OM – AEK Athènes, le match qui n’a jamais eu lieu
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OM – AEK Athènes, le match qui n’a jamais eu lieu

En 1993-1994, la Ligue des Champions a lieu sans son tenant du titre, l’Olympique Marseille. Puni par l’UEFA après l’affaire OM – VA, le club phocéen est donc suspendu de compétition européennes mais également internationales. Son dauphin de la finale bavaroise, l’AC Milan de Fabio Capello, va le remplacer en Supercoupe d’Europe face à Parme, en Coupe Intercontinentale face au Sao Paulo FC avant de lui succéder en C1 en surclassant la Dream Team catalane de Johan Cruyff, le FC Barcelone dans une finale à Athènes, ville que l’OM aurait pu voir deux fois en cas de participation à la Ligue des Champions 1993-1994 : au premier tour de la compétition face au champion de Grèce, l’AEK Athènes, puis en finale au printemps 1994, mais le rêve vira au cauchemar durant l’été 1993.

Mercredi 26 mai 1993, en Bavière, stade Olympique de Münich. Sous la célèbre toile d’araignée imaginée par l’architecte Frei Otto pour les Jeux Olympiques d’été de 1972 ? l’OM atteint le pinacle du football européen en battant le Milan AC de Fabio Capello (1-0), pour ce qui sera le dernier match professionnel de Marco Van Basten. Sur un corner d’Abedi Pelé, son virtuose ghanéen, Basile Boli venge le souvenir douloureux de Bari en dominant Frank Rijkaard dans les airs.

Après leur légendaire joute en quart de finale de la Coupe des Champions 1991, Marseillais et Milanais s’offrent une revanche dans une finale de rêve, alors que l’édition 1992 avait sacré la troisième force du Vieux Continent, la Dream Team barcelonaise de Johan Cruyff. Lauréat face à la Sampdoria Gênes à Wembley, le Barça sortait enfin de l’ombre du Real Madrid, six fois champion d’Europe et recordman des trophées devant Liverpool et l’AC Milan (quatre fois vainqueurs de la C1).

En 1991-1992, l’ogre catalan profite de l’échec phocéen face au Sparta Prague au deuxième tour, et du Scudetto perdu par l’AC Milan face à la Sampdoria de Gianluca Vialli.

Contrairement aux éditions 1989-1990 et 1990-1991 où il participait comme tenant du titre à défaut d’avoir remporté le Scudetto (propriété de l’Inter de Lothar Mätthaus en 1989 puis du Napoli de Diego Maradona en 1990), le club lombard est suspendu de toute compétition européenne après les incidents du Vélodrome en mars 1991 (Baresi et ses coéquipiers avaient quitté la pelouse marseillaise avant la fin du match retour, l’UEFA appliquant ensuite la loi du talion envers Milan pour la saison européenne 1991-1992). Avec son nouvel entraîneur Fabio Capello, le Milan AC se transforme en bulldozer et gagne le Scudetto 1991-1992 en restant invaincu, avec 22 victoires et 12 nuls en 34 matches. Les Rossoneri sont au paroxysme de leur domination, ils resteront invincibles jusqu’en mars 1993 contre Parme, soit 58 matches de Serie A sans mordre la poussière.

Favori suprême de l’édition 1993 malgré le FC Barcelone et l’Olympique Marseille, le club de Silvio Berlusconi se voit déjà débarrassé de la Dream Team catalane pour les phases de poules … Comme l’OM un an plus tôt face au Sparta Prague, l’automne est fatal aux Blaugrana de Johan Cruyff, qui se font piéger au Nou Camp par l’épouvantail russe du CSKA Moscou.

Tombant dans deux poules séparées, orphelins des tenants du titre du Barça, l’OM et l’AC Milan sont programmés pour se retrouver en finale le 26 mai 1993 à Münich. C’est ce qui arrive, mais le parcours des Lombards et des Phocéens n’a pas grand-chose en commun. L’hégémonique club italien, tel un rouleau-compresseur, impose violemment sa férule au FC Porto, à l’IFK Göteborg puis au PSV Eindhoven de Romario : 6 victoires en 6 matches de poules, plus 4 victoires au premier tour et deuxième tour éliminatoires … Avec 10 victoires en 10 matches, 23 buts marqués pour un 1 seul but encaissé (exploit du lutin brésilien Romario), l’AC Milan fait figure de Goliath invincible, de colosse indéboulonnable tutoyant la perfection avec sa myriade de stars et ses statistiques stratosphériques qui lui attirent tous les superlatifs. Cannibalisant l’Italie comme l’Europe du football, le Milan de Capello semble intouchable, après avoir atteint son climax en terme de qualité de jeu et de résultats.

En face, le David marseillais, orphelin de Chris Waddle, Jean-Pierre Papin et Carlos Mozer partis respectivement à Sheffield Wednesday, à l’AC Milan et au Benfica Lisbonne, atteint péniblement la finale dans un groupe composé des Glasgow Rangers, du FC Bruges et du CSKA Moscou.

Dominant de peu le club écossais au classement final après deux matches nuls en confrontation directe (2-2 à Ibrox Park, 1-1 au Vélodrome), l’OM atteint presque son Graal, deux ans après Bari.

Les recrues marseillaises de l’été 1992 sont d’un renfort précieux pour le noyau dur de Raymond Goethals. Le gardien de but Fabien Barthez (Toulouse), le défenseur Marcel Desailly (Nantes), les attaquants Rudi Völler (AS Rome) et Alen Boksic (Cannes) s’intègrent parfaitement au groupe composé de Pascal Olmeta, Manuel Amoros, Jocelyn Angloma, Eric Di Meco, Basile Boli, Bernard Casoni, Franck Sauzée, Abedi Ayew Pelé.

La finale de Münich est une apothéose, une délivrance, une acmé émotionnelle. Après 37 ans d’échecs, la France décroche enfin son billet pour l’Eldorado, la victoire dans cette C1 qu’elle a créé sur une idée des journalistes de L’Equipe, Jacques Ferran et Gabriel Hanot. En face, sous le maillot rossonero, Jean-Pierre Papin, entré en cours de match en lieu et place de Roberto Donadoni aux côtés de Marco Van Basten Daniele Massaro, revit lui le cauchemar de la défaite de Bari, contre la plupart de ses anciens coéquipiers. Bernard Tapie est porté en triomphe par ses joueurs sur la pelouse de Münich, comme l’avait été Silvio Berlusconi en mai 1989 sur la pelouse du Nou Camp de Barcelone, théâtre du retour en grâce de l’AC Milan face au Steaua Bucarest (4-0).

