F1 – GP de Belgique : top 5 des courses inoubliables
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F1 – GP de Belgique : top 5 des courses inoubliables

Pays phare du calendrier mondial avec le circuit de Spa Francorchamps, la Belgique a donc accueilli quelques courses mythiques depuis 1950, même si le Grand Prix a parfois émigré à Nivelles ou Zolder.

A propos de Spa Francorchamps, Dan Gurney disait que le toboggan des Ardennes “séparait les hommes des petits garçons”.

Tracé au grand cœur, le circuit wallon est un juge de paix digne de Monaco, du grand Nürburgring ou de Suzuka, où la virtuosité d’un grand pilote peut s’exprimer. Et contrairement au géant de l’Eifel aseptisé depuis 1984 et loin du mythe de la Nordschleife sublimée par Fangio en 1957 ou Stewart en 1968, l’écrin de Spa Francorchamps n’a rien perdu de son caractère exceptionnel après les travaux de 1970. La réduction du développement, passé de 14 à 7 kilomètres, n’a pas entamé la pureté du joyau ardennais, au pays de Jacky Ickx et Thierry Boutsen.

L’Américain Dan Gurney, bien qu’il ne fut jamais sacré champion du monde, était un grand pilote, preuve en est la confidence que lui fit le père de Jim Clark au printemps 1968, à l’enterrement de son fils, l’homme qui venait d’être comparé par Enzo Ferrari en personne à Tazio Nuvolari et Juan Manuel Fangio ! Le père de Jim Clark indiqua à Dan Gurney qu’il était le seul pilote que craignait vraiment son fils, pourtant concurrencé par d’autres rivaux coriaces à l’époque (Graham Hill, Jochen Rindt, John Surtees, Jack Brabham, Denny Hulme ou encore Bruce McLaren) …

-  Spa Francorchamps 1963 (vainqueur Jim Clark sur Lotus Climax) : Le Grand Prix de Belgique 1963 marque un des grands exploits des années 60. Cette année-là, Jim Clark marche sur l’eau,  au sens propre comme au sens figuré. Pour bien comprendre l’hégémonie du fermier écossais en 1963, il faut voir qu’il arrive à au moins 70 % de réussite sur tous les ratios relatifs (victoires, pole positions, podiums, meilleurs tours), ce qu’aucun autre grand pilote n’a réussi lors de sa meilleure année statistique (Fangio en 1955, Senna en 1988, Mansell en 1992, Prost en 1993, M.Schumacher en 2004 ou Vettel en 2013). C’est en Belgique que Jim Clark porte sa domination au pinacle, sur le grand circuit de Spa Francorchamps, majestueux tracé que l’héritier de Fangio a déjà dompté en 1962. A Monaco début 1963, le protégé de Colin Chapman a du s’incliner contre son rival Graham Hill sur des ennuis de boîtes de vitesse. Comme en Principauté, Clark se retrouve ennuyé par sa boîte sur le circuit wallon mais implacable, rien ne peut empêcher son triomphe. Auteur en Belgique d’un cavalier seul dont il avait le secret tel l’Italien Alberto Ascari, Jim Clark va offrir un feu d’artifice sous la pluie, digne du Regenmeister Caracciola dans lse années 30. Son dauphin du jour à Francorchamps est le Néo-Zélandais Bruce McLaren, qui prend la tête du championnat du monde, pas pour longtemps car Jim Clark va écraser à nouveau la concurrence à Zandvoort avec un tour d’avance sur son dauphin, laminant le peloton aux Pays-Bas par un Grand Chelem (pole position, victoire, meilleur tour en course et cavalier seul). L’Ecossais impose encore sa férule à Reims et Silverstone, sonnant le glas des espoirs de la concurrence de briguer la couronne mondiale, dont seul Jim Clark est vraiment digne en cette saison 1963.

o  Pourquoi c’est inoubliable : car le génial Ecossais termine avec un tour d’avance sur ses rivaux, sur un circuit qu’il détestait entre tous, après les décès des espoirs britanniques Alan Stacey et Chris Bristow lors du week-end ardennais en 1960 …

-  Spa Francorchamps 1988 (vainqueur Ayrton Senna sur McLaren Honda) : triple vainqueur à Silverstone, Hockenheim et Budapest, Ayrton Senna est sur son petit nuage lors de l’été 1988. La dernière défaite du virtuose brésilien remonte au Grand Prix de France, sur le circuit de Castellet, bastion d’Alain Prost. Ce dernier compte réagir en Belgique après son abandon britannique et deux accessits derrière l’implacable Senna, également roi des pole positions. Dans les Ardennes, le Pauliste se montre cependant plus fort que Prost en vitesse pure, et la victoire devient rapidement utopique. Doublé par Senna à la fin du premier tour, Prost ne peut que s’incliner devant son coéquipier de McLaren Honda, qui a atteint la quadrature du cercle et tutoyé la perfection tout le week-end durant. Avec sept victoires contre quatre pour Prost, Ayrton Senna touche presque au but de sa vie, la couronne mondiale en F1, espérant rejoindre son idole de jeunesse Emerson Fittipaldi (double champion du monde en 1972 et 1974) et aussi l’ennemi national Nelson Piquet (triple champion du monde en 1981, 1983, 1987) qui le jalouse au panthéon des champions brésiliens. S’attirant tous les superlatifs, Senna espère enfoncer le clou sur l’autodrome de Monza avec une cinquième victoire de rang. Mais le destin se chargera de retarder l’échéance, les Ferrari triomphant par miracle en Lombardie comme un clin d’œil au décès du Commendatore Enzo Ferrari, et Senna devra attendre Suzuka pour coiffer la couronne 1988, après une magnifique réaction d’orgueil de Prost à Estoril puis Jerez.

o  Pourquoi c’est inoubliable : les carottes sont cuites d’après l’expression même d’Alain Prost qui subit la férule de son coéquipier brésilien, tandis que McLaren Honda et son arme absolue (MP4/4) alignent une onzième victoire consécutive record depuis le début de saison 1988, mais ratera le Grand Chelem promis par Ron Dennis après le double échec de Senna et Prost en Italie, dans le fief des tifosi et de la Scuderia Ferrari.

