Dortmund – Monaco : ce match qui n’aurait jamais dû être joué si tôt
Photo Panoramic

Dortmund – Monaco : ce match qui n’aurait jamais dû être joué si tôt

Hier soir, les joueurs de la Principauté se sont imposés chez leurs homologues allemands (2-3). Un match qui s’est déroulé alors que moins de 24h auparavant, le bus des Borussen a été la cible d’une attaque à l’explosif, blessant au passage leur défenseur Marc Bartra. Cette situation laisse des interrogations quant à la durée de report du match.

Continuer à vivre

Vivre avec une menace terroriste fait hélas partie de notre quotidien. Une manière de vivre qui demande davantage de vigilance, de prévoyance. Mais c’est une manière de vivre malgré tout. L’autre aspect de cette manière de vivre, c’est qu’elle a pour effet de nous faire aimer la vie et en apprécier chaque instant. Continuer à vivre, c’est refuser de jouer le jeu des terroristes. C’est ne pas leur donner la satisfaction de nous anéantir psychologiquement. Mardi soir dernier, les joueurs du Borussia Dortmund ont fait partie de ces individus, touchés directement par la menace terroriste. A eux désormais de tout mettre en œuvre pour continuer à vivre, comme si de rien n’était.

Ce fût précisément le cas étant donné que le match qui devait avoir lieu mardi 12 avril à 20h45 n’a été reporté qu’au lendemain à 18h45. Soit moins de 24h après que le bus du Borussia ait été attaqué par 3 engins explosifs contenant des « tiges métalliques » et dont l’une d’elles a terminé sa course dans le repose-tête d’un siège à l’intérieur du bus. Fort heureusement, personne n’était installé ici, mais cet acte terroriste blessera tout de même le défenseur espagnol Marc Bartra, contraint d’être opéré d’une fracture du radius au poignet droit le soir même de l’attaque.

L’UEFA a donc pris la décision de reprendre le cours normal de la vie dès le lendemain. Elle en a par ailleurs informé les principaux concernés via un banal SMS, comme l’expliquait Thomas Tuchel en conférence de presse d’après-match : « On nous a informé par texto que l’UEFA prenait cette décision. Une décision prise en Suisse qui nous concerne directement (…) Quelques minutes après cet attentat, la seule question qui s’est posée a été : êtes-vous prêts à jouer ? Comme si on n’avait jeté qu’une bière sur notre car. A ce moment-là, nous ne savions pas les raisons de cet attentat. Il y a un sentiment d’impuissance. La date nous a été imposée. Ce que nous pensons n’a intéressé personne. ». C’est bien là que le bât blesse.

Voir au-delà des problématiques sportives

D’après le communiqué officiel de l’UEFA, la décision de reporter le match au lendemain « a été prise après une réunion tenue au BVB Stadion Dortmund entre l’UEFA, les représentants des deux équipes et les autorités locales ». Or, les joueurs et le staff ayant directement subi l’attaque ne sont pas allés au stade après les explosions. Les décisionnaires ne peuvent donc pas se mettre dans la tête des gens directement touchés par cet acte terroriste. Et pourtant, ce sont eux qui ont pris une décision. Par ailleurs, le règlement de l’UEFA stipule que « si le match ne peut pas commencer pour quelque raison que ce soit, (…) une décision doit être prise dans les 2 heures qui suivent la décision d’annuler le match. ».

Nous nous sommes donc retrouvés dans une situation où des individus ont pris une décision sans consultation des acteurs principaux de la rencontre et cibles de l’attentat ; et où il fallait choisir la date de report de la rencontre en moins de 2 heures, alors même qu’aucune raison sur l’acte terroriste n’a été expliquée et qu’aucun individu n’est encore suspecté. Le flou le plus total. Dans de telles conditions, c’est une évidence que ni les têtes, ni les cœurs ne seront au rendez-vous de l’affiche en si peu de temps de récupération mentale. Une évidence justifiée par un joueur du Borussia qui a indiqué peu après les événements qu’il était « impossible pour [eux] de jouer demain ». Toujours en conférence d’après-match, Tuchel disait aussi qu’il aurait souhaité « plus de temps » car son équipe « n’était pas au top de la concentration. ».

 

Effectivement, les têtes étaient vraisemblablement ailleurs pour les Borussens. Il leur aura fallu 45 minutes et une discussion d’Homme à Homme à la mi-temps pour proposer un jeu digne de ce que cette équipe est capable de faire à l’accoutumée. Entre temps, il se sera écoulé un but contre-son-camp, un pénalty et beaucoup d’errements défensifs. Suffisant pour faire tourner l’issue d’une qualification à la loyale. Cette impuissance n’aurait probablement pas eu lieu, ou moins, si l’UEFA ne s’était pas cantonnée à respecter un règlement à la lettre sans penser plus largement aux conséquences morales d’un tel acte sur ses victimes. Le calendrier des matchs est certes difficile à remodeler, mais il s’agissait seulement d’une question de bon sens et pour une fois, de voir au-delà des problématiques sportives et penser à l’humain.

 

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Retrouvez Your Zone sur

Compatible Smartphone & Tablette

Iphone & iPad

Abonnez-vous à la Newsletter