Europe / Amérique du Sud, un déséquilibre grandissant depuis 2005-2006 sur l’échiquier du football mondial
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Europe / Amérique du Sud, un déséquilibre grandissant depuis 2005-2006 sur l’échiquier du football mondial

Que ce soit en Coupe du Monde (3 victoires européennes avec l’Italie en 2006, l’Espagne en 2010 ou l’Allemagne en 2014) ou en Mondial des Clubs (8 victoires à 3 pour l’Europe depuis 2005), le Vieux Continent accroit sa domination sur le football mondial au détriment de l’Amérique du Sud, pourtant légèrement dominatrice entre 1930 et 2004. Explications.

Que ce soit chez les clubs ou les équipes nationales, l’Europe a pris le large sur la lointaine Amérique du Sud depuis 2005, la faute à la faillite des deux géants de l’Hémisphère Sud, Brésil et Argentine.

Au Sud du Tropique du Capricorne, rien ne va plus tandis qu’au Nord du Tropique du Cancer, on accumule les trophées.

Mais avant d’expliquer les raisons de ce déséquilibre Europe / Amérique du Sud, un retour s’impose sur la situation initiale, entre 1930 et 2004 :

Coupe Intercontinentale (1960-2004)

Sous l’impulsion de Gabriel Hanot et de Jacques Ferran suite à une déclaration arrogante du club anglais de Wolverhampton qui s’était auto-proclamé meilleur club du monde suite à une tournée européenne, le quotidien L’Equipe crée en 1955 la Coupe d’Europe des Clubs Champions, gagnée en juin 1956 par le Real Madrid d’Alfredo Di Stefano contre le Stade de Reims de Raymond Kopa. Dès 1956-1957, la compétition est reprise par l’UEFA. 1960 marque un tournant puisque le combat n’est plus seulement européen mais intercontinental. Avec les progrès de l’aviation, la CONMEBOL crée la Copa Libertadores (baptisée en hommage aux libérateurs des pays colonisés par Espagnols et Portugais suite au traité de Tordesillas en 1491, en l’occurrence Simon Bolivar, Pierre Ier du Brésil …), compétition opposant les meilleurs clubs d’Amérique du Sud, alors que cette confédération avait créé la Copa America dès 1916, soit bien avant le Championnat d’Europe des Nations seulement initié en 1960 par l’UEFA … Et dès 1960, le champion d’Europe et le champion d’Amérique du Sud s’affrontent via la Coupe Intercontinentale. Quintuple champion d’Europe en titre, le Real Madrid de Puskas et Di Stefano inaugure son palmarès par une victoire sur le club uruguayen du Peñarol Montevideo. Entre 1960 et 2004, seules deux éditions n’auront pas lieu, en 1975 (Bayern Munich vs Independiente) puis en 1978 (Liverpool FC bs Boca Juniors). L’Amérique du Sud aura l’avantage avec 22 victoires contre 21 pour l’Europe, même si le Vieux Continent pourra argumenter que le champion d’Europe a parfois boycotté l’évènement pour laisser place à son dauphin (avec bonheur en 1974 pour l’Atletico Madrid battu par le Bayern Munich, avec malheur en 1971 par le Panathinaïkos Athènes dauphin de l’Ajax Amsterdam, en 1973 par la Juventus Turin vice-championne d’Europe derrière l’Ajax Amsterdam, en 1977 pour le Borussia Mönchengladbach finaliste de la C1 contre Liverpool, en 1979 pour Malmö FF dauphin de Nottingham Forest, en 1993 pour l’AC Milan imposé par la FIFA et l’UEFA après la suspension internationale infligée à Marseille après l’affaire OM – VA, le club phocéen ne pouvant affronter le Sao Paulo FC pas plus que défendre son titre continental en Ligue des Champions 1993-1994, ou affronter Parme en Supercoupe d’Europe 1993). Il faut ajouter à ce bilan la victoire en janvier 2000 des Corinthians Sao Paulo (champion du Brésil 1999) lors du premier Mondial des Clubs organisé par la FIFA, Manchester United (champion d’Europe 1999) et le Real Madrid (vainqueur de la Coupe Intercontinentale 1998) représentant une Europe finalement battue 23-21. Voici le bilan par continent puis par pays / club

- Amérique du Sud : 23 victoires

Argentine : 9 victoires (Racing en 1967, Estudiantes en 1968, Independiente en 1973 et 1984, Boca Juniors en 1977, 2000 et 2003, River Plate en 1986, Velez Sarsfield en 1994)

Brésil : 6 + 1 victoires (Santos en 1962 et 1963, Flamengo en 1981, Gremio Porto Alegre en 1983, Sao Paulo FC en 1992 et 1993 en Coupe Intercontinentale, Corinthians Sao Paulo en 2000 en Mondial des Clubs)

Uruguay : 6 victoires (Peñarol Montevideo en 1961, 1966 et 1982, Nacional Montevideo en 1971, 1980 et 1988)

Paraguay : 1 victoire (Olimpia en 1979)

- Europe : 21 victoires

Italie : 7 victoires (Inter Milan en 1964 et 1965, AC Milan en 1969, 1989 et 1990, Juventus Turin en 1985 et 1996)

Espagne : 4 victoires (Real Madrid en 1960, 1998 et 2002, Atletico Madrid en 1974)

Pays-Bas : 3 victoires (Feyenoord Rotterdam en 1970, Ajax Amsterdam en 1972 et 1995)

Allemagne : 3 victoires (Bayern Munich en 1976 et 2001, Borussia Dortmund en 1997)

Portugal : 2 victoires (FC Porto en 1987 et 2004)

Serbie / Monténégro (ex Yougoslavie) : 1 victoire (Etoile Rouge Belgrade en 1991)

Angleterre : 1 victoire (Manchester United en 1999)

Coupe du Monde (1930-2002)

