La nécessité d’un deuxième club à Paris
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La nécessité d’un deuxième club à Paris

Alors que la plupart des grandes métropoles européennes abritent plusieurs clubs professionnels, les dirigeants français ont durant de nombreuses années mis des barrières à l’émergence de deux clubs phares au sein d’une même ville, et notamment à Paris. Pourquoi avoir fait le choix de cette politique du club unique ? Quels impacts cela a-t-il eu sur le football français ? Enfin, cette situation pourrait-elle évoluer un jour dans la capitale ?

Boca Juniors, River Plate, San Lorenzo, Racing Club, Velez Sarsfield, Lanus, Argentinos Juniors, Independiente et Huracan à Buenos Aires ; Arsenal, Chelsea, Crystal Palace, Tottenham, Watford et West Ham à Londres ; Borussia Dortmund, Schalke 04, Borussia Moenchengladbach, Bayer Leverkusen et FC Köln dans le bassin de la Ruhr ; CSKA, Torpedo, Dynamo, Lokomotiv et Spartak à Moscou ; Panathinaïkos, Olympiacos, AEK et Panionios à Athènes ; Botafogo, Flamengo, Fluminense et Vasco de Gama à Rio ; Real Madrid, Club Atlético, Getafe et Rayo Vallecano à Madrid ; Ferencvaros, Honved, MTK et Ujpest à Budapest ; FC Sao Paulo, Santos, Palmeiras et Corinthians à Sao Paulo ; Galatasaray, Fenerbahçe et Besiktas à Istanbul ; Roma et Lazio à Rome ; Celtic et Rangers à Glasgow ; Benfica et Sporting à Lisbonne ; AC Milan et Internazionale à Milan ; Aston Villa et West Bromwich Albion à Birmingham ; Barça et Espanyol à Barcelone ; Penarol et National (entre autres) à Montevideo ; Liverpool FC et Everton à Liverpool ; Etoile Rouge et Partizan à Belgrade ; Genoa et Sampdoria à Gênes ; Steaua et Dinamo à Bucarest ; FC Séville et Real Betis à Séville ; City et United à Manchester ; Heart of Midlothian et Hibernian à Edimbourg ; Hellas et Chievo à Verone ; Aris et PAOK à Salonique ; FC Porto et Boavista à Porto ; Torino et Juventus à Turin ; Sparta et Slavia à Prague ; Austria et Rapid à Vienne ; CSKA et Levski à Sofia ; Cracovia et Wisla à Cracovie… Cette liste de clubs évoluant au sein d’une même ville est très longue et pourtant loin d’être exhaustive, elle ne prend en compte que les principaux clubs européens et sud-américains évoluant dans l’élite cette saison.

Toutes les grandes nations de Football s’enflamment donc régulièrement à l’occasion de derbys entre clubs que tout oppose. Toutes… Sauf la France qui en est privée depuis toujours ou presque. Presque car au début du XXème siècle, que ce soit dans les petits villages reculés ou les bourgades un peu plus importantes, la plupart des communes disposait en effet d’un club issu d’un patronage catholique et un autre s’affichant davantage comme laïc. Le match opposant le Dynamo de Peppone à La Gaillarde de Don Camillo dans le film “Le petit monde de Don Camillo” ( 1951 ) illustre bien, sur le ton de l’humour, cette situation. Cette opposition masquait un peu les clivages classiques droite/gauche que l’on retrouvait déjà dans le reste de l’Europe continentale. Cette disposition ne s’appliquait pas uniquement aux petites villes, mais aussi aux grandes agglomérations, y compris celle de Paris où plusieurs clubs cohabitaient à l’époque. Après la fondation du Racing Club par des étudiants britanniques de l’université de Cambridge ( d’où les bandes bleu ciel sur le maillot ), le Stade Français, autre club omnisport au nom volontairement plus “gaulois” car réservé dans un premier temps aux athlètes nationaux, a vu le jour et adopté les couleurs rouges et bleues de la capitale. Rapidement, le Racing a rassemblé derrière lui une population très huppée ( comme c’était le cas de la plupart des clubs anglais à l’époque victorienne ) pendant que le Stade s’est forgé une image plus populaire. Ce socle aurait pu constituer les racines d’une grande et longue rivalité mais les rencontres entre les deux équipes ont malheureusement été de plus en plus anecdotiques en raison du manque de pérennité des deux clubs et leur refus de prendre part au championnat professionnel. Dans les petites villes, l’existence de plusieurs clubs appartient en général au passé, y compris dans le reste de l’Europe. En revanche, de nombreuses grandes cités sont parvenues à conserver plusieurs clubs de même niveau, sauf en France, où les autorités ont veillé, dès les années 1930, à appliquer la règle : “un club, une ville”.

