Mathieu Manset (SC Bastia) : “ici, j’ai retrouvé cette joie de fouler une pelouse…”
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Mathieu Manset (SC Bastia) : “ici, j’ai retrouvé cette joie de fouler une pelouse…”

Alors que le Sporting Club de Bastia a failli disparaître du football français à l'intersaison, le club est finalement reparti en Nationale 3 après avoir perdu son statut professionnel. Si tout a changé ou presque, reste une constante : la ferveur. En attestent les 7000 spectateurs présents il y a quelques semaines lors du derby contre "la réserve" du grand rival de l'AC Ajaccio. Tout le peuple bleu n'est désormais tourné que vers un seul et même objectif, retrouver au plus vite les hautes sphères du football français et reprendre le cours de sa très riche histoire. Principal artisan du début de saison, l'avant-centre des Turchinis, Mathieu Manset, débarqué en Corse au mois de septembre et déjà auteur de 10 buts en 9 matchs, nous livre ses impressions. Entretien.

Bonjour Mathieu, pour ceux qui ne te connaissent pas, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Bonjour, je m’appelle Mathieu Manset, j’ai 28 ans et je viens de la région parisienne et plus précisément de Créteil dans le 94. C’est là-bas où j’ai débuté le foot avant de partir au centre de formation de Grenoble à l’âge de 16 ans et j’ai fini ma formation au Havre, dans l’un des meilleurs centres de formation de France. Et je joue actuellement et depuis le début de saison au Sporting club de Bastia, en Nationale 3.

Justement parlons du Sporting. Ce début de saison est très particulier pour le club qui est passé en quelques semaines de la Ligue 1 à la Nationale 3 (5ème division). Comment s’est passée ton intégration du côté de Furiani ?
Effectivement, le club a subi une rétrogradation administrative cet été. Ca a été un gros traumatisme pour tout le monde ici, mais les nouveaux dirigeants se sont donnés les moyens de remettre le club dans le droit chemin, même s’il faut être patient car ça prendra du temps. Au niveau personnel et en ce qui concerne mon intégration, elle a été très rapide, et largement facilitée par quelqu’un que je côtoie depuis l’école de football à Créteil en la personne de Maka Mary – le défenseur central est lui aussi revenu au chevet du club en ce début de saison après avoir participé à la double montée du National à la Ligue 1 sous les ordres de Frédéric Hantz -. Le groupe dans son ensemble m’a très bien accueilli ainsi que les supporters qui sont vraiment très chaleureux et passionnés.

Cela se traduit par tes performances sur le terrain car après seulement 9 matchs avec le Sporting, tu as déjà scoré à 10 reprises, ce qui fait de toi le meilleur buteur du club, et de la poule !
Oui j’en suis à 10 buts après celui de samedi contre le leader Endoume (1-1 à Furiani). Mais sans l’aide de mes coéquipiers pour me distiller de bons ballons, je n’en serai pas là. Je suis un joueur de surface, j’ai donc besoin des autres pour briller.

Comment expliques-tu cette réussite ? C’est déjà la meilleure saison de ta carrière en terme de buts alors qu’on en est à la mi-saison…
Non ce n’est pas ma meilleure saison en terme de buts car j’en avais marqué 14 toutes compétitions confondues avec Hereford United en Angleterre (D4 anglaise) lors de la saison 2010-2011, mais j’espère que ce n’est que partie remise ! Mais la raison de ma réussite actuelle est assez simple. Ces derniers mois, j’ai songé à arrêter le football après une expérience mitigée à Malte la saison dernière dans le club de Hamrun Spartans (D1 maltaise). J’avais perdu cette joie simple de jouer au foot, ce plaisir simple de taper dans un ballon avec 10 collègues, ces choses simples mais si particulières pour lesquelles j’aime tant ce sport. Avant d’être un métier pour certains privilégiés comme moi, le foot c’est d’abord un jeu, un plaisir et j’avais perdu cette notion de plaisir. Depuis que je suis arrivé en Corse et à Bastia, j’ai retrouvé cette joie de fouler une pelouse et de me battre sur chaque ballon. L’environnement autour de moi est saint et je me sens vraiment bien ici, dans ce club et dans cette ville.