Créée en 1930 par la FIFA sur une idée de Jules Rimet en 1928, la Coupe du Monde sourit d’abord à l’Uruguay, double champion olympique aux Jeux d’été de 1924 à Paris puis 1928 à Amsterdam. C’est ensuite le Brésil qui prend le dessus avec cinq titres mondiaux, le dernier en 2002, soit deux marches au-dessus des meilleures équipes européennes, les triples champions du monde que sont l’Italie et l’Allemagne … En 2002 après la 17e Coupe du Monde, le cinquième titre auriverde offre l’avantage à l’Amérique du Sud par 9 titres mondiaux contre 8 à l’Europe, qui de plus n’a jamais su gagner hors de ses bases (échecs en finale de la Tchécoslovaquie en 1962 au Chili, de l’Italie en 1970 à Mexico, des Pays-Bas en 1978 à Buenos Aires, de la RFA en 1986 à Mexico, de l’Italie en 1994 à Los Angeles, de l’Allemagne en 2002 à Yokohama) là où le Brésil a gagné sur tous les continents visités par la Coupe du Monde : en 1958 en Europe (Suède), en 1962 en Amérique du Sud (Chili), en 1970 puis 1994 en Amérique du Nord (Mexique puis Etats-Unis) et enfin en 2002 en Asie (Corée du Sud / Japon).

- Amérique du Sud : 9 titres mondiaux

Brésil : 5 couronnes mondiales (en 1958 en Suède, en 1962 au Chili, en 1970 au Mexique, en 1994 aux Etats-Unis, en 2002 en Corée du Sud et au Japon)

Uruguay : 2 couronnes mondiales (en 1930 en Uruguay, en 1950 au Brésil)

Argentine : 2 couronnes mondiales (en 1978 en Argentine, en 1986 au Mexique)

- Europe : 8 titres mondiaux

Italie : 3 couronnes mondiales (en 1934 en Italie, en 1938 en France, en 1982 en Espagne)

Allemagne : 3 couronnes mondiales (en 1954 en Suisse, en 1974 en Allemagne de l’Ouest, en 1990 en Italie)

Angleterre : 1 couronne mondiale (en 1966 en Angleterre)

France : 1 couronne mondiale (en 1998 en France)

Regardons maintenant de plus près le bilan de l’Amérique du Sud et de l’Europe depuis 2005

 

Championnat du Monde des Clubs (2005-2015)

Cinq après l’édition initiale de janvier 2000 des Corinthians Sao Paulo, la FIFA pérennise son Mondial des Clubs avec les champions d’Afrique, d’Asie et d’Océanie conviés à se battre face à ceux d’Europe et d’Amérique du Sud, qualifiés comme têtes de série pour les demi-finales. On constate que l’Europe écrase l’Amérique du Sud par 8 titres à 3, et qu’un grand pays de football comme l’Argentine n’a pas encore vu l’un de ses clubs inscrire son nom au palmarès, avec les échecs en finale de Boca Juniors (2007), Estudiantes (2009), San Lorenzo (2004) ou encore River Plate (2015). Club favori du cardinal Jorge Bergoglio élu pape sous le nom de François en mars 2014, San Lorenzo gagna quelques mois plus tard la Copa Libertadores. Mais en décembre 2014 à Marrakech, San Lorenzo ne put enrayer l’implacable hégémonie du Real Madrid de Carlo Ancelotti … S’il faut une preuve supplémentaire de l’insolente domination européenne mais surtout de l’érosion de l’influence sud-américaine, il faut regarder les résultats des Coupes du Monde des clubs 2010 et 2013, où le dauphin du champion du monde n’est pas sud-américain mais africain ! En 2010, le club congolais de Mazembe se hisse en finale contre l’Inter Milan après avoir battu l’Internacional Porto Alegre … En 2013, le Bayern Munich bat en finale les Marocains du Raja Casablanca, bourreau de l’Atletico Mineiro.  Cependant, il faut relativiser ses résultats. Certes la Dream Team du Barça, triple championne du monde (2009, 2011 et 2015) s’appuie sur un noyau dur espagnol issu de la Masia, Carles Puyol, Xavi, Andres Iniesta ou encore Gerard Piqué … Mais, pour les Blaugrana, comment oublier l’apport colossal des Argentins Lionel Messi et Javier Mascherano, des Brésiliens Neymar et Dani Alves, de l’Uruguayen Luis Suarez, héritiers d’autres joueurs venus d’Amérique du Sud en Catalogne : l’Argentin Diego Maradona, les Brésiliens Romario, Ronaldo, Rivaldo puis Ronaldinho, le Portugais naturalisé Deco (né Brésilien). Au panthéon des clubs, le Barça est recordman des titres mondiaux avec trois couronnes mondiales, le Real Madrid étant recordman global si l’on rajoute les titres intercontinentaux (3 + 1).

- Amérique du Sud : 3 victoires

§  Brésil : 3 victoires (Paulo FC en 2005, Internacional Porto Alegre en 2006, Corinthians Sao Paulo en 2012)

- Europe : 8 victoires

§  Espagne : 4 victoires (FC Barcelone en 2009, 2011 et 2015, Real Madrid en 2014)

§  Italie : 2 victoires (AC Milan en 2007, Inter Milan en 2010)

§  Allemagne : 1 victoire (Bayern Munich en 2013)

§  Angleterre : 1 victoire (Manchester United en 2008)

 

Coupe du Monde (2006-2014)

