Pourquoi Ronaldinho est le seul joueur à ne jamais avoir eu d’héritier ?
Photo Panoramic

Pourquoi Ronaldinho est le seul joueur à ne jamais avoir eu d’héritier ?

Il a marqué l’histoire du football durant les années 2000. Ronaldinho a été le footballeur le plus prisé de la planète, avec des gestes et des attitudes qui resteront gravés dans les mémoires d’une génération. Au contraire de nombreuses autres stars du sport en général mais surtout du foot, Ronaldinho n’a jamais eu d’héritier.

« Donner, recevoir, partager : ces vertus fondamentales du sportif sont de toutes les modes, de toutes les époques. Elles sont le sport. » Lorsque Aimé Jacquet dit cette phrase, il laisse parler son esprit, son imagination. Le sélectionneur français a brisé le rêve de millions de Brésiliens un soir de 1998. Et sûrement celui de Ronaldinho. Le n°10 brésilien représente à merveille cette phrase. Génial et souriant sur le terrain, il a reçu un amour inconditionné de la part de tous les supporters du monde entier, à la hauteur du bonheur qu’il a procuré aux amoureux du ballon rond. Son sourire, mythique, avec les dents avancées aura eu un effet contagieux sur l’environnement autour de lui.

Les célébrations d’aujourd’hui sont animées par l’envie de faire taire les gens, les critiques. Messi et Cristiano sont la parfaite illustration de ce changement. Combien de joueurs sourient après avoir marqué ? Très peu, ou du moins pas des stars d’envergure mondiale. Pourtant, il y a tout juste dix ans, Ronaldinho a dribblé trois défenseurs et humilié le Real dans son antre, et tout ça avec le sourire, ce qui lui vaudra une standing ovation du public merengue. Un rictus non-arrogant, qui reflète la joie d’un gamin qui a passé sa vie à s’amuser que ce soit sur ou en dehors du terrain. Loin des débats, loin des rivalités, Ronaldinho n’a connu qu’un seul sentiment, l’amour des fans.

Symbole de cette joie de jouer, le Joga Bonito des Brésiliens est resté dans les mémoires ; Ronaldo, Rivaldo, Kaka, Ronaldinho, et tant d’autres ont rendu ce sport si simple et appréciable à regarder. Il le racontait au magazine FourFourTwo récemment : « un joueur de l’Athletic Bilbao ne faisait que de me donner des coups de pieds durant tout le match au Camp Nou, du coup, je lui ai fait trois fois le coup du Sombrero à la suite. » Une insolence et un détachement qui en disent long sur le caractère du Brésilien.

Les plus grands sportifs ont laissé une trace en fonction de leur palmarès, mais également sur ce qu’ils ont apporté dans leur sports respectifs. Michael Jordan a tout gagné, mais surtout a développé le marketing autour de la NBA, que ce soit télévisuel ou avec sa marque de chaussure connue à travers le monde. Ronaldinho est arrivé dans une dynamique que le football n’avait pas prévu. Avec le développement d’internet, des jeux vidéos et l’expansion du football sur de nouveaux continents, il a fallu que la FIFA choisisse des égéries. Dix ans après l’avènement d’internet en Europe, 6 ans après la commercialisation de la PS2 et des jeux PES et FIFA, Ronaldinho devient Ballon d’Or. La jaquette de FIFA lui est dédiée, Nike en fait son égérie et sort des gammes de chaussures pour le n°10. Le début du marketing à outrance autour des joueurs de football commence avec Ronaldinho, qui va faire entrer le football dans une nouvelle ère.

Aujourd’hui encore, le Ballon d’Or 2005 continue de faire tourner son business avec son nom et son image. Il faut juste se rendre sur son compte instagram pour s’apercevoir que des handspinners, des t-shirts, des coques de téléphone sont à vendre à l’effigie du Brésilien. Également producteur de musique, le meneur de jeu avait sorti un album de rap durant son passage à Barcelone, un flop mais qui a concrétisé son envie de faire de la musique. Il n’est pas non plus rare de le voir danser ou jouer de la musique sur les réseaux sociaux.

Sur la pelouse, Ronaldinho n’a jamais dominé ses adversaires comme peuvent le faire aujourd’hui Messi ou Ronaldo, comme a pu le faire Maradona, voire Pelé. Il n’a jamais eu un physique monstrueux, et c’est d’ailleurs ce qui l’a empêché de tenir au plus haut niveau durant de longues années avec ses virées nocturnes. Pourtant, il a fait passer l’impression d’être un joueur plus habile et rapide avec le ballon que sans. Il a marqué des buts qui sont encore dans les mémoires, notamment à Stamford Bridge lorsque, à l’arrêt et sur un pas, il marque de 20 mètres du pointu. Il a montré que le talent et la technique peuvent surpasser le physique chez les grands joueurs. Maradona ne s’entraînait pas à Naples, Ronaldinho a écumé les boites de nuit européennes tout en dominant le football mondial.

