Ferrari et la valse des noms
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Ferrari et la valse des noms

Contrairement à McLaren, Red Bull, Mercedes, Benetton, Renault ou Williams qui utilisent une suite logique, la Scuderia Ferrari renomme chaque année ses F1 de façon différente ... Petit tour d’horizon des monoplaces de l’écurie italienne depuis 40 ans.

FW pour Williams comme les initiales du patron (Frank Williams), MP4 comme préfixe de ses monoplaces pour McLaren, en écho à Marlboro Project Four (Project Four étant le nom de l’écurie de Ron Dennis en F2), RB pour Red Bull, BT jadis pour Brabham (Brabham Tauranac), JS pour Ligier (hommage de Guy Ligier à son ami Jo Schlesser mort en 1968 à Rouen), W comme wagen pour Mercedes, B pour Benetton ou encore R pour Renault, toutes les écuries baptisent leurs monoplaces de façon relativement logique. Toutes, sauf l’irréductible Scuderia Ferrari, qui résiste encore et toujours à l’envahisseur.

1975 : la Ferrari 312T fut sans doute la plus réussi de toutes les F1 dessinées et conçues par ce génie qu’était Mauro Forghieri. Le T n’était pas lié au turbo (introduit seulement en 1977 par Ferrari) mais à sa boîte de vitesses transversale. Avec la 312 T, Niki Lauda remporta son premier titre mondial, tandis que Clay Regazzoni l’emporta à Monza.

1976 : la Ferrari 312T2 offrit à Ferrari un deuxième titre consécutif chez les constructeurs, mais l’accident de Niki Lauda au Nürburgring empêcha la Viennois de garder sa couronne chez les pilotes, les lauriers revenant à l’Anglais James Hunt (McLaren Cosworth) après un duel d’anthologie dans cette saison 1976 qui offrit des montagnes russes d’adrénaline au public, notamment lors de l’épilogue au Mont Fuji pour le Grand Prix du Japon. Pas étonnant que Ron Howard ait porté la saison 1976 à l’écran en 2013 via le film Rush, avec Daniel Brühl étonnant de conviction dans le rôle du pilote autrichien et Chris Hemsworth dans celui de son rival britannique.

1977 : la Ferrari 312T2 vit Niki Lauda gagner son deuxième titre mondial avec notamment un succès à Hockenheim, un an après le Grand Prix d’Allemagne 1976 où il fut grièvement brûlé au Nürburgring. Pilote n°1 aux yeux du management, Carlos Reutemann l’emporta au Brésil.

1978 : la Ferrari 312T3 vit Carlos Reutemann l’emporter à Rio de Janeiro sur le circuit de Jacarepagua, et Gilles Villeneuve décrocher son premier succès parmi l’élite des pilotes, à domicile sur le circuit urbain de Montréal tracé sur l’île Notre-Dame.

1979 : la Ferrari 312T4 gagna six courses, trois avec Gilles Villeneuve (Kyalami, Long Beach, Watkins Glen) et trois avec Jody Scheckter (Zolder, Monaco, Monza) avec en apothéose un doublé en Italie, le jour où le pilote sud-africain fut titré champion du monde 1979, couronne qui marqua le chant du cygne de la Scuderia avant deux décennies de disette dans l’ombre de McLaren et Williams, ses rivales britanniques. Il fallut en effet attendre l’an 2000 et le premier sacre de Michael Schumacher avec Ferrari, via la Dream Team mise sur pied par Jean Todt, pour voir un pilote succéder à Jody Scheckter au panthéon de l’écurie italienne !

1980 : la Ferrari 312T5 fut une des pires monoplaces de l’Histoire de Ferrari, Gilles Villeneuve et le champion du monde en titre Jody Scheckter rentrant bredouille de leur campagne mondiale 1980. Le Sud-Africain termina dernier de son ultime Grand Prix en F1, fin 1980 à Watkins Glen, avant une retraite bien méritée.

1981 : la Ferrari 126CK a gagné deux courses mythiques grâce au brio exceptionnel étalé par Gilles Villeneuve dans les ruines de Monaco puis sur le circuit espagnol de Jarama. Le moteur turbo Ferrari était très bon, mais la voiture manquait de cohérence d’ensemble pour viser le titre mondial, qui se joua entre Nelson Piquet (Brabham Cosworth) et Carlos Reutemann (Williams Cosworth).

