« Vikingar » ou les Vikings d’Islande
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« Vikingar » ou les Vikings d’Islande

L’Islande est devenu le plus petit pays à atteindre les phases finales d’une compétition internationale à l’Euro 2016. Le pays est peuplé de 330 000 habitants, soit 200 fois moins que la France. Une équipe, des coachs et un mental d’acier, c’est la recette parfaite pour surprendre le monde du football. Depuis ce jour, les Vikings ne sont plus vus de la même façon. En effet, après 8 matchs de qualification pour la prochaine coupe du monde, les joueurs de Heimir Hallgrimson sont très proches de réaliser un nouvel exploit…

Le vendredi 6 octobre, à 20h45, les islandais se déplacent en Turquie pour un match capital pour la qualification pour le prochain mondial. Les quatre premiers du classement peuvent encore croire à une qualification et même une première place : la Croatie est pour le moment première du groupe avec 16 points, le même nombre que l’Islande deuxième, les turcs sont provisoirement troisièmes avec 14 points et enfin l’Ukraine est au pied du podium avec 14 points. La Finlande et le Kosovo sont éliminés. Durant cette avant-dernière journée, c’est le seul match qui oppose deux prétendants à une qualification.

Une équipe avec des joueurs très talentueux

Alfred Finnbogason est le nouveau buteur de l’équipe d’Islande. En effet, il fallait un remplaçant à Kolbeim Sigthorsson. Le nantais s’est blessé et le buteur d’Augsburg l’a remplacé. Un coaching parfait car il est le meilleur buteur de la sélection islandaise dans ces matchs qualificatifs avec 3 buts. Le joueur de 28 ans a parfaitement commencé la saison avec son club, lui qui est le cinquième meilleur buteur de Bundesliga avec 4 buts et qui a donné une passe décisive. C’est un joueur expérimenté qui connaît le haut niveau pour avoir affronter de grand clubs et disputé la Champions League durant la saison 2015/2016 avec l’Olympiacos.

Gyfli Sigurdsson est l’un des grands acteurs de la réussite islandaise à l’Euro. Il a été transféré de Swansea à Everton cet été. Un transfert qui met un terme à une excellente saison du joueur de 28 ans, que ce soit avec L’Islande pendant l’Euro ou avec les Swans. Il avait marqué 9 buts et délivré 13 passes décisives la saison dernière. Juste derrière De Bruyne avec 18 passes décisives et Eriksen avec 15, le numéro 10 islandais surpasse Fabregas, Sanchez, Ozïl ou encore Pogba. Sa réussite à l’Euro est loin d’être une surprise. Malgré le début de saison difficile d’Everton – 2 victoires, 1 nul et 4 défaites – Sigurdsson est devenu un cadre de l’équipe de Koeman qui lui laisse le rôle d’organisateur. Durant ces matchs de qualifications il a marqué 3 buts et offert 3 passes décisives. Le joueur est ainsi impliqué dans plus de la moitié des buts des Vikings.

Kari Arnason est le pilier de la défense islandaise. Il monte très souvent en attaque pour aider ses coéquipiers. C’est un défenseur qui participe beaucoup au jeu offensif des Vikings. Il a marqué 1 but et donné 2 passes décisives dans ces matchs de qualification. A 34 ans, il joue toujours tous les matchs, que ce soit avec son pays mais aussi avec son club. Il a été transféré en Premiership, à Aberdeen, cet été en provenance de Omonia, un club de première division de Chypre. Il a lui aussi connu le haut niveau avec Malmö en jouant la Ligue des Champions.

Il nous reste un dernier joueur à analyser. Pas besoin de la présenter, il ressemble à un viking et pendant l’Euro, on l’appelait le barbu. Le capitaine des Islandais, Aron Gunnarsson, a 28 ans et a porté son équipe durant l’Euro mentalement mais aussi physiquement. Ces retours défensifs ont été très impressionnants et sa vision du jeu est incroyable. Le joueur joue dans le club de Cardiff depuis la saison 2011/12, actuellement premier de la Championship. Tellement amoureux de son pays, il s’est tatoué après l’Euro le drapeau de l’Islande dans le dos. Gunnarsson est toutefois incertain pour vendredi car il a connu un pépin physique avec Cardiff lors du déplacement à Sunderland il y a deux semaines.

A l’Euro, c’était la seule équipe à n’avoir aucun joueur évoluant dans son propre pays. Une contrainte qui n’a pas touché le collectif des joueurs.

Des coach très expérimentés

La première chose qu’il faut savoir, et vous l’avez sûrement remarqué, c’est qu’ils étaient deux à gesticuler dans leur zone technique durant l’Euro. En effet, Heimir Hallgrimson était accompagné de Lars Lagerbäck, coach suédois de 69 ans. Ce dernier est l’actuel sélectionneur de la Norvège et a pris la place de Per-Mathias Hogmo début octobre. Il est connu pour qualifier des petites équipes pour les compétitions internationales, comme la Suède ou le Nigéria. Il y a donc eu deux entraîneurs pendant l’Euro, mais qui se complétaient très bien. En effet, l’islandais s’occupait de la tactique et du management général alors que Lars analysait le jeu adverse, prenait en charge l’entraînement et animait les réunions. Une situation qui ne posait aucun problème aux deux coachs, comme le souligne Heimir Hallgrimson : « Lars m’a apporté le professionnalisme en sélection. J’avais beaucoup à apprendre. […] On a toujours décidé ensemble. Il m’a dès le début fait sentir que j’étais l’entraîneur à part entière. » Depuis que Lars est partit c’est donc Heimir qui s’occupe de l’équipe. Et ce n’est pas étonnant qu’il réalise d’aussi bons résultats (seulement 3 défaites en 12 matchs). En effet, celui-ci connaît très bien le jeu islandais car il y a joué entre 1986 et 2007. Il était donc joueur mais principalement dentiste car le football en Islande n’était encore qu’un loisir. En tant que coach, il a remporté en 2004 la coupe d’Islande féminine avec l’IBV et en 2007 gagné le championnat islandais avec l’IBV, mais cette fois-ci avec l’équipe masculine (un des clubs les plus importants en Islande).

Kolbeinn Sigthorsson dira d’ailleurs juste après l’Euro : « on a suivi ce qu’il [Lars] voulait faire, et on y croyait. Et il travaille très bien avec Heimir, c’est un super couple ! »

Pour finir la recette, il faut absolument des supporters. Le chant des Vikings aussi appelé « clapping » à fait le tour du monde. Il est encore repris par de nombreux clubs européens. Très surprenant, il reflète la mentalité incroyable qu’ont les joueurs islandais durant les matchs. C’est donc une équipe soudée qui a confiance en leurs coachs.

L’Islande n’est plus une surprise mais une confirmation qui pourrait continuer d’embêter les grandes écuries pendant de longues années. Ca commence donc vendredi, et les turques peuvent s’attendre à des Vikings affamés qui bondiront de leur drakkar dès le coup de sifflet…

  1. Pingback: Islande : le Clapping vibrera en Russie ! - beIN SPORTS Your Zone - Partagez votre passion et votre expertise du sport

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