Les matches les plus politiques en Coupe du Monde
Photo Panoramic

Les matches les plus politiques en Coupe du Monde

En Coupe du Monde de football, l'affrontement de certaines nations revêt un caractère plus politique que sportif...

1934 Italie Espagne 1-1, 1-0 en match d’appui : l’Italie fasciste du Duce, Benito Mussolini, face à la jeune république espagnole, deux ans avant que le général Franco ne déclenche une guerre civile dans la péninsule ibérique. A Florence, les Azzurri de Meazza l’emportent après un match d’appui, tout comme la dictature emportera l’Espagne entre 1939 et 1975. Le premier match est marqué par une violence exceptionnelle, ayant pour conséquence le forfait de quatre joueurs  de l’Italie et de sept joueurs de l’Espagne pour le match d’appui. Soixante ans après la bataille de Florence, l’Italie de Roberto Baggio dominera l’Espagne de Hierro et Zubizarreta à Boston, en quarts de finale de la World Cup américaine. Cette dernière se vengera à l’Euro 2008 mais surtout avec un terrible 4-0 en finale de l’Euro 2012.

1934 Allemagne Autriche 3-2 : orphelin de son virtuose Matthias Sindelar, le Wunderteam autrichien s’incline à Naples face au voisin allemand en match pour la troisième place de la Coupe du Monde italienne. L’Allemagne, tombée sous les griffes du nazisme depuis 1933 et l’arrivée d’Adolf Hitler au pouvoir, sera à l’origine de l’assassinat du chancelier Dollffuss. Ce dernier, bien qu’antinazi et s’opposant à l’Anschluss qui aura finalement lieu en 1938, reste un dictateur fasciste. Les nazis le font assassiner le 25 juillet 1934, moins d’un mois après la célèbre Nuit des Longs Couteaux où Hitler a fait éliminer les SA. Après l’Anschluss, plusieurs joueurs du Wunderteam autrichien intègrent la Mannschaft allemande, mais pas Sindelar pour ce qui cela reste utopique, ne répondant pas au premier critère de la sélection du Reich : ne pas être juif. En janvier 1939, le génial footballeur autrichien Sindelar, d’origine juive, est retrouvé mort dans son appartement de Vienne. La thèse officielle fait état d’une intoxication au monoxyde de carbone, même si un assassinat par la Gestapo ou un suicide sont d’autres explications possibles du décès de Sindelar, dont le cercueil est suivi par 40 000 personnes lors de ses funérailles.

1950 Angleterre Etats-Unis 0-1 : à Belo Horizonte, l’Angleterre nombriliste, enfin décidée à venir disputer la Coupe du Monde, vit un camouflet face aux Etats-Unis, Joe Gaetjens marquant l’unique but du match. Le héros de cette rencontre historique sera tué le 10 juillet 1964 à Port-au-Prince, par les Tontons Macoutes du docteur Duvalier. Ironie du destin, Gaetjens n’est même pas américain, son capitaine d’origine allemande ayant fait une demande de passeport américain avant la compétition. Mais Gaetjens ne deviendra jamais citoyen américain !

1962 URSS Yougoslavie 2-0 : la Yougoslavie de Tito est le seul pays d’Europe de l’Est à s’affranchir de la férule de l’Union Soviétique, qui s’apprête à vivre après ce Mondial au Chili l’épisode le plus sensible de la guerre froide avec la crise de Cuba, en octobre 1962, où Kennedy mettra en échec Khrouchtchev. Mais au Chili, sur la pelouse d’Arica, l’URSS domine la Yougoslavie, deux ans après avoir battu ces mêmes Yougoslaves en finale du premier Championnat d’Europe organisé en France.

