Petite histoire du derby d’Ajaccio
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Petite histoire du derby d’Ajaccio

Lyon - Saint-Étienne, Lens - Lille, Nice - Monaco, Rennes - Nantes... Les grands derbys français dans le monde professionnel n'opposent pas deux clubs issus d'une même ville. Cependant, en Ligue 2, le derby d'Ajaccio opposant l'ACA au Gazélec fait figure d'exception depuis maintenant trois saisons.

Le même week-end se dérouleront Chelsea – Watford et Chievo Vérone – Hellas Vérone. Mais les supporters ajacciens ne manqueront pour rien au monde leur derby, celui mettant aux prises l’AC Ajaccio et le Gazélec Ajaccio. Si on ne peut la comparer aux illustres duels du Vieux Continent (Inter Milan – Milan AC, Manchester United – Manchester City, Real Madrid – Atlético Madrid…), cette rencontre a tout de même son charme puisqu’elle voit s’affronter deux clubs d’une ville et d’une région passionnées par le football.

AC Ajaccio, les Ours prêts à rugir

Emblème de l’ACA depuis 1919, l’Ours est symbole de force. De la force, il en aura fallu aux Acéïstes pour faire face à un dépôt de bilan en 1974 ou encore au suicide de Michel Moretti, leur président historique, en 2008. Pourtant, depuis son passage au professionnalisme lors de l’année 1965, l’ACA a vécu de grands moments à l’image de sa promotion en D1 à l’issue de l’exercice 1966-1967, conséquence du titre de champion de France de deuxième division.

Cette montée en a fait le premier club corse à évoluer dans l’élite. De 1967 à 1973, l’AC Ajaccio passe six saisons en première division qui permettront entre autres la révélation du futur international Marius Trésor. Lors de la saison 1970-1971, l’Ours décroche une magnifique sixième place, échouant de peu dans la course aux strapontins européens. L’embellie prend fin en 1973 lorsque l’ACA termine lanterne rouge du championnat et dépose le bilan un an plus tard.

En 1992, alors qu’il se morfond en Promotion d’Honneur, le club voit débarquer une nouvelle équipe dirigeante sous la direction de Michel Moretti. Cet événement déclenche le Da l’infernu à u paradisu (de l’enfer au paradis), une épopée à la strasbourgeoise durant laquelle l’AC Ajaccio passe de la PH à la Ligue 1 en une dizaine d’années. L’Ours retrouve l’antichambre de l’élite en 2006 mais le public du stade François-Coty goûte de nouveau aux joies de la L1 cinq ans plus tard. Emmenée durant trois saisons par des joueurs du calibre de Guillermo Ochoa, Adrian Mutu ou encore Benoit Pedretti, l’ACA plonge de nouveau en 2014 à la suite d’un exercice catastrophique, notamment marqué par le limogeage de Fabrizio Ravanelli.

Après deux premières saisons pénibles en Ligue 2 (premier non relégable en 2014-2015 et 2015-2016), les Acéïstes se sont fait moins de frayeurs l’an passé en se classant au onzième rang de la deuxième division. L’Ours compte retrouver la Ligue 1 dans le futur.

Gazélec Ajaccio, les gaziers veulent retrouver les sommets

Le point culminant de son histoire, le Gazélec Ajaccio l’a connu le 15 mai 2015. Vainqueurs des Chamois Niortais par le score de trois buts à deux, les Gaziers assurent la première accession de leur histoire en Ligue 1, ce qui constitue l’un des plus beaux exploits du football français. Les hommes de Thierry Laurey échouèrent d’un rien dans l’opération maintien la saison suivante et ont fait honneur aux couleurs du GFCA dans une saison qui a révélé au grand public Mohamed Larbi ou encore Khalid Boutaïb.

Les premières belles pages de son histoire, le Gazélec (club corporatif d’agents GDF-EDF) les a écrites dans les années 1960. A l’époque entraîné par Pierre Cahuzac, le GFCA enlève quatre titres de champion de France amateur. Jusqu’au milieu des années 1990, le Gazélec se maintient entre le deuxième et le troisième échelon du football hexagonal en inscrivant à son palmarès quelques coups d’éclat en Coupe de France à l’image d’un match face au grand Olympique de Marseille de l’époque Tapie ou encore un quart de finale face à l’AS Monaco, futur finaliste de la Coupe des Coupes.

