Tony Parker, marche à l’ombre

En passe de décrocher sa quatrième bague de champion NBA, Tony Parker semble pourtant évoluer dans un presque anonymat médiatique du côté de l'hexagone. Quelles sont les raisons de cette quasi indifférence pour celui qui est sans doute le plus grand athlète français en activité ?

Le constat du paradoxe

A l’heure où le peuple français se lamente encore et toujours du comportement des membres de son équipe nationale de football – problèmes de comportement, manque de résultats, absence d’amour pour le drapeau – l’existence d’un personnage tel que Tony Parker devrait susciter et cristalliser l’admiration des masses. Poli, intelligent, patriote : le numéro 9 des Spurs de San Antonio est le gendre idéal du sport français.
De là à stigmatiser une nouvelle fois le monde du ballon rond il n’y a qu’un pas, mais le paradoxe de ce désintérêt pour TP peut être mis en lumière au travers d’autres disciplines; on pourrait ainsi penser qu’un public propre à encenser la qualification en demi-finale de Roland Garros de Jo Wilfried Tsonga pour mieux le fustiger après la défaite ne doit jurer que par la victoire, mais là encore un multiple champion NBA ne semble pas remplir les conditions d’adhésion nécessaires. Thierry Henry lui-même faisait part dans un reportage de l’Equipe – le documentaire “Numéro 9″ – de son incompréhension face à ce phénomène, tant les performances accomplies par TP sont extraordinaires.

Où sont les médias ?

Et si au fond tout cela n’était que la simple conséquence d’une mise en lumière moindre. Après tout, dans un pays où le basket-ball est loin d’être le sport numéro un, le public des profanes ne fait que consommer ce qu’on lui propose sans forcément aller chercher de lui-même l’information touchant à la balle orange. C’est simple : la popularité de Tony Parker parait avoir chuté depuis sa séparation d’avec Eva Longoria, ce qui en dit long sur la couverture médiatique qui lui est accordé.
Pour un amoureux du basket qui a vécu l’apogée de ce sport dans les années 90, cet oubli est aujourd’hui vécu comme un véritable gâchis tant le temps de jeu famélique sur les parquets NBA d’un français comme Tariq Abdul-Wahad (aka Olivier Saint-Jean) était déjà vécu comme un évènement à cette époque. Certes la ligue américaine s’est depuis ouverte sur le monde, mais tous les pays ne peuvent pas se targuer d’avoir un de leur ressortissant à la baguette d’une des meilleurs équipes du monde, et ce depuis ses jeunes années.

Tony l’américain

Mais c’est peut-être là un autre élément du problème : Tony Parker n’est-il pas – au moins pour un peu – victime de sa double nationalité ? N’est-il pas pour les observateurs lointains du basket ce garçon qui a grandi en France mais de père américain et qui est reparti réussir de l’autre côté de l’Atlantique ?
Tout le monde mesure-t-il que TP est le capitaine exemplaire de l’Equipe de France, le seul assez patriote pour toujours répondre à l’appel de son sélectionneur lors des compétitions estivales, quoi qu’en dise son club ? Difficile de répondre précisément à cette question, qui plus est dans un pays en proie à des questions identitaires plus que complexes. Nul n’est prophète en son pays a-t-on coutume de dire.

Quoi qu’il en soit, les San Antonio Spurs joueront cette nuit le sixième match de leur confrontation finale avec le Miami Heat, synonyme d’un possible nouveau sacre pour Tony Parker. Une performance qui méritera peut-être une mention lors du “flash sport” du matin.

  1. avatar
    18 juin 2013 a 22 h 03 min

    Une double page dans l’équipe aujourd’hui, une émission hebdomadaire sur RMC pendant un ou deux ans, un match de gala en sa présence pour lancer la prochaine saison de Pro A…..

    A quel moment considère-t-on que l’anonymat médiatique n’existe plus?

    Parce que je veux bien qu’on me dise qu’on ne parle pas assez de TP, mais tous les articles à son sujet à ce moment propagent exactement cette thèse. Un peu incohérent, à mon sens.

    • avatar
      19 juin 2013 a 9 h 55 min
      Par toto

      Je veux bien l’entendre, mais il faut mesurer à leur juste valeur – audience – les différents médias en question. La diffusion en télévision des matchs de Tony Parker n’a jamais été prise en charge par une chaîne gratuite et même Canal n’offrait plus de magazine ou de match à des heures abordables comme elle avait pu le faire dans les années 90 (matchs les mercredi et/ou samedi après midi).
      Et puis un match de gala c’est énorme, mais encore faudrait-il que la Pro A existe elle aussi médiatiquement. Là encore, c’est une exhibition par et pour les aficionados.

      On ne peut pas forcer les gens à aimer un sport , mais à un moment il faut savoir l’exposer et créer l’envie, et c’est là qu’avoir Tony Parker et ne pas tirer parti d’une telle figure est une hérésie.
      TF1 a beau avoir perdu tous les droits du football, ça ne les empêche pas d’essayer de faire tenir un Téléfoot.

  2. avatar
    18 juin 2013 a 22 h 18 min
    Par Yohan

    Parker est né en Belgique en plus, pas en France ;)

    • avatar
      19 juin 2013 a 9 h 56 min
      Par toto

      Exact, coquille corrigée de ce pas !

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