Hambourg SV : la fin du dinosaure
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Hambourg SV : la fin du dinosaure

Malgré l'extinction des dinosaures il y a 66 millions d'années, il en demeurait encore un qui luttait inlassablement ces dernières années pour survivre. Mais celui-ci n'est plus : Hambourg est relégué pour la première fois de son histoire en 2.Bundesliga.

Ce samedi 12 mai 2018 restera gravé à jamais dans l’histoire du football allemand :  le Hamburger Sport-Verein a connu la première relégation de son histoire. Le HSV était longtemps demeuré le seul club allemand à avoir pris part à chaque saison de Bundesliga depuis 1963. Las, l’horloge du Volksparkstadion qui décomptait le temps depuis lequel Hambourg était présent dans l’élite s’est arrêtée.

Pourtant le club hanséatique avait parfaitement négocié son ultime match en venant à bout du Borussia Mönchengladbach (2-1) grâce à des buts d’Aaron Hunt et de Lewis Holtby. Mais Hambourg n’était pas maître de son destin et a été condamné par le succès 4-1 de Wolfsbourg contre le FC Cologne.

En toute fin de match, des jets de pétard sur la pelouse du Volksparkstadion se sont produits, entraînant une interruption de 15 minutes et l’entrée des forces de l’ordre sur le terrain. Le HSV n’avait vraiment pas besoin de cela. Le champion d’Europe 1983 va devoir se reconstruire pour entamer un nouveau cycle.

Galère permanente depuis six ans

Cependant, la descente aux enfers du HSV ne date pas d’hier. La saison 2011-2012, lors de laquelle le club termine le championnat quinzième et premier non-relégable, marque le début de la fin. Excepté une septième place lors de l’exercice 2012-2013, Hambourg ne va cesser de se faire peur. En effet, les hambourgeois sauveront à deux reprises leur peau lors des saisons suivantes par l’intermédiaire des barrages, respectivement au dépends de Greuter Fürth et du SC Karlsruhe.

En 2015-2016, la dixième place acquise par le HSV est trompeuse puisque le club du nord de l’Allemagne n’avait que cinq points d’avance sur le barragiste qui n’était autre que l’Eintracht Francfort. La saison passée, une entame de championnat catastrophique (aucun succès lors des douze premières rencontres) aurait pu sonner le glas du HSV. Mais le club se sauvera une nouvelle fois et ce grâce à un but décisif du jeune Gian-Luca Waldschmidt inscrit contre Wolfsbourg lors de la dernière journée.

2017-2018, une saison chaotique

Et pourtant, les supporters d’Hambourg voulaient croire en une saison tranquille. Cet exercice 2017-2018 démarra sous de bon auspices puisque le HSV était co-leader de Bundesliga après deux journées grâce à des succès acquis contre Augsbourg (1-0) et Cologne (1-3). Cependant, la machine se grippa rapidement puisque la formation entraînée par Markus Gisdol allait enchaîner une série de huit matchs sans victoire, couplée à une élimination précoce en coupe d’Allemagne contre le VfL Osnabrück, pensionnaire de 3.Liga.

Deux nouvelles victoires à domicile contre Stuttgart (3-1) et Hoffenheim (3-0) n’ont fait que long feu puisque le HSV n’a cessé de s’enfoncer dans le bas du classement. Si bien qu’un énième revers concédé face au FC Cologne entraînera le renvoi de l’entraîneur Markus Gisdol, remplacé sur le banc par Bernd Hollerbach. Hélas, ce dernier n’arrivera pas à insuffler un nouvel élan au club hanséatique et son passage sur le banc hambourgeois s’avère un échec total (aucun succès) comme l’illustre le 6-0 encaissé sur le terrain du Bayern Munich.

Au bout de sept matchs, Hollerbach est supplée par Christian Titz, le coach des U19. Titz va alors relancer des joueurs au placard à l’instar de Lewis Holtby ou faire confiance à de jeunes éléments tels Julian Pollersbeck ou Tatsuya Ito. Ces choix s’avèrent payants puisque Hambourg se relance et se met à croire de nouveau à son maintien en Bundesliga. Des espoirs fortement réduits à l’issue d’une défaite à Francfort qui place le HSV dans une position délicate avant une dernière journée qui lui sera fatale.

