Stade Lavallois : chronique d’une relégation annoncée
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Stade Lavallois : chronique d’une relégation annoncée

C'est la seule certitude de ce championnat de Ligue 2. A une journée de la fin, et 8 ans après son retour dans la division, le Stade Lavallois est relégué en National. Un cruel échec qui ne manquait pourtant pas de signes précurseurs.

Vendredi 5 mai. 21h51. Après sa défaite piteuse contre Tours (1-3) au stade Francis Le-Basser, le Stade Lavallois est officiellement relégué en National. Un déchirement pour les supporters mayennais et amoureux de ce club. Mais, dans le fond, est-ce vraiment une surprise ? Le “non” semble l’emporter.

Laval, roi des nuls

C’est l’une des marques de fabrique du Stade Lavallois depuis plusieurs saisons : engranger les matches nuls. Et cette saison 2016-2017 n’y échappe pas. Avec 15 partages des points en 37 journées, Laval est co-leader du championnat “des nuls” avec Valenciennes. Une triste distinction pour un club qui n’a jamais trouvé la bonne recette de la victoire.

En effet, si la capitale de la Mayenne s’était sauvée précédemment avec un grand nombre de matches nuls, c’est parce qu’elle parvenait à remporter des rencontres. Or cette saison, c’est là que le bât blesse. Avec cinq petits succès (contre Orléans, Ajaccio, Troyes et Reims deux fois), les Mayennais ont enchaîné les désillusions tout au long de la saison. La faute à la deuxième plus mauvaise attaque de Ligue 2 et ses faméliques 32 buts (seul Auxerre fait pire avec 27 réalisations). De quoi se questionner sur le recrutement du SLMFC.

Laval croule sous les prêts

L’été dernier, le Stade Lavallois a perdu très gros. Avec les départs de Chafik (Dijon), Goncalves (Strasbourg) et Konaté (fin de contrat), auxquels il faut rajouter les retours de prêt de Lavigne (Lorient), Habran (Paris Saint-Germain) et surtout Alioui (Guingamp), les recruteurs mayennais ont dû reconstruire une équipe. Pour ce faire, ils misaient sur des coups de poker comme Mathieu Coutadeur. L’ancien Manceau et Lorientais, exilé à Chypre à l’AEL Limassol, apparaissait comme un “bon coup” du mercato. Sa technique et sa vista au milieu ne font aucun doute. Mais son physique et sa faculté à (trop) ralentir le jeu ont pénalisé son équipe.

Laval espérait aussi profiter de la relégation administrative d’Evian-Thonon-Gaillard pour faire ses emplettes. Nsikulu et Appindangoyé ont signé respectivement pour 2 et 3 ans. Si le dernier nommé, international gabonais, a montré de bonnes choses en charnière centrale, des blessures ont contrarié sa saison et celle du Stade Lavallois, pour qui son absence est l’un des éléments de réponse à la faillite défensive de la fin de saison. Quant à Nsikulu, il n’a rien montré. De titulaire, il s’est retrouvé à faire banquette sur la touche, jusqu’à même disparaître du groupe. Un choix perdant.

Alors que le club lutte en bas de classement, les dirigeants s’agitent lors du mercato hivernal. Et ça devient du grand n’importe quoi. N’Diaye, Zéoula, Etinof et Koné sont prêtés et Mukiele est transféré à Montpellier. Pour regarnir les rangs de l’effectif tango, six joueurs débarquent sur les bords de la Mayenne. Parmi eux, trois prêts : Wissa (Angers), Nkololo (Caen) et Mana Dembélé (Le Havre). Un empilage de jeunes joueurs, sans expérience ni amour du maillot lavallois.