-  Spa Francorchamps 1995 (vainqueur Michael Schumacher sur Benetton Renault) : 16e sur la grille de départ, Schumacher devra faire le dos rond le dimanche sur le toboggan belge où les Ferrari de Berger et Alesi monopolisent la première ligne. Mais dans son jardin, là où il s’est révélé en 1991, là où il a remporté sa première victoire en 1992, l’Allemand va réaliser une démonstration de force. Remontant un à un le peloton, le Kaiser se retrouve en duel face à son rival pour la couronne mondiale, l’Anglais Damon Hill. Sous la pluie, Schumi excelle en pneus slicks mais bloque de façon peu fair-play son duettiste. Véritable gladiateur de la piste, l’Allemand ne cède pas un pouce de terrain mais la manœuvre est à la limite du fair-play. A la fois Docteur Jekyll et Mister Hyde dans ce Grand Prix de Belgique 1995, le pilote de Benetton Renault domine la Williams de son adversaire londonien, qui se retrouve in extremis à devoir doubler la Ligier Mugen Honda de Martin Brundle après une pénalité. 16e au départ, vainqueur à l’arrivée, Schumacher signe une performance de tout premier plan digne d’Alain Prost en 1990 à Mexico (13e sur la grille et vainqueur le dimanche grâce à une impeccable gestion de ses pneus sur l’autodrome Hermanos Rodriguez) même s’il a franchi le Rubicon au niveau de l’esprit sportif.

o  Pourquoi c’est inoubliable : la deuxième victoire du Kaiser dans son jardin ardennais, acquise à la fois avec vice et maestria à l’issue d’une remontée exceptionnelle.

-  Spa Francorchamps 1998 (vainqueur Damon Hill sur Jordan Mugen Honda) : vainqueur à Budapest, Schumacher veut surfer sur la vague rebelle et faire fonder l’avance d’Häkkinen au Mondial. Les vannes célestes se sont abattues sur la Wallonie, et le panache du champion allemand ne demande qu’à s’exprimer sur l’asphalte belge noyée par la pluie. Le premier départ donne lieu à un terrible carambolage, un vrai champ de ruines, avec des F1 en charpie pulvérisées comme des auto-tamponneuses, digne du jeu vidéo Destruction Derby … Au second départ, Häkkinen se fait déborder par Schumacher et se retrouve en tête-à-queue. Orphelin du Finlandais, le Grand Prix de Belgique est promis à l’épouvantail allemand, héritier de Senna dans la caste des intouchables et autres Rainmasters. Mais le Kaiser passe du Capitole à la Roche Tarpéienne après une collision dans le brouillard wallon avec l’autre flèche d’argent, celle de David Coulthard. Finissant sur trois roues dans son bolide écarlate à l’agonie, Schumacher débarque rouge de colère dans le stand McLaren et ne pense qu’à mettre son poing dans la figure de l’Ecossais. Les déboires de l’ogre de Kerpen laissent les Jordan Mugen Honda en tête d’un peloton réduit à peau de chagrin. Damon Hill devance Ralf Schumacher et Jean Alesi dans ce Grand Prix apocalyptique qui marque aussi le premier point d’une Prost Peugeot en F1, signé Jarno Trulli.

o  Pourquoi c’est inoubliable : le plus gros carambolage de tous les temps et l’une des plus grosses déceptions de la carrière du Kaiser (avec Jerez 1997, Silverstone 1999, Spielberg 2002, Indianapolis 2005).

-  Spa Francorchamps 2000 (vainqueur Mika Häkkinen sur McLaren Mercedes) : lauréat à Budapest, Mika Häkkinen débarque à Francorchamps en tant que leader du championnat du monde. Double champion du monde en titre, le leader de Woking sait combien Spa est un circuit qui réussit à son rival allemand, Michael Schumacher qui traverse un été 2000 de jachère, aucune victoire depuis le Canada et trois abandons consécutifs (France, Autriche, Allemagne). Désireux de mettre fin à sa disette, le champion allemand de Ferrari est viscéralement attaché au tracé wallon, avec quatre victoires entre 1992 et 1997. La course part sur les chapeaux de roue et l’Allemand mène rapidement les débats, suivi comme son ombre par le Finlandais. A quelques tours du but dans la montée des Combes, en bout de ligne droite, Häkkinen offre aux téléspectateurs du monde entier des montagnes russes d’adrénaline, et porte l’estocade à Schumacher. Profitant de la présence de la BAR Honda de Ricardo Zonta à qui il prend un tour, Häkkinen fait l’extérieur au Brésilien mais aussi à Michael Schumacher qui se retrouve piégé au freinage. Ce dépassement d’anthologie offre à Häkkinen sa 18e victoire en Grand Prix, et 74 points contre 68 à Schumacher au classement du Mondial 2000. Sans victoire pour la cinquième course de rang, battu dans son fief près de Kerpen, l’Allemand sera rassuré psychologiquement avant Monza par le président de la Scuderia Ferrari en personne, Luca Cordero Di Montezemolo. Avant de boucler la saison 2000 en boulet de canon par quatre victoires consécutives (Monza, Indianapolis, Suzuka et Sepang) et de ramener le Cavallino Rampante sur l’Everest du sport automobile, tel un phénix.

o  Pourquoi c’est inoubliable : un dépassement de très grande classe, l’épisode sinistre de Macao 1990 vengé par Häkkinen dix ans après, le Finlandais échange avec son dauphin du jour quelques mots dans le parc fermé, digne d’un règlement de comptes à ciel ouvert.

