Brésil : Quel coach pour reconstruire ?
Photo Panoramic

Brésil : Quel coach pour reconstruire ?

La démission de Scolari n'était une surprise pour personne après l'échec du Brésil lors de sa coupe du monde. La reconquête du jeu et du public va connaître sa première étape avec le choix du nouveau sélectionneur par la fédération brésilienne. Cette décision sera suivie de près, et donnera des premières indications sur l'avenir de la sélection qui devra rapidement se tourner vers les futures échéances. Tour d'horizon des enjeux et des possibles successeurs de Felipao.

C‘est toujours comme ça, il y a d’abord le choc, l’incompréhension, et puis le temps des interrogations. En demi-finale de sa coupe du monde, le Brésil a sombré et, dans sa chute, a entraîné son sélectionneur, Luiz Felipe Scolari, le même qui avait emmené le Brésil sur le toit du monde en 2002. Scolari, homme de mission, pas le plus grand des tacticiens mais un meneur d’hommes, n’aura pas fait de miracles avec un effectif trop limité et inexpérimenté et des idées d’une autre époque. Trouver un nouveau sélectionneur, voilà le prochain objectif de la fédération brésilienne, et cela a des airs de casse-têtes.

Les questions à se poser côté brésilien sont nombreuses et témoignent de l’ampleur du chantier qui attendra le nouvel homme fort. Le Brésil doit-il s’inscrire dans le court terme ou le long terme ? En clair : quel est le prochain objectif fixé pour la sélection ? La Copa America 2015 ou la Coupe du monde 2018 voire 2022 ? Le peuple brésilien acceptera-t-il un nouvel échec l’été prochain, et fallait-il clamer dès la fin de Brésil-Allemagne une victoire en 2018 comme l’a fait Pelé, alors que l’on peut légitimement avoir des doutes sur la réussite de la phase de qualifications vu la concurrence en Amérique du Sud et le niveau de jeu affiché par la Seleçao. Un événement pourrait être un objectif intelligent et reunificateur pour la fédération, il s’agit des Jeux Olympiques 2016. D’une, parce que les Jeux se déroulent à la maison et que ce serait une manière de se réconcilier avec le public; de deux, parce que c’était un objectif clairement affiché en 2012 et que ce fut, là aussi, un espoir déçu (finale perdue 2-1 contre le Mexique) dans ce tournoi encore jamais remporté ; de trois, parce qu’il pourrait permettre de construire une équipe de jeunes, encadrés par 3 joueurs de plus de 23 ans, et de préparer une bonne base pour, si ce n’est 2018, au pire 2022 ; de quatre, parce que le Brésil en a à première vue les moyens vus les résultats affichés par son équipe U20. Le peuple brésilien pourrait trouver son bonheur dans une médaille d’or, et ainsi se réconcilier avec son équipe. Autre question : le Brésil doit-il continuer avec les mêmes joueurs ? A priori, oui, le problème n’était pas tant individuel, mis à part en attaque. Le changement devra être tactique et psychologique, avec des apports intelligents et réfléchis de jeunes joueurs, et la fixation d’objectifs en fonction des moyens. Enfin, va-t-on revoir du jeu côté brésilien? On le saura avec le nom du nouveau sélectionneur, mais pas sur que les carences défensives vues tout au long du tournoi et notamment lors des deux derniers matches, ainsi que le profil des joueurs actuels soient propice à faire de la future Seleçao un laboratoire d’un jeu léché et offensif.

Selon les premières informations et en accordant plus ou moins de crédit à certaines possibilités, on peut dresser une première liste des candidats au poste de sélectionneur de l’équipe brésilienne.

La piste privilégiée pour l’instant concerne Alexandre Gallo, possiblement accompagné du champion du monde 2002 Roque Junior, pour un poste d’intérimaire jusqu’à la fin de l’année. Agé de 47 ans, Gallo entraîne actuellement l’équipe du Brésil U20, avec qui il a remporté le tournoi de Toulon en 2013 et 2014. L’ancien assistant de Vanderlei Luxemburgo est donc un homme interne à la fédé. Celle-ci se laisserait donc le choix de la réflexion, mais montrerait aussi qu’elle ne ferait pas de la prochaine Copa America son objectif principal en ne laissant que 6 mois au futur sélectionneur pour préparer son équipe. Rien ne dit non plus que Gallo ne convaincra pas la CBF de le garder. Ce serait alors le choix de la jeunesse, aussi bien au poste de sélectionneur que pour l’équipe, et d’un sélectionneur qui privilégie la possession de balle et un jeu d’attaque.

