Angers : c’est quoi le problème ?
Photo Panoramic

Angers : c’est quoi le problème ?

Angers, encore défait à Nantes, est en difficulté depuis un mois. Les raisons sont surement multiples, mais il y en a une essentielle : le plaisir du jeu.

Quand on voit le match d’Angers à Nantes, on ne peut s’empêcher de repenser à leurs matchs lors de la première partie de saison. Et la phrase de Ben Arfa revient alors comme une évidence : « je ne vois pas comment les joueurs peuvent prendre du plaisir en jouant comme cela ».

A l’époque, cette déclaration avait fait beaucoup parler : pour qui se prend Ben Arfa ? Qu’il reste à sa place… Ok sur la forme. Mais sur le fond, n’y avait-il pas une part de vérité ?

En effet, lors de la première partie de saison, les angevins étaient un peu la bouffée d’air frais du championnat, la belle surprise. Leur jeu était cohérent, et ils avaient la réussite nécessaire, notamment sur les coups de pieds arrêtés, pour prendre des points. Et c’était mérité après tout. Mais cette image de belle surprise associée aux résultats d’alors, n’ont-ils pas masqué les limites du jeu ?

Le problème dans le football, et pour un entraineur en particulier, c’est de changer, de faire évoluer son jeu alors qu’on est dans une bonne spirale, de peur de stopper net tout cela. Alors, on continue à jouer de la même façon.

Il me revient une phrase de Carlo Ancelotti qui disait : « c’est quand il gagne qu’un entraîneur doit anticiper sur l’évolution de son équipe, les joueurs à garder ou pas, parce quand il commence à perdre, c’est déjà trop tard ».

Donc, être entraîneur, c’est prévoir, anticiper les futures difficultés. Et c’est là que les problèmes commencent. Quand on prend les points, faire les efforts, combattre, défendre et ne se contenter que d’un ou deux ballons pour gagner les matchs, les joueurs l’acceptent. Mais dès que les résultats sont moins bons, les joueurs ne font plus les efforts. Ils sont lassés physiquement mais surtout mentalement.

Les exemples des équipes qui ont fait des bonnes séries de matchs voire des bonnes saisons dans cet état d’esprit sont nombreux: le Lille de René Girard en 2013-2014, l’OM d’Elie Baup ou encore le PSG de Vahid Halilodzic. Et dans ces trois cas, les entraineurs avaient repris la saison avec les mêmes principes de jeu. Résultat: Aucune de ces trois équipes n’a confirmé la saison suivante, et deux ont même renvoyé leur coach en cours de saison suivante.

Le résultat est l’aboutissement, pas l’objectif

Oui, en professionnel, on fait de la compétition. Mais le football est un métier à part, qui est souvent, aussi, une passion. Et pour que les joueurs restent compétitifs sur le long terme, la notion de plaisir doit être présente. Evidemment, le plaisir de jouer ensemble, de se battre ensemble, mais surtout de jouer au football.

Encore une fois, parce que j’en ai déjà parlé dans des papiers précédents, que font les joueurs quand ils finissent les entrainements ? Ils se défient sur des penaltys, des coups francs, des reprises… Bref, tout ce qui se finit sur le but.

Et que fait un enfant qui rêve, dans sa chambre, de disputer une finale de coupe du monde par exemple ? Vous pensez qu’il rêve de tacler l’attaquant qui part seul au but à la dernière minute de la finale ? Evidemment, non ! Il rêve d’inscrire le but de la victoire à la dernière minute de la finale de la coupe du monde.

Ce sont toutes ces raisons, ajoutés au fait qu’Angers s’est peut-être aussi relâché en pensant qu’ils étaient maintenus (ils n’ont plus que six points d’avance sur Ajaccio 18ème), que cette équipe n’avance plus. Ils ont fait énormément d’efforts, profitant de leur réussite, pour prendre un maximum de points tant qu’ils étaient dans une bonne spirale. Mais le jeu n’évoluant pas, les résultats étant sur la pente descendante, les joueurs ont l’air usés physiquement, mais surtout mentalement. Ils ne font plus les efforts ensemble, notamment sur les quelques contre-attaques qu’ils ont à effectuer.

La fin de saison d’Angers risque d’être compliquée. Mais c’est surtout, encore une fois, un message aux entraineurs: Le résultat ne doit pas être l’objectif mais l’aboutissement de votre travail et du plaisir que le groupe va prendre ensemble.

Je terminerai sur deux déclarations. La première, de Guardiola, ce week-end après la victoire de son équipe cinq à zéro face au Werder : « On a bien joué, c’était le plus important pour moi. Je suis entraîneur mais aussi fan de mon équipe ». L’autre, de Guus Hiddink, dans une interview : « Oui je suis entraîneur. Mais pendant le match, je suis aussi spectateur. Et mon équipe doit me procurer du plaisir comme un spectateur lamba ».

Tout est dit !

  1. avatar
    16 mars 2016 a 19 h 34 min

    Le vrai problème du SCO est que le mercato hivernal a cassé la dynamique du groupe et que les joueurs recrutés cet hiver n’ont pas su remplacer ceux qui sont partis.

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Retrouvez Your Zone sur

Compatible Smartphone & Tablette

Iphone & iPad

Abonnez-vous à la Newsletter