Cette politique du club unique renvoie à l’organisation globale du sport français, qui s’est de plus en plus municipalisé depuis les années 1930. Les mairies ont en effet préféré privilégier un seul club de Football ou bien se diversifier avec des disciplines sportives différentes, plutôt que se disperser dans plusieurs clubs. D’autre part, en France, les communes demeurent propriétaires des enceintes sportives ( stades et centres de formation ) et assument à des degrés divers la charge de leur entretien. Ce poids des collectivités locales contraste avec les pays anglo-saxons, où la plupart des clubs possèdent leurs propres installations, et explique les réticences des municipalités françaises. Pour la seule année 2006, les collectivités locales ont versé par exemple 32 millions d’euros aux pensionnaires de Ligue 1. Une somme considérable qui ne représentait pourtant que 4 % du chiffre d’affaires des clubs  ( loin derrière les droits de retransmission télévisée ou le sponsoring ), mais qui avait largement de quoi dissuader les pouvoirs publics d’envisager l’avènement d’un deuxième club professionnel dans une même ville. Or, quand on sait que pour gravir les échelons et accéder à l’élite, tout club amateur dépend principalement des subventions municipales, départementales ou régionales, on mesure les difficultés d’un club à se faire une place dans une commune où est déjà implanté un club professionnel. Il n’y qu’en Corse, dans une région paradoxalement moins peuplée, que plusieurs clubs professionnels sont parvenus à tirer leur épingle du jeu : le Sporting Club de Bastia ( L1 ) et le Cercle Athlétique Bastiais ( National ) ou encore l’AC Ajaccio ( L2 ) et le Gazélec Ajaccio, fraîchement promu en Ligue 1. En 1999, le Gazélec avait d’ailleurs on ne peut mieux illustré les difficultés du football français à accepter la cohabitation de deux clubs professionnels au même endroit. Sa promotion dans la deuxième division de l’époque avait en effet été retoquée par la Fédération Française de Football, dont un point du règlement, abrogé depuis, interdisait aux villes de moins de 100 000 habitants d’avoir deux clubs professionnels. Aujourd’hui encore, cette vieille règle aujourd’hui disparue semble encore bien présente à l’esprit de nombreux responsables politiques. Peut-être aussi que dans une république française méfiante à l’égard du communautarisme, l’émergence de clubs rivaux, représentants d’une corporation ou d’une confession, était de fait impossible.

Pourquoi vouloir absolument copier ce qui se fait ailleurs ? En France, la “tradition” veut que les clubs aient pour unique nom celui de la ville qui les abritent, pourquoi pas, mais adopter le nom d’une région ou associer un terme rappelant l’identité particulière de celui-ci favorise l’attachement et l’identification de la population locale à celui-ci. De la même manière, un derby fait souvent apparaitre un rapport de domination économique et des divergences culturelles, et un combat sportif sur fond de querelles politiques ou sociétales offre des matchs enfiévrés, des émotions que ne peuvent que rarement apporter les autres rencontres de la saison. Que le terme derby soit utilisé aujourd’hui pour évoquer une rencontre entre deux équipes d’un même quartier, d’une même ville, ou encore d’une même région, le point commun réside dans la rivalité qu’il engendre, au point d’en devenir souvent LE match à ne pas perdre dans la saison. Un derby a du sens à partir du moment où il y a un processus d’identification à une ville, une région, ou encore à certaines valeurs. Plus que le rapprochement géographique, c’est l’opposition de deux identités, de deux cultures, qui fait le sel d’un derby. Dans ces cas-là, ce ne sont plus seulement deux équipes qui se rencontrent dans une compétition sportive, mais deux projets, deux visions des choses parfois très différentes, autrement dit deux communautés. La rivalité dépasse alors le cadre du seul rectangle vert, et s’inscrit sur fond d’opposition sociale, culturelle, politique ou religieuse, donnant dès lors une toute autre ampleur au Football. En outre, ces rivalités de quartier créent une sorte d’émulation au sein d’une ville, ce qui a beaucoup manqué au Football français et participé au manque d’engouement populaire pour ce sport en comparaison de ce que l’on peut voir chez la plupart de nos voisins.