Tout réussit à Tapie en ce printemps 1993, lui qui a sauvé son siège de député des Bouches-du-Rhône malgré la Berezina socialiste face à la droite républicaine, qui reprend l’Assemblée Nationale après un véritable raz-de-marée électoral aux élections législatives.

Longtemps restée utopique, l’accession d’un club française au gotha européen est concrétisée par l’OM après cette prouesse titanesque face au redoutable club milanais. Marseille rejoint donc des clubs mythiques du football européen ayant inscrit les uns après les autres leurs noms en lettres d’or au palmarès de la plus prestigieuse compétition continentale : Real Madrid (1956), Benfica Lisbonne (1961), Milan AC (1963), Inter Milan (1964), Manchester United (1968), Ajax Amsterdam (1971), Bayern Münich (1974), Liverpool (1977), Juventus Turin (1985), FC Porto (1987) et FC Barcelone (1992).

Trois jours après ce 26 mai 1993 inoubliable en Bavière, Marseille s’offre la cerise sur le gâteau dans un duel au sommet pour la victoire en Championnat de France. Au stade Vélodrome, dans une ambiance exceptionnelle, le club phocéen s’offre le rival parisien. Ouvrant le score, le PSG est renversé par la volonté marseillaise, notamment un but de légende de Basile Boli (encore de la tête, trois jours après le sommet de Münich …).

Mais l’OM, club le plus aimé de l’Hexagone avec ce cinquième titre national consécutif (1989, 1990, 1991, 1992, 1993) soit mieux que la série des Verts de Saint-Etienne (1967, 1968, 1969, 1979), va tomber de son piédestal.

Car avant les deux succès de Münich face au Milan AC de Fabio Capello et du stade Vélodrome face au PSG d’Artur Jorge, le club phocéen a franchi le Rubicon, remportant une victoire à la Pyrrhus le dimanche 20 mai 1993 contre Valenciennes Anzin, au stade Nungesser, du nom de cet as aérien mythique de la Première Guerre Mondiale.

Bernard Tapie, monté très haut dans le ciel de la France, va se noyer dans la mer Egée, et ne verra jamais Athènes et l’AEK en septembre 1993 pour défendre le trophée conquis en Bavière. Tel Icare, Tapie a voulu approcher de trop près le Soleil : non content d’avoir conquis le monde des affaires, racheté Adidas en juillet 1990, gagné deux fois le Tour de France cycliste avec Bernard Hinault (1985, ainsi que le Giro en Italie) puis Greg LeMond (1986), acheté le yacht luxueux Phocéa, frôlé le transfert à sensation de Diego Maradona en juin 1989, été nommé Ministre de la Ville depuis avril 1992 dans le gouvernement socialiste de Pierre Bérégovoy, l’homme d’affaires, dont le modèle est Silvio Berlusconi, va tomber du Capitole à la Roche Tarpéienne. Devenu machiavélique à force d’évoluer dans les hautes sphères d’influence, le Faust s’est rapproché du Mephistopheles qu’incarne le Cavaliere italien, Silvio Berlusconi. Ce n’est pas l’usure du pouvoir qui causera la chute de Bernard Tapie, mais son péché d’orgueil. Vitrine médiatique comme pour Berlusconi en 1994 avant son entrée en politique comme président du Conseil italien, le football va causer la perte de l’extraverti homme d’affaires français. L’OM aura été son plus bel atout médiatique mais également son talon d’Achille, avant que tous ses soutiens le lâchent progressivement. Comme Icare, Tapie a voulu monter trop haut, trop vite, lui avait été entraîné dans une spirale positive fulgurante, gravissant l’une après l’autre les marches de l’échelle de la gloire à une vitesse foudroyante.

Alchimiste des succès du club phocéen depuis son arrivée en 1986, où il a fait venir des joueurs du calibre de Papin, Cantona, Förster, Tigana, Giresse, Waddle, Mozer, Stojkovic, Francescoli, Klaus Allofs, Boli, Völler, Deschamps, Sauzée et autres Desailly, des entraîneurs de la renommée de Raymond Goethals et Franz Beckenbauer (qu’il a épuisé par son ingérence, comme avec le directeur sportif cycliste Paul Koechli en 1985 et 1986), le président Bernard Tapie va s’enfoncer de Charybde en Scylla.

C’est un défenseur de VA, Jacques Glassmann, qui va sonner le tocsin pour les Marseillais, en révélant une affaire de corruption qui concerne aussi deux de ses coéquipiers du club nordiste, Christophe Robert et Jorge Burruchaga, coéquipier du Pibe del Oro Diego Maradona en sélection argentine. En effet, on a retrouvé la somme de 250 000 francs dans le jardin de la tante de Christophe Robert le 24 juin.

Le club de Valenciennes est proche de Jean-Louis Borloo, maire de la ville depuis 1989, président du club entre 1986 et 1991, et surtout avocat de Bernard Tapie. La consanguinité des liens entre OM et VA éclate soudain au grand jour. Le juge Bernard Beffy et le procureur de la République Eric de Montgolfier sont chargés du dossier dans cette affaire présumée de corruption sportive, déjà vue dans le football à divers niveaux (Totonero italien de 1980, paris clandestins au Milan AC, affaires de matches arrangés du Standard Liège et d’Anderlecht).

L’entraîneur du CSKA Moscou, Guennadi Kostiliev, dont le club a été battu 6-0 par l’OM en Coupe d’Europe, alimente les rumeurs de corruption à l’encontre des nouveaux champions d’Europe, avec un appel téléphonique anonyme lui enjoignant de laisser filer le match en contrepartie d’une énorme somme d’argent, et du thé frelaté. Les boissons des joueurs moscovites auraient été trafiquées.

Dans le passé, le club polonais de Lech Poznan, ou le Stade Rennais, affirment avoir été victimes de jus d’orange drogués dans des hôtels de Marseille avant d’affronter l’OM.

Marseille aurait versé plus de 311 000 francs à une banque bruxelloise, via un compte suisse, somme retirée par un intermédiaire belge pour financer la victoire phocéenne contre le FC Bruges (1-0), match décisif pour se qualifier pour la grande finale européenne contre le Milan AC.

Après les aveux de Jean-Jacques Eydelie dans le bureau du juge Bernard Beffy, beaucoup d’informations vont circuler, alors que l’affaire s’est politisée, avec une déclaration du porte-parole du Parti Socialiste, Jean Glavany, évoquant une jalousie face à la réussite insolente de Bernard Tapie.