L’autre nom qui revient avec insistance est celui d’Adenor Leonardo Bacchi dit Tite. Inconnu en Europe, c’est l’un des meilleurs entraîneurs de la Serie A brésilienne, autant connu pour sa gouaille que pour ses succès : vainqueur de la coupe du Brésil en 2001 avec le Gremio, de la Copa Sudamericana en 2008 avec l’Internacional Porto Alegre, et surtout du championnat brésilien en 2011 et de la Copa Libertadores et de la coupe du monde des clubs en 2012 à la tête des Corinthians. Plus tacticien et charismatique que Scolari et sans complaisance vis-à-vis des vedettes, il tient actuellement la corde. Mais son jeu a pour réputation d’être assez défensif, proche de ce qu’a produit Dunga entre 2006 et 2010, avec une volonté de contenir et de contrer, dans l’esprit de ce qu’a pu faire l’Argentine lors de la coupe du monde. Un autre entraîneur du campeonato pourrait aussi s’asseoir sur le banc, il s’agit de Muricy Ramalho, 4 fois champion du Brésil, et vainqueur de la Copa Libertadores en 2011 avec Santos et Neymar sous ses ordres. Déjà pressenti en 2010 par la CBF, son club de l’époque, Fluminense, ne l’avait pas laissé partir. Mais Ramalho est un homme de polémiques, en froid avec les journalistes, aux méthodes parfois critiquées et possédant un égo assez prononcé. Pas un homme de consensus donc. Sauf qu’il soutient apparemment publiquement la candidature de Tite.

Le quatrième nom brésilien qui revient avec insistance est celui de Leonardo. L’ancien directeur sportif du PSG et entraîneur de l’AC Milan et de l’Inter Milan a été approché mais, aux dernières nouvelles, pour le poste de coordinateur, qu’occupait jusqu’ici Parreira, ou celui de manager. Difficile en effet de voir dans l’expérience courte de coach de Leonardo le profil convaincant pour un poste aussi important.

Reste la piste d’un entraîneur étranger que José Maria Marin, le président de la CBF, n’a pas pleinement écarté. La Seleçao n’a connu que deux étrangers sur son banc en 100 ans d’histoire : Joreca, un portugais en duo avec Flavio Costa en 1944 pour deux matches, et Filpo Nunez en 1965, argentin (oui, un argentin!) pour un match. Ce serait donc un véritable choc culturel, mais les brésiliens sont prêts, alors que tout les joueurs jouent quasiment sur le vieux continent, à voir un entraîneur européen ou européanisé sur le banc.Une fois la fantaisie Mourinho écartée, il est difficile de trouver des profils convenables au poste de sélectionneur le plus observé au monde. Un portrait-robot serait un entraîneur expérimenté, qui a déjà remporté des titres et possiblement entraîné une sélection, à l’identité de jeu marquée, capable de s’adapter rapidement au Brésil et aux  joueurs, pouvant garder un oeil à la fois sur l’Europe et la Serie A et prêt à répondre aux attentes des supporters et de la fédération. Peu d’entraîneurs y répondent, et encore moins accepteraient. C’est le cas de Manuel Pellegrini, l’entraîneur chilien (un sud-américain à la tête du Brésil entraînerait sûrement l’ire populaire lors de sa nomination) de Manchester City, qui aurait refusé l’offre de la CBF.

Ces refus à répétition devraient faire de Tite le successeur de Scolari. Les mêmes joueurs seront sûrement appelés et le joga bonito ne devrait pas faire son retour, mais on parle ici d’un expert dans le redressement de situations difficiles. Bref, la fédération devrait faire appel à un homme de mission comme l’était Scolari. Seul le duo Gallo-Roque Junior pourrait venir perturber ce destin peu reluisant pour les amateurs de football-samba. Mais le Brésil n’a aujourd’hui qu’un souhait, effacer le souvenir douloureux de Belo-Horizonte et ne plus jamais connaître de telles humiliations. Il faudra avant tout gagner. De n’importe quelle manière.

  1. avatar
    27 juillet 2014 a 11 h 04 min

    Et finalement c’est Dunga qui revient 4 ans après son échec de 2010… Bonne idée ??

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Retrouvez Your Zone sur

Compatible Smartphone & Tablette

Iphone & iPad

Abonnez-vous à la Newsletter