Perez et les Galactiques, erreurs à répétition
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Perez et les Galactiques, erreurs à répétition

Elu en 2000, se laissant griser par les titres acquis entre 2001 et 2003, Florentino Perez n’a cessé de cumuler les erreurs de gestion sportive durant son premier mandat à la tête du Real Madrid, jusqu’à sa chute en 2006. Mais le phénix a su renaître de ses cendres depuis 2009, avec en point d'orgue la Decima obtenue par Carlo Ancelotti en 2014.

2000, Figo remplace Redondo et éclipse Raul

L’histoire commence le 24 mai 2000, au Stade de France. Le Real Madrid bat Valence 3-0 et s’offre une huitième Coupe d’Europe. La réélection de Lorenzo Sanz comme président du club castillan paraît acquise. Le 5 juillet, Sanz marie sa fille à un certain Michel Salgado, latéral droit du club. Le même jour, le rêve vire au cauchemar pour le président du Real, car la radio Cadena Ser annonce rien de moins qu’un accord aurait été trouvé entre son adversaire Florentino Perez, candidat à la présidence, et Luis Figo, star du dernier Euro 2000 avec Zinédine Zidane, autre virtuose du football européen. Perez a commandé des sondages auprès des socios, et sait comment les faire rêver : en recrutant une superstar. Ce sera Luis Figo. La deuxième étape du plan machiavélique de Perez est d’approcher Figo via un intermédiaire particulier, Paulo Futre, ancienne gloire du rival, l’Atletico Madrid, mais star portugaise des années 80 et idole d’enfance de Figo. Le 9 juilet, à la demande Joan Gaspart candidat lui à la présidence du Barça en tant que successeur de Josep Lluis Nunez, Figo publie un démenti officiel. Mais Futre a déjà convaincu Figo, qui s’est vu opposer un veto irrévocable par Barcelone pour toute revalorisation salariale, de signer un pré-contrat avec Perez, dès le 1er juillet, via son agent José Veiga. Paulo Futre, que la Fédération portugaise n’a pas invité à un seul match de l’Euro 2000, a convaincu Luis Figo de penser à lui d’abord, et donc à son compte en banque, les challenges sportifs du Barça et du Real étant équivalents. Le 12 juillet, Perez assène le coup de grâce en conférence de presse. Il confirme la rumeur Figo en cas d’élection à la présidence, et s’engage à rembourser les socios de leur abonnement au Bernabeu pour la saison 2000-2001 du Real Madrid. Car Perez s’est couvert auprès de Veiga dans le contrat, au cas où Figo s’engagerait vers un autre club, Barcelone ou un club tiers. Veiga, lui, a signé malgré cette clause diabolique, confiant sur le fait que son poulain étant le joueur le plus convoité d’Europe avec Zidane et Rivaldo, n’importe quel club serait prêt à payer les 30 millions d’euros de dédit. Perez vient de porter l’estocade à ses deux rivaux : celui de Madrid, Lorenzo Sanz, et celui de Barcelone, Joan Gaspart, qui ne peut décemment dépenser autant pour garder un joueur ayant déjà franchi le Rubicon en signant avec l’ennemi séculaire. Le 16 juillet, Perez remporte les élections. En vacances en Sardaigne, Figo se retrouve face à un dilemme : trahir Barcelone et ses socios dont il est l’idole absolue, soit dire non au Real Madrid avec qui il vient pourtant de s’engager. Figo et Perez se rencontrent le 18 juillet. Sur la défensive, le crack portugais, figure de proue des succès de Barcelone et du Portugal en 2000, accepte finalement l’offre du malin Perez à une seule condition, être épaulé par un compatriote, Sa Pinto, que le Real Madrid fera venir de la Real Sociedad. Le dimanche 23 juillet, Joan Gaspart fraîchement élu président du Barça reçoit un appel de Figo. En pleine célébration de son élection, Gaspart se retrouve avec une terrible épée de Damoclès au-dessus de la tête … Soit il paye 30 millions de dédit qui atterriront dans le trésor du Real Madrid, soit il laisse filer son meilleur joueur à l’ennemi. C’est le cauchemar pour Gaspart, mais il est utopique de croire à un rachat du contrat par le Barça. Figo est donc madrilène, et passe sa visite médicale à Madrid le 24 juillet 2000. Près de cinquante ans après le terrible bras de fer entre le Barça et le Real pour arracher la signature d’Alfredo Di Stefano (1953), le club madrilène gagne à nouveau. Perez a frappé un très grand coup dès son arrivée comme président du Real, tandis que Figo tente de justifier auprès des médias. Il s’excuse auprès des socios du Barça mais vilipende ses dirigeants qui n’ont pas su le reconnaître à sa juste valeur sur le marché du football européen. Pour le Barça, Figo est un avatar de Vespasien. L’argent n’a pas d’odeur.

