Souvenirs : le jour où la France dompta l’Espagne
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Souvenirs : le jour où la France dompta l’Espagne

Du 4 au 22 septembre 2013 se déroulait le Championnat d’Europe de basket-ball en Slovénie. Il y a quatre ans, les Bleus, emmenés par un Tony Parker encore fringuant, disputaient la demi-finale de cette compétition contre l’ogre espagnol qu’on n’arrivait plus à battre. Entre les quarts de finale de l’Euro 2009 et des JO 2012, ou encore la finale de l’Euro 2011, les Espagnols ont toujours été un frein à la quête du graal espéré par cette génération de surdoués. Mais le 20 septembre 2013, les Bleus ont enfin réussi à vaincre la malédiction. Le Vestiaire du Sport aime les belles histoires et te propose de revivre ce match au scénario rocambolesque.

Première mi-temps : Les Bleus très, très, très… loin de l’exploit

Le cinq de départ concocté par Vincent Collet (Parker, Diaw, Batum, Ajinça, Gelabale) démarre mal le match en encaissant un 4-0 en à peine 30 secondes. Heureusement, Tony Parker a la main chaude et grâce à deux paniers coup sur coup, il permet aux Bleus de recoller rapidement. À la fin du premier quart-temps, le match est assez équilibré avec un avantage de +4 pour les Espagnols, qui gèrent tranquillement cette entame. 14-18, un score de guerre. Les prémices d’un combat qui s’annonce acharné jusqu’à la dernière seconde ? Peut-être.

En attendant, le deuxième quart-temps est une véritable mascarade pour des Bleus en perdition face à la réussite espagnole. Les Français inscrivent 6 points en 10 minutes pendant que les Espagnols empilent les shoots et prennent 14 points d’avance. Le score est de 20-34 à la pause. Un seul homme permet aux Bleus de ne pas couler dans cette première mi-temps : Tony Parker. Il empile 14 des 20 points français dans les vingt premières minutes. Autant dire que s’il n’était pas là, la France aurait très certainement pris la plus grosse taule jamais connue dans le basket mondial. On voit mal, à ce moment-là, comment les Bleus peuvent revenir. L’Equipe de France a pris l’habitude de complexer contre sa bête noire et ce match ne semble pas déroger à la règle.

Deuxième mi-temps : La Roja déjoue, les Bleus recollent

À la mi-temps, on ne sait pas réellement ce qu’il s’est passé mais on imagine bien Vincent Collet pousser une énorme gueulante avec un Tony Parker dépité, mettant sa main droite dans un frigo tellement il était chaud ce soir-là. Ce qui est sûr, c’est que ça ne marche pas. Et l’entraineur français décide de passer en défense de zone. Les Bleus reviennent sur le parquet, la mine déconfite, pas franchement prêts à en découdre mais on ne sait jamais, sur un malentendu, peut-être que les Bleus ont une bonne étoile au-dessus de leurs têtes, qui va leur permettre de recoller dans ce match. Et bizarrement, ça marche.

La Roja se dérègle et va terminer le match à 39,7% de réussite aux tirs, une aberration. Flo Pietrus et Boris Diaw ne se font pas prier pour empiler les rebonds (16 à eux deux) des missiles espagnols manqués. À la fin du 3ème quart-temps, les Bleus ne sont plus qu’à 6 points, 43-49. Plus de la moitié du retard est comblé et il reste 10 minutes pour aller chercher un retour que personne n’imaginait. Après un terrible 0/8 à trois points en première mi-temps, les Bleus recommencent à trouver de l’adresse. Les hommes de Vincent Collet passent un 9/13 à distance lointaine en deuxième période. La recette pour un come-back de 14 points ? 500g d’adresse et 500g de paniers à 3 points, vous mélangez le tout et vous vous retrouvez à 65-65 après quarante minutes.

Prolongation : La France finit par faire plier les Espagnols

À force de déjouer, de croire que le match est déjà plié, les Espagnols se retrouvent dans une situation plus que délicate lorsque l’arbitre à damiers siffle le coup d’envoi de la prolongation. La plupart des joueurs étaient sans doute déboussolés alors qu’à la mi-temps, ils étaient à deux doigts de sabrer le champagne direction la finale contre la Lituanie.

Tony Parker est encore stratosphérique : il terminera le match, meilleur marqueur avec 32 points. Une histoire de lancers-francs ponctuera la fin de match durant laquelle les Bleus mènent de 3 points à 20 secondes de la fin. La dernière possession est espagnole. Marc Gasol reçoit le ballon, n’a pas d’autres solutions que de tirer et envoie le ballon autre part que dans le panier. Il remerciera d’ailleurs dès le coup de sifflet son partenaire pour lui avoir donné une si grosse patate chaude. La France vient de remonter 14 points, vaincre la malédiction et se dirige vers le titre qu’elle espérait tant. Score final : 75-72

Et après ?

L’arène de Ljubljana est de nouveau le théâtre de l’exploit retentissant des Bleus deux jours auparavant. Les hommes de Vincent Collet défient les Lituaniens dans une salle qui pue la testostérone. Les Bleus démarrent bien le match mais connaissent un passage à vide inquiétant à la fin du premier quart-temps. Ils sont menés de 3 points (22-19) après 10 minutes de jeu. Mais dans le deuxième quart, la France est exceptionnelle et passe 31 points contre seulement 12 pour leurs adversaires. 50-34 à la pause. Le match est plié. Enfin, presque. Allez dire ça aux Espagnols, ils vous recevront en vous lançant des tapas à la figure.

L’écart grandit un peu à la fin du 3ème quart-temps : 18 points d’avance, là c’est vraiment fini. Les Bleus s’imposent finalement 80-66 et remportent enfin l’or dans une grande compétition. Quatre ans après, l’histoire a été bien moins belle. Après une phase de poule complètement ratée, les Bleus ont été éliminés en huitième de finale par l’Allemagne. On préfère garder le meilleur, même si ça fait quatre ans.

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