Depuis trois éditions, le Goliath européen fait cavalier seul tandis que le David sud-américain rentre bredouille en 2006, fanny en 2010, échec et mat en 2014 : l’Italie championne du monde en 2006, l’Espagne qui rejoint le gotha en 2010, puis l’Allemagne qui retrouve le sommet en 2014. L’Amérique du Sud perd sur tous les tableaux tandis que le Vieux Continent joue une partition soliste aux airs de requiem : primo, l’Europe repasse devant avec 11 titres contre 9 après la 20e édition de 2014. Secundo, jamais une même confédération n’avait aligné deux titres de rang (le record était de deux conjointement détenu par Européens et Sud-Américains, l’UEFA via les deux titres italiens de 1934 et 1938 puis la CONMEBOL via les deux couronnes consécutivement gagnées par le Brésil en 1958 et 1962). Tertio, l’Europe a vaincu la malédiction des continents avec les victoires de l’Espagne en 2010 à Johannesburg en Afrique (continent « neutre »), mais surtout de l’Allemagne en 2014 à Rio de Janeiro, en Amérique du Sud. Après huit échecs (Uruguay 1930, Brésil 1950, Chili 1962, Mexique 1970 et 1986, Argentine 1978, Etats-Unis 1994 et Japon / Corée du Sud 2002), le Vieux Continent a su réagir. Quattro, l’Europe a eu droit à deux finales 100 % européennes de suite en 2006 (Italie – France) et 2010 (Espagne – Pays-Bas), situation que l’UEFA avait déjà vécu six fois en 1934 (Italie – Tchécoslovaquie), 1938 (Italie – Hongrie), 1954 (RFA – Hongrie), 1966 (Angleterre – RFA), 1974 (RFA – Pays-Bas) et 1982 (Italie – RFA). Mais en 2006, cerise sur le gâteau, l’Europe inflige un terrible camouflet à l’Amérique du Sud, avec un monopole en demi-finale : un dernier carré 100 % européen, Italie, France, Allemagne et Portugal, comme en 1934 (Italie – Tchécoslovaquie – Allemagne – Autriche), 1966 (Angleterre – RFA – Portugal – URSS) et 1982 (Italie – RFA – Pologne – France). Climax de la domination européenne avec ces quatre demi-finalistes, 2006 annonçait sans le savoir des lendemains qui chantent pour le Vieux Continent. De là à imaginer le Brésil et l’Argentine échouer tous les deux en 2010 puis en 2014, il y a un pas que les aficionados du Vieux Continent n’auraient pas franchi à l’époque … Mais il ne faut pas oublier non plus qu’en 1994 et 2002, le Brésil était déjà l’arbre qui cachait la forêt pour la CONMEBOL. Seul pays sud-américain en quart de finale (face à 7 européens en 1994, Pays-Bas, Suède, Roumanie, Italie, Espagne, Bulgarie et Allemagne, face à diverses confédérations en 2002, Angleterre, Turquie, Sénégal, Allemagne, Etats-Unis, Corée du Sud, Espagne), le Brésil était orphelin de son prestigieux  voisin argentin, qui avait échoué dans les grandes largeurs en 1994, orphelin de Diego Maradona et battu en huitième de finale par la Roumanie du Maradona des Carpates, alias Gheorghe Hagi, avant de sombrer en 2002 dans un groupe de la mort composé de l’Angleterre, du Nigerai et de la Suède, étant éliminée au premier tour sans gloire comme l’autre favori suprême du tournoi, l’équipe de France. Cette situation, l’Argentine l’avait quant à elle vécu en 1990 durant le Mondiale italien, éliminant le Brésil en huitième de finale et se retrouvant en quarte de finale avec le Cameroun et 6 pays européens (Yougoslavie, Italie, Irlande, RFA, Tchécoslovaquie et Angleterre). En 1998, l’Argentine avait accompagné le Brésil jusqu’en quart de finale, étant battue par les Pays-Bas sur un but somptueux de Dennis Bergkamp au  Stade Vélodrome de Marseille. Mais le Danemark de 1986 l’avait appris face à l’Espagne (défaite 5-1 en huitièmes et quadruplé du vautour Butragueno) la Coupe du Monde est un marathon, une épreuve de grand fond, comme la célèbre fable de la Fontaine du lièvre et de la tortue, rien ne sert de courir, il faut partir à point. Les éditions 2010 et 2014 le montrent particulièrement bien : en 2010, l’Amérique du Sud compte quatre pays en quart de finale, Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay. Seule la Céleste accède au dernier carré, laissant les Pays-Bas affronter l’Espagne en finale à Johannesburg. En 2014, l’Europe est mise en ballottage au stade des quarts de finale : Allemagne, France et Pays-Bas font face au Brésil, à la Colombie, l’Argentine, le Costa Rica et la Belgique. Mais c’est pourtant le Vieux Continent qui émergera en fin de tournoi, avec l’Allemagne championne contre l’Argentine et les Pays-Bas qui prennent la médaille de bronze avec un Brésil encore sous le choc de l’apocalypse du Minheirazo.

- Amérique du Sud : 9 titres mondiaux

Brésil : 5 couronnes mondiales (en 1958 en Suède, en 1962 au Chili, en 1970 au Mexique, en 1994 aux Etats-Unis, en 2002 en Corée du Sud et au Japon)

Uruguay : 2 couronnes mondiales (en 1930 en Uruguay, en 1950 au Brésil)

Argentine : 2 couronnes mondiales (en 1978 en Argentine, en 1986 au Mexique)

- Europe : 11 titres mondiaux

Italie : 4 couronnes mondiales (en 1934 en Italie, en 1938 en France, en 1982 en Espagne, en 2006 en Allemagne)

Allemagne : 4 couronnes mondiales (en 1954 en Suisse, en 1974 en Allemagne de l’Ouest, en 1990 en Italie, en 2014 au Brésil)

Angleterre : 1 couronne mondiale (en 1966 en Angleterre)

France : 1 couronne mondiale (en 1998 en France)

Espagne : 1 couronne mondiale (en 2010 en Afrique du Sud)

Sur chaque édition, le Brésil et l’Argentine ont déçu que ce soit par le résultat final ou le niveau de jeu offert, malgré des joueurs du calibre de Ronaldinho, Messi, Di Maria, Kakà, Riquelme ou encore Neymar sur le terrain.