1982 : la Ferrari 126-C2B aurait dû propulser Ferrari au pinacle de la F1. Mais Marco Piccinini, dans sa tour d’ivoire, a mal jugé à Imola. Le panneau SLOW fut mal interprété par Didier Pironi qui l’emporta devant les tifosi, tandis que Gilles Villeneuve se sentit trahi par le Français, annonçant off the record au journaliste anglais Nigel Roebuck qu’il ne piloterait plus pour Ferrari en 1983 si Pironi restait à Maranello. Fou de rage, le Canadien n’avait plus sa lucidité à Zolder quand il percuta Jochen Mass en qualifications. Orpheline du virtuose québécois, Ferrari gagna ensuite à Zandvoort par Pironi, dont la carrière s’arrêta sous la pluie d’Hockenheim alors que le titre mondial lui tendait les bras. Remplaçant de son ami Villeneuve qu’il avait connu en Amérique du Nord, Patrick Tambay gagna en Allemagne au lendemain du drame affectant Pironi.

1983 : la Ferrari 126 C3 va connaître le succès avec un tandem français, Patrick Tambay lauréat à Imola du Grand Prix de Saint-Marin (la foule romagnole acclamant la Rossa après l’abandon d’un pilote italien sur l’autodrome Dino Ferrari, en l’occurrence Riccardo Patrese sur Brabham BMW) mais surtout René Arnoux au Canada, en Allemagne puis aux Pays-Bas, profitant de l’accrochage Prost / Piquet pour s’imposer à Zandvoort près des dunes de la Mer du Nord.

1984 : la Ferrari 126 C4 a sauvé l’honneur de Maranello par un succès de son nouveau pilote Michele Alboreto à Zolder pour le Grand Prix de Belgique, dans une saison où McLaren TAG Porsche a tout écrasé (12 succès en 16 Grands Prix pour Niki Lauda et Alain Prost)

1985 : la Ferrari 156-85 gagnera deux courses avec un Michele Alboreto qui sera longtemps le challenger d’Alain Prost pour la couronne mondiale. Vainqueur au Canada, le pilote italien sortira le bleu de chauffe en Allemagne, avec un succès au Nürburgring qui rendra longtemps Enzo Ferrari de ce dimanche euphorique dans l’Eifel à propos de son pilote, qu’il remplacera en vue de 1989 par Nigel Mansell, dernier pilote recruté par la Scuderia du vivant du Commendatore. A signaler que le triomphe d4Alboreto au Nürburgring durant l’été 1985 reste le dernier succès d’un pilote italien dans le cockpit d’un bolide écarlate, aucun autre transalpin n’ayant fait gagner une Ferrari depuis (Gianni Morbidelli en 1991 à Adelaïde en remplacement d’Alain Prost licencié pour ses propos à Suzuka, Ivan Capelli pilote titulaire en 1992, Nicola Larini remplaçant de Jean Alesi durant quelques courses en 1994, Luca Badoer et Giancarlo Fisichella en 2009 comme intérimaires suite à l’accident de Felipe Massa à Budapest).

1986 : la Ferrari F1-86 a terriblement souffert de la férule des Williams Honda et autres McLaren TAG Porsche. En 1986, Stefan Johansson et Michele Alboreto ne gagneront aucune course.

1987 : la Ferrari F1-87 a gagné deux courses grâce à Gerhard Berger. Défait à Estoril sous la pression d’Alain Prost, l’Autrichien, que bien des tifosi comparaient déjà à Gilles Villeneuve, gagna à Suzuka puis à Adelaïde.

1988 : la Ferrari F1-87/88C n’a connu qu’une victoire, le premier succès posthume à feu Enzo Ferrari, le Commendatore étant mort le 14 août 1988. Totalement surclassé par la fabuleuse MP4/4 produite par McLaren Honda, la Ferrari turbo l’emporta par miracle à Monza, Ayrton Senna percutant Jean-Louis Schlesser dans l’avant-dernier tour du Grand Prix d’Italie, empêchant ainsi Woking de réaliser le Grand Chelem (l’écurie de Ron Dennis gagna 15 des 16 courses de la saison 1988). La monoplace 1988 de Ferrari n’était pas mauvaise, mais Gordon Murray avait atteint la quadrature du cercle avec la MP4/4, qui disposait à la fois d’un parfait équilibre au niveau du châssis et d’un surpuissant moteur Honda turbo. C’est pour cela que le chrono de référence de Gerhard Berger lors des essais hivernaux d’Imola (1’29’’9) fut pulvérisé par Alain Prost et Ayrton Senna lors des premiers tours de roue de leur miraculeuse F1 : 1’27’’8.