En dehors du top 5, on peut citer plusieurs éditions de la manche belge …

En 1964, si le Londonien Graham Hill perdit le Grand Prix de Belgique dans le dernier tour, au profit de son grand rival Jim Clark, le grand perdant du jour dans les Ardennes avait pour nom Dan Gurney. Le pilote américain, éblouissant de classe et de maestria ce jour-là sur le toboggan wallon, possédait 40 secondes d’avance sur Hill, McLaren et Clark à trois tours du terme … Vaincu par une panne sèche, Gurney vit donc un coup du sort sonner le glas de ses espoirs, offrant à Hill une victoire inespérée. Mais le champion du monde 1962 fut victime de la même infortune que Gurney, et laissa les commandes du Grand Prix belge à Bruce McLaren … Le Néo-Zélandais fut cependant dépasse dans les derniers mètres par l’Ecossais Jim Clark, qui remporta une victoire chanceuse qui fit trembler ses rivaux … Meilleur pilote de sa génération, sans contestation possible, comparé aux titans du passé tels que Nuvolari et Fangio, Clark n’avait pas besoin des dieux. Ce jour-là, il avait bu le nectar et l’ambroisie réservés aux douze Olympiens. C’est ainsi que Jim Clark, clé de voûte de l’écurie Lotus, obtint une victoire sur ce circuit qu’il détestait entre tous.

En 1985, par la faute de problèmes  de dégradation de la piste, le Grand Prix de Belgique est reporté du mois de juin au mois de septembre. Entre temps, Spa est endeuillé par la mort le 1er septembre 1985 de l’espoir allemand Stefan Bellof sur une Porsche 956, alors que le pilote de Tyrrell tentait de dépasser Jacky Ickx dans le Raidillon de l’Eau Rouge. En septembre 1985, un as du volant remporte sa deuxième victoire parmi l’élite de la F1, le samouraï Ayrton Senna sur sa Lotus noire et or. Vainqueur en 1985 des manches  d’Estoril et Spa Francorchamps, deux circuits vérité plus que probants, le jeune Brésilien, cocktail inédit de panache, maestria, rage de vaincre, dextérité et virtuosité a frappé les esprits, le voilà propulsé héritier des plus grands stylistes de la vitesse : Bernd  Rosemeyer, Jim Clark, Jochen Rindt, Ronnie Peterson, Gilles Villeneuve … Avec trois titres mondiaux entre 1988 et 1991 et une couronne de meilleur pilote de sa génération, Senna fera plus que justifier ce statut. En 1985, Senna inaugure une sorte de loi tacite de Spa Francorchamps, puisque presque tous les lauréats seront un jour sacrés champions du monde : Ayrton Senna vainqueur en 1985, 1988, 1989, 1990 et 1991 (champion du monde en 1988, 1990 et 1991), Nigel Mansell vainqueur en 1986 (champion du monde 1992), Alain Prost vainqueur en 1987 (champion du monde en 1985, 1986, 1989 et 1993), Michael Schumacher lauréat en 1992, 1995, 1996, 1997, 2001 et 2002 (champion du monde en 1994, 1995, 2000, 2001, 2002, 2003 et 2004), Damon Hill vainqueur en 1993, 1994 et 1998 (champion du monde en 1996), Mika Häkkinen lauréat en 2000 (champion du monde en 1998 et 1999), Kimi Räikkönen vainqueur en 2004, 2005, 2007 et 2009 (champion du monde en 2007), Lewis Hamilton lauréat en 2010 (champion du monde en 2008 et 2014), Sebastian Vettel vainqueur en 2011 et 2013 (champion du monde en 2010, 2011, 2012 et 2013) et Jenson Button vainqueur en 2012 (champion du monde en 2009). Seules exceptions parmi les pilotes ayant gagné en Belgique depuis 1985, David Coulthard (vainqueur de l’édition 1999) et Felipe Massa (lauréat en 2008), mais l’Ecossais de McLaren avait profité de l’absence de consignes de Ron Dennis au profit d’Häkkinen, tandis que le Brésilien avait récupéré la victoire à Spa Francorchamps sur tapis vert aux dépens de Lewis Hamilton. Quant à Daniel Ricciardo lauréat en 2014, sa carrière est encore plus proche du début que de la fin, tandis que le panthéon de Spa Francorchamps attend encore un géant de la F1 à son palmarès, l’Espagnol Fernando Alonso, 2e en 2005 derrière Räikkönen puis en 2013 derrière Vettel.

En 1989, Senna l’emporte sous une pluie apocalyptique. Piégé par Nigel Mansell revenu du diable vauvert, le Brésilien exploite à merveille sa pole position en Belgique tandis que Prost et Mansell se livrent un duel au couteau au pays de Manneken Pis. Malgré les projections d’eau, ni le Français ni l’Anglais ne jouent à l’épicier, se battant aussi âprement que pour une victoire. Malgré tous ses efforts, Nigel Mansell s’incline et sa Ferrari ne se classe que troisième derrière les deux Pantagruels de la F1 à l’appétit colossal de victoires, les deux titans de McLaren Honda, Ayrton Senna et Alain Prost, qui signent un nouveau doublé pour Woking …