Argument électoral dans sa campagne du printemps 2000 face à Lorenzo Sanz, Luis Figo a donc été une promesse tenue du candidat Florentino Perez, une fois devenu président du Real Madrid. Pour 62 millions d’euros, le roi du BTP espagnol arrachait l’idole portugaise aux socios du Barça. Comme Schuster en 1988 et Laudrup en 1994, Figo fit donc le trajet interdit Barcelone – Madrid.
Mais l’Allemand, indésirable comme beaucoup de ses coéquipiers auprès de Nunez après l’épisode de la mutinerie Hesperia, et le Danois, en froid avec Johan Cruyff, quittaient la Catalogne sans regrets. Au sortir d’un Euro 2000 où seul Zidane s’était montré plus étincelant que Luis Figo, tout Madrid se consumait d’impatience, brûlant ardemment de désir de voir jouer l’homme chargé de remplacer Fernando Redondo parti au Milan AC, la nouvelle clé de voûte d’un Real champion d’Europe en titre. La venue de Figo est globalement une réussite dès la première saison : malgré les échecs contre Galatasaray en Supercoupe d’Europe et Boca Juniors en Coupe Intercontinentale, le club madrilène triomphe en Liga en 2001, et le Portugais ramène le Ballon d’Or à Madrid pour la première fois depuis celui d’Alfredo Di Stefano en 1959 ! Mais en éclipsant médiatiquement Raul, Figo est bien involontairement l’auteur du crime de lèse-majesté : le buteur espagnol n’est plus maître dans son royaume. Le club perd déjà son identité, et ce n’est pas fini.

2001, l’arrivée de Zidane vexe Luis Figo

Agnelli qualifiait Platini de “Manolete et Nijinski”, et disait de Zidane “qu’il était plus divertissant qu’utile”. La Juventus se retrouva orpheline du Français à l’été 2001, mais utilisa les 76 millions d’euros de son transfert pour acheter Nedved, Buffon et Thuram. Quelques mois plus tôt, en décembre 2000, alors que les rumeurs et les spéculations les plus folles envoyaient Zidane tantôt au Real Madrid tantôt au Barça, le président du club merengue, Florentino Perez, se retrouva à la table du virtuose français au congrès de la FIFA à Zürich. L’anecdote raconte que Perez demanda au numéro 10 de l’équipe de France de répondre sur une serviette de table à la question suivante : “Veux-tu jouer pour le Real Madrid ?” Battant le record du monde du transfert le plus cher établi par Figo un an auparavant, Zinédine Zidane porta les dépenses galactiques de Florentino Perez à 138 millions d’euros, soit la somme astronomique de 911 millions de francs ! Mais alors, le Real Madrid n’était pas encore le tonneau des Danaïdes qu’il s’apprêtait à devenir ! Car Perez avait vendu en 2001, en pleine euphorie immobilière espagnol des années Aznar, pinacle de la bulle qui emporterait la péninsule en 2008, le complexe sportif de la Ciudad Deportiva, situé au nord de Madrid, pour 498 millions d’euros, plus de 3 milliards de francs !! En comparaison de ce chiffre démesuré, les 138 millions d’euros cumulés des acquisitions de Figo et Zidane font figure d’argent de poche. Cette manne providentielle tirée de la vente de son complexe sportif de 30 000 mètres carrés, Perez l’avait donc d’abord utilisé pour recruter une équipe d’artistes. Malgré les deux titres de champion d’Europe de l’ère Sanz en 1998 et 2000, Madrid était toujours nostalgique de son passé, de son âge d’or, celui des années Di Stefano, Kopa, Gento, Puskas, à la fin des années 50 et au début des années 60. Mais s’il avait été habitué à évoluer dans l’ombre de Rivaldo à Barcelone sous Louis Van Gaal, le Brésilien ayant attiré
tous les superlatifs en 1999 avec notamment un Ballon d’Or aux airs de plébiscite, Figo avait appris à apprécier la lumière à Madrid. Fort de son Euro 2000 triomphal, sacré Ballon d’Or en fin d’année, auréolé de gloire en 2001 aux côtés de Raul en gagnant la Liga, le Portugais vécut très mal l’arrivée de Zidane.