1989 : la Ferrari 639, victorieusement inaugurée par Nigel Mansell à Rio de Janeiro (Jacarepagua), fut nommé ainsi car elle était le 640e projet de la Scuderia en compétition. Deux autres victoires suivirent lors d’une saison écrasée par l’implacable hégémonie des McLaren, à Budapest (Mansell) et Estoril (Berger).

1990 : la Ferrari 640, héritière de sa devancière, fut conduite à la perfection par Prost. Le gladiateur français planta des banderilles à son rival Ayrton Senna et ne fut pas loin de porter l’estocade. Victorieux à Interlagos, Mexico, au Castellet, à Silverstone et Jerez, le triple champion du monde français domina copieusement son équipier britannique Nigel Mansell, lauréat de la course portugaise à Estoril.

1991 : la Ferrari 641, censée sonner le glas des espoirs de la concurrence, sera en fait le fossoyeur des desseins de Maranello, Prost traitant son bolide écarlate de camion après une anonyme quatrième place à Suzuka, loin des dominatrices McLaren Honda et Willams Renault, intouchables durant toute la campagne 1991 avec Senna, Mansell, Patrese et Berger.

1992 : la Ferrari F92A pilotée par Jean Alesi et Ivan Capelli sera d’une rare médiocrité. Aucune victoire, et un seul podium pour le Provençal, obtenu sous la pluie de Barcelone derrière Mansell (Williams Renault) et Schumacher (Benetton Ford)

1993 : Gerhard Berger remplace Ivan Capelli, Niki Lauda revient au bercail, rappelé par Luca Cordero di Montezemolo (président de la Scuderia depuis 1992), Jean Todt débarque de Peugeot à partir du Grand Prix de France, mais tous ces renforts seront bien insuffisant pour faire de la F93A une monoplace victorieuse. Seul le talent de Jean Alesi, qui court avec panache, offre deux podiums à cette F1 bien imparfaite : Monaco et Monza.

1994 : si elle n’est pas une F1 d’exception, loin de la Williams Renault FW 16 oeuvre d’Adrian Newey ou de la Benetton Ford B194 de Rory Byrne, la Ferrari 412 T1 met fin à la terrible disette qui durait depuis Jerez 1990. Gerhard Berger l’emporte à Hockenheim, tandis que la Scuderia profite du déclin de McLaren pour ravir à Woking la troisième place du championnat du monde, derrière les deux top teams que sont Didcot (Williams) et Enstone (Benetton).

1995 : comme sa devancière, la 412 T2 n’a rien de l’arme absolue mais elle sera également victorieuse, au Canada, où Jean Alesi s’offre le premier et unique succès de sa carrière. A noter que la 412 T2 fut la dernière monoplace de Ferrari avec un moteur V12.

1996 : la Ferrari F310 fut nommée ainsi en l’honneur du premier moteur V10 de la Scuderia qui délaisse son traditionnel V12. Le V10 atmosphérique mis à l’honneur depuis 1989 par Renault et Honda était devenu le standard chez les moteurs de F1. Recrue phare de Ferrari, le double champion du monde allemand Michael Schumacher imposa la F310 à Barcelone, Spa Francorchamps et Monza.

1997 : évolution de la F310, la F310 B fut l’oeuvre de John Barnard mais elle fut revue par Rory Byrne à l’arrivée de l’ingénieur sud-africain en Italie. Outsider numéro 1 du Canadien Jacques Villeneuve, Michael Schumacher faillit battre les Williams-Renault. Le Québécois dut attendre Jerez et le Grand Prix d’Europe pour ceindre la couronne mondiale, le Baron Rouge ayant triomphé cinq fois à Monaco, Montréal, Magny-Cours, Spa Francorchamps et Suzuka. Prodigieux, l’Allemand a alterné les démonstrations de brio et les courses d’épicier, perdant son sang-froid à Jerez pour le money time en Andalousie …

1998 : première F1 100 % créée par le tandem Brawn / Byrne, la F300 fut six fois victorieuse avec Michael Schumacher : Buenos Aires, Montréal, Magny-Cours, Silverstone, Budapest et Monza. Mais le titre de champion du monde demeura utopique une fois encore pour l’Allemand, coiffé sur le poteau par le Finlandais Mika Häkkinen.