En 1991, Ayrton Senna gagne pour la quatrième saison de rang dans les Ardennes mais la sensation du week-end est Michael Schumacher qui débute avec Jordan. Willi Weber et Jochen Neerspach sont parvenus par d’âpres négociations avec Eddie Jordan à obtenir le baquet de la F1 irlandaise en remplacement du pilote franco-belge Bertrand Gachot incarcéré en Angleterre après une altercation avec un chauffeur de taxi londonien. Après un essai à Silverstone, le futurKaiser est validé par l’adjoint d’Eddie Jordan, Trevor Foster. En vacances en Espagne, le patron de l’équipe irlandaise fait signer une lettre d’intention au jeune Allemand issu de la double filière du karting et des voiture de sport via Mercedes, qui espère le récupérer une fois revenue en F1 deux ou trois ans plus tard. Faisant merveille sur le juge de paix wallon, Schumacher éclipse son vieux briscard de coéquipier, l’Italien Andrea de Cesaris, Mozart de la destruction mais pas maladroit volant entre les mains. 7e des qualifications, 4e du warm-up où il se montre plus rapide qu’Alain Prost, le jeune Allemand crève l’écran, tel Ayrton Senna en 1984 en Principauté de Monaco alors noyée sous le déluge, malgré un abandon au bout de 300 mètres le dimanche, embrayage cassé. Briefé par Tom Walkinshaw et Ross Brawn anciens de Jaguar ayant affronté Mercedes et Schumacher en endurance, Flavio Briatore saute sur l’occasion en comprenant que Jordan n’a pas sécurisé de contrat avec ce diamant brut. L’arbitrage demandé par Eddie Jordan à Bernie Ecclestone est une mascarade, puisque le grand argentier, tout sauf objectif, a tout intérêt à favoriser l’émergence d’une star allemande en F1, dans un pays orphelin des héros depuis les titans des années 30, Rudi Caracciola et Bernd Rosemeyer. C’est sur les rives du lac de Côme, à l’hôtel de luxe de Villa d‘Este, ancienne résidence d’été des cardinaux, que les destins de Roberto Moreno et Michael Schumacher s’entrecroisent. Le premier pilotera une Jordan à Monza comme équipier Andrea de Cesaris, le second découvrira le cockpit d’une Benetton comme coéquipier du triple champion du monde Nelson Piquet, qu’il poussera à la retraite en multipliant les performances de premier choix jusqu’à la fin de saison 1991.

1992 marque la première des six victoires du Kaiser Schumacher en Belgique, alors qu’Ayrton Senna rate une cinquième victoire consécutive dans les Ardennes. Auteur d’un péché d’orgueil en restant trop longtemps en slicks, le Brésilien offre cependant un somptueux festival en étant plus rapide que la plupart de ses collègues chaussés de pneus pluie, car le Pauliste tire la quintessence de sa McLaren Honda, et finira cinquième de cette course belge, mal récompensé de son talent et de son panache. Quant au jeune espoir allemand adoubé par la presse comme l’héritier de Senna, il a profité d’une petite erreur pour constater l’usure des pneus de son coéquipier Martin Brundle chez Benetton Ford. La réaction tactique de Michael Schumacher en accord avec son complice Ross Brawn est de changer les pneus pluies pour des pneus secs. Martin Brundle fait de même un tour plus tard,  les Williams Renault de Nigel Mansell et Riccardo Patrese l’imitent respectivement deux et trois boucles après. Mais au tarif de dix secondes de perdues au tour, le jeune Allemand de 23 ans s’est envolé en tête de la course. Exceptionnel de sang-froid sous la pluie, ce qu’il avait déjà montré à Barcelone bien qu’étant la proie d’un chasseur nommé Ayrton Senna, le jeune espoir d’outre Rhin confirme un an après ses débuts fracassants, déjà dans les Ardennes belges, tout le bien qu’on pense de lui … Lauréat en Wallonie, Michael Schumacher écrit la première page d’une carrière qui s’annoncera somptueuse en F1, avec 91 victoires entre août 1992 et septembre 2006, et 7 titres mondiaux, record absolu au panthéon du sport automobile. Au passage, celui qui est devenu la figure de proue de Benetton en 1992 offre à l’Allemagne sa première victoire depuis Jochen Mass en 1975, il est définitivement le successeur de Stefan Bellof.

En 1996, auteur de la pole position sur le Géant des Ardennes qu’il a le handicap de découvrir en tant que rookie, Jacques Villeneuve rate la victoire pour un incident radio qui le pousse à retarder d’un tour son retour aux stands. Michael Schumacher, lui, n’hésite pas et exploite au mieux l’entrée de la voiture de sécurité. L’Allemand offre ainsi à la Scuderia Ferrari sa deuxième victoire de la saison 1996 après celle acquise à Barcelone à la fin du printemps.  Sur le podium où le double champion olympique d’athlétisme Michael Johnson remet les trophées, Jean Todt et Michael Schumacher s’étreignent de façon euphorique, une image qui deviendra banale dans les années suivantes. Le Québécois, lui, a le masque des mauvais jours, il sait qu’il vient de rater une occasion en or de réduire l’écart face à son coéquipier de Williams-Renault, le leader du championnat du monde Damon Hill. Ce dernier, battu en vitesse pure par Villeneuve à Spa se voit définitivement condamné pour 1997 aux yeux de Frank Williams, qui accélère ensuite avec Peter Sauber sur le dossier de son successeur, Heinz-Harald Frentzen, déjà approché par l’écurie anglaise au printemps 1994 après le décès de l’archange Senna à Imola.