Alors que l’AC Ajaccio revient en force, le Gazélec va connaître quelques déboires. Tout d’abord, la LNF (ancien nom de la LFP) refuse la promotion en Ligue 2 des partenaires de Pascal Olmeta ou encore Mickaël Pagis en 1999. En effet, un article stipule à l’époque qu’une ville de moins de 100 000 habitants ne peut avoir deux clubs professionnels évoluant dans la même division. Pis encore, le GFCA est rétrogradé administrativement en CFA par la DNCG deux ans plus tard. Naviguant entre le CFA et le National, les Gaziers retrouvent enfin la L2 en 2013 en enchaînant deux montées consécutives. De plus, le Gazélec Ajaccio réussit à s’octroyer une demi-finale de Coupe contre l’Olympique Lyonnais après s’être offert, entre autres, le scalp de Montpellier, futur champion de France.

Cependant, lors de l’exercice 2012-2013, les Gaziers sont relégués en National; le tout en ayant connu deux changements d’entraîneur au cours de la saison. Thierry Laurey arrive sur le banc et c’est le début de la parenthèse enchantée. En 2015-2016, en dépit d’un recrutement pléthorique, le GFCA se classe seulement à la neuvième place. Désormais coaché par Albert Cartier, le Gazélec Ajaccio pense à se pérenniser dans le monde professionnel et pourquoi pas mieux.

Historique des derbys

On dénombre seulement neuf confrontations entre l’AC Ajaccio et le Gazélec Ajaccio. Les premières se déroulèrent dans le cadre de la Coupe de France puis les autres comptèrent pour le championnat. Dans ce duel, c’est le GFCA qui a pris le meilleur sur l’ACA. En effet, les Gaziers l’ont emporté à quatre reprises, contre trois pour l’Ours auxquelles il faut ajouter deux matchs nuls.

Le premier duel entre les deux clubs d’Ajaccio eut lieu le 3 novembre 1963 et a vu les Gaziers pulvériser les Acéïstes sur le score fleuve de 7-1 ! Les deux clubs se retrouvent cinq ans plus tard, toujours en Coupe. Ils se tiennent en respect (2-2) au stade Vélodrome, les matchs de Coupe de France se jouant à l’époque sur terrain neutre. Une semaine plus tard, le Gaz l’emporte à nouveau (1-0), mais cette fois-ci au Parc des Princes.

Lors de l’exercice 1997-1998, les deux rivaux évoluent ensemble en National. Le match aller accouche d’un score nul à Ange-Casanova (1-1) tandis que le retour voit la premier succès de l’ACA dans le derby (3-0). Il faudra ensuite attendre 2014-2015 pour retrouver un derby ; en Ligue 2 pour la première fois. Chaque équipe l’emporte chez son voisin (2-0 pour l’Ours à Mezzavia et 3-0 pour le Gaz à Timizzolu). Le Gazélec relégué de Ligue 1, le duel pouvait reprendre. A domicile, les Gaziers s’adjugent la première manche (4-1), ce qui avait entraîné des débordements chez les supporters acéïstes. L’Ours prendra sa revanche au retour en s’imposant 1-0 chez elle.

L’avant-match

Au vu du classement, il est facile de dégager un favori. C’est l’AC Ajaccio qui aborde ce derby en position de force. Dauphins du Stade de Reims, les Acéïstes impriment un rythme impressionnant depuis l’ouverture du championnat et pourraient, en cas de succès ou de match nul, prendre la tête de la Ligue 2 au dépens des Champenois, qui effectueront un périlleux déplacement à Lens. L’ACA possède de bonnes statistiques à François-Coty (quatre victoires, une défaite) et comptera sur Yoane Wissa, co-meilleur buteur du championnat, pour empocher les trois points.

Face à elle, son voisin du Gazélec Ajaccio dont les résultats en déplacement laissent à désirer (deux nuls et trois défaites). Ces résultats font du Gaz l’avant-dernière équipe dans ce classement. Mais comme le dit l’adage; un derby ça ne se joue pas, ça se gagne. Les Gaziers s’appuieront sur leurs joueurs d’expérience (Elana, Bréchet, Ducourtioux, Perquis, Clerc, Marveaux) ainsi que sur leur combativité pour faire trébucher leur grand rival.

Rendez-vous lundi à 20h45 pour connaître l’issue du 10ème derby d’Ajaccio.

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