1999 : première F1 issue de la nouvelle soufflerie construite par Renzo Piano, la Ferrari F399 fut sacrée championne du monde des constructeurs. Si le titre pilotes échappa une fois de plus à Maranello, Eddie Irvine termina dauphin du championnat où Michael Schumacher se brisa la jambe à Silverstone. La F399 fut six fois lauréate : Melbourne, Imola, Monaco, Spielberg, Hockenheim, Sepang, offrant les quatre victoires de sa carrière à Eddie Irvine, porteur d’eau ingrat congédié par Jean Todt en fin de saison.

2000 : dernière monoplace du siècle, la F1-2000 atteint l’Everest tant attendu depuis 1979 et Jody Scheckter. Malgré deux décennies de disette, l’attachement viscéral des tifosi à la Scuderia ne s’est jamais démenti. Schumacher et Barrichello apportent dix victoires (Melbourne, Interlagos, Imola, Nürburgring, Montréal, Hockenheim, Monza, Indianapolis, Suzuka, Sepang) à la F1-2000, dont neuf pour l’Allemand qui devient triple champion du monde, égalant son idole de jeunesse Ayrton Senna au panthéon de la F1.

2001 : Ferrari poursuit sur sa lancée avec la F2001, enfonçant le clou après son retour au pinacle du sport automobile en 2000. La F2001 gagnera dix courses, neuf en 2001 (Melbourne, Sepang, Barcelone, Monaco, Nürburgring, Magny-Cours, Budapest, Spa Francorchamps, Suzuka) et une en 2002 (Melbourne), le temps que Maranello sorte son dernier chef d’oeuvre.

2002 : monoplace de tous les superlatifs débutant en course au Brésil, la F2002 l’emportera à quatorze reprises en 2002 dont neuf doublés (Interlagos, Imola, Barcelone, Spielberg, Montréal, Nürburgring, Silverstone, Magny-Cours, Hockenheim, Budapest, Spa Francorchamps, Monza, Indianapolis et Suzuka) et à une reprise en 2003 (Imola). Mais la F2002 reste aussi la F1 du scandale, celle du fameux Grand Prix d’Autriche 2002 où Rubens Barrichello, agneau sacrifié au profit de Schumacher, laisse l’Allemand couper la ligne en premier sur le circuit de Spielberg, sur ordre de radio Todt, ce qui provoquera immédiatement le courroux du public.

2003 : initialement baptisée F2003, rebaptisée F2003-GA en l’honneur de Giovanni Agnelli décédé le 27 janvier 2003, cette monoplace sera championne du monde, offrant une sixième couronne des pilotes à Michael Schumacher, et sept victoires à Ferrari (Barcelone, Spielberg, Montréal, Silverstone, Monza, Indianapolis, Suzuka). Patron de FIAT, patriarche de la dynastie Agnelli, président d’honneur de la Juventus Turin, l’Avvocato Agnelli avait acheté des parts de Ferrari en 1969, six ans après l’échec des négociations entre Enzo Ferrari et Ford. Mais contrairement au constructeur de Detroit, le patron turinois avait laissé les rênes de l’écurie au Commendatore …

2004 : avec la F2004, Rory Byrne, Paolo Martinelli et Ross Brawn ont atteint la quadrature du cercle. Une fois de plus sacrée championne du monde (septième couronne pour Schumacher chez les pilotes, quatorzième pour Ferrari chez les constructeurs), la F2004 offre à Ferrari une nouvelle razzia, après une insolente domination à presque toute les courses. Quinze victoires viennent garnir le palmarès de cette F1 à nulle autre pareille : Melbourne, Sepang, Sakhir, Imola, Barcelone, Nürburgring, Montréal, Indianapolis, Magny-Cours, Silverstone, Hockenheim, Budapest, Monza, Shanghaï, Suzuka.

2005 : il faut attendre la F2005 pour constater l’usure du pouvoir enfin avoir raison de l’impressionnante Dream Team constituée par Jean Todt, arrivé en 1993 de Peugeot au moment où Ferrari était creux de la vague. Mais en 2005, Michelin alias Bibendum ne laissera que les miettes de son festin à Ferrari et Bridgestone, vainqueurs aux Etats-Unis dans une parodie de Grand Prix, amputée des écuries chaussées par le manufacturier de Clermont-Ferrand.