Williams et le syndrome de la tour d’ivoire marquent au fer rouge l’édition 1997 du Grand Prix. En pole position, Jacques Villeneuve part en pneus pluie quand le circuit belge est noyé par une averse la demi-heure précédant le départ. Mais Grove a oublié le microclimat qui sévit dans les Ardennes, et cette averse bien éphémère ne va pas modifier surtout que la FIA décide de programmer le départ sous voiture de sécurité. Comme à Monaco début 1997, Williams Renault s’offre une Berezina stratégique qui condamne son leader canadien à une course anonyme dans le peloton, Villeneuve ne remontant à la cinquième place que sur déclassement après course de Mika Häkkinen. Quant à son rival au Mondial, Michael Schumacher, auteur d’une quatrième victoire à Spa, il confirme que le toboggan ardennais reste sa chasse gardée, après une démonstration de pilotage digne d’Ayrton Senna en 1993 à Donington dans les premiers tours. En pneus intermédiaires sur une adhérence précaire, le Baron Rouge a fait merveille et créé un gouffre impossible à combler pour ses poursuivants médusés.

En 2001, loin de l’usure du pouvoir, Michael Schumacher remporte une cinquième victoire à Spa Francorchamps, mais s’offre surtout un 52e succès record en F1, mieux que les 51 victoires d’Alain Prost acquises entre 1981 à Dijon Prenois et 1993 à Hockenheim. La série du Kaiser avait débuté en août 1992 en Belgique, tandis que Prost était devenu recordman en septembre 1987 à Estoril pour son 28e succès en F1, détrônant un certain Jackie Stewart titulaire du record depuis 1987.

En 2007, le Grand Prix de Belgique revient au nouveau cannibale des Ardennes, Iceman alias Kimi Räikkönen mais l’évènement est la passe d’armes au premier tour entre les jumeaux de Woking, Fernando Alonso et Lewis Hamilton qui se livrent un duel fratricide chez McLaren Mercedes. De cet épisode dans le Raidillon de l’Eau Rouge dont l’Espagnol sortira vainqueur, on comprend que le point de non-retour est atteint entre les pilotes de Ron Dennis après l’épisode de Budapest. Volcan en éruption sentant le soufre à outrance, Woking va imploser et tomber de Charybde en Scylla : amende record de 100 Millions de dollars, perte du titre constructeurs sur tapis vert, du titre pilotes à Interlagos, McLaren vivra une fin d’année 2007 horrible. Victorieux pour la troisième fois en Belgique, le Finlandais de Maranello tirera in extremis les marrons du feu de cette lutte qui causera la perte des flèches d’argent. Ironie du destin, Ron Dennis l’avait laissé partir fin 2006 de McLaren pour remplacer le Kaiser Schumacher chez Ferrari. En 2009, Icemanquittera la F1 après une quatrième victoire dans les Ardennes acquise devant la surprenante Force India de Giancarlo Fisichella qui le rejoindra au Grand Prix suivant chez Ferrari en remplacement du suppléant de Felipe Massa, Luca Badoer.

En 2008, Kimi Räikkönen mène toute la course sous la pluie mais part à la faute sur sa Ferrari. Chassé par Lewis Hamilton, le Scandinave perd le bénéfice d’une course superbe. Vainqueur à Spa, le pilote au casque jaune se voit ensuite déclassé à la troisième place. Troisième après une course solide mais sans génie, Felipe Massa est donc déclaré lauréat sur tapis vert dans les Ardennes, tandis que Nick Heidfeld prend la place de dauphin pour BMW Sauber.

Orphelin du Kaiser Schumacher entre 2007 et 2009, le championnat du monde et Spa Francorchamps retrouvent leBaron Rouge en 2010 sous les couleurs de Mercedes. Mais les temps ont changé et l’Allemand ne fait plus la loi dans les Ardennes, puisqu’un quintet se dispute la couronne mondiale les Red Bull Renault de Vettel et Webber, la Ferrari d’Alonso, les McLaren Mercedes de Button et Hamilton. Grand Prix chaotique, l’édition 2010 du Grand Prix de Belgique voit un abandon de Fernando Alonso sur le juge de paix ardennais qui ne lui a jamais souri, tandis que Sebastian Vettel coupable d’une erreur de jeunesse harponne Jenson Button. Emergent donc Lewis Hamilton et Mark Webber, le pilote métis l’emportant pour la première fois à Spa Francorchamps. L’Anglais et l’Australien prennent le large au classement après la manche belge qui lance le sprint final de la saison 2010 suite à la trêve estivale, mais Fernando Alonso et Sebastian Vettel vont ensuite chausser leurs bottes de sept lieues, se partageant les six dernières courses (Monza, Singapour et Yeongam pour le natif d’Oviedo, Suzuka, Interlagos et Yas Marina pour Baby Schumi).

En 2012, Jenson Button l’emporte devant Sebastian Vettel qui profite de la course belge pour refaire une partie de son retard sur Fernando Alonso. Impérial en 2012, l’Espagnol de Ferrari est contraint à l’abandon après une manœuvre dangereuse de Romain Grosjean au départ. Autre victime collatérale de ce strike ardennais, Lewis Hamilton perd également une belle opportunité de victoire en Wallonie. Marre d’être pris pour des boules de bowling, les collègues du pilote franco-suisse lui jettent l’opprobre et lui font sentir que la F1 n’est pas le GP2. Ironie du destin, Alonso sera percuté par une autre Lotus Renault à Suzuka (également au premier tour), celle de Kimi Räikkönen. 18 points perdus en Belgique face à Vettel, 25 autres au Japon, soit 43 points évanouis contre l’Allemand de Red Bull, les regrets de l’Espagnol seront énormes à Interlagos quand il échouera de 3 points dans sa quête du Graal, gagner le championnat du monde 2012 avec Ferrari, lui qui fut pourtant de loin le plus brillant de tous cette saison-là.

