Alex Sandro, à l’ombre des plus grands
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Alex Sandro, à l’ombre des plus grands

Elément fondamental de la nouvelle défense à quatre de Massimiliano Allegri la saison passée, il s’est patiemment fait une place chez le finaliste de la dernière Ligue des Champions. Il incarne l’un des meilleurs joueurs à son poste en Europe. Un apprentissage tout en douceur pour le brésilien, qui débuta dans l’ombre, avant de s’affirmer au sein du collectif bianconero.

Le rêve

Tout commence pour lui, comme pour bon nombre de ses compatriotes, sur les terrains brésiliens. Il foule à partir de ses 15 ans le terrain de l’équipe de jeunes de l’Atletico Paranaense qui a notamment vu éclore de très grands futurs joueurs reconnus dans le pays et dans le monde. Parmi eux, de grands noms : Fernandinho y a débuté à partir de 2002 jusqu’en 2005 et qui joue désormais à Manchester City ainsi que les anciens internationaux brésiliens connus par les suiveurs du Brésil d’antan des années 2000, Kléber et Kléberson.

En plus d’avoir fait éclore plusieurs pépites au sein de ses structures, l’Atletico Paranaense a permis à certains joueurs de se développer avant de traverser l’Atlantique pour réaliser leurs rêves européens. C’est le cas pour l’ex-lillois et lyonnais Michel Bastos entre 2003 et 2006 (2 prêts en 2004 et en 2005) et également Ilan entre 2001 et 2004, notamment connu pour ses passages en France par Sochaux (2004-2006) et surtout à Saint-Étienne (2006-2010). Cette équipe au sein de l’État de São Paulo est très reconnu notamment pour les recruteurs comme l’a pu le prouver les différents joueurs ayant fais le voyage transatlantique afin de toucher, du bout des pieds, leur rêve de percer en Europe.

Et c’est dans cette équipe de Paranaense qu’Alex Sandro réalisera ses débuts professionnels le 18 octobre 2008, le premier d’une longue série. Durant cette première année professionnelle, il apporte sa pierre à l’édifice lors du succès de son équipe dans le tournoi du Parana réunissant les clubs de l’État de Parana dans lequel Paranaense s’inscrit souvent au palmarès au côté de Coritiba. Il y jouera au total 25 matchs et marquera 1 but sous ses premières couleurs. A l’issue de ces 2 saisons, Alex Sandro signe au FC Santos. Il n’y ai pourtant pas le plus connu, loin de là, puisqu’il arrive aux côtés de joueurs d’une excellente génération tels que Neymar, Ganso, Robinho et autres très bons futurs joueurs. Cette génération dorée raflera tout sur son passage cette année 2010-2011 puisqu’ils remporteront le Campeonato Paulista correspondant à la ligue professionnel de l’état de São Paulo et soulèveront également pour la première fois de leur histoire la Copa do Brasil représentant l’ensemble des équipes professionnelles du pays ainsi que la Copa Libertadores. Il jouera en tout et pour tout 53 matchs et marquera 3 buts qui mettent en avant, déjà, ses talents offensifs.

C’est durant cette année qu’Alex Sandro étoffe son palmarès avec ces trois titres et avec ses performances dans les trois compétitions qu’il sera appelé pour la première fois en équipe du Brésil des moins de 20 ans. Il remportera dès la première année la coupe du monde avec une équipe composée de futures stars d’Europe comme Casemiro, Willian, Oscar, Coutinho et bien.

Une ascension au calme

Après ces années florissantes au pays, en club ou en équipe nationale, le jeune latéral de 20 ans seulement est repéré par le FC Porto, très friand de joueurs sud-américains à fort potentiel. Il y signe en échange de 9,6 millions d’euros durant l’été 2011. Ce jeune joueur éclot aux grands jours, les suiveurs du football portugais le remarque dès ses débuts. Ils peuvent constater un joueur au style très offensif qui a fait la marque des plus grands latéraux de son pays. Un potentiel marqué par de la vitesse, un bagage physique et technique important, des centres prêts à transpercer les défenses d’Europe, ainsi qu’un marquage, et un sens de lecture très intelligent. Un nouveau pari sud-américain gagnant pour l’équipe de la  deuxième ville du Portugal. Ces quelques millions dépensés pour son transfert, Alex Sandro les remboursera très rapidement au prix de 153 matchs joués avec son équipe durant 4 années pendant lesquels il marquera 3 buts et de nombreuses passes décisives. Sa meilleure arme ? Des centres de précision et son mouvement incessant sur l’aile gauche, prêt à dédoubler et passer dans le dos de son ailier gauche pour amener un apport offensif supplémentaire qui mettra au supplice les équipes lusitaniennes durant les années suivants son arrivée. Il y remportera lors des deux premières années le championnat avec Porto. Mais aussi la Supercoupe portugaise 2013 au dépend de Vitoria Guimaraes. Au cours de ces années au Portugal, il reçoit pour la première fois un appel de la sélection A du Brésil en 2011 et jouera son premier match avec la sélection nationale le 10 novembre de la même année contre le Gabon avec une victoire 2-0 à la clé.