 

Coupe du Monde 2006 (bilan Amérique du Sud)

Argentine : quart de finaliste contre l’Allemagne (défaite 1-1 après prolongation)

Brésil : quart de finaliste contre la France (défaite 1-0)

Equateur : huitième de finaliste contre l’Angleterre (défaite 1-0)

Paraguay : éliminé au premier tour par l’Angleterre et la Suède

Ronaldinho loin de ses pinacles barcelonais, c’est Kakà qui se montre le meilleur Brésilien d’une Coupe du Monde allemande qui prend fin sur un but de Thierry Henry et une offrande du virtuose Zinédine Zidane. Après 1986 et 1998, jamais deux sans trois, la France porte l’estocade au grand Brésil, champion du monde en titre mais pâle copie du millésime exceptionnel que fut 2002 ! L’usure du pouvoir et le péché d’orgueil, comme la France de 1998, avaient piégé ce Brésil titré un an plus tôt en Coupe des Confédérations, tournoi en forme de trompe l’œil. Quant à l’Argentine, c’est aux tirs aux buts qu’elle cède face à l’Allemagne en quarts de finale, après une colossale erreur tactique de José Pekerman qui sort sa clé de voûte Juan Roman Riquelme.

 

Coupe du Monde 2010 (bilan Amérique du Sud)

Uruguay : demi-finaliste contre les Pays-Bas (défaite 3-2)

Argentine : quart de finaliste contre l’Allemagne (défaite 4-0)

Brésil : quart de finaliste contre les Pays-Bas (défaite 2-1)

Paraguay : quart de finaliste contre l’Espagne (défaite 1-0)

Chili : huitième de finaliste contre le Brésil (défaite 3-0)

L’Argentine de Messi humiliée 4-0 par l’Allemagne, le Brésil piégé par les Pays-Bas 2-1, le Paraguay logiquement vaincu par l’Invincible Armada espagnole (1-0, but de l’inévitable David Villa), c’est la Céleste de Diego Forlan et Luis Suarez qui porte les espoirs de l’Amérique du Sud dans le dernier carré de l’édition 2010. Mais les Oranje de Wesley Sneijder et Arjen Robben se qualifient pour leur troisième finale après 1974 et 1978.

 

Coupe du Monde 2014 (bilan Amérique du Sud)

Argentine : finaliste contre l’Allemagne (défaite 1-0 après prolongation)

Brésil : demi-finaliste contre l’Allemagne (défaite 7-1)

Colombie : quart de finaliste contre le Brésil (défaite 2-1)

Chili : huitième de finaliste contre le Brésil (défaite 1-1 après prolongation, 3-2 aux tirs aux buts)

Equateur : éliminé au premier tour par la France et la Suisse

Orpheline d’Angel Di Maria à partir des quarts de finale, l’Argentine voit également Lionel Messi pâlir jusqu’en finale où il restera muet, rejoignant les rois maudits du Mondial : Ferenc Puskas en 1954, Eusebio en 1966, Johan Cruyff en 1974, Zico et Karl-Heinz Rummenigge en 1982, Michel Platini en 1986, Paolo Maldini en 1994, aucun n’ayant su assembler son puzzle mondial pour vivre son soleil d’Austerlitz sous le maillot national. Quant au Brésil, privé de Neymar et Thiago Silva en demi-finale, il fut médiocre contre le Chili qu’il battit sans gloire aux tirs aux buts en huitième de finale. Les Chiliens avaient déjà perdu contre le Brésil au même stade de la compétition en 1998 et 2010. Ce fut une victoire à la Pyrrhus pour les joueurs de Scolari, qui avaient déjà puisé dans leurs ressources mentales, se qualifiant ensuite de façon chanceuse contre la Colombie pour le dernier carré. Vivant ce Mondial 2014 avec une terrible épée de Damoclès, les joueurs de Luiz Felipe Scolari ont sombré comme rarement à ce niveau de compétition face à une Allemagne qui méritait un véritable opposant. Menés 5-0 en seulement une demi-heure, tétanisés par la pression et l’enjeu colossal de cette Coupe du Monde 2014 à domicile, les Brésiliens vivent un nouveau cauchemar, 64 ans après la défaite contre l’Uruguay et ce fameux but d’Alcides Ghiggia concédé par Moacir Barbosa, l’homme qui deviendra un bouc-émissaire national pendant des décennies. L’Empire Romain eut la défaite de Cannes en 49 avant Jésus Christ, la France eut Waterloo en 1815 contre l’Anglais Wellington et le Prussien Blücher, l’Italie eut Caporetto en 1917, l’URSS eut Tchernobyl en 1986, les Etats-Unis ont vécu les attentats du 11 septembre en 2001. Le Brésil, lui, aura vécu ce camouflet de Belo Horizonte du 8 juillet 2014, qui le marquera au fer rouge à jamais. A nouveau, le Brésil tombe du Capitole à la Roche Tarpéienne, lui, qui avait eu la mauvaise idée de gagner en 2013 la Coupe des Confédérations, qui ne sacre jamais le futur champion du monde (les Auriverde l’avaient déjà vérifié à leurs dépens en 1998 en France, en 2006 en Allemagne puis en 2010 en Afrique du Sud …). La Colombie, elle, a cédé devant le Brésil avec un James Rodriguez de feu (meilleur buteur du Mondial avec 6 buts) mais sans Radamel Falcao blessé depuis janvier 2014, le Tigre étant par la suite l’ombre de lui-même à Manchester United et Chelsea, loin du redoutable buteur découvert à Porto puis auréolé parmi les meilleurs attaquants du monde avec l’Atletico Madrid et Monaco.

Il n’y a guère qu’aux Jeux Olympiques (Argentine médaillée d’or en 2004 à Athènes puis en 2008 à Pékin) et en Coupe des Confédérations (Brésil champion en 2005 en Allemagne, en 2009 en Afrique du Sud puis en 2013 au Brésil) que la CONMEBOL sauve l’honneur, mais LA compétition majeure du football des nations reste la Coupe du Monde. Ce n’est pas un hasard si le Brésil s’est longtemps désintéressé de la Copa America, avec quarante ans de disette de 1949 à 1989, avant de regagner plusieurs fois en vingt ans tel un ogre affamé : 1989, 1997, 1999, 2004 et 2007 !