2006 : avec la 248 F1, baptisée ainsi en l’honneur de son moteur V8, Ferrari remplace McLaren comme challenger principal de Renault. Clé de voûte des succès de l’écurie italienne depuis 1996, Michael Schumacher effectue son ultime campagne mondiale, à 37 ans, avant une retraite bien méritée. Mais l’Allemand ne gagnera pas de huitième titre, battu par la figure de proue du Losange, le jeune Espagnol Fernando Alonso, qui devient double champion du monde à Interlagos. Mais bien que bredouille dans les deux championnats, Ferrari a gagné plus de courses que Renault : neuf contre huit, s’imposant sept fois avec Schumacher (Imola, Nürburgring, Indianapolis, Magny-Cours, Hockenheim, Monza, Shanghaï) et deux fois avec Massa (Istanbul, Interlagos), opportuniste remplaçant de son compatriote Barrichello.

2007 : copiée par la McLaren MP4/22, la F2007 fut neuf fois victorieuse, forte de son adéquation excellente aux gommes Bridgestone, le manufacturier japonais collaborant avec Ferrari depuis 1999, et plaçant la Scuderia comme son écurie phare depuis 2001. Lauréate à Melbourne, Sakhir, Barcelone, Magny-Cours, Silverstone, Istanbul, Spa Francorchamps, Shanghaï et Interlagos, la F2007 fut championne du monde des pilotes avec Kimi Raikkönen, comblant de bonheur une écurie italienne orpheline du Kaiser fin 2006.

2008 : Iceman démotivé, Massa trop irrégulier pour vraiment concurrencer Lewis Hamilton débarrassé d’Alonso chez McLaren après leur explosive cohabitation de 2007, voilà Ferrari incapable d’offrir à sa F2008 le titre des pilotes. Mais Räikkönen et Massa lui apporteront huit victoires : Sepang, Sakhir, Barcelone, Istanbul, Magny-Cours, Valence, Spa Francorchamps, Interlagos.

2009 : nommée ainsi en l’honneur de la soixantième participation de la Scuderia Ferrari au championnat du monde de Formule 1, la F60 fut un raté exemplaire. Bolide à la performance médiocre, il entérinait le déclin de Maranello, incapable de créer une monoplace compétitive sans la Dream Team Todt / Brawn / Byrne / Martinelli. La saison fut un cauchemar, ponctuée par le drame de Felipe Massa, accidenté à l’oeil à Budapest. Seule la victoire de Kimi Raikkonen à Spa Francorchamps permit à la F60 de sauver l’honneur dans une saison où Luca Badoer fit toucher le fond au Cavallino, par une prestation indigne de la F1 à Valence, à l’occasion du Grand Prix d’Europe, où le pilote italien, essayeur de la Scuderia depuis 1999, remplaçait Felipe Massa au pied levé après que Michael Schumacher fut contraint de déclarer forfait, victime d’une douleur au cou …

2010 : première F1 de l’ère Fernando Alonso, la F10 sera imposée cinq fois en course par le champion espagnol : Sakhir, Hockenheim, Monza, Singapour, Yeongam. Mais si le pilote d’Oviedo réussit l’exploit d’étrenner victorieusement sa Ferrari, comme jadis Nigel Mansell (Jacarepagua 1989) ou Kimi Raikkonen (Albert Park 2007), il ne pousse pas l’imitation jusqu’à gagner la couronne dès sa première saison avec Ferrari, tel Juan Manuel Fangio (1956), Jody Scheckter (1979) ou Kimi Raikkonen (2007). Pourtant, l’Asturien passe fort près du sceptre, battu de quatre point par Sebastian Vettel après l’épilogue d’Abu Dhabi.

2011 : la monoplace 2011 de Ferrari est baptisée F150th Italia en l’honneur du cent cinquantième anniversaire du Risorgimento, l’unité italienne, oeuvre de Garibaldi et de ses chemises rouges en 1861. C’est d’ailleurs le rouge des troupes de Garibaldi, hérité de la légion italienne de Montevideo, qui a combattu pendant la guerre civile en Uruguay en 1843, qui fut à l’origine du rouge utilisé par l’Italie dans les compétitions officielles à partir de 1907, couleur récupérée par la suite par Alfa Romeo et Ferrari. Cette monoplace ne gagna qu’une seule course, à Silverstone, fêtant ainsi le soixantième anniversaire de la première victoire de Ferrari en F1, signée également sur l’ancien aérodrome de la Royal Air Force en 1951 de José Froilan Gonzales, émérite compatriote de Fangio, surnommé le Taureau de la Pampa.