La justice sportive et ses différentes instances (FIFA, UEFA) ne va pas tomber à sonner le glas des espoirs de l’OM de rester sur le toit du Vieux Continent, alors que la France peine à se remettre de l’euphorie née du triomphe de Münich.

Marseille, incrédule, pense d’abord à un complot venu de Paris, ville du rival honni du PSG, le club de Canal + qui a supplanté l’AS Monaco d’Arsène Wenger comme dauphin en cette saison 1992-1993.

La rumeur d’un complot parisien pour récupérer le titre de champion de France 1993 et le précieux sésame pour la C1 se transforme en amalgame sur le Vieux Port.

Depuis la Suisse, l’UEFA informe la FFF qu’elle lui donne un délai jusqu’au 30 août pour désigner un éventuel remplaçant à l’OM pour la Ligue des Champions 1993-1994. Le camouflet serait terrible pour l’OM, qui trouve un allié objectif en la personne de Jean-Fournet Fayard, le président de la FFF, qui ne souhaite absolument pas ouvrir la boîte de Pandore du football français, et souhaite adopter la position de Ponce Pilate, en restant au-dessus du panier de crabes. Celle-ci s’ouvrira comme un diable avec OM – VA puis le coup de poignard bulgare signé Emil Kostadinov, revenant tel un boomerang en pleine face du président Fournet-Fayard entre juillet et novembre 1993. L’affaire VA – OM va porter une première banderille au football français après les agapes münichoises, avant que la Bulgarie ne crucifie la France pour porter l’estocade au football hexagonal, plongeant la France du football dans les ténèbres. Il faudra attendre 1998 et un Messie nommé Zinédine Zidane pour l’en sortir.

Un mois avant le terrible France – Bulgarie du 17 novembre 1993, alors que Hristo Stoïtchkov dînait paisiblement dans un restaurant de Barcelone avec des coéquipiers blaugranas, un serveur vint lui annoncer au moment du dessert que la France vient de s’incliner contre Israël. Les coéquipiers de Ronny Rosenthal avaient semé le chaos au Parc des Princes, battant la France de Papin et Cantona (3-2), plaçant une terrible épée de Damoclès au-dessus des Bleus de Gérard Houllier, déjà privés (sous Michel Platini) de la Coupe du Monde 1990 en Italie.

L’affaire OM – VA est suivie par le procureur de la République de Valenciennes, Eric de Montgolfier. Ce dernier va subir une double pression dans le cadre de son instruction, médiatique et politique, alors que le club provençal agonise financièrement (123 millions de francs de dette) et que Jean-Jacques Eydelie va rapidement briser une omerta entretenue par Bernard Tapie et Jean-Pierre Bernès.

Médiatique, car l’OM a atteint la quadrature du cercle. Dans le contexte de 1993, avant que Zidane et ses coéquipiers ne marchent sur le toit du monde puis de l’Europe en 1998 et 2000, la France du football est encore bien loin d’avoir rassasié son appétit de victoires.

Loin d’un Pantagruel, l’Hexagone est surtout connu pour avoir épousé la martingale de Raymond Poulidor : victoires de la sélection à l’Euro 84 (finale remportée contre l’Espagne) puis aux Jeux Olympiques de Los Angeles 1984 (médaille d’or face au Brésil), mais tant de défaites cruelles (Colombes 1938 contre l’Italie de Meazza et Piola, Stockholm 1958 contre le Brésil de Pelé et Garrincha, Séville 1982 contre la RFA de Rummenigge et Schumacher, Guadalajara 1986 contre la RFA de Mätthaus et Völler) ou de traversées du désert (1966-1978). Le bilan des clubs au niveau européen est encore plus douloureux : défaites en finales de C1 pour le Stade de Reims, à deux reprises contre le Real Madrid d’Alfredo Di Stefano (1956 à Paris et 1959 à Stuttgart), pour Saint-Etienne contre le Bayern Münich de Gerd Müller et Franz Beckenbauer (1976 à Glasgow), pour Marseille contre l’Etoile Rouge Belgrade de Darko Pancev, Robert Prosinecki et Dejan Savicevic (1991 à Bari), sans oublier les accessits en C2 pour Monaco contre le Werder Brême de Klaus Allofs et Wynton Rufer (1992 à Lisbonne au lendemain du drame de Furiani) et en C3 pour Bastia contre le PSV Eindhoven des frères Van der Kerkhof (1978).

Loin de jeter l’opprobre à Bernard Tapie et à l’OM, l’opinion française soutient la cause du club provençal. Comme tous les hommes politiques, François Mitterrand est une girouette et va donc suivre le sens du vent, qui souffle pour gonfler les voiles phocéennes.

Incroyable mais vrai, lors de la traditionnelle interview du 14 juillet, le président de la République François Mitterrand, sorte de mentor du jeune loup Tapie, va sortir du silence et de la neutralité en matière de commentaire judiciaire. Descendant de sa tour d’ivoire, comme aux obsèques de Pierre Bérégovoy deux mois plus tôt (Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme et finalement sa vie, au prix d’un double manquement de ses accusateurs aux lois fondamentales de notre République, celles qui protègent la dignité et la liberté de chacun d’entre nous), le chef de l’Etat donne l’illusion de briser le nœud gordien

Lors de la garden-party élyséenne, François Mitterrand soutient ostensiblement Bernard Tapie par sa gestuelle.

Violant le principe d’indépendance de la justice, Mitterrand n’est plus à un paradoxe près, lui qui a épousé les puissances de l’argent, son ennemi lors de la campagne de 1981 : dîner à la brasserie Bofinger au soir de son élection le dimanche 10 Mai 1981, pléthore d’affaires politico-financières de son ami Roger-Patrice Pelat, accession du golden boy Tapie au gouvernement en avril 1992.

Eric de Montgolfier se permet un commentaire au Vitriol sur le pensionnaire de l’Elysée : Décidément, l’Elysée n’est pas un bon observatoire pour la justice.

Le parallèle et clin d’œil historique renvoie à l’affaire de l’Observatoire, obscur canular monté de toutes pièces par François Mitterrand en octobre 1959, où il avait déclaré avoir été victime d’un attentat de la part de l’extrême-droite dans la rue Guynemer près du jardin du Luxembourg.