Si l’on imagine mal aujourd’hui un deuxième club à Marseille étant donné l’omniprésence de l’OM sur le vieux port et si la rivalité entre Lyon et Saint-Etienne peut être assimilée à un derby même si ce sont deux villes bien distinctes, il est en revanche aberrant que l’agglomération parisienne ( 12 millions d’habitants, la deuxième plus importante d’Europe ) ne dispose que d’un seul club professionnel digne de ce nom. Selon les modèles de localisation des entreprises de spectacle sportif développés par les géographes et économistes du sport, Paris devrait disposer d’au moins deux clubs performants à l’échelle continentale. On en est bien loin. Si Paris peut s’enorgueillir d’être une ville épanouie, permettant à sa population de diversifier ses sorties, et s’il n’est pas concevable pour des raisons culturelles de vouloir copier le modèle de Londres ou de Buenos Aires qui disposent chacune d’une dizaine d’équipes professionnelles, il n’est pas normal pour autant que notre capitale n’ait qu’un seul club en tout et pour tout. Avec un tel vivier d’amateurs de Football en Ile-de-France, il est temps de réfléchir à la manière de créer un deuxième grand club dans la région. En effet, de nombreux franciliens aimeraient se passionner pour le ballon rond tous les week-ends mais tous ne se reconnaissent pas à travers le Paris Saint-Germain et son côté nouveau riche. La plupart des habitants d’Ile-de-France sont d’ailleurs originaires de province et ne se sentent pas forcément parisiens et, à défaut de disposer d’un club auquel ils pourraient s’identifier, s’attacher, ils vivent leur passion par procuration à travers des clubs provinciaux ou étrangers, mais sans jamais pouvoir assister aux rencontres de l’intérieur, dans le seul endroit où se vit vraiment le Football, le stade.

Après la naissance du Paris Saint-Germain en 1970, afin de relancer le Football dans la capitale, un projet parallèle instauré par Jean-Luc Lagardère a vu le jour au début des années 1980, le Matra-Racing. Mais le club n’a jamais été une alternative crédible au PSG pour plusieurs raisons. Déjà, les résultats n’ont jamais été à la hauteur des ambitions de l’homme d’affaires. Empiler les stars, ça peut fonctionner mais pour ça il faut du temps, et en l’occurrence, les dirigeants du club n’en avaient pas beaucoup à accorder aux joueurs, et la mayonnaise n’a pas pris. Ensuite, le public francilien n’était pas prêt ( et ne l’est probablement toujours pas ) à soutenir un club à qui l’on associe un nom commercial, une marque. Et puis surtout il est très difficile pour un supporter de s’identifier à une équipe qui n’a pas d’accroche précise à son territoire. Le fait d’avoir vadrouillé à droite, à gauche, et partagé ensuite le Parc des Princes a été une grosse erreur, ça n’a pas permis au Racing de se démarquer suffisamment du PSG, de trouver une identité, un public à part entière qui se serait retrouvé derrière les mêmes valeurs. D’une manière générale, les plus grands derbys de la planète sont souvent le résultat d’un raisonnement très manichéen opposant une couche de la société à une autre. Ca peut être un antagonisme social, culturel, religieux ou politique mais l’origine d’une grande rivalité se trouve finalement souvent très loin des terrains de sport. Le PSG évoluant dans les beaux quartiers de l’ouest parisien, entretenant une image volontairement “bling-bling” avec la Tour Eiffel comme emblème, et affichant de grandes ambitions sportives avec un recrutement international XXL, si un deuxième club devait voir le jour dans la région, il devrait donc offrir un visage radicalement différent, basé sur la formation, représentant davantage la classe ouvrière et la banlieue parisienne, et attirant un public ayant une autre approche du Football que celle qui a court désormais au Parc des Princes.