2002, Ronaldo et le schisme du vestiaire

C’est in extremis que Florentino Perez conclut le transfert de Ronaldo. Le 31 août 2002, le Brésilien quitte Milan sous les huées des tifosi de l’Inter. Vergogna ! Accueilli à l’aérodrome militaire de Torrejon de Ardoz, l’homme aux 8 buts à la Coupe du Monde 2002 rejoint le Real Madrid, cinq ans après avoir quitté Barcelone pour le Calcio. En 2001, son retour au plus haut niveau paraissait
utopique, et le voilà désormais installé avec Figo, Zidane et Raul dans une attaque de feu, qui relègue l’ancien trident offensif du Milan AC de Capello, Weah – Baggio – Savicevic, aux oubliettes. Mais le carré d’as Figo – Zidane – Raul – Ronaldo fait une victime collatérale … Fernando Morientes.
L’Espagnol, complice de Raul dans le vestiaire, va cirer le banc de Del Bosque. Acheté 45 millions d’euros, le Ballon d’Or 1997 fait merveille dès son premier match : doublé contre Alaves, dont un but sur son premier ballon, servi par son compatriote Roberto Carlos. Le purgatoire de Morientes ne dura qu’un an, période à la fin de laquelle le buteur espagnol fut prêté à Monaco. Ironie du destin, Morientes marquerait le soir d’une déroute européenne historique du Real Madrid en mars 2004 au stade Louis II. Son honneur était vengé. Mais Ronaldo, lui, avait confirmé que le phénix du Mondial asiatique n’était pas un feu de paille. Auteur d’un triplé d’anthologie à Old Trafford face à MU en avril 2003, le Brésilien fut sacré Pichichi en 2004, sept ans après sa première couronne des buteurs acquise avec le Barça en 1997, année où Morientes quittait pour Saragosse pour rejoindre Raul et Mijatovic parmi les étoiles offensives du Real Madrid. Au détriment d’un autre buteur, le Croate Davor Suker. Cinq ans après Suker, Morientes vivait la même chose face à Ronaldo, prenant en pleine face le boomerang du destin.

2003, orphelins de Makélélé et Del Bosque

La saison 2002-2003 fut sans doute l’apogée du Real Madrid galactique. Bien que battu par la Vecchia Signora de Nedved sur le plan européen, le Real afficha une maturité exceptionnelle sur le plan du jeu cette année là, gagnant la Liga face à l’étonnante équipe de la Real Sociedad, orchestrée par Reynald Denoueix. Mais en 2003, après les agapes de la Plaza de la Cibeles, le club espagnol se tira une balle dans le pied, avec deux erreurs fatales. La première fut de congédier Vicente Del Bosque, l’homme qui avait pris le club au creux de la vague à l’automne 1999 pour lui faire gagner deux Ligues des Champions (2000 et 2002) et deux Ligas (2001 et 2003). Mais surtout, Del Bosque avait réussi le tour de force de gérer un vestiaire concentrant autant d’egos de champions de classe que Zidane, Roberto Carlos, Figo, Raul, Hierro et Zidane, le jeune gardien Iker Casillas n’étant alors encore qu’un espoir. La deuxième erreur de la Casa Blanca fut de laisser partir Claude Makélélé à Chelsea. Acheté 16 millions d’euros au Celta Vigo en 2000, le Français est revendu aux Blues pour 24 millions d’euros trois ans plus tard. Face au pont d’or offert par le club londonien, tout juste racheté par l’oligarque Roman Abramovitch, le Real ne voulut pas aligner le salaire de son milieu défensif sur les traitements pharaoniques de ses galactiques. Travailleur stakhanoviste du milieu de terrain, Makélélé laissa Ivan Helguera et la défense espagnole orpheline de son
volume de jeu colossal. Et un no man’s land qui mit à jour de graves lacunes défensives dès la saison suivante, pour le plus grand bonheur des rivaux du Real.