Le panache et l’abnégation d’Eric de Montgolfier seront vains. Car la pression politique va agir sur lui, via un cheval de Troie du nom de Pierre Méhaignerie. Garde des Sceaux du gouvernement d’Edouard Balladur, ce dernier agit pour son Premier Ministre et convoque le procureur de Valenciennes à la Chancellerie, via son directeur de cabinet, Philippe Léger.

Car malgré la cohabitation avec François Mitterrand, le pensionnaire de Matignon veut conserver des relations courtoises avec le président de la République en vue des échéances électorales de 1995.

En cas de candidature de sa part si les sondages lui servent de tremplin, le soutien du patriarche Mitterrand serait un talisman précieux face à la clé de voûte de la droite républicaine, Jacques Chirac, maire de Paris et chef implacable du RPR, mais également face aux multiples Rastignacs de la rue de Solferino, tous dévorés d’ambition à l’idée de succéder à la clé de voûte du socialiste gouvernant (François Mitterrand), Michel Rocard, Lionel Jospin ou encore Laurent Fabius.

Edouard Balladur, via un autre de ses Ministres, Nicolas Sarkozy (ministre du Budget), va épargner l’OM qui risque d’être réduite en charpie sur le plan financier sans aide du pouvoir. Un moratoire de trois ans est accordé au club provençal pour éponger sa dette de 123 millions de francs, qui risque d’asphyxier un club déjà proche de l’agonie en 1981 à l’époque des Minots.

Même si Eric de Montgolfier est bridé dans son action judiciaire, la pression sur la FFF va venir de l’extérieur, de Zürich. C’est en personne Joao Havelange, président de la FIFA, qui menace la France d’une exclusion pour la World Cup américaine 1994, alors que la sélection de Gérard Houllier croise encore le fer avec la Bulgarie et la Suède pour récupérer le précieux sésame vers les Etats-Unis.

Le compte à rebours a été terrible du côté marseillais, avec une nervosité ambiante. Le club phocéen a repris le championnat dans un contexte sentant le soufre, tel un volcan prêt à rentrer en éruption.

Au sein du Vésuve provençal, Jean-Pierre Bernès a mangé son pain noir avec dix-huit jours de détention provisoire du 6 au 23 juillet près de Lille, avant une remise en liberté sous contrôle judiciaire sur décision de la cour d’appel de Douai. Après avoir goûté au nectar et à l’ambroisie sur la pelouse de Münich, l’adjoint de Bernard Tapie a fini en prison tel un paria, loin des fastes de la Canebière.

Lors de la reprise du championnat de France contre Lens, Bernès salue le public du stade Vélodrome du centre de la pelouse. Les caméras extérieures aux chaînes alliées de Tapie (TF1 et Canal +) sont persona non grata. Un cameraman de France 2 est agressé d’un coup de tête après le feu d’artifice célébrant la victoire phocéenne contre Lens.

Ce dernier subit le courroux marseillais, deux jours plus tôt un de ses collègues de France 3 avait vu son matériel jeté dans la mer Méditerranée par Bernard Tapie en personne, au large du golfe d’Hyères.

Quelques jours plus tôt, lors du stage d’entraînement à Font-Romeu dans les Pyrénées, le coach phocéen Marc Bourrier, successeur de Raymond Goethals, avait vu douze de ses joueurs entendus par les SRPJ de Lille, Paris et Montpellier, ce qui irritait au plus haut point Bernard Tapie.

Harcelés par Joao Havelange (FIFA) ou Lennart Johansson (UEFA), Jean Fournet-Fayard et Noël Le Graët sont devant un dilemme : faire exploser le club phare du pays, plébiscité porte-drapeau du football hexagonal, ou subir les foudres des instances suprêmes du football européen comme mondial.

La pression vient aussi de Bernard Tapie qui n’abdique pas dans son lobbying et fait tout pour souffler sur les cendres encore chaudes du complot parisien. Le phénix marseillais ne renaîtra pas de ses cendres nauséabondes.

Le lundi 6 septembre 1993, Fournet-Fayard et Le Graët sont convoqués à un comité exécutif de l’UEFA à Zürich auquel se joint Joao Havelange, venu spécialement pour soutenir Lennart Johansson, bien que les deux fins politiciens que sont le Brésilien et le Suédois se détestent cordialement en coulisses …

La guillotine tombe sans surprise sur Marseille, privé de Coupe d’Europe et donc d’une précieuse manne financière qui rend le club exsangue, au bord de la faillite. Malgré les départs de Franck Sauzée (Atalanta Bergame), Manuel Amoros (Lyon), Abedi Ayew Pelé (Lyon), Pascal Olmeta (Lyon) et Alen Boksic (Lazio Rome), Bernard Tapie devait absolument éviter le scénario catastrophe du tonneau des Danaïdes afin de pérenniser l’existence du club provençal.

A cette interminable litanie de départs allait s’ajouter le nom de Marcel Desailly au mois de novembre. Entre les besoins de trésorerie urgents de l’OM et le talent de négociateur de Pape Diouf, l’ancien joueur de Nantes allait rejoindre le grand Milan AC et succéder à Frank Rijkaard dans l’entrejeu rossonero, devant les légendaires Alessandro Costacurta et Franco Baresi. En moins d’un an et demi, le natif d’Accra passait de la Jonelière à Milanello.

Habile négociateur sur le marché des transferts, Bernard Tapie réussissait quelques jolis coups pour garder l’OM compétitive en championnat de France de D2 : l’espoir brésilien Sonny Anderson (Servette Genève), le milieu de terrain portugais Rui Barros (Monaco), le Yougoslave Dragan « Pixie » Stojkovic et sa technique de velours (Hellas Vérone), les Français Alain Boghossian (Istres), William Prunier (Auxerre), Daniel Dutuel (Auxerre) et le goleador portugais Paulo Futre (Atletico Madrid), dauphin de Ruud Gullit au Ballon d’Or européen en 1987, rejoignaient la Commanderie, dans un club bientôt condamné au purgatoire de la D2.

Le lendemain de la réunion de Zürich, mardi 7 septembre 1993, les présidents de la FFF et de la Ligue Nationale de Football convoquent à Paris, avenue d’Iéna, tous les présidents des clubs qualifiés pour la Coupe d’Europe : Michel Denisot (PSG, 2e du championnat de France 1993), Jean-Louis Campora (AS Monaco, 3e), Alain Afflelou (Girondins de Bordeaux, 4e), Guy Scherrer (FC Nantes, 5e), Jean-Claude Hamel et Guy Roux (AJ Auxerre, 6e). Le grand argentier du football français, Jean-Claude Darmon, se greffe à la réunion qui durera jusque tard dans la nuit.