Une domination qui se reflète aujourd’hui par un palmarès unique. Vainqueur de la Ligue des Champions, de la Copa Libertadores, de la Coupe du Monde et la Copa America avec le Brésil au niveau international. Du championnat d’Espagne, d’Italie, et du Brésil, il se distingue également individuellement avec le Ballon d’Or obtenu en 2005. Des performances dans lesquelles il s’est grandement impliqué puisqu’il a été titulaire lors de chacun des titres remportés. Alors qu’il a aujourd’hui presque 40 ans, il continue de jouer et attend une offre satisfaisante. Le n°10 brésilien assure avoir des offres sur la table. Preuve s’il en est que son talent et sa joie de vivre font encore des ravages.

Après avoir été le modèle de nombreux joueurs, aucun d’entre eux n’a été annoncé comme le nouveau Ronaldinho. Le Brésilien restera unique et jamais égalé.

  1. avatar
    20 juin 2017 a 14 h 20 min
    Par Dogville

    Bonjour,

    Je suis en désaccord avec ce passage : “Il n’a jamais eu un physique monstrueux”.

    Le Ronaldinho des grandes années avait des appuis très puissants, un jeu fait de changements de rythmes, de ruptures, de démarrages, etc. Il faut se souvenir qu’il balançait au sol un John Terry d’un coup d’épaule un soir de Ligue des Champions, avant d’aller marquer….

  2. avatar
    21 juin 2017 a 8 h 00 min
    Par Alex

    Bonjour,

    oui en désaccord aussi avec ce passage ; “Il n’a jamais eu un physique monstrueux”.

    L’auteur de cet article ne connait pas vraiment Ronaldinho pour dire cela. Au contraire il avait un physique de dingue, musclé et élastique. Ce qu’il veut plutôt dire c’est qu’il n’avait pas toujours une bonne hygiène de vie.

    C’est plutôt les mecs comme Zidane qui n’avaient pas un physique extraordinaire, obligé de se doper à la créatine (entre autre) et de se faire renouvelé son sang en Suisse.

    Pour le reste je suis d’accord avec cet article.
    Merci
    a+

    • avatar
      22 juin 2017 a 18 h 42 min

      Salut les gars,

      En effet lorsque je parle du physique de Ronaldinho, je prends en compte que ce n’est pas un facteur clé de son jeu, comme ca peut l’être pour un joueur comme Cristiano.
      Ca n’a jamais été un joueur avec une hygiène de vie irréprochable, et un fan des salles de muscu.
      Je ne remets pas en cause ses qualités physiques lorsqu’il été sur le terrain, mais on ne se souvient pas de R10 pour son physique, mais plutôt pour sa technique :)

  3. avatar
    24 juin 2017 a 13 h 24 min
    Par Dogville

    A mon sens, ce qui fait la singularité de Ronaldinho, ce n’est pas tant sa technique (superlative) que le fait d’être un joueur anarchique.

    Pour reprendre tes exemples, Ronaldo a fait évoluer son jeu : de l’ailier virevoltant de ses débuts, il est devenu ce chasseur de buts, délaissant l’élaboration des actions pour se concentrer sur ce rendement quantitatif. Il a “mécanisé” son jeu.

    Messi, bien que très différent, évolue (et donne sa pleine mesure) dans une équipe à l’identité de jeu forte. Notamment sous l’ère Guardiola, il est devenu ce joueur, certes plus complet, presque “playmaker”, dans une équipe où la construction suit une certaine mécanique : relance de l’arrière, passage par toutes les lignes, ouverture à l’aile, etc. On peut même tenter un raccourci : Messi est le plus génial maillon d’une chaine de construction élaborée.

    Ronaldinho, c’est autre chose. C’est un chiffonnier, un joueur animal, bestial. Un joueur rétif aux systèmes, à la discipline, à la farouche indépendance de style. Il ne transige pas : avoir Ronaldinho dans son équipe, c’est devoir s’adapter à lui.
    Avoir l’idée d’emprunter les airs pour servir un Xavi au-dessus de la défense madrilène, marquer d’un pointu, à l’arrêt, en dehors de la surface, face à Chelsea, tenter un lob sur coup-franc en quart de finale de CDM, etc. C’est cela, Ronaldinho.

    Il n’y a aucune échelle de valeurs dans mon propos, juste un constat. :)

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