2003, Beckham et le déséquilibre tactique

En 1992, Berlusconi avait acheté Jean-Pierre Papin à Tapie juste pour priver l’OM de son buteur vedette. L’opération échoua, le club phocéen battant le Milan AC en 1993 en finale de la Coupe d’Europe. En 2003, le Real Madrid acheta David Beckham pour deux raisons : torpiller les ambitions du nouveau président du Barça, Joan Laporta, qui acheta finalement Ronaldinho, mais aussi et surtout recruter l’idole de Manchester United, le joueur le plus bankable du monde. Le Spice Boy avait pu faire étalage de son incroyable impact médiatique sur les foules asatiques au Mondial nippo-coréen de 2002. Des centaines de moutons de Panurge avaient alors adopté la coupe iroquoise du capitaine de la Perfide Albion. Fort de la présence de Beckham, l’homme qui s’était révélé en août 1996 par un lob d’anthologie contre Wimbledon, le Real put développer sa stratégie économique en Asie, Perez voulant rendre la marque Real Madrid universelle, au même titre que Nike, Apple ou Coca-Cola. Sportivement, Beckham n’apportait rien. Son talent n’était pas en cause, mais le Real était pourvu en frappeurs de coups franc talentueux, avec Figo, Zidane, Ronaldo et Roberto Carlos, tout comme en ailiers, avec Figo.
Il eut mieux valu convaincre Patrick Vieira de quitter Arsenal, mais le Real Madrid de 2003 n’était pas un club de football, mais bel et un bien une entreprise.

On n’y vendait donc plus du rêve, mais une marque. Cela tombe bien, l’objectif est de développer le merchandising, chasse gardée de Manchester United, à qui le Real à acheté David Beckham. Et il faut bien vendre pléthore de maillots floqués du 10 (Figo), 5 (Zidane) ou 23 (Beckham) pour compenser les 208 millions d’euros sortis par Florentino Perez en quatre mercatos estivaux consécutifs : 62 pour Figo en 2000, 76 pour Zidane en 2001, 45 pour Ronaldo en 2002, 25 pour Beckham en 2003. Beckham, lui, en tout cas, justifie son titre de joueur le plus bankable : dès le jour de son engagement par le Real, 8 000 maillots floqués du numéro 23 sont vendus dans la capitale espagnole.

2004, Owen et l’avant-dernière poupée gigogne

12 millions d’euros pour le joueur vedette du Liverpool FC. Mais comme Ian Rush en 1987 à la Juventus, Owen va vivre une saison compliquée loin de la Mersey et d’Anfield. Un temps de jeu limité, un statut de joker de luxe derrière Raul et Ronaldo, le Wonderkid marque toutefois 13 buts en 36 matches de Liga. En tout cas, son recrutement aura permis au Real de compter simultanément dans son effectif quatre Ballons d’Or : Ronaldo (1997 et 2002), Zidane (1998), Figo (2000) et Owen (2001), sans oublier que Beckham (1999) et Raul (2001) ont été dauphins de Rivaldo et Owen. Une vraie constellations de stars offensives, à croire que le club n’a pas compris ses échecs du printemps 2004, quand il a été sorti sur le plan européen par Monaco et battu en Liga par Valence. Dès 2005, Owen repart en Angleterre, à Newcastle, où sa carrière s’enlise, par la faute notamment de blessures. Jamais il ne retrouvera les sommets de 2001, sa grande année, restée un feu de paille.

