Clap de fin pour Sagnol
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Clap de fin pour Sagnol

La nouvelle est tombée lundi soir aux alentours de 18h45 via un communiqué de presse officiel des Girondins de Bordeaux : « Le FC Girondins de Bordeaux et Willy SAGNOL se sont entendus sur la fin de leur collaboration. Cette décision commune, avec effet immédiat, se justifie par la situation sportive préoccupante. Le club tient à remercier Willy SAGNOL pour son engagement et sa loyauté. » L’histoire entre le club au scapulaire et l’ancien joueur de l’Equipe de France vient donc de prendre fin après un peu moins de 2 ans de collaboration.

Tout avait pourtant démarré sous les meilleurs auspices

Nommé après le départ de Francis Gillot, Willy Sagnol était arrivé pour redorer le blason d’une équipe et d’une institution en perte de vitesse (malgré une coupe de France remportée contre Evian en 2013). Ses premières semaines à la tête des Marine et Blanc étaient pleines de promesses positives pour l’avenir : des victoires, avec des buts et du spectacle. Les Girondins sont d’ailleurs restés un moment invaincus et même en tête du championnat, chose que l’on n’avait plus vue depuis longtemps. On vit aussi l’éclosion de jeunes joueurs issus du centre de formation car, au delà de ses compétences de coach, c’était aussi Sagnol le formateur que l’on attendait, celui qui dirigeait auparavant l’Equipe de France Espoirs.

Tout le monde était ravi et enthousiaste devant ce jeune entraîneur venu amener la rigueur et les méthodes du Bayern de Munich en Ligue 1. Et ça a fonctionné… Un temps. Le temps d’user les patiences. Le club arracha une qualification en Europa League grâce au Paris Saint Germain qui remporta la Coupe de la Ligue, libérant ainsi une place européenne au 6ème. L’entrée dans le nouveau stade, victoire à la clé, fut d’ailleurs l’apothéose de cette première saison que l’on peut qualifier de réussie, si l’on occulte, bien sûr, la sortie très controversée du coach sur le joueur “typiquement africain”…

 

Un deuxième acte fatal

La deuxième saison arriva donc avec de la confiance, et de l’espoir, mais tout le monde a assez vite déchanté.

Dès le début, c’est un cadre de l’équipe, Gregory Sertic, qui se fait une rupture des ligaments croisés et qui verra dès lors sa saison terminée avant même d’avoir commencée. Ce que l’on ne savait pas, c’est que les cadres du vestiaires allaient assez vite le suivre, tombant les uns après les autres tout au long de la saison. Nicolas Pallois, Nicolas Maurice-Belay, Pablo, Cédric Carrasso et même plus récemment, Jaroslav Plasil. Plus qu’un seul défenseur central de métier, Lamine Sané. Si vous ajoutez à cela les départs de Wahbi Khazri et de Henri Saivet au mercato d’hiver, vous comprenez alors que le coach n’a pas eu d’autre choix que de confier les rennes de l’équipe à une bande de gamins âgés d’à peine 20 ans. C’était donc aux Vada, Ounas, Crivelli et autres Guilbert de mener le bal et de tenir la baraque.

Il s’agit là de faits que Willy Sagnol ne pouvait pas contrôler, des coups du sort qui se sont acharnés sur lui et son staff.

Entre temps, les Girondins ont commencé à encaisser de cinglantes défaites, 6 buts pris contre Nice, 4 contre Caen, le tout à une époque où il n’y avait pas encore trop de blessés. Mais l’entraîneur avait finalement réussi à retrouver une certaine stabilité, notamment en défense centrale avec le duo Guilbert/Yambéré. Le club semblait reparti sur de bonnes bases en 2016, enchaînant plusieurs matchs sans défaite, on reparlait même d’Europe.

Et puis tout s’effondra. Des avalanches de buts se sont abattues sur les cages de Bordeaux et de son nouveau gardien, Paul Bernardoni, 18 ans, venu pour pallier l’absence du pilier Cédric Carrasso. 3 buts encaissés contre Lyon, 4 contre Saint Etienne, 4 à Reims, et 4 aussi contre Toulouse, la défaite la plus récente, celle de trop, celle qui a sans doute sonné la fin pour Willy Sagnol. 47 buts encaissés en une saison, pire défense du club depuis 40 ans.

La faute à quoi ? A qui ? Aux blessés ? Aux manquements individuels ? Pas seulement. Ca serait se cacher que de se focaliser là dessus. Car il faut parler des 88 compositions d’équipes proposées, dont 86 différentes. Des changements incessants de systèmes de jeu, de façon de jouer, des joueurs qui changeaient de poste. Un côté apprenti sorcier se dégageait de Sagnol qui, entre temps, avait perdu la main sur son groupe, pour preuve la bagarre entre Lamine Sané et Jérome Prior dans les vestiaires après l’élimination en Coupe de France contre le FC Nantes.

Et donc, samedi soir, après la correction reçue chez le 19ème de Ligue 1, les Girondins de Bordeaux ne pouvaient que contempler l’étendue des dégâts : la 14ème place, avec seulement 5 points d’avance sur le premier relégable. D’Europe, on parle aujourd’hui de maintien.

Il serait cependant injuste de tout mettre sur le dos de Willy Sagnol. Il est certes celui qui a pris toute les décisions, celui qui a eu quasiment tout ce qu’il voulait (du staff aux joueurs), celui qui faisait les onze de départ. Néanmoins, ça serait oublier qu’il n’est pas le premier à perdre la tête de cette façon sur les bords de la Garonne. Avant lui, Francis Gillot avait subi la loi du vestiaire et avait fini épuisé, voir déprimé. Jean Tirana avait lui carrément claqué la porte. Ce n’est cependant pas une habitude de la part des dirigeants bordelais de limoger un entraîneur pendant une saison, et ça en dit long sur l’état d’urgence du moment. Le dernier en date s’appelait Elie Baup, remercié après une défaite… Contre Toulouse.

Un ancien au secours 

Pour remplacer le désormais ex-coach, Jean Louis Triaud n’est pas allé chercher bien loin, il l’a même trouvé à proximité, chez les jeunes :

« L’équipe professionnelle sera entrainée par Ulrich RAME, titulaire du BEPF et Responsable au club de la performance du centre de formation, assisté d’Eric BEDOUET, Franck MANTAUX, Pierre ESPANOL, entraîneur au club depuis 2011, et Mathieu CHALME. »

Tout récent titulaire des diplômes d’entraîneur, l’ancien gardien et capitaine, Ulrich Ramé, arrive donc comme pompier de service pour éteindre le feu dans la maison bordelaise. Il s’agit clairement  d’un staff temporaire dont le but est d’éviter la descente en Ligue 2, car non, cela n’arrive pas qu’aux autres, demandez aux Lensois ou aux Sochaliens.

Les choses devraient donc à nouveau bouger cet été et le nom de René Girard se murmure déjà pour prendre la tête de l’équipe, en Ligue 1 de préférence.

 

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