L’Europe, un nouvel horizon français ?
Photo Panoramic

L’Europe, un nouvel horizon français ?

Pendant que la ville de Marseille se prépare à suivre avec ferveur la demi-finale d'Europa League qui l'opposera à Salzbourg, petite réflexion sur les difficultés des clubs français se projeter dans cette compétition.

La course à l’Europe était pendant des années l’objectif des clubs français. Pas tant pour jouer de toute son énergie cette compétition mais plutôt pour l’argent que procurent les droits TV. Ces milliers d’euros en plus que rapportait une place supplémentaire au classement. Un succès d’estime menant à une compétition en plus avec des matchs supplémentaires dont il est difficile de se débarrasser.

Chaque année c’est les mêmes difficultés. Surtout pour la particulière C3, l’Europa League. Fin juillet et début août les équipes françaises se prend les pieds dans le tapis face à des clubs modestes de pays modeste dans un match de barrage coupe-gorge. Bordeaux en a fait les frais cette saison. Marseille eux ont dû vaincre sans convaincre des Belges avec l’esprit Coupe de France. Aux allures de match amical, ces matchs, au final, amènent à vivre des émotions fortes. Des mois bien plus tard.

Il est là le paradoxe du football français dans les compétitions européennes. Il est difficile pour eux de s’y attacher. Le championnat est une priorité parce que c’est ce qui fait manger. C’est son pain quotidien. Pourtant l’Europa League procure des émotions fortes. C’est le gâteau que l’on se paye, la pâtisserie que l’on savoure. Mais c’est parfois au prix du championnat. Ainsi il faut mener de front les deux compétitions, tout en étant patient sur la récolte possible de tous ces efforts.

En effet qui se rappelle des matchs de poule très poussifs des marseillais contre ces clubs modestes de l’autre bout de l’Europe ? Qui se rappelle du Stade Vélodrome pratiquement vide pour ces soirs d’Europe du mois de Novembre ? Dans l’anonymat, avant les confrontations avec un fort enjeu, l’équipe marseillaise à fait son simple boulot. Celui de se qualifier tout après tour, match après match. En Europa League, il est long d’attendre son moment d’émotion. De juillet en avril sans avoir de but précis, les Marseillais passent les tours. Jamais cette coupe n’était réellement évoquée dans les objectifs du club. Elle posait même la question de son coût sportif dans la course à la Ligue des Champions. Mais au vue de la furie qui s’empare de Marseille et de son équipe les dirigeants se doivent de penser que le jeu en vaut la chandelle.

Il y a encore quelques années, les clubs arguaient le peu de rentabilité de cette compétition. Un dirigeant de club avait même eu un discours plus dur. Ce serait seulement à partir des quarts de finale que la compétition deviendra rentable. Pourtant le football est un spectacle tout autant qu’il est un sport. Son incertitude procure des émotions et installe dans l’esprit de ses plus fervents fidèles le souvenir d’avoir vécu un grand moment. Demander à un supporter de Guingamp ce qu’il a ressenti quand son équipe s’est qualifié pour les matchs à élimination directe. Le couperet du but à l’extérieur pouvant tout changer, l’espoir de défier dans son antre les plus gros d’Europe. Comment la France a pu s’en passer pendant tout ce temps. Pourquoi il a fallu attendre Lyon l’année dernière et Marseille cette année pour enfin prendre conscience du potentiel émotionnel de cette petite coupe d’Europe. Offrant plus d’incertitude et d’espoir que sa grande sœur, elle n’est pas pour autant dépourvu de beauté. A en voir son palmarès et son autre demi-finale (Athlético Madrid – Arsenal), sous-estimé cette compétition, mettre en place son équipe B c’est insulter le plaisir de son supporter. Elle peut revêtir le goût de la fête et de l’exceptionnel dans la monotonie du championnat français. La ferveur marseillaise était là, patientant sagement, et n’attendant que cette opportunité de s’exprimer. L’occasion de jouer une finale européenne, inconnue depuis 2004, est une opportunité pour les nouvelles générations de se forger des souvenirs de supporters comme seul l’Europe peut le faire.  Même si Marseille loupe sa chance, on espère que les autres clubs puiseront son inspiration de cette aventure pour les prochaines années. Le football français a besoin de ce type de match pour grandir et construire de nouveaux mythes. L’Europe peut l’embraser. Le football français en a cruellement besoin.

  1. avatar
    28 avril 2018 a 18 h 29 min
    Par jeanfabrice

    J.envie d’avoir toute les chaine dans canal sat

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Retrouvez Your Zone sur

Compatible Smartphone & Tablette

Iphone & iPad

Abonnez-vous à la Newsletter