Même en Copa America, les deux géants ne sont plus capables d’imposer leur férule : l’Argentine n’a plus gagné dans la zone CONMEBOL depuis 1993, avec plusieurs échecs en finales en 2004, 2007 et 2011 ! Quant au Brésil, son dernier titre continental remonte à 2007. Les deux éditions qui ont suivi ont consacré des outsiders, l’Uruguay en 2011 (confirmant leur Coupe du Monde 2010 réussie en Afrique du Sud) puis le Chili en 2015, les coéquipiers d’Arturo Vidal et Alexis Sanchez légitimant leur superbe Mondial 2014 où ils avaient battu l’Espagne avant de tenir la dragée haute au Brésil sur son terrain … Les échecs répétés des deux ogres d’Amérique du Sud sur leur propre continent avaient sonné le tocsin. Mais nombreux sont ceux, qui à Buenos Aires et Rio de Janeiro, sont restés sourds à ces avertissements répétés.

Reste à comprendre les causes de cet échec, car Brésiliens et Argentins ne sont guère dépourvus de talent individuel quand on regarde de près leurs résultats au Ballon d’Or depuis 2005, où l’Europe est cannibalisée par les deux pays sud-américains, avec des prodiges nourris au nectar et à l’ambroisie, les Lionel Messi, Ronaldinho et autres Neymar, qui émergent naturellement du processus de sélection naturelle théorisé au XIe siècle par Charles Darwin … Il suffit de regarder les podiums du trophée depuis 2005 pour s’en convaincre, les plébiscites récurrents dont Lionel Messi a bénéficié permettent à l’Amérique du Sud de dominer l’Europe 7-4, un Vieux Continent dont l’honneur est sauvé par un prodige venu de Madère, Cristiano Ronaldo, au zénith de sa somptueuse carrière avec le Real Madrid depuis 2009, et qui a rejoint la galaxie des triples Ballons d’Or en 2014, en l’occurrence Johan Cruyff, Michel Platini et Marco Van Basten. Privés de la parole sur la scène du Ballon d’Or jusqu’en 1994 par l’injuste apartheid de France Football, les Sud-Américains n’ont eu de cesse d’avoir le dernier mot depuis 1995 : premiers violons, chefs d’orchestre, métronomes, tous ont eu voix au chapitre face à l’aréopage du trophée, avec Ronaldo (1997, 2002) et Rivaldo (1999) en premiers de cordée, tel un écho à la brèche ouverte par le pionnier de cette ère Europe vs Reste du Monde, le Ballon d’Or 1995 alias George Weah, natif de Monrovia au Liberia, premier pays africain indépendant en 1847 après des siècles de colonisation. A l’inverse, les meilleurs joueurs d’Afrique et d’Amérique du Sud sont venus coloniser l’Europe du football des clubs, par effet boomerang de cet Eldorado économique qu’est le Vieux Continent pour le sport roi.

-  Argentine 5 victoires (Lionel Messi 1er en 2009, 2010, 2011, 2012 et 2015)

-  Portugal 3 victoires (Cristiano Ronaldo 1er en 2008, 2013 et 2014)

-  Brésil 2 victoires  (Ronaldinho 1er en 2005, Kakà 1er en 2007)

-  Italie 1 victoire  (Fabio Cannavaro 1er en 2006)

Mais le talent individuel ne suffit plus, l’alchimie entre le jogo bonito légendaire des Pelé, Garrincha, Zico et autres Socrates et la rigueur défensive n’ayant plus jamais été retrouvé par le Brésil depuis 2002, année où le 3-R (Ronaldo / Rivaldo / Ronaldinho) fit merveille avec cependant deux redoutables défenseurs rompus aux joutes européennes, Cafu et Roberto Carlos. A l’inverse, le Brésil 2.0 de 1994, celui de Carlos Alberto Parreira, ce même Brésil dépourvu de ce supplément d’âme, avait franchi le Rubicon aux yeux des puristes, agacés de voir les coéquipiers de Dunga jouer comme des épiciers, sans panache ni imagination, pour s’en remettre aux étincelles et aux fulgurances du seul Romario, stratosphérique durant cette World Cup américaine … Jouant à l’européenne pour vaincre le signe indien, Parreira avait brisé un totem, et les ratés remarqués de Franco Baresi et Roberto Baggio durant la séance des tirs aux buts avaient sonné les glas de espoirs de la Squadra Azzurra, valeureuse dauphine de la Seleçao en juillet 1994 au Rose Bowl de Pasadena. La clé est donc de ne pas renier cet ADN offensif qui a fait la gloire passé du Brésil, de tirer la quintessence du potentiel individuel des génies en herbe, tout en répondant aux exigences modernes du jeu : physique au diapason, possession de balle, replacements éclairs, bonne gestion des coups de pieds arrêtés, collectif bien huilé et techniquement au-dessus de la moyenne. Car la Neymar-dépendance vue en 2014 ne saurait être un argument pour recevoir de Vladimir Poutine le trophée mondial un jour de juillet 2018 au stade Loujniki de Moscou.

Au pied du mur après la Berezina vécue en 2014 à Belo Horizonte pour un nouveau traumatisme national après celui de 1950, le football brésilien va-t-il enfin descendre de sa tour d’ivoire et revenir à ses fondamentaux ? Il ne faut pas naïvement reprendre ce qui est devenu la madeleine de Proust de tant de fans de football, les arabesques de Garrincha, les dribbles chaloupés de Pelé ou les inspirations géniales de Zico. Non, il faut allier les gladiateurs aux magiciens, et tirer la substantifique moelle du potentiel de chacun, refuser viscéralement la défaite. Sans cette recette en forme d’antidote face aux meilleurs Européens, le Brésil ne redeviendra jamais l’épouvantail qu’il fut entre 1994 et 2002, après un quart de siècle de jachère, de terrible disette dans la nostalgie des années Pelé. Si le Brésil ne fait pas son aggiornamento, sa révolution culturelle et tactique, s’il ne change pas son propre logiciel et ne remet pas rapidement l’église au milieu du village, s’il ne se mue pas après un travail stakhanoviste, jamais le Brésil n’est pas prêt de remonter sur le trône, et personne ne misera un kopeck sur lui en 2018 ou 2022. Condamné à pousser son rocher de Sisyphe, le Brésil passera alors du purgatoire pour descendre en enfer tel un prisonnier des sables mouvants, pour contempler de toute en bas une sixième étoile en forme d’Arlésienne.