L’objectif de la réunion est simple, désigner le nom du club imposteur, celui qui va remplacer le champion de France mais surtout champion d’Europe en C1 face aux ténors du Vieux Continent, les Milan AC de Fabio Capello (Baresi, Donadoni, Papin, Savicevic, Boban, Paolo Maldini, Albertini, Brian Laudrup), FC Barcelone de Johan Cruyff (Romario, Stoïtchkov, Zubizarreta, Koeman, Michael Laudrup, Guardiola) et Manchester United d’Alex Ferguson (Cantona, Schmeichel, Ince, Giggs, Keane, Irwin et Kanchelskis)

Ce ne sont malheureusement pas les considérations sportives qui vont rentrer en ligne de compte pour cette désignation. Car avec George Weah, Rai, David Ginola, Valdo, Bernard Lama, Ricardo, Paul Le Guen, Daniel Bravo, Vincent Guérin, Xavier Gravelaine, Patrick Colleter et Alain Roche, le PSG avait une longueur d’avance indiscutable sur les autres clubs français.

-  Monaco, coaché par Arsène Wenger, avait une belle équipe avec Jean-Luc Ettori, Emmanuel Petit, Enzo Scifo, Youri Djorkaeff et Jürgen Klinsmann

-  Bordeaux avaient pour fers de lance trois grands espoirs du football français, Zinédine Zidane, Christophe Dugarry et Bixente Lizarazu, ainsi que le Néerlandais Richard Witschge et l’ancien international Philippe Vercruysse.

-  Nantes  était aussi une fontaine de jouvence, avec Nicolas Ouédec, Reynald Pedros, Christian Karembeu, Patrice Loko et Claude Makélélé, encadre par le virtuose Tchadien Japhet N’Doram.

-  Auxerre comptait sur Corentin Martins, Bruno Martini, Gérald Baticle, Lilian Laslandes, Moussa Saïb, Frank Verlaat ou encore Christophe Cocard

La logique sportive désignerait Paris, dauphin de l’OM en 1993 en championnat, ayant marqué les esprits au printemps par l’élimination du Real Madrid, et club le plus fort de la liste des prétendants par son effectif, bien que moins expérimenté que Monaco en compétition européenne (le club princier ayant fini demi-finaliste de la C2 en 1990 puis finaliste de la même C2 en 1992). Arsène Wenger, coach du club monégasque, défendait lui-même la position d’une participation parisienne à la C1.

Mais Canal + refuse de tuer sa poule aux œufs d’or, à savoir son alliance objective avec Bernard Tapie et l’OM, qui leur assure des audiences phénoménales. La chaînée cryptée menace de se retirer du club parisien si on impose de force au PSG de remplacer l’OM pour la saison 1993-1994 en C1. Le chantage va marcher, bien que les autres dirigeants ne soient pas sur la même longueur d’onde.

Côté bordelais, Alain Afflelou est opposé au principe même du remplacement de l’OM, quel que soit le nom du club désigné, ce qui créé des tensions avec Jean-Claude Hamel et Guy Roux, l’AJ Auxerre souhaitant une récupérer une place en Coupe UEFA par le jeu des vases communicants. Du côté nantais, Guy Scherrer s’agace du refus parisien.

En coulisses, le maire de Paris Jacques Chirac renforce le veto de Pierre Lescure, Bernard Brochand et Michel Denisot, qui ne veulent pas jouer les charognards, les vautours et profiter des malheurs de l’OM. Devant les déboires du club phocéen, les Parisiens préfèrent rester humbles et conquérir le maillot jaune sur le terrain, via le championnat de France 1993-1994, tandis que Pierre Lescure pense logiquement aux intérêts de Canal Plus. Quant au maire de Paris, Jacques Chirac, il a bien d’autres raisons de vouloir laisser le PSG à sa place théorique, la participation à la Coupe des Coupes.

Après le tsunami de la droite aux élections législatives de mai 1993, Chirac a refusé une deuxième cohabitation avec François Mitterrand, laissant Edouard Balladur descendre en gladiateur inexpérimenté dans la fosse aux lions de l’exécutif … Ancien Ministre des Finances de Jacques Chirac lors de la première cohabitation (1986-1988), Edouard Balladur accède à son bâton de maréchal avec cette nomination à Matignon. A l’apogée de sa carrière politique, Balladur va se plonger dans le panier de crabes, l’enfer de Matignon, Chirac restant dans l’ombre. Les deux hommes ont un pacte implicite : Matignon dès 1993 pour Balladur, l’Elysée en 1995 pour Chirac. Le pacte est trahi par Balladur qui espère surfer sur les sondages après une popularité impressionnante. Mais l’effet bandwagon ne le propulsera pas à l’Elysée en 1995. Après des mois à se regarder en chiens de faïence avant les déclarations de candidature, les deux poids lourds du RPR s’affrontent dans un duel fratricide qui profite au premier tour au candidat socialiste Lionel Jospin. L’effet underdog propulse Jacques Chirac à l’Elysée.

Deux ans avant l’élection présidentielle de 1995, Jacques Chirac lit déjà quotidiennement les sondages, nationaux ou régionaux. Le baron du RPR sait via le journal Le Parisien du 7 septembre 1993 que 61 % des sondés sont contre l’exclusion de l’OM de la Coupe d’Europe, et 47 % pour conserver Bernard Tapie à la présidence du club marseillais. En région Provence – Alpes – Côte d’Azur, le sondage tourne au plébiscite pro-OM, avec 77 % des sondés s’opposant à la décision prise la veille par l’UEFA.

Le puissant maire de Paris ne souhaite prendre aucun risque à moins de deux ans de ce qu’il espère être pour lui l’accession aux plus hautes fonctions de l’Etat, la présidence de  la République.

3e du championnat de France 1993, l’AS Monaco est mise au pied du mur dans cette réunion tournant à la mascarade. Acculé, le président Jean-Louis Campora accepte au nom des intérêts supérieurs du football français.

Car rien n’aurait été pire qu’une place vacante, l’UEFA aurait alors utilisé le sceau de la vengeance.