Tu as pas mal bourlingué au cours de ta carrière, avec pas moins de 6 pays étrangers à seulement 28 ans (Angleterre, Suisse, Belgique, Bulgarie, Malte et la Chine), tu es un vrai globe-trotter !
Globe-trotter n’est pas le mot juste. Ce sont les aléas du football, les choix que j’ai fait (bons ou mauvais) qui m’ont contraint à beaucoup voyager…

Quelle est l’anecdote la plus croustillante qui te soit arrivée dans toutes ces expériences ?
Ce n’est pas vraiment une anecdote mais je dirais plus que c’est un rêve que j’ai pu réaliser au cours de mes expériences à l’étranger. J’ai eu l’immense honneur de jouer avec une de mes idoles de jeunesse, un attaquant que je prenais pour modèle : Nicolas Anelka. Lors de la saison 2012 -2013, alors que j’appartiens au club de Reading (D2 anglaise), je suis prêté en Chine au Shanghai Shenshua, le club où évoluait Nicolas Anelka. C’était une belle époque et j’ai beaucoup appris de lui lors de mon passage là-bas.

Avec un statut de semi-pro ces dernières années et des expériences plus ou moins réussies, as-tu songé à arrêter le football pour “faire autre chose” de ta vie ?
Comme je l’ai brièvement évoqué un peu plus haut, ma dernière expérience à Malte a mal fini (problème financier du club, pas de salaire pendant plusieurs mois) et je suis rentré chez moi en France. A ce moment-là, dans ma tête, c’était clair : je raccrochais les crampons ! Juste pour le plaisir et m’entretenir un peu, je me suis inscrit dans le club de futsal de ma ville, entraîné un de mes grands frères qui évolue en Ligue 2 de futsal. Mais je ne voulais plus entendre parler de football. Vous connaissez la suite de l’histoire : j’ai été contacté par le Sporting et j’ai décidé d’accepter leur proposition. Pour moi, c’était venir à Bastia et non pas en Nationale 3. C’était une sorte de dernière chance, et aujourd’hui je ne regrette rien, je me retrouve au Sporting avec un mental et un plaisir retrouvés.

As-tu déjà été confronté au problème du racisme au cours de ta carrière ?
Non je n’ai jamais eu ce genre de problème durant ma carrière. Quand je suis sur le terrain, je suis concentré à bien faire mon job.

Dans 20 ans, tu te vois où ?
Pas facile à dire car 20 ans c’est un peu loin, mais sûrement dans le milieu du football à distiller de bons conseils aux jeunes. Je passe en parallèle de ma carrière mes diplômes d’entraîneur, ce serait bien un jour de pouvoir transmettre mon expérience aux plus jeunes.

Niveau foot, que peut-on te souhaiter pour cette 2ème partie de saison ?
De la régularité c’est le maître-mot pour une saison réussie, encore et toujours des buts car c’est pour cela que l’on m’a fait venir à Bastia. Et bien sûr une montée en Nationale 2 à la clé.

Et dans ta vie d’homme ?
De la santé, pour moi et ma famille, ma femme et ma petite fille .

  1. avatar
    9 janvier 2018 a 5 h 29 min
    Par Jerry

    Alors les losers c’est comment la N3 ?

    • avatar
      9 janvier 2018 a 10 h 41 min

      Merci Jerry pour cette belle analyse intellectuelle !

  2. avatar
    11 janvier 2018 a 22 h 00 min
    Par Santu Castigu

    Je sais pas jerry , demande a lewis

Répondre à GeoffreyLieutaud Annuler la réponse.

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