Zidane : un parcours de formation idéal à la Maison Blanche
Photo Panoramic

Zidane : un parcours de formation idéal à la Maison Blanche

Qualifié pour la finale de la Ligue des Champions pour la seconde année consécutive et probable vainqueur de la Liga cette saison, Zidane se positionne déjà comme une référence dans le métier d’entraîneur. Pourtant, cela fait à peine plus d’un an qu’il y baigne. Explications.

Dans les traces de Manuel Sanchis

Lorsque Zinédine Zidane s’engage avec le Real Madrid en juillet 2001, nul n’osait s’imaginer que cette relation durerait encore aujourd’hui. Pourtant, voilà déjà plus de 15 années qu’ils sont indissociables l’un de l’autre. 15 années durant lesquelles Zidane est passé par tous les postes, toutes les formations. Au point de disposer d’une connaissance du club absolument inégalable qui fait incontestablement de lui le meilleur entraîneur possible pour le Real Madrid.

Sa première expérience au sein de la Casa Blanca se fait en tant que joueur. Lorsqu’il s’y engage en 2001, il reçoit le numéro 5 précédemment porté par la légende madrilène Manuel Sanchis : comme un symbole de la longévité qui l’attendait. Pour couronner le tout, son transfert fait de lui le joueur le plus cher de l’Histoire du football avec un montant estimé à 75M€. Si la venue d’un joueur chez les Merengue fait toujours sensation, celle de Zidane sort décidément encore plus de l’ordinaire.

Pendant 5 ans, il fera vibrer le Santiago Bernabeu et ses supporters madrilènes par ses gestes de classe, encore restés dans les mémoires : sa « volée de Glasgow », permettant au club de décrocher une 9ème Ligue des Champions ; ses dribbles hypnotisants contre le Dépor en 2002. Sous le maillot Merengue, Zidane étoffe également le palmarès du club d’une Liga et de quelques titres intercontinentaux avant de finalement rendre le tablier, mettre fin à sa carrière … et en démarrer une nouvelle.

Revenir et effacer un départ précipité

Les derniers pas de ZZ sur un terrain se font le 9 juillet 2006, à l’occasion de la finale de la Coupe du Monde. Pas la peine de rappeler comment cela s’est terminé sinon dire que ce fut brutal, dans tous les sens du terme. Après une telle fin, il décide de prendre du recul sur le football. Il faudra attendre plus de 2 ans et une interview dans l’Equipe Magazine pour qu’il s’exprime sur son désir de « revenir dans le foot », affirmant qu’il « aurait  voulu partir d’une autre manière ». Reconstruire quelque chose de neuf est donc l’occasion d’effacer psychologiquement l’un des pires moments de sa carrière.

C’est chose faite en juin 2009 où il retourne dans son club et y intègre l’équipe de direction. Il sera chargé de conseiller Florentino Pérez, tout juste réélu à la présidence du Real après 3 ans d’absence. La paire Pérez/Zidane se reforme donc, mais cette fois tous deux jouent un rôle administratif. Le président en profite également pour rapatrier son ancien directeur sportif Jorge Valdano, qui tout comme Zidane a occupé presque toutes les responsabilités au Real. La seule différence notable, c’est peut-être que Valdano s’exprime plus facilement devant la presse.

Les responsabilités de Zidane en tant que conseiller dureront 2 ans. Il occupera par la suite le poste laissé vacant par ce même Valdano et dont ses relations avec Mourinho auront eu raison de lui, ce dernier jugeant qu’il ne lui laissait pas assez de liberté. Intronisé depuis peu directeur sportif, Zidane ne va pas s’en contenter et s’inscrit à la formation de manager général dispensé par le Centre de Droit et d’Economie du Sport de Limoges. Il en sort diplômé en 2014, ce qui ne l’aura préalablement pas empêché de devenir entraîneur adjoint de Carlo Ancelotti à l’été 2013.

A la rencontre des plus grands

Outre le diplôme d’entraîneur qu’il a brillamment acquis, il faut reconnaître que Zidane a eu la chance de recevoir les conseils de grands messieurs, ce qui a largement facilité son développement en tant que coach. Avant qu’il ne devienne entraîneur principal, Zidane a travaillé aux côtés de Manuel Pellegrini, José Mourinho et Carlo Ancelotti. Ces trois entraîneurs cumulent au moment où ils travaillent ensemble 13 championnats, 23 coupes, 5 Ligue des Champions et 1 Coupe UEFA. C’est peu dire que Zizou a eu de bons enseignants.