Cette traversée du désert, l’Argentine la vit sur le plan mondial depuis 1986 et le titre offert sur un plateau d’argent par un électron libre nommé Diego Maradona. Au Mexique, l’homme avait marché sur l’eau en réussissant la quadrature du cercle avec un niveau de jeu encore supérieur à celui du roi Pelé en 1970, s’attirant les foudres après la main de Dieu mais aussi tous les superlatifs après un but d’anthologie marqué en quart de finale contre l’Angleterre, quelques jours avant un autre doublé marqué du sceau du génie en demi-finale contre la Belgique, puis un caviar décisif pour Jorge Burruchaga en finale contre la RFA, tel le diable sortant de sa boîte au stade Aztec. Tutoyer la perfection était le destin du Pibe del Oro, futur roi de Naples et d’Italie dans un Calcio devenu l’Eldorado mondial du football de clubs. A Diego Armando Maradona a succédé Lionel Andres Messi, longtemps contesté pour son attachement moindre à la cause albiceleste, et pour son rendement inférieur.  En 2014 à Rio de Janeiro, la Pulga aurait pu marquer de son sceau cette Coupe du Mone qui lui tendait les bras. Mais en finale, Manuel Neuer resta la bête noire du lutin argentin, qui rêve déjà de revanche en 2018 en Russie, pour ce qui serait son Everest, son apothéose avant l’inévitable chant du cygne qui viendra tôt ou tard précéder l’inexorable déclin.

Offrir des montagnes russes d’adrénaline ne suffit plus pour triompher en Coupe du Monde, et, autre secret de polichinelle, l’arrêt Bosman a beaucoup affaibli les championnats nationaux d’Argentine et du Brésil, attirant depuis 1995 via un énorme appel d‘air vers l’Europe les successeurs de Zico, Diego Maradona et Romario, Gabriel Batistuta et Ronaldo, pionniers sur le Vieux Continent avec l’Udinese (1983) pour le Pelé Blanc, Barcelone (1982) puis Naples (1984) pour El Pibe del Oro, le PSV Eindhoven (1988) et Barcelone (1993) pour O Baixinho, la Fiorentina (1991) puis l’AS Rome (2000) pour Batigol, le PSV Eindhoven (1994), Barcelone (1996), l’Inter Milan (1997), le Real Madrid (2002) puis l’AC Milan (2007) pour Il Fenomeno … De Rivaldo à Neymar en passant par Cafu, Javier Zanetti, Roberto Carlos, Hernan Crespo, , Juan Sebastian Veron, Deco, Juan Roman Riquelme, Diego Forlan, Ronaldinho, Kakà, Luis Suarez, Lionel Messi, Alexis Sanchez, Radamel Falcao, Angel Di Maria, Javier Mascherano, James Rodriguez, Edinson Cavani, Thiago Silva, Kun Aguero, Philippe Coutinho ou encore Arturo Vidal, tous ont cédé à la tentation des sirènes européennes, en particuliers celles de la Liga et du Calcio.

Mais pour autant, l’Europe reste toujours handicapée par l’incapacité de la Perfide Albion à réformer son championnat d’Angleterre, qui fait la part belle aux clubs tout en hypothéquant d’avance les chances des Three Lions. Affaiblie du côté de ses clubs par le Calciopoli, l’Italie n’a pas su renouveler sa grandiose génération de 2006, Andrea Pirlo et Gianluigi Buffon ayant joué les vétérans en Nazionale. Restent les deux références du Vieux Continent, l’Espagne et son triplé en forme de razzia, avec l’enchaînement inédit Euro 2008 – Coupe du Monde 2010 – Euro 2012 avec un jeu collectif léché calqué sur le grand Barça de Pep Guardiola : possession de balle ultra-majoritaire, technique de velours même sans un grand attaquant digne d’un Leo Messi ou d’un Cristiano Ronaldo, l’Euro 2012 ayant vu la Roja triompher sans buteur digne du David Villa 2010. Enfin, autre Pantagruel au colossal appétit de victoires, l’Allemagne a su pérenniser un cycle vertueux sous l’égide de Joachim Low, mangeant enfin son pain blanc en 2014 après les échecs de 2006 à domicile (demi-finaliste contre l’Italie), de 2008 en Suisse et en Autriche (finaliste contre l’Espagne), de 2010 en Afrique du Sud (demi-finaliste contre l’Espagne) puis de 2012 en Ukraine et en Pologne (demi-finaliste contre l’Italie), dans l’ombre de cette Espagne à l’insolente domination et d’une Italie qui reste une redoutable bête de compétition, et surtout la bête noire de la Mannschaft dans les grands tournois (victoires italiennes en 1934, 1970, 1982, 2006 et 2012, matches nuls en 1988 et 1996). L’Allemagne a su apprendre de ses échecs pour atteindre le sommet en 2014 à Rio de Janeiro. Le sherpa Low a su rester patient avant de sonner l’hallali lors de la campagne brésilienne. Le tour de l’Allemagne était venu, 24 ans après le triomphe romain des coéquipiers de Lothar Matthaus.