1966 URSS Hongrie 2-1 : en 1956, les chars soviétiques pénètrent dans Budapest pour tuer dans l’oeuf le mouvement rebelle d’Imre Nagy, conduisant à l’exil les meilleurs joueurs hongrois, tels Ferenc Puskas, Sandor Kocsis, Zoltan Czibor, que l’on verra ensuite sous les couleurs du Real Madrid et du Barça. Dix ans après avoir maté l’insurrection magyar, et deux ans avant d’en faire de même en Tchécoslovaquie avec le célèbre Printemps de Prague, l’URSS affirme sa puissance sportive lors de la World Cup anglaise. A Sunderland, les coéquipiers de Lev Yachine battent ceux de Florian Albert, pourtant vainqueurs du Brésil de Garrincha et Pelé au premier tour. En 1986, la revanche tourne à l’avantage de l’URSS, qui écrase les Hongrois par 6-0 sur les pelouses mexicaines.

1970 (éliminatoires) Honduras Salvador 1-0, 0-3, 2-3 a.p. : futur qualifié pour la Coupe du Monde au Mexique, le Salvador affronte le voisin du Honduras lors des qualifications … En juillet 1969 éclatera la guerre de Cent Heures, même si le duel sportif entre les deux pays d’Amérique Centrale n’est qu’un déclencheur mais pas la cause du conflit

1974 RFA RDA 0-1 : séparées depuis 1949, les deux Allemagne cohabitent chacune d’un côté de l’Europe et du mur de Berlin érigé en 1961. A l’Ouest, la RFA, démocratique et plus développée économiquement, fait partie de la CEE depuis 1957 via le traité de Rome qui l’unit à la France, au Benelux et l’Italie. Quant à la RDA, elle appartient au bloc communiste d’Europe de l’Est. Pour le premier match de la RFA, hôte de la Coupe du Monde 1974, le voisin de la RDA crée une colossale surprise à Hambourg, même si les coéquipiers ouest-allemands de Franz Beckenbauer emporteront le trophée en finale face aux Oranje de Johan Cruyff. La RDA, championne olympique à Montréal en 1976, ne se contentera pas de cette médaille d’or comme contribution au palmarès du football allemand. A l’Euro anglais en 1996, le meilleur joueur allemand a pour nom Matthias Sammer, né à Dresde en RDA. Clé de voûte de la Mannschaft championne d’Europe en 1996, Sammer sera sacré Ballon d’Or in extremis devant le prodige brésilien Ronaldo.

1982 Angleterre Koweït 1-0 : à Bilbao, les coéquipiers de Bryan Robson affrontent l’émirat du Koweït, indépendant depuis 1961 et sous protectorat britannique avant cette date … Ironie du destin, cette rencontre oppose un des pays les plus industrialisés du monde occidental à l’un des pays de l’OPEP, qui a causé deux chocs pétroliers en 1973, après l’embargo arabe consécutif la guerre du Kippour, et en 1979 après la révolution iranienne, la fuite du Shah et le début de la guerre Iran – Irak. Le Koweït est en effet l’un des principaux producteurs de pétrole que l’Angleterre défendra en 1990 pendant la Guerre du Golfe déclenchée par l’Irak de Saddam Hussein. A San Mames, Trevor Francis marque le seul but du match.

1986 Argentine Angleterre 2-1 : la guerre des Malouines est encore dans toutes les mémoires quand Argentins et Anglais s’affrontent à Leon en quarts de finale en 1986. Gagnée par la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher, cette guerre éclair de 1982 prive l’Argentine des îles Malouines. Mais avec Diego Maradona, El Pibe del Oro, l’Argentine dispose de l’arme absolue sur un terrain de football. Après la main de Dieu, le virtuose de Naples humilie la défense anglaise par un slalom génial de 55 mètres avant de dribbler et tromper Peter Shilton dans le but vide. Ce but, véritable chef d’oeuvre, climax de la carrière de Maradona, est cependant décrié par les mauvaises langues qui affirment que l’exploit n’en est pas un, les joueurs anglais étant encore sous le choc de la main de Dieu seulement deux minutes après le premier but argentin. L’Angleterre sort de la compétition mais Gary Lineker, meilleur buteur de cette Coupe du Monde mexicaine en 1986, a sauvé l’honneur de la Perfide Albion. Vingt ans après la bataille de Wembley et la célèbre phrase d’Alf Ramsey (They are animals), l’Argentine tient sa revanche sportive. Les deux pays s’affronteront encore en 1998 (victoire de l’Argentine aux tirs aux buts) puis en 2002 (victoire de l’Angleterre sur un pénalty de David Beckham, en phase de poule).