Pas besoin d’être sorti du Saint-Cyr du football pour comprendre que, pour jouer sa survie en Ligue 2, un club a besoin de joueurs d’expérience, de guerriers. En somme, de “vrais chiens” sur le terrain. Et ça, les dirigeants du SLMFC ne l’ont pas compris. Malgré la bonne volonté de cette ribambelle de nouvelles têtes, Laval ne s’en sort pas. L’équipe peine de plus en plus à sortir la tête de l’eau. Pour éviter la noyade, le président Christian Duraincie joue son va-tout, avec la valse à trois temps des entraîneurs. Le début de la fin.

Coach à Laval, un siège éjectable

Denis Zanko, 14 journées et puis s’en va. Laval est alors 18e de Ligue 2 et donc provisoirement barragiste. Les dirigeants optent pour du clinquant avec Marco Simone, l’ancienne gloire du PSG. Une courte idylle qui touche à son terme après la 33e journée. Les Tangos sont derniers avec 5 points de retard sur le barragiste. Impossible de tomber plus bas. Pour réaliser l’impossible, les instances du Stade Lavallois font appel à un “gars du cru”, Thierry Goudet, ex-joueur du SLMFC. Si l’opération commence bien avec ce large succès contre Reims (5-2), le suite est à l’image de la saison. N’est pas Pascal Dupraz qui veut ; à deux journées de la fin, à l’issue de ce triste Laval-Tours, les Mayennais retournent en National après 8 exercices en Ligue 2. Un sacré gâchis.

Alors, à qui la faute ? Les joueurs, les dirigeants, les entraîneurs ? Un responsable sort du lot : la réponse B. En effet, avec son projet “Ambition Horizon 2020″, Christian Duraincie et sa clique souhaitaient installer le Stade Lavallois en première partie de tableau et, pourquoi pas, jouer la montée à court ou moyen terme. Aujourd’hui, l’horizon 2018 s’écrit en National. Loin des ambitions du club. Même si, selon le président, il n’y avait ni crise, ni état d’urgence à décréter à Laval au printemps dernier. Visionnaire.

En outre, l’autre rêve du Directoire du club était la construction d’un nouveau stade à la sortie de la ville. Un stade moderne, 20 000 places environ, avec centre commercial et places de stationnement. Finalement, le SLMFC n’aura pas attendu son MMArena ou son Stade des Alpes pour descendre à l’échelon inférieur. Les supporters s’en réjouiront comme ils peuvent.

Fabien CHAUVEL

  1. avatar
    18 mai 2017 a 21 h 11 min
    Par thomas

    La réponse B et de loin, quand on sait que Duraincie passe 1 fois par mois voir les joueurs (source un joueur cadre) et pour prendre son beau petit chèque.
    Il ne faut pas s’étonner quand on connait un peu son passé “glorieux” à Paris magouille et compagnie…
    C’est mec là non rien a faire ici, l’amour du maillot cette expression est valable pour les joueurs, certes, mais encore plus pour les dirigeants, quel belle boulette d’avoir écarté un homme comme P.Jan, qui ne prenait pas de salaire, rien que ça, aurait du mettre la puce a l’oreille du directoire… quel bonne de rigolo, échanger Zanko, par Simone en pensant passer de la pommade au supporter et en espérent une pseudo motivation des joueurs qui en ont rien a faire du club.
    En plus de n’en avoir rien a faire du Club du Stade Lavallois, M.Simone qui à l’époque où il coachait Tours, on lui avait proposé un match amical, il avait dit que Laval était une équipe toute pourrie(source au club Lavallois) et que Laval n’avait pas le niveau Tours son passé d’entraineur ne parle pas pour lui, il me semble.
    Goudet doit rester, Jan doit revenir, avoir une assise défensive forte pour défendre en avançant avec des attaquant qui seront naturelement éfficace et en confiance,c’est le minimum.
    TJA

    • avatar
      19 mai 2017 a 17 h 37 min

      Il faut croire qu’on nous a écoutés. Duraincie s’en va, Jan revient. Pas rancunier ce dernier… Le début d’un gros chantier pour la prochaine saison en National. #Gâchis

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