AS Nancy-Lorraine : Au cœur d’une saison ratée dans l’élite
Photo Panoramic

AS Nancy-Lorraine : Au cœur d’une saison ratée dans l’élite

Après une saison rythmée par les incompréhensions et les désillusions, par les moments d’espoirs et de bonheurs, par les instants de tristesse et de colère, l’AS Nancy-Lorraine est désormais fixée sur son sort : pour elle, c’est le retour à la Ligue 2. Et maintenant, qu’en est-il ?

Nancy retrouve la deuxième division avec son lot de doutes et d’incertitudes. Quoi de plus typique pour un club de Ligue 1 qui est contraint de retrouver les joutes de la deuxième division avec des clubs qui se battent pour leur survie dans le monde professionnel. Sans leur manquer de respect (loin de là), les Bourg-en-Bresse, les Châteauroux, les Quevilly-Rouen… sont des clubs qui ne font pas rêver les foules. Beaucoup de spectateurs venaient à Marcel-Picot admirer l’ASNL ainsi que son adversaire du soir. Mais maintenant que le PSG, l’OM ou encore l’AS Monaco ne sont plus du monde de l’AS Nancy-Lorraine, tout ce public de passionnés ne vient plus au stade avec la même envie. Peut-être qu’ils ne viendront plus du tout ? Cela reste encore bien possible. Malgré une première journée intéressante au niveau des réabonnements (350 abonnements en une seule journée), rien n’indique encore que l’ASNL connaîtra les mêmes influences que lors de sa dernière apparition en Ligue 2. C’est un constat que tout le monde fait à cette période de l’année. La prochaine saison risque d’être complexe pour l’AS Nancy-Lorraine…