1990 Roumanie URSS 2-0 : en 1989, le régime dictatorial de Nicolae Ceausescu a pris fin en Roumanie, et la révolution va permettre d’amorcer la transition vers la démocratie, loin du joug communiste imposé par le Pacte de Varsovie et par sa clé de voûte, l’Union Soviétique de Gorbatchev, qui implosera fin 1991. A Bari, les coéquipiers du Maradona des Carpates, Gheorghe Hagi, battent les Soviétiques grâce à un doublé de Marius Lacatus.

1998 Iran Etats-Unis 2-1 : deux pays antagonistes de longue date, et un match magnifique au stade Gerland de Lyon. Avant le match, la photo est l’occasion pour les deux équipes de se mélanger avant d’être immortalisés. Les coéquipiers d’Ali Daei créent la sensation en battant l’oncle Sam.

2002 Japon Russie 1-0 : certes de l’eau a coulé sous les ponts depuis la fameuse guerre russo-japonaise de 1905, celle qui a mené à la mutinerie du Potemkine, et indirectement inspiré à Eiseinstein son Cuirassé Potemkine (1925), mais le Japon et le Russie possèdent un vieux contentieux au sujet des îles Kouriles, conquises par l’Union Soviétique de Staline en 1945 dans la foulée des bombes atomiques d’Hiroshima et Nagasaki, lancées par les Etats-Unis. A domicile, le Japon bat la Russie par 1-0 à Yokohama.

2006 Portugal Angola 1-0 : ancienne colonie portugaise (jusqu’en 1975) au même titre que le Mozambique d’où était originaire Eusebio, l’Angola se qualifie pour sa première phase finale de Coupe du Monde. Plus expérimentés à ce niveau de la compétition , les coéquipiers de Luis Figo l’emportent 1-0 à Cologne sur un but de Pedro Miguel Pauleta.

  1. avatar
    23 octobre 2014 a 16 h 57 min

    Il manque un Israel – Egypte, un Cuba – USA, un Corée du Sud – Corée du Nord (improbable en poules) ou un Pakistan – Inde, voire un URSS – USA dans le passé, pour que le tableau soit un peu plus complet.

    Grandiose souvenir du Iran – USA.

  2. avatar
    23 octobre 2014 a 17 h 23 min

    Merci pour la rétrospective, c’est marrant j’ai une impression de déjà vu… T’aurais recyclé un ancien article de SV??

  3. avatar
    24 octobre 2014 a 8 h 34 min

    Salut general,

    Non je l’ai écrit from scratch, alors que j’en recycle pas mal d’anciens du vox, mais en effet j’avais du en écrire un assez proche à l’époque de SV.

  4. avatar
    24 octobre 2014 a 11 h 54 min
    Par Cullen

    Tu en as quand même oublié quelques-uns ( même s’ils ne comptent pas tous pour la Coupe du Monde ), notamment le récent Serbie-Albanie et le fameux drone, et surtout le Chili-URSS de 1973 qui avait été joué sans adversaires… Au lendemain du coup d’Etat de Pinochet qui avait réquisitionné le stade de Santiago pour en faire une prison militaire, les soviétiques avaient refusé d’y jouer. La FIFA avait quand même demandé aux chiliens de rester sur le terrain pendant 90 minutes pour valider leur victoire. La plus grande farce de l’Histoire.