Pour l’Amérique du Sud, le mal est plus profond encore chez les clubs car l’exode massif des stars sud-américaines vers le Vieux Continent rend les champions d’Europe presque intouchables pour les lauréats de la Copa Libertadores qui viennent croiser le fer chaque année avec eux au mois de décembre. A moins de chausser leurs bottes de sept lieues ou de vivre une semaine euphorique, les champions de la zone CONMEBOL n’auront plus beaucoup d’occasions de parachever leur titre sud-américain par les lauriers mondiaux. La flèche du balancier penche fortement vers l’Europe chez les clubs, et il y a de fortes chances pour que la situation n’évolue guère, faisant du Mondial des clubs une caverne d’Ali Baba au sésame à sens unique côté européen, un bastion presque imprenable pour les outsiders sud-américains, exception faite d’un exploit majuscule toujours possible, d’un effet underdog inattendu venant briser le monologue du bandwagon, car l’Amérique du Sud a toujours considéré la confrontation interclubs annuelle avec l’Europe comme un rendez-vous incontournable, un passage obligé, un carrefour de vérité, un juge de paix, voire même une chasse au record, tel Boca Juniors se battant à distance avec le Milan AC pour le record de titres internationaux …

Le meilleur exemple de cette nostalgie pour l’âge d’or de la Coupe Intercontinentale est le doublé réussi en  1992 – 1993 du Sao Paulo FC de Tele Santana. En décembre 1992, Rai est à l’apogée de sa carrière. Le cadet de Socrates, figure de proue du club pauliste, bat presque à lui tout seul la Dream Team de Johan Cruyff. Un an après le Barça, c’est l’autre ogre européen qui passe sous les fourches caudines de Sao Paulo, qui a su conserver son titre en Copa Libertadores : l’AC Milan, vice-champion d’Europe derrière l’OM de Tapie et Goethals mais objectivement la meilleure équipe du Vieux Continent en 1993. Un après Barcelone, bien qu’orphelins de Rai parti à l’été 1993 rejoindre ses compatriotes Valdo et Ricardo au PSG, c’est le colosse de Lombardie qui mord la poussière, avec un Leonardo qui dresse la guillotine pour Sao Paulo … Trente ans après l’inoubliable Santos du roi Pelé, un club brésilien restait sur le toit du monde deux années de suite, soulevant de nouveau cet officieux titre suprême dans le ciel de Tokyo. Dans l’ère mondialiste (2005) qui a succédé à la longue période intercontinentale (1960-2004), le Brésil a gardé le titre entre 2005 et 2006. Mais le trophée était parti de Sao Paulo vers Porto Alegre ….

A ce titre, les trois vainqueurs de C1 battus depuis 2005 par les vainqueurs de la Copa Libertadores sont deux heureux lauréats de la Ligue des Champions (Liverpool 2005 et Chelsea 2012) : il serait faux et injuste de les affubler du titre d’imposteurs, mais leurs dauphins respectifs (AC Milan 2005 et Bayern Munich 2012) auraient sans doute mieux représenté la confédération UEFA au rendez-vous des VIP du football mondial. Quant au Barça 2006, il commençait déjà à tomber de Charybde en Scylla, Frank Rijkaard ne tenant plus vraiment son vestiaire soumis à une décompression trop grande, en particulier les cadres Ronaldinho, Deco et Samuel Eto’o. Le contexte Nord / Sud est si favorable aux septentrionaux qu’on les voit mal trébucher face aux méridionaux, que ce soit un Barça qui se succéderait à lui-même (exploit inédit en Europe depuis l’AC Milan de Sacchi en 1989 – 1990) ou un Bayern Munich qui renouerait sous l’égide de Carlo Ancelotti avec ses vieux démons de FC Hollywood, quelques mois seulement après un cadeau d’adieu de Pep Guardiola appelé Coupe aux Grandes Oreilles.

Face à cette Europe qui rêve déjà d’enfoncer le clou sous le ciel moscovite en 2018 puis sous la canicule qatarie en 2022 (sauf si l’omerta se brise à Zurich et que le Mondial part sous d’autres cieux d’ici là), le Brésil réduit en cendres n’a d’autre choix que d’épouser le destin du phénix afin de briser le joug de l’Hémisphère Nord, tandis que l’Argentine se consume d’impatience de voir Lionel Messi aller au bout de sa quête du Graal, lui qui a aussi vu un titre en Copa America rester utopique (en 2007 et  2015). Tout comme Pelé et Diego Maradona, qui n’ont jamais pu imposer leur joug sur le continent sud-américain. Mais les deux grands anciens avaient eu la bonne idée de gagner la Coupe du Monde …

  1. avatar
    2 février 2016 a 17 h 15 min

    En moins de dix ans, le ratio Europe / Amérique du Sud s’est inverse largement au profit du Vieux Continent.
    Les clés sont dans les mains de la CBF, et de Dunga. Soit ils continuent en mode mafia comme sous Ricardo Teixeira, soit ils bâtissent un projet de jeu coherent en vue de 2018.

    Quant à l’Argentine, la presse et l’opinion devraient soutenir Messi plutôt que de lui reprocher de ne pas être Diego Maradona ou d’avoir un Coeur plus catalan qu’argentin …
    Quel dommage pour l’Albiceleste à l’heure où Aguero confirme son potentiel avec City, où Higuain casse tout avec Naples et Dybala éclot à la Juventus.

    Si les deux géants sud-américains continuent ainsi, l’Allemagne, la Belgique et l’Espagne peuvent déjà se frotter les mains en vue de la Coupe du Monde en Russie …

  2. avatar
    3 février 2016 a 19 h 52 min

    Oui, les joueurs talentueux ne manquent pas pour les deux géants sud-américains.

    Est-ce que la passion pour l’équipe nationale est devenue moindre maintenant que le foot de club prend encore plus d’importance via ces clubs “all-star” que sont les grands d’Europe ?

    Je pense que mentalement les sud-américains se sentent à la maison en Europe, dans les clubs, alors qu’avant ils y étaient plus en “mission”.

    Du coup il y a moins de motivation pour l’équipe nationale.