Noël Le Graët justifie ce tour de bonneteau par le prestige de la Coupe de France, dont le dernier vainqueur, le PSG doit honorer le gain par la participation à la C2. C’est donc Monaco qui jouera le rôle ingrat de l’imposteur, tandis que Marseille est également privée des matches contre Parme de Nevio Scala (tenant du titre en C2) en Supercoupe d’Europe, puis contre le Sao Paulo FC de Tele Santana en Coupe Intercontinentale (double tenant du titre en Copa Libertadores et vainqueur sortant de la Coupe Intercontinentale). C’est le dauphin européen de l’OM, l’AC Milan de Fabio Capello, qui affrontera le club parmesan et le club brésilien. Malgré son hégémonie en Italie et en Europe, l’ogre milanais échoue face à son voisin parmesan puis face au club pauliste. Ironie du destin, les hommes de Silvio Berlusconi n’auront donc pas profité des malheurs phocéens, mais ils sont lancés vers le Scudetto et un nouveau titre européen.

La défense du titre européen devenue utopique pour Marseille, seul l’espoir d’un titre national reste possible mais le PSG d’Artur Jorge fera un impressionnant cavalier seul en championnat de France durant la saison 1993-1994, fort de son tandem offensif David Ginola – George Weah.

L’apartheid européen de Marseille en 1993-1994 n’est que le début de la fin, car la DNCG rétrograde club provençal en D2 pour la saison 1994-1995, malgré sa place de dauphin du championnat 1994. L’exode massif sera terrible, seul Fabien Barthez restant en D2 avec le club. Mais le grand espoir français au poste de gardien de but, pour ne pas hypothéquer ses chances de jouer la Coupe du Monde 1998, rejoindra sagement l’AS Monaco en 1995.

Tous les autres avaient fui à l’été 1994 : Rudi Völler (Bayer Leverkusen), Sonny Anderson (Monaco), Eric Di Meco (Monaco), Didier Deschamps (Juventus Turin), Paulo Futre (Reggina), Rui Barros (FC Porto), Dragan Stojkovic (Nagoya Grampus Eight), Jocelyn Angloma (Torino), Alain Boghossian (Naples), Basile Boli (Glasgow Rangers), attirés pour la plupart par les sirènes italiennes.

La cité phocéenne retrouvera l’ivresse des soirées européennes en C3 en 1994-1995. Ironie du destin, le tirage au sort désigne un adversaire grec, athénien même pour l’OM, au premier tour : l’Olympiakos Le Pirée, rival de l’AEK Athènes que l’OM aurait du affronter un an plus tôt au premier tour de la C1. Vainqueur du club grec, Marseille tombe au tour suivant face aux Suisses du FC Sion.

En 1993-1994, l’AS Monaco passe les poules contre Galatasaray, le Spartak Moscou et le Barça. En demi-finale, le club princier subit l’impitoyable joug du grand Milan AC de Fabio Capello.

En finale, bien qu’outsider et privé de sa charnière centrale Baresi / Costacurta, le club lombard marche sur l’eau et pulvérise la Dream Team de Johan Cruyff (4-0). Auteur du quatrième but italien, Marcel Desailly gagne de nouveau la C1, un an après l’épilogue heureux de Münich. Le club de Silvio Berlusconi égale au palmarès Liverpool, club qui a tant souffert de la tragédie du Heysel (1985), des cinq ans de suspension européenne imposée aux clubs de la Perfide Albion par l’UEFA, et du drame d’Hillsborough (1989), comme l’OM va souffrir de l’affaire OM – VA.

L’élan marseillais qui aurait dû entraîner le football français de club vers le haut ne sera guère suivi. Fauché en plein vol, le football français gagne la C2 en 1996 avec la victoire du PSG à Bruxelles contre le Rapid Vienne.

Quatre autre finales seront décrochées par les clubs de l’Hexagone, toutes perdues : en 1996 par Bordeaux en C3 (face au Bayern Münich de Franz Beckenbauer assurant l’intérim derrière Otto Rehhagel), en 1999 par l’OM en C3 (face au Parme d’Alberto Malesani), en 2004 par l’OM en C3 (face à Valence de Rafael Benitez) et en 2004 également par Monaco en C1 (face au FC Porto de José Mourinho).

Les triomphes viendront de l’équipe de France, avec la Coupe du Monde 1998 gagnée face au Brésil et l’Euro 2000 arraché à l’Italie dans l’inoubliable finale de Rotterdam.

Viscéralement attaché au football comme bien des cités populaires en Europe (Bilbao, Liverpool, Manchester, Turin, Dortmund, Porto …), Marseille a mis du temps à effacer la cicatrice de l’affaire OM – VA. Le capitaine de 1993, Didier Deschamps, devenu entraîneur en 2009, a ramené quatre trophées en trois saisons : le championnat de France (2010) et trosi Coupes de la Ligue consécutives (2010, 2011, 2012), dans un club qui aura vu des étoiles (plus ou moins décevantes) défier après le départ de Bernard Tapie fin 1994 : Tony Cascarino, Iordan Letchkov, Reynald Pedros, Andreas Köpke, Fabrizio Ravanelli, Claudé Makélélé, Robert Pires, Laurent Blanc, Didier Drogba, Franck Ribéry, Samir Nasri, Boudewijn Zenden, Matthieu Valbuena, Loïc Rémy, Steeve Mandanda, André-Pierre Gignac.

Mais dans l’intervalle, d’autres clubs français ont su prendre leur envol sur le plan national : Bordeaux et ses succès réguliers (championnat de France gagné en 1999 et 2009, Coupe de France en 2013, Coupe de la Ligue en 2002, 2007 et 2009), Lyon et son septennat hégémonique (sept titres nationaux en 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007 et 2008), sous l’égide de Jean-Michel Aulas qui a appris les ficelles de président avec Bernard Tapie … Et le PSG version Qatari depuis 2011, avec les stars Zlatan Ibrahimovic, Edinson Cavani, Javier Pastore, Marco Verratti ou Thiago Silva aux commandes de ce bulldozer.

Marqué au fer rouge par le Heysel, Liverpool ne s’en est jamais vraiment remis, malgré le succès de folie d’Istanbul un soir de mai 2005 contre l’AC Milan de Carlo Ancelotti. Mais la disette, dans l’ombre de Manchester United ou encore Chelsea, Arsenal, Manchester City se poursuit depuis 1990, soit près d’un quart de siècle.

Revenue du diable vauvert après le Calciopoli de 2006, la Juventus Turin attend toujours de retrouver les sommets européens, elle qui ne cesser de voltiger sur le Calcio après trois Scudetti de rang en 2012, 2013 et 2014, du jamais vu en Italie depuis le grand Milan AC de Fabio Capello. La Vecchia Signora avait pu effacer sa victoire endeuillée lors de la finale de C1 1985 au Heysel par un souvenir plus heureux en 1996 contre l’Ajax Amsterdam, à Rome.