    Plus globalement, le football pouvait difficilement échapper à un destin politique, c’est un vrai symbole identitaire. Partout sur la planète ( sauf en France si bien que sa place dans la société est moins importante qu’ailleurs ), quand on parle d’un match on ne parle pas seulement du résultat, du jeu ou des performances mais aussi du contexte social, économique et de l’histoire politique entre les deux adversaires. Le football offre une confrontation permanente des identités :

    Les basques de l’Athlétic Bilbao qui sifflent l’hymne espagnol en finale de la Copa del Rey, l’opposition politique et religieuse entre le Celtic et les Rangers ( et plus globalement entre clubs d’ Irlande du Nord ), les supporters ouvertement pro-européens à Galatasaray et davantage proche orient à Fenerbahçe, les termes Dynamo, CSKA, Torpedo, Spartak, etc… pour désigner chaque corporation (armée, police, transports, syndicats, etc…) des clubs d’Europe de l’est, les violents affrontements entre fans du Dynamo Zagreb et de l’Etoile Rouge de Belgrade en 1990, prémices de la guerre des Balkans, etc…

    En football, le sentiment d’appartenance à un territoire, à une nation, est très souvent décuplé. Un phénomène qui a d’ailleurs fait émerger les groupes ultras, ou les barras bravas en Amérique du sud, très souvent politisés.

  5. avatar
    24 octobre 2014 a 13 h 40 min

    Salut Christian,

    Je me suis limité aux phases finales, excepté l’inévitable Salvador – Honduras des éliminatoires 1970.

    Si on prend en comptes les qualif, là l’article aurait été 10 fois plus volumineux
    Serbie Albanie compte pour l’Euro 2016, pas pour la Coupe du Monde.

    Oui sport très identitaire, les exemples abondent de clubs socialement opposés, Milan / Inter, Juve / Torino, Real / Atletico, City / United à Manchester, River / Boca …

    Pour les sifflets, on peut rajouter Lorient – Bastia en 2002, avec une réaction top niveau du président Chirac, quelques jours après son élection contestée contre Le Pen (moyen d’affirmer son autorité ?).

    Ou le France – Algérie d’octobre 2001, quelques jours avant les 40 ans du 17 octobre 1961.

  6. avatar
    25 octobre 2014 a 12 h 01 min

    Ah, on a l’embarras du choix, c’est sûr.

    Mais Axel, warning : rien de rien de juif chez Sindelar…

    Des amis juifs, des sympathies juives… : ça oui! Et d’ailleurs rien de plus normal, vu quartier viennois où grandit (l’orphelin de père) Sindelar : “Favoriten”, et ses moult familles juives des couches inférieures de la société viennoise… (“bémol” toutefois, au rayon de ses affinités juives : il lui serait un jour reproché d’avoir repris le commerce d’un Juif, lequel en était désormais interdit par mesures anti-juives… – à contextualiser, bien sûr)

    Bref…: il peut d’autant moins être question d’une carrière internationale brimée/brisée par la doctrine NSDAP, des suites de sa (fantasmatique, j’insiste) judaïté…que sélectionneur, fédé et régime nazis firent bien au contraire le maximum pour le convaincre d’intégrer la Reichsmannschaft, en vue de la WC38!

    Car en l’espèce : c’est Sindelar qui refusa de jouer sous le Reichstrikott! ; non l’inverse.

    Après l’Anschluss, et puisque, depuis 1919, le football avait été des rares aliments identitaires satisfaisants (football danubien = au top!), dans cette fraîche Autriche née des accords d’après-guerre : le football devint l’un des catalyseurs (à dire vrai : le plus puissant peut-être même) du ressentiment souverainiste autrichien contre la puissance du Reich.

    Raison pour laquelle, personnellement et sur la question : c’est le match du 3 avril 1938, d’ailleurs dernier match de Sindelar, que j’aurais plutôt mis en avant (…quand bien même ce match était stricto sensu étranger au cadre des Coupes du Monde, certes).