    Bref, ce n’est que ma théorie à 2 roubles (c’est quoi la monnaie au Qatar ;) )

  3. avatar
    4 février 2016 a 15 h 22 min

    Salut Fabrice,

    Plus que le fait de se sentir citoyens en Europe à force d’y passer 80, 90 voire 100 % de leur carrière pro, c’est surtout pour les joueurs Brésiliens et Argentins le fait que la Ligue des Champions XXL est devenue la competition la plus relevée au monde, au detriment de la Coupe du Monde jouée tous les 4 ans et bien plus aléatoire si comme un CR7 au Portugal, on est pas super bien entouré.
    Tandis que jouer au Barça, au Real ou au Bayern, c’est l’assurance à 95 % de gagner la C1 Durant une carrière si on reste plus de 7-8 ans dans 1 de ces 3 grands clubs européens.
    Monstre créé par l’UEFA et le G14, la C1 actuelle écrase tout au niveau médiatique, financier et sportif …

    D’où l’incapacité des clubs d’Amérique du Sud à regagner le Mondial des Clubs, puisque les clubs européens sont renforcés par les meilleurs joueurs venant d’Hémisphère Sud, de Neymar à Messi en passant par Dybala, Aguero, Mascherano, Suarez ou encore Cavani.

    Mais je pense qu’il y a toujours une immense fierté de porter le maillot auriverde et albiceleste.

  4. avatar
    4 février 2016 a 18 h 56 min

    Bien vu Axel pour l’importance prise par la C1.
    Cependant le revers de la médaille est justement qu’elle devient “facile” à obtenir vu que ce sont toujours les mêmes clubs qui la remportent.

    En tout cas j’espère que Messi, Neymar et Ronaldo sacrifieront un peu leur club en vue de se déchirer pour la Coupe du monde, un peu comme Zidane avait fait en 2006.

    Si je me souviens bien il avait levé le pied au Real en fin de saison, avant de déployer ses ailes tel un phénix pendant l’été lors de la coupe du monde, passant à un cheveu (double jeu de mot… chauve + coup de tête) de remporter le prestigieux trophée une seconde fois.

  5. avatar
    5 février 2016 a 10 h 59 min

    Salut Fabrice,

    Romario avait fait pareil en 1994 levant le pied avec le Barça de Cruyff, notamment en finale de C1 contre le Milan AC, où il avait été muselé par Paolo Maldini à Athènes.
    Thiago Silva aussi en 2014 avec le PSG, mais pas avec le meme succes que Romario !

    Pour Messi, Neymar et CR7 on aura une partie de la réponse sur le Mondial 2018 dès cet été.
    Avec la Copa America du centenaire et l’Euro 2016 au programme, on verra où se situent l’Argentine, le Brésil et le Portugal.

    Mais dans l’absolu, c’est l’Albiceleste qui me semble le mieux placée pour le moment en vue de 2018.
    Mais gare aux meilleurs Européens, Belgique, Allemagne, Espagne voire France, Angleterre ou Italie !
    Sans oublier les Pays-Bas qui seront de retour dans l’élite du foot mondial pour 2018, ils ne vont pas se louper deux fois de suite !

  6. avatar
    5 février 2016 a 15 h 21 min

    Mon coup de coeur va aux Belges, j’espère qu’ils seront capable de faire une performance, c’est-à-dire demi-finale. Tous les autres cités sont des habitués.

    Sinon ce serait bien que l’Argentine gagne, ce serait mérité pour Messi. J’espère qu’il sera capable de se transcender afin de porter son équipe sur ses épaules. S’il y a un joueur capable d’accomplir cela, c’est bien Messi. Il faudra juste qu’il soit en top forme, surtout pour les dernier matchs, naturellement les plus importants.

    Mais la question est comment porter une équipe sur ses épaules. Il ne suffit malheureusement pas de se démener comme un diable dans l’eau bénite. Peut-être qu’à ce stade de sa carrière il aura suffisamment d’expérience et de grinta pour le faire.

  7. avatar
    6 février 2016 a 16 h 54 min

    Salut Fabrice,

    Messi est en train de passer au stade supérieur avec Barcelone, en l’occurrence fournir plus de caviars et devenir un leader du vestiaire.
    Le départ de Xavi l’y a aidé, même si Rakitic remplit super bien son rôle au milieu de terrain du Barça.

    A la Pulga de faire de même en sélection, comme Maradona jadis : virtuose / buteur, leader charismatique et uomo squadra, tels Pelé 1970 (même si le brassard de capitaine auriverde était porté par Carlos Alberto au Mexique), Cruyff 1974 ou Maradona 1986.

    Pour la Belgique, c’est le grand vide depuis leur belle décennies des 80s : finale d’Euro en Italie en 1980 perdue contre la RFA, demi de Coupe du Monde 1986 perdue contre l’Argentine au Mexique.

    Certes les Diables Rouges n’ont pas été vernis par l’arbitrage par deux fois, en 1994 contre l’Allemagne (le fameux péno pas sifflé sur Josip Weber + le hors-jeu de Rudi Völler) et en 2002 face au Brésil du 3R (but belge annulé injustement.

  8. avatar
    8 février 2016 a 15 h 48 min

    Merci pour les précisions pour les Belges, j’ai eu la flemme de vérifer leurs exploits passés, mal m’en a pris.

    Je ne connaissais même pas les “autres” demi-finalistes de la CDM 1986… je me souviens seulement de la victoire de la France en quarts contre le Brésil…

    Donc espérons que les Belges atteignent les demies à nouveau, ce qui est une belle performance pour un “petit” pays.

  9. avatar
    8 février 2016 a 18 h 35 min

    Salut Fabrice,

    Oui ils le méritent avec les Hazard, Kompany, Courtois, Witsel, Lukaku et autres De Bruyne.
    Mais leur poule est terrible avec Italie, Suède et Irlande.

  10. avatar
    9 février 2016 a 15 h 58 min

    S’ils ferment les yeux et qu’ils utilisent la Force, il y arriveront.
    Mais c’est vrai que c’est une poule très dense, aucun match pour faire tourner l’effectif, sauf si qualification pliée après les deux premiers matchs.

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