Les ombres Auriverdes

Mais à ce jour, il ne totalise seulement 7 sélections avec l’équipe brésilienne. La faute à une concurrence féroce à son poste pour prendre la succession du grand et à jamais meilleur latéral gauche du Brésil Roberto Carlos, y est pour beaucoup. Malgré son nombre de sélections assez faible, Alex Sandro a souvent été comparé à cette légende. En effet, d’autres ombres lui bloquaient le chemin en sélection. Marcelo, Maxwell et Filipe Luis sont d’ores et déjà tous installés en sélection. Il doit ainsi se contenter d’une quatrième place dans la hiérarchie des arrières gauches. Ainsi, il doit se contenter d’une titularisation lors du dernier match amical de la sélection contre l’Australie le 13 juin 2017 et quelques matchs durant les années précédentes. Encore plus récemment dans de la liste de Tite pour les éliminatoires de la zone AmSud pour jouer contre l’Equateur et la Bolivie, son nom n’a pas été prononcé au sein de la liste par le sélectionneur auriverde lui préférant une nouvelle fois Marcelo et Filipe Luis.

La marche silencieuse

Malgré ces complications en sélection avec une concurrence importante, Alex Sandro Lobo Silva continue son bout de chemin avec Porto enchaînant les titularisations et les bonnes performances sur son côté gauche. Son palmarès est mis de côté entre 2013 et 2015 expliqué par la disette du club dans l’ensemble des compétitions dans lequel il est engagé, le championnat filant entre les doigts du rival lisboète et doit alors se partager la deuxième et la troisième place avec l’autre club de Lisbonne, le Sporting durant ces deux années. Au fil des performances, malgré la difficulté de l’équipe à remporter des titres, le brésilien, âgé à cette époque de 24 ans, débarque à la Juventus de Turin durant l’été 2015 pour un montant avoisinant 26 millions d’euros.

A la Juventus, dans l’ombre, encore. Dans l’ombre de patrice Évra ce coup-ci. Alors, le brésilien attend son heure. Et malgré les critiques qui entourent ses débuts difficiles, Sandro s’achète du temps, en la jouant profil bas. Puis, petit à petit, lors de sa première saison, comme une évidence, il pousse Évra sur le banc. Lors de l’exercice 2016/2017, il évince totalement de la compétition. Fort de ses prestations et de ses qualités, il contribue à faire évoluer l’équipe. En atteste la décision d’Allegri d’abandonner la défense à trois héritée de l’ère Conte, pour faire de sa mobylette brésilienne un pilier de son arrière-garde. Un changement motivé par les évolutions d’un joueur en constante progression : « La croissance de Sandro, je l’ai particulièrement observée sur le plan défensif. Maintenant, je peux m’appuyer sur une défense à quatre, et sans aucun problème », se satisfait le coach bianconero. Pour cause ; une sérénité à toute épreuve, une facilité technique déconcertante, un volume de jeu défensif comme offensif et un pied gauche de velours, qui régalent le Juventus Stadium.

En deux années au sein de La Vieille Dame, le joueur a déjà joué 74 matchs sous la tunique rayée et marqué 5 buts. Depuis son arrivée en 2015 dans le Piémont, Alex Sandro empile les performances de haut niveau et rempli l’armoire à trophées. Deux championnats nationaux et deux Coupes d’Italie. Cette saison face à la Lazio en finale de Coupe, il aura distribué 2 passes décisives et aura grandement contribué à la victoire. Une prestation pleine, qui symbolise l’avènement d’un joueur dont l’importance n’a cessé de grandir au sein du collectif. Et surtout, deux grandes aventures en Ligue des Champions dont une finale où il chute face à son compatriote Marcelo. Dans l’ombre, toujours.

Ces performances lui permettent tout de même de figurer parmi les équipe-type des 5 grands championnats ainsi que celle de Serie A selon le CIES durant cette année 2016 – 2017. De grosses écuries ont également remarqué ses performances de haute volée puisque l’Angleterre lui fais les yeux doux, avec tout d’abord les plus insistants Chelsea où Antonio Conte semble apprécié énormément ce joueur polyvalent puisqu’il utilise le même schéma de jeu que son homologue italien Allegri à la Juve et pourrait donc l’utiliser de la même façon dans son effectif.  Les deux équipes de Manchester, Arsenal, le Paris St-Germain et le Real Madrid seraient également attentifs. Après cette grande saison et l’intérêt grandissant d’autres clubs européens, plus très sûr qu’Alex Sandro reste encore longtemps dans l’ombre …

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