    Gaetjens : d’origine allemande…néerlandaise…flamande… Qui sait?

    Le RFA-NL de 74 peut rentrer dans ce cadre aussi…mais moins sans doute, fondamentalement, à titre de revanche (avortée…) face à l’ex-occupant…qu’à celui consistant, pour la société NL, à soulager symboliquement certaine mauvaise conscience (et pour quoi ils durent donc attendre l’Euro 88)…….

    L’URSS-Pologne de 82 aussi…non moins sans doute que tripotées de matchs dont l’histoire intime des protagonistes nous reste peu voire mal connue…et leurs affrontements d’autant sous-appréciés…??

    De manière générale : d’avis que bonne moitié des matchs inter-européens des 30′s aurait leur place ici…

  7. avatar
    25 octobre 2014 a 12 h 48 min

    test

  8. avatar
    26 octobre 2014 a 12 h 04 min

    Salut Interim,

    En effet bien vu pour URSS – Pologne de 1982.

    Pour l’URSS Roumanie, il faut rajouter le fait que cette dernière n’avait pas boycotté les Jeux Olympiques de Los Angeles en 1984, mettant déjà un peu de distance avec Moscou.

    Le père de Gaetjens était allemand, sa mère haïtienne.

    Oui en effet pour 1974 tu peux mettre la finale RFA – Pays-Bas sous l’angle de l’Occupation entre 1939 et 1945.

    Mais il faut alors rajouter le RFA – Pologne de 1974 (1-0 pour les Allemands) en 2e tour, le RFA – Tchécoslovaquie de 1990 (1-0), et aussi l’Allemagne – Belgique de 1994 (3-2), entre autres exemples.

  9. avatar
    26 octobre 2014 a 15 h 11 min

    Allemagne-Belgique 94?

    Oh, on s’en fout un peu des Allemands au Belgistan, tu sais…

    Quoique… : après ce match (1 voire 2 buts allemands frauduleux… 1 rouge + péno non-sifflés en faveur des Belges), il y eut bien certaine aversion, durable d’ailleurs, mais sans guère de caractère politique… De la rancune donc, mais exclusivement focalisée sur les coulisses, fort mannschaftophiles, du football mondial (idem d’ailleurs post-/contra-Brésil 2002, nation non moins bénie des instances du jeu…).

    Foots BE-DE et grande Histoire, à dire vrai : je ne vois guère que le fameux salut nazi du Standardman Renquin à Cologne, en 1/4 de Coupe UEFA 81…mais qu’explique surtout que Renquin était ardennais, région combien marquée par l’offensive Von Rundstedt, et que les Ardennais mirent temps certain à dépasser ce pan d’Histoire…

    NL et Allemagne, c’est différent…

    Post-war, le discours officiel NL sur 40-45 entendit (les NL, durant l’occupation, ce fut le second pays d’Europe en termes, proportionnellement, de Juifs déportés ET d’affiliation à parti d’inspiration nazi…) mettre en avant la résistance, la victimisation… La grande famine de l’hiver 44 aussi…..

    …et, ce-faisant : que de déni (Cf. plus haut)… Pour cela que, relayant pas mal d’historiens NL sur la question, je parlais plus haut de “mauvaise conscience”. Mais d’une mauvaise conscience intra-NL transférée sur “l’Allemand”! Et qui explique les débordements divers (joie, attente, déception et/ou délétarisme – Cf. WC90) des NL à l’encontre des Teutons, dans les choses du football…

    Jusqu’aux années 70, à dire vrai et en matière de football : les NL n’en avaient rien à faire des Allemands… L’ennemi héréditaire : c’était le Belge!

    RFA & Tchécoslovaques…: je serais curieux de savoir, comment la société tchécoslovaque vécut la victoire d’Euro 76, tiens…??