En 2014, l’Australien Daniel Ricciardo remporte sa troisième victoire de la saison à Spa Francorchamps, après les succès de Montréal et Budapest. La nouvelle coqueluche de l’écurie Red Bull, catalyseur de Milton Keynes moribond entre la faiblesse du V6 turbo Renault et les difficultés de Vettel à s’adapter au contexte du nouveau règlement, a profité de l’accrochage entre Nico Rosberg et Lewis Hamilton, pilotes de talent placés au cœur d’une cohabitation explosive tant l’écurie Mercedes écrase la F1 en 2014, fort d’une voiture exceptionnelle parfaitement adaptée aux moteurs turbos. L’Allemand de Mercedes a sorti son coéquipier qui est contraint à l’abandon après une course anonyme dans le ventre mou du peloton. Un succès de Nico Rosberg, dauphin de Ricciardo en Belgique, aurait été une victoire à la Pyrrhus tant elle aurait été illégitime après sa manœuvre contre son coéquipier britannique. Mais après un printemps et un été plutôt favorables, l’Allemand voit le vent de nouveau souffler dans les voiles de son rival au casque jaune. Injustement sorti en Belgique du fait de ce coup de Jarnac, défendu par Niki Lauda au sein de l’état-major de Mercedes, Lewis Hamilton devient le favori de la presse et du paddock, ce qu’il justifiera en remportant six des sept courses restantes (victoires à Monza, Marina Bay, Suzuka, Sotchi, Austin et Yas Marina, plus une deuxième place à Interlagos derrière son coéquipier) avant de conquérir sa deuxième couronne mondiale.

  1. avatar
    14 mars 2015 a 11 h 36 min

    Spa Francorchamps fut le circuit fétiche du Kaiser Schumacher et Iceman Raikkonen, également sublimé par Clark et Senna

    Michael Schumacher en 1995 et 2001, Raikkonen en 2005 ainsi que Vettel en 2011 ont réussi le triplé des circuits vérité : Monaco – Spa – Suzuka.

    Raté par Senna de peu en 1988 (erreur à Monaco), 1989 (disqualifié à Suzuka), 1990 (accrochage avec Prost à Suzuka) et 1991 (cède la victoire à Berger à Suzuka).

    Espérons que Fernando Alonso y gagnera un jour, pas en 2015 en tout cas vu la forme médiocre des McLaren en Australie. Woking a-t-elle touché le fond ?

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      16 mars 2015 a 12 h 08 min
      Par Jayce

      Bonjour Axel. Spa est un circuit mythique où il se passe toujours quelque chose de particulier. On ressent surtout l’affection des pilotes pour ce tracé, et ce que représente une victoire sur la tobbogan des Ardennes.

      En 1988, Alain Prost avait tenté de piéger Ayrton Senna. Sachant ses réglages épiés par son équipier, Prost modifia en toute fin de warm-up sa monoplace dans le but d’économiser un peu d’essence. Dans son esprit, il pourrait ainsi revenir sur Senna en fin de course. Ce qu’il manqua. “J’ai tenté quelque chose en réduisant l’appui sur le train avant pour économiser de l’essence. Sur ce plan, ça a fonctionné. Mais la voiture était du coup plus instable et je n’ai pas pu suivre Senna. Il sera champion du monde et c’est mérité. Pour le championnat, les carottes sont cuites. Il me faudrait gagner les quatre dernières courses pour espérer quelque chose.”

      En faisant cette déclaration, le Français veut faire entendre à son rival son renoncement. Mais il n’en est rien, et Prost va brillamment se remettre dans la course pour finalement s’incliner au Japon. A Suzuka, le Pauliste livra une démonstration pour fondre sur un Prost dont la McLaren était affaiblie par un problème de boîte. Finalement, il est bien difficile de départager les deux hommes sur cette saison, l’un remportant le plus grand nombre de victoires (et donc le titre), l’autre inscrivant le plus grand nombre de points. Il ne furent départagés que par la réglementation de l’époque.

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        16 mars 2015 a 14 h 31 min

        Salut Jayce,

        Oui on peut en effet penser que les déclarations de Prost à Spa, tout comme son jeu du chat et de la souris à Monaco début 1988, étaient du bluff vis-à-vis de Senna.

        Car quand on voit comment Prost dépasse Senna au 2e tour à Estoril en septembre 1988, c’est tout sauf un pilote démotivé qui a abdiqué.

        A 280 km/h contre le muret des stands, c’est soit un kamikaze, soit plus sérieusement un pilote qui n’a pas renoncé au titre de champion du monde.

        On verra qui en sera le vainqueur en 2015, sans doute une Mercedes, ils ne feront pas deux fois le coup de l’accrochage qui profita l’an passé à Daniel Ricciardo … Lewis Hamilton avait gagné en 2010 avec Woking, il voudra une 2e fois épingler Spa à son palmarès, tout comme Monaco ou Suzuka où l’Anglais n’a gagné qu’une seule fois également (2008 et 2014).

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        16 mars 2015 a 15 h 11 min

        Pour le fameux règlement de 1988, il était connu de tous donc difficile pour PRost de s’en plaindre.

        Il est vite apparu censé que le pari de Ron Dennis, faire le Grand Chelem, devienne réalité.
        Ce fut utopie à 2 tours près à Monza vec l’invraisemblable collision Senna / Schlesser, même si la légende véhiculée par Prost veut que la panne sèche eut stoppé l’effort du Brésilien avant le drapeau à damier.

        Avant l’Italie, Prost a perdu deux courses bêtement, notamment Hockenheim et Budapest par la faute de départ ratés, sans parler des six points envolés à Silverstone qui n’auraient pas changé son score final (87 points) mais auraient maintenu une avance importante.

        Ce joker lâché par Prost en début d’été 1988 fut terrible psychologiquement, il effaça le gain du bel enchaînement Monaco / Mexico où Prost avait piégé tactiquement Senna avant de le battre en vitesse pure au pays des sombreros.

