antonio Flecha, compagnons d’échappée de Thomas Voeckler, envoyés dans les barbelés par une voiture France Télévisions.

La Voeckler-mania renait. Et c’est un coureur repoussant chaque jour un peu plus ses limites qui est en train de naître. Un Thomas Voeckler tombant dans les bras de son jeune coéquipier toujours là pour l’accompagner, comme à l’arrivée de la 10e étape à Luz-Ardiden. Un Thomas Voeckler exténué comme jamais en arrivant en haut de Serre-Chevalier avec seulement 15 petites secondes d’avance sur Andy Schleck au classement général. On retiendra aussi cette image d’un maillot jaune filant tout droit et finissant sa course dans la cour d’une maison dans la descente de Pramartino en Italie.

Thomas Voeckler échoue finalement au pied du podium pour 50 secondes.

Ti-Blanc ne sera pas le successeur tant attendu de Bernard Hinault, il ne sera pas même monté sur la boîte. Mais il aura laissé une trace indélébile dans l’histoire du cyclisme français et du Tour de France. Depuis ce fabuleux Tour 2011, trois Français sont parvenus à réaliser ce que Voeckler n’a pas réussi : Jean-Christophe Péraud (2e), Thibaut Pinot (3e) en 2014 et Romain Bardet (2e) en 2016. Si le premier vient de raccrocher le vélo, les deux autres sont des candidats plus que crédibles pour enfin prendre la succession du Blaireau.

  1. avatar
    24 septembre 2016 a 17 h 47 min
    Par Julien Deschamps

    Bon article, correct et bien écrit! La boîte a remplacé le caisson, mais ce n’est pas grave, ce qu’il faut c’est y monter dessus…

  2. avatar
    27 septembre 2016 a 22 h 09 min
    Par M. birdy

    J aime bien l’article sans toutefois etre d’accord avec le titre. Successuer d’Hinault signifie quoi ? Etre une bete de course capable de gagner 11 grands tour en 13 participations + 9 classiques dont 2 flandriennes ou etre un vainqueur du tour ” à la walko ” ( sans etre péjoratif ) ?

  3. avatar
    27 septembre 2016 a 22 h 16 min
    Par M. birdy

    erreur 10 grands tous gagnés…

  4. avatar
    28 septembre 2016 a 10 h 06 min
    Par Cullen

    Bel article. J’avoue y avoir un peu cru en 2011 (un peu seulement) mais bien d’autres avant lui se sont présentés sur le Tour comme des successeurs potentiels du Blaireau : http://yourzone.beinsports.fr/cyclisme-tour-france-victoire-francais-hinault-bernard-fignon-jalabert-virenque-107642/

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