Qu’ils soient attachés de près ou de loin à l’AS Nancy-Lorraine, tous les spectateurs de Marcel-Picot ont été touchés par la descente en Ligue 2 lors de cette ultime journée de championnat. Après un match abouti face à une équipe de l’AS Saint-Etienne déjà en vacances, tous n’avaient qu’une seule envie : voir une victoire bordelaise au Moustoir face à Lorient. Mais les dieux du football en ont décidé autrement. Après quatre-vingt-dix minutes intenses lors de cette 38ème journée de championnat, le constat est lourd pour les Nancéiens avec cette relégation à la clef. La faute à une trop longue période de disette de point, à un coaching parfois douteux et à des décisions présidentielles, compréhensibles certes, mais incohérentes avec la politique d’un club de première division. Beaucoup de supporters ont crié au scandale après le rêve éphémère que représente la vente avortée du club en fin d’année 2016. Il y a maintenant sept mois de cela, Jacques Rousselot faisait part de ses intentions de vendre son club à un conglomérat sino-canadien. Le marché semblait intéressant à première vue : augmentation du budget global, possibilité de racheter le stade Marcel-Picot,… Mais la charge été sans doute trop grande pour que le marché soit définitivement conclu. Le président émérite du club au chardon avait déclaré aux micros de RTL que les intentions du conglomérat étaient d’atteindre la Ligue des champions dans les trois ou quatre ans. Est-t-il sage de parler d’une telle chose alors que le contrat n’était pas encore signé ? Les semaines ont défilé, sans nouvelles des représentants de la partie adverse. Jacques Rousselot été dans l’obligation d’attendre la réponse définitive du futur repreneur. Les mois passèrent, sans réponse aucune. Rousselot a même fait part de sa colère sur les ondes car pour lui : une telle attente n’est pas respectable. Au final, l’accord de vente est devenu caduque. Le 30 novembre au soir, à la suite de la victoire de l’ASNL face au FC Metz, Jacques Rousselot l’a annoncé officiellement à la presse : « On a repris chacun notre liberté et point-barre. Ça veut dire qu’aujourd’hui, Jacques Rousselot est à la tête de l’ASNL, il continue à diriger l’ASNL de la façon dont il l’a dirigée depuis 23 ans. Et il va peut-être continuer quelques mois ou quelques années. Je n’en sais rien. La vie réserve bien des surprises donc je ne peux pas vous dire de quoi sera fait demain. » Imaginez donc la déception des supporters après cette déclaration ! Certes, certains étaient rassurés, mais beaucoup paraissaient inquiets et déçus. La concrétisation de cette vente aurait permis un nouveau souffle pour l’ASNL. Au final, ce sont les ultras messins qui s’en frottent les mains ! Ils sont se réjouis en entendant cette annonce. Les choses s’en sont allées en se dégradant au moment d’aborder le mercato hivernal. Les supporters nancéiens ont été surpris d’apprendre cette triste nouvelle : Clément Lenglet (21 ans – défenseur central) a pris la décision de quitter l’ASNL dès cet hiver. Jusqu’ici, il faisait les beaux jours de son club formateur. Certes ses interventions étaient loin d’être académiques, mais il faisait la joie de nombreux spectateurs. D’après certains médias régionaux, le joueur s’entraînait seul lors de ses derniers moments en Lorraine. Le FC Séville a remporté la mise en déposant le total de cinq millions d’euros sur la table. Une somme qui est une véritable aubaine pour l’ASNL. L’occasion été trop belle : le club aurait pu faire venir de nouveaux joueurs à Nancy. Après quelques discussions avec Steven Fortes (25 ans – défenseur central au Havre AC), Jacques Rousselot a décidé de clôturer le marché des transferts nancéien. Seul renfort cet hiver : Alexis Busin (21 ans – ailier droit). Le jeune ailier nancéien est revenu de Clermont à la suite d’une période de prêt pas vraiment réussite en Ligue 2. Pablo Correa avait insisté sur l’importance de le relancer. Il n’en fut rien : Busin n’a été titularisé que deux fois lors de la phase retour, la faute à un désaccord qui l’a opposé au coach franco-uruguayen. Beaucoup ont crié au scandale après ce mercato raté. Certains supporters ont déclaré que c’était Paul Fischer, le responsable de la cellule de recrutement, le principal fautif lors de cette saison. Le directeur général adjoint n’aurait pas fait venir les bons joueurs pour permettre le maintien de l’ASNL en Ligue 1. Cette idée n’est pas totalement fausse. A l’image de Christophe Mandanne (32 ans – attaquant) et Anthony Koura (24 ans – attaquant), certains joueurs de l’effectif n’ont pas eu la détermination nécessaire pour aider le club à atteindre son objectif. Jacques Rousselot l’a d’ailleurs fait remarquer à multiples reprises pendant les derniers instants de la saison. Une constatation qui vient bien trop tard malheureusement… Les choix stratégiques du président sont discutables. Pour beaucoup, cette saison 2016-2017 a été la saison de trop pour lui. Le « paroxysme » de cette saison ratée a sans doute été la candidature de Jacques Rousselot à la présidence de la FFF. Une campagne riche en temps et en argent. Le président a avoué que cette campagne lui prenait pas mal du temps, mais cela ne l’empêchait pas d’être aux petits soins pour son club, comme cela est le cas depuis plus de vingt ans. Noël Le Graët a remporté assez facilement cette élection. Le bilan de son dernier mandat a parlé en sa faveur. L’annonce de cette déroute a été faite le 18 mars. Cette date est particulière dans les esprits des Nancéiens car c’est le jour où l’ASNL s’est inclinée cruellement face à Lorient dans une rencontre totalement folle (2-3). L’après-match a été rythmé par les incompréhensions et les excès de colère. La gueulante de Correa dans les vestiaires de Marcel-Picot a fait le tour des réseaux sociaux et des émissions sportives. Sergey Chernik (29 ans – gardien) a été la principale victime du coach en colère. Il n’y a rien de tel pour les journalistes qui s’en sont donnés à cœur joie dans leurs publications. A partir de ce moment précis, la dynamique nancéienne a totalement basculé. L’ASNL a concédé un nombre important de défaite lors de cette période. L’équipe n’est pas parvenu à vaincre ses concurrents directs tels que Caen, Angers ou encore Dijon, le dernier en date. Une victoire à Gaston-Gérard et les Nancéiens pouvaient encore espérer le maintien. Dans leur malheur, ils avaient encore la possibilité d’arracher une place pour la prochaine saison dans l’élite. Finalement, cette place a été attribuée aux Dijonnais (2-0). La dernière victoire de la saison face à Saint-Etienne restera anecdotique. L’année du cinquantenaire restera une année noire pour le club lorrain.