Vivier quasiment inépuisable de jeunes espoirs, l’Ile-de-France n’a curieusement que très peu mis à disposition ses joueurs de talent au service du club phare de la capitale. Souvent, la région parisienne aura même été le terrain de chasse des recruteurs d’autres clubs formateurs de province, voulant logiquement profiter du trésor ignoré par le Paris Saint-Germain. En effet, on peut légitimement se demander comment – et surtout pourquoi – le PSG, trônant sur un bassin de plus de 12 millions d’âmes, n’a pas davantage puisé dans cette magnifique ressource. Plus de 50 % des joueurs de Ligue 1 sont en effet originaires de région parisienne. Il semble étonnant aussi que ses clubs “filleuls” n’aient pas plus souvent orienté leurs meilleurs éléments vers la seule équipe de première division de la région. Au lieu de lancer de nombreux jeunes dans le grand bain, le PSG a au contraire davantage misé ( quand il en a eu les moyens ) sur une politique de vedettariat. Il y a donc là un énorme potentiel à exploiter, l’opportunité pour un club de présenter une équipe avec 80% de joueurs issus du vivier francilien. Un modèle qui a fait du FC Barcelone le meilleur club du monde ou permis à l’Olympique Lyonnais de rester un des plus grands clubs de France. C’est aussi une forme de modèle économique. Une équipe qui ne se construit plus à coup de recrutement plus ou moins dispendieux mais avec des joueurs du cru, dans lesquels chaque supporteur peut se reconnaître, s’identifier. Ce joueur-là coûte moins cher et peut rapporter gros le jour où il partira.

S’il doit y avoir demain un autre grand club en Ile-de-France, cela passera également par l’édification d’un stade ancré dans son temps. Une enceinte moderne ( autour de 30 000 places ) mariant sport, culture et loisirs. Mais aussi un lieu adapté à une clientèle différente de celle du “nouveau” Parc des Princes. Une enceinte qui soit baignée par les chants de supporters et les odeurs de merguez grillés émanant des buvettes traditionnelles, et où les places assises ne soient pas rendues obligatoires, afin de pouvoir revivre des matchs aux ambiances surchauffées, loin de l’atmosphère totalement dépassionnée qui règne désormais dans le XVIème arrondissement. Le club qui se rapproche le plus de ce modèle aujourd’hui est surement le Red Star mais il n’est pas suffisamment fédérateur pour rassembler une large population derrière lui. Le changement de statut du club de la porte d’Auteuil pourrait permettre une redistribution des cartes car, dans le sillage de la création du Grand Paris, les collectivités locales accepteront peut-être plus facilement l’accompagnement d’un autre club maintenant que les Bleus et Rouges ont pris leur indépendance financière, et en unissant leurs efforts, le Red Star ( qui revendique une fibre sociale ), le Paris FC ( qui a le soutien financier du groupe Vinci ), et le Racing ( le plus légitime par son Histoire ) pourraient participer à l’émergence d’un second grand club dans la région et permettre ainsi – après quelques années – au public français de connaitre enfin les frissons que seuls les derbys peuvent bien souvent offrir.

  1. avatar
    29 novembre 2015 a 19 h 21 min

    En regardant le palmarès des autres clubs franciliens, on s’aperçoit que le Racing est plus titré. Mais celle-ci ne retrouvera probablement jamais son passé (ni celui des années 1920, ni celui de la période Matra dans les années 1980), sauf si le Racing 92 (rugby) rachète le club, mais ça n’arrivera jamais. Par contre, le Red Star a plus de chance de devenir le deuxième club de la capitale même s’il est basé à St-Ouen; concernant le Paris FC, c’est un peu la même chose qu’avec le PSG (mon club de cœur), sauf que là c’est Vinci qui est le principal sponsor (parait-il le Qatar y serait actionnaire à hauteur de 2%) et pour l’instant c’est mal parti avec une seule victoire en 16 matchs en Ligue 2 et je ne sais pas s’il pourra se maintenir qui est l’objectif recherché.
    Mais Paris n’est pas la seule capitale européenne à être concerné par le fait qu’il n’y ai qu’un club de la capitale: regardez Berlin (Hertha en 1re Bundesliga, FC Union en 2me division, alors que le Dynamo Berlin (appelé BFC Dynamo aujourd’hui) a subit le même sort que le Racing depuis la réunification de l’Allemagne et là ils sont en 4me division), Amsterdam, Varsovie pour ne citer que ces exemples.

    • avatar
      30 novembre 2015 a 11 h 29 min
      Par Cullen

      Salut et merci pour ta contribution.

      L’Ile-de-France est beaucoup trop fragmentée, chaque commune a son propre club mais aucun n’a les moyens financiers ou identitaires pour fédérer une large population derrière lui. Ce qu’il faudrait c’est que les clubs actuels acceptent de travailler ensemble et apportent chacun leur plus-value. Ensuite le choix du nom de club sera primordial de manière à ce que le public parvienne à s’identifier à celui-ci.

