Quand le PSG contrarie l’Europe
Photo Panoramic

Quand le PSG contrarie l’Europe

C’est un feuilleton qui dure, et qui n’a pas fini de passionner le monde du football, car la guerre entre le Paris Saint-Germain et les grands d’Europe vient juste de commencer, et cette guerre a un nom, Neymar. Le transfert du brésilien n’en finit plus de faire couler de l’encre et de délier les langues, car bien sûr, tout le monde a un avis.

Si l’on reprend tout depuis le début, si l’on cherche la genèse de tout cela, il faut probablement parler de Marco Verratti. L’italien avait des envies de départ et le FC Barcelone avait lui de grandes envies de l’accueillir, mais le PSG a clairement et définitivement fermé la porte, il n’était pas question de laisser partir le joueur sur lequel une grande partie du projet parisien repose, et encore moins vers le club qui était responsable de leur humiliation publique en Ligue des Champions.

Mais non content de refuser à Barcelone la vente de Marco Verratti, voilà que le PSG venait en plus chasser sur ses terres en voulant s’approprier l’un de ses stars, Neymar. Le joueurs de 25 ans avait déjà été approché la saison dernière mais le deal ne s’était pas conclu, pas de quoi décourager les dirigeants qataris qui sont revenus à la charge et cette fois-ci, le joueur a dit oui. Le club catalan se sentait sans doute à l’abri en ayant mis sur lui une clause libératoire à 222 millions d’euros, clause que peu de clubs veulent et surtout peuvent payer. Mais Paris a pu.

Suite à cela, le transfert s’est rapidement transformé en une bataille digne d’une cour de récréation. De retour à Barcelone le 2 août après une séjour promotionnel en Asie, Neymar est venu dire au revoir à ses coéquipiers, la chose semblait entendue, mais c’était sans compter sur Javier Tebas, le président de la Ligue Professionnelle Espagnole qui déclara ce même jour « Nous n’accepterons pas l’argent d’un club comme le PSG qui, sans appartenir à la Liga, veut exercer un droit dans notre organisation, et encore plus quand ce club enfreint des règles et des lois. (…) Ce serait contradictoire d’accepter ce paiement. Si le PSG arrive avec l’argent de la clause de Neymar, nous ne l’accepterons pas ».

Fin juillet, le président avait déjà attaqué directement le PSG en menaçant d’aller le dénoncer auprès des instances du fair-play financier : « Nous le ferons parce qu’ils enfreignent les règles du fair-play financier et les normes de concurrence de l’Union Européenne. Nous allons dénoncer cela à l’UEFA. Et si l’UEFA nous ignore, nous porterons ça dans les tribunaux compétents en Suisse et à Bruxelles ».

Et effectivement, le chèque a été refusé par la Ligue Espagnole, il faudra que les avocats se déplacent directement au siège de Barcelone pour que l’achat se fasse. Ce n’était de toute façon qu’un gain de temps pour la Liga car elle ne pouvait pas légalement bloquer une transaction, à partir du moment où la clause libératoire était levée. Ou comment, cette clause, qu’ils pensaient probablement dissuasive, s’est violemment retournée contre eux. Le transfert a pu se faire, le joueur a signé, il a été présenté, beaucoup pensaient que l’aventure touchait à sa fin et qu’on allait enfin se concentrer sur le terrain, mais c’était sous-estimer l’orgueil de la Fédération Espagnole qui ne digérait toujours pas le coup qu’elle venait de prendre.

Car à l’heure d’aujourd’hui, la Ligue Professionnelle de Football française est toujours dans l’attente du Certificat International de Transfert qui doit lui être fourni par la Liga. Ce papier se transmet via un logiciel, ce qui demande, en tout et pour tout (et en voyant large), une minute. Pourtant, manifestement débordée, la Ligue de Football Espagnole n’a toujours pas trouvé le temps de le faire, ce qui fait que Neymar ne peut pas être qualifié pour jouer dans notre championnat. La raison invoquée par les espagnols est qu’ils attendent le feu vert du FC Barcelone, qui lui même attendrait d’avoir encaissé le chèque du transfert (chèque dont ils ne voulaient pas il y a une semaine rappelons le).

Sans vouloir remettre en question la bonne foi de la Fédération Espagnole, du point de vue français on voit surtout là une manière de faire encore et toujours traîner les choses, de faire payer au PSG d’avoir eu l’audace de leur enlever Neymar, mais surtout, sans doute, d’espérer que, d’ici là, les parisiens se feront rattraper par le fair-play financier, et peut-être même que le transfert sera invalidé, sait-on jamais. Selon les textes, Barcelone a 30 jours maximum pour donner son accord, il n’est pas fou de penser qu’ils les utiliseront jusqu’au bout. Passé ce délai, le PSG pourra aller saisir la FIFA qui autorisera directement le brésilien à fouler les pelouses de Ligue 1.

Au travers du cas Neymar, c’est tout le mépris qu’ont les grands d’Europe pour la Ligue 1 qui transpire. L’Espagne est définitivement mauvaise joueuse dans cette affaire, et elle trouvera probablement un soutien du côté de l’Allemagne en la personne de Uli Hoeness, le président du Bayern Munich, qui s’était fendu d’une déclaration à l’intention du PSG courant juillet : « C’est plutôt un signe de faiblesse. Si je devais dépenser autant d’argent pour ne rien obtenir en retour, c’est surtout le signe que je n’ai pas bien travaillé en amont. C’est pour ça que je ne pourrai pas être intéressé à ce point. Le transfert le plus onéreux n’est pas forcément le meilleur si ce n’est pas celui qui vous apporte le plus ».

Les grands clubs, tels des aristocrates, ne tolèrent pas qu’un nouveau riche veuille s’asseoir à leur table, et le font savoir, sans prendre de pincettes. L’arrivée de Neymar pourrait en effet être le détonateur qui fait sauter le barrage, et ouvre les portes à l’épanouissement de la Ligue 1, et ça, le reste de l’Europe ne semble pas du tout disposé à l’accepter. Le comportement de Barcelone et de la Fédération Espagnole est regrettable, voire indigne car il pénalise non seulement le PSG, Neymar lui-même, mais aussi tout le championnat français qui est impatient de voir le brésilien enflammer les foules.

On s’agace du côté des instances mais pas que, le torchon semble aussi brûler entre Barcelone et le joueur. En effet, selon Sky Sports, les avocats de ce dernier entendent dénoncer à la FIFA le non-paiement d’un bonus de 25 millions d’euros qui lui était promis lorsqu’il avait prolongé en Catalogne. Autant dire que cette histoire pourrait durer encore un moment.

Rien ne va plus, faites vos jeux.

Et pendant ce temps là… La Ligue 1 attend.

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Retrouvez Your Zone sur

Compatible Smartphone & Tablette

Iphone & iPad

Abonnez-vous à la Newsletter