        Bref, Senna a gagné car plus régulier en qualifications et plus brillant en vitesse pure, point important en 1988 où il fallait gagner plutôt que faire deuxième.
        Le panache a été récompensé et ce n’est que justice malgré le brio de Prost à Monaco, Mexico, Castellet et Estoril. Justice a été faite avec le succès de Senna en 1988, avec l’apothéose de Suzuka à la dramaturgie si intense.

        Tout comme ce n’est que justice que 1989 ait récompensé Alain Prost, bien plus solide psychologiquement tandis que Senna avait fait trop d’erreurs de pilotage (Silverstone), de gestion de course (Rio de Janeiro où il perdit la course au départ, Monza où il géra mal son matériel causant l’abandon du V10 Honda) ou de discernement pur et simple (Estoril avec le cas Mansell qu’il n’était pas obligé de retenir à tout prix derrière lui vu le drapeau noir frappant le Britannique) …

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          17 mars 2015 a 11 h 39 min
          Par Jayce

          Bonjour Axel. Il n’est pas question de se plaindre du règlement, juste de souigner comme il était difficile de départager Prost et Senna sur la saison 1988. Le combat qui a eu lieu entre les deux hommes reste à ce jour unique. Je soulignais juste que dans la configuration du résultat final, c’est le règlement qui put départager les deux hommes. A mes yeux, il est difficile de dire que l’un a pris le pas sur l’autre cette saison-là.

          Pour 1989, je suis d’accord avec toi, Senna a surtout eu du mal à gérer le contexte détestable qui régnait au sein du team de Woking. Plus friable que Prost, il a d’abord craqué psychologiquement dans son duel avec le Français.

  2. avatar
    17 mars 2015 a 13 h 40 min

    Salut Jayce,

    Oui en 1988 Prost est très loin de démériter, je place Senna légèrement devant le Français car ce dernier a connu un gros passage à vide durant l’été avec 5 défaites de rang (GB, Allemagne, Hongrie, Belgique, Italie)

    Mais le Professeur pourrait toujours rétorquer que le Kaiser Schumacher fut un champion méritant en 2000 et 2003, deux saisons où l’Allemand connut des disettes de cinq courses pendant l’été, gagnant à chaque fois au Canada et en Italie, mais avec de terribles difficultés entre Montréal et Monza.

    L’erreur de Prost fut de croire qu’il pourrait gagner comme Lauda en 1984, sur son expérience en laissant Senna parader en vitesse pure. Mais il avait sous-estimé le stakhanovisme du Brésilien, sa propension à vouloir tout contrôler côté moteur et châssis, les aspects tactiques, Senna s’entendant super bien avec Osamu Goto et Gordon Murray, les deux personnes clés chez McLaren Honda au niveau technique en 1988.

    Monaco fut un double choc : en qualif où Senna détruisit Prost, en course où le Français fit la leçon au Brésilien …

    Mais quelle implacable réaction de Senna après Silverstone, quelle maestria à Suzuka sous la pluie avec cette remontée d’anthologie.

    Bref, malgré tout le mérite et la régularité de Prost en 1988, Ayrton Senna fut pour moi un champion du monde légitime car plus méritant que son prestigieux coéquipier.

    • avatar
      17 mars 2015 a 18 h 35 min
      Par Jayce

      Je n’arrive pas à les départager. Au-delà du règlement, il faut souligner qu’il aurait été très difficile pour Senna de reprendre Prost à Suzuka si le Français n’avait pas connu des problèmes de boite de vitesses. Ca n’enlève rien au mérite du Pauliste et à sa maestria, mais j’ai vraiment la sensation que ce championnat fut l’un des plus serrés jamais vécu.

      Le coup de bluff de Spa a failli fonctionner pour Prost. Autoritaire au Portugal et en Espagne, il a également enlevé la dernière manche de la saison en Australie. Dans le money-time, Senna a souffert malgré sa très belle course niponne.

  3. avatar
    18 mars 2015 a 12 h 21 min

    Salut Jayce,

    Oui après tout dépend comment on voit les choses.
    Certains vont considérer qu’il était plus compliqué pour Senna de s’adapter à McLaren, d’autres vont dire qu’il était plus difficile pour Prost de passer du turbo Porsche au V6 Honda.

    Championnat super serré c’est vrai. Prost plus régulier, Senna plus brillant.

    Sur 1989 et 1990, je vote sans hésiter Prost à chaque fois, mais pour 1988 je balance du côté de Senna.

  4. avatar
    25 mars 2015 a 20 h 16 min
    Par FerrariMan

    2008…le duel Hamilton vs Raikkonen…ma rappeler les grands moments des années 70. Dommage que Massa gagne la course sans aucun mérite.

  5. avatar
    26 mars 2015 a 12 h 41 min

    Oui en effet Massa fut un imposteur en 2008, il fut 3e pendant 98 % de la course et il gagne sur tapis vert.

    Heureusement que Lewis Hamilton gagna la couronne mondiale deux mois plus tard à Interlagos.

    • avatar
      26 mars 2015 a 13 h 30 min
      Par Jayce

      Axel, je reconnais là ton amour pour Massa lol!!! Je suis d’accord sur le fait que le Pauliste n’aurait jamais mérité une victoire sur le Tobbogan des Ardennes à la régulière. Mais après tout, ce n’est pas de sa faute si Kimi Raikkonen s’est sorti… Hamilton méritait la victoire mais a commis une erreur de débutant.

      Sur 2008, je place Massa comme champion du monde moral car vaincu sur casse mécanique à Budapest à trois tours du but, là où Hamilton n’a dû ses pertes de points que sur des erreurs de pilotages (Bahrein, Montréal…).

  6. avatar
    26 mars 2015 a 18 h 33 min

    Salut Jayce,

    Oui je ne suis pas fan de Massa ta mémoire ne te trahit point.