      Sinon, difficile de comparer la capitale française avec Berlin au regard de l’Histoire récente et le rapport très particulier de cette ville avec sa nation. En plus, l’Allemagne est un pays fédéral où les pouvoirs sont très partagés et où les “Länders” ont beaucoup plus d’autonomie que nos régions. Le poumon économique et industriel du pays ça n’est pas Berlin, c’est la Ruhr, et comme par hasard c’est là qu’on trouve le plus grand nombre de clubs. Pareil pour les Pays-Bas où la vie s’articule autour d’Amsterdam et Rotterdam, représentés par les deux principaux clubs du pays, l’Ajax et le Feyenoord. Quant à Varsovie, la ville compte un peu plus d’un million d’habitants, ça n’est donc pas comparable. Le modèle qui se rapproche le plus du notre, c’est finalement celui du Royaume Uni avec une concentration démographique, politique et culturelle très forte dans une même métropole, Londres. Et là, on voit bien qu’on n’est pas dans le même monde : http://yourzone.beinsports.fr/paris-londres-un-monde-les-separe-9733/

  2. avatar
    30 novembre 2015 a 14 h 31 min

    Hello Hello!

    A ce militantisme pour un deuxième club à Paris, c’est beau, mais moi ça m’attire pas forcément.

    D’abord, ouais, notre politique communal, etc.. oui, bon, pourquoi pas. On voit quand même que Matra n’a pas réussi à s’implanter avec toute la thune qu’ils avaient… les subventions communales n’ont jamais été énorme dans le budget d’un club. Cela a peut être eu une influence au début, mais après guerre… je pense que le souci était ailleurs.

    L’argument que je trouve véritablement fort, dans l’article, c’est le choix poly-culturel et sportif de la France au niveau de l’éducation. Le football a été longtemps vendu comme étant un sport “comme un autre”, et déjà “rien qu’un sport”… c’était pas spécialement dans nos moeurs. Matra s’est peut être effondré en partie à cause du manque de public potentiel. on a déjà un club pour aller voir un match de temps en temps, pourquoi en avoir un deuxième? ça va dans le sens qu’on a de voir le sport comme un divertissement, majoritairement, et pas comme un représentant culturel et social comme je trouve il est hélas souvent cependant victime (mot péjoratif que je choisi volontairement).

    Pas de demande, tout simplement et historiquement. On s’est plaint je ne sais combien d’années sur SV du manque de “culture foot” de la France, et je pense que le bassin parisien en est la parfaite illustration. On a un club de foot, un de rugby, un de ci, un de ça, … c’est bon, pas besoin d’en avoir trop non plus, c’est un peu l’état d’esprit qui m’apparaît.

    Je suis pas d’accord avec ce que tu dis dans ton comm. Cricri : “Ensuite le choix du nom de club sera primordial de manière à ce que le public parvienne à s’identifier à celui-ci.” ==> les éperons chauds de tottenham, tu crois qu’ils s’identifient à des éperons le public.

    Une ville, un club, autant par choix que par nature. On a encore toutes les peines aujourd’hui à remplir les stades de foot, pourquoi? parce que ça manque de spectacle et c’est ce que les gens, très majoritairement viennent chercher, pas se dire que c’est les cathos du coin qui ont gagné… (d’ailleurs, attachement qui n’a plus de sens aujourd’hui dans la très grande majorité des cas, on s’attache à des images d’Epinal). Il ne faut pas non plus oublier que le sport de haut niveau est un spectacle où la compétition est simplement une composante parmi d’autres. On cherche d’ailleurs à réformer pour changer la frilosité de nos matchs devant la désertion, qu’on peut trouver légitime, du public dans ce cas là. Suivre pour “suivre”… pas vraiment ma came.

    Dernièrement, je suis pas d’accord avec une comparaison “Londres”/”Paris”, étant donné que Paris est très petit et un club s’appelant “Clichy” ou “Asnières” ne pourra pas fédérer autant qu’un club londonien d’un quartier excentré mais qui a au moins l’appellation “Londres”, brassant alors plus facilement une zone géographique alentour. Donc non seulement, un club de banlieue aura du mal à fédérer (faible attachement chez nous, puis faible bassin relatif) mais aussi à se financer ne bénéficiant pas du “standing” parisien. De plus, même si la ville n’a pas de club, les subventions éventuelles rapporteraient que dalle au haut niveau recherché actuellement).

    Bref, la configuration parisienne (petite ville de 2 Millions d’habs, vampirisant les 10 Millions alentours) réduite et laissant peu d’espace, ainsi que notre tradition éducative peut portée sur le foot historiquement (ça progresse depuis quelques décennies cependant, de mon point de vue) explique par faible demande et offre, le peu de club performant dans le coin, selon moi, et la rend peu comparable à Londres et autres.