2012 : victorieuse à Sepang, Valence (Grand Prix d’Europe) et Hockenheim aux mains d’Alonso, la Ferrari F2012 ne gagnera pas la couronne, victime du retour en fanfare de Red Bull et Sebastian Vettel, auteurs d’une fin de championnat en boulet de canon.

2013 : victorieuse à Shanghaï et Barcelone grâce à Fernando Alonso, la Ferrari F138 ne gagnera pas la couronne, victime de l’hégémonie de Red Bull Renault et  de son pilote Sebastian Vettel.

2014 : pour la première fois depuis 1993 (année de l’arrivée de Jean Todt à Maranello), la Scuderia ne gagne aucune course, la faute à la Ferrari F14T, monoplace ratée même si le passage aux turbos a bouleversé la hiérarchie en F1, en faveur de Mercedes AMG. Cette saison 2014 est donc un cauchemar malgré une Dream Team de pilotes, avec deux champions du monde, l’Espagnol Fernando Alonso (2005, 2006) et le Finlandais Kimi Räikkönen (2007), de retour au sein du Cavallino Rampante.

2015 : victorieuse à Sepang, Budapest et Singapour grâce à son nouveau champion Sebastian Vettel, la Ferrari SF-15T est celle de la reconquête pour l’écurie italienne.

  1. avatar
    1 décembre 2015 a 13 h 26 min

    Plus que le nom de la prochaine Rossa, la question est de savoir si elle saura succéder à la F2004, dernière monoplace vraiment réussie de Ferrari (la F2007 ayant gagné sur tapis vert contre la MP4/22 certes copiée par Woking grâce à la trahison de Nigel Stepney).

  2. avatar
    2 décembre 2015 a 16 h 37 min

    Moi je trouve ça pas plus mal qu’ils varient les noms des F1.

    Pour la F150th, on peut préciser qu’ils voulaient la nommer F150, mais que Ford s’est manifesté pour faire valoir sa marque de commerce pour le pick-up le plus populaire du monde, le F-150.

    https://en.wikipedia.org/wiki/Ford_F-Series
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferrari_150%C2%B0_Italia

  3. avatar
    2 décembre 2015 a 17 h 49 min

    Salut Fabrice,

    Pour la F150, oui je me souviens de l’Histoire avec Ford maintenant que tu l’évoques, de plus quel raté (erreur en soufflerie)

  4. avatar
    4 décembre 2015 a 17 h 08 min

    Un mot sur le retour du team Renault comme écurie complete en F1 en 2016, le Losange ayant déjà été constructeur entre 1977 et 1985 puis entre 2002 et 2010.

    Cela veut dire que Carlos Ghosn a certainement gagné son bras de fer avec Bernie Ecclestone sur le statut de team historique obtenu par Mercedes en 2010 à son retour, malgré “seulement” 19 saisons (2 en 1954-1955 comme constructeur puis 17 entre 1993 et 2009 comme motorist de Sauber puis McLaren et Brawn)

    Car Renault c’est de 1977 à 2015, pas moins de 33 saisons en F1

    - 18 comme constructeur entre 1977 et 1985 puis entre 2002 et 2010
    - 15 comme motoriste de Lotus, Williams, Ligier, Benetton, Red Bull, en 1986, de 1989 à 1997 puis de 2011 à 2015.

    Qu’on aime pas le Losange, seuls Ferrari et Ford (via Cosworth) ont été plus presents en F1.
    Mercedes et Honda, autres glorieux constructeurs en F1, font moins bien, sans meme parler d’Alfa Romeo, BMW, Porsche, Toyota ou encore Peugeot.

    Après, avec un duo Palmer / Maldonado en 2016, l’écurie de Viry / Enstone ne va pas aller bien loin, il manquera un leader digne de Prost, Senna, Mansell, M.Schumacher, Alonso o uVettel, pour ne citer que les plus grands ayant conduit Renault à la victoire dans le passé.

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