    On a toujours débattu sur 2008, Massa vainqueur moral car impeccable à Interlagos dans le money time.

    Mais Hamilton a été le plus fort sur les circuits vérité, Monaco, Silverstone, Spa Francorchamps.

    Massa avait récupéré 2 points à Shanghai de Iceman en contrepartie d’Interlagos 2007 ne l’oublions pas.

    Certes Budapest lui fit perdre 10 points, certes pas de sa faute si Kimi est sorti de la route à Spa.

    Massa fut plus régulier, Hamilton plus brillant. Mais 6 ans plus tard, malgré l’accident du Brésilien en 2009 à Budapest, je pense quand même que Lewis Hamilton a largement légitimé son titre.

    Il est aujourd’hui le meilleur pilote de F1 dans l’absolu derrière Fernando Alonso.

    • avatar
      22 avril 2015 a 0 h 42 min
      Par mwn44

      Je fais un peu le tour de tes articles récent Axel, et concernant Spa 2008 (on en avait déjà parlé pas mal à l’époque, notamment concernant la victoire de Massa), je tiens juste à rajouter que la sortie de Kimi sous la pluie (je précise que la pluie est arrivée à 3 tours de la fin – ton article semble dire qu’il a plu toute la course – et en voulant éviter Rosberg en perdition sur sa Williams à 1 tour, Iceman se met dans le mur sous la pression de Lewis qui avait coupé la chicane auparavant), cette sortie a été une double bénédiction pour Massa. Si Raikkonen gagnait il se relançait totalement au championnat et Massa n’aurait sans doute pas eu la faveur de Ferrari, alors que la hargne de Lewis face à Kimi cette année là à Spa (champion sortant, quand même) montrait bien que Lewis avait désigné lui même son adversaire pour le titre. Un peu trop à Montreal d’ailleurs, où il lui rentre dedans dans les stands, alors que Kimi avait course gagnée ayant un meilleur rythme de course et géré parfaitement la safety car (et il avait aussi vu qu’il y avait un feu rouge à la sortie des stands).

      Bref après Spa, Kimi n’a plus aucune chance d’être titré pour le coup et a essaye d’aider un Massa chanceux à Spa. S’en suit le Crashgate puis Timo Glock en Slic à Interlagos, mais Massa, sur les vrais circuits, n’était pas à la hauteur de Kimi et Lewis (voir de Kubica)… et le palmarès de Lewis donne toute légitimité à sa victoire au championnat 2008 (même s’il méritait peu être plus en 2007 – mais ça m’aurait fait chier pour Raikkonen).

      Tout ça pour dire que je trouve souvent que le plus méritant (des top team, hein, faut pas abuser) obtient la couronne à la fin, même si j’aurais toujours du mal avec les titres de Piquet, celui de Villeneuve, et sans doute Schumacher en 2003 qui bats mes deux poulains, Montoya et Raikkonen (mais bon, au nombre de victoires cette année là – y a quand même pas photo), et à la rigueur celui d’Alonso en 2005 face à des McLaren, qui n’ont pas réussi d’entrée, à optimiser le chassis que Neway leur avait laissé (McLaren ayant quand même enchainé 6 ou 7 victoires de la Hongrie à Suzuka)

      Je parlerai pas non plus en détail de celui de Button en 2009… Si on prend le championnat à partir de la Hongrie à la mi-saison, je crois qu’il est 6e (derrière Vettel, Barrichello, Webber, Raikkonen et Hamilton). Le meilleur épicier que j’ai jamais vu… Tant que ça paye (et il m’a convaincu en 2012, plus qu’en 2009, que c’était un très très bon).

  7. avatar
    23 avril 2015 a 9 h 30 min

    Salut Mwn,

    Button a fait l’épicier en 2009 mais bon il a su profiter du nouveau règlement. Quand on voit comment il a résisté à Hamilton entre 2O10 et 2012, dominé Perez en 2013 et Magnussen en 2014, et pour l’instant se tenir sans être ridicule contre Alonso début 2015, sa couronne avec Brawn GP est tout sauf une imposture.

    Après ce championnat 2009 fut étrange, 6 victoires en 7 courses pour Button, puis que des accessits jusqu’au titre décroché à Interlagos.

    Pour Schumacher en 2003, il a fait parler son expérience là où Montoya a commis des erreurs de jeunesse. le plus méritant était Iceman en 2003 pour moi sur la vieille MP4/17D, Adrian Newey et Woking n’ayant jamais pu lancer la MP4/18 faute de passer le crash test de la FIA.

    Pour Alonso en 2005, il n’usurpe pas son titre même si Raikkonen aurait fait un beau champion du monde aussi.

    Pour Nelson Piquet, pour moi il mérite son titre en 1981 comme en 1987, meme si Mansell est plus rapide que lui chez Williams Honda. Mais le Carioca avait su adapter son pilotage après son terrible accident d’Imola.
    Par contre en 1983 le coup de l’essence non conforme chez Brabham BMW fait tâche alors que Prost et Renault auraient pu l’emporter.

    Sinon Jacques Villeneuve en 1997 grosse imposture, il gagne à Silverstone car double casse de SChumi et Hakkinen, à Budapest car panne de Damon Hill, à Spielberg car abandons de Trulli et Hakkinen, au Nurburgring sur problèmes moteurs des McLaren de Hakkinen et Coulthard.
    Et que de courses ratées à Monaco (noyé sous la pluie), Montréal (mur), Hockenheim (anonyme) ou Spa Francorchamps (mauvais choix de pneus pluie), loin de la maestria du Kaiser qui tirait la quintessence de son bolide écarlate, avant son mauvais réflexe de Jerez …

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