    On y viendra, parce que la demande augmente petit à petit. Mais l’idée de forger ou de rassembler un quartier/club derrière une image ne me paraît plus pertinent vu comment tournent les clubs actuellement. Simplement un peu de diversité et desservir autre chose que le bassin Ouest, permettra à un public éloigné du parc de supporter un club géographiquement plus proche.

    • avatar
      30 novembre 2015 a 17 h 05 min
      Par Cullen

      Salut Général,

      Bon, c’est un peu décousu alors je vais tenter de répondre mais excuse-moi si à mon tour je pars dans tous les sens :-)

      La nature des antagonismes a peut-être évolué, mais au-delà des clichés riches/pauvres parfois ( pas toujours ) dépassés, la manière de concevoir le Football diffère encore largement aujourd’hui d’une personne à l’autre. Certains veulent simplement voir du spectacle, des starlettes sur la pelouse, d’autres préfèrent suivre un club qui soit à taille humaine, représenté par des joueurs du terroir. De la même manière, certains aiment suivre une rencontre tranquillement assis sur leur siège, d’autres préfèrent la chaleur d’une tribune populaire où se mêlent tifos, chants et mouvements de foules. Certains viennent au stade en tenue de travail, à la limite une petite écharpe du club sur les épaules, d’autres débarquent avec l’équipement complet, bref il devrait y en avoir pour tous les goûts mais ça n’est pas le cas. Le public actuel du Parc des Princes n’a strictement rien à voir avec celui antérieur au plan Leproux.

      Déjà bien avant l’arrivée des qataris il y avait des tensions entre les virages Auteuil et Boulogne, et ça n’a pas toujours été pour des raisons purement politiques, mais davantage culturelles, le KOB étant plus proche de l’influence anglo-saxonne ( mode vestimentaire, chants, etc… ), Auteuil préférant s’inspirer du mouvement ultra tel qu’il s’est développé en Italie ( confection de tifos, déploiement de banderoles, etc… ).

      Le fait que l’on ait privilégié plusieurs sports n’explique en rien cette spécificité française. En Espagne, en Grèce, en Turquie et ailleurs ( notamment dans les pays de l’ancien bloc soviétique ), il y a encore de nombreux clubs omnisports et ce sont les mêmes supporters que l’on trouve sur les terrains de Football que dans les salles de Basket ou autre car c’est le club et ce qu’il représente qui est bien souvent plus important à leurs yeux que la discipline sportive en elle-même.

      Sinon, aucun club londonien ne possède l’appellation “Londres” mais en effet ils représentent tous un quartier assez important, un peu l’équivalent de nos départements limitrophes. C’est pour ça que j’insiste sur le fait qu’une entente ( crédible, qui ait du sens – pas Sedan et le Red Star comme ça a pu être fait dans le passé ) entre clubs est nécessaire pour mettre en place ce deuxième grand club francilien.

  3. avatar
    17 janvier 2017 a 16 h 30 min

    Qu’en pensez-vous de la fusion des clubs entre le PFC, Racing et Juvisy? Récemment, ces trois décident de fusionner en vue de concurrencer le PSG
    http://www.rtl.fr/sport/football/football-bientot-un-deuxieme-grand-club-a-paris-a-cote-du-psg-7786776456

    • avatar
      18 janvier 2017 a 11 h 30 min
      Par Cullen

      Faut voir. Les projets très ambitieux avec des objectifs de réussite à très court terme fonctionnent rarement, on l’a bien vu avec le Matra Racing. Ce qu’il faut c’est une équipe dirigeante prête à s’investir (et investir) sur plusieurs années avec un projet qui ne soit pas trop artificiel, se basant sur la formation, des infrastructures modernes et des partenaires économiques solides. Est-ce le cas ici ? On verra bien. Mais encore une fois, ce qui est primordial pour que la mayonnaise prenne, c’est de parvenir à fidéliser un public où réside déjà un club, et pour ce faire il faut impérativement se démarquer, fédérer derrière soi une autre couche de la population que celle qui suit aujourd’hui le PSG. Le Red Star est le club qui se rapproche le plus de ce concept aujourd’hui, et malheureusement il n’est pas inclus dans ce projet. Et l’Est parisien est (une fois de plus) totalement oublié. J’aimerai beaucoup que ça marche mais il y a eu tellement de projets de fusion en Ile de France qui, au final, n’ont abouti à rien que je préfère rester prudent.

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