2005, Robinho et la jeunesse, erreur de casting

Santos, le club du roi Pelé. Entre 2002 et 2004, deux jeunes Brésiliens font un tabac avec le club pauliste, Robinho et Diego. Le tandem est séparé par le départ de Diego vers Porto. C’est au Werder Brême que Diego deviendra une star, avant de voir son étoile pâlir en 2009-2010 quand il s’agira de remplacer un joueur du calibre de Pavel Nedved sous le maillot de la Juventus. Robinho, lui, débarque directement dans un très grand club où la pression est autrement plus forte qu’à Porto et Brême, au Real Madrid. Si Figo et Owen ont quitté le navire en 2005 pour rejoindre respectivement l’Inter et Newcastle, tous les autres Galactiques sont encore là : Zidane, Raul, Roberto Carlos et Ronaldo. La saison 2005-2006 du jeune Robinho est dents de scie, loin des énormes attentes qu’a suscité son transfert. La tournée estivale du club espagnol en 2005, elle, a été un succès : 20 millions d’euros engrangés entre des matches aux Etats-Unis, en Chine et au Japon.
Si le bilan sportif de l’ère Perez est médiocre, on ne peut pas en dire autant du bilan économique. Fin 2000, Perez avait annoncé vouloir développer le Real Madrid sur le plan économique afin de lui permettre d’être le club du XXIe siècle, lui qui venait d’être consacré club du XXe siècle par la FIFA.

Entre 2001 et 2005, les produits du merchandising grimpent de 22 à 54 millions d’euros. Les recettes commerciales sont multipliées par 4 sur le même intervalle, les revenus des sponsors par 6. Fort de cet âge d’or économique, le Real Madrid, faut de voir sa Dream Team dominer Barcelone sur les terrains, détrône Manchester United en 2006 comme club le plus riche du monde.

En 2006, alors que Ramon Calderon a remplacé Perez au poste de président, la sagesse de Fabio Capello influe grandement sur les recrutements effectués par un Real Madrid orphelin de sa superstar Zinédine Zidane : Fabio Cannavaro (Juventus), Ruud Van Nistelrooy (Manchester United), Emerson (Juventus) et Mahamadou Diarra (Lyon) rejoignent la Castille. Jamais campagne de recrutement du Real n’a été si sage depuis bien longtemps, même si le club espagnol n’a pas non plus joué aux épiciers, en dépensant 64 millions d’euros : 26 pour Diarra, 16 pour Emerson, 15 pour Van Nistelrooy, 7 pour Cannavaro. L’addition monte à 104 millions d’euros quand Higuain (13 millions), Fernando Gago (20 millions) et Marcelo (7 millions) rejoignent l’effectif pléthorique du Real en janvier 2007 lors du mercato hivernal.

Et Calderon prouve qu’il n’est pas un enfant de choeur quand il s’agit de parler argent : la cession des droits télés du Real Madrid pour la période 2006-2013 se solde par un gain de 1.1 milliard d’euros pour le club espagnol, plus que pour la vente de Ciudad Deportiva en 2001 !

La leçon de la folle période 2000-2005 n’aura pas forcément été retenue par Florentino Perez. Car en 2009, si les 94 millions d’euros déboursés pour Cristiano Ronaldo ont été amortis par les buts à répétition du prodige portugais, les 65 millions d’euros du transfert de Kakà en font des transferts les plus catastrophiques en ratio rendement/prix, le Brésilien étant l’ombre de la star qu’il avait été pendant six ans en Lombardie, entre 2003 et 2009, avec le Milan AC.

Ayant englouti 149 millions d’euros pour les deux joueurs les plus convoités du monde à l’époque si l’on excepte Lionel Messi et Zlatan Ibrahimovic, Perez arrive au total pharaonique de 248 millions d’euros avec trois autres recrues en 2009 : Karim Benzema (Lyon), Raul Albiol (Valence) et Xabi Alonso (Liverpool). En un mercato, Perez a dépensé plus que pour le quatuor Figo – Zidane – Ronaldo – Beckham recruté entre 2003 et 2009 !

Mais Perez n’est pas le seul à s’être fourvoyé en 2009 : un mois après l’achat de Kakà par le Real, le rival catalan concluait le recrutement de Zlatan Ibrahimovic pour 75 millions d’euros (46 millions d’euros cash et la cession à l’Inter de Samuel Eto’o estimé à 29 millions).

Un an plus tard, en 2010, le Suédois retournait en Italie, mais pas à l’Inter, à l’AC Milan ! Lequel avait fait deux affaires deux saisons de suite : vente royale de Kakà, achat d’Ibrahimovic.

Mais le club de Berlusconi a déchanté en 2012, vendant le Suédois ainsi que son défenseur brésilien vedette Thiago Silva aux nouveaux riches du PSG version Qatar.