Lorsqu’il devient carrément l’adjoint d’Ancelotti, c’est le début de la consécration. Pour preuve des qualités de technicien de l’Italien, il est récemment devenu avec le Bayern le premier entraîneur de l’histoire à remporter 4 des 5 grands championnats européens. Le couple fonctionne, chacun trouvant sa place dans la gestion du collectif. Carlo ne manque d’ailleurs pas de mots doux au sujet de son adjoint, puisqu’il juge « primordial d’avoir Zizou à [ses] côtés, car il a une excellente relation avec des joueurs qui l’écoutent énormément ». Cela fonctionne si bien qu’ensemble, A&Z réaliseront ce qui restera comme un événement majeur dans l’histoire du club Merengue : remporter la Décima.

Joueur, conseiller du président, directeur sportif, entraîneur adjoint. Ne reste plus qu’à Zidane de sauter le pas et diriger un vestiaire tout seul. Seulement la place de Carlito n’est pas encore disponible. Mais les désirs de coaching de Zidane sont bien réels. Les Girondins de Bordeaux, en quête d’un manager après le départ de Francis Gillot foncent sur l’occasion. La perche tendue est séduisante pour ZZ, mais comment tourner le dos à un club qui vous offre tout depuis plus de 10 ans ? Zizou accepte alors la proposition de devenir coach de la Castilla, pourtant en 3ème division espagnole.

De la réserve à l’équipe première

Les premiers pas de Zidane sur un banc de touche ne sont pas forcément des plus remarquables, sans pour autant être mauvais. Dans l’hebdomadaire France Football, il revient sur cette première année : « Comme joueur ou comme entraîneur, quand tu te fixes des objectifs et que tu ne les atteints pas, c’est négatif. ». N’ayant pas réussi à atteindre  les playoffs pour la montée en Segunda Division, le bilan sportif n’est en effet pas à la hauteur. Si sur le terrain, Zizou maîtrisait tous les éléments, il y a des choses en tant que coach qui lui échappent encore. El Maestro se veut cependant rassurant : « Quoi qu’il arrive, le bilan reste positif ». Dans l’expérience et l’apprentissage du métier, en effet.

La seconde saison à la Castilla ne sera qu’éphémère pour ZZ. Carlo s’en est allé vers d’autres horizons, Rafa Benitez prend le relais, mais n’y reste que 6 mois. La faute à une crise de résultats dont il n’arrive pas à se dépatouiller. La sanction tombe : le 4 janvier 2016, la direction du club évince l’espagnol et décide d’installer Zizou à la tête du groupe. 57 matchs à diriger la Castilla avant de se voir propulser à la tête du club le plus puissant du monde. Il n’y a bien que Zidane –et Pep Guardiola, considéré par certains comme le meilleur entraîneur du monde- pour réaliser une telle prouesse.

Sous sa nouvelle casquette, Zidane va s’éclater et rapidement devenir le personnage central de la renaissance du club. Son premier match démarre sur les chapeaux de roues : le Real claque une manita maison à La Corogne avant d’enchaîner contre Gijon la même performance offensive. Zizou ne connaîtra que 2 défaites pour sa première saison. Le temps passe, les victoires s’enchaînent, certains s’amusent même à dire lorsqu’il remporte la Coupe du Monde des Clubs en Décembre dernier que son Madrid a soulevé plus de trophées (3) qu’il n’a connu de défaites (2). Cela n’est plus vrai aujourd’hui, mais Zidane continue de développer cette aura auprès de ses joueurs, de ses supporters et de son staff. Le Real n’a probablement jamais été aussi fort qu’il ne l’est maintenant. Et c’est en grande partie dû au fait qu’une relation de plus de 15 ans s’est construite entre lui et son grand manitou.

 

  1. avatar
    17 mai 2017 a 16 h 23 min

    ce qui serait encore plus intéressant c’est de le voir entraîner autrechose que le co-meilleur effectif du monde (avec le Barça). Mais je ne pense pas que ça arrivera, surtout si il récupère Mbappé…

  2. avatar
    18 mai 2017 a 15 h 04 min

    De nombreux autres entraineurs ont des équipes de rêve sans parvenir à les mener à leur plein potentiel.
    Donc bravo à lui.

    Il a enore quelques années à faire à Madrid avant de se faire virer puis essayer un autre club.

Répondre à Fabrice Baro Annuler la réponse.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Retrouvez Your Zone sur

Compatible Smartphone & Tablette

Iphone & iPad

Abonnez-vous à la Newsletter