A Marseille de retrouver les sommets et d’offrir de nouveau des montagnes russes d’adrénaline aux spectateurs de France et de Navarre, avant d’espérer un jour de reconquérir l’Europe du football, comme en 1993, année zéro du football français. Mais il faudra déjà détrôner l’ogre parisien sur le plan national.

  1. avatar
    19 décembre 2014 a 8 h 32 min

    Marseille ne s’est jamais vraiment remis d’OM – VA, malgré de très belles saisons sous les mandats de Rolland Courbis en 1999 (2e en L1, finale de C3 contre Parme), en 2004 (finale de C3 contre Valence), avec Erik Gerets en 2009 (2e en L1) et Didier Deschamps en 2010 (champion de France et vainqueur de la Coupe de la Ligue).

    Comme Liverpool ou la Juventus, seul le temps permettra de cicatriser la plaie à 100 %

  2. avatar
    19 décembre 2014 a 11 h 58 min
    Par vercruysse

    bonjoiur, j’ai lu votre article avec beaucoup d’interet quand vous parler de marseille vous faites la par belle à certains joueurs comme cantona ,stojckovic ou encore franscecoli , des joueurs qui n’on rien apporter à l’Olympique de Marseille mais vous oubliez volontairement des joueurs comme mon frére Philippe Vercruysse et bien d’autres qui ont etait à la base du renouveau de l’Olympique de Marseille avant que mon frére n’arrive à Marseille ils etaient tous la papin , giresse, allofs, foster et l’ inevitable tapie mais zéro titre l’arrivée de mon frére à tout changé premiére année le doublé coupe et championnat et à titre personnel il donne deux autres titres à Marseille Philippe Vercruysse à etait le seul et unique numéro 10 de L’OM de 88/89 89/90 90/91 134 matchs et 42 buts seulement en trois ans et reconnu par Monsieur Bekenbauer comme l’un des plus grands numéro10 au monde ce n’est certainement pas stojkovic , franscecoli et encore moins cantona qui ont reussi à l’Olympique de Marseille!!!

    • avatar
      19 décembre 2014 a 14 h 48 min

      C’est pas complètement faux…

      Stojkovic, Francescoli, Cantona, même Beckenbauer, ils n’ont pas été géniaux à l’OM.

      Vercruysse? Oui, pourquoi pas, et Huard, Olmeta, Angloma, Germain, Thomas, Casoni, Durand, Ferreri, bref, des mecs dont on a oublié la carrière à l’OM et qui n’ont pas été moins déterminants que les 3 précités.

      • avatar
        19 décembre 2014 a 18 h 44 min
        Par vercruysse

        habitant sur la cote d’azur et contrairement à ce que vous dite jamais les supporters de marseille n’ont oublié mon frére et il n’y a pas que l’Olympique de Marseille bien d’autres clubs non jamais oublier Philippe Vercruysse régulierement toute la presse national fait des articles sur mon fréres dernierement le journal la Provence!!! ou encore il etait inviter pour donner le coup d’envoi d’un match par l’Olympique de Marseille et partout ou mon frére ce déplace il faut bien le dire c’est tapi rouge immensement respecté pour sa carriére et son talent et son image execptionnelle!!!

  3. avatar
    19 décembre 2014 a 15 h 50 min

    Philippe Vercruysse était un excellent joueur et personne ne le niera, international français, participation au Mondial 1986.

    Mais désolé les noms que l’on retient dans cette période à l’OM sont ceux de Papin, Waddle, Abedi Pelé, Mozer et Boli, avant ceux de Völler, Deschamps ou Boksic.

    Les blessures ne l’ont pas épargné, Vercruysse était titulaire indiscutable en 1990-1991 à l’OM pas de souci là dessus, dans la meilleure équipe phocéenne de l’ère Tapie.
    Présenté comme d’autres comme un héritier de Platini avant que le vrai n’arrive en 1994-1995 (Zidane), Vercruysse a été ignoré par Platini sélectionneur en fin de mandat puis par Gérard Houllier.

    Cruel peut être, mais c’est ainsi … Et pour reparler des 3 joueurs cités, Cantona, Francescoli, Pixie Stojkovic, ils ont fait bien d’autres choses en dehors de Marseille pour mériter leur réputation.

    Ce qui n’enlève rien au talent de Philippe Vercruysse, joueur que j’appréciais regarder perso.

  4. avatar
    19 décembre 2014 a 15 h 53 min

    Dernier point, jamais dans l’article je ne disque Cantona, Francescoli et Stojkovic ont été les plus décisifs. Tout le monde sait que le quatuor Abedi Ayew Pelé / Waddle / Mozer / Papin était la clé de voûte du grand OM.

    Vercruysse, comme d’autres joueurs tels que Sauzée, Desailly, Deschamps, Amoros, Casoni, Olmeta, Boli, Angloma, Barthez, Völler, Boksic, a apporté sa pierre à l’édifice, encore une fois personne ne le niera.

    Mais l’Histoire retient les artistes, dont Cantona, Francescoli et Stojkovic, c’est ainsi.

  5. avatar
    19 décembre 2014 a 18 h 20 min
    Par vercruysse

    les artistes quel artistes ( stojkovic 48 matchs 0 but!!!) arstiste alors certainement pas à l’Olympique de Marseille et certainement pas avec les grands supporters de cette époque c’est juste le cotés médiatique tapie avait acheter 50 millions de francs stojkovic il fallait absolument pas que sa cote se deprecie bien evidemment pour le revendre derriére comme je vous l’ai dit Monsieur Bekenbauer qui à juste gagné la Coupe du Monde comme joueur puis comme entraineur à reconnu l’artiste Philippe Vercruysse alors qu’is etaient tous la ( stojkovic , franscecoli, pelé , waddle, ou encore cantona ) la clé de voute alors j’ai du manquer un épisode doublé coupe et championnat 1988/89 historique avec à la baguette Philippe Vercruysse ils etaient ou ( stojkovic , pelé, waddle, franscecoli, cantona)

  6. avatar
    19 décembre 2014 a 20 h 41 min

    Je ne vais même pas répondre à quelqu’un qui considère que Dragan Stojkovic est un joueur anonyme même si son passage à l’OM ne fut pas le meilleur de sa carrière, OK là dessus

    Juste une question, on a beaucoup parlé des meilleurs joueurs français de l’Histoire cette semaine à l’occasion de la retraite de Thierry Henry, pas entendu le nom de Philippe Vercruysse désolé …
    Cela n’enlève rien à son talent mais restons raisonnables en terme d’écho. J’ai entendu les noms de Zidane, Platini et Kopa bien sûr, de Papin, Cantona, Vieira, Lizarazu, Thuram, Barthez, Desailly et autres Deschamps, bref quoi de plus logique ?
    Et avant 1998, il y en a plein qui furent meilleurs que Vercruysse des Français en terme d’aura : Piantoni, Fontaine, Six, Marche, Jonquet, Trésor, Bats, Bossis, Battiston, Rocheteau, Ben Barek …

    Sinon en 88/89, Waddle, Stojkovic et Francescoli ne sont pas l’OM difficile de participer au doublé Coupe – Championnat.