Cependant, comme l’a souligné si justement Jacques Rousselot le lendemain de la relégation : « tout n’est pas à jeter aux orties ». La mise en place d’une nouvelle pelouse hybride laisse présager un certain renouveau pour l’AS Nancy-Lorraine. Les adversaires ne craindront plus le club nancéien seulement pour son synthétique usé. Désormais, la surface hybride permettra sans doute de faire venir des joueurs d’un autre standing. Mevlüt Erdinç, Milan Biševac et Renaud Cohade, tous partis à Metz par la suite, ont refusé les avances de Nancy en partie à cause du synthétique. Ainsi, les joueurs présents actuellement à Nancy pourront parfaire leur jeu dans de meilleures conditions que lors de la dernière saison en Ligue 1. Les révélations nancéiennes de cette saison, telles que Faitout Maouassa, Joffrey Cuffaut, Tobias Badila, Youssef Aït Bennasser ou encore Issiar Dia, auront désormais le plaisir d’évoluer sur une surface bien plus propice au beau jeu, que cela soit à Nancy ou ailleurs. Au cours de cette saison, ils ont été les artisans de cette belle dynamique nancéienne amorcée lors des derniers mois de l’année 2016. Entre octobre et janvier, l’ASNL a eu un bilan honorable de neuf victoires, quatre nuls et six défaites. Pendant cette période, les Nancéiens ont signé six victoires consécutives à Picot, dont le fameux 4 à 0 face au rival messin le 30 novembre dernier. Les six défaites ont eu lieu face aux cadors de Ligue 1 : le Paris Saint-Germain, l’Olympique de Marseille ou encore l’AS Monaco. N’oublions pas ce fabuleux parcours en Coupe de la Ligue. Un promu qui réussit à se hisser jusqu’en demi-finale : cela restera tout de même dans les mémoires. C’était la quatrième fois de son histoire que l’AS Nancy-Lorraine parvenait aux demi-finales d’une coupe nationale. Après s’être défait du Stade Malherbe de Caen (4-2), de l’AS Saint-Etienne (0-1) et du FC Nantes (0-2), l’AS Nancy-Lorraine s’est ensuite retrouvée à Louis II pour disputer une demi-finale de coupe où elle ne partait pas du tout favori. Une goulette du gardien Guy-Roland Ndy Assembé a propulsé les Monégasques en finale face au PSG. Pendant de longues minutes, les Nancéiens ne sont pas parvenus à inscrire le but de l’égalisation.

L’attaque est d’ailleurs devenue le problème numéro un de cette formation nancéienne. Avec l’une des pires attaques de tous les championnats européens avec vingt-neuf buts inscrits, l’AS Nancy-Lorraine ne pouvait que compter sur la meilleure défense de Ligue 2, promotion 2015-2016. Une chose qu’il ne fallait pas prendre à la  légère. Le bilan est désormais proche du désastre. Il s’agit de retrouver une place en Ligue 1 au plus vite. Pablo Correa a été maintenu à ses fonctions. Jacques Rousselot semble en bonne voie pour continuer à diriger le navire ASNL. La plupart des supporters est  toujours aussi fâchée. Cependant, il ne s’agit pas seulement de revenir au passé : il faut désormais se tourner vers le futur. La prochaine saison de Domino’s Ligue 2 s’annonce déjà difficile et périlleuse. Tout le monde devra être présent pour permettre un sursaut d’orgueil en Ligue 2, y compris les supporters. Le mercato d’été qui s’annonce risque d’être important, même décisif. Qui restera, qui partira : les questions que nous nous posons actuellement auront bientôt des réponses… dès les premières rencontres de Domino’s Ligue 2, version 2017-2018 !

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