  10. avatar
    26 octobre 2014 a 15 h 21 min

    Quand je dis que les Belges s’en foutent des Allemands, précision…

    Moi je ne m’en fous pas…mais suis germaniste, + grandi pas bien loin de la frontière, travaillé dans les Cantons de l’Est (minorité germanophone et autonome, à l’Est du pays)…., bref : je m’y intéresse…

    …mais sinon des zouaves dans mon genre, infiniment minoritaires : oublie.

    Les Flamands regardent vers UK et NL. Et les francophones vers Paris.

    La macro-économie, ça : autre débat (sommes pleinement intégrés à l’Imperium économico-financier teuton).

    Quant à la gestion des années d’occupation, a contrario du cas NL (et loin de moi de vouloir faire du cas belge un modèle de vertu en la matière) : la purge fut épouvantable en Belgique!

    Si déni il y eut et subsiste, quat aux années de guerre : exclusivement flamand… (Brel en a fort bien chanté le pourquoi………..)

    Tschüss

  11. avatar
    26 octobre 2014 a 19 h 19 min

    Salut Interim,

    Bien des pays ont subi l’affreuse loi de la jungle appliquée par les Nazis, je pense à la Pologne, la Hongrie et aux Pays-Bas en particulier, mais bon la France, la Tchécoslovaquie, la Belgique ont aussi beaucoup souffert.

    2 films superbes retracent la douleur subie par les habitants de Varsovie, Budapest, la Nuit des Généraux pour la première (1967) avec un Peter O’Toole à son apogée notamment dans la scène où il subit le syndrome de Stendhal, et Music Box pour la seconde (1989)

    On peut mentionner aussi Black Book (2006) de Paul Verhoeven, les Damnés (1968) de Luchino Visconti, ou encore la Vie est Belle (1998) de Roberto Benigni pour d’autres films marquants sur le nazisme

    Et comment oublier le traumatisant Journal d’Anne Frank, ainsi que l’Anne Frank Huis d’Amsterdam, dont on ne ressort pas indemne …

    Pour la relation football entre NL et Allemagne, oui cela commence en 1974, totalement d’accord avec toi.
    Avec la finale au sommet entre Cruyff et Beckenbauer, même si je serais tenté de situer la rivalité en 1973 avec le fameux Ajax – Bayern (4-0) au printemps 73, châtiment européen que Münich n’allait pas revivre avant 2009 face au grand Barça de Guardiola, autre Dream Team implacable.

  12. avatar
    27 octobre 2014 a 16 h 30 min

    Marrant que tu évoques Verhoeven, car je viens de relire “The Dutch, the war” de Simon Kuper, probable meilleur book à ce jour écrit, aux NL, sur la question foot & occupation…et le “Soldier of Orange” de Verhoeven y occupe place de choix (à titre de book, puis film, mis en avant par éducation nationale NL…car donnant image d’Epinal, volontiers idéalisée, des NL sous le joug nazi).

    Débordements, surtout côté NL, liés dès mid-70′s (comme par hasard à cette époque que l’historiographie NL entreprit de sortir certains cadavres des placards…) aux matchs DE-NL d’après-guerre : à mettre sur le compte d’une occupation longtemps idéalisée par doxa NL…

    Les nazis n’ont pas été particulièrement féroces en NL (sinon contre les Juifs bien sûr, ou famine de l’hiver 44 : rien de sensass’). Le problème, c’est que les NL n’avaient pas l’habitude de cela (neutralité respectée en 14-18, au contraire de celle de la Belgique), et qui explique que leur réaction post-war fut complètement hystérique… Un p’tit côté USA post-11/09, à bien des égards…

    En Belgique par contre, la guerre, les privations…: on connaissait. Loin de moi d’affirmer que tous les traumatismes post-war furent chez nous super bien gérés (Question royale, par exemple)…mais nous nous mentîmes moins à nous-mêmes, je crois.

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Retrouvez Your Zone sur

Compatible Smartphone & Tablette

Iphone & iPad

Abonnez-vous à la Newsletter