    Quant à Beckenbauer, immense joueur, entraîneur commun. N’importe qui aurait gagné le Mondiale 90 italien avec la RFA vu l’équipe de feu qu’ils avaient alors.
    Et ce 0-4 à Auxerre en décembre 1990, pas très impérial pour Kaiser Franz.
    Viré par Tapie pour remettre Goethals, le vrai coach des années OM.

    • avatar
      20 décembre 2014 a 12 h 29 min
      Par vever

      je fais suite une derniére fois à votre commentaire mon dieu mais vous ne connaissez strictement rien au football c’est méme pathétique, qui étes vous d’abord vous etiez au stade vélodrome à cette époque à qui je parle je n’ai jamais parler de notoriété j’ai parler de fait de chiffre il n’y a rien de plus éloquent que les chiffres!!! du minot jusqu’au grand-pére tous le monde vous diras que le seul numéro10 88/91 s’appelle Philippe Vercruysse j’ai encore beaucoup d’amis à Marseille!!! vous parler de Monsieur Bekenbaueur une méga star certainement pas n’importe qui aurez gagné la Coupe du monde vous citez un autre nom qui la remplacer quel pantalonnade il n’a jamais fait une seule fois l’équipe c’est de notoriété public que tapie faisait l’équipe aller sombre crétin vous connaissez strictement rien au football aller un bon conseil ne parler plus de football parce que vous dites ou ecrivez c’est n’importe quoi à bon entendeur salut!!!

  7. avatar
    21 décembre 2014 a 10 h 49 min

    Tout le monde sait que Tapie faisait l’équipe. Mais dire que Beckenbauer ou Goethals c’est la même chose et qu’ils ont zéro influence, c’est aussi ne rien connaître au football.

    Si tu veux croire que Vercruysse était meilleur que Waddle ou Abedi Pelé, libre à toi.
    Encore une fois, je ne nie pas son talent ni sa valeur ajoutée pour l’OM entre 1988 et 1991. Mais venir prétendre qu’il fut LE joueur majeur du club sur la période, là franchement j’ai du mal à encaisser une telle énormité. Et pas besoin d’être ou pas ou Vélodrome, encore 1 mega connerie.

    J’ai juste dis que Cantona, Stojkovic et Francescoli avaient fait une plus belle carrière que Vercruysse primo, et secundo que Waddle, Papin, Mozer, A.Pelé étaient les 4 piliers du club sous l’ère Tapie. C’est aussi bête que cela.
    Cela ne veut pas dire que Vercruysse fut un mauvais joueur, à l’OM ou ailleurs.

    Et avant de me juger, lis mes autres articles au lieu de juger sur une pauvre discussion sur un joueur que 50 % des gens ont oublié …

    Quant aux chiffres, on peut leur faire dire ce que l’on veut, c’est bien connu …

  8. avatar
    3 janvier 2015 a 13 h 24 min
    Par classik

    Assez d accord avec tout ce qui est dit. Quand Marseille brillait, toutes ses stars, et même les remplaçants brillaient. Mais quelques joueurs se sont montres monstrueux dans les moments très très difficiles, je pense notament à cascarino ou à Sony anderson, mais à mon sens un encore plus que tous les autres, et qui n est pas cité une seule fois dans l article, c est Marcel Dib, dans les années de D2. Il survole tout et tout le monde et l om lui doit je pense beaucoup, beaucoup.
    Non?

  9. avatar
    3 janvier 2015 a 18 h 13 min

    Dib joue à l’OM de 1994 à 1996, or l’article parle essentiellement de la saison 1993-1994.
    Mais oui avec Cascarino, Barthez, Libbra, Jambay ou encore Casoni, il fut un de ceux à qui l’OM doit sa remontée

    Pour Sonny Anderson, en effet il a bien aidé l’OM en 93-94 avec 16 buts en 20 matches suite à la vente de Boksic vers la Lazio Rome.
    Débarquer du Servette Genève vers le club champion d’Europe était un sacré défi, relevé par le jeune brésilien.

  10. avatar
    6 avril 2015 a 21 h 46 min
    Par richard

    vercruysse a rate le seul match ou il aurait pu devenir une star c est bien celui de bari transparent du debut jusqu a sa sortie

  11. avatar
    27 octobre 2015 a 23 h 27 min

    Le talent de Vercruysse a été reconnu par Franz Beckenbauer, personne ne le nie.
    Mais la postérité n’a pas retenu son nom dans la légende des années Tapie, autant que celui de Chris Waddle ou même d’Abedi Pelé, symboles forts du grand OM de la période 1988-1991 avec Jean-Pierre Papin bien entendu.

    Pour Bari en 1991, c’est d’abord un ratage collectif sur le plan mental, le club phocéen avait fait l’erreur de jouer la finale avant la finale.
    Et le malheur a voulu qu’ils tombent sur un club yougoslave, l’Etoile Rouge étant habituée aux tirs aux buts, le match nul étant impossible dans son propre championnat, ce qui multipliait les occasions de pratiquer en compétition …

    Philippe Vercruysse a réussi à Marseille personne le nie, mais c’est ainsi l’Histoire retiendra Papin Waddle et Abedi Ayew Pelé tout d’abord.
    Quant à Eric Cantona, Dragan Pixie Stojkovic ou Enzo Francescoli, ils ont montré bien d’autres choses en dehors de Marseille …

    Et pour finir avec Vercruysse, là où il a manqué de chance c’est en équipe de France, ce qui explique sa fin de carrière moins glorieuse post OM : Nîmes, Bordeaux, Lens …

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