Depuis 2010, le Real Madrid a continué à faire venir des stars : Mourinho et Ancelotti comme entraîneurs, Özil, Modric, Bale, puis Kroos et James Rodriguez chez les joueurs, le Gallois et le Colombien ayant été transférés pour un montant stratosphérique. Si la venue de Neymar est restée utopique en 2013, le Real a cependant bien géré ses recrutements depuis le mercato estival de 2010, avec équilibre, ce qui avait tant manqué durant la première ère galactique entre 2000 et 2005 : Mesut Ozil, Ricardo Carvalho, Angel Di Maria et Sami Khedira en 2010 pour Mourinho, Raphaël Varane et Fabio Coentrao en 2011, Luka Modric en 2012, Gareth Bale en 2013, Toni Kroos, Keylor Navas et James Rodriguez en 2014.

Au contraire du sulfureux Mourinho, dont la relation avec Jorge Valdano, Iker Casillas et Sergio Ramos avait mis le feu au sein du club madrilène, Carlo Ancelotti a su rétablir la confiance au sein du vestiaire, tout en sachant faire partir des éléments devenus non compétitifs, tel Kakà en 2013, ou limiter la concurrence, en vendant des joueurs exceptionnels tels que Gonzalo Higuain en 2013 au Napoli ainsi que Mesut Ozil à Arsenal lors du même mercato. C’est ainsi que le Real Madrid, redevenu cohérent dans ses transferts, a pu conquérir la Decima tant attendue en mai 2014, deux mois avant que ne s’éteigne le mythe absolu du Real Madrid, Alfredo Di Stefano, président d’honneur du club … Carlo Ancelotti et son adjoint Zinédine Zidane ont permis au Real Madrid de sortir enfin de l’ombre d’un Barça sacré trois fois champion d’Europe entre 2006 et 2011.

  1. avatar
    22 août 2014 a 14 h 08 min

    Il faut tout de même rajouter qu’à la décharge de Perez, le Real Madrid de l’ère Galactique II (2009-2014) est tombé jusqu’en 2011 sur le plus grand Barça de tous les temps.

    Si globalement l’ère Mourinho fut un semi-échec, la politique de Perez a fini par payer avec Carlo Ancelotti aux commandes.

    Si le Real pérennise son succès en 2014-2015, alors Perez rentrera vraiment dans les grands présidents du club madrilène, derrière l’intouchable Don Santiago Bernabeu.

    Pour l’instant, ses 2 C1 ne compensent pas totalement les saisons ratées que furent 2004, 2005, 2006, 2010, 2011, 2013 …
    Perez a donc l’occasion avec un effectif d’élite de faire mieux que Ramon Mendoza et Lorenzo Sanz, ses prédécesseurs entre 1985 et 2000.

  2. avatar
    28 août 2014 a 12 h 17 min

    Après Angel Di Maria vendu pour 75 millions d’euros à Manchester United (record de vente pour le Real Madrid, record d’achat pour un club anglais), voilà Xabi Alonso qui part pour le Bayern Münich de Pep Guardiola.

    La concurrence sera donc moindre au milieu de terrain du Real, avec James Rodriguez, Toni Kroos, Luka Modric, Sami Khedira et Isco, en soutien du trio offensif Benzema – Bale – Cristiano Ronaldo.

    En tout cas, le départ de Xabi Alonso vers la Bavière va renforcer les critiques de ceux qui considèrent que ce Real n’est plus vraiment espagnol (critiques nées avec le départ d’Alvaro Morata à la Juventus), avec seulement Iker Casillas, Sergio Ramos et Isco.

    Mais bon à l’apogée des Galactiques I, seuls Raul, Helguera, Morientes, Hierro, Salgado et Casillas étaient là au milieu des stars étrangères Figo, Roberto Carlos, Zidane, Ronaldo, Beckham, Owen, Makélélé et autres Robinho ou encore Cassano, Gravesen.

    Sans parler de l’armada d’étrangers arrivés entre 2006 et 2010 (et repartis depuis) : Van Nistelrooy, Kakà, Cannavaro, Emerson, Mahamadou Diarra, Robben, Sneijder, Van der Vaart et Huntelaar.

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