De nombreux problèmes extra-sportifs

Dans cette saison noire, l’institution hambourgeoise aura également connu bien des difficultés extra-sportives. Tout d’abord avec des pseudo-supporters. Ces derniers ont au cours de cette saison, en plus des lancers de pétards face à Mönchengladbach, voulu rentrer dans le vestiaire de l’équipe après une défaite contre le Hertha Berlin pour faire la peau aux joueurs. D’autres supporters avaient quant à eux planté des croix funéraires sur le terrain d’entraînement au retour de la débâcle de Munich et des banderoles hostiles ont fleuri comme “Avant que l’horloge ne sonne, nous vous traquerons à travers la ville”.

En outre, après à peine trois mois de fonctions, le président Heribert Bruchhagen ainsi que le directeur sportif Jens Todt ont pris la porte en cours de saison. Décision qui a eue pour conséquence le retour de Bernd Hoffman à la présidence du HSV, poste qu’il avait déjà occupé de 2003 à 2011.

Au désordre administratif se sont ajoutées des divergences au sein du secteur sportif. Le brésilien Walace a été exclu du groupe professionnel par Christian Titz pour avoir refusé de jouer en défense lors d’une rencontre face au Hertha Berlin. Même sanction pour Kyriakos Papadopoulos qui avait ouvertement critiqué les choix de son coach car il n’avait pas été titularisé lors de ce même match. Pour le grec, la punition ne sera que provisoire.

Un club mythique du football européen

Fondé en 1887, le HSV remporte son premier titre de champion d’Allemagne en 1923, suivi de deux autres en 1928 et 1960. Mais le club hanséatique prend une nouvelle dimension à la toute fin des années 70 lorsqu’il s’adjuge un quatrième titre de champion sous la conduite de la star anglaise Kevin Keegan puis en disputant des finales européennes.

Dans un premier temps, Hambourg ne saura pas franchir la dernière marche, autant en C1 (défaite contre Nottingham Forest) qu’en C3 (revers face à IFK Göteborg). Puis en 1983, sous la conduite de ses légendes telles Manfred Kaltz, Horst Hrubesch, Félix Magath ou encore du technicien autrichien Ernst Happel, le HSV remporte la coupe des clubs champions en l’emportant au dépends des stars de la Juventus Turin (Zoff, Platini, Boniek, Rossi…).

Hambourg est le cinquième club le plus titré du championnat d’Allemagne (6 titres) derrière le Bayern Munich, Nuremberg, le Borussia Dortmund et Schalke 04. De plus, il devient le troisième vainqueur de la C1 à évoluer à un échelon inférieur en compagnie d’Aston Villa et de Nottingham Forest.

Quel avenir pour Hambourg ?

Maintenant, le HSV va devoir travailler pied au plancher pour retrouver la Bundesliga le plus rapidement possible. En dépit de la relégation, Christian Titz pourrait rester sur le banc, étant donné sa connaissance de l’institution hambourgeoise. Le président Bernd Hoffmann voudra mettre en place une certaine stabilité qui a cruellement manqué ces dernières années (5 coachs, 3 présidents, 3 directeurs sportifs et 3 directeurs généraux en sept ans !).

Concernant l’effectif de nombreux joueurs pourraient plier bagage. Parmi eux figure Jann-Fiete Arp. Cadre des sélections de jeunes en Allemagne et révélation de la saison du HSV, Arp devrait rejoindre le Bayern Munich suite à la relégation d’Hambourg. Kyriakos Papadopoulos a, quant à lui, décidé de rester dans le nord de l’Allemagne pour mener à bien l’opération remontée. Ce dernier aura pour nouveau coéquipier David Bates, défenseur écossais arrivé en provenance du Celtic Glasgow. Rendez-vous dans un an, pour voir si Hambourg aura réintégré la Bundesliga après être